Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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de portables

John Terra

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de portables comme son nom semble l’indiquer est un ‘groep’ issu du nord de la Belgique, plus précisément de la région gantoise. Hans Gruyaert, Wio D'Hespeel, Jürgen De Blonde, Bert Lafontaine et Hendrik Dacquin ont formé leur band voici plus de dix ans puisqu’il est né en 1996. A ce jour, ils ont concocté trois albums et deux Eps. Intitulée « John Terra », leur dernière plaque en date constitue en fait une dédicace à quelqu’un qui a beaucoup compté pour leur carrière musicale et les a toujours soutenus. Mais s’appelle-t-il réellement John Terra ???

Curiosité indéniable, cet elpee propose un cocktail de musique electro/pop complètement éclectique. Ça part vraiment dans tous les sens, du titre d’ouverture (du même nom que le Cd), un instrumental aux relents ‘métal’, jusqu’au morceau final, titre rock/électro plus musclé. Entre ces deux extrémités, on a droit à six compos très variées qui passent de la pop ciselée (« The Bay of the white purifying Bed ») à l’électro en passant par des plages plus ‘aériennes’, sans oublier un penchant bien prononcé pour la pop/rock. La part belle est faite aux guitares acoustiques et aux chœurs ; ce qui confère aux compositions une authenticité et une chaleur indéniable.

de portables nous propose une œuvre plutôt bien réussie. Et si elle ne recèle que 8 titres, ils valent vraiment le détour. La version du single « The Bay of the white purifying Bed » disponible sur leur ‘MySpace’ est d’un niveau nettement plus ‘travaillé’ afin de lui donner un aspect radiophonique. A noter que leur elpee précédent, « Girls Beware », avait remporté un succès éclatant dans la partie néerlandophone du pays ; et pour l’avoir écouté, ce n’est vraiment pas volé !

 

John Denver

Around the world live (Dvd)

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De son véritable nom Henry John Deutschendorf, Jr, John Denver est né le 31 décembre 1943 et est décédé le 12 octobre 1997, suite au crash de son avion expérimental –un  Long-EZ construit en fibre de verre– survenu le long de la côte californienne. Compositeur, protest singer (NDR : démocrate convaincu, il a milité en faveur de la campagne de Jimmy Carter de 1976) et acteur, il a entamé sa carrière en 1969 et compte à son actif plus d’une trentaine d’albums ainsi que de nombreux hit singles, dont « Leaving on a Jet Plane » (NDR : transformé en tube planétaire par Peter, Paul & Mary, en 1969), « Take Me Home, Country Roads », « Rocky Mountain High », « Sunshine on My Shoulders », « Thank God I'm a Country Boy », « Annie's Song » ou encore « Calypso ». Il a en outre, décroché une multitude de récompenses pour les ventes de ses disques (NDR : plus ou moins 40 millions écoulés à travers le monde), mais surtout a milité et s’est investi (NDR : personnellement et financièrement) pour la lutte environnementale (NDR : c’est dans l’air temps…) et humanitaire, notamment en faveur de l’Afrique, de l’Inde et de l’Asie du Sud-est. 

Ce box est consacré à quatre concerts accordés à différentes époques de sa carrière, sur différents continents (Japon, Australie, Angleterre) ainsi qu’à un double documentaire. Cinq Dvd en tout. Et un par sujet. Donc par disque. Une centaine de chansons dont quelques reprises, le tout totalisant presque 10 heures d’images (NDR : sonorisées, of course). Ah oui, j’allais oublier le principal, Denver est un chanteur folk, dont le style s’adresse surtout aux nostalgiques de Joan Baez, Emmylou Harris voire Simon & Gardfunkel. Fallait quand même le préciser !


 

Foo Fighters

Greatest Hits

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Fondé en 1995 par Dave Grohl, rescapé de Nirvana, The Foo Fighters demeure l’unique –ou presque– grande gloire de la vague post-grunge. En outre, le groupe a déjà touché deux générations d’aficionados de rock couillu !

Ecrire que ce « Greatest Hits » est une pièce de choix serait un doux euphémisme, le groupe affichant au compteur un parcours discographique de six albums studio sans faute. Le récent Dvd « Live At Wembley Stadium » nous avait filé une sacrée banane. Et pour cause ! Grohl et ses compères assurent méchamment sur les planches, dispensant un rock burné et gonflé à la testostérone. Pendant près de 120 minutes, ils alignent les hits flamboyants. On imagine donc aisément que dresser la play-list de cette compilation fraîchement sortie n’a pas été un exercice facile.

Seize morceaux dont trois inédits, « Wheels », « Word », et une version acoustique du tube « Everlong », histoire de pousser les fans qui détiennent déjà l’intégrale des Fighters à compléter leur collection. C’est la plaque de 97, « Colours and the Shape », qui est la mieux représentée, incluant trois titres incontournables, dont le buriné « Monkey Wrench ». Néanmoins, l’ensemble se veut équitable, chaque elpee bénéficiant de deux ‘ambassadeurs’, excepté « Skin and Bones » circonscrit à sa plage titulaire. On ne se lasse pas d’écouter des hymnes tels que « Skin and Bones », « This is a Call », « Big Me » ou « All My Life ». Un concentré de ce que Dave Grohl a produit de meilleur, et par conséquent l’ultime album à se procurer si on ne possède rien des Foo Fighters.

 

Richard Hawley

Trulove’s Gutter

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Artiste atypique, Richard Hawley nous démontre une nouvelle fois que rien ni personne ne peut influencer ses choix, ses goûts et ses envies. Il nous livre un splendide album qui hélas ne contient ‘que’ 8 petites merveilles, totalement intemporelles…

Crooner, tel est le titre qui lui convient le mieux. Non content de suivre son petit bonhomme de chemin, seul contre vents et marées, ce Britannique à la voix chaude et aux mélodies ciselées, nous propose dans son dernier ouvrage huit plages qui sonnent toutes comme des merveilleux cadeaux au pied du sapin. Il est clair que ce n’est pas ce style de musique qui va nous faire danser lors de cette période de fêtes. Ce n’est pas dans son répertoire ; et encore moins son objectif!

Néanmoins, la pureté des cordes, sa douce mélancolie, son talent et sa grâce éclaboussent cet opus qui émerveille n’importe quel auditeur à l’époque de faire le bilan de 2009. Traditionnellement, en cette période de l’année, c’est la course à la meilleure vente, au plus beau concert, au meilleur best of, etc. Tout un chacun qui veut se vendre au ‘meilleur moment’ de l’année se presse au portillon, tient le haut de à l’affiche. L’info rock en ces temps de cadeaux, de sorties d’album, d’annonces juteuses est souvent dévolue aux méga-groupes, aux cancans les plus gros les uns que les autres. Richard n’en a cure. Il se contente de nous offrir ce qu’il fait de mieux, une ambiance douce (NDR : qui ne signifie pas molle), des perles musicales, un Cd qui dégouline de classe et donne simplement envie d’aimer…

Ses références lui viennent de ses racines, les Dean Martin, Hank Williams et Faron Young qu’écoutaient son père et son grand-père avant lui ; elles le guident, le bercent et l’imprègnent de cette culture musicale hors du temps. L’homme de Sheffield se fiche comme d’une guigne de la dispute des frères Gallagher ou de la tournée de U2. Merci Richard de nous faire partager le goût du ‘beau’.

 

Hello=Fire

Hello=Fire

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Lorsque Dean Fertita décide enfin de (re)commencer une aventure en solitaire, il mérite qu’on s’intéresse de plus près à son cas. Mais qui est Dean Fertita ? Vous n’en avez jamais entendu parler ? Vous n’êtes pas les seuls. Originaire de Detroit, il a milité fin des années 90 chez The Waxwings. Il en était même le chanteur et le leader. Après avoir commis trois elpees, le combo se dissout sans avoir connu un quelconque succès commercial. Notre homme reste donc à quai, dans un relatif anonymat sauf pour les connaisseurs. Mais son talent n’est pas perdu pour tout le monde. Il décide de mettre ses compétences au service des autres en se produisant notamment pour les Raconteurs et les Queens of the Stone Age durant leurs tournées, collaborations qu’il apporte depuis quelques années.

Plus récemment, il a été invité comme quatrième membre d’une super-formation dont le line up implique Jack White (The White Stripes), Alisson Mosshart (The Kills) et Jack Lawrence (The Raconteurs) et répondant au patronyme de The Dead Weather.

Pourtant, à partir de 2008, il se (re)décide à se la rejouer perso. Et on assiste à une révélation. Fertita se montre sous son meilleur jour lorsqu’il peut être seul maître à bord. Son album est puissant, mélodieux, résolument rock, pleins de riffs et de ‘caisses’. Un opus partagé en douze pistes, dont il en signe sept et cosigne cinq autres, en compagnie de Brendan Benson, également préposé à la basse. D’une qualité égale tout au long de l’album, Dean Fertita nous donne pleinement la mesure de son talent de songwriter et d’interprète. Actuellement, notre homme conjugue trois carrières de front. Membre à part entière des Queens of the Stone Age (NDR : ce qui explique sans doute pourquoi Troy Van Leeuwen, Joey Castillo et Michael Shuman sont venus apporter leur concours lors des sessions d’enregistrement de cet elpee solo) depuis 2007, impliqué au cœur du super-band The Dead Wather, il est donc également le chanteur/leader de son nouveau projet Hello=Fire, un projet qui mérite sans conteste une oreille attentive.

 

Snow Patrol

Up To Now

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Fêtes de fin d’années oblige, tous nous balancent leurs ‘Greatest Hits’, ‘Best Of’ et autres compiles servant à renflouer les caisses. Comptant cinq ouvrages à leur actif, les Ecossais de Snow Patrol n’allaient certainement pas se priver de suivre le mouvement. Et ils ont bien raison, les garçons. Après avoir galéré une demi-douzaine d’années sans parvenir à se forger un nom (« Songs For Polar Bears », « When It’s Over We Have To Clear Up », passés relativement inaperçus), le quatuor a trouvé la parade, dès 2004, en signant chez Universal. S’ensuit la publication de « Final Straw » ainsi que de ses singles « Run », « Spitting Games » et « Chocolate », tous devenus des cartons commerciaux en Grande-Bretagne. Les comparaisons évidentes n’ont pas trainées, mais Snow Patrol est parvenu à garder le cap en enchaînant deux ans plus tard un « Eyes Open » qui lui a ouvert tout grand la porte de la reconnaissance internationale. En cause, « Chasing Cars », le hit incontournable diffusé ad nauseum.

« Up To Now » retrace l’histoire de la formation, depuis 1998 à nos jours, en 30 morceaux répartis sur deux disques. Une décennie et des poussières émaillée de véritables réussites (« Chasing Cars », l’énorme « Run » repris récemment par Leona Lewis, « Spitting Games », « Shut Your Eyes », le magnifique « Set The Fire To the Third Bar » enregistré en compagnie de Martha Wainwright) mais également d’instantanés anodins (« Open Your Eyes », « Take Back the City », « You’re All I Have », « Starfighter Pilot »). Plus qu’un ‘Greatest Hits’, « Up To Now » propose également flip sides, raretés, extraits ‘live’ (dont la très dispensable reprise du « Crazy In Love » de Beyoncé) et autres inédits. L’occasion également de (re)découvrir The Reindeer Section, l’espace de deux morceaux (« Cartwheels », « You Are My Joy »). Il s’agit du projet mené par Gary Lightbody, regroupant des membres de, notamment, Teenage Fanclub, Belle & Sebastian, Idlewild et Arab Strap ; et dont la discographie compte déjà deux travaux à écouter de toute urgence.    

« Up To Now » n’est donc pas réservé exclusivement aux fans hardcore de Snow Patrol. Il s’adresse d’ailleurs essentiellement à ceux qui n’ont découvert la formation qu’après la sortie de « Final Straw », voire du single « Chasing Cars ». Un régal ! A condition de ne pas être allergique aux ‘blockbusters’ radiophoniques.

 

The Temper Trap

Des kangourous encore trop sur leur réserve…

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La Rotonde était pleine comme un œuf, ce samedi 19 décembre, au Botanique, pour accueillir deux groupes qui sont à l’aube de leur carrière. Faut dire que lorsque l’arène est sold out, 250 personnes tout au plus garnissent les ‘gradins’ et la fosse (?) Une audience visiblement séduite par le single du moment, « Sweet Disposition » (NDR : qui cartonne sur les ondes de Pure FM), puisqu’elle avait bravé les conditions hivernales afin de faire connaissance avec la formation australienne. Responsable d’un seul elpee à ce jour, « Conditions », on savait que le set de The Temper Trap ne durerait pas deux heures ; et que tout serait emballé et pesé pour 22h30 au plus tard…

En première partie, un combo gallois, répondant au patronyme de The Joy Formidable avait pour mission de réchauffer l’assemblée transie par le froid, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Mission réussie pour le trio gallois qui peut compter sur un bassiste sobre mais efficace, un batteur à l’énergie démesurée et une chanteuse/guitariste tout autant mignonne que talentueuse. Une grosse demi-heure de rock spontané et ‘électrique’ plus tard, la ‘foule’ est toute ragaillardie et prête à accueillir ses favoris…

Un seul technicien a la lourde tâche de mettre tout en œuvre afin que Temper Trap soit paré pour monter sur les planches. Il a fort à faire le malheureux : câbler, accorder, régler, coller les tracklists, disposer serviettes et bouteilles d’eau. C’est ainsi qu’on se rend compte que les ‘Aussies’ ne sont qu’aux balbutiements de leur aventure. Pas très fortuné, le band ! Pendant les préparatifs, on apprend via 4 fans lillois que le groupe s’est pris un bide dans le Nord de la France. ‘Normal, prétend l’un d’eux. On est toujours en retard d’un an ou deux sur la Belgique !!!’ Il est vingt et une heure, tout est fin prêt.

Les cinq membres font leur apparition : un batteur, un bassiste, un premier guitariste, un second qui joue aussi des claviers et le chanteur également ‘armé’ d’une guitare et coiffé d’une casquette. Aucun décor. Un jeu de lumières des plus discrets. Visiblement le band ne compte que sur sa musique… qui est tout bonnement excellente ! Véritable révélation australienne au sein de la scène indie rock, The Temper Trap revendique une musique pop explosive, agrémentée par les envolées vocales du frontman.

La prestation s’ouvre par une intro instrumentale inédite, inconnue au bataillon. Et embraie par l’intégralité de son elpee (10 plages seulement !), joué à la perfection. Le chanteur montre des dispositions assez remarquables. Une voix qui peut monter, monter,… sans jamais connaître la moindre hésitation, la moindre faiblesse. Ses quatre complices se mettent au diapason. L’interprétation est de très bonne facture ; mais léger bémol (NDR : règle cependant importante lors d’un concert), le combo ne prend guère de risques et ne communique guère avec son public ; un public pourtant conquis et qui ne demande qu’à s’enflammer. 

Les Australiens attendront le dernier titre, « Drum Song », pour se déchaîner et montrer qu’ils sont capables d’investir une scène et de se l’approprier totalement. C’est le moment choisi par Dougie, le chanteur, pour couvrir d’eau la peau de son gros tambour et de le frapper comme un sourd pour faire surgir des gerbes d’eau à chaque coup de baguette. Effet garanti !

La troupe se retire avant un rappel, décevant pour les deux premiers titres. Une reprise du boss (« Dancing in the Dark ») et un inédit (pas à la hauteur du reste). Avant de terminer sur l’excellent « Science of Fear ». C’est à cet instant que certains regrets nous traversent l’esprit. Pourquoi ne pas avoir manifesté la même énergie tout au long du ‘show’. Musicalement remarquable, la formation australienne demande à être revue d’ici un ou deux ans, après avoir étoffé son répertoire et acquis cette maturité scénique qui lui fait un peu défaut à l’heure actuelle.

Il est 22h30 comme prévu ! Retour à la maison. Gaffe au volant ! Neige, gel et… conducteurs maladroits sur les routes !!!

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

Jeronimo

‘Tuer l’Apache pour tourner la page’ !!!

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Pas de quatrième album pour Jeronimo. Le talentueux et créatif clown-triste de la scène pop-rock belge a résolument décidé d’inhumer son ‘éternel petit groupe’. C’est après 10 ans de sueurs électriques et de voyages cathartiques que le projet ‘Jeronimo’ prend tristement fin sur une très unique trilogie : « Un Monde sans Moi » (2002), « 12h33 » (2005) et « Mélodies Démolies » (2008). Trilogie qui aura marqué les esprits et fait couler beaucoup d’encre tant par son audace que par son ingénue ingéniosité. Qui mieux que Jérôme Mardaga, leader de la formation liégeoise, peut vous conter ce merveilleux récit de vie ? Ce dernier nous offre cet ultime cadeau avec beaucoup de sincérité empreinte de nostalgie sur son blog personnel : http://roma-caput-mundi.blogspot.com

Dans ce journal intime, l’artisan artiste nous dévoile humblement que ‘Jeronimo s'arrête ici au bon endroit, au bon moment, soucieux de laisser la voie libre à un autre projet.’

Quelques soupirs encore avant de retrouver Jérôme Mardaga, Thomas Jungblut et Calogero Marotta dans de nouvelles épopées musicales.

Tous à vos agendas : Jeronimo livrera ses derniers souffles à La Chapelle de Mons ce 16/01/2010.

 

Biffy Clyro

Fire Water Burn

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Pour clôturer en beauté sa saison 2009, le Vk* avait convié ce mercredi 16 décembre, la formation écossaise, Biffy Clyro. Actif depuis 2001, le trio goûte enfin aux joies de la reconnaissance, notamment grâce à « Puzzle », un quatrième ouvrage incandescent, publié il y a deux ans. Mais également suite à une longue tournée mondiale opérée d’abord en compagnie de Bloc Party, puis tout seuls comme des grands ; et, enfin, dans les bagages de Queens Of the Stone Age. En 2009, le combo a finalement acquis une base de fans solide en dehors des frontières de la Grande-Bretagne. Si bien que la petite salle molenbeekoise affichait complet à l’heure où les trois Britons entraient en scène pour défendre leur dernier né, « Only Revolutions ».

C’est une tradition au Vk*, les concerts ne démarrent que très rarement avant 21h30. Après une prestation très anecdotique de People In Planes et quelques bières, un public complètement surexcité (la fin des examens ?) attendait le trio de pied ferme. Lorsque Simon Neil et les frères Johnston apparaissent sur les planches, ouvrant le bal par « That Golden Rule », dernier single extrait de leur nouvel opus, la frénésie est immédiate. Elle prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Ainsi, l’énorme « Living Is A Problem Because Everything Dies » suivi de « A Whole Child Ago », « Who’s Got A Match ? » ou le sublime « 9/15ths » marquent le début des hostilités. Aux premiers rangs, les fans pogot(t)ent sans relâche et n’ont pas l’air prêts de s’accorder une pause.

D’autant plus que Biffy Clyro embraie par l’incontournable single « 57 », extrait de l’œuvre introductive « Blackened Sky ». L’occasion pour quelques casse-cous de donner le signal de départ du crowdsurfing. Difficile ensuite de poursuivre par des morceaux plus calmes. Ayant chauffé à blanc l’assistance, les trois Ecossais doivent affronter un public dissipé qui ne prête que peu d’attention à « Machines », « God & Satan » ou « Now I’m Everyone », pourtant sublimes. A ces titres, le public belge préfère les défouloirs « Justboy », « Glitter & Trauma » ou encore « Semi-Mental ». La plupart des chansons sont reprises en chœur par la foule. Les trois gaillards se montrent plutôt surpris d’un tel accueil et finissent alors par injecter davantage de hargne dans leur prestation. Il faut dire que le public est autrement plus dynamique que celui qui les avait accueillis lors de leur prestation à la Rotonde du Botanique, en 2007.

La formation clôture son set par les singles « Saturday Superhouse » et « The Captain », procurant à leurs fans, une ultime occasion de se rentrer dedans. 2009 s’achève donc dans un tourbillon de riffs et de sueur, comme il se doit. Il aura fallu près de neuf ans à Biffy Clyro pour s’imposer ; et, au vu de l’effet produit par leurs hymnes sur le public belge particulièrement chaud, la mission est bel et bien accomplie.

(Organisation Vk*)

 

Status Quo

Live At Montreux 2009 – Pictures (Dvd)

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Le métier de rocker, comme celui de pape ou président de la république tend à devenir une affaire de personnes âgées. Et, si l’on peut douter de l’efficacité de personnes du troisième âge pour diriger ce monde, tant au niveau religieux que politique, la nouvelle vidéo digitale et versatile  de Status Quo est là pour prouver qu’en matière de musique, les ‘trois fois vingt’ ont encore leur mot à dire et qu’ils pourraient très bien couvrir de honte des combos beaucoup plus jeunes.

Comme son nom l’indique, « Pictures – Live at Montreux 2009 » a été immortalisé lors du dernier passage de Status Quo au plus célèbre festival Jazz (et Rock) suisse. On s’en doute, l’association d’un groupe aussi prestigieux à un festival qui ne l’est pas moins, ne peut que déboucher sur quelque chose de bien. Et ‘bien’, c’est vraiment peu dire, car c’est le pied qui nous est offert ! Cent quarante deux minutes de pur bonheur au format 16:9.

Les habitués le savent, il n’y a jamais grand-chose qui change chez Status Quo. Enfin presque. Car pour la circonstance, le look du groupe est transfiguré. Imaginez : Francis Rossi à coupé sa queue de cheval. Quelle révolution ! On imaginait qu’il se ferait enterrer avec elle. Et bien non. Voilà. Le tour des changements est fait. Pour le reste, Status Quo, c’est Status Quo. Du boogie, du rock, de l’ambiance et de la bonne humeur. Les duels de Telecaster et l’alternance des vocaux entre Francis Rossi et Ricky Parfitt forment comme d’habitude l’ossature du show de Status Quo. Le groupe revisite ici quarante années de son répertoire. Les titres les plus anciens (« Pictures Of Matchstick Men », « Down The Dustpipe », « Ice In The Sun», « Big Fat Mamma », « Caroline »), les hits incontournables (« Down Down », « The Wanderer », « Whatever You Want », « Rockin’ All Over The World ») et les meilleurs extraits des derniers opus du combo (« The Oriental », « Creeping Up ») ont été soigneusement sélectionnés pour couvrir l’ensemble de la carrière bien remplie des Anglais.

La réalisation du Dvd est tout simplement parfaite. Le son (disponible en dolby surround 5.1) pourrait difficilement être meilleur. Quant à la qualité des images, elle est telle que l’on croirait presque côtoyer les musiciens sur les planches. La ferveur des fans est, elle aussi, si brillamment capturée que l’on participe littéralement à chaque instant de l’événement.

En bonus de la version ‘simple Dvd’ proposée ici, on a droit à un reportage sur les coulisses du show de Montreux et quelques morceaux filmés par les caméras assignées à Rossi et Parfitt. (NDR : le Dvd version ‘deluxe’ contient des bonus beaucoup plus intéressants).

Vous l’aurez compris, Status Quo n’est pas encore prêt à prendre sa retraite. Tant mieux!

 

Something A La Mode

Something A La Mode

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Parfois, à la lecture des notes de la pochette, on est envahi par une certaine forme d’enthousiasme. Le label, la production, la présence d’un collaborateur notoire peuvent déclencher une semblable réaction. Mais trop souvent, il y a loin de la coupe aux lèvres. Et c’est le sentiment que m’a laissé l’écoute du premier elpee de la nouvelle sensation électro française : Something A La Mode.

Originaire de Paris, ce duo se compose de Thomas Roussel et Yannick Grandjean. Eponyme, cet opus a bénéficié du concours d’Arnaud Rebotini (NDR : particulièrement réputé dans l’univers de la techno underground, cette sorte d’Andrew Weatherall hexagonal est également membre de Black Strobe) à la coproduction. En outre, le tandem a été signé chez Yellow, label historique de la french touch (NDR : une écurie cofondée par Bob Sinclar, à une époque où il répondait encore au pseudonyme de Chris The French Kiss). De quoi naturellement espérer en avoir plein la vue et les oreilles. On est loin du compte…

Pourtant, Salm développe un projet original : mêler musique classique et clubbing ! Le tout est de faire prendre la mayonnaise… Entre deux kicks bien gras et maintes fois entendus par ces tonnes de groupes french touch, se glissent quelques nappes de violon (Thomas Roussel) et de violoncelle (Yannick Grandjean). A ce jour, seul Arthur Russel est parvenu à réaliser un semblable dessein qui tient la route. Unique en son genre, il permet à son violoncelle de s’immiscer dans le disco. Celui de Something A La Mode prête plutôt à sourire. La mise en forme est irréprochable, mais la combinaison des deux styles est plutôt de très mauvais goût… Pour vous faire une petite idée, l’elpee nous inflige ainsi un très baroque « RondoParisiano » featuring Karl Lagerfeld. Oui, oui, le couturier ! Mais rassurez vous, il ne pousse pas la chansonnette… « GString » ou comment pomper les sonorités ‘daftpunkiennes’. Ou encore l’insipide « 5 AM » qui cherche à combiner symphonique, électro et même hip-hop (NDR : à cause du featuring de la jeune emcee west coast, K.Flay). Deux reprises. Tout d’abord « SchubertALaMode », sorte de medley d’airs connus signés par le célèbre compositeur autrichien. Et puis le « Little Bit Of Feel Good » de Jamie Lidell, dont la version originale figurait sur son dernier opus « Jim », paru en 2008.

Même pas sûr que si vous appréciez Apocalyptica et Bond, cette solution sonore vous convienne. Et de toutes manières, pour les autres, il vaut mieux passer votre chemin. Il ne faut pas aller trop loin pour trouver bien mieux ailleurs… 

 

Malika Ayane

Malika Ayane

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Cette chanteuse italienne s’exprime aussi bien dans la langue de Verdi que celle de Shakespeare. Elle est née en 1984. A Milan. D’un père marocain et d’une mère italienne. Ce qui explique son nom de famille. Pas très rital, il faut le reconnaître. La confection de ce premier opus est la conséquence de sa participation au célèbre concours organisé outre-Alpes : le festival San Remo. Malika s’était ainsi classée à une honorable seconde place lors de l’édition 2008. Elle se forge une certaine popularité en éditant deux singles, « Feeling Better » et Come Foglie », inclus sur son album éponyme, sorti il y a plus d’un an déjà. Entretemps l’opus a décroché un double disque de platine, pour les ventes italiennes uniquement.

Ayane Malika est une bonne petite chanteuse de variété qui ne casse pas ‘trois pattes à un canard’, mais dont les chansons se laissent écouter assez facilement lors de la préparation du repas, en cuisine, ou en sirotant un bon petit ‘vino rosso’. Les mélodies sont plutôt jolies, l’ensemble de bonne qualité et surtout guère compliqué. Une reprise : « Over the Rainbow ». Pas une bonne idée. Sirupeux et écœurant, cet exercice de style aussi inutile que superflu, laisse une sensation désagréable en fin de parcours. Malika aurait mieux fait de s’abstenir…

On doit cependant s’attendre à une suite de carrière couronnée de succès, puisque Malika travaille aujourd’hui sous la houlette de Caterina Caselli (NDR : du label et éditeur Sugar Music), l’un des plus gros indépendants d’Italie, producteurs d’Andrea Bocelli et Avion Travel…

 

Blitzen Trapper

The Black River Killer (Ep)

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Après avoir concocté trois elpees de toute bonne facture, Blitzen Trapper nous propose un Ep 7 titres joyeusement baptisé « The Black River Killer ». Vu le titre, on pouvait donc s’attendre à se farcir une musique ténébreuse et aride. Fausse impression car les morceaux proposés sur ce disque sont plutôt variés et pas nécessairement tristes.

Se plonger dans la musique de Blitzen Trapper, c’est avoir le grand ouest américain à portée d’oreille. Adepte du storytelling à la Townes Van Zandt, le groupe conte de sombres histoires issues de l’imaginaire ‘western’ classique. Mais le combo a le bon goût d’inoculer une foultitude de références dans sa solution sonore. Depuis Tom Petty à Johnny Cash, en passant par Bowie, TRex, Lynyrd Skynyrd, Wilco, Conor Oberst, My Morning Jacket, les Fleet Foxes, et j’en passe. Le tout en injectant un zeste d’électro. Alors, « The Black River Killer » ou comment faire sonner de manière moderne de vieilles recettes américaines ?

Cet Ep s’ouvre par le morceau maître. Une belle ballade entraînante et équilibrée. Eric Earley se réserve les vocaux, tandis que ses musiciens-cowboys tiennent magnifiquement la route. Surprise, les claviers épousent un profil quasiment hip-hop (!!!) (NDR : 2 Pac n’était-il pas un cowboy du XXème siècle dans « California » ?). De quoi apporter une touche contemporaine à la compo et surtout l’empêcher de sombrer dans le pur revivalisme. Une excellente entrée en matière et manifestement, le titre le plus réussi de ce disque. Le second morceau est également convaincant. S’ouvrant sur les accents d’un harmonica ‘dylanesque’, « Silver Moon » se transforme rapidement en comptine folk enjouée. Malheureusement, la suite fait un peu pâle figure. Une situation qu’on retrouve souvent sur des Eps précédant la sortie d’un nouvel opus. S’inspirant vaguement de Cat Stevens voire Coldplay « Going Soon » et « Shoulder Full Of You » sont parfaitement anecdotiques. Irrigué par des claviers chatoyants, réminiscents de l’album bleu de Weezer, « Preacher’s Sister » relève quelque peu la tête. Quoique pour l’originalité, faudra repasser.

Bref, si le sextet de Portland Trapper demeure à mes yeux (NDR et à mes oreilles), un groupe incontournable, j’espère simplement que son prochain elpee sera de la trempe des deux premières plages de cet Ep. Dans ces conditions, on n’aura aucun souci à se faire : Blitzen Trapper devrait alors encore frapper fort… (NDR : ça rime !)

 

Dizzee Rascal

Dirtee Cash (single)

Écrit par

Après avoir commis les bombes « Dance Wiv Me », « Bonkers » ou encore « Hollyday », Dizzee Rascal nous sort son ultime ( ?) tube tiré de son dernier opus « Tongue N’Cheek », paru dans le courant du mois de septembre 2009. Intitulé « Dirtee Cash », cette pépite 90’s bonne à diffuser en trombe sur les dancefloors, contient en réalité des samples de « Dirty Cash », chanson originale du combo britannique The Adventures Of Stevie V, célèbre formation dance qui a sévi au cours des années 90. Kitsch à souhait, le titre ne manquera certainement pas de raviver la flamme dance que tout le monde garde secrètement. Perso, je l’assume clairement ! Par contre, le remix de ce morceau opéré par Sub Focus est totalement à côté de la plaque. Big beat, changement de tempo et sonorités assourdissantes. Pas de quoi pavoiser !

 

The Rebel Yell

Love & War

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Derrière The Rebel Yell se cache James Poyser, un travailleur de l’ombre dont la carrière a déjà été récompensée d’un Grammy Award. Fatigué de traîner dans les coulisses pour le compte de Queen Latifah, The Roots, Common, Erykah Badù ou encore D’Angelo, Poyser agrippe le projecteur et le tourne en direction de son nouveau projet. « Love & War » nous est présenté comme un condensé de ‘misfit R’n’B’ (R’n’B décalé), se dressant contre les clichés du style.

Certains morceaux (« Children Of The Stars », « Army Of Misfits », « Spend The Night », « Everybody’s Doing It ») font honneur à un genre qui, malgré ce que la bio tente de nous faire croire, ne date pas d’hier. Mais l’ensemble est loin d’être à la hauteur de ses promesses. On pointera essentiellement du doigt l’uniformité et la prévisibilité de plusieurs extraits qui deviennent très vite lassants (« Save The World », « Get Off », « Love & War », le très Black Eyed Peas « Heartbreak 101 », « Denial »). Dès lors, il en faudra beaucoup plus à The Rebel Yell pour arriver ne serait-ce qu’aux chevilles de Outkast, les véritables représentants du ‘misfit R’n’B’.

 

Cumulo Nimbus

Totensonntag

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Nos voisins allemands sont très friands de Métal Médiéval. On ne compte plus les formations germaniques pratiquant ce style, dont les plus célèbres représentants répondent aux noms d’In Extremo, Subway To Sally, Morgenstern, Schandmaul et Adaro. Les Bavarois de Cumulo Nimbus sont les derniers à vouloir s’essayer au petit jeu de la fusion du métal lourd et des instruments médiévaux authentiques. Cherchant probablement à se montrer un peu plus subtil que ses compatriotes, le sextet qualifie sa musique de ‘Renaissance Metal’ plutôt que de ‘Medieval Metal’. Aux instruments traditionnels du heavy métal, comme la guitare, la basse et la batterie, viennent donc se greffer des flûtes, une cithare, des percussions, quelques cuivres et un violon. Ce dernier, plus présent que les autres instruments, rapproche le style de Cumulo Nimbus de celui de Subway To Sally. Les vocaux, partagés entre la quasi-totalité des membres du groupe sont chantés en allemand. Un choix pas très séducteur, il faut le reconnaître. Bien qu’agréable à écouter, « Totensonntag » n’apporte pas grand-chose de plus à la pléthore de disques existant déjà dans ce genre où tout semble avoir déjà été fait. Sympa, sans plus.

 

D.O.A.

Kings Of Punk, Hockey and Beer

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D.O.A. est le plus légendaire des groupes punk/hardcore canadiens. Actif depuis 1978, Joey ‘Shithead’ Keithley, le guitariste/vocaliste et unique survivant du combo originel a toujours défendu, dans sa musique et dans ses actes, des opinions bien tranchées sur des causes aussi diverses que le racisme, la globalisation, la liberté d’expression ou l’environnement. Pour son nouvel album, le keupon du grand nord a décidé d’adoucir un peu le ton en parlant des autres sujets qui lui tiennent à cœur : le punk, le hockey et la bière. Qualifier « Kings Of Punk, Hockey and Beer » de ‘nouvel album’ est peut-être un peu exagéré ; car il ne s’agit en fait que d’une compilation de titres déjà publiés sur d’autres disques ou d’inédits dont le point commun se situe dans le traitement des mêmes sujets. C’est-à-dire les deux sports nationaux canadiens. A savoir : le hockey et l’ingurgitation de bière au litre. Si cet opus ne réinvente pas vraiment la roue, il a quand même le mérite d’être extrêmement sympathique. Treize titres punk, ‘old school’, entraînants et donnant une furieuse envie de chanter à tue-tête. Comme pour les règles du hockey, il faut probablement être canadien pour comprendre toutes les ‘subtilités’ et allusions contenues dans les textes se référant au hockey. Pas grave, on se rabattra sur ceux qui parlent de bière.

 

Monsters Of Folk

Monsters Of Folk

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Depuis le début des années 2000, les projets de supergroupe ne cessent de se multiplier. Tous veulent unir leurs forces créatives dans le but de délivrer l’un ou l’autre recueil potentiellement incontournable. L’initiative peut s’avérer aussi bien fructueuse pour certains (Tomahawk, Last Shadow Puppets, The Dead Weather, The Raconteurs, Them Crooked Vultures…) que mitigée voire totalement dispensable pour d’autres (Velvet Revolver, Audioslave, Mongrel, +44, …) Monsters Of Folk est l’une des dernières formations à s’inscrire dans cette mouvance. Et, ironique ou pas, les petits gars avaient plutôt intérêt à assurer en affichant un nom pareil. D’autant que le projet aura germé près de cinq ans dans l’esprit de ses géniteurs. C’est en effet en 2004 que M. Ward, Jim James (My Morning Jacket), Conor Oberst et Mike Mogis (Bright Eyes) ont uni leurs forces pour la première fois lors d’une tournée commune. Cinq années plus tard paraît « Monsters Of Folk », l’aboutissement de cette collaboration presque inévitable.

L’union des quatre songwriters débouche sur une jolie suite de morceaux alt-country et, forcément, folk dont la force réside en des mélodies simples et harmonieuses, rappelant souvent les travaux de Crosby, Stills, Nash & Young. Oberst, James et Ward se partagent le micro de manière plus ou moins équitable. Le mariage de leurs trois voix s’écoule sans effets et en toute cohérence au cœur de compos entêtantes (« Map Of The World », « Say Please », « Man Named Truth », « Whole Lotta Losin’ »…), quand elles ne sont pas tout simplement électrisante (« The Sandman, The Brakeman And Me », « His Master’s Voice », …). Une petite ombre se dresse cependant sur le tableau. Le morceau le plus excitant de la plaque, l’hautement magnétique titre d’ouverture « Dear God (Sincerely M.O.F.) » porte la patte ‘My Morning Jacket’ de la première à la dernière note. Big Jim tenterait-il de piquer la vedette à ses collègues, l’air de rien ?

 

Al Basile

Soulblue 7

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Al est un artiste complet. Trompettiste (NDR : il joue surtout du cornet !), chanteur et compositeur, il jouit également d’une solide réputation comme écrivain et poète. Il a milité au sein du Roomful of Blues, le célèbre big band de Rhode Island. Il a ensuite embrassé une carrière de professeur. A la fin des années 80, le célèbre guitariste Duke Robillard lui demande de l’épauler. Et notre artiste de reprendre goût à la carrière musicale. Il concocte ainsi "Down at Providence Plantation", son premier elpee solo, en compagnie du Duke Robillard Band au grand complet. Depuis, il édite régulièrement de nouvelles œuvres, dans un style, à chaque fois, sensiblement différent.

Vous l’aurez deviné, ce "Soulblue 7" constitue le septième chapitre de cette aventure personnelle. Pour la circonstance, il est consacré au blues et à la soul. Lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, il a bénéficié du concours de collaborateurs notoires. Et pour cause, le Roomful of Blues a été pratiquement reconstitué. Soit le guitariste Robillard, le bassiste Marty Balou, le drummer Mark Teixeira, le claviériste Bruce Katz et trois cuivres tout aussi balèzes ; en l’occurrence Rich Lataille au sax alto, Doug James au sax ténor et baryton ainsi que Carl Querfuth au trombone. Al signe bien entendu les treize plages ; son ami Duke, se chargeant de la mise en forme.

"Housekey blues" est une ouverture royale. Les percussions de Marty s'installent et progressivement Duke égrène ses chapelets de notes sur le rythme d'un mambo. La voix d'Al est claire et puissante. Le décor sonore s’enrichit des cuivres et de l'orgue Hammond. Basile se réserve son premier billet de sortie. La sonorité émanant de son cornet est feutrée. Il cède aussitôt le relais à Bruce, avant que Duke n’embraie à son tour. "Dollar to a dime" trempe dans un climat subtilement swing. Le ton est emprunté au jazz. Les cuivres sont discrets. Katz est passé au piano. Le cornet s’affranchit à nouveau. Al est bien un maître de cet instrument ; même si dans le passé il l’a trop peu souvent mis en exergue. "You showed me something" épouse un même profil rythmique. Très jazz cette compo conjugue à merveille le piano et le sax ténor de Doug James. Mais Basile y manifeste également son talent naturel d’instrumentiste. Et honnêtement, je pense qu’il s’agit de la première fois qu’il montre autant le nez à la fenêtre. Slow blues royal, "Lonely are the brave" concède des accents dramatiques, presque tragiques. La six cordes de Robillard est émouvante. Le cornet magique d'Al bouleversant. C’est beau à pleurer ! Cette condamnation à la solitude trahit une telle intensité et une telle profondeur dans l'expression des sentiments éprouvés par les différents acteurs. "I hope you're right" emprunte une forme davantage R&B. Dansante même. Le climat presque pop semble couler de source et accorde des billets de sortie épatants à Duke et Bruce. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le reggae s’invite pour "Causing joy". Profilée sur une rythmique répétitive, "This dream (still coming true)" est une longue fresque illuminée par l’intervention au cornet et tapissée par l'orgue à la Jimmy Smith de Kats. Ballade lente, savoureuse, impeccable, "Where are you tonight?" pioche dans le meilleur de Stax. Une chanson d’amour qui transpire le vécu. Invité pour la circonstance, Gordon ‘Sax’ Beadle vient souffler toute sa passion dans son sax ténor. L’étiquette ‘Stax’ pourrait également être collée à "Give it like you get it". Du Memphis R&B très dansant, libérant énormément de groove et destiné à servir de rampe de lancement au cornet devenu intenable. Et le Duke en profite pour se réveiller. Indolente, chaleureuse, "Fool me again" est encore une autre ballade au cours de laquelle tous les instruments s'emboîtent parfaitement. Alors que l'opus s’achève, une étincelle basique de blues jaillit. Et enflamme "Termites in my basement", un morceau très downhome et dépouillé. La section rythmique est discrète mais efficace. Les cordes acoustiques et les accords de piano judicieux. Et c’est l’ami Sugar Ray Norcia en personne qui vient souffler dans l’harmo. Si « Soulblue 7 » n’était pas signé Al Basile, on pourrait le considérer comme le meilleur album de Roomful of Blues, édité depuis bien longtemps ; mais inutile de polémiquer, les mélomanes en tireront eux-mêmes les conclusions… Excellent!

YACHT

See Mystery Lights

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Il a pris son temps, mais il y est finalement parvenu. Jonathan Bechtolt, délivre enfin le disque de la reconnaissance. Et il n’aura fallu qu’un tube (« Summer Song ») et une tournée accomplie en compagnie de LCD Soundsystem pour que la presse spécialisée s’intéresse enfin au cas YACHT. Après une poignée d’Eps et trois recueils pour le compte de Marriage Records, YACHT a été accueilli à bras ouvert par le label DFA, plus à même de lui offrir la promo qu’il mérite. Bechtolt a alors recruté Claire Evans pour l’aider à bidouiller « See Mystery Lights », un quatrième ouvrage exponentiellement addictif. Bechtolt reprend ici les ingrédients qui ont fait les beaux jours de sa précédente formation, The Blow, en y injectant une dose déraisonnable et jouissive de phéromones auditifs.

Véritable petite curiosité, « See Mystery Lights » réunit huit morceaux (et deux remixes) déments et décalés dont la pierre angulaire se présente sous le titre de « It’s Boring / You Can Live Anywhere You Want », une capsule schizophrène, itérative et obsessive, du même acabit que les travaux de Pixeltan. Au même titre que l’implacable « Summer Song », un morceau qui met à rude épreuve la touche ‘repeat’ des platines. En concoctant ce « See Mystery Lights » abrasif, YACHT, qui compte parmi ses fans James Murphy (of course), Devendra Banhart ou encore Architecture In Helsinki, se place désormais comme l’un des incontournables de la scène electro-subversive.

 

AC/DC

Back Tracks (Box Cd + Dvd)

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Ça sent bon le sapin et les marrons chauds du côté des frères Young. Depuis une juteuse signature en 2002 chez Sony, on a tendance à sortir un peu tout et n’importe quoi pour rentabiliser la plus grosse machine du hard rock ‘classique’. Citons les Dvds « Family Jewels » et « Plug Me In » ou encore le plus récent box ‘boîte à biscuit’ de l’excellent « Black Ice ». Le portefeuille des fans est cependant mis à lourde contribution.

Bien que la formule ‘faire du neuf avec du vieux’ est toujours bien de mise, la version light de « Back tracks » (il existe une édition de luxe disponible sur le site du combo) n’est pas sans intérêt, car elle recèle du véritable matériel inédit et des titres collectors. Sous sa housse en forme d’ampli de guitare on découvre de véritables trésors.

Attardons-nous tout d’abord sur les deux Cds audio dont le premier propose douze raretés studio datant de 74 à 2000. Quel bonheur de pouvoir enfin écouter, en bénéficiant d’une qualité de son impeccable, « Stick Around » et « Love Song », disponibles à l’époque sur la version australienne de « High Voltage ». Le surprenant « Flig Thing » figurait en face B du single introuvable « Jailbreak » (77), tout comme « Carry Me Home » sur la deuxième face du 45 tours australien de « Dog Eat Dog », paru la même année. Si l’ère Brian Johnson passionne moins les puristes d’AC/DC, on se délecte néanmoins de « Snake Eye » et de « Borrowed Time », jusqu’à présent uniquement connus des fans australiens. L’irrésistible « Big Gun », produit par Rick Rubin, s’était distingué, fort d’un riff implacable, sur la B.O. du film « Last Action Hero ». Autre rareté pour clôturer ce chapitre : « Cyberspace ». Un titre bonus édité sur l’extended Cd single « Safe in New York City ».

Bourré de raretés live, le Cd2 est un pur bonheur ! Ouverture en fanfare par « Dirty Deeds done Dirt Cheap », à l’origine dispo uniquement sur un promo datant de 76. Suivent « Live Wire » et une version survitaminée de « Shot Down in Flames ». Les collectionneurs les plus chanceux possèdent peut-être le single de « Beating around the Bush » et son étrange face B lisible en 33trs. Plus facilement ‘dégotable’ dans les conventions : « Back in Black » et la version speedée de « TNT » déjà savourées par les détenteurs du maxi single vinyle de « Let’s Get it Up ». Parmi les titres rarement interprétés live, nous épinglerons « Guns for Hire », « This House is on Fire », « Jailbreak » et « Safe in New York City ». A l’écoute de ces deux brûlots on n’a vraiment pas la sensation d’avoir grillé 35€ pour de la daube.

Le Dvd « Family Jewels » s’avère un tantinet plus anecdotique. On y retrouve les vidéos clips des plus grands classiques de la période plus récente d’AC/DC, soit des trois derniers albums studio, et quelques bonus de bon aloi (« It’s a long Way to the Top », « Guns for Hire » et le clip promo de « Highway to Hell »).

N’oublions pas le magnifique livret de 36 pages et son lot de photos d’archives, de tickets de concerts, de pass backstage, etc. Véritable fruit du hasard ? La partie consacrée à Bon Scott est foutrement plus soignée que celle dédiée à Brian Johnson. Quant à la version Deluxe de ce « Backtracks », nous émettrons quelques réserves quant à son coût prohibitif et à son mode de commercialisation.

Vu son prix et sa qualité, contentez-vous de cette version plus légère qui recèle l’essentiel de ce nouveau produit qui vise réellement à en donner plus aux vrais aficionados. Une bien belle pièce de collection…