Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Un Belge à New-York

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Bénéficiant notamment de la collaboration de Marc Ribot (Tom Waits), Doug Wieselman (Antony & the Johnsons) et Shahzad Ismaily (Bonnie ‘Prince’ Billy), le Belge Fred Lyenn publiera son premier album, « The Jollity Of My Companion », ce 6 novembre. Ce projet fort intriguant sera mixé par Joel Hamilton (Sparklehorse, Lou Reed) et mastérisé par Chad Clark.

En espérant que ces belles références n’écrasent pas les nobles intentions de notre compatriote, contrebassiste de formation…

Riffs 'n' Bips 2009 : samedi 17 octobre

L’édition 2009 du festival Riffs’n’Bips s’étalait cette année sur deux jours. Tout d’abord le vendredi 16 octobre, une soirée consacrée à l’électro, à laquelle nous avons fait l’impasse et puis le lendemain 17 octobre. Moins de monde que l’an dernier pour cette sixième édition, mais une organisation impeccable, malgré le petit retard sur l’horaire évalué à une demi-heure, vers minuit. Un seul bémol, la fumée. En festival extérieur, ce phénomène n’est pas gênant, mais en ‘indoor’, après 8 heures dans ce brouillard nicotiné, on en a la nausée. A un certain moment, en regardant le plafond du Lotto Arena, on aurait cru voir les nuages de fumée qui s’accumulent dans le ciel, quand ils sont crachés par les hauts-fourneaux de Cockerill Sambre.

Il revenait à la formation Thot d’ouvrir le festival devant une audience plutôt maigrichonne. A cet instant, il devait y avoir une trentaine de personnes devant le podium. Ce trio bien de chez nous pratique une musique postindustrielle mêlant éléments rock et électro. La formation puise manifestement ses influences chez Nine Inch Nails et libère une belle dose d’énergie sur les planches. Malheureusement, la forme est assez brouillonne ; et on a beaucoup de mal à déterminer si les distorsions sont voulues ou pas. Ajoutez-y un chanteur qui hurle plus qu’il ne chante tout en triturant sa guitare, et vous vous comprendrez pourquoi j’ai éprouvé des difficultés à accrocher. Pourtant les sonorités, parfois vintage, dispensées par le clavier sont relativement satinées et le drummer assume bien son rôle fédérateur, même si parfois on a l’impression qu’il abuse un peu des grooves électro. Il y a certainement du potentiel chez les musiciens de Thot, d’autant plus qu’ils sont habitués à remixer ou d’être remixés ; mais en live, ils auraient intérêt à rendre leur son un peu plus fluide. A l’instar de leur morceau de clôture, qu’ils maîtrisent parfaitement. Une parenthèse néanmoins fort importante, le band peut compter sur de superbes projections montées par Arielle Moens. Fallait le souligner…

Isola est une formation hutoise dont le premier single, « Gravity », a été régulièrement diffusé sur la bande FM. Un compo enregistrée à Bruxelles, mixée à Londres par Chris Seldon (Therapy, Foo Fighters) et masterisée aux légendaires studios Abbey Road. Une chanson qui vous donne une bonne idée du style pop pratiqué par ce quatuor, dont les influences doivent osciller des Beatles à Tahiti 80, en passant par Supertramp, Supergrass, Ben Folds Five et Prefab Sprout. Le chanteur possède une très belle voix et jongle entre guitare acoustique et piano. Les arrangements sont hyper léchés et les mélodies contagieuses. Manifestement on est en présence de perfectionnistes. Le drummer commence même le concert un casque sur les oreilles. Le résultat est plutôt sympa, mais il y manque la présence scénique. Une sensation accentuée par la distance entre les différents musiciens sur les planches. Sans quoi, manifestement Isola possède un énorme potentiel radiophonique…

Depuis novembre 2004, époque à laquelle il avait remporté le Concours Circuit, Malibu Stacy n’a pratiquement jamais cessé de tourner. A croire qu’ils ont une énergie inépuisable, car leur set de ce soir était aussi fougueux et enfiévré que les précédents auxquels j’avais pu assister. David continue de bondir d’un côté à l’autre du podium, sans oublier d’y ajouter ses poses rock’n roll. Les mélodies sont contagieuses. Le claviériste se charge également de percus complémentaires alors que le drummer participe davantage aux backing vocaux. C’est un petit changement. Il y a déjà nettement plus de monde devant l’estrade et les fans semblent apprécier le set du quintet visétois. Difficile cependant d’en dire davantage ; car si la qualité est bien  présente, l’effet de surprise ne joue plus. Aussi, le groupe devrait peut-être commencer à imaginer une nouvelle mise en scène, sous peine de tomber dans la routine… Enfin, ce n’est qu’un avis personnel.

Particulièrement populaire en Flandre et aux Pays-Bas, Triggerfinger commence enfin à se faire une place au soleil en Wallonie. Après le festival de Dour et celui d’Ath, le trio se produisait donc au Lotto Expo de Mons. Mais le plus étonnant, c’est l’étonnement des spectateurs, qui pour la plupart méconnaissaient le trio. Musiczine tape sur le clou depuis belle lurette ; et enfin, le public se rend compte qu’il est en présence d’un fantastique groupe en ‘live’. Mieux vaut tard que jamais ! Bref, particulièrement en forme et tiré à quatre épingles, le trio nous a livré un set époustouflant. Mario aux drums démontre qu’il est probablement un des meilleurs batteurs d’Europe. Il se lève régulièrement de son siège, tel un empereur romain, pour haranguer la foule. Monsieur Paul libère un groove pas possible de sa quatre cordes, en affichant un sourire narquois. Et puis Ruben maîtrise de mieux en mieux sa voix, de plus en plus sensuelle, graveleuse, brûlante, de plus en plus blues (NDR : son timbre campe aujourd’hui un hybride entre Jack Bruce et Steve Winwood), tout en assénant ses riffs de guitare particulièrement effilés avec une précision diabolique. En outre, il possède un charisme à soulever l’enthousiasme des foules. Sollicite l’audience pour qu’il réponde à ses onomatopées. Qui réagit au quart de tour. Monte sur le socle du drummer pour secouer sa six cordes ou l’exhiber aux yeux de la foule. La frotte contre l’ampli. En change pratiquement à chaque morceau, empoignant même une superbe ‘Flying V’ lors de la compo la plus métallique. Pourtant, le début du set privilégie les compos les plus mélodiques, recréant quelque part un univers sonore terriblement proche de The Cream, avant de glisser vers une musique de plus en plus percutante, à la limite du métal, tout en évitant ses clichés. Aussi lorsque le trio tire sa révérence, dans un océan de larsens, le public est littéralement sur le cul. Et tout à fait conquis.

A l’issue du set, nous sommes allés féliciter le combo dans sa loge. Le groupe se souvient très bien de notre rencontre, lors d’une interview mémorable (voir rubrique ad hoc). Il nous confirme l’enregistrement d’un troisième elpee. Au moment d’écrire ces lignes, le trio est occupé de travailler sur de nouvelles démos. Au studio La Chapelle de Waismes. En mai prochain, il se rendra en Californie, pour réaliser les sessions d’enregistrement définitives. M’inquiétant de l’absence de Monsieur Paul, pendant une longue période, sur les planches, celui-ci m’a honnêtement avoué qu’il avait dû subir une cure de désintoxication. Je me souviens que lors de notre interview, il regrettait les abus de sa jeunesse. Une situation que certains de ses amis n’ont pu maîtriser. Ils ne sont d’ailleurs plus de ce monde. C’était pour lui la meilleure façon de se refaire une santé. Belle preuve d’humilité et puis aussi d’amitié au sein de l’ensemble, puisqu’il a été réintégré à l’issue de ce traitement. Enfin, il était intéressant de pouvoir interroger Mario, pour connaître ses références en matière de fûts, parce qu’un jour c’est lui qui servira peut-être de guide spirituel. Il y en a des tas, mais parmi les plus illustres, il cite John Bonham, Keith Moon et Jim Keltner. Difficile de faire mieux ! On se promet de se revoir lors de la journée promo qui sera organisée dans le cadre de la sortie de leur prochain elpee. Le temps de finir notre verre et de les remercier pour leur accueil et il est temps de se rendre dans la grande salle où le set d’Arno va commencer…

Soit il avait bouffé de la vache enragée, soit il voulait embrayer sur le show de Triggerfinger dans un même registre ; une chose est sûre, le début de set d’Arno est d’une sauvagerie inhabituelle. Même qu’Hintjens serre les dents. Il a soixante balais, mais il a encore la pêche, l’Anversois ! Heureusement qu’il chante (NDR : sais pas pourquoi, mais sa voix me fait alors penser à Captain Beefheart), sans quoi il ne piperait mot. Il ne prend d’ailleurs même pas la peine de présenter le moindre morceau pendant les trois premiers quarts du spectacle. On se serait presque cru à l’époque de TC Matic. Faut dire que son guitariste (NDR : Bruno !) met aussi la gomme ! Peu à peu la musique vire au funk blues. Même qu’Arno se met à l’harmonica sur un titre pendant que le sixcordiste s’exerce au bottleneck. On allait oublier, ils sont quand même cinq sur scène qu’Arno présente en fin de parcours, dont son fidèle claviériste, qu’il compare à Carla Bruni ( ?!?!?). Et lorsque l’artiste s’exprime enfin, c’est pour sortir des vannes. Du style : ‘on est moche, mais on s’amuse bien’. Pour en revenir à TC Matic, on a droit aux inévitables « Putain, putain » et « Oh la la la », que le public reprend en chœur. Arno nous réserve quand même son incontournable « Ratata », au cours duquel il manie les cymbales, et puis le toujours aussi bouleversant « Les yeux de ma mère »… Grosse acclamation et rappel, au cours duquel Arno choisit d’interpréter « Les filles du bord de mer ». Manquait plus qu’Adamo le rejoigne sur les planches. N’empêche, le publie apprécie, reprend en chœur, en balançant les bras, lorsqu’il ne danse pas la java. Opportuniste, mais bien pensé…

Tout habillés de noir, les Infadels montent sur scène vers minuit. J’avais eu l’occasion d’assister à leur premier passage au Pukkelpop en 2005, lors d’un set étourdissant. Mais l’année suivant, leur nouveau passage dans le cadre du même festival m’avait laissé plutôt sur ma faim. Le quintet est toujours aussi excité sur les planches, et en particulier le percussionniste/claviériste qui bondit chaque fois qu’il frappe sur son tom ou sa cymbale. Mais je ne sais pas pourquoi, leur solution sonore ne parvient plus à m’accrocher. Trop pop ? Trop synthétique ? Trop linéaire ? Le chanteur au petit chapeau noir (NDR : qu’il ôte en cours de set pour laisser apparaître son crâne chauve) a beau se démener, il ne parvient pas à me faire remuer le moindre orteil. Ah là, j’ai bien reconnu « I can’t get enough », leur hit single. Et puis tout le reste va stagner dans le même registre. C’est dansant, mais ça ne me donne pas envie de danser. Présent depuis 16h30, je cède donc le témoin à Seb qui couvrira le reste du festival. (BD)

Pour l’édition 2009, le Riffs’n’Bips avait prévu une seconde scène sous chapiteau, réservée aux groupes hennuyers et baptisée ‘Future is here’. Votre serviteur avait noté deux formations à ne pas manquer. Et tout d’abord De Volanges. La dernière fois que j'avais assisté à un concert de cette formation, c'était en 1992. Au Trianon, à Rumillies. Lors d'un festival new-wave/goth. Et la recette du band n'a pas changé : elle lorgne toujours vers Joy Division, And Also the Trees et autre Neon Judgement. La boîte à rythmes lourdingue et les artifices en moins. Car le rock déballé ici, bien que trempé dans les 80's, s'avère brut, sans fioriture ni concession. Une basse profonde, mélancolique voire carrément dépressive mais couplée à une guitare aux sons post-punk. Et chez le trio, la sauce continue de prendre. Le long titre éponyme de leur dernier album, "Caryatids", vient d'ailleurs brouiller les cartes et les références citées plus haut. Le set lorgne parfois vers The Mission et la petite centaine de spectateurs (pour la plupart dans la tranche 35-45 ans), massée sous la second stage, ne semble jamais s'ennuyer. De Volanges reste donc un groupe à (re)découvrir.

Le second combo à épingler sous ce petit chapiteau répondait au patronyme de Milk. Faut dire que pour l’instant, il est dans tous les bons coups. Il s’est ainsi notamment produit au Nandrin, à l'Autumn Rock ou encore à Dour cette année. Et si le band est assez jeune (NDR : ce n'est pas le cas de ses membres qui ont déjà un passé derrière eux), il draine déjà un public fidèle. Leur style s’inspire des eighties. Notamment la pop électro. On pense immédiatement à Vive La Fête. A cause de la présence d’une chanteuse blonde. Mais la comparaison s'arrête là, car Milk développe son propre jeu de scène. Leur chanteuse est certes moins extravertie qu'Els Pynoo, mais elle a de la voix. Et sa sensualité naturelle intrigue. Dès le premier titre du set, "Be yourself" (NDR : rien à voir avec le titre d'Audioslave), leur bassiste Sébastien Preaud se lâche et escalade les enceintes. Inévitablement on pense à IamX ou Fischerspooner ; mais on ne tombe jamais dans la copie conforme. Le set est rafraîchissant (NDR : outre la blanche rosée que l'on partage avec ses camarades trentenaires). On est finalement bien loin de la pop aseptisée entretenue par certaines formations belges actuelles (NDR : qui a dit hypes ?) Il est peut-être 2 heures du matin ; cependant, les spectateurs apprécient le concert jusqu’à son terme. Et le combo suscite d'ailleurs la sympathie. On suivra son parcours de près, d'autant qu'en novembre la sortie de leur deuxième album est annoncée...

Allez hop, un dernier passage par la grande scène. Plus par conscience professionnelle qu’autre chose, car après le bon show de Milk, je serai bien rentré me coucher. Mais voilà, un rapide coup d'œil à la prestation d'Arsenal s'impose. Le groupe belge fait de plus en plus parler de lui, notamment après avoir été sollicité pour participer à la confection de la B.O. de la célèbre série US « Six feet under ». Et aussi pour s'être produit dans les grands festivals tant chez nous qu’à l’étranger. Le changement d'ambiance est radical. Le spectacle baigne dans une électro teintée de world music. Les quelques centaines de spectateurs toujours sur pied semblent apprécier, et poussent même des pas de danse, sous les vibes afro ou sud-américains. Mais personnellement, il se fait tard pour goûter correctement ce set. Tout au plus, j’en conclus que ce combo tient sa place en ouverture ou clôture de grands festivals.

Sur la route du retour, un chevreuil a traversé imprudemment l’autoroute. Après avoir été percuté par mon véhicule, il s’est relevé et a repris son chemin. Et moi aussi. Ce n’est que le lendemain que j’ai constaté les dégâts provoqué à la carrosserie... (SL)

(voir aussi notre section photos)

 

Jorn Lande et Kamelot en Wallonie !

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Décidément, la Wallonie devient une véritable terre d’accueil pour les formations internationales de  Hard Rock et de Heavy Metal Mélodique. Après l’annonce le mois passé de l’organisation du « Power Prog & Metal Fest » en avril 2010 à Mons, voici que deux autres excellentes nouvelles viennent de nous parvenir.

En premier lieu, c’est l’incroyable chanteur Norvégien Jorn Lande qui nous rendra visite le 4 décembre 2009 à la Ferme du Biéreau de Louvain-La-Neuve. Pour rappel, ce dernier a déjà posé sa voix sur une trentaine d'albums, dont ceux, entre autres, de Ark, de Masterplan (en compagnie de Roland Grapow et Uli Kusch - ex-Helloween) et The Snakes (groupe composé d’anciens membres originaux de Whitesnake).  C’est le combo montois Max Pie qui se chargera d’ouvrir les festivités dès 19h30.

Entrée : 18/22 €
Infos : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au 010/23.74.11.
http://www.fermedubiereau.be

Deuxième bonne nouvelle dont nous ne manquerons certainement pas de reparler : Les Américains de Kamelot nous rendront visite le 25 mars 2010  au Coliseum de Charleroi à 19H30  pour la modique somme de 24 €. Elle n’est pas belle la vie ?

Showstar for free

Écrit par

“Gold Mine”, le nouveau single de Showstar est disponible en téléchargement gratuit sur le Web (http://www.showstar.be). Il s’agit du premier extrait de l’album « Think Ringo » prévu pour 1er février 2010. Il a été enregistré, mixé et produit par Gareth Parton, un Britannique dont la carte de visite mentionne la mise en forme de disques –notamment– de The Go Team !, Foals et The Futureheads…

Tracklisting album :

 

Residents of the lost club
(Love)
On the telly
Gold mine

Battle of the bands
Building a house
My name is john
Finger generation
Your eighties
Think ringo

 

 

 

 

Speech Debelle

Un nouveau souffle

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Jeune MC anglaise, Speech Debelle a soufflé les critiques anglais en s’emparant du prestigieux Mercury Prize, qui récompense d’une grosse somme d’argent l’artiste ‘le plus créatif’ de l’année. Première femme à remporter le prix en l’espace de 7 ans, elle succède fièrement à Elbow, Arctic Monkeys, Antony & The Johnsons ou encore Franz Ferdinand dans la liste des lauréats.

Et il fallait s’y attendre, sa venue à Bruxelles n’allait pas passer inaperçue. D’abord programmée au Witloof Bar, Speech Debelle, victime de son succès, a finalement versé son flow sur la scène de la Rotonde, reléguant ainsi les pauvres Baddies dans les sous-sols du Botanique. A 20h30, la jeune femme s’avance en toute décontraction sur le milieu de la scène, accompagnée d’un préposé aux grosses caisses, d’un bassiste et d’un violoncelliste. Affublée de lunettes et vêtue d’un gros pull blanc ainsi que de collants bleus, la petite MC salue le public bruxellois (NDR : son accent est à couper au couteau !) et entame son set par « The Key », titre mélangeant subtilement hip hop et jazz. De quoi donner le ton à la soirée.

Speech Debelle parcourt tranquillement l’entièreté de son premier ouvrage, « Speech Therapy ». Elle livre un hip hop vivant, humain, teinté d’une soul qui n’est pas sans rappeler les premiers travaux d’Erykah Badù. Lorsque vient « Wheels In Motion », Debelle se joue un peu de l’assistance en lui faisant croire, pendant quelques courtes secondes, que son producteur, le grand Roots Manuva, s’apprête à la rejoindre sur les planches. Petite déception lorsqu’elle avoue finalement que le co-interprète de « Wheels In Motion » est remplacé au pied levé par l’un de ses camarades de route. Néanmoins, le gars se montre plutôt talentueux ; de quoi pardonner à la chanteuse sa mauvaise blague. Une petite heure plus tard, Speech Debelle quitte la salle non sans avoir prouvé les raisons pour lesquelles le Mercury Prize est passé sous le nez de Bat For Lashes, Florence + The Machine, Friendly Fires ou encore l’insupportable La Roux. « Speech Therapy » est tout simplement un nouveau souffle pour le Hip Hop féminin made in UK.

Organisation : Botanique.

 

Various Artists

Warp20 (Chosen) & Warp20 (Recreated)

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Le label britannique Warp Records fête ses 20 années d’existence ! Fondée en 1989 à Sheffield par Steve Beckett, Rob Gordon et Rob Mitchell, l’écurie a décroché son premier succès grâce au single « LFO », compo signée par la formation du même nom. Un disque qui s’écoulera à plus de 120.000 exemplaires. A partir de cet instant, Warp va devenir une véritable plaque tournante de l’électro et révéler des artistes devenus depuis notoires comme Aphex Twin, Autechre, Battles, Squarepusher ou encore Prefuse 73. Au fil du temps, le label va même parvenir à diversifier son écurie et signant des formations alternatives ; et notamment !!! (chk chk chk), Maxïmo Park ou encore leur dernière révélation, le surprenant Bibio. Certes, au fil du temps, l’image première de Warp a changé et ne se limite plus à l’acid house. Ce qui n’empêche pas le label britannique de continuer à flirter sur la vague du succès. Et la présence de quelques milliers de personnes lors des fameuses soirées ‘Warp 20 Years’, en est la plus belle démonstration. Pour célébrer cet anniversaire, Warp propose une double compilation partagée en deux disques (NDR : 2 x 2 = 4 !)

 
 

« Warp20 (Chosen) » se divise également en deux volets. La première partie réunit 10 titres sélectionnés par 50.000 internautes fans du label ! Une belle occasion de redécouvrir des morceaux cultes tels que « Windowlicker » d’Aphex Twin, « Roygbiv » de Boards Of Canada ou encore « Atlas » de Battles. Un choix pas réellement surprenant en fin de compte. Par contre, la seconde épingle 14 titres plébiscités par Steve Beckett, l’un des co-fondateurs du label. Un choix très personnel mais néanmoins fort intéressant ; car il faut reconnaître qu’on ne connaît pas grand-chose de ce personnage, responsable artistique depuis deux décennies. Il nous propose notamment « Colorado » de Grizzly Bear (avec Autechre, groupe favori de Beckett), « Race : Out » de Battles ou encore le « GNG BNG » de Flying Lotus.

 
 

« Warp20 (Recreated) » est incontestablement la plus intéressante des deux compiles. Nouveau concept chez Warp, puisque plusieurs artistes du label ont été invités à remixer d’autres résidents du label ! Et c’est manifestement du très bon boulot. A l’instar du superbe « Milkman/To Cure A Weakling Child » d’Aphex Twin revu et corrigé par Born Ruffians. Du « When » de Vincent Gallo, remodelé par Maxïmo Park et enfin du « A Little Bit More » de Jamie Lidell magistralement refaçonné par Tim Exile.

 
 

De la seconde plaque de cette compilation, on épinglera l’excellente approche de Bibio opérée sur le « Kaini Industries » de Boards Of Canada ou encore celle de Jamie Lidell pour le « Little Brother » de Grizzly Bear.

 
 

Pour votre info, sachez qu’il existe également une « Warp20 Box », recelant cette double anthologie, mais enrichie de raretés et d’inédits. En outre, son superbe graphisme risque de rendre les fans euphoriques ! Son prix s’élève cependant à 120 euros.

 
 

En quatre rondelles, l’histoire de Warp, du début à nos jours, est écrite. Sa longévité est signe de rigueur, et cette rigueur on la retrouve dans chaque artiste signé sur cette écurie. Sans pression, Warp continue d’avancer et est devenu à l’heure actuelle un modèle indiscutable dans le monde de la musique électro ! Pourvu que ça dure ! Une compilation hautement recommandable !

 

Alys

Is this Love ? (single)

Écrit par

Une nouvelle voix dans le paysage pop…

Bien qu’interprétant ses titres en anglais, Alys est une formation française. L’âme du groupe réunit Alice Rabes et son complice Gaëtan Zuliani. Mais le duo est accompagné, lors des sessions d’enregistrement et des concerts, de Ryan Damiral à la guitare, Anne Millioud au violon, Philippe Poinet aux percussions et Annick Agoutborde à la basse.

Le band ne cache pas ses influences. Sur les trois titres qui composent cet Ep, elles oscillent de Katie Melua (« Ferytaile ») à Mika (« Is this Love ?) » en passant par Tori Amos (« Sam Brook »).

Rien de réellement nouveau ou d’original à l’horizon. Cependant, la qualité des compositions et la voix (NDR : proche de celle de Kate Bush) d’Alice font merveille. Une pop franco/anglaise très fraîche, dansante et de très bonne musicalité. C’est sans problème qu’elle a dégoté les 15 000 euros nécessaires auprès d’internautes intéressés pour produire son album. A suivre évidemment…

 

The Cave Singers

Welcome Joy

Écrit par

Bien qu’inspirés par The Replacements, les Pixies ou encore Fleetwood Mac, et provenant paradoxalement de la scène post-punk du nord-ouest des States, les trois ‘chanteurs des cavernes’ apportent une couleur 100% folk électro-acoustique aux dix titres de cette œuvre à faire rougir de plaisir tous les truckers ricains tatoués, élevés au maïs transgénique et à la meilleure country… Les overdrives criards des nombreux projets annexes (Murder City Devils, Hint Hint, Cobra High…) laissent place ici à des guitares électriques très épurées, sans le moindre effet de pédales, semblant directement sortir d’un vieil ampli à lampes. Un flux sonore qui se fond discrètement mais efficacement dans un flot de guitares sèches élégantes…

Ce retour aux sources et à la simplicité rappelle tour à tour le heavy folk dispensé sur le troisième elpee du Led Zeppelin (« Bron yr aur stomp » en particulier…) ou alors le Dylan originel, c’est-à-dire celui qui est le plus proche (NDR : ou l’inverse) du désormais incontournable et mythique Will Oldham ; une impression corroborée par certains arrangements minimalistes du trio basse/batterie/guitare. A moins que ce ne soit dû au timbre vocal éraillé mais envoûtant de Pete Quirk.

Le deuxième album de The Cave Singers, trio originaire de Seattle, est un véritable cadeau. Une œuvre qui pourrait devenir intemporelle, malgré cette étiquette ‘folk made in U.S.A’ que les médias spécialisés lui ont collé sur le dos, une étiquette très susceptible de limiter la marge de manœuvre artistique. Pourtant, on n’a jamais le sentiment que la formation s’impose des limites. Ce qui explique pourquoi, cet opus baigne dans la musique avec un grand ‘M’, faisant fi des modes et des courants, respectant des valeurs et des traditions musicales souvent oubliées ou snobées et replaçant la musique –et pas la coupe de cheveux, ni le modèle de guitare– au cœur du sujet, en la considérant comme nous devrions l’envisager plus souvent : juste comme de la musique, tout simplement. Sans autre prétention que d’être sincère et captivante.

Si, comme votre serviteur, vous ressentez l’envie épisodique de sillonner les routes de campagne en voiture sans but précis, simplement pour admirer les couleurs de l’automne ou vous vider la tête entre deux disputes conjugales, pensez à avoir l’excellente idée d’insérer « Welcome Joy » dans votre lecteur cd ; compagnon discret et bigrement agréable pour ce genre de virée champêtre en solitaire. Cependant, veillez aussi à jeter régulièrement un œil sur votre jauge d’essence, car cette petite perle folk est susceptible de vous emmener très loin sans même que vous vous en aperceviez.

Y’a pas à dire, parfois ils sont quand même forts ces cow-boys. Chapeau bas! That’s all folks… Heee Haaaaaaaa!

 

(Los) Chicros

Radiotransmission

Écrit par

Philippe Monthaye et Mathieu Warsky ont fondé Los Chicros (NDR : traduisez Les Radins) en 2001. A Paris. Le choix du patronyme est-il une allusion aux conditions d’enregistrement de leur album ? En partie. En fait, ils ont opéré ce choix, car ils ont surtout recours à des instruments bon marché. Notamment des synthétiseurs (NDR : mythiques ?) Casio. Ce sont les ‘Inrocks’ qui les ont découvert grâce au concours ‘CQFD’. Et « Radiotransmission » constitue déjà leur 3ème album.

Un disque plutôt bizarre. Pas sûr, d’ailleurs que ce projet parodique soit du goût de tout le monde. En 19 morceaux, cet elpee propose un large éventail de la musique américaine observé sous l’angle du pastiche. Le tout entrecoupé par des interludes radiophoniques (Radio Jesus, Radio Depressed,…) 19 titres donc, mais seulement une petite dizaine de chansons de plus d’une minute. A défaut de véritables morceaux, on ne peut cependant s’empêcher de sourire à l’écoute de cet album. Car les chansons sont drôles, même si elles sont de qualité très inégale.

« Radiotransmission » tire un peu dans toutes les directions. En ouverture, « Why ? » cherche le suc de la pop anglaise des sixties. Mais sans succès. Par contre, la cover du « Straight A’s » des Dead Kennedys, caricature de la musique américaine indie dépressive des 90’s (Grandaddy ?), fait mouche. Los Chicros se la joue country sur « Where I’m From », tâte du hip-hop tout au long de « Big Daddy Pimp Jr. », se convertit au Christian rock sur « Winos For Jesus » et ose même un rock à coloration Bloodhound Gang sur « I ain’t doing Cocaïne No More ». On a même parfois l’impression d’entendre des morceaux inédits piratés chez Belle and Sebastian, Ice-T, The Band, Pink Floyd voire même Simon and Garfunkel. Malheureusement, ces pseudo-imitations passent mal la rampe. De quoi refroidir l’engouement pour le projet. Pourtant, le groupe se révèle beaucoup plus intéressant lorsqu’il abandonne son esprit potache pour composer de véritables chansons pop. Et je pense tout particulièrement à « Without You » (NDR : interprétée en compagnie de Brisa Roché) ou encore de « What’s New On TV ? ».

Drôle à premier abord, le concept proposé par Los Chicros souffre, en outre, d’une carence en sens mélodique. Et si « Radiotransmission » mérite une attention particulière, c’est surtout pour son petit jeu gratuit. Au cours duquel, on vous demande de retrouver les titres originaux des parodies. L’exercice de style est plutôt sympathique ! Pas si radins qu’on imagine finalement, Los Chicros...

 

Cursive

Mama, I’m Swollen

Écrit par

On attendait énormément du quatuor suite à la sortie de l’irrésistible « Happy Hollow », publié en 2006. Trois ans plus tard, Cursive revient plus sombre que jamais. « Mama, I’m Swollen » marque l’arrivée de Cornbread Compton, un drummer enrôlé suite au départ anticipé de Clint Schnase, l’un des membres fondateur de la formation. Une perte qui ne passe pas inaperçue tant l’aspect déstructuré qui marquait la majorité des compositions de Cursive, semble ici inexistant. En résulte une œuvre beaucoup trop inoffensive, comparé à ce dont Tim Kasher et ses compagnons nous avait accoutumés. Certains morceaux (« What Have I Done ? », « We’re Going To Hell »…) auraient même pu figurer dans l’une des œuvres de The Good Life, le projet parallèle plus en retenue de Kasher.

« Mama, I’m Swollen » est donc loin de s’aligner sur la discographie exemplaire de Cursive. Les textes de Kasher sont toujours aussi percutants mais l’ingéniosité des mélodies semble avoir pris la poudre d’escampette en même temps que Compton. Malgré quelques sursauts de sagacité (« Mama, I’m Satan », « Caveman », « I Couldn’t Love You »), « Mama, I’m Swollen » constitue l’œuvre la moins passionnante du quatuor à ce jour.

 

Die Princess Die

Lions eat lions (version deluxe)

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A l’origine, cet album était paru chez GoldStandardLabs (The Locust, Melt Banana, Jr Ewing En 2006. Le label français (NDR : du Nord-Pas-de-Calais très exactement) Uproar For Veneration Records vient de le rééditer. Une belle opportunité pour découvrir Die Princesse Die, un groupe quasiment méconnu dans nos contrées. La nouvelle version a été enrichie du mini-elpee 8 titres « Cut Lips », un disque sorti en 2004 sorti sur Rococo Records ainsi que de deux titres issus d’un split cd partagé en compagnie de Manifolds. Résultat des courses, le nouvel opus réunit la quasi-totalité de la discographie de Die Princess Die. 

Et après avoir écouté l’intégralité de cette édition Deluxe, je dois avouer être tombé sous le charme de leur musique. Il y a même un sacré bout de temps que je n’avais plus eu l’opportunité de savourer un post punk de cette trempe. Même que depuis la séparation de The Blood Brothers en 2007, j’imaginais la flamme de ce style définitivement éteinte. Chez Die Princess Die, on retrouve tous les éléments nécessaires et indispensables pour foutre un véritablement bordel dans n’importe quelle salle de concert lugubre. Les riffs de guitares sont incisifs, effilés, percutants. Les larsens magnifiquement maîtrisés. Puissante, la section rythmique (basse/batterie) vous rentre littéralement dedans. Le chanteur crie ou beugle comme un dératé. Un cocktail aussi explosif que délectable, balayé judicieusement de quelques touches d’électronique. Vingt et un titres qui évoquent tour à tour The Blood Brothers (NDR : of course !), les Liars ou encore These Arms Are Snakes.

Bref, vu le potentiel de cette formation californienne (NDR : de Los Angeles, très exactement), il ne serait pas étonnant que dans un futur plus ou moins proche, elle puisse bénéficier d’une distribution moins confidentielle. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Et après avoir visionné les vidéos ‘live’ postées sur leur MySpace (NDR : que je vous invite d’ailleurs à regarder), on ne peut espérer qu’une tournée européenne transitant près de chez nous… 

Expatriate

Home (Ep)

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Expatriate milite dans la catégorie ‘rock de stade’. Etiquette péjorative ? Pas nécessairement ! Ce n’est pas parce qu’on est en présence de stadium band que la qualité est médiocre. Car chez cette formation aussi, on peut carrément parler de ‘rock de stade’ de toute bonne qualité.

Fondé en 2005, le groupe est déjà devenu majeur chez nos amis wallabies. Il reste néanmoins relativement inconnu en Belgique. « Home » devrait leur ouvrir quelques portes avant que la sortie de leur nouvel album, qui succèdera au déjà très bien reçu « In The Midst Of This », ne lui permette de définitivement s’imposer. Le leader du combo, Ben King, a grandi comme un expatrié dans sa jeunesse voyageant sans cesse entre Jakarta (NDR : c’est la capitale de l’Indonésie !) et l’Australie ; alors que le batteur, Chris Kollias, est fils d’un immigrant grec australien. Leurs expériences communes d’‘expatriés’ les ont incités à choisir ce patronyme. Leur nouvel Ep 4 titres nous aidera-t-il lui aussi à parcourir le monde l’espace de ses 15 courtes minutes ?

La réponse est positive ! A l’écoute de « Home », l’auditeur voyage, mais en terres connues. Si « Gotta Get Home », « Blackbird » ou « Aviation At Night » s’avèrent de très bon niveau en évoluant quelque part entre l’univers 80’s des Killers et celui de Depeche Mode, on ne peut pas dire que les horizons visités soient particulièrement nouveaux. Néanmoins, l’ensemble est très entraînant et ne souffre jamais de la moindre baisse de rythme. En outre, la voix est excellente. Les 4 morceaux de « Home » passent sans encombre le cap de la première écoute et deviennent même très plaisants dès la seconde. Du travail bien fait à défaut d’être original. Rendez-vous à Werchter quoiqu’il en soit !

Johnny Hallyday

Stade de France 2009 Tour 66

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Ah que voilà le 3.268ème album de Johnny !!! Mille excuses ! Ben oui, c’est tellement facile de se moquer d’un tel personnage. Faut dire qu’on pourrait croire que par moments il aime la raillerie et qu’il en redemande ! Et qu’on ne s’en prive pas, c’est vrai. Mérité ??? Ben… je vous laisse juge…

Bon, assez de persiflage, passons aux choses sérieuses. Et pour une fois, cet album de Johnny, c’est du sérieux. Un double album enregistré à Paris, en public, au Stade de France les 29, 30 et 31 mai derniers. Trois dates pour le ‘Tour 66’, un album live grandiose, magique, témoignage de la dernière tournée d’un des plus grands artistes français. La première phase du périple a rassemblé près d’un million de fans dans les stades (dont 3 soirs complets au Stade de France, devant 250 000 fans). Un million de spectateurs ont assisté au concert donné par Johnny Hallyday le 14 juillet à la Tour Eiffel. Cinq millions de téléspectateurs ont vécu en direct sur TF1 les concerts du Stade de France.... C’est bien ce que je disais, un (très) grand artiste…

Ce double cd réunit 34 titres et non des moindres. Toute la carrière du plus belge des chanteurs français (NDR : à moins que ce ne soit l’inverse ?) est passée en revue durant près de deux heures. Tout y est, absolument tout. Un must pour qui ne connaîtrait pas sa carrière et qui souhaiterait en avoir une illustration quasi complète.

Johnny nous rechante ses succès des sixties, des adaptations françaises de hits anglais et/ou américains. Parmi les plus notoires on épinglera « Le pénitencier » (NDR : « The house of the rising sun », dont la version anglo-saxonne la plus célèbre demeure toujours celle des Animals), « Je veux te graver dans ma vie » (NDR : « Got to Get You into My Life » des Beatles), « Blue Suede shoes » de Carl Perkins (NDR : immortalisée par Elvis Presley), « Noir c’est noir » (« Black is Black » des Los Bravos), etc. Sans oublier ses tout grands hits : « Ma gueule », « Que je t’aime », etc. Il balaie une période de plus de 40 ans de sa carrière. Ce double live est une véritable machine à remonter le temps ! Les fans de la première heure y retrouveront tout ce qui a fait la légende et contribué à faire durer ce personnage tellement populaire, issu d’une époque dont il ne reste quasiment que le seul ‘survivant’.

Techniquement, les enregistrements sont parfaits. Performance d’autant plus étonnante que la majorité des concerts se sont déroulés dans des stades à l’acoustique plus que douteuse. Ici, l’ingénieur du son a fait du tout bon boulot. On parlerait même de miracle si on ignorait que beaucoup d’albums live sont en fait retravaillés en studio avant leur enregistrement final. Mais force est de constater que la réalisation de ce double Cd est réellement excellente.

Johnny n’a visiblement rien perdu de sa voix, ‘instrument principal’ d’un artiste ayant basé principalement sa carrière sur l’interprétation ‘bien personnelle’ de hits taillés sur mesure pour lui par autant d’auteurs et de compositeurs de talent qui ont mis en exergue son puissant organe vocal. Citons en passant Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo, Zazie ou encore Maxime Leforestier. Que du beau monde !

Bien épaulé par une formation de quatorze musiciens et soutenu par deux choristes, le rocker sexagénaire (NDR : 65 ans depuis le 15 juin) a visiblement encore du punch à revendre et il le démontrera tout au long de sa tournée d’adieux (vraiment ?)  Puissent ces concerts avoir vraiment la qualité de ce double album !

En recevant le disque, il y a un peu plus d’une semaine, je me demandais ce que j’allais en faire après l’avoir critiqué. Maintenant, je le sais. Je le garde !!!

 

Jeff Hershey

Songs from the road (Cd + Dvd)

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Jeff Healey nous a quittés en 2008. Il y a quelques mois, un coffret baptisé "Legacy: Volume 1" était paru pour le plus grand bonheur des fans du guitariste disparu. Lors de la chronique de ce box, je vous avais signalé que les héritiers du Canadien défunt, et en particulier la veuve, n’avaient pas accordé l’autorisation d’éditer une telle anthologie. Ce n’est pas le cas pour cette nouvelle sortie consacrée à feu Healey, puisque Miss Christie signe des notes de pochette. Elle y mentionne que lors des concerts immortalisés pour concocter ce disque, Jeff était souriant, rieur, heureux de jouer et chantait de tout son cœur.

L’opus réunit un Cd et un Dvd enregistrés lors de trois excellents concerts, accordés principalement au Blues festival de Notodden, en Norvège. Mais aussi à l'Académie d'Islington à Londres et au club de Jeff, le Roadhouse, à Toronto. Alec Fraser, le bassiste du Healey Band, s’est chargé de la production. Elle est impeccable. Et le son est parfait. Si les amateurs de blues y trouveront leur compte, d’autres facettes de l’artiste sont également mises en valeur ici : son côté rock, parfois psychédélique et les ballades.

Les quatre extraits du concert concédés à Londres sont épatants. Le blues rock proposé y est de très bonne facture. "I think I love you too much" est un blues signé Mark Knopfler époque Dire Straits. Issu de la plume du mythique Robert Johnson, "Stop breaking down" est imprimé sur un tempo entraînant, proche du "Let's work together" de Canned Heat. Le pianiste Murphy se réserve alors l'harmonica. L’adaptation du classique "Hoochie Coochie man" offre une belle conjugaison de cordes entre Jeff et son compatriote Randy Bachman (NDR : rappelez-vous "American woman" du Guess Who et "You ain't seen nothin' yet" du Bachman Turner Overdrive). Un échange qui se reproduit lors de la version sans faille du célèbre hymne des sixties, "White room" (NDR : une composition écrite par la paire Jack Bruce/Pete Brown). Le Roadhouse n’est le théâtre que d’un seul morceau le "Whipping post" de Greg Allman (NDR : la fabuleuse version live, caractérisée par un des plus grands duels de guitares de l’histoire du rock, échangé entre Duane Allman et Dickey Betts figure sur l’elpee live de l’Allman Brothers Band, "Live at Fillmore East"). Healey s'en tire très bien, en traitant la compo tout simplement à la manière du band des frères Allman. Murphy se débrouille impeccablement aux vocaux dans l’excellente interprétation du "Come together" et du "While my guitar gently weeps" des Beatles ainsi que dans celle du "Teach your children well" de Crosby, Stills and Nash, en respectant parfaitement les versions originales.

Place au Dvd. Nous sommes en 2006. Au Notodden Blues Festival. La scène sise sous le chapiteau est étroite. Jeff est assis au centre du podium, la guitare placée horizontalement sur les genoux. Il est entouré de ses musiciens : Dan Noordermeer à la Stratocaster, Dave Murphy au piano, Alec Fraser à la basse et Al Webster aux drums. Ils ouvrent le set par un tonitruant "Shake rattle and roll". Healey y démontre toute l'étendue de son talent. C’était véritablement un gratteur exceptionnel. Il s'attaque alors au classique "How blue can you get". Un long blues lent au cours duquel il démontre sa capacité à maîtriser ce type de répertoire. Il y épanche toute sa sensibilité naturelle et ne ménage jamais son instrument. Le "I'm ready" de Willie Dixon libère énormément de swing. Healey était également très habile pour adapter les classiques de la musique rock. Et il le démontre lors de sa cover du "Like a hurricane", de Neil Young. Une longue et vibrante fresque sonore au cours de laquelle il affiche une grande complicité avec Dan, son partenaire aux cordes. Il attaque le "Highway to hell" d’AC/DC. Au cours de ce morceau de hard rock accrocheur, le claviériste, Dave Murphy, se prend pour Bon Scott, alors que Jeff se lève pour incarner Angus Young. Surprenant! Healey aligne alors ses tubes : le "Angel eyes" de John Hiatt et "See the light". Le concert s’achève par une reprise du "Soul man" d'Isaac Hayes (NDR : Sam & Dave en avait fait un hit !) Murphy se charge à nouveau des vocaux tout au long de cette plage qui baigne évidement dans le pur R&B coloration Stax. Excellent! 

 

Marc Lavoine

Volume 10

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A près de 25 ans de carrière, Marc Lavoine, le beau ténébreux, signe son dixième elpee. Un disque baptisé tout simplement « Volume 10 ».

L’interprète d’« Elle a les yeux revolver » a attendu quatre ans après la parution de « L’heure d’été » avant de s’envoler pour l’ouest des Etats-Unis afin d’y préparer son dernier né.

Enregistré entre la mort de son père et la naissance de son fils, Marc nous présente son album le plus personnel, le plus intimiste à ce jour ; celui qui lui ressemble le plus. L'éternel jeune homme fait tout son possible pour gommer l'image de chanteur romantique pour minettes qui lui colle encore parfois à la peau.

Les textes sont tous de la plume de l’acteur/chanteur et traitent principalement de ses deux vies : la privée et la professionnelle. Suivant son habitude, il s’est entouré de ses ‘fidèles’ François Delabrière et Jean-François Berger qui ont pris en main la réalisation. Pour mettre le tout en musique, Marc a également pu compter sur l’aide de Julien Clerc, de la fille de Serge Gainsbourg (Lulu) et de Bertrand Burgalat.

L’elpee recèle également quelques ‘curiosités’ comme par exemple deux duos. Le premier en compagnie de Valérie Lemercier pour « La grande amour »  et le second avec sa fille Yasmine, âgée de 11 ans.

L’artiste, qui séduit autant sur scène que sur grand écran (NDR : il sera le 2 décembre à l'affiche de Liberté, de Tony Gatlif), évolue à sa main, sans brusquer un public qui lui reste fidèle. Onze ballades qui ont la douceur d’une caresse de jolie fille et la légèreté d’une plume. Onze chansons qui devraient ravir les fans des ‘plus beaux yeux de la chanson française’.

A noter quand-même un texte un peu osé qui dénote chez un garçon si gentil, si poli voire si lisse : « Je rêve de ton cul ». Marc Lavoine se lâche un peu et ose dire des choses jusque là inavouées à son public féminin… Qu’en penseront-elles ?

En tournée à partir du 10 janvier 2010 à travers toute la France et en concert le 23 mars à Bruxelles à Forest National.

 

Cate Le Bon

Me oh My

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« Me oh My » constitue le premier album de Cate Le Bon. Lors du morceau d’ouverture, on est bercé par une voix pure accompagnée de doux accords de guitare, à la Cat Power. Ambiance molletonnée, odeur de descente post-grosse bringue. Mais rapidement Cate nous surprend en empruntant un chemin tantôt électro, tantôt rock, parfois indie-rock, et des inflexions vocales proches de Nico ou de Jane Birkin. Chaque morceau est un nouveau paysage imaginaire que l’on traverse en sa compagnie. Les sons se changent en images, un avion décolle, un paysage gallois est balayé par le vent humide, des nuages sombres passent nonchalamment ; en équilibre entre mélancolie et candeur joyeuse, Cate avance, en lévitation. Une intimité fragile s’installe au rythme des mélodies d’harmonica et du jour qui approche (il paraît que Cate n’écrit que dans le noir). L’instrumentation est savamment dosée, comme pour mieux mettre en valeur la voix de la jeune chanteuse. Outre les classiques guitares, batterie et claviers, on croise deux violons désaccordés et un accordéon gravitant discrètement autour de la voix qui se dédouble et répète son texte avec obsession. La nuit passée en compagnie de ce papillon nocturne était douce, agitée et hallucinée. Un beau début. On attend la suite.

 

Jeffrey Lewis

Em Are I

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Lors des ‘Feeërieën’, organisées l’an dernier par l’AB, au Parc Royal à Bruxelles, j’avais eu l’occasion de découvrir Jeffrey Lewis. Et puis je l’avais revu en première partie d’Adam Green. Aussi, je peux vous assurer que Jeffrey Lewis est un chanteur cool. Comment ne pas l’être, lorsqu’on parvient à transformer un album entier du groupe punk Crass en reprises folk ? 

Pourtant, on ne peut pas dire que sa discographie soit digne de ses prestations live. Une raison pour laquelle j’étais particulièrement inquiet avant de me farcir « Em Are I », sa nouvelle livraison. Son cinquième opus depuis 2000, si on ne tient pas compte de ses collaborations opérées en compagnie de Kimya Dawson. Première constatation, le degré d’humour pratiqué y est moins présent que sur « It's the Ones Who've Cracked That the Light Shines Through », un elpee paru en 2003. Néanmoins, les morceaux sont beaucoup mieux maîtrisés que par le passé.

Si à l’origine, Jeffrey émargeait à la scène antifolk newyorkaise (NDR : un mélange de punk et de folk célébré notamment par The Moldy Peaches, Lach ou encore Ani Di Franco), au fil du temps, il s’en est écarté. A cause du recours à une production de plus en plus soignée et à des arrangements particulièrement léchés. Seuls les lyrics (NDR : souvent complexes et littéraires) et l’esprit bricolo-anarchiste rappellent cette philosophie sonore. Car finalement, Lewis joue du folk, lo-fi peut-être, mais bien du folk. Les mélodies sont toujours aussi directes et fragiles. Herman Düne n’est pas très loin. Adam Green non plus. La conscience politique aiguisée en plus. De la parfaite musique ‘intelligente’ pour geek. Une certaine amplitude dans son inspiration lui permet de varier parfois son style. Et je pense tout particulièrement au morceau quasi psyché intitulé « The Upside-Down Cross ». Et puis aux plus country/rock « Broken Broken Broken Heart » et « Whistle Past The Graveyard » (NDR : les titres que je préfère !) ou encore au bouleversant « Roll Bus Roll », digne des Moldy Peaches.

« Em Are I » est donc découpé en onze plages fort agréables, variées et aux textes profonds. Je regrette d’ailleurs de ne pas être parfait bilingue pour mieux cerner sa prose. Notez que Jeffrey est un artiste complet car il également auteur de comics. Il a décroché un diplôme à l’Université de New-York en littérature. Anecdotique, mais à souligner quand même, la lecture de sa thèse à l’Université de Louvain en 2000, sur le comicbook ‘Watchmen’, récemment adapté au cinéma.

 

Lord Cut-Glass

Lord Cut-Glass

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Souvenez-vous des Delgados, une formation écossaise fondée en 1994 qui s’était inspiré du nom d’un des vainqueurs du Tour de France pour choisir son patronyme. Elle s’était séparée en 2005, après avoir commis quatre albums. Alun Woodward avait alors décidé de se lancer dans une carrière solo. Il a quand même fallu quatre longues années au natif de Motherwell pour terminer cet opus éponyme. Faut dire qu’entretemps, il a sorti « A sentimental Song » en 2007, un elpee destiné à mettre en musique des textes du poète britannique Alasdair Gray. Mais l’attente en valait la peine, car cette nouvelle œuvre est une véritable réussite, évoluant au sein d’un univers sonore partagé entre pop, baroque et folklore celtique.

« Lord Cut-Glas » a été enregistré au sein des studios du label Chemikal Underground. Pour mémoire, cette écurie avait été créée par des membres des Delgados. Et aujourd’hui, elle héberge la quintessence des ensembles écossais comme Mogwai, Arab Strap ou Aerogramme ; et la liste est loin d’être exhaustive. Alan Woodward est quand même un peu mégalo. Dernièrement, il a déclaré ‘If Lord Cut-Glass was a political leader he’d be more dictator than democrat : more Charlemagne than Chirac’. Mais en même temps, démontre qu’il ne manque pas d’humour. D’ailleurs, il n’est pas vraiment nécessaire de décortiquer les lyrics pour se faire une idée de sa verve. Les titres des différents morceaux suffisent.

Paradoxe, les différentes plages de cet elpee sont contagieuses, mais pas toujours très accessibles. Il alterne ballades (« Be careful what you wish for », « Holy Fuck »), morceaux plus énergiques (« Big time Teddy », « Look after you wife ») et puis plages qui puisent manifestement dans la tradition écossaise comme « I’m a great example to the dogs », « Toot Toot » ou encore « You know ». Alun s’est chargé de la mise en forme de l’album, mais signe également l’intégralité des arrangements, même ceux dispensés par l’orchestre symphonique qui ont participé à la confection de l’œuvre.

Si vous avez la nostalgie des Delgados, le premier elpee solo d’Alan Woodward devrait vous plaire. Une véritable bouffée d’air frais que je vous invite à respirer à plein poumons...

Oia Star

Manifesta

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OIA. Vous connaissez ? Non ? Ils sont de Marseille ! Ça ne vous dit toujours rien ? Et Massilia Sound System non plus ? Si ? Ah quand-même ! Ben oui, OIA est le petit ‘frère’ du Massislia Sound System. Souvent dans le même ordre d’idées, OIA se concentre plutôt sur l’électro-rock à thème(s) rigolo…

On va vous foutre la « Oia », littéralement, on va foutre la m… Littéralement ? Enfin dans leur jargon… Ah c’est vrai que les Marseillais n’y vont pas de main morte dans leurs textes !

Chaque chanson est un des reflets de notre société, une chronique du quotidien, une caricature pas piquée des vers où chacun peut se retrouver au détour d’un comportement parfois coupable, négligeant, égoïste… En bref les mille et un défauts de la vie que chacun connaît à l’occasion ! (NDR : Pas vous ? Menteurs !)

Maniant l’humour (NDR : grinçant de temps en temps), le dialecte phocéen et utilisant des rythmes électro-rock, OIA nous propose 14 titres qui sont autant de clins d’œil adressés à… Ecoutez « Chéri(e) », vous cernerez mieux les cibles…

Pourtant, le line up de la formation a subi des remaniements suite à la disparition d’un de leurs membres originel, Lux B., décédé en juillet 2008. Ils ont dès lors revu un peu la formule ; et Gari, second fondateur du groupe a rassemblé autour de lui un DJ (Kayalik), un guitariste (Buzz) et un batteur (Al Bator). Mais la trouvaille, c’est l’engagement d’un jeune Suédois prénommé Dubmond. Il apporte ses ‘boîtes électroniques’ et met une touche plus ‘dance’ partout.

Laissez-vous séduire l’accent à couper au couteau, l’esprit de ‘déconnade’ et l’autodérision (« Feignant et gourmand ») de ces ‘dingues’ des Bouches du Rhône. Ça vaut le détour.

Amusant ! En concert ils doivent ‘arracher’… Hélas, pour l’instant, ils ne viennent pas dans notre coin !!!

 

Julian Plenti

Julian Plenti is… Skyscraper

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Il n’aura même pas essayé de dissimuler sa véritable identité, le bougre. Il faut dire que doué d’une voix comme la sienne, Paul Banks, leader d’Interpol, aurait difficilement pu cacher à son public qu’il était l’homme derrière cet étrange pseudonyme. Julian Plenti est l’homme qui permet à son créateur de se perdre dans des divagations pop-rock que ce dernier ne se serait pas nécessairement permis en compagnie de sa formation initiale (« Unwind », « H », « Girl In The Sporting News », « Fly As You Might »…), même si certains morceaux auraient pu figurer dans l’une ou l’autre œuvre d’Interpol (« Fun That We Have », « Games For Days », « Only If You Run »). Banks se fait plaisir en ranimant ce vieux projet laissé pour mort suite à l’avènement du succès incontrôlé de sa troupe. De ses archives, Julian Plenti a extirpé onze écrits à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre de l’homme derrière le personnage.

« Julian Plenti is… Skyscraper » est le parfait antidote à l’impatience que pourraient éprouver les fans d’Interpol. Plus particulièrement ceux qui ont éprouvé une relative déception à la sortie de « Our Love To Admire », troisième recueil d’Interpol dont beaucoup reprochait le côté statique. Banks applique ici le ‘damage control’ avec brio. Reste à voir si cette incartade octroiera un nouveau souffle à son quatuor dont le quatrième essai est attendu dans le courant de 2010.

 

Dizzee Rascal

Tongue N’Cheek

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Après avoir concocté trois tubes au cours des trois derniers mois (« Dance Wiv Me », « Bonkers » et « Holiday »), l’excellent Dizzee Rascal (Dylan Mills de son vrai nom) est de retour pour un quatrième album. Un disque très différent de ses précédents opus, mais diablement efficace ! En créant son label Dirtee Stank, le rappeur anglais avait l’intention de promouvoir des artistes de la scène grime, style très en vogue depuis quelques années. Malheureusement, les fans de la première heure risquent d’être déçus, car le Rascal a avoué, il y a peu, vouloir se tourner vers un son résolument plus pop, plus électro. Et c’est effectivement le cas à l’écoute de « Tongue N’Cheek », une plaque aux sonorités 80’s et 90’s. Bien sûr, le malheur des uns, peut faire le bonheur des autres et j’avoue que c’est mon cas…

Il existe effectivement un pas de géant entre vouloir se tourner vers la musique électro et concrétiser ce projet. Mais là, il faut avouer que Dizzee Rascal a réussi un bien joli coup en s’entourant pour la réalisation d’un certain Calvin Harris ou encore Armand Van Helden, deux personnages loin d’être inconnus sur la scène électro. Toujours aussi vifs et purs, les flows de Rascal s’illustrent sur des vagues pop à la production sans faille. Outre les tubes dantesques « Dance Wiv Me » (disponible également sur le nouvel album de Calvin Harris), « Bonkers » et « Holiday », la rondelle est sans surprise le reflet des trois titres promotionnels. On notera la présence d’une superbe version du « Dirty Cash » de The Adventures Of Stevie V, célèbre groupe de dance britannique qui a sévi dans les années 90, remodelé et intitulé « Dirtee Cash ». Ou encore du ‘dubesque’ « Can’t Tek No More ». Signée Shy Fx cette compo recèle des samples du film « Babylon ».

Bref, le passage de l’excentrique Rascal dans le monde électro pop est une grande réussite et même si le côté très mainstream de l’album peut décevoir, il ne risque certainement pas d’attrister Dj’s et autres amateurs de dancefloors ! Shake your booty !