New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Crossroads Band

I want it? Right now

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Seattle est situé au Nord-Ouest des Etats-Unis d’Amérique. Dans l'état de Washington, près de la frontière canadienne (NDLR : difficile d’être plus précis !). On y rencontre de multiples formations de blues. Dont le Crossroads Band. Son line up implique un noyau dur de vétérans locaux. Tout d’abord Steve Bailey. Ce chanteur, harmoniciste et circonstanciellement guitariste sillonne les routes depuis la fin des 60s. Flanqué de ses Blue Flames, il a joué en Europe et au Japon. Dennis Ellis, ensuite. Chanteur et saxophoniste. Il souffle comme un possédé dans son instrument. Big Jay McNeely et Eddie Cleanhead Vinson constituent ses influences majeures. Au cours des 70’s, il pratiquait déjà le jump et le swing, au sein du groupe drivé par le guitariste Chris Cain. Dan Newton, encore. Il chante, se partage plusieurs guitares et se réserve les claviers. Il a également milité chez les Blue Flames. John Lee également. Originaire de l’Alaska, ce bassiste a sévi dans le backing band de John Lee Hooker en compagnie de Charlie Musselwhite et au sein des Blue Flames. John Rockwell enfin. Il est préposé à la batterie. En bénéficiant du concours de musiciens aussi expérimentés, la qualité de la musique doit être bien présente. Et cet opus en est la plus belle démonstration. En 2005, le combo a décroché le titre de ‘meilleur band’ auprès de la Washington Blues Society. Avant de graver "I want it…..Right now", le Crossroads Band avait déjà commis un premier album éponyme. L'album révèle les différentes facettes de ce combo qui bénéficie de la présence de quatre chanteurs différents, évoluant dans des styles tout aussi distincts. L’originalité procède de cette particularité de proposer, sur pratiquement chaque plage, des joutes ou des combinaisons entre le saxophone et l'harmonica! Variée, la musique ne se confine pas au Mississippi, mais s’aventure du côté de Clarcksdale, près du célèbre carrefour sis entre les nationales 49 et 61 ou si vous préférez entre Memphis et Greenwood.

Steve se met à souffler à pleins poumons, à la manière de Sonny Boy Williamson II. Ce qui n’est guère surprenant puisque "Too young to die" est une de ses compositions. Les cordes de Dan vibrent immédiatement, pendant que le leader se met dans la peau de Rice Miller. Dans le style, la technique au vibrato est infaillible. Dan nous emmène à la Nouvelle Orléans pour chanter son "What's he got". Pour la circonstance, il s'est installé derrière le piano. Ses notes sont syncopées tandis que le honky sax de Dennis évolue dans un milieu naturel. Dennis chante "Depression blues", un late night blues. Son organe vocal est puissant. Au sein de cette atmosphère enfumée, Dan Newton signe une sortie spectaculaire, rappelant les grandes envolées de Michael Bloomfield. Steve revient sur scène pour diriger de sa voix déchirée un entraînant "Barefoot rock". Harmonica et sax se conjuguent, se défient et font de la surenchère. Le bassiste John Lee passe au chant pour interpréter "Mama and Papa", un R&B signé Earl King. Sa performance est digne de celle de ses compères. Tous les instruments sont bien en place. Les vétérans se déchaînent! L’album monte en intensité. "Follow me" met en exergue un duel de souffleurs sur fond d'orgue. Ressemblant étrangement à "Mellow down easy", "Long distance operator" consacre une rythmique irrésistible. Bailey est totalement bouleversant sur "Never leave me at home". Il s’époumone sur son harmo, avant que Dennis ne passe à la flûte traversière. Et on n’est pas au bout de nos surprises, car Mr Bailey saisit sa guitare slide et nous emmène dans un de ces Chicago shuffle dont il a le secret. Tout droit sorti des 50’s, ce "Mean & evil blues" est de la pure dynamite. Le sax et le piano sont de la fête. Un véritable bonheur! Les deux guitares paradent sur le rocker "Let me go" ; mais c'est Newton, poursuivi par l'harmo, qui s’illustre par son côté Otis Rush sur "I'm lost without you". Bailey est plus Leiber & Stoller que nature sur son "All night lovin' man". Cet opus d’excellente facture s’achève par le "Hot & cold" d'Albert Collins, une plage caractérisée par le sax ravageur et la guitare en picking, épilée à la manière d’un Collins, de Mr Ellis.

 



Tracey Thorn

Out of the Woods

Écrit par

Volontairement disparue de la circulation depuis le « Temperamental » de Everything But The Girl (1999), Tracy Thorn met au placard Ben Watt, sa moitié sur scène comme à la ville, ainsi que ses michetons afin de nous envoyer à la tronche un come-back du genre ‘j’arrive, je défonce la porte d’un coup de bottines en cuir et je montre à tous ceux qui m’ont oubliée qu’ils ont fait une grossière erreur’. A l’instar de ses compatriotes Beth Gibbons et Lou Rhodes, Tracy Thorn s’offre une petite aventure parallèle plus que bienvenue. Produit, entre autres, par Ewan Pearson, ce second essai solo déchire grave, tout simplement.

Thorn, dont la première œuvre en solitaire (« A Distant Shore ») date déjà de 1982, délivre sur « Out Of The Woods » onze titres d’une perfection rarement atteinte dans ce que l’on connaît de la pop. Ouvrant son nouvel essai sur des premiers morceaux mélancoliques d’une justesse affolante (« Here It Comes Again », « A-Z »), Tracy Thorn se joue de l’auditeur en lui délivrant des bombes disco (« Get over It », le single « It’s All True ») pour le replonger à nouveau et sans aucune transition dans la douceur, quelques instants plus tard (« Hands Up To the Ceiling », « Easy »). Mais c’est surtout devant le monstrueux « Grand Canyon » que l’on s’arrête net pour louer l’immensité de la galette. Les 25 années d’attente entre « A Distant Shores » et « Out Of The Woods » sont largement compensées. Une surprise divinement bonne.

 



Incubus

Light Grenades

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Rescapé des années ‘nu-metal’, Incubus est l’un de ces rares combos californien -de l’époque- à avoir tiré son épingle du jeu en prenant une nouvelle direction en temps opportun. Beaucoup plus mature depuis « Make Yourself », la formation a néanmoins perdu quelque peu de son charme au fil des sorties. Ainsi, « Morning View » et « A Crow Left Of The Murder », bien que prometteurs, étaient assez inégaux dans l’ensemble. « Light Grenades » vient boucler une trilogie en dents de scie. Les tubes potentiels (« Paper Shoes », « Anna Molly », « Oil and Water ») côtoient des œuvres moins solides (« Love Hurts, « Diamond and Coal ») et autres tentatives manquées de retrouver le grain de folie d’antan (« Light Grenades », « A Kiss To Send Us Off »). Depuis 2001 et la sortie de « Morning View », Incubus fait son chemin pépère à coups de simples et, parfois, bien jolies ritournelles sans prétention. Mais il n’étonne plus personne. Un défaut que Brandon Boyd et sa bande feraient bien de corriger s’ils ne veulent pas sombrer dans l’oubli…



Goldrush

The Heart is the Place

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Goldrush ou la ruée vers l’ennui. En 2002, la formation était remerciée par Virgin Records quelques semaines seulement après la sortie de son premier ouvrage, « Don’t Bring Me Down ». Aujourd’hui réfugié chez City Slang, le combo publie un nouvel essai qui nous permet de mieux comprendre la décision prise par leur label précédent. Quelque part entre les travaux de Grandaddy (sans le charme) et Flaming Lips (sans la folie), « The Heart Is The Place » s’embourbe rapidement dans une mièvrerie insipide. Excellente entrée en matière instrumentale, « Aperture » laissait pourtant présager le meilleur. Mais la promesse est brisée par un inutile « The Story Of The City », suivi d’une série de morceaux acceptables mais sans étincelles. On retrouve bien ici et là quelques morceaux un tantinet plus intéressants et créatifs (« 24 Hours », « Heaven’s My Destination », « Sun In Your Eyes ») mais ils sont bien trop peu nombreux pour réellement donner l’envie de s’attarder sur cette galette. Les Anglais de Goldrush devront creuser plus vite et plus profond s’ils veulent se dégoter de véritables pépites d’or et se faire une place au soleil.

Jinder

I'm alive

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Ce jeune chanteur/compositeur et conteur anglais n’est âgé que de 25 ans. Avant de se lancer dans une carrière en solitaire, il a participé à différents projets. Dont un duo partagé en compagnie de son ami Olas, également compositeur. En 2004, le tandem avait d’ailleurs commis un album intitulé "The best of days ahead". Et puis, à ses débuts, il avait milité au sein d’un groupe rock répondant au patronyme de Candlefire. Sa carrière en solo l’incite à se produire un peu partout en Angleterre, et particulièrement au club ‘Troubadour de Londres’ où il se fait remarquer par le manager du label Folkwit. Il entre en studio pour enregistrer son premier elpee "Willow park", un disque paru en 2005. Il accomplit alors une tournée en Europe et aux States ; puis en mars 2006 retourne en studio. Pour la circonstance, il reçoit le concours de ses amis dont Melvin Duffy, préposé à la pedal steel guitar dans le backing band de Robin Williams. Il bénéficie en outre de la collaboration de Stephen Darrell Smith, son ancien partenaire chez Candlefire. Il s’y réserve les claviers, l'accordéon et assure la production.

"I'm alive" est une œuvre largement teintée de folk. Un disque qui s’ouvre par "Hill country". Dylanesque, country folk, énergique, cette plage est caractérisée par la présence d’une pedal steel vivifiante. Le spectre de Zimmerman hante également le superbe "A song to myself". On croirait presque entendre une de ses compos interprétées à la manière des Byrds, la voix de Jinder épousant le timbre de Jim McGuinn, pour la circonstance. Un climat prorogé tout au long de "Train in your voice", une ballade tendre enrichie par l'orgue Hammond et la pedal steel. Pourtant Jinder est loin de plagier son maître. Il possède son propre style. Sa voix est angélique. Il nous entraîne dans un univers empreint de poésie et de beauté, à l’aide de mots simples. Ses lignes mélodiques sont efficaces. Ce goût pour l’esthétisme alimente des ballades comme "Travellin' song", "Townes's blues" ou encore "Hazel county". Parfois, sa candeur et sa tendresse me rappellent Donovan, un chantre folk anglais qui a sévi au cours des 60s. Et "Cicadas café" en est la plus belle illustration ! "1922 blues" s’ouvre judicieusement au folk blues. La machine est cependant susceptible de s'emballer. A cet instant, tous les musiciens se serrent les coudes. Et je pense tout particulièrement au country honky tonk "Life" ; mais aussi à "In my time of dying", plage impressionnante par sa démarche dramatique. Pour la circonstance, les cordes libèrent toute leur puissance. Redoutable, le timbre de Jinder monte de deux crans et tutoie l’intensité d’un Robert Plant. Le tempo accélère. Et s’abandonne dans un boogie folk, franchement d’excellente facture. En finale, "Shake me" emprunte les rythmes à la Bo Diddley. Ils mènent la danse ! La section rythmique pousse les guitares vers l'emballement final, avant l’éruption…

Air

Pocket Symphony

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Depuis ses « Premiers Symptômes », Air s’est toujours rapproché des étoiles, côtoyant la voûte céleste, observant le monde et ses cultures, apaisant les douleurs à grands renforts de mélopées nostalgiques. Trois années se sont écoulées depuis la sortie de « Talkie Walkie ». Pourtant, le savoir-faire de Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel planait toujours dans l’atmosphère. Entre un album surmédiatisé pour la belle Charlotte Gainsbourg et un disque solo, sombre et distingué, pour Dunckel ‘le Darkel’, la paire versaillaise ne s’est jamais véritablement envolée : point de pause pour ces forçats du studio.

Les yeux entrouverts, évitant la lumière du jour tels des vampires assoiffés de nouvelles trouvailles technologiques, Air signe son retour par la grâce d’une longue léthargie intitulée « Pocket Symphony ». Pour l’occasion, le groupe ouvre portes et fenêtres sur son univers. Jarvis Cocker (sur « One Hell of a Party ») et Neil Hannon (sur « Somewhere Between Waking and Sleeping »), tous deux présents sur le « 5 :55 » de Charlotte Gainsbourg, en profitent pour y pénétrer à pas feutrés. De même que le batteur Tony Allen (Fela, The Good, The Bad & The Queen) et Joey Waronker (Beck, Spain, Idaho). Dans cette symphonie de poche, le timbre androgyne de Jean-Benoît Dunckel se pose, en suspens, sur une nébuleuse synthétique de premier ordre. Si la production de ce sixième album est irréprochable, son impact sur les mémoires est misérable, frêle, grelottant. Quelques sonorités raffinées s’approchent de nos tympans, s’y glissent lentement, avant de s’évanouir lourdement. Comme le vent retombe après l’orage. A l’avenir, pour éviter toute mauvaise surprise, on conseillera au duo de fermer ses fenêtres et d’éviter ce genre de courants d’Air.

 

Grinderman

Grinderman

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Tremblez chers amis, le Nick Cave nouveau est arrivé. Et il en a plein les bottes. Flanqué de quelques-uns de ses acolytes, mauvaises graines notoires, le chef de meute ne supporte plus l'adversité et ratiboise irrémédiablement la concurrence. Vous l'aurez compris, pas de quartier. Dès l'entame, on sent le bougre prêt à régler tous ses comptes, affronter les plus malins de ses démons. ‘Flanquez-moi dehors tous ces suceurs de sang’ semble-t-il hurler à la lune, moustache hirsute et bave aux commissures. Les premières mesures de "Get it on" paraissent annoncer un imminent déluge. Et cela ne manque pas. Dès lors, le torrent déferle comme la lave rafle tout sur son passage. "No Pussy Blues", qui suit, suinte la férocité et le larsen qui la traverse, suinte la hargne du mec en manque de cul. Damn !!! Et l'électricité jaillit dans toute sa violence. Nouvelle identité pour un retour à la base, un pèlerinage à la source a-t-on perçu chuchoter dans les couloirs. Sans une once de compromis, comme au bon vieux temps de Birthday Party (les fans en défaillissent déjà). Aller-retour incessant entre plages plus apaisées mais toujours sous extrême tension et délires psychomaniaques en transe ("Depth Charge Ethel"), cette plaque fracasse en éclats une bonne dose de certitudes. Here comes the Grinderman...



Needle & The Pain Reaction

Pheromone

Écrit par

Encore un album pour le label Kinky Star… Décidemment très prolifique ces derniers temps, la petite structure gantoise aime mettre les bons produits du terroir en évidence. « Needle and the pain reaction », agréable formation de power pop issue de la ville de Charles-Quint, a ainsi profité de cette campagne de promotion régionale pour sortir un premier album convaincant. Si vous êtes en quête d’une bonne dose de déflagrations électriques, « Phéromone » devrait vous combler sans peine. Recelant quelques chouettes petites bombes comme « Sugar » ou « Monster », l’effort a le mérite d’être honnête et sans fioritures. Seul bémol : on se croirait au début des nineties lorsqu’un ensemble pléthorique de formations noisy pop estampillées Sub Pop faisait la pluie et le beau temps du marché rock. Pour une paire d’oreilles nées à la fin des seventies, un tel constat ne pose pas vraiment de problème… Mais en sera-t-il de même pour les teenagers ?



Fujiya & Miyagi

Transparent things

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‘Je regarde à travers ces choses transparentes et je me sens bien !’ Déclaration philosophique ou simple affirmation hédoniste ? Peu importe : cette phrase résume (le corps) et l’esprit de « Transparent things », enregistrement compilant tous les singles publiés en vinyle par le trio depuis ses débuts. En neuf titres, David Best (le fils de George ?), Steve Lewis et Matt Hainsby robotisent le krautrock et lui collent un sourire sur le minois. Acclamé par Erol Alkan, James Murphy et autres Tiga, le projet Fujiya & Miyagi sort de sa réserve et balance un mélange extrêmement cool (le terme s’applique ici parfaitement) de guitare, de basse, de claviers, de beats limpides comme ces choses transparentes qui nous traversent.

Disponibles pour la première fois en cd, ces titres nous invitent à la danse du lombric. On se tortille, on glisse sur le mobilier en pirouette cambrée, avant de repartir pour un trip(le) loop contrôlé sur la rambarde des escaliers. Comme Surya Bonaly dans ses plus belles années ! Fujiya & Miyagi trouve son patronyme au carrefour de déconnes folichonnes. D’un côté, un lecteur de disques (bonjour Fujiya !) et, de l’autre, un coup de pupilles dilatées ou du moins, un clin d’œil appuyé à l’univers de Karaté Kid (enchanté Miyagi !) On s’amuse et on danse. Comme sur « Ankle Injuries », ce titre un peu fou, au cours duquel le trio de Brighton évoque l’histoire d’un bambin marchant, inconscient, sur le chemin de l’école et trouvant, sur sa route, un magazine porno. Sans emprunter la voie éphémère du single tapageur, Fujiya & Miyaki tire son épingle du jeu. Facile, beau et transparent de surcroît.



Maserati

Inventions for the new Season

Écrit par

Troisième elpee pour ce quatuor américain. Mais le premier à nous parvenir. Et on le regrette bien, tellement il s'avère d'emblée intéressant. De nombreuses références viennent à l'esprit à l'écoute de cet opus instrumental célébrant surtout la six cordes. Quelques sonorités de guitare à la U2, une approche parfois héritière de la cold wave chère à Cure, l'une ou l'autre séquence très floydienne, un peu de Mogwai, etc. Même les jeunes belges de Pillow pourraient leur être apparentés. Ceci dit le post-rock néo-psychédélique de Maserati a les pieds solidement plantés dans deux influences majeures et complémentaires. A gauche l'école allemande Kraut Rock des seventies, Ash Ra Temple en tête. On retrouve les longues introductions en crescendo, les boucles répétitives et planantes, les sons en suspension et un peu de la mélancolie mystique des Teutons. A droite, Simple Minds dans ce qu'il eut de plus audacieux et intéressant. C'est-à-dire la période des expérimentations originales, qui s'acheva par le mémorable « The new gold Dream ». La première plage, « Inventions », est la parfaite illustration de cette synthèse : l'introduction s'inscrit dans la veine kraut alors que l'ombre des Minds plane dès que la rythmique s'impose. Maserati a toutefois le gros mérite de mixer ses ingrédients sans grumeaux et d'honorer ses aînés en modernisant les cadres. Le propos lumineux, suffisamment personnel et parfois très énergique du band ne souffre aucune longueur et s'avère d'une redoutable efficacité à scotcher par hypnose l'auditeur à son casque. Ce CD est une véritable et belle réussite, à conseiller sans réserve aucune.



The Killers

Le rock qui tue?

Issu de Las Vegas, de The Killers est devenu un groupe majeur. Drivé par Brandon Flowers, il pratique un pop/rock solide, entraînant, énigmatique. Un style qui nous incite très souvent à battre du pied. Son premier album, « Hot Fuss », recelait des hits comme “Mr Brightside” ou “Somebody told me”. Plus raffiné, « Sam’s Town » (le second opus) regorge de chansons davantage faites sur mesure. Et en particulier des compos comme “Bones”, “Read my mind” ou encore “When you were young”. Embarras à l’entrée de l’Aéronef à Lille, pourtant réputé pour la ponctualité de ses concerts : il faut faire la file une bonne vingtaine de minutes, en plein courant d’air, avant d’entrer dans la salle nordique. Et après une fouille minutieuse… Heureusement nous serons récompensés de notre patience, car le set fut vraiment à la hauteur.

Sur le coup de 20h45, le quintet américain monte sur le podium. Le fond de la scène est tapissé par un panneau Sam’s Town, conférant au décor un petit air de salon du far-west où Brandon Flowers jouerait les Henry Fonda dans ‘Once upon a time in the West’. Après un “Enterlude, we hope you’ll enjoy our show”, The Killers passent à l’attaque. Pendant une petite heure trente, ils vont aligner les morceaux de leurs deux CD en alternance. Le son est puissant, subtil, enflammé et direct. Les tubes s’enchaînaient rapidement, sans temps mort, et le public lillois, comme souvent d’ailleurs, se montre d’une grande ferveur.

Dès l’ouverture, l’audience est plongée dans le bain, au propre comme au figuré. Au cours de ce “Sam’s Town”, de petites banderoles s’échappent du haut de la scène et tombent sur les spectateurs du premier rang, comme lors des grands shows organisés dans le cadre des élections américaines. La machine à hit peut démarrer: “When you were young”, “Bones” et “Somebody told me” se succèdent. Le public est enthousiaste et restitue bien l’énergie libérée par les musiciens. Quelques ballades pop permettent de reprendre son souffle. A l’instar de “Jenny was a friend of mine”, “Smile like you mean it”, “Uncle Jonny” ou encore du remarquable “When you read my mind”. Souvent les chansons commencent par quelques accords de piano, en douceur. Mais ces ivoires boostent littéralement “Bling (Confession of a king)” et “Why I do keep counting”. Les claviers ne sont pas en reste et la voix de Flowers semble alors au sommet de son art. La première partie du show s’achève par “Mr Brightside”, que le public –apparemment guère fatigué– reprend en chœur.

Le traditionnel rappel nous réservera cinq titres, dont un très new vave “Shadowplay/this river is wild” (ce rythme de danse des années 80 !) ainsi que les très convaincants “For reasons unknown” et “All these things that I’ve done”. “Exitlude” clôturera ce spectacle d’excellente facture avant que le combo ne prenne congé de son public en formulant un “Exitlude, it’s good to have you with us”.

Les Killers ont prouvé ce soir qu’ils ont aussi des planches en ‘live’ ( ?!?!?) ; mais surtout démontré qu’ils étaient capables d’y transposer la qualité de leur son studio…

(adaptation Bernard Dagnies)

 Organisation : FLP, Lille

 

 

 

 

Yllo

Echec et Mat

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Encore un groupe belge ! C´est en effet de Bruxelles que viennent les six membres d´Yllo. Ils nous proposent leur deuxième album, intitulé « Echec et Mat ». On ignore pourquoi la formation a opté pour ce titre. Peut-être pense-t-elle renverser le public, comme le gagnant d´une partie d´échecs renverse la pièce maîtresse de son adversaire ? Si c´est le cas, le but n´est malheureusement pas atteint. Tout au long de cet opus, le groupe pratique une variété française qui pourrait être qualifiée de sous-Goldman des années 80. Partagées entre ballades et plages folk rythmées, les onze titres de ce disque manquent cruellement d´originalité. Les trop nombreuses et inopportunes touches de saxophone ainsi que le timbre vocal, surtout lorsque le chanteur se prend pour un rockeur (comme sur le titre « L´exutoire »), rendent l´œuvre irritante. A chaque début de chanson, on espère mieux. Mais l´espoir s´envole rapidement et l´envie de zapper au morceau suivant est grande. Yllo a perdu la partie, on attend la suivante…



Arcade Fire

Neon Bible

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Le nouvel album d’Arcade Fire est enfin paru. Et il est très bon, excellent même. Mais pas toujours accessible. Six à sept écoutes ont d’ailleurs été nécessaires pour pouvoir enfin m’en imprégner. Première constatation, si « Funeral » traduisait une douleur toute personnelle (le décès de proches), « Neon bible » aborde des thèmes beaucoup plus universels. Quoique engagés. Et sur un ton empreint de colère, d’amertume ou d’emphase. Prenant pour cible le gouvernement, les religions, le pouvoir militaire et même l’industrie du divertissement. Vous me direz, ce n’est pas neuf. Mais c’est quand même mieux de se pencher sur la situation de notre monde que de faire l’apologie du banditisme ou d’écrire des textes qui n’ont ni queue ni tête.

Une partie des sessions d’enregistrement se sont déroulées dans leur pays natal. A l’église St Jean-Baptiste de Montreal, très exactement. Ce qui leur a permis d’utiliser les grandes orgues. Tout d’abord sur « Intervention ». Enrichi de backing vocaux spectraux, cette plage me fait penser à des Go-Betweens qui auraient bénéficié d’arrangements ‘philspectoresques’. Exécutés par Owen Pallett (également impliqué dans le projet Final Fantasy) et Régine Chassagne, ces arrangements (principalement de cordes) sont, vous vous en doutez, somptueux. Ou solennels, selon. Le morceau final, ensuite, « My body is a cage ». Plus biblique, presque gothique, il est imprimé sur un tempo martial. La plupart des titres de cet opus baignent d’ailleurs, en permanence, au sein d’un climat mystique (construits en crescendo aussi). Littéralement balayée par des vocaux incantatoires, « Black mirror » en est probablement la plus belle illustration. Des vocaux toujours partagés entre le timbre gémissant, intense de Win Butler et le soprano de Régine. Pas la peine de vous faire un dessin. Personnellement, « (Antichrist television blues) » me semble le morceau le moins en phase avec cette œuvre. Trop inspiré de Bruce Springsteen, à mon goût. Par contre, la nouvelle version de « No cars go » (elle figurait sur le premier Ep éponyme) est une véritable perle. Contagieuse, hymnique, un peu plus uptempo, elle se conjugue dans un tourbillon majestueux de chœurs, de cordes et de cuivres. Des cuivres qu’on retrouve sur « Ocean of noise ». Guitare surf et ligne de basse empruntée à la samba s’ébranlent à la manière du ‘petit train rébus’ (signé Clyde Otiset/Brook Benton et interprété par Marc Taynor et son orchestre,  ce thème musical assez léger servira d’Interlude à la RTB, à partir de 1963), avant que le climat ne vire au mariachi, en fin de parcours. Et pour cause, les trompettistes de Calexico, Martin Wenk et Jacob Valenzuela sont de la partie. Puisqu’on en est au stade des invités, signalons encore la collaboration de Hadjii Bakara (Wolf Parade). Si le titre maître se révèle la chanson la plus confidentielle de la plaque (la subtilité de ces arrangements de cordes est un véritable régal !), deux fragments lorgnent manifestement vers la new (cold) wave. Tout d’abord l’hypnotique « Keep the car running ». Win y va tellement d’inflexions à la Ian Mc Culloch, qu’on se croirait revenu à l’époque de « Rescue » d’Echo & the Bunnymen. Et puis le curieux « The well and the lighthouse ». Paradoxalement allègre, il trahit de fortes réminiscences empruntées à Joy Division. Et dans le registre de mauvaise augure, l’envoûtant « Black wave » (une réflexion sur le Tsunami asiatique) implique une rythmique électro. Instrumentalement, Arcade Fire a mis le paquet : orgue d’église et de barbarie, cuivres et cordes (on en a parlé), accordéon, harpe, chœurs militaires, sans oublier la participation d’un orchestre issu d’Europe de l’Est, outre la panoplie à laquelle a recours habituellement le collectif. Pas la peine d’en rajouter une couche, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

 



The Knife

Silent Shout: An Audio Visual Experience

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Après la sortie d’un « Deep Cuts » frais mais inégal, le duo suédois est revenu sur le devant de la scène. L’an dernier. Lors d’un « Silent Shout » surprenant de noirceur. Afin de soutenir cet excellent essai, The Knife a parcouru l’Europe en 2006 pour une tournée de quelques dates, qui s’est notamment arrêtée chez nous au festival Pukkelpop. Un événement si l’en est ; la formation se faisant plutôt rare sur les planches. Encore plus dark, encore plus surprenant, « Silent Shout : An Audio Visual Experience » retranscrit respectueusement l’ensorcelante prestation des frangins Dreijer. Au niveau audio, hormis quelques titres brillamment dépouillés de leur candeur initiale (« Heartbeats », « Pass This On »), la version CD n’apporte pas grand-chose à l’ensemble, certaines compos sonnant exactement comme sur le disque originel (« We Share Our Mother’s Health », « The Captain »). Le Dvd constitue par contre une véritable mine d’or. Outre le concert et son incroyable mise en scène qui laisse pantois, il recèle également l’intégralité des clips de la formation. Un véritable régal pour les yeux.  Des ‘kitchissimes’ « NY Hotel » et « You Take My Breath Away » aux petits joyaux techniques incarnés par « Silent Shout » ou « Like A Pen », il faut reconnaître que la qualité des vidéos, à l’instar des compos du tandem, a bien évolué au cours du temps. Enrichi d’un amusant court-métrage de 5 minutes intitulé « When I Found The Knife », « Silent Shout : An Audio Visual Experience » fera pleurer de rage tout fan ayant manqué cet événement fabuleux !



Various Artists

Afterhours 3

‘Si Pete Tong l’a dit, c’est ce que c’est vrai !’, dirait sans doute l’Anglais ‘middle class’ de base, fan de clubbing à Ibiza et donc de tongs (ah ah). Il n’empêche qu’en écoutant cette compile étiquetée ‘lounge’, pour une fois on s’incline face au choix des artistes : Cinematic Orchestra, Lucky Pierre, Nightmares On Wax, Fauna Flash, Morgan Geist, Carl Craig, Radioactiveman, Charlie Spacer, Cerrone, Lindstrom, Gus Gus, Killing Joke,… Ca nous change de ces bouses achetées chez Habitat, rayon ‘chant des baleines et new age’. A quand les magasins de meubles dont le ‘décor sonore’ serait sponsorisé par Ninja Tune, Kompakt, Type ou Memphis Industries ? Attention : vous aimez peut-être la lounge sans le savoir. Il va falloir vous y faire, comme à l’époque des shorts Waïkiki.

 



Ane Brun

Live in Scandinavia

Écrit par

En Norvège, le soir venu, chacun apportait son bout de bois ou ses brindilles, au choix. Les flammes montaient, la fumée se dévoilait et les premières cendres se répandaient dans l’air, flirtant avec les mots mélancoliques de la belle Ane Brun. Sur les rebords du brasier, en chœur, nous chantions ses belles complaintes, piquées sur deux albums divins (« Spending Time With Morgan » et A Temporary Dive »). Le cul dans l’herbe, la tête dans les étoiles, nous restions là, célébrant le songwriting dépouillé et intimiste d’Ane, ensorceleuse discrète, chanteuse talentueuse. Nous la respections pour ses chansons et ses compagnons d’aventure : Ron Sexsmith, Tobias Fröberg, The Tiny, Teitur, Madrugada, Syd Matters et tous ces gens qui, comme nous, admiraient le folk délicat de cette Norvégienne au yeux bleus.

Cette fois, oublions les feux de bois… Ane Brun habille ses chansons d’une section de cordes et se lance dans une tournée scandinave. Allez hop, tous dans le van : en route pour Uppsala, Stockholm, Trondheim ou Oslo à la découverte de ces nouvelles versions ! Assistée par la compositrice danoise Malene Bay Landin (ce nom !), Ane Brun revisite ses compositions et enregistre chaque spectacle accordé. « Live In Scandinavia » laisse entrevoir la fragilité de ses plus beaux morceaux (« My Lover Will Go », « Are They Saying Goodby » ou « Song N°6 »). Le temps d’un concert à Stockholm, Ane Brun s’approprie même les mots de Jeff Buckley (« So Real ») et de Polly Jean Harvey (« The Dancer »). Un disque envoûtant, à savourer par ces doux matins de déprime.

 

 

Dr. Octagon

The Return of Dr. Octagon

Son prénom le prédestinait à devenir l'un des artistes les plus iconoclastes que le hip hop ait connu jusqu'ici : Kool Keith, alias Dr. Octagon, alias Sinister 6000, alias Reverend Tom, alias Tashan Dorrsett, et on en passe. En 1988 il balance en compagnie de trois potes le furieux « Critical Beatdown », sous le pseudo collectif d'Ultramagnetic MC's : un pavé dans la marre du rap encore balbutiant (à peine 10 ans), dont le single « Ego Trippin' » restera comme l'un des tracks les plus séminal à jaillir sous une casquette de sport. En 1996 il s'invente un nouveau pseudonyme, Dr. Octagon, qui lui va forcément à merveille : dans cette tête bien remplie s'entrechoquent les idées les plus folles, on parle de génie, sauf les puristes qui eux crient au scandale. Aujourd'hui Kool Keith ranime son personnage fantasque, mais il est vrai qu'en dix ans le hip hop a fort évolué. Anticon, Rawkus, Def Jux, Ipecac, Timbaland et les Neptunes sont passés par là? D'où cette forte impression de déjà entendu, et même si ça groove à pleines tubes (« Trees », « Aliens », « Perfect World », « Al Green ») aucun morceau ne sort vraiment du lot. Habile dans le détournement des genres (rock, electro, soul, funk) mais peut-être trop boulimique et dispersé (plus de 5 albums en un an !), « Dr. Octagon » a raté quelque peu son retour. To be continued ?

William Clarke

Live on Brother Matt s - Dvd

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1985 : William Clarke est âgé de 34 ans. Il se produit à Los Angeles, sur la scène de Brother Matt. Pour la circonstance, sa section rythmique est constituée de Willie Brinlee et Jerry de Monte, respectivement bassiste et drummer. Il est également soutenu par deux guitaristes : Steve Samuels et Joël Foy. William jouissait déjà d’une fameuse réputation, à cette période de sa carrière.

Le concert s’ouvre par "She's dynamite", un de ses titres ‘fétiche’ réservé à la scène. Le tempo est bien enlevé. Il est assez cocasse de voir Steve Samuels réussir un solo, à l’aide de son demi-bras gauche. Il parvient à tirer les cordes en se servant de son moignon, avec une énorme dose de dextérité et de feeling. A cette époque, on venait juste d'inhumer le légendaire George ‘Harmonica’ Smith. Tout naturellement, Clarke ne pouvait que lui rendre hommage. Et il fait revivre George en soufflant dans son harmonica chromatique sur ce "Tribute to George Smith". Il y communique toute son émotion. "I got my brand on you" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Samuels en profite pour dispenser une nouvelle salve. "Take a walk with me" est un excellent Chicago shuffle. Clarke pète la forme, mais pour l’occasion, le discret mais efficace Joel Foy sort de sa réserve. William se retire quelques minutes pour laisser ses musiciens rivaliser de talent ; et tout particulièrement Steve qui, de toute évidence, prend son pied. Ce concert s’achève par une compo phare de son répertoire d’alors : le vivifiant "All night long" ; un morceau qui clôturait habituellement ses concerts. Le souffleur californien (un peu plus svelte en ce temps-là) termine son show à genoux, avant de s’étendre totalement sur les planches pour extraire de son instrument des sonorités incroyables. Ce Dvd constitue un excellent témoignage (un de plus) de l'héritage laissé par un des harmonicistes les plus doués de la fin du XXème siècle.

 

 



My Architects

Grand Designs

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On vous arrête tout de suite : My Architects n’est pas un groupe d’Helsinki ! Et pour couper court à l’une ou l’autre rumeur mal placée, la formation ne débarque ni d’Australie ni de Nouvelle-Zélande. Nous sommes ici en compagnie d’un cas classique. Le groupe d’Aid Burrows nous vient, en effet, de Warrington, patelin anglais inconnu au bataillon de la pop, du rock et de l’electro. Certes, après moult recherches, on notera que Ian Brown, éminent chanteur des Stone Roses est né à Warrington (Oh là, on sent l’excitation monter !) mais qu’il quitta les lieux dès l’âge de six ans (quelle déception, hein ?).

Pour sa première sortie discographique, My Architects s’est entouré d’une ribambelle d’hommes du métier, confiant la production à James Sanger (U2, Keane, Dido, Faithless et un fourgon d’autres références à vous faire froid dans le dos) et le mixage à Ian Grimble (Manic Street Preachers, Travis, Texas, etc.). A partir de là, on pouvait craindre le pire. Imaginez le cocktail détonnant délivré par le mélange de ces délicieux antécédents... Au final, My Architects s’en sort... Mais par la petite porte du building : de son timbre lourdaud et nasillard, Aid Burrows aurait tendance à faire passer Rob Crow (Pinback) pour le décorateur d’intérieur. « Grand Designs » reste un bon disque. Mais nous sommes (bien) loin des promesses architecturales présagées par nos confrères d’outre-Manche.

Red Sparowes

Every Red Heart Shines Toward The Red Sun

Si Neurosis a calmé ses ardeurs et que le dernier Isis bande lui aussi sacrément mou, que dire de ce deuxième Red Sparowes ? Qu’il s’agit d’un énième exercice de post-rock, mais sans le romantisme d’un Explosions in the Sky ni l’élégance cuivrée d’un Sickoakes ? Qu’on se demande bien comment concilier vision politisée et musique instrumentale, même si nous sommes tous des victimes de notre propre idolâtrie ? The message is the medium, ou l’inverse ? Jean Baudrillard est-il bien mort le 6 mars dernier ? ‘La séduction représente la maîtrise de l'univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers réel’, écrivit-il dans un essai fameux… Mais si l’univers du post-rock s’avère ici parfaitement maîtrisé, il ne provoque pourtant aucune séduction : on attend que le riff ait fini ses incessantes simagrées comme on attend le bus, bref on s’emmerde comme des rats morts. Ce disque est un non-événement. ‘Je pense toujours que ce qui se passe est en fait déjà là dans le processus même, et que la fin est déjà là, à partir du commencement’. C’était donc ça, bordel ! Ce type a tout pigé, respect.

Le Comte de Fourques

Sans me forcer

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Sans se forcer, David Legal, alias Le Comte de Fourques, signe une collection de treize titres (pour narguer la malchance ?) spontanés et légers. Originaire du sud (de Fourques. D’où le nom de scène. Ben oui : « Sans me forcer »...), Le Comte admire Dominique A et Jean-Louis Murat, méprise les rimes et les scélérats. Le Comte est bon (écouter l’excellent morceau « Le bonheur est nocturne » et son refrain féminin à la Dani). Le Comte est beau (rapidement, il séduit Cali, le Catalan, qui lui offre ses premières parties). Enregistré au studio Vega de Carpentras en compagnie de Mitch Olivier (Alain Bashung, Rita Mitsouko, Anis), ce premier album se veut critique d’une société nombriliste (« A bicyclette »). « Sans me forcer » navigue entre chanson (« Dans la lune », « La vie est belle ») et rock (« Y a-t-il un monde », « Par-dessus la jambe ») par la grâce de petites histoires. Le Comte de Fourques ne rédigera pas de nouvelles lettres de noblesse à l’attention de la chanson française. Mais la fraîcheur de son univers est tout à son honneur. Vive Le Comte !