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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Cold War Kids

Robbers & Cowards

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Société de consommation, civilisation d’adorateurs spécialisés dans l’art de la consommation impulsive, réjouis-toi : le New Musical Express vient de révéler le nom du ‘meilleur groupe émergent de la scène américaine’ ! Célébrité en devenir ou simple feu de paille fomenté par le NME, Cold War Kids s’impose et revêt le maillot rouge du buzz, patron incontesté du peloton dans ce tour de hype mensuel. Aperçus sur scène aux côtés des Two Gallants, révélés par un E.P. tonitruant (« We used to vacation EP »), les Californiens tendent aujourd’hui à justifier l’engouement suscité par la sortie de « Robbers and Cowards », leur premier album. Riffs menaçants, notes de piano chaotiques, voix chancelante, notre oreille emprunte le chemin tortueux esquissé par Nathan Willett et son équipe.

Ici, le post-punk se couvre d’envolées lyriques, les mélodies se déversent dans un déluge de distorsion, avant d’échouer sur les berges d’un havre de paix. Cold War Kids semble apprécier les ruptures, passant aisément d’un moment de pure tension à une embardée d’émotions. Sur « Robbers and Cowards », la formation de Long Beach laisse entendre l’écho de son chant théâtral, l’énergie de son désespoir, la variété de son répertoire. Les Kids ressuscitent les mélopées désabusées de Jeff Buckley sans se soucier des qu’en dira-t-on. Et, incontestablement, ce premier album de Cold War Kids séduit.

 

 

 

Norah Jones

Not Too Late

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Nous avons eu le mois de janvier le plus chaud depuis des décennies, paraît-il. Normal. Peut-être se préparait-il tout simplement à accueillir le nouvel et troisième album de Norah Jones. On aura beau pointer le doigt vers le réchauffement climatique, qu’on ne vienne pas nous dire que Miss Jones n’y est pour rien. Accompagnée de son inséparable bassiste, producteur et, accessoirement, petit ami Lee Alexander (un million d'euros à celui qui me rapporte sa tête), Norah susurre treize titres dans la droite lignée de ceux gravés sur les magnifiques « Come Away With Me » et « Feels Like Home ». Rien de révolutionnaire. Mais comment ne pas fondre au son de la voix envoûtante d’une naïade qui parviendrait à créer de la saison la plus morne, un instant inoubliable ? Figure de proue d'une scène jazz-pop, dont elle a grand ouvert la porte en 2002, la digne descendante de Ravi Shankar nous offre un recueil d’une douceur saisissante. Qu’elle psalmodie l’amertume de la trahison (« Not My Friend »), célèbre la fatalité (le génial « Sinkin’ Soon », en compagnie de Matt Ward) ou déclare sa déception politique (« My Dear Country »), la jeune femme agit toujours avec une telle grâce qu’on ne peut être que conquis. Pas étonnant, après chaque écoute de ce « Not Too Late », de s’entendre fredonner à tue-tête « Meeeeee and Mrs- Mrs Jones… We got a thing goin’ on… »

 

 

 



Sleazy Days

Evolution Ep

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Dès les premières notes d´« Evolution », on ne peut s´empêcher de penser au « Gimme gimme gimme » d’Abba, récemment samplé par Madonna sur le titre « Hung up ». Mais la musique de Sleazy days se révèle par la suite beaucoup moins disco, même si elle demeure aussi dansante. Les membres du trio français la définissent eux-mêmes comme un projet hybride. Il est vrai que les six titres de cet Ep empruntent aussi bien à l´électro qu´au rock. Pas étonnant lorsqu´on sait que le groupe avoue avoir été bercé par des artistes tels que Depeche Mode, The Chemical Brothers, Fischerspooner, Nirvana ou encore Korn, dont un des titres a d´ailleurs récemment été remixé par Sleazy Days. Le combo a puisé dans ces multiples influences pour se construire un style original et efficace. Que les morceaux soient plus pops (« A job »), plus rock (« Walk to Freedom »), ou plus électro (« A job Part 2 »), ils sont tous d´excellente facture. La formation semble connaître la subtile recette qui donne naissance à la chanson réussie. La voix de Steve C., évoquant celle de Fred Durst (chanteur et leader de Limp Bizkit) semble en être un ingrédient majeur. Les rythmes new-wave et les refrains accrocheurs également. La musique de Sleazy Days pourrait bien devenir rapidement indispensable aux soirées branchées. Notons que leur deuxième album devait sortir très prochainement. Nous l´attendons, en tout cas, avec impatience...

 

 

 



Sufjan Stevens

Songs for Christmas

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Depuis maintenant cinq ans, Sufjan Stevens enregistre, chaque hiver, un petit EP garni de quelques titres (reprises ou compositions personnelles) consacrés à la thématique de Noël. Destiné à ses proches, l’objet participe en fait d’une sorte de démarche masochiste de la part du songwriter puisque ce dernier avoue, sans pudeur, une aversion prononcée pour les « Christmas Carol »… Malgré tout, ce ne sont pas moins de quarante-deux morceaux qui ont ainsi été mis en boîte au cours des longs mois de décembre que le sociétaire du Michigan employa à se flageller seul dans son coin… Quarante-deux titres que le label Asthmatic Kitty Records publie aujourd’hui sous la forme d’un packaging regroupant les 5 EP’s, produits entre 2001 et 2006.

Si le disque promo fourni à la presse ne contient malheureusement que dix-huit chansons, on peut néanmoins affirmer, à l’écoute de celles-ci, que l’ensemble tient vraiment la route. L’auditeur séduit par les mélodies pop et les orchestrations baroques d’« Illinois » retrouvera, à l’écoute de « Songs for Christmas », toutes les petites subtilités qui font le charme de l’œuvre de Sufjan Stevens. Il est assez impressionnant de constater que l’Américain s’est réapproprié des scies telles que « Jingle Bells » ou « O Come O Come Emmanuel » au point de les rendre franchement touchantes. La palme de l’émotion revenant à « Sister Winter », tout bonnement bouleversant, beau à en pleurer… Un titre à écouter en boucle, blotti au coin du feu, et qui justifie à lui seul l’achat du coffret tout entier. A bon entendeur…

 

 

 



The Ruby Suns

The Ruby Suns

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A part les kiwis, on ne peut pas dire que la Nouvelle-Zélande soit réputée en matière de grandes exportations. Surtout musicales. Il y’a bien eu Neil et Tim Finn (et, par extension, Crowded House), The Datsuns, The Veils ou The Brunettes, mais qui peut citer plus de cinq formations issues de cette contrée ? (NDLR: Peu de monde, en effet... Et pourtant, on répertorie encore The Chills, JPS Experience, The Verlaines, The Clean, Bailterspace, Chris Knox, Tall Dwarfs, Superette, The D4 et tous les groupes du label Flying Nun, qui n’est malheureusement plus distribué chez nous depuis une bonne décennie - voir infos liées). Pour y remédier, Ryan McPhun et ses sept musiciens se préparent à une invasion mondiale qui risque de faire mal ! Quelque part entre Architecture In Helsinki circa « Fingers Crossed », The Shins, The Flaming Lips et, surtout, The Beach Boys, l’éponyme de The Ruby Suns marque un départ remarquable.

Survolé de bout en bout par le spectre de Brian Wilson, ce premier essai aurait tout aussi bien pu être produit par ce dernier. Outre l’hommage évident à « Pet Sounds », The Ruby Suns pratique une pop organique rondement bien menée. Le genre de disque qui prend le temps de s’immiscer lentement dans le système nerveux et qui ne vous quitte plus une fois son but atteint. Jolis petits contes estivaux, « My Ten Years On Auto-Pilot », « Criterion », « Look Out SOS ! » et autres « It’s Hard To Let You Know » nous plongent dans un état d’euphorie tel qu’une seule envie nous pourchasse : celle de se retrouver au bord d’une plage ou d’une piscine découverte affublés de tongues, chemises hawaïennes (néo-zélandaises ?) et autres shorts de circonstance. Peu importe s’il fait -10 dehors, soyons fous !

 

 

 



Jimmy & The Sleepers

Jimmy & The Sleepers

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Ce groupe de rockin' blues canadien nous vient d'Edmonton, dans l'Alberta. Il a régulièrement accompagné des bluesmen américains, lorsqu’ils tournent dans le grand Nord : Lazy Lester, Jimmy Burns, Larry Garner, etc. Le guitariste Jim Guilboche en est le leader. Dans le milieu du blues, il affiche déjà un sérieux pedigree. Il est soutenu par l’harmoniciste David Cantera, le drummer Grant Stovell, le bassiste Chris Brzezicki et le chanteur/showman Guy "Big Guy Slim" Gagne.

La musique des Sleepers est rugueuse, immédiate. Dès les premiers accords du "Snakes" de James Harman, elle éclate suivant un canevas proche de Billy Boy Arnold. Personnellement, j’apprécie tout particulièrement son impact direct, sans artifice, sans fioritures. Son blues transpire le vécu. Signé Little Milton, "The blues seem to follow me" en est une belle illustration. Les notes sont dispensées sur le fil du rasoir. Ou plus exactement sur le fil de ses cordes. Jim entraîne l'harmonica gouailleur de Crawdad dans son trip. Ces deux musiciens sont de parfaits compères. Ils aiment partager la même scène. Ces Canadiens ont le don pour ficeler du west coast jump. Ils le démontrent tout au long de la cover d'un des meilleurs titres du seigneur, George Harmonica Smith, "Oopin doopin doopin". La voix de Big Guy Slim est percutante, alors que David s’éclate sur l'instrument chromatique. Pour interpréter son "Not gettin' up", Jim a invité son ami Big Dave McLean au vocaux. Etabli à Winnipeg, Dave est un des plus grands bluesmen canadiens. La reprise du "Gotta move" d'Elmore James est un nouveau sommet de l’elpee. Une version sans concession, sans doute bien plus proche d’un Hound Dog Taylor. La slide libère une sonorité terne, implacable. Le timbre de Guy est haut et puissant. Le choix du répertoire est royal. "Come on" d'Earl King écrase tout sur son passage. Pour la circonstance, Mr Guiboche grimpe dans le rouge. Quel tempérament ! Quelle chaleur ! Il remet aussitôt le couvert lors d’une adaptation hyper-speedée du "I feel so bad" d'Eddie Taylor. Lorsque les Sleepers en reviennent au répertoire d'Elmore James, c’est d’une manière bien plus classique. Et "Make a little love" en est la plus belle illustration. Ils ralentissent enfin le tempo pour attaquer un bon vieux slow blues signé Muddy Waters : "Standing around crying". Un de ses meilleurs, assurément. La rencontre entre la slide et l'harmo est un véritable bonheur. Il serait injuste de ne pas souligner la solidité de la section rythmique. Elle assure sans la moindre faille. Le traitement en shuffle et à la texane de "Sugar coated love" doit réveiller tous les swamps louisianais. Et ce n'est pas fini, car Jimmy nous réserve encore son "Cricket boogie", un instrumental très rock'n'roll. Si cet album ne révolutionnera pas le blues, il mérite que vous y prêtiez une oreille attentive ; car dans le style, il est tout bonnement excellent.

 

 

Arno

Jus de box

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On ne présente plus Arno, le rocker ‘number one’ du royaume. En activité depuis plus de trente ans, il est devenu un phénomène médiatique. Bien que bégayant et dipsomane, ce personnage fréquente radios, télés et alimente les rubriques des journaux qui se pressent pour écouter ses propos décousus. La nouvelle fournée du vénérable Ostendais souffle le chaud et le froid. Hésitant entre ballades rock (« Help Me Mary/Reviens Marie »), funk bien raide rappelant TC Matic (« Enlève ta langue », « Miss Amérique ») et rock sévèrement ‘burné’ (l’incongru duo « I’m not into hop », partagé en compagnie du marseillais Faf Larage, issu de la galaxie Iam), ce « Jus de box » se révèle assez varié(té), mais pas vraiment inspiré.

On peine ici à extraire un vrai bon morceau de cette collection un peu paresseuse pour laquelle il a reçu le concours de ses indéboulonnables complices (le claviériste Serge Feys ou encore le bassiste Mirko Banovic), mais aussi quelques ‘guests stars’, dont Marie ‘Zap Mama’ Daulne. Il faut attendre les comptines à la Tom Waits de « Jusqu’au bout » et « Toute la nuit » pour, enfin, voir Arno communiquer son émotion. Et, surtout, permettre à l’auditeur d’entendre de chouettes mélodies. Reste quelques moments d’humour, comme lorsque d’un accent bizarre, il déclare ‘Hier matin je voulais tuer la mort, aujourd’hui je ris et même Dieu est heureux’ ou encore (sur le comique « Red Lipstick ») ‘My last girlfriend was a drinker, she lost her dog, his name was Thinker’. Le reste, pas franchement passionnant, est réservé aux fans acharnés. Si vous venez de découvrir le bonhomme, il est préférable d’entamer votre initiation par l’album « A la française », bien meilleur que cet effort un peu poussif.

 

 

 

CuteezLaxa

Gravity keeps us Down

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Si vous ouvrez un dictionnaire médical aux pages consacrées à la lettre ‘C’, vous découvrirez que cutis laxa est une maladie qui affecte les tissus de la peau. Si, par contre, vous vous branchez sur les radios libres bruxelloises qui diffusent du métal (si, si, ça existe encore !), vous avez de fortes chances, en zappant fébrilement, de tomber sur la diffusion d’un titre du premier album de CuteezLaxa. Des enfants du pays, qui ont fait leurs premiers pas dans le monde de la zique, en septembre 2000. Cinq membres, articulés autour d’une voix parfois mélodieuse, souvent rageuse, de deux guitares tranchantes, d’une basse ronronnante et d’une batterie aux sonorités typiquement néo métal. Il serait un peu réducteur de qualifier le groupe d’Emo, une étiquette qu’on aurait trop vite tendance à coller au combo, même s’il a bénéficié de la haute technologie des studios Hautregard (Channel Zero, Lofofora…) pour accoucher de son premier enfant. Un nouveau né dont les parrains ne sont autres que Mario Guccio et Roland De Greef (Machiavel), coupables du mixage et de la production de ce « Gravity keeps us Down » qui laisse entrevoir un bel avenir à ces héritiers de Faith no More, System of a Down et Therapy ?. Les dix compos, qui mélangent lourdeur et subtilité, dénoncent la difficulté à se construire et à s’épanouir dans une société gangrenée, et dans laquelle certains médias sont à la fois les porte-parole et les détracteurs. Des textes engagés, souvent naïfs, mais non dépourvus d’un certain bon sens. Inutile de préciser que cette galette sent davantage le gel coiffant hyper méga strong que la vieille veste à patches et le cuir clouté.

 

 

 

Flat Earth Society

Psychoscout

Écrit par

Emmené par Peter Vermeersch, ce big band jazz convie l’auditeur à une plongée dans les tréfonds de l’âme humaine, mais surtout son côté sombre. L’ami Peter possède un solide c.v. : il a produit dEUS, travaillé en compagnie de Fred Frith et dirigé plusieurs formations responsables d’un style oscillant entre jazz et rock ‘zappaesque’, dont X-Legged Sally. Pas étonnant que Mike Patton ait compilé les premiers efforts de la formation sur son label Ipecac car ces gens ont en commun un goût certain pour les compositions à tiroirs où une multitude de styles musicaux se télescopent à grande vitesse. Le jazz swing croise le fer avec le free, la musique de cirque, le blues, le rock et des éléments empruntés aux musiques du monde entier. On pense aux sonorités chaudes et hantées de Mingus, au jazz abstrait du Herbie Hancock des débuts ; mais aussi à Captain Beefheart et à la musique délirante des dessins animés de la Warner (Coyote, Bugs Bunny et les autres), le tout joué par une brochette d’excellents musiciens. Certainement pas toujours facile à écouter, ce disque tutoie la folie et contient quelques grands moments comme “Hilton’s Heaven”, pièce composée en hommage au rocker batave Herman Brood (NDR : il décida de quitter la terre en se jetant du haut d’un hôtel Hilton). Dommage que la Paris du même nom n’ait pas inclus ce titre sur son album solo… Les amateurs de jazz timbré ont trouvé leur plaque pour bien (?) commencer l’année.

 

 

 

 



Africando

Ketukuba

Écrit par

Depuis 15 ans, cette formation sénégalaise réunit les pointures musicales d’Afrique de l’Ouest et chante son amour des musiques sud-américaines. Ce nouvel album est dédié au Béninois Gnonnas Pedro, chanteur principal du collectif depuis 1995, avant que la maladie ne l’emporte. En 2004, très exactement. Très salsa, cet opus multilingue (lingala, wolof, mandingue) célèbre la danse et la vie comme sur les tonitruants « Bogne Sirala » et « Malawoo », plages qui ouvrent l’album. Suivant la bonne habitude, le son de ce disque est excellent ; mais c’est surtout l’énergie et le feeling des musiciens (un vrai big band latino) et des chanteurs qui font la différence, même lorsque le ton se fait contemplatif. A l’instar du très beau « Fatalikou », plage contant les affres d’une femme stérile…

Nerak Roth Patterson

Bluesdaddy !

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Ce chanteur/guitariste/compositeur est contaminé par le blues de puis bien longtemps. Ses chansons relatent ses expériences personnelles, des souvenirs de l'époque où il était chauffeur routier, parlent de ses enfants ou se réfèrent encore à Dieu. Il a déjà bien roulé sa bosse. A travers l'Oregon ou l’état de New York. Et la roule encore aujourd'hui en Ohio. Il est notamment monté sur les planches auprès de BB King, Corey Harris ou encore Matt Murphy. Nerak a séjourné trois semaines sur le Vieux Continent en compagnie de Guy Davis ; et à leur retour aux USA, ils ont ouvert une série de concerts pour Jethro Tull. Pour concocter cet elpee (NDR : ce serait son sixième !), il a reçu le concours de son backing group, mais aussi de quelques invités de marque, parmi lesquels figurent l’inévitable Guy Davis et le leader intemporel de Jethro Tull, Ian Anderson. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Dayton, dans l'Ohio.

L’opus s’ouvre par "Gator meat", une plage instrumentale destinée à présenter les musiciens. Mr Patterson emprunte ici au style de BB King et d’Albert Collins. Mark Crockett est préposé à l'harmonica, Tim Jennens à l'orgue Hammond. Quelques solides pièces sont issues de la plume du grand homme. A l’instar de "You're fired", un bon blues imprimé sur un tempo modéré. Le leader dialogue avec ses cordes. Nerak épanche beaucoup de sensibilité tout au long de "Poppa", une ballade qui exprime l'attachement à son père. Bien mis en avant, l'orgue Hammond ajoute une bonne dose de relief et d'émotion à la compo. Patterson et son ami Guy Davis ont coécrit "Truckin' man's blues" en s'inspirant du "61 highway" de Fred Mc Dowell. Ce blues lent aux accents délicieusement dramatiques bénéficie de la participation de Ian Anderson à la flûte. Une intervention très bluesy pour un des sommets de cet elpee. Anderson apporte encore sa collaboration sur "Closer to my heart". Empreinte de douceur, cette chanson folk est sculptée dans les cordes acoustiques, parcourue par la flûte traversière et caressée par la voix aérienne d'Ericka Rose Patterson. Caractérisée par cette complicité spécifique entre la guitare et l'orgue, "She loves me too" marque un retour au blues. Introduit par une guitare bien amplifiée, mais dont les cordes sont pincées avec une extrême sensibilité, "Bluesdriver" constitue le blues lent de cet album. Un morceau très solennel, aussi. Partagée entre guitare sèche gratte et l'harmonica de Mark, "Please, please" épouse tout naturellement un format intimiste. De bonne facture, cet opus s’achève par "Slow dance", un instrumental au cours duquel Nerak taquine ses cordes à la manière d’Albert Collins.

 

 

 



Two Gallants

What The Toll Tells

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Tous droits issus de San Fransisco, les deux jeunes complices, Adam Stephens et Tyson Vogel, pratiquent un Electric Blues digne des plus grands. N'usant que d'une guitare et d'une batterie, le duo balance neuf morceaux impétueux (dont certains tournent autour des neuf minutes), qui ne sont pas sans remémorer les premiers travaux des White Stripes dans ses instants les plus frénétiques. Distillé avec un brio à faire froid dans le dos, les contes de la White Trash America de Two Gallants nous envoient tout droit dans les tréfonds du sud des Etats-Unis, à travers des paysages parcourus par de piteux `trailers parks'. « What The Toll Tells » témoigne de l'histoire de quelques quidams vivant dans ces contrées désenchantées. Oubliés du reste du monde, ces rednecks s'apitoient sur eux-mêmes, noient leur peine dans la bibine et évacuent leur frustration en faisant de femmes et enfants des punching-balls ambulants. Dès les premières notes de « Las Crucas Jail », titre d'ouverture de ce second recueil, Vogel et Stephens posent textes et musique avec une passion telle qu'il est impossible de ne pas penser avoir affaire à de futurs incontournables du genre. Yeeeeehaaaaw !

Madonna

The Confessions Tour

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Madonna est de retour à l’occasion de la sortie de « The Confessions Tour », joli pack CD et DVD. Admirée de tous pour sa lutte contre le vieillissement, notre machine à tubes préférée pactise avec le diable le temps d’un concert démentiel enregistré à Londres lors de son ‘Confessions Tour’, la tournée la plus lucrative au monde à ce jour (près de 200 millions de dollars dans la popoche). Deux heures durant, ce véritable spectacle, mis en image par Jonas Åkerlund, canalise notre attention. Ecrans géants, gants en latex, chorégraphies sadomasochistes, poudre aux yeux, boule à facettes, acrobaties et vocodeur, canassons excentriques, fans en délire, positions équestres et déhanchements sensuels, Madonna tient une forme olympique.

On se délecte ici d’un show énorme, échafaudé autour de points culminants. Aussi, l’apparition christique d’une Madonna pendue les bras en croix (« Live To Tell ») interpelle-t-elle inévitablement. Engagement religieux et politique (sur le DVD, le « Sorry (Remix) » et sa profusion de vidéos épileptiques se révèle fort instructif à ce sujet) font partie intégrante de ce gigantesque divertissement. Quelques moments faiblards surviennent ici (« Isaac ») et là (« Paradise (Not For Me) »). Mais, globalement, Madonna nous en met plein les mirettes. Les costumes et autres accessoires se succèdent aussi vite que les hits. Madonna assure l’essentiel, et plus si affinités (« Like a Virgin », « Sorry », « Ray Of Light », l’excitant « Hung Up »). En prime de ce DVD, un disque de 13 titres triés sur le volet de cette tournée colossale. Dans le grand livre d’histoire de la musique, Madonna demeure la femme ayant écoulé le plus grand nombre de disques. « The Confessions Tour » ne changera pas la donne.

 

 

 



Kristin Hersh

Learn to sing like a star

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En 20 ans de carrière, Kritin Hersh a commis la bagatelle de 16 albums. Que ce soit en compagnie des Throwing Muses, de 50 Foot Wave ou sous son propre patronyme. Et il faut bien reconnaître qu’après deux décennies, sa musique n’a toujours pas pris une ride. « Learn to sing like a star » constitue son septième opus solo. Elle a néanmoins reçu le concours de son fidèle drummer David Narcizo (toujours présent depuis l’époque des Muses. Ici, il joue même un peu de piano), du talentueux violoncelliste Martin McCarrick (ce n’est pas non plus la première fois qu’il apporte sa collaboration) et de son épouse, la violoniste Kimberlee. Ce trio apporte souvent une dimension dramatique, parfois symphonique aux compos. Kristin se chargeant des vocaux (toujours aussi fragiles, mystiques et gémissants), de la production et, surtout, du reste de l’instrumentation, dont les parties de guitares acoustique et électrique qu’elle parvient à agréger avec une habileté presque magique.

Le résultat est impressionnant. Quatorze titres figurent sur ce « Learn to sing like a star » dont trois brefs interludes instrumentaux (le presque classique « Piano 1 », le folk blues méditatif « Christian Hearse » - cherchez le jeu de mots ! - et le post-rock impulsé par « Piano 2 »). Quatre valses ensuite. Enfin, quatre titres imprimés sur ce type de tempo. Tout d’abord, le nerveux et grandiose « In shock » (premier single de l'album), le dépouillé « Ice », glissant allègrement d'une romance sombre à un bonheur fugace, le punkysant « Sugarbaby », à la fois amer et spectral ainsi que le ténébreux et émouvant « Winter », parcouru de cloches tubulaires. On ainsi encore droit à un élégant et mélancolique « Never endings », l’ondoyant et harmonieux « Day glo », quoique parfois enclin à des accès de furie, le contagieux « Under the gun » (pour quand une telle compo chez Courtney Love ?), l’audacieux et insolite « Peggy Lee », la berceuse baroque mais tellement belle « Vertigo » (post folk punk lettré ?), un « Wild vanilla », manifestement influencé par Violent Femmes (Kristin les considère comme une référence majeure), mais aussi légèrement teinté de psychédélisme.

En final, on retrouve une ballade brumeuse, dont la construction hypnotique peut évoquer Yo La Tengo. Pour les textes, ne m’en demandez pas davantage, ils sont toujours aussi cryptiques. Je vous laisse donc le soin – si vous connaissez bien la langue de Shakespeare – de les décoder. N’empêche, ce « Learn to sing like a star » constitue un des premiers musts de l’année.

 

 

 



!!!

Le mythe est en marche

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Ceux qui aiment se secouer le bas des reins vont en avoir pour leur argent. Les incomparables !!! sont de retour. Trois ans après l'incroyable gifle assénée par « Louden Up Now », la formation au nom atypique (généralement prononcé chk chk chk) revient avec un « Myth Takes » encore plus prodigieux. Nic Offer (chant) et Allan Wilson (percussions), plus ou moins en forme malgré trois journées intense de promo, nous parlent de leur nouveau bébé.

Accorder des interviews toute la journée, c'est un peu la rançon de la gloire. Cet exercice vous fatigue déjà ?

Allan : Il fait partie du boulot, on assume. Heureusement, on a droit à un peu de repos entre la tournée de promo et la tournée mondiale.

Comment expliquer que vous vous soyez embarqués à huit dans la même aventure ?

A. : On s'est tous connus à Sacramento. A l'époque où on a commencé à jouer, nous étions déjà amis tous les huit.

Nic : Tout a vraiment démarré une belle nuit sur une simple `jam' improvisée. A la fin de la soirée, on avait composé plusieurs morceaux. On en était trop satisfait pour en rester à ce stade.

On peut considérer vos morceaux comme un patchwork de plusieurs genres. Comment les décririez-vous ?

N. : Patchwork Music, c'est pas mal.

A. : On ne sait pas trop? Dance Music, Rhythmic Dance? Peu importe.

N. : Moi, je la définis simplement comme du Punk Funk ou Disco Punk.

La pochette de « Myth Takes » est enrichie d'une magnifique illustration de Kevin Hooyman. Quelle est l'histoire de ce dessin ?

A. : Nous nous sommes drogués avec lui pendant six mois non-stop?

N. : Et on lui a demandé de nous faire un croquis illustrant les fesses d'une femme. La pochette de « Myth Takes » en est le résultat. C'était assez inattendu.

A. : Oui, on a tout de suite accepté quand on a vu qu'il y avait tout de même une paire de fesses dessus (rires).

N. : En bref, on adore tout ce qu'il fait.

Le titre éponyme est très différent de tout ce que vous avez pu faire jusqu'ici?

A. : Le groupe voulait prendre une nouvelle direction. Cette chanson, aussi bien que le reste de l'album en général, est assez différente au niveau du son et du tempo. Ce dernier est d'ailleurs plus rapide que celui habituellement utilisé.

N. : En ce qui concerne « Myth Takes », on savait la conviction de détenir une chanson surprenante. Elle faisait l'unanimité et devait absolument faire office de plage d'ouverture. Histoire que les auditeurs plongent directement dans le bain.

Et John (Pugh, batterie) interprète beaucoup plus de titres qu'auparavant?

N. : Oui, il se débrouillait plutôt bien sur « Louden Up Now », alors nous l'avons généreusement laissé chanter un peu plus (rires). En fait, il s'est principalement occupé des chansons que, personnellement, je n'appréciais pas trop. Comme par exemple « Sweet Life ». Je n'ai pas vraiment aimé cette chanson. John a décidé de l'interpréter à ma place. Le résultat est finalement génial. Par contre, pour « A New Name », c'était différent. Mario (Andreoni, guitare) n'était pas satisfait de mes vocalises sur ce titre. Celles de John collaient mieux à l'ambiance de cette compo. En général, j'aime l'idée de passer d'un chanteur à l'autre. N'observer la perspective que d'une seule personne sur l'entièreté d'un disque peut parfois être lassant.

Après avoir assuré la première partie des concerts de Red Hot Chili Peppers face 25.000 personnes, ne commencez-vous pas à rêver d'occuper une tête d'affiche devant un parterre aussi impressionnant ?

A. : Pour commencer, je n'aurais jamais cru un jour me retrouver ici, à accomplir une tournée mondiale de promotion pour un album que j'aime beaucoup et être entouré de gens qui soutiennent le groupe. C'est déjà une part de rêve qui se concrétise. Quant au reste, tout est possible.

N. : En fait 6.000 ou 25.000 voire plus, c'est du pareil au même. On ne voit pas vraiment les visages donc ce n'est pas aussi impressionnant qu'il n'y paraît. Mais c'est impressionnant quand même. Tu vois ce que je veux dire ?

A vous voir sur les planches, on pourrait facilement croire que c'est la fête 24h/24 en votre compagnie. L'ambiance est la même en studio ?

A. : En studio, il faut être très patient. On passe le plus clair de notre temps à attendre. Il y a des jours pendant lesquels on s'amuse bien. Puis d'autres où on s'emmerde tellement qu'il faut téléphoner au studio le lendemain pour savoir si le reste du groupe va avoir besoin de nous ou si on peut rester glander chez soi. Ce n'est pas aussi fun que d'être sur scène.

Les clips de « Hello, Is This Thing On ? » et « Heart of Hearts » étaient principalement constitués d'extraits live. Pour « Must Be The Moon », vous avez tourné votre première `véritable' vidéo. !!! en clip, ça donne quoi ?

N. : On vient de la terminer. Les scènes sont un peu folles et relatent une histoire de sorcière vaudou. Au cours de laquelle un paquet de filles essaie de nous agripper (rires) !

Vous avez sorti un EP contenant deux reprises assez inattendues. Vous comptez remettre le couvert ?

A. : Oui, j'aimerais bien. Tant qu'elles sont intéressantes.

N. : Ces deux reprises sont arrivées naturellement. Nous nous sommes simplement dit `Tiens, pourquoi pas ?' Personnellement, j'aimerais enregistrer un album de reprises. Ce serait fun et ce serait un bon moyen de rester dans l'actualité entre deux sorties plus `officielles'. En ce moment, je n'ai pas trop d'idées quant au choix de reprises potentielles. Mais ces choix doivent être intelligents. En reprenant ces deux titres, on y a ajouté quelque chose. On ne s'est pas contentés de les réinterpréter tels quels.

Quelle est votre manière favorite de prononcer le nom du groupe ?

Ils se mettent tous les deux à imiter ce qui ressemble à une sonnerie de portable.

Je vois que avez dû répondre à cette question toute la journée. Comment je retranscris ça, moi ? (rires)

A. : Y a-t-il un podcast sur votre site ?

Non?

A. : Il est temps d'y penser (rires) !

(Merci à Didier)

The Clyde

Wrong

Écrit par

« Wrong » révèle l´énorme potentiel de cet ensemble français. On se sent flotter à l´écoute de leur pop folk anglo-saxonne. Evoquant des artistes tels que Tom McRae, Sixpence None The Richer ou encore Belle & Sebastian, leurs mélodies sont légères et aériennes. Le timbre, proche de celui de Peter von Poehl, touche et émeut. The Clyde appartient à cette catégorie de groupes dont on a grand besoin lorsqu’on se sent d´humeur romantique ou qu’on a besoin de douceur. Pas un des titres de cette démo ne dénote et sa qualité est étonnamment bonne pour une autoproduction. Elle laisse en tout cas présager le meilleur pour le futur de cette formation…

Sinclair

Morphologique

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En cinq albums, Sinclair est parvenu à développer et imposer un style qui lui est propre : une pop française extrêmement dynamique saupoudrée d´une voix très funky. Ce style a été immortalisé sur quelques tubes (« Ensemble », « Si c´est bon comme ça ») et la création de plusieurs bandes originales (« Mon idole », « Ma vie en l´air »). L´artiste sort aujourd´hui « Morphologique ». Sur cet opus, peu de surprises et beaucoup de déceptions. L´excès d´énergie du chanteur français fatigue rapidement ! Les mélodies généralement constituées d´un mélange de rock, d´électro et de funk sont pourtant bien balancées et les refrains accrocheurs. Mais le chant beaucoup trop R’n’B et criard ainsi que la mauvaise articulation rendent rapidement l´œuvre irritante. Sans parler de certains textes insipides voire ridicules (‘Tes yeux pleurent tellement que ça sent la piscine’ sur « Linda ») ! Bizarrement, les morceaux les plus réussis sont ceux s´éloignant le plus du Sinclair habituel, dégageant même une atmosphère plus sombre (« A qui je parle », « Honni soit », « Pas grand-chose »). Et lorsque le chanteur emprunte des voies purement électroniques, comme sur le titre « Perdu dans la nuit », sa musique se montre davantage alléchante.

J’exprimerai donc un sentiment plutôt mitigé à l’égard de cd, tout en reconnaissant que l´artiste français peut nous proposer beaucoup mieux…

 

 

 



Tokyo Sex Destruction

Singles

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Cette compile réunit des singles mis en ligne par le groupe sur des plates-formes légales de vente. 15 morceaux parmi lesquels figurent deux covers. Tout d’abord « People in me », un des deux hits de Music Machine, formation californienne météorique, dont la notoriété n’a jamais dépassé l’année 1967. Et puis le « Get on your knees » de Los Canarios, un combo issu des Canaries qui a sévi entre 1967 et 1974. Ce quatuor espagnol pratique une musique garage largement contaminée par le funk. Pour vous donnez une petite idée, imaginez un Lenny Kravitz qui aurait décidé d’en revenir à des influences plus respectables : c'est-à-dire Jimi Hendrix, Sly & The Family Stone et le MC5. Pas pour rien que les quatre musiciens ont décidé de choisir pour pseudo nom de famille, celui du manager de la formation mythique de Detroit : Sinclair. Pour l’une ou l’autre compo, JC., R.R., R.J. et S.F. ont quand même reçu le concours d’un drummer/percussionniste et surtout d’un saxophoniste/trompettiste, histoire de donner une coloration latino-jazzyfiante à leur expression sonore (« When the shadows cross the river »). Deux plages (« Old man » et « Another day ») empruntent curieusement le sens mélodique complexe de Make Up, alors que « Your best friend is dead » trahit des réminiscences hardcore. Plus étonnant, « Summer days » s’abandonne dans une sorte de bossa nova lounge. T.S.D. s’autorise même une version acoustique de ce fameux « Old man ». Quant à la voix de J.C., son amplitude lui permet d’emprunter une multitude d’inflexions. Elles oscillent ainsi de Hugh Cornwell à Bryan Ferry, mais sans jamais en égaler le timbre. Mais ce type de vocaux correspond parfaitement à la musique de cette formation ; les chœurs falsetto des trois autres musiciens apportant un petit côté kitsch aux mélodies…

 

 



Bo Ramsey

Stranger blues

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Robert Franklin "Bo" Ramsey est né dans l'Iowa. En 1951, sur les rives du Mississippi. Il y a plus de trente années que ce passionné de blues parcourt les routes. Tout d’abord au sein du Mother Blues Band, ensuite flanqué des Sliders. Depuis près de deux décennies, il se produit en duo en compagnie du chanteur folk, Greg Brown. A la guitare. Il a également mis en forme plusieurs albums de son compare, mais aussi d’une multitude d’autres artistes ; et en particulier de Teddy Morgan, Lucinda Williams et Dave Zollo. Bo compte déjà neuf albums à son actif, dont "Down to Bastrop" en 91, "Bo Ramsey and the Backsliders Live" en 95 et "In the weeds" en 97. Bo est avant tout chanteur, guitariste et compositeur. Et ce nouvel opus brise un long silence discographique. Cependant, il n’y met pas en évidence ses propres chansons, mais rend hommage à de nombreux bluesmen qui l'ont marqué. Il réussit ainsi à se réapproprier ces reprises, en les intégrant parfaitement dans son propre style.

Le titre maître est une compo signée Elmore James. Mais elle aurait pu relever du répertoire de Ramsey, tant il l’a intégrée. Un roots rock très laidback, décontracté, feutré, paresseux, presque réservé. Nous ne sommes pas très loin de l’atmosphère générée par Tony Joe White au cœur des bayous, une atmosphère alimentée, pour la circonstance, par la guitare électrique réverbérée de Miss Pieta Brown. Le traitement est ensuite appliqué au "Hate to see you go" de Little Walter. Imprimé sur un rythme soutenu, ce morceau n'est pas sans rappeler les débuts de John Lee Hooker. Mais le plus intéressant procède du travail personnel opéré sur "Sitting on top of the word". Le tempo est inexorablement lent. Le climat dépouillé à l'extrême. Le désespoir plane tout au long de cette complainte lugubre. Hypnotique, la voix est volontairement grave. La guitare acoustique à 12 cordes de Greg Brown et le piano électrique de David Zollo traduisent leurs interventions en moment d'une délicatesse infinie. Retour au rythme pour trois compos. Tout d’abord l'irrésistible "Jump, baby, jump" de la regrettée Jessie Mae Hemphill, un boogie aux accents légers. Ensuite le "Crazy mixed up world" de Dixon, un fragment balayé par les cordes discrètes et efficaces de Pieta. Et enfin le "No place to go" de Howlin' Wolf, plongé dans une véritable ambiance de transe. La voix nasillarde et graveleuse de Ramsey se prête le mieux au sein d’un milieu déjanté, nonchalant. A l’instar de "Little Geneva", parfumé d’une slide radieuse. La reprise du "You got me dizzy" de Jimmy Reed est plus classique, presque banale, s’il n’y avait les cordes de Bo qui glissent sur le fil du rasoir. "I wanna get funky" est un autre grand moment de l’elpee. Bo, chante, que dis-je, susurre cette chanson. Il bénéficie, en outre de la complicité du timbre suave de Pieta. Le rythme paresseux est balisé par l'orgue B3 de Ricky Peterson. Une merveilleuse partie de cordes, mais dispensées parcimonieusement, sublime l’ensemble. Epatant ! Issu de la plume de Sonny Boy Williamson, "Unseeing eye" campe un Chicago shuffle implacable. La section rythmique assure et Joe Price revient dans le parcours armé de sa slide. Ce superbe album épingle un superbe instrumental country impliquant Greg Brown au banjo : "Freight train", et s’achève par l'éclatant "Where the sun never goes down".

 

 

 

The Carnation

Human Universals

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Après avoir commis plusieurs eps et un album, The Carnation nous revient flanqué d'un deuxième opus destiné à nous replonger au coeur des années 80. Les treize titres qui le composent sont en effet alimentés de sonorités électro évoquant tour à tour Depeche Mode, The Cure ou encore les Pet Shop Boys. Pourtant, ce « Human Rights » est résolument tourné vers le rock. La guitare y est bien mise en évidence. Que ce soit sous la forme punk (le très Libertines « Label Slaves »), pop et même lorsque l'expression sonore est empreinte de tendresse. A l'instar de « War Poetry ». Quant à la voix, elle me rappelle celle de Kele Okerekedu, le leader de Bloc Party. Bien que ne manquant pas de qualité, la musique de ce trio suédois ne brille cependant pas par son originalité. Effectivement, une impression de déjà entendu plane sur l'ensemble de l'oeuvre. En fait, ce « Human Rights » aurait dû tout simplement paraître une vingtaine d'années plus tôt... A réserver aux nostalgiques des eighties !

Julian Sas

Resurrection

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Julian est né aux Pays-Bas. Dès son plus jeune âge, il est fasciné par Jimi Hendrix. Et en particulier par son elpee "Are you experienced". A partir de cet instant, il commence à prendre goût au blues musclé et bien électrique, écoutant alors aussi bien les bluesmen noirs comme Elmore James, Freddie King et Buddy Guy que les princes anglais du british blues boom, Peter Green, Rory Gallagher ou encore Alvin Lee. Il commet son premier album en 1996, "Where will it end?" Depuis, il en a aligné une bonne dizaine, dont trois immortalisés en public, "Live" en 98, le double "DeLivered" en 2002 et le coffret "Dedication" en 2005, trois œuvres incluant à chaque fois une version de "Hey Joe"!

Ce nouvel opus studio a été concocté quelque part en Allemagne. Il a bénéficié du concours de sa section rythmique : le fidèle bassiste Tenny Tahamata et le batteur Rob Heijne (ex Ruben Hoeke Band). Julian a composé l'intégralité des chansons. L'ami Julian démarre en force par "Moving to survive". Manifestement, il est hanté par le spectre de Rory Gallagher. Il possède la même pêche que l'ange irlandais disparu. Ses cordes sont constamment à l'offensive, ses vocaux éructés. Il ne s’accorde par la moindre seconde de répit, exploitant le re-recording pour ses solos. Sa Stratocaster possède ici le don d'ubiquité! Et avouons que son intention de faire revivre le fantôme du bon Rory est assez réussie. Quoique de bonne facture, "Burnin' soul" se révèle plus dur que celui de son idole. Il aime écraser notre Batave! Caractérisé par ses changements de rythme et ses successions de riffs, ce ‘Sas sound’ me rappelle les glorieuses années des guitar heroes. Une recette reconduite lors du puissant "Runnin' all my life" que Julian domine tel un Alvin Lee survitaminé! Manifestement, l'homme maîtrise parfaitement son style. Lorsque le tempo s'adoucit, il soutient son chant de riffs dramatiques. A l’instar d’"All I know", plage au cours de laquelle nous sommes pris sous le Sas charme, même si la délicatesse ne fait pas partie du Sas world. Et au passage, il dispense des notes meurtrières. Un as ce Sas ! Le titre maître est une petite déception, car il n'apporte rien de neuf. Pourtant, lorsque la basse de Tenny poursuit les six cordes de Sas, on a l’impression de revivre les beaux jours de Ten Years After ; et on se rappelle alors Leo Lyons se tortillant comme un fou pour suivre son leader. Mais franchement, je préfère Julian dans l’exercice des plages lentes et oppressantes. D’ailleurs, s’il se débrouille plutôt bien dans le registre, il n'est pas un petit rat de l'opéra. Et même s’il aime alterner le doux et le dur, il ne fait pas dans la dentelle. Parfois on a l’impression qu’il cumule plus de guitares que le Lynyrd Skynyrd au grand complet. Cri de désespoir concédé au pays des drogues dures, "Junkies blues" est un hymne déjanté. Les cordes opèrent le voyage lysergique tandis que transi d'effroi, Sas se met à souffler furieusement dans un harmo! Quoique naviguant dans des eaux plutôt éloignées du blues, ce "Resurrection" s'inscrit bien dans la sphère du catalogue Provogue.