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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Julie´s Haircut

After dark my sweet

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« After Dark, My Sweet » constitue le quatrième album de Julie´s Haircut, formation italienne qui a déjà œuvré dans de nombreux festivals européens. Le sextet joue un indie rock essentiellement instrumental. L´opus débute pourtant par un titre assez pop, sympathique mais sans grande envergure. Mais les dix morceaux suivants se démarquent de cette tendance et revêtent un aspect plus rock. Faisant la part belle aux guitares et ponctué de sonorités new-wave, chaque titre nous embarque dans un univers psychédélique, nous rappelant des groupes tels qu´Archive, Pavement ou encore les Belges de Minerale. Très agréable, « After Dark, My Sweet » est l´un de ces disques à écouter après une journée de boulot stressante et fatigante. Il nous relaxe sans nous endormir, malgré quelques titres un peu trop plats (« Ingrid Thullin », « Liv Ullman »).



Yes Boss

Look Busy

Écrit par

Leeds, février 2007, nouvelle sensation urbaine au rapport : Yes Boss, deux lads convaincus que Mike Skinner demeure le rédempteur absolu de la cause hip-hop. Les idéaux de Noah Brown (la voix de Yess Boss) et Gavin Lawson (producteur et chef d’orchestre des beats corrosifs du duo) semblent également touchés par les paraphrases mitraillées de Dizzee Rascal. Le hip-hop de Yes Boss sent le fish and chips, les oignons, le bacon et les frites au vinaigre. Typiquement british.

Sur « Look Busy », premier album de cette paire rappeuse, le flow repose sur des samples de cordes étoffées, sur des beats rondouillards, rebondissant sur nos tympans telle une balle magique balancée maladroitement par Lucien, le petit cousin. Ça ricoche à droite, jaillit sur la gauche, repart au cœur de l’action pour nous en boucher un coin ! Britannique sur le fond (prêter une oreille attentive à « Indie Kids » et ses commentaires amers sur Franz Ferdinand) et dans la forme, le rap de Yes Boss se pose aux avant-postes, attendant sagement le moment pour sortir de sa réserve. A la moindre occasion, on dégaine le flow et on décharge sa verve : chef, oui chef !

 

 

 

Odetta

The best of MC Records

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Odetta Gordon est née en 1930. Le dernier jour de l'an. A Birmingham, en Alabama. Dès son plus jeune âge, sa carrière semble toute tracée : elle deviendra chanteuse d'opéra classique. Mais un séjour en Californie lui donne le goût à la musique populaire traditionnelle américaine. Elle s'installe alors à New York où elle séduit la communauté folk de Greenwich Village. En particulier un certain Pete Seeger ; et, déjà… Bob Dylan! La discographie d’Odetta est impressionnante, puisqu’elle compte la bagatelle de 27 albums à son actif. Cette collection réunit des extraits puisés au sein des trois œuvres réservés au label MC…

Un opus qui s’ouvre judicieusement par "Blues everywhere I go" ; manifestement le principe d'existence de notre chanteuse. Sa voix est naturellement (sur)puissante et son timbre très grave. Le tempo bien rythmé. Elle est entourée d’une solide équipe de collaborateurs, dont le guitariste Jimmy Vivino qui tire bien son épingle du jeu. La reprise du "Goodbye Irene" de Leadbelly nous entraîne à la Nouvelle Orléans, un morceau dynamisé par ses rythmes syncopés ainsi que le piano sautillant et omniprésent de Seth Farber. Odetta prend toute sa dimension lorsqu’elle interprète son répertoire. Et elle le vit. Cette passion se ressent au plus profond de sa voix prodigieuse qu'elle utilise comme un instrument. Et pour l’écouter, je vous invite à fermer les yeux. Comme sur la cover du célèbre "Please send me someone to love" de Percy Mayfield, une version parcourue par le piano intimiste de Dr John. Cet organe s’est forgé dans les temples. Par l'exercice du chant gospel. Et lorsqu’elle est rejointe par les Holmes Brothers, pour interpréter le traditionnel "This little light of mine", on a l’impression que les voix pénètrent dans un univers magique. Odetta doit beaucoup apprécier Leadbelly, car elle reprend encore quelques autres titres du pionnier. Dont "Bourgeois blues", un blues remarquable caractérisé par de superbes envolées au piano ; mais qui bénéficie surtout du concours de Vivino au dobro et d'un certain Kim Wilson à l'harmonica. Et puis "New Orleans", en réalité une adaptation du célèbre "House of the rising sun". Probablement la version la plus impressionnante et envoûtante commise à ce jour. Soutenu par le piano divin d’Henry Butler, elle est absolument extraordinaire! Pour "Roberta", une complainte empreinte d’une grande sensibilité, Vivino se réserve une sortie remarquée au banjo. Et il se soumet à l’exercice du bottleneck tout au long de "Midnight special". Enfin, pour clore ce chapitre, elle s’attaque à l’"Alabama bound" du célèbre Louisianais. Cette compile nous réserve encore quelques merveilleux moments de blues. Et en particulier lorsqu’elle chante le "Trouble in mind" de Big Bill Broonzy, soutenu par Pinetop Perkins, vétéran mythique, au piano. Ou lorsqu’elle se replonge dans le gospel lors de "What mouth was Jesus born in". Si vous n’avez toujours pas découvert son talent, je vous invite à le rencontrer, tout au long de ce ‘best of’…

 

 

 

My Morning Jacket

Okonokos

Qu’écrire qui ne le fût déjà en ces pages volatiles ? My Morning Jacket est l’un des groupes les plus importants de ces dernières années, qui en l’espace de trois ans a signé deux chefs-d’œuvre intemporels de country-psyché-pop-rock, les fabuleux « Z » et « It Still Moves ». Ce premier double live ne remet donc pas les pendules à l’heure, puisqu’en plus d’être un formidable groupe de studio, My Morning Jacket s’avère aussi un formidable ensemble de scène. Ceux qui les ont vus à l’AB en novembre 2003 s’en souviennent sans doute encore comme si c’était hier, tant leur performance, ce soir-là, frôlait le nirvana, en version pourtant quasi-instrumentale ! L’anecdote vaut la peine d’être rappelée : suite à un gros rhume persistant, Jim James s’était réveillé ce jour-là en bien petite forme. Aphone, il préférera préserver son organe magique et ne chanter qu’en début et fin de concert… Et pourtant le moment se sera révélé exceptionnel, tant ces types jouent comme des dieux de l’Olympe rock’n’roll, s’élançant tels des foudres de guerre sur leurs guitares/basse/batterie, jusqu’à toucher le ciel et tout le chambardement. De dieu ! On en frémit encore. Autant dire que ce live sous plastique on l’attendait comme le Messie, et on n’est pas déçu : 21 titres d’une splendeur mirifique, pour la plupart issus des deux classiques cités dix lignes plus haut. Seuls un titre de « Tennessee Fire » (« I Think I’m Going to Hell ») et trois de « At Dawn » (« Lowdown », « Xmas Curtain » et « At Dawn ») évoquent leur carrière pré-major, mais ne boudons pas notre plaisir : « Okonokos » est un grand disque live, que tout fan qui se respecte devrait posséder en plusieurs exemplaires. Buy or die !

 

 

 

Reel Big Fish

Our Live Album is Better Than Your Live Album

Écrit par

Avec pareil intitulé, le combo ska-punk avait intérêt à assurer. D’autant plus que leurs prestations live, bien que divertissantes, sont loin d’être légendaires. Une chance, « Our Live Album Is Better Than Your Live Album » est une promesse tenue. Marquant les 10 ans de la formation apparue en plein 'boom' de la scène ska-punk californienne, ce recueil célèbre également la fin d’une collaboration tumultueuse entre Reel Big Fish et le label Zomba. Récupérés début 2006 par Rykodisc, les six gaillards fêtent leur liberté enfin retrouvée en offrant à leurs fans de quoi se régaler des heures durant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se foutent pas de la gueule du client.

35 explosions de cuivres dispersées sur deux disques et encore 20 autres, documentées sur un DVD bonus. Quand y’en a plus, y’en a encore. Niveau quantité, nickel. Quant à la qualité, hormis les deux ou trois regrettables mais inévitables blagues potaches, tout est au poil. Le son est bien léché et le choix des tracks est judicieux. On y retrouve les hits « Sell Out », « She Has A Girlfriend Now » ou leur version brillamment retravaillée du « Take On Me » de A-Ha ainsi que certains des meilleurs titres du combo et autres reprises (The Cure, Tracy Chapman, Lita Ford). Mention spéciale à « S.R. » décliné de manière amusante en plusieurs genres musicaux. Bref, loin d’être de l’arnaque, « Our Live Album Is Better Than Your Live Album » n’est certainement pas le meilleur live de tous les temps mais un must pour tous les fans de la formation et du genre.

 

 

 

Loney, dear

Sologne

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L’incarnation du jusqu’auboutisme même. L’homme-instrument qu’est Emil Svanängen juché sur 8 pistes entre la salle de bains et la cuisine dans un bordel de guirlandes électriques, est un meuble vivant aux multiples tiroirs (clarinette, guitare, orgue à pompe, percus, saxo et songwriting). Nourri au sein de Brian Eno, Kraftwerk, A-Ha quand ses congénères jouaient encore à la marelle, Svanängen développe assez vite son troisième œil en vouant un véritable culte à Euterpe. Alors à peine âgé de 8 ans, il reluque déjà les beautés informatiques via ses logiciels musicaux. En pleine puberté, le disciple s’initie par la suite à la sérénade propre aux troubadours avant d’investir dans le jazz et la mousse à raser. Cet apprentissage poussé, que le jeune stagiaire s’impose très tôt, contribue sans aucun doute à la qualité et la diversité de son quatrième ouvrage « Sologne », paru en 2004 (réédité en 2006). L’alliance des genres pop/folk est maîtrisée (sur le rythme militaire de l’enjouée « Where Are You GoGoGoing To ? » posé sur « Le Fever » ou persistant « I Lose it All »), embellie par des beats électros (« The City, The Airport ») et balancée d’interludes mystiques (« Grekerna »). Le ménestrel retrousse ses manches, affute sa voix et garnit l’opus de poèmes dédiés à l’amour et à la confusion des sentiments. Une recette qui marche et l’a amené à ouvrir la danse pour Clap Your Hands Say Yeah tandis qu’il se joignait à Sonic Youth, Bloc Party ou Devendra Banhart sur la scène du Festival Accelerator. Mais loin d’être seul cette fois pour transmettre son magnétisme sur les podiums, Svanängen s’improvise chef de chantier et délègue ses multiples talents à un orchestre en format familial. Une potion magique dont une goutte ne suffit pas, tant le ton est mesuré et la contagion certaine.

 

 

 



Various Artists

Favela Chic: Postonove 4

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Les compiles dédiées aux restaurants et autres bars branchés n’ont pas encore tout à fait rendu l’âme. La preuve par ce « Favela Chic » (bar resto tendance à Paris et Londres) qui se concentre sur le passé et le présent de la musique populaire brésilienne. Loin d’être la torture ‘lounge’ escomptée, ce recueil mixé par Gringo Da Parada recèle quelques très chouettes morceaux. Impossible de se pencher sur la qualité du ‘mix’ (car la copie promo reçue n’est pas mixée), on se contentera donc de parler celle consacrée à la sélection musicale.

La pop psychédélique et funky d’Os Mutantes ouvre le bal, suivie par la ballade funk et insouciante d’Orlandivo. La samba millésimée d’Elza Soares laisse place au folklore nordestin de Caju & Castania, joute verbale improvisée en duo et rythmée par un tambourin et un tambour. Cette plage nous rappelle les chansons interprétées en occitan par les Fabulous Trobadors. Le très dansant « Tranquilo » de Marcelinho Da Lua et Black Alien est une cavalcade drum & bass boostée par une ligne de basse très dub et le flow de Black Alien. Les Franco-brésiliens de Voltair proposent une intrigante pièce de hip hop reggae. Avant-gardiste et minimaliste elle détourne les sonorités d’un synthé Casio. Efficace et suggestive, la samba soul de Seu Jorge (le nouveau Barry White ?) doit soulever les jupes de Paris à Londres en passant par Rio. Signé Dona Edith Doprato, « Marinheiro So » est tout simplement un moment de grâce. Il se résume à une guitare sèche, des percussions samba et une chorale exaltée. La compile s’achève par la jolie ballade électro de Lucio Maia & Jorge Du Peixe, un morceau évoquant les travaux d’Apollo Nove, complice de Cibelle, signée sur le label Crammed.

 

 

 

Julius Lester

Dressed like freedom

Écrit par

Julius Lester est né en 1939. A St Louis, dans le Missouri. Fils d’un pasteur méthodiste, il finira par se convertir au judaïsme. Il a également accompli de brillantes études universitaires. Dans les années 60, il milite en faveur des droits civils des Afro-américains. Il émigre ensuite à New York. Où il s’illustre comme animateur radio, puis TV. Il se lance ensuite dans la photographie ; et y acquiert une nouvelle notoriété. Ce qui lui permet de s’embarquer pour le Nord Vietnam afin d’y rapporter les témoignages des ravages causés par la guerre. En 1971, il devient professeur de judaïsme et spécialiste des affaires du Proche Orient à l’Université de Massachusetts. Il est surtout populaire comme écrivain. Il a d’ailleurs écrit 35 livres, dont 25 pour les enfants. Retraité depuis 2003, il vit paisiblement auprès de son épouse. Mais au cours de sa jeunesse, Julius a également été passionné par la musique folk. Il a ainsi coécrit un bouquin en compagnie de Pete Seeger : "The 12 string guitar as played by Leadbelly". Il a enregistré "Julius Lester" en 1965 et "Departures" en 67. Deux albums de chansons originales parus sur le label Vanguard, lorsqu’il vivait à New York. Le label Ace nous les restitue sous la forme d’un seul CD.

Julius chante d’une voix claire. Il articule ses mots pour faire bien passer son message : celui d’un protest blues bien ancré dans son époque. Et dès la première plage, il clame sa fierté d’être un 'freedom man'. Lester était un révolutionnaire. N’avait-il pas parcouru l’île de Cuba en compagnie de Fidel Castro en personne ? On lui collera également l’étiquette de 'black power' blues. Il chante en s’accompagnant d’une guitare acoustique, sans pratiquement jamais élever le timbre de sa voix. Il avoue avoir beaucoup écouté Blind Willie Johnson et Blind Lemon Jefferson. Si son œuvre ne peut vraiment être qualifiée de blues, elle emprunte néanmoins à la musique noire traditionnelle, aux spirituals, ‘work songs’ et autres ‘prison songs’. Pourtant, le blues est bien présent. Et son "No count man" en est la plus belle illustration. Parfois, Julius élève le tempo. Pour notre plus grand plaisir. A l’instar de "Long haired woman". Il décrit la situation misérable vécue au sein de son appartement à New York, lorsqu’il chante "Cockroach blues". Lors de ce 'blues du cafard', il dépeint, d’une manière réaliste, ces bestioles qui courraient un peu partout, entre ses quatre murs! On retiendra également "Mustache blues", une plage qu’il interprète armé d’un bottleneck. Pour la circonstance, il élève la voix, lorsque la police est à la recherche d’un nègre portant la moustache! Et on ne peut passer sous silence les trois longues plages d’une durée de plus ou moins dix minutes. Dont le titre maître. Mais pour pouvoir les apprécier pleinement, il faut disposer d’une bonne connaissance de la langue anglaise.

 

 

 



The Spores

Imagine The Future

Écrit par

Il est de ces disques assez difficiles à cerner. « Imagine The Future », premier essai de The Spores, en fait partie. Forte de ses collaborations au sein de Mondo Generator, Queens Of The Stone Age (« Songs For The Deaf ») ou avec Mark Lanegan (« Bubblegum ») ainsi que de ses prestations en première partie de la tournée européenne des Eagles of Death Metal, Molly McGuire tente aujourd’hui de s’avancer sur le devant de la scène. Bon courage… Parce qu’il y a du boulot. Sur « Imagine The Future », la jeune femme s’époumone sur treize titres complètement inégaux, entre inditeronica et un rock gothique faiblard. Sa voix nonchalante arrache toute vie au recueil qui, du coup, paraît interminable. Du répétitif « Moon Shine Down » aux décalés « Daffodil » et « Love My Mind », The Spores s’égare dans des bribes d’idées collées les unes aux autres sans la moindre uniformité ou cohérence. On imagine bien le futur, mais The Spores n’en fait pas partie.

 



The Good, The Bad & The Queen

The Good, The Bad and The Queen

Écrit par

La scène se passe dans un vieux cabaret en pleine prohibition. 3ème acte (après Gorillaz et Blur) pour Damon Albarn, chef de file d’un réseau clandestin de trafic d’harmoniques. Agissant en toute impunité, le gangster frontman aux allures de beau parleur distille son cru sur les touches poussiéreuses d’un piano délaissé. Entouré de la perle du haut banditisme représenté par Paul Simonon (ancien bassiste des Clash), Simon Tong (ancien guitariste de The Verve et présent sur le dernier album de Gorillaz) et Tony Allen (pionnier de l’afrobeat et ancien batteur de Fela Kuti), le chanteur épouse un nouveau registre. Partant dans des délires de début de siècle, les malfrats mettent leurs habits du dimanche pour élaborer une alternative sous des faux airs de ballades romantiques. Des voix d’outre-tombe retentissent sur les ventricules échauffées par le miaulement des machines, absorbées dans des escapades irréversibles (« Herculean », « The Bunting Song ») et des premiers rendez-vous adolescents (« 80’s Life »). Sur ce projet qui visait avant tout une carrière solo pour Albarn, le combo se distingue et secrète aussi bien des tubes (« History Song », « Kingdom of Doom ») que des performances dignes du grand vagabondage (« Three Changes », sur lequel excelle l’afrobeat d’Allen). L’hymne final porté par leur titre éponyme touche l’authenticité ‘sylphidique’ et clôture une histoire qui coagule sans falsification.

 

 



The Strays

Le Futur Noir

Écrit par

Après avoir parcouru le territoire américain de long en large, les poches vides et juste de quoi alimenter les scènes locales, les quatre acolytes repartent en croisade. Tirant parti de leurs fonds de placard balayés d’influences (The Replacements, The Clash, Oasis, Nirvana) aussi diverses que leurs origines (deux Américains, un Grec et un Anglais), ces égarés du droit chemin quittent la bande d’arrêt d’urgence pour faire le plein de compos inflammables. Leur prototype de la chaîne phonographique s’apparente alors à un pur produit punk (jaquette suggestive, francisation du titre et textes militants), malgré une forte odeur de rock californien. L’idée est bonne, la volonté ne manque pas (apparition du batteur Jorma Vik du groupe punk The Bronx) mais la touche personnelle se fait discrète. Le combo ne dépasse pas le stade de la carburation binaire et s’électrocute dans des circuits primaires où le courant ne passe pas. Et c’est un brin dommage.

 

 

 

Larsson

This Is

Écrit par

‘La ville de Leuven est fière de son passé, de son patrimoine et il y a tant de choses à voir qu'une seule visite n'y suffit pas’. L’office de tourisme ne tarit pas d’éloges à son égard et tire des plans sur la comète aux visiteurs alléchés de bonnes vieilles habitudes. Au programme : des riffs rébarbatifs, des compositions ternes, et une voix plastifiée pour la modique somme d’un mal de crâne. On prend ses cliques et ses claques pour un naufrage en toute beauté. Sur votre droite, vous apercevrez l’usine à covers spécialisée dans les Strokes, The Hives ou Queens of The Stone Age, qui côtoierait presque la contrefaçon. Admirez maintenant, sur votre gauche, quelques lettres éparses noyées dans une soupe sans caractère : [B], [D], [K], [M] et [b], à l’image d’ados en mal d’inspiration. Comme les cinq doigts de la main, le groupe est inséparable de la récupération (« One » un réarrangement du tube « Hate To Say I Told You So» des Hives) qui va jusqu’au titre de leur album « This is » recyclé sur celui des Strokes « Is This it ? ». Aucune prise de risque donc, cet album (si on peut l’appeler ainsi) est vivement déconseillé aux fins gourmets et plomberait sans pitié toute sorte d’ambiances.

 

 

 

Fractional

Aliwen

Écrit par

Cannibale vorace de sadisme numérique, Pierre Remy aka Fractional persécute, exécute et crache ses cuts. Ce marquis cultive un jardin à l’abri du soleil dans lequel les jeunes pousses emprisonnées sécrètent leur sève empoisonnée et cependant si juteuse. Le professeur Remy ouvre la trappe de l’électronica gothique emmurée de jungle galopante et de breaks à la Aphex Twin, pour une visite dans les dessous de l’organique. Amputations stylisées et suffocations érotiques enduisent le tout premier cadavre exquis de ce jeune anthropophage. Tapissé de résonances indus et gothiques, l’opus exploite la dislocation sonore rythmée de beats atomisés et peuplée de nappes vaporeuses. Singulièrement doté d’une vive curiosité pour les musiques ‘ethniques’ et classiques dont il s’inspire (la contrebasse de « Ka Hura »), Fractional compose ses couleurs propres, des peintures électroniques, avant de les dompter. L’apport visuel (des projections complètent ses performances scéniques) restitue en images cet univers décomposé et renforce le travail soigné de ses œuvres aux noms insensés. Une toile foisonnante de textures hétéroclites retournées à la moissonneuse batteuse dans une épinglante dextérité.

 



Various Artists

The Kings of Techno - Compiled by Laurent Garnier and Carl C

On pourrait chicaner à l’infini sur qui est le ‘roi’ de tel ou tel genre : Carl Craig et Laurent Garnier pour la techno ? Il s’agit sans doute d’une décision savamment marketée (et Richie Hawtin, Derrick May, Jeff Mills, etc. ?), mais peu importe : le but n’est pas ici de jouer au jeu des sept familles, mais plutôt d’écouter la muse de ces ‘kings’, bref ce qui les influence ou/et les émeut. Surprise (ou non) : Laurent Garnier n’aime pas que la techno, mais aussi le wock’n’woll (The Stooges), la soul (Aretha Franklin, The Temptations), le hip hop (Dabrye et son excellent « Game Over ») et le funk (Funkadelic). Evidemment il rend hommage à son collègue de compile (« No More Words »), mais dans l’ensemble on espérait du Français bien plus de prise de risque. Carl Craig n’hésite pas, quant à lui, à faire péter Nitzer Ebb et Visage, Art of Noise (le mythique « Beat Box ») et Yello. Deux sélections sans prise de tête, mais sans grand intérêt non plus.

Nanci Griffith

Ruby s Torch

Pour les aficionados de la chose country-folk, Nanci Griffith n’est pas une inconnue. Sur ce dix-neuvième album en vingt ans de carrière, la chanteuse ‘réalise un vieux rêve’ : compiler ses torch songs préférées ; bref appuyer d’un geste tendre sur nos glandes lacrymales. Une aubaine pour nos oreilles, puisque son grain de voix subtil, tout en douceur et propice à la mélancolie, se prête forcément bien à ce genre d’exercice. Et même si les arrangements qui l’enrobent pêchent par préciosité (ces cordes, envahissantes) et gâchent un peu notre plaisir, on l’écoute. Jusqu’au bout. Parce que c’est évident : Nanci Griffith chante bien, très bien. « Ruby’s Torch », du nom de la cover de Tom Waits (« Ruby’s Arms », magnifique), est avant tout le disque d’une voix. De ce grain donc. De beauté. De Jimmy Webb à Sinatra (« In The Wee Small Hours Of The Morning », signé par le tandem Mann/Hilliard), il caresse ces covers (+ 2 inédits) dans le sens le plus agréable du poil. On ronronne sous son poids chaleureux et ça fait du bien par où ça passe.

 

Bob Pearce

Unchained

Écrit par

Issu de Southampton, dans le sud de l’Angleterre, Bob Pearce est aujourd'hui âgé de soixante ans. Un artiste attachant et charmant qui a vécu le british blues boom des sixties. Son premier disque est paru en 1968. Un EP intitulé "Blues Crusade". Bob n'a jamais cessé de chanter le blues : mais il avait fallu que Mike Vernon ressuscite le mythique label Blue Horizon, au début des nineties, pour le voir réapparaître lors de la sortie de l’elpee "Hey hey the blues is alright!" Un opus suivi, l’année suivante, par "Keep in keepin' on". Edité sur le label hollandais Tramp, il avait bénéficié, notamment, du concours d’un gratteur très affûté : Ed Deane. Il avait tourné en Belgique et s'était produit en compagnie d’El Fish. Une rencontre très réussie, par ailleurs. Il avait également réalisé son vieux rêve d'enregistrer aux USA. Au Texas, très exactement. Un album intitulé "Southern style homecooked blues & side dishes". En 1997. Bob a toujours privilégié le blues ; mais il aime aussi la soul et la musique à danser. Il ne faut pas oublier, qu’à une certaine époque, il polarisait les foules sur les ballrooms du Sud, outre-Manche? Aujourd’hui, il se produit rarement sur les planches ; mais il est toujours contaminé par le virus de la musique. Converti à la parole du Seigneur, il a rejoint un chœur de gospel constitué de quelques amis. Ce qui ne l’empêche pas de perpétuer ses rêves personnels et en particulier ceux destinés à séduire les foules en pratiquant un cocktail de soul et de rock'n'roll. C’est d’ailleurs la concoction qu’il nous propose tout au long d’"Unchained".

L’album s’ouvre par "Come on in". Une ballade allègre, mais surtout déjà une invitation à la danse. La musique semble sortir d'un juke-box vieux de près d'un demi-siècle. Bob y ouvre son cœur. Mr Pearce sait toujours ce que le rock'n'roll veut dire. Et il le démontre tout au long de "Just to think", de "Don't turn around" et du frétillant "All for me", plage au cours de laquelle Ray Drury mène l'ambiance et pousse Pearce à s'envoler aux cordes. Bob chante aussi des ballades lentes. A l’instar du "What am I living for?" de Chuck Willis au cours de laquelle on imagine un cavalier étreindre sa compagne d'un soir. Ou du "Wings of an angel" de Spencer Bohren, une très belle adaptation caractérisée par sa pureté et sa simplicité. Au bord des larmes, il interprète le magnifique "Presence of the Lord". L’émotion est à son comble. Drury est passé à l'orgue Hammond et Dave Rowlands à la pedal steel. Un moment intense et magique! Il nous propose également un gospel à l'anglaise. C'est-à-dire teinté de folk : "Call him up". Colm Murphy s’y réserve le violon et d'Annie Cottrell la mandoline. Une compo qui sent bon la campagne verdoyante. "Let your glory fill this house" est dynamisé par des rythmes exotiques, alors que "Let your light shine on me" est un morceau aussi traditionnel que notoire. L'accordéon du Pastor Ron White anime "Jesus the king", juste avant que l’elpee ne se referme par le joli "Unchained", un hit éternel chanté naguère par les Righteous Brothers. La sobriété, la sérénité et la foi guident cet artiste, tout au long de cette œuvre téléchargeable gratuitement (voir infos liées)

 

 

 



Various Artists

Electric Gypsyland 2

Écrit par

Le principe d’« Electric Gypsyland » est simple : on confie les travaux des formations phares de la musique des Balkans (Taraf de Haïdouks, Koçani Orkestar, Mahala Raï Band ainsi que le Français Zelwer) à une brochette de remixeurs. Ce deuxième volume de la série part dans tous les sens, du meilleur au plus anodin.

Le premier disque s’ouvre par l’électro folk pointilliste de Tunng. Il parvient à transformer la musique de Taraf en une envolée rêveuse qui ne dépareillerait pas sur un album du label Morr. Après le ‘loungy’ Buscemi, les rockeurs US d’Animal Collective transposent le Koçani Orkestar en une étrange kermesse de nains de jardins atomisés au psilo. Balkan Beat Box orchestre la rencontre réussie des vieilles rythmiques dancehall de King Jammy avec les cuivres bondissants du Mahala Raï Band. Par contre, on passera la main sur le dub trop clinique de Dj Click et l’envolée trop abstraite de Smadj. Plus dancefloor, Shantel booste le très beau « Duba, duba si hora » du Taraf, inclus d’ailleurs ici sous sa version originelle sur le deuxième cd. Les anglais d’Oi Va Voi se fendent d’un magnifique et lancinant « A rom and a Home », dont les arpèges de guitares restent gravés à l’esprit. Forty Thieves Orkestar réveille le fantôme des Pogues sur la cavalcade éthylico-punkoïde de « The Man Who Drinks ». Le ShrineSynchroSystem embarque Tony Allen et le joueur de kora Sekou Koyate lors d’une jam investie par le violon éraillé du défunt Neacsu, figure tutélaire du Taraf. Atmosphère éthylique encore, où le Russendisko transforme une pièce intimiste de Zelwer en polka reggae. Et on ne peut passer sous silence l’excellente contribution électro du belge Gaetano Fabri sur « Go East ».

L’auditeur curieux pourra découvrir certaines des versions originales sur le deuxième compact disc ; et notamment le très beau « Siki, Siki Baba » du Koçani Orkestar, les imbattables roumains du Taraf, le funky Mahala Raï Band et le plus synthétique Zelwer. Beaucoup de bonnes choses, peu de déchets.

 

 

 

I Love UFO

Wish out

Écrit par

Signés par Record Makers, label du célèbre Sébastien Tellier, les Français de « I love UFO » entendent jouer le rôle de défricheurs, voire de leaders. ‘I Love UFO ne sont pas des suiveurs, les autres suivront…’ profère ainsi la bio du groupe tout en soulignant la communion d’esprit qu’il y aurait entre les Parisiens et une formation du calibre de PiL. Et de fait, à bien écouter la voix sur un titre comme « Like in the movies », on réalise que Johnny Rotten n’est pas loin… Pour le reste, le trio aurait plutôt tendance à se complaire dans un psychédélisme rock soufflant le chaud et le froid. Le chaud quand celui-ci se fait rêche, s’orientant vers une new-wave crépusculaire à l’énergie retenue… Le froid lorsque, trop souvent, le combo semble se perdre dans une série de clichés et de répétitions nuisibles. Tant se répète le ‘delay’ qu’à la fin, il finit par lasser… Une maxime un brin facile, on vous l’accorde, mais qui correspond finalement assez bien à un disque honnête, sans plus…

 



The Double

Loose in the Air

Écrit par

Des hélices d’hélicoptère enveloppent les cordes martelées qui se dissipent sous le timbre adoucissant de David Greenhill, bassiste frontman à la névrose explicite. L’ouverture exacerbée d’un opus paranoïaque. Produit par Steve Revitte (Liars, Beastie Boys, Yeah Yeah Yeahs) avec qui le groupe s’est isolé pendant 12 jours au Tarquin Studios à Bridgeport (Connecticut), l’échantillon cyclothymique mord les tympans et prescrit l’imbroglio phonique. Le troisième au compteur. Un clavier lunatique et des guitares ‘menstruées’ s’affrontent en dents de scie dans un combat arbitré par une batterie tamisée. Le quartet new-yorkais s’enfonce progressivement dans un registre alternatif (le tube « Idiocy ») à la limite du noise, surtout quand il s’agit de faire foisonner les larsens (notamment sur le morceau au titre évocateur « What Sound It Makes The Thunder »). Mais un moment d’accalmie suggéré par un piano complaisant prend alors la pose pour un réarrangement d’un « In The Fog » cicatrisant, écrit et enregistré lors d’un passage chez le regretté John Peel en 2005. Amadouant les esprits harponnés (le final cérémonieux « Busty Beasty »), ces enfants du Velvet capturent le spontané, découpent les tonalités et envoient valser la banalité.

 

 

 



Alamo Race Track

Black Cat John Brown

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Le premier album d'Alamo Race Track nous avait laissés sous le choc. Et c'est peu dire... En 2003, « Birds at home » s'apparentait au plus beau frontal de l'année : bang, en pleine gueule ! Comme un bus sorti à toute blinde d'une rue fantôme, les chansons de Ralph Mulder et de ses Hollandais volants nous arrachaient les tympans à grandes embardées de pop raffinée. A l'époque, les journalistes voyaient rouge et blanc, préférant reluquer les photos coquettes des Strokes ou investiguer sur la disparition de la seringue favorite de Pete Doherty que de choyer le disque d'Alamo Race Track à sa juste valeur. Bref, le public est passé à côté du truc... Pas grave : aujourd'hui, c'est le tour de « Black Cat John Brown », cours de rattrapage obligatoire pour tous les absents de la première session.

Alamo Race Track n'est pas groupe à camper sur ses positions. Aussi, « Black Cat John Brown » constitue-t-il une belle avancée artistique pour la formation amstellodamoise. D'emblée, le titre éponyme nous laisse bouche bée... « Black Cat John Brown » : transe sixties décapante, à déguster en roulant, entre les champignons et le space cake. Défoncé, l'auditeur s'exécute ensuite sur « Don't Beat This Dog », hymne rock dansant, étrange orgies entre TV On the Radio et les Dandy Warhols. Alamo Race Track entretient d'évidentes références (une aisance mélodique proche des Kinks, une bonne reverb' corrompue à la Chuck Berry, un timbre de voix groovy déjà entendu du côté d'Evil Superstars, dEUS, Zita Swoon ou Pavement). Impossible donc de pointer la moindre faute de goût chez ces Hollandais ! Ecouter une énième fois le tube « The Nothern Territory », respirer à fond les pistons et s'en faire une raison : Alamo Race Track vient encore de signer un disque sublime. Et, comme on dit dans ces cas-là : jamais deux sans trois !

Biyouna

Blonde dans la casbah

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Ce disque s’ouvre par un morceau raï savamment rythmé et plutôt traditionnel (« Taali »). Musicalement, le deuxième titre (il donne le nom à l´album) s´inscrit dans la même lignée. Mais pour la circonstance, il est chanté dans la langue de Molière. Avec un accent à la Enrico Macias. D’ailleurs il est difficile d’en identifier le timbre. Qui pourrait être aussi bien féminin que masculin. Bourré d´humour, ce texte vient se greffer parfaitement aux rythmes orientaux. La chanson « Demain, tu te maries » vous dit-elle quelque chose ? Absolument ! Ce tube des sixties (chanté à l´époque par Patricia Carli) est ici revisité par Biyouna de manière plus que surprenante. La suite de l´opus voyage entre Orient et Occident, tant au niveau des paroles que des mélodies. On y rencontre même des touches de ska (« J’aime les coyotes ») et de reggae (« Merci pour tout »). Trois invités se joignent à l´artiste : Didier Wampas sur le délirant « Merci pour tout », Malia pour le jazzyfiant « Bismilah », et Christophe lors du touchant « La Man », morceau clôturant brillamment « Une blonde dans la casbah ». Mais qui est Biyouna ? Qui est cette personne capable de réunir sur un même disque des artistes issus d´univers musicaux si différents ? Biyouna est une véritable star en Algérie. Aussi connue pour ses talents de comédienne que de chanteuse (elle a sorti son premier album en 2001), cette femme baigne, depuis sa naissance, dans le monde artistique. Tout au long de ce deuxième opus, elle parvient en tout cas à imposer un style coloré et atypique, qui n´appartient qu´à elle. Une liberté qu´on apprécie et recommande !