Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Iron Maiden

Dance of Death

Écrit par

Si "Brave new world" avait, à l'époque du grand retour de Bruce Dickinson, provoqué unanimement un sentiment de victoire au sein des fans purs et durs de la Vierge de fer, il n'en est pas de même aujourd'hui. Certes, on savait que la bande à Steve Harris allait devoir viser très haut pour donner un digne successeur à l'album de la reformation, mais on était loin de s'imaginer qu'il aurait fallu des écoutes répétées de ce "Dance of Death" pour en apprécier certaines plages. On n'ose évoquer le titre du très inégal "No prayer for the Dying", car le Maiden nouveau n'est pas aussi catastrophique, bien qu'il donne également l'impression d'avoir été enregistré sans motivation. Des titres trop longs comme la plage titulaire ou "No more lies" sont même dépourvus d'intensité, au point de devenir ennuyeux. Jamais nous n'aurions pensé qu'un jour on parlerait d'un album de Maiden en ces termes, mais de toute évidence "Dance of Death" ne marquera pas la carrière d'un des plus brillants groupes de heavy metal de ces deux dernières décennies. Heureusement, tout n'est pas négatif sur cette nouvelle livraison, et il subsiste quelques titres remarquables typiquement 'maidenesques', à l'instar de l'énorme "Paschendale" et ses superbes orchestrations, de l'épique "Montsegur" taillé pour la scène ou encore du très surprenant "Journeyman", titre acoustique fortement marqué par les influences progressives d'Harris n' co. Mais ce n'est pas suffisant pour Iron Maiden qui est au metal ce que la série télévisée "Le Prisonnier" - qui a donné son titre à un morceau de Number of the Beast - est à la culture british. Une référence absolue! On croise les doigts, et on espère mieux pour la prochaine fois.

Ken Ishii

Future in Light

On avait un peu perdu de vue Ken Ishii depuis son " Sleeping Madness " de 1999, sur lequel il balançait la sauce en compagnie de Talvin Singh, Mike Ladd et DJ Spooky. Après un " Flatspin " (2001) passé inaperçu, le Japonais revient, en bonne forme. Rien de très original, certes (toujours cette mixture de techno martiale et d'électro funky), mais là n'est pas le problème : du moment que ça chauffe sur le dance-floor, le contrat est rempli. Au menu, donc, du BPM qui déménage (" Melting Point ", " Presto ", " Beep Twist "), de l'acid comme au bon vieux temps (" Auburnia ") et du copiage en règle des aïeuls de Detroit (May, Atkins, Saunderson). Ce qui est bien aussi, c'est la manière dont Ken Ishii a construit son album : comme un mix, avec son départ en douceur (les 3 premiers morceaux), son climax (de " Future Is What We Are " à " Beep Twist ") et ses moments d'accalmie (" Fadeless ", au milieu, plus chill out, et " Strobe Enhanced ", à la fin, de l'électro pure qui permet de lever le pied de la piste). " Future In Light " a beau sonner un brin daté et Ken Ishii souffrir de la comparaison avec les nouveaux ténors du dance-floor (de Dj Hell à Ellen Allien), il n'empêche que l'ensemble s'écoute encore avec plaisir, comme on regarde un bon vieux film. En gros, le Japonais fait partie de (no)s meubles. A vous (et lui) d'y voir un compliment ou une insulte.

Isolation Years

It´s Golden

De Suède, on connaît Fireside, Soundtrack of Our Lives, The Hives et bien d'autres. On ne connaissait pas encore Isolation Years. Pourtant, on retrouve Pelle Gunnerfeldt (Fireside) à la production, et toujours cette touche scandinave qui en ce moment fait recette : de la bonne pop un peu country, un peu rock, des mélodies accrocheuses, de la candeur acoustique. C'est enjoué. Il y a aussi des cuivres (" Frosted Minds "), des chœurs, du banjo, des gars qui sifflotent (" Let's Step Aside "), des synthés (" Open Those Eyes "), du xylophone (" Three-Minute Convert "). La formule fait parfois penser à du Go-Betweens, du Calexico, de l'Echo & the Bunnymen (la voix). C'est vrai que ça ne mange pas de pain, et on qu'on en reparlera sans doute dans un mois, à la prochaine livraison suédoise ou norvégienne. On ressortira sans doute les mêmes phrases et les mêmes références, à peu de choses près. Quelqu'un dira peut-être qu'on radote, qu'on use de clichés, et il n'aura pas tort. On lui répondra qu'il est parfois difficile de séparer le bon grain de l'ivraie, et on lui conseillera d'écouter avant d'acheter. On en restera là, et on rangera notre cd parmi les dizaines d'autres déjà chroniqués sous l'étiquette " la grande famille pop-rock du nord de l'Europe ". Dans quelques années, peut-être, on les revendra, parce qu'on se rendra compte qu'on ne les a plus écoutés depuis leur chronique. Ca nous fera un peu d'argent de poche, qu'on dépensera un vendredi soir à boire des bières avec des amis. Les cd's, parfois, ça fait une belle monnaie d'échange.

I Am Kloot

I Am Kloot

Il y a deux ans, le premier album des Mancuniens d'I Am Kloot, " Natural History ", s'était vu acclamé par toute une presse anglophone alors encore dévouée au tout acoustique (ce " New Acoustic Movement " un peu pâle et pas drôle). Depuis, l'électricité a repris le dessus, et le public jeune ne jure plus que par le rock'n'roll. Pas facile dès lors pour I Am Kloot de refaire surface, en plein délire psyché et garage. Forcer le barrage des guitares lourdes, surtout quand on a l'air d'avoir quarante piges et qu'on s'appelle John Harold Arnold Bramwell, n'est donc pas une mince affaire. Certes, I Am Kloot durcit le ton ça et là, bien que tout reste assez relatif : les percussions hypnotiques de " Life In A Day ", le morceau " rock " d'I Am Kloot, ne font sans doute pas bien peur à ces malades d'Eighties Matchbox B-Line Disaster… Que les fashion victims passent donc leur chemin : I Am Kloot ne fait pas de la musique kleenex, si excitante soit-elle… Tant qu'à s'essayer aux belles métaphores, on parlerait plutôt à son égard de mouchoirs bien brodés, faits maison avec amour et tendresse. De l'amour, John Arnold (etc.) en parle justement, beaucoup : rien de tel que les bons sentiments comme fond de commerce. " I Am Kloot " n'est donc pas bien différent de " Natural History " (des chansons calmes et jolies, souvent tristes), et pourtant on n'y trouve pas grand chose à redire. La conclusion, c'est qu'il n'y en a pas : I Am Kloot, c'est I Am Kloot, ce qui a le mérite d'être clair... Non ?

 

Ima Robot

Ima Robot

L'ambiance dans la salle est à son comble depuis qu'un type au look d'indien s'est emparé du micro et gueule comme John Lydon. C'est le nouvel an, la fête, et le concert surprise se transforme vite en happening punk funk du feu de dieu, comme si les Liars et Pulp copulaient en pleine lumière, sous le regard ébahi de jeunes branchés urbains venus nombreux pour se saouler la gueule. Au bar, seuls quelques égarés continuent à boire leur bière, comme si de rien n'était. Pour eux, c'est la défaite : ils pensaient, vu le nom, voir un groupe électro, ils se coltinent un enragé qui piétine sur une rythmique post-punk d'enfer. 23h59… 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0 : bonne année 2004 ! Certains font le vœu d'un revival NWBHM (The Darkness ?), d'autres parient sur le come-back de Gary Glitter et de Klaus Schulze. Sur scène, le type à l'iroquoise se démène toujours, balançant ses bombes funky à la tête des gens venus en dilettante. " Ce truc, c'est de la dynamite ! ", me dit mon voisin passablement bourré, suant comme un bœuf dans sa veste en cuir piquée de badges rock'n'roll. Soupirs : nous voilà en 2004, et c'est toujours la même rengaine : des guitares qui fusent et tourbillonnent, un mec qui singe Rotten, une grosse basse qui swingue. " Ouaip, c'est pas nouveau, c'te machin… Faisaient pareil en 80… ", lui dit son voisin de droite, tout maigre dans son T-Shirt de Television. Il est déjà 00h20 et le public fatigue : c'est l'heure du slow (" Scream "). Des couples s'enlacent, obligeant les célibataires à raser les murs en espérant s'attirer le regard d'une quelconque fille facile. Mais le type aux cheveux rasés genre Apache recommence à s'ébrouer en gesticulant comme un poulet : " Let's Talk Turkey ", qu'il dit. " C'est trop fort comme ça arrache ! ", insiste le type qui pue. C'est vrai, c'est sympa. Du bon gros son qui tape, de chouettes mélodies. Dehors il fait -10, et tandis qu'on danse, s'envolent nos vaines résolutions de l'an neuf (1/ Ne plus tomber dans le panneau du garage-punk funk revival. 2/ Ne plus porter de badges des Datsuns et de Radio 4 sur sa veste. 3/ Ne plus dire que les Strokes sont des vendus)… Sur scène le type éclate sa guitare et disparaît backstage. Les lumières se rallument : il est temps de rentrer et de se refaire une santé. D'autres groupes comme celui-ci nous attendent, tous plus cool les uns que les autres. L'année ne fait que commencer.

The Immortal Lee County Killers II

Love Unbolts The Dark

Avec un nom pareil, sûr que ces types ne font pas dans la dentelle : plutôt que de tricoter de belles harmonies folk ou pop en chantonnant d'idiotes histoires de jeunes puceaux, Chetley Weise (voix, guitare) et J.R.R. The Tokien One (batterie) carburent au blues le plus crade, au rock'n'roll le plus dément. Robert Johnson, John Lee Hooker (" Burning Hell "), Skip James (" Devil Got My Woman "), Leadbelly (" Ain't Going Down To Well No More ") : ces bluesmen tiennent depuis longtemps le crachoir en enfer, mais les voilà qui rappliquent pour mettre encore une fois le bordel sur cette bonne vieille terre. Ce disque, c'est comme " L'exorciste ", sauf qu'ici Linda Blair a deux grosses têtes, comme ces putains de monstres canins qui rodent près du Styx. Et leur regard n'inspire pas la confiance : avec leurs yeux rougis qui roulent dans leur orbite et leur bouche tordue de mépris (la pochette), Weise et Token One montent la garde devant l'autel brûlé du blues mortifère, celui qui n'existe plus depuis des lustres, si ce n'est du côté de Fat Possum. C'est méchant, c'est sale, c'est sexy : 10 morceaux dont 5 en live, parce que le blues se vit et s'écoute mieux sur une scène que dans sa chambre, terrain trop propice au confort, à la sécurité, à la médiocrité. Que ces mecs soient remerciés, même si leur âme est entachée du sceau faustien. L'immortalité, comme celle de leurs ancêtres et de leur musique, est à ce prix.

Indochine

3.6.3

Écrit par

Indochine? Ben ouais, j'ai toujours eu un petit faible pour ce groupe ! Et alors ? Z'avez pas connu leurs débuts ? Les soirées de 'rhéto' au cours desquelles on s'éclatait à l'écoute de " L'aventurier " ou de " Canary bay " ? Alors, vous ne pouvez pas comprendre. Soyons maintenant un peu plus réaliste, Indochine a toujours été d'abord, un groupe de scène. Et je dois avouer que chaque fois que j'ai pu assister à un de leurs sets, j'ai été impressionné par la communion qui existe entre Nicola Sirkis et son public. Et cette histoire d'amour dure depuis trois générations. Pourtant, la formation a vécu une très longue traversée du désert ; justifiée, il est vrai, par une muse déficiente. Et curieusement, c'est en traversant les épreuves (NDR : départ du principal compositeur Dominique Nicolas en 94, décès de Stéphane Sirkis en 99) qu'Indochine a retrouvé l'inspiration. Ponctuant même, en 2002, ce retour en force par la sortie de son meilleur album commis à ce jour, " Paradize ". Dans la foulée, le combo va tourner pendant un an et demi et accorder plus de 80 concerts ; un périple qui va trouver son épilogue le 3 juin 2003, par un concert à Bercy. Indochine deviendra par la même occasion le premier groupe français à remplir cette salle. Un événement qui a été immortalisé sur " 3.6.3. ", un double elpee qui épingle les inévitables classiques, mais également des compos issues des derniers opus ; et puis surtout la version du " Grand secret ", interprétée en duo par Melissa Auf Der Maur et Nicola, non pas par voie d'écran interposé (comme tout au long de la tournée), mais en direct. Les enregistrements n'ont pas fait l'objet de la technique de remasterisation (instruments, chœurs et voix). Et si ce choix apporte à l'ensemble un aspect plus naturel et spontané, il faut reconnaître que privées de leur support visuel ces versions libèrent une telle intensité qu'au fil de l'écoute on en est presque assommé. Reste que ce double elpee deviendra un véritable testament pour toutes celles et tous ceux qui ont eu l'occasion d'assister à un des concerts de ce 'Paradize tour'

 

iTunes : http://itunes.apple.com/be/album/p-n-de-stade-live/id412858153

 

 

Ingrid

Encore vivant

Ils nous viennent de Tourcoing et ont déjà commis un single 2 titres (" Vert Soleil ") et un album (" Etrange Meteo "). Après avoir écouté ce single encore tout frais, une chose est sûre : ils aiment Indochine et Visage. " Encore Vivant " peut provoquer soit de l'urticaire, soit une folle envie de danser en levant les bras. Dans le premier cas, c'est que vous n'aimez pas les boîtes à rythmes rétros et les vocaux à la Sirkis ; bref une certaine idée du mauvais goût pop eighties à la française. Dans le second cas, euh… ce n'est pas sérieux ! Ne parlons même pas de la face B, " Sniperman ", encore pire. C'est grave, docteur ?

 

Initial

Crushing your senses

Écrit par

Difficile de pouvoir se faire une idée objective sur les quatre titres de cette démo, tant les arrangements et le mixing sont de piètre qualité. Passé ce cap, on se rend heureusement compte que leur musique possède un potentiel certain. Surtout sur les deux derniers titres, " Poser " et " Face reality ", qui me rappellent… Au Pairs. A cause de la voix androgyne de Petra Van Nierop qui épouse ici les inflexions de Lesly Woods, mais aussi de la solution sonore sculptée dans une sorte de post punk ténébreux, légèrement teinté de funk, de blues et de soul. De facture plus banale, les deux premiers fragments, " Around " et " Flying ", ont probablement le tort de ne pas trop savoir s'il y a lieu d'explorer la face pop du rock ou la face rock du pop. Petra a en outre, ici, le tort de forcer sa voix. Mais comme elle ne possède pas le timbre de Skin, la vocaliste de Skunk Anansie, la mayonnaise ne prend pas. Il y a du pain sur la planche !

 

The Herb Spectacles

The incredible world of the Herb Spectacles

Écrit par

Cette formation hollandaise s'est unie en 1999 pour l'amour de la Tijuana Music. Un style popularisé dans les années 60 par le musicien américain Herb Alpert. En bref, cette musique mélange des éléments mariachis (cuivres omniprésents, mélodies hispanisantes) et de la pop des sixties (guitares reverb, section rythmique bondissante). Les morceaux écrits sur ce premier effort des disciples de Herb mériteraient ainsi de figurer sur la prochaine pellicule de Tarantino, si ce dernier se mettait en tête de la tourner à Tijuana : ils allient d'excellentes mélodies à un sens du groove consommé qui trahit l'intense activité scénique de ces gaillards. Parfois, lorsque les compos s'éloignent du Mexique, le rythme s'apaise ; mais c'est pour lorgner vers un jazz plus classique limite musique d'ascenseur. Pourtant, ce ne sont que des interludes qui permettent à nos Bataves de mieux repartir pour embrasser des mélodies enlevées, distillées par leur section de cuivres. Presque exclusivement instrumental, ce premier essai se révèle être un hommage particulièrement réussi à la Tijuana Music, puisqu'il donne envie d'aller jeter une oreille sur la discographie de leur maître Herb Alpert.

Harry Lime

23 bag movie master

Écrit par

Deuxième opus pour cette formation danoise, dont le nom est inspiré d'un personnage issu du film d'Orson Wells, 'le 3ème homme'. Hormis le claustrophobe et décousu " Hand size ", les 10 autres fragments de ce " 23 bag movie master " naviguent au sein d'un univers sonore qui oscille de la noisy au psychédélisme, en passant par l'ambient le post industriel et la prog. Avec beaucoup de bonheur, il faut le souligner. Les spectres de My Bloody Valentine (le titre maître), des Stone Roses (l'instrumental psyché house au groove sale " Rock star "), de King Crimson circa " Islands " (la ballade atmosphérique et légèrement cuivrée " Weathered "), de Wire (le heavy garage boogie " Gravity explodes "), de la " Dark Side Of The Moon " du Floyd (pour le post rock de 12' " Psychobabble "), d'Archive ( le mystérieux, ténébreux, intense, électrique, hyper mélodique et surtout le meilleur morceau de l'opus " Streamlined pink guitar ") et de Motorpsycho (le complexe, métallique et énigmatique " Drive ", l'insolite " Staccato II ", fréquenté de claviers fluides, d'une flûte jazzyfiante et de percus) exercent leur emprise. Insolite, aventureux et légèrement cuivré, " Mutant girl " réussit la fusion entre la lo fi, la lounge et le métal, un peu comme si Cake et Pavement avait décidé de faire un bœuf en compagnie de James Hetfield ; alors que la cover très réussie du " Fuzzy " de Grant Lee Buffalo met la noisy à la sauce technologique (avec boîtes à rythmes, samples et tutti quanti). Suffirait que le groupe digère toutes ses influences pour passer en division supérieure. C'est tout le mal qu'on lui souhaite !

Mick Harvey

Australian rules

Écrit par

Ceci n'est pas un nouvel album solo de Mick Harvey, mais la bande originale du film "Australian rules", réalisé par Paul Goldman. Une B.O. écrite par Mick, sur laquelle il joue essentiellement de la guitare de la batterie. Dans le domaine, il s'agit déjà de sa septième expérience. Pour cet enregistrement, il a notamment reçu le concours du joueur de lap steel Matt Walker, d'un violoncelliste et de deux violonistes. Hormis " What I done to her ", cette bande sonore est essentiellement instrumentale. Une œuvre découpée en 23 fragments pas très faciles à aborder. En fait, la musique manifeste une telle tension dramatique, que sans son support visuel, elle en devient impénétrable. Pour public averti seulement !

Maximilian Hecker

Rose

Écrit par

Auteur d'un excellent premier elpee en 2002 (" Infinite love songs "), ce Berlinois était en passe de rejoindre, au firmament de la pop acoustique, des songwriters comme Tom McRae et Ed Harcourt. A l'issue de la première écoute de ce " Rose ", j'étais persuadé que Maximilian y était parvenu. Malheureusement, au plus je le joue sur mon lecteur, au plus je le trouve déprimant. Déprimant dans le fond, on peut le comprendre, si c'est la volonté de l'artiste. Mais déprimant dans la forme, c'est un peu lourd à digérer. On a même parfois l'impression qu'il confond mélancolie et pleurnicherie. Pourtant, la production de Gareth Jones (Depeche Mode, Einstürzenden Neubauten, Moby, Goldfrapp, etc.) est impeccable. Et les arrangements magistraux. C'est sans doute la raison pour laquelle cet opus a reçu une bonne critique de la plupart des médias. Mais, à leur décharge, ils n'ont probablement écouté ce " Rose " qu'une seule fois. Rares sont même ceux qui ont osé parler de l'indigence pathétique des lyrics. Même Marc Aryan aurait fait mieux. C'est dire…

Kristin Hersh

The grotto

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Curieux ! Alors que les Throwing Muses viennent de célébrer leur reformation en commettant un superbe elpee éponyme, Kristin Hersh sort au même moment un nouvel album solo. Un disque dans la veine de " Hips & makers " ou encore de " Strange angels ". C'est à dire dépouillé, minimaliste, mélancolique et ténébreux. Tout au long des 10 fragments de cet opus, elle accompagne sa voix si caractéristique, à la fois gémissante et fragile, d'une six cordes acoustiques. Mais elle a eu le bon goût d'inviter Howe Gelb (Giant Sand) au piano, et Andrew Bird (Bowl of Fire, Squirrel Nut Zippers) au violoncelle, pour tapisser ses mélodies de nuances. Ce qui rend les chansons beaucoup moins austères. D'ailleurs Howe et Andrew parviennent régulièrement à mettre des accents jazzyfiants sur les ballades trempées dans le folk de la Georgienne. Avec beaucoup de subtilité, il faut reconnaître. Et tout au long d'" Arnica Montana ", ils sont manifestement allègres. Dommage, d'ailleurs, que les invités ne se libèrent pas un peu plus souvent. " The grotto " n'aurait pas été de bonne facture, mais de très bonne facture…

 

Hillbilly Voodoo Dolls

Rhythm disease

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"Rhythm disease" constitue le deuxième album (NDR : il était très attendu !) de ce groupe issu de Minneapolis/St Paul. Une formation qui ne cache pas son penchant pour le rockabilly et les différents courants louisianais. Pas étonnant que les Hillbilly Voodoo Dolls définissent leur musique comme un assemblage de rockabilly, de blues, de R&B, de rock'n'roll et de zydeco. Bien que posant à quatre sur la photo de la pochette, les Dolls sont toujours au nombre de cinq : Paul Bergen à la guitare et au chant, Andy Dee (encore que l'on ne sache pas trop s'il appartient au line up !) à la guitare, à la slide, au dobro et à la lap steel, Paul Manske (ex-Boogiemen) à la basse et au chant, Tom Coursolle aux claviers et au chant, ainsi que Tony Kamana aux drums. Andy et Paul Bergen se réservent la mise en forme, Dee, Manske et Bergen, les compositions. "Hubba Hubba", leur premier album était paru sur le label local, Blue Loon.

L'album s'ouvre par "Red hot boogie", un boogie bien léché et très chaud. Plus southern pop, "Jivin' me" me fait un peu penser à un hit des sixties intitulé "She's about a mover". Il avait été écrit par Sir Douglas Quintet (de Doug Sahm). A cause de cette sonorité très spécifique de l'orgue. Les vocalistes sont excellents. La voix de Manske est autoritaire, puissante, déterminante même. En particulier sur l'excellent R&B lent "Bad luck streak". Pops Coursolle est au piano électrique. Andy Dee à la slide réverbérée. Très dense dans le son, très soigné au niveau de la production, "Sometimes you don't know me at all" est encore une fois un rock pop aux accents sudistes. J'adore "Woman trouble". Un rock immédiat : celui de l'urgence ; l'appel au 911! Les sonorités des deux guitares jouées par Bergen et Dee sont totalement réverbérées. Le chant reste excellent. Une incontestable réussite ! Le son des Dolls se rapproche régulièrement de Memphis. A l'instar de "She don't want you" qui baigne dans les sonorités de l'orgue Hammond. La voix nasillarde de Paul Bergen est proche de celle de Tom Petty ; et le style n'est d'ailleurs pas éloigné de celui des Heartbreakers. Manske se fait adepte du son Stax, dans sa manière de chanter, tout au long de "The last thing on my mind". La slide, ou plus exactement la lapsteel, donne l'accent à la mélodie de cette superbe ballade lente qui invite à se frotter. "Lights out" marque un changement de ton. Il s'ouvre par le beat de Bo Diddley avant de se fondre dans un rock'n'roll/boogie furieux. A en attraper des fourmis dans les jambes. Coursolle s'y prend même pour Little Richard. Le pianiste tient la grand forme. Lors de la reprise du "No more doggin" de Roscoe Gordon, il adopte le style louisianais de La Nouvelle Orléans. Le chant est "téléphoné". La guitare de Bergen trempe dans le style bluesy adopté. Evoluant quelque part quelque part entre swamp rock et texmex, "Hurricane rag" est une nouvelle perle pop. Les Dolls respirent la joie de vivre et de jouer sur cet axe Mexico - Baton Rouge. L'orgue Farfisa flirte avec le dobro. "West Memphis Three" renoue avec la superbe atmosphère de "Bad luck streak". Le style est paradoxalement dépouillé mais musicalement très riche. L'album s'achève par un pseudo rap hilarant, qui démontre toute la bonne humeur manifestée par les musiciens tout au long des sessions d'enregistrement. Un tout bon album!

 

Dave Hole

The Live one

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Expatrié depuis belle lurette en Australie, cet Anglais est un joueur de slide de réputation mondiale. Notamment pour son approche sauvage de son instrument. En tenant compte de la compilation "Whole lotta blues", " The live one " constitue son neuvième album distribué chez nous par Provogue ; et le septième paru USA chez Alligator. C'est d'ailleurs Bruce Iglauer, le boss d'Alligator, qui signe ici la production.

Nous sommes le 26 juillet 2002, dans un des temples réputés du blues à Chicago : le Buddy Guy's Legends. A l'affiche, figure le Dave Hole Band. Une occasion rêvée pour immortaliser l'événement 'live'. Et qu'il réitère le lendemain, lors de son set accordé au 'Chord on Blues' à St-Charles (NDR : dans l'Illinois). Une maquette qu'il complètera par quelques enregistrements opérés quelques mois plus tôt chez lui à Perth, en Australie.

Onze plages dont quatre reproduites sur "Short fuse blues", un elpee commis en 1991, partagent ce disque. Un concert de Dave Hole démarre sur les chapeaux de roues. Ceux qui ont déjà pu y assister peuvent en témoigner. "Jenny Lee" laisse échapper des chapelets de notes tellement électriques et métalliques qu'ils vous transpercent. Après vous avoir pénétré profondément, cette slide vous achève... L'atmosphère se détend quelque peu sur "Demolition man". Constituée de Roy Daniel à la basse et de J. Mattes aux drums, la section rythmique assure. Sur ce tempo plus décontracté, la slide prend ici toute sa dimension. Dave laisse échapper des notes d'une fluidité qu'on ne lui connaît guère. L'ambiance est très blues. Dave aborde "Short fuse blues", un blues lent au cours duquel il vocifère. A chaque verset, la réponse de la slide est cinglante. Elle fuse et lacère tout sur son passage. Dans la lignée du Chicago blues urbain, "Keep your motor running" est un blues rock bien emballé. "Every girl I see" retourne au sein du territoire musical de Hole. La slide démoniaque, en folie, se consume dans la chaleur brûlante de l'enfer. Il aime Hendrix et il le démontre sur cette plage. Il reprend d'ailleurs ici le célébrissime "Purple Haze", en hommage au dieu disparu. Dave souffle quelques instants, le temps d'interpréter l'instrumental délicat "Berwick road". Blues lent, comme aurait pu le composer Elmore James, "Up all night thinking" est un sommet de l'album. Toute la panoplie d'éléments dramatiques ne demande qu'à défiler! Salut amical à la cité du blues, "Take me to Chicago" est un remake "holien" du "Sweet home Chicago" ; un fragment pour lequel son claviériste Bob Patient siège au piano. Extrait du dernier album, "Outside looking, "How long?" est un autre slow blues de braise, abordé dans l'esprit d'"Up all night thinking". Encore qu'on y décèle davantage d'intensité dans la sonorité de la slide. "Bullfrog blues" achève cet opus. Un fragment de plus de 12', dont les quatre premières minutes souffrent d'un maximum d'auto complaisance, avant d'exploser dans un boogie infernal. Quelle santé!

Hoodoomen

On stage – The house of live

Écrit par

Les Hoodoomen sont issus de la Normandie. De la région de Caen, très exactement. Fondé en 1996, le line up impliquait à l'époque Pascal Fouquet à la guitare, Thierry Hau à l'harmonica, et pour section rythmique, une histoire de famille partagée entre Bernard et Francis Marie, respectivement bassiste et drummer. Il y a trois ans, Thierry a cependant été remplacé par le chanteur/harmoniciste Philippe Brière. En 2002, la formation a remporté le Tremplin Blues-sur-Seine, un concours qui cerne bien les valeurs du blues français. Son premier elpee, "Blues", est paru en 2000. Le second , "Keep on dreamin'", deux ans plus tard. Février dernier, les Hoodoomen ont enregistré leur set au House of Live de Paris. Un événement immortalisé sur ce nouvel elpee sous-titré "House of Live presents from the West Coast the Hoodoomen on stage". Il faut dire que la formation a forgé sa réputation sur les planches, et il est intelligent de leur part de ne pas avoir attendu plus longtemps pour commettre ce disque 'live'. Pour la circonstance, ils ont reçu le concours de Fabien Saussaye, au piano.

La formation appose immédiatement sa signature sur "Hoodoomen theme", en présentant les solistes. Instantanément, cette ouverture sent bon la West Coast et met en exergue, tour à tour l'harmonica, l'orgue et la guitare. Maintenant, je comprends mieux pourquoi ce band alimente le haut du panier hexagonal. Sa musicalité n'est jamais prise en défaut, et puis la cette section rythmique libère un de ces grooves! Le swing et le jump s'entremêlent tout au long de "Shake it", une plage signée par l'harmoniciste californien Johnny Dyer. Le jeu aux six cordes de Pascal Fouquet semble camper un compromis entre l'école de la West Coast et celle du Texas (Albert Collins, T-Bone). Pour interpréter le "Yeah, yeah, yeah" de Joe Liggins, l'ensemble prend la direction de la Nouvelle Orléans. Nous sommes plongés dans le zydeco. L'invité Philippe Sauret est au frottoir. Fabien joue du piano qui roule. Francis impressionne aux percussions. Tout semble si facile! Balayé par le cri du coyote de Philippe, leur "Like a coyote" est un solide shuffle comme on peut les produire à Austin ou Dallas. Pascal y joue au feeling comme un Anson Funderburgh des bons jours. Philippe n'est pas en reste. Il souffle comme un possédé. Il a parfaitement assimilé le jeu des grands. Les Hoodoomen enfilent avec talent plusieurs classiques. Tout d'abord le blues lent de T-Bone Walker, "Stormy Monday". L'accompagnement de Fabien au piano est brillant. La partie de guitare exacerbe tous nos sens. "Further on up the road", ensuite. Une compo très jump, soutenue brillamment par un harmo à la Piazza. "Just your fool" de Little Walter, également. "You don't have to go" de Jimmy Reed, encore. L'inspiration made in Chicago est omniprésente. Et même "My girl Josephine" de Fats Domino, qui transpire cette bonne humeur débordante de la Nouvelle Orléans. "Little bitty pretty one" est un exercice de style pour le talentueux Philippe Brière à l'harmonica. "But nothin' else" nous emmène en Louisiane, du côté des swamps, adressant au passage un clin d'œil à Guitar Slim. Tout au long du solide boogie "Quarantine", Pascal passe en revue ses goûts en matière de cordes, un instrumental au cours duquel Fabien se trémousse aux ivoires. Cet excellent album 'live' brille par la qualité de ses compositions, et démontre que cette formation possède un registre particulièrement ample.

Tommy Hools

All Soul´s Night

Après quelques maxis et un premier album sympathiques (" Popular Frequencies "), le duo parigo Tommy Hools nous revient fatigué, l'inspiration en berne. Attention : " All Soul's Night " n'est pas totalement mauvais… Du moins tant que Druel et Bidoli ne s'essaient pas au reggae (le mou " No Time to Kill ") et à l'électro big beat (" Something Has to Come " et ses synthés navrants). En résumé, c'est quand Tommy Hools fait de la pop qu'il emporte notre adhésion (" You Torture Me ", " You and Me ", très New Order). Et lorsqu'ils invitent Hawksley Workman (" Airports "), on s'étonne même de la retenue du Canadien, généralement abonné aux pitreries glam-rock. Sur " Lovin'Arms ", le fils de Stephen Stills pousse lui aussi la chansonnette, pour un résultat northern soul que n'aurait pas renié Paul Weller et ses Style Council… Dommage que pour le reste, ce disque soit du bidon (le niais " Tout Seul ") : quand on offre trop à boire et à manger (ce manque de cohérence), mieux vaut prévoir des sacs en plastique.

Hot Hot Heat

Make up the breakdown

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Curieux parcours pour cette formation canadienne, de Vancouver très exactement, puisqu’il a fallu le départ du chanteur, Mathew Marnik, pour la voir décrocher un hit : “Bandages”. Une chanson que vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter sur l’une ou l’autre station radiophonique. Et il faut l’avouer, le passage du claviériste Steve Bays aux vocaux est du pain béni pour le band. Parce que son timbre oscille dans le falsetto comme s’il était monté sur un trampoline. « Make up the breakdown » constitue leur dernier opus. Un disque qui date de la fin 2002, mais qui vient de sortir officiellement en Europe. Mais venons-en au vif du sujet. Découpé en dix titres, ce disque est sculpté dans une forme de pop/punk/new wave à la fois énergique, mélodique, sautillante, festive et rafraîchissante. Imaginez le Blur de l’époque « Girls and Boys » ou Supergrass circa « I should Coco » adaptant du Cure, de l’XTC ou de l’Elvis Costello & the Attractions. L’idée est un peu revivaliste, mais elle n’est pas trop mal ficelée. Un seul regret : que parfois leurs mélodies s’égarent dans un pseudo prog. La complexité ne sied pas tellement à Hot Hot Heat. Je les préfère contagieux et hymniques. Sous cette forme, ils deviennent alors irrésistibles. Je suis quand même curieux de voir le résultat de leurs élucubrations sonores sur les planches…

 

Terry Hall

The Hour of Two Lights

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Petite présentation d'abord : Terry Hall est un chanteur qui a connu la gloire avec les Specials, au début des années 80. Il s'est ensuite embrassé divers projets solos et collaborations (dont la plus connue est celle menée en compagnie de Tricky sur le disque " Nearly God "). Mushtaq est un ancien membre du très politique Fun-Da-Mental. Pour ceux qui s'en souviennent encore, ces précurseurs de la vague asian injectaient des sons indiens ou pakistanais dans de l'électro survitaminée. Les deux compères ont rassemblé sur cette galette une vingtaine de musiciens venus des horizons les plus divers : Israël, Roumanie, Turquie, Tunisie et la Grande Bretagne (dont l'invité de marque Damon Albarn sur " Ten Eleven "). Des gens de cultures et religions différentes unis pour lancer un message d'amour et de paix. Un message destiné aux hommes de bonne volonté qui peuplent notre monde post 11 septembre. Concrètement, le disque constitue un collage musical souvent teinté d'électronique où les prestations musicales sont triturées, manipulées et mélangées les unes aux autres pour aboutir à un tout indéfinissable. D'ailleurs bien malin sera celui qui pourra dire avec certitude à quel style de musique appartient tel ou tel morceau. En somme, le concept de musique du monde poussé dans ses retranchements. A l'arrivée, même si le disque recèle de bons moments (le rap de " Ten Eleven ", la belle envolée instrumentale de la plage titre), l'ensemble n'est pas toujours convaincant. Et en particulier lorsque l'électronique est trop présente et qu'elle enlève tout naturel aux prestations des musiciens d'exception impliqués dans ce projet. Un projet qui reste malgré tout intéressant et mérite une écoute de la part des oreilles curieuses.

John Hammond

Ready for love

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Agé de 60 balais, John Hammond est un des plus anciens bluesmen blancs sur la route. Il est né à New York City en 1942. A 20 ans, il vivait à Greenwich Village. Il avait d'ailleurs participé au Folk Revival de l'époque et bien entendu à la renaissance du blues. Celle qui date des années 60.

Cet elpee s'ouvre par "Slick crown", une composition de John. Un fait à souligner, car il compose très peu. Ce qui est regrettable, car inspiré sans surprise par le regretté John Lee Hooker, ce léger boogie est vraiment croustillant. Tout est bien en place. Les deux guitares : celles de John et de Frank Carillo. Augie Meyers siège derrière le piano électrique. David Hidalgo (chanteur/guitariste/accordéoniste chez Lobos) a composé deux titres pour l'ami John : "No chance" et "I brought the rain". "No chance" est un blues délicatement rythmé à l'instrumentation très riche. Les guitares de Carillo et d'Hidalgo lui donnent de l'épaisseur. John se réserve l'harmonica. En bon texan du sud, Augie Meyers a sorti son accordéon. L'ambiance générale est très relax, laidback même, jusque dans la voix nonchalante. Pour "I brought the rain", les percussions de Hodges sont à l'avant-plan. L'orgue de Meyers intervient timidement dans le décor sonore. Très roots, très 'americana', "Easy loving" est particulièrement accrocheur. Une composition signée Freddie Hart, qui met en évidence l'accordéon et le violon de Soozie Tyrell. "Gin soaked boy" met un soupçon de rock dans le blues. En outre, les trois guitares sont en verve. Composée par Tom Waits (NDR : et cela s'entend !), cette chanson sied comme un gant à l'ami Hammond. Souvenez-vous de "Wicked grin", le dernier album de John ; il était presque exclusivement consacré aux chansons de Waits. Qui avait, sans surprise, assumé la production. John interprète aussi "Low side of the road", partie intégrante de l'univers glauque de Waits. Le jeu est minimaliste. La mise en scène chère à Hidalgo. Il ne faut pas oublier qu'il est aussi impliqué chez les Latin Playboys ! "Spider and the fly" est une des plus belles réussites de cet elpee. Composée dans les années 60 par Mick Jagger et Keith Richard, cette plage figurait autrefois au répertoire des Rolling Stones. Un très bon blues, paresseux, sans doute inspiré par Jimmy Reed. L'harmo flotte dans les aigus. Les guitares et le piano impriment une rythmique soutenue. "Can't remember to forget" constitue un de mes moments favoris. Un morceau écrit par Jerry Portnoy, un des rares musiciens blancs à avoir sévi au sein du Muddy Waters Band. Ce fragment s'inspire des marais de la Louisiane et emprunte au style de Guitar Slim. Hanté par le violon de Soozie, "Color of the blues" n'a strictement rien à voir avec le blues. Nonobstant son titre, cette cover de George Jones relève de la musique country pure. L'interprétation du "Same thing" de Willie Dixon est très dépouillée. Le climat lugubre, volontiers dramatique. La guitare (NDR : celle de John?), colle parfaitement à ce contexte. Une légère touche exotique teinte l'univers sonore de "Comes love", que John interprète de manière si personnelle. Il se fait enfin plaisir lors de la reprise du "Money honey" de Jessie Stone, une cover qui date de 1958 ; c'est à dire des années glorieuses du rock'n'roll. Lorsque John est sur la route, il prend le soin de s'entourer de musiciens talentueux. Ceux du Wicked Grin Band ne dérogent pas à la règle. En l'occurrence Meyers, Carillo et la section rythmique qui réunit Stephen Hodges aux drums et Marty Ballou à la basse. Si mes calculs sont exacts, " Ready for love " constitue le 29ème opus de John. Un disque qui s'achève par une partie de bluegrass. Intitulée "Just one more", elle met en exergue mandoline et violon. Par souci d'originalité, chaque album de Hammond bénéficie du concours de producteurs très différents, entraînant ainsi une relecture permanente de sa musique. A cet égard, le choix de JJ Cale pour "Trouble no more" (93), Duke Robillard pour "Found true love" (98), Tom Waits hier et David Hidalgo aujourd'hui, en sont des exemples particulièrement éloquents.