Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Neil Young

Are you passionate ?

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Il y a quelques années, Neil Young avait accompli une tournée mondiale en compagnie de Booker T & The MG'S. Une expérience qu'il avait cependant abandonnée au beau milieu de son périple européen, estimant que la collaboration n'avait pas eu le résultat escompté. Faut croire que ce semi-échec lui est resté en travers de la gorge, puisque pour enregistrer son nouvel opus, il est allé rechercher deux musiciens de cette formation mythique : le claviériste Booker T. Jones et le bassiste Donald ‘Duck’ Dunn. Deux autres invités ont également participé à la confection de ce disque : Frank Sampedro, le guitariste de Crazy horse, et Steve ‘Smokey’ Potts, un drummer qui a côtoyé autrefois des artistes tels que Otis Redding ou Wilson Picket. Résultat des courses, " Are you passionate ? " trempe dans le Ryhtm'n blues. La Memphis soul ou encore la ‘Motown soul’, si vous préférez. L'orgue gargouillant, rogné de Booker T. Jones en donne la coloration, alors que l'assise rythmique est imposée par Dunn. Certaines ballades glissent cependant dangereusement dans le slow crapuleux, la guitare de Neil se mettant alors à sonner comme celle de Carlos Santana. A l'instar de " You're my girl " ou de " Differently ". Je dois néanmoins avouer que dans ce style, Neil ne me botte pas trop. On a ainsi parfois le sentiment qu'il y confond passion et sentimentalisme ; son timbre gémissant accentuant cette impression. Heureusement, lorsque le groove s'agite et palpite avec authenticité, le mélange devient presque magique. Comme lors du final, " She's a healer ", ponctué par l'intervention d'un trompettiste. L'elpee recèle également un hommage aux victimes du 11 septembre (" Let's roll "), et puis un fragment sculpté dans l'intensité électrique crazyhorsienne, et imprimé sur le rythme de la danse du scalp : " Going home ". Le seul ! 8'47 de bonheur total ! " Are you passionate ? ". Pour ce seul fragment, c'est sûr. Pour le reste, c'est un peu plus mitigé. Mais il faut croire que les aficionados de Booker T doivent penser exactement le contraire…

 

X Three

X Three

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Les 3 X belges sont tout sauf des inconnus. Cette formule consacre, en fait, la réunion du plus connu des bluesmen francophones avec la meilleure section rythmique qui puisse exister, côté néerlandophone. Fred Lani est le fer de lance de Fred and the Healers. Son chanteur/guitariste qui reconnaît habituellement pour influences majeures Stevie Ray Vaughan, Rory Gallagher et consorts. Willy Maze et R.C Stock ont sévi au sein des meilleures formations belges du style ; et en particulier Electric Kings et Last Call.

"Evening" est une ouverture funky. Lani est très différent du musicien que nous connaissons. Son style très libre, dégagé, persuasif, disserte ici entre jazz et rock! Fred a écrit "If you were a queen". Une compo qui démarre tout en douceur en réverbérant des échos du Delta, jusqu'au moment précis où un riff électrique implacable nous étreint pour ne plus nous libérer, pendant que les percussions de Willy et la basse de R.C assurent à l'unisson derrière. Ou plus exactement aux côtés des cordes. Je l'ai écrit autrefois, j'ai toujours été contrarié par la cohésion de la section rythmique chez les Healers. Ici, rien à voir avec leur blues rock populaire. Aussi, pas besoin de soulever une semblable remarque. La guitare épouse une sonorité électrique fort métallique. Les riffs sont réverbérés très à l'avant. Le son est très personnel. Le chant reste en retrait et ne menace à aucun moment de crever l'écran. Bien que l'ombre d'Otis Rush y plane quelque peu, "No more sweet potatoes" de Willie Dixon semble davantage venir du pays des voodoos que de Chicago. L'instrumentation est minimaliste. Fred joue avec force et parcimonie. Le sens mélodique est très présent. Une formule qui lui va comme un gant, mais s'avère très différente du style qu'il pratique habituellement. Cette trame permet un développement musical. Le trio en profite, usant de cette atmosphère pesante autant que menaçante pour dépasser les 9 minutes. "That's all right Mama" d'Arthur Big Boy Crudup galope sur un mode country blues. Un fragment enrichi de fantaisies percussives exécutées par Willy Maze et caractérisé par une insolente sortie jazzy de Lani. Le son déjà écorché jusqu'alors devient encore plus sale, et prend l'allure d'un boogie infectieux sur la cover de "Dirty dozen" du pianiste Speckled Red. Les cordes semblent désaccordées mais ce n'est qu'une illusion! La révolution sonore de Fat Possum a indubitablement atteint notre vieux continent. C'est incontestable à l'écoute de cet album. Mais il est heureux d'avoir laissé Fred distiller toutes ces notes inspirées sur une plage telle que "Ain't that loving you baby" de Jimmy Reed. Il est très agréable d'entendre la joie de chanter les trois comparses, à l'unisson, sur le curieux "Police dog blues" de Blind Blake! Le son de la slide dispensé tout au long d'"I can't be satisfied" est très perçant. Cet instrument dirige même ici la manœuvre. Dommage que le chant soit si étouffé. Le même constat se répète pour "One dime blues" de Blind Lemon Jefferson. La guitare, les percussions et les autres bruitages supplantent avec aisance le vocal fragilisé. Certaines rumeurs laissent sous-entendre que l'expérience de X3 n'était que temporaire. Pourtant, elle est digne d'intérêt et mériterait une prolongation, afin de permettre à ce trio d'atteindre une cohésion, qui ajoutée à leur spontanéité naturelle, devrait aboutir à une nouvelle identité qui sorte de l'ordinaire. Et on en est convaincu à l'écoute d'"I was 17". Le titre que je trouve le plus équilibré et plus que probablement le ferment d'un futur utile pour la cause de notre blues national. La slide dispensée en finale de "County jail blues" corrobore ce point de vue.

 

Tom Waits

Alice

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Les compositions de cet opus remontent déjà à plus de dix ans. Elles avaient été écrites par Tom Waits et son épouse Kathleen Brennan pour un opéra avant-gardiste. Mis en scène par Bob Wilson, il avait été joué au théâtre Thalia, à Hambourg, au cours de l'hiver 1992. " Alice " est bien sûr inspiré du célèbre conte " Alice au pays des merveilles " de Lewis Caroll. Mais Tom en a réalisé une vision très personnelle. Mélancolique, désabusée, lugubre, dramatique, tragique même ; sans pour autant gommer la magie et le fantastique. Un disque beaucoup plus calme que " Blood money ", paru en même temps, laissant une plus grande place au piano, aux instruments et à la voix. Et quelle voix, capable de se faire tour à tour grave et ravagée, soyeuse et exaltée, ou encore âpre et étranglée. Sur " Table top Joe ", il se prend même pour Dr John imitant Louis Armstrong, alors que tout au long de " Kommienezuspadt ", il multiplie les clins d'œil à Paolo Conte. Plus curieux encore, son timbre épouse celui de Shane Mc Gowan chez les plages les plus intimistes et les plus bouleversantes. Malgré le recours à son style immuable mélange de blues, de jazz, de cabaret, de rock, de country et parfois même de classique, Waits se montre tout au long des 15 fragments de cet opus, sous un visage différent. Plus mélodique, empreint de romantisme crépusculaire et de sensualité alcoolisée. Un romantisme sur lequel souffle un vent d'est sur les ballades 'brechtienne' " Reeperbahn " et " Poor Edward " ; ainsi que de folie chez le totalement décalé " We're all mad here "…

 

Tom Waits

Blood money

Écrit par

C'est après avoir assisté à une représentation de 'Woyceck', que Tom Waits a décidé d'écrire les chansons de cet album. Une pièce écrite par Büchner en 1837 qui narre l'histoire d'un soldat qui perd la raison après avoir subi des expériences douloureuses. Psychologique, tout d'abord, lorsqu'il apprend que sa femme le trompe. Médicale, ensuite. En devenant le cobaye de la grande muette… Un disque qui s'inscrit davantage dans la lignée de " Swordfishtrombones ". Il nous entraîne au sein d'un univers étrange, rural, où il fait toujours nuit. Un univers peuplé de personnages énigmatiques, au sein duquel tous les villages accueillent soit une fête foraine diabolique, soit un cirque infernal. David Lynch aurait ici de quoi mettre en scène un thriller, dont il a le secret. Peu ou pratiquement pas de guitare. Mais des cuivres, un violon et des percussions insolites. Une trame instrumentale obsessionnelle, torturée, sinistre sur laquelle Tom, de sa voix de crooner éraillée, raconte des lyrics à la fois drôles, poétiques et dramatiques. Dans son style, Waits fait encore ici preuve d'un bel éclectisme. A l'instar du tango primitif et brutal " Misery's the river of the world ". De la polka " God's away on business ". Et puis de " Knife chase ", une incursion dans le jazz moderne, qui n'est pas sans rappeler Soft Machine…

 

Joe Louis Walker & Otis Grand

Guitar Brothers

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Originaire de San Francisco, Joe Louis Walker est aujourd'hui âgé de 52 ans. Il vient de terminer un contrat de six albums en 7 ans, pour le label Verve. Il connaît Otis Grand depuis belle lurette. Il a d'ailleurs produit personnellement deux de ses albums. Et cette rencontre entre deux merveilleux guitaristes ne peut laisser indifférent.

Dès les premières mesures du slow blues savoureux "Snake Bit", la voix chaude et puissante de Walker envahit l'espace sonore. Sa lap steel Rickenbacker rugit dans des crescendos vivaces, pendant qu'Otis assure le rythme. Les deux musiciens affrontent le R&B West Coast tout au long d'"Imitation ice cream blues" et d'"I'm getting drunk" de Johnny Guitar Watson. Leurs cordes s'y libèrent dans ce style jump. La reprise d'une composition de Danny Kirwan est assez surprenante, mais bien réussie. Elle me rappelle le rock pratiqué par le Fleetwood Mac à la fin des 60s. Les échanges pratiqués alors par Kirwan et Peter Green sont ici partagés entre Joe Louis et Otis. Une adaptation sans étincelle, mais rondement menée. Composé par Otis, "Better off alone" est un merveilleux blues lent. Les deux guitaristes rivalisent d'adresse, mais la dose d'émotion libérée par de tels magiciens des cordes est phénoménale. L'opus épingle trois plages instrumentales, dont un "Friends" signé BB King. Une occasion idéale pour permettre à Joe de faire de la corde raide sur "Bliss street blues". Cette compo imprimée sur un tempo lent et rehaussée par la présence de George Bisharat à l'harmo, met Otis à l'honneur. Presque rock'n'roll, "Rude women" est un blues rythmé, drivé par le piano très boogie de Chris Burns et traversé par le sax de Cash Farrar qui hurle dans le décor. "Regal blues" est délivré dans le plus pur concept de BB King. L'interprétation est très passionnée et fougueuse. Cet album de bonne facture s'achève par le rapide "I'm gonna love you". Une cover de Jimmy Reed caractérisée par l'harmonica qui monte bien dans les aigus, le piano, et bien entendu les deux guitares...

 

The Washdown

The Washdown (Ep)

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Le doute n'est plus permis. Après avoir écouté le second titre de cet ep, mon opinion était sans appel : non, The Washdown ne sera pas de sitôt le nouveau Fugazi. Motif : le chant qui parcourt ce rock faussement punk est trop poppy. Par contre, le timing des morceaux est un gros avantage. Ayant remarqué qu'il n'y avait pas grand chose à rajouter au genre, The Washdown a préféré ne pas faire durer interminablement les choses. Je pensais disposer de suffisamment de temps pour rédiger la chronique de cet Ep. Raté, la formation l'a bouclée avant moi.

 

Wauvenfold

3Fold… A compilation of three ep’s

Comme leurs lointains ancêtres, les Pierre Schaeffer et consorts, les électroniciens les plus aventureux d'aujourd'hui malaxent le son jusqu'à l'abstraction, le coupant de sa source pour le rendre méconnaissable, plus proche de la pureté. Wauvenfold compose ainsi en puisant sa matière sonore dans notre quotidien : du claquement de portière au bruit grésillant du flash photo, le duo anglais (Noel Murphy et Tom Hill) s'amuse à détourner les objets en instruments de musique - une musique " acousmatique ", qui ment sur ses origines mais s'ancre pourtant dans le boucan de notre cuisine ou de notre bureau. En samplant le bruit d'une caisse enregistreuse pour en faire l'armature rythmique de " Clip ", Wauvenfold rappelle ainsi la démarche d'Herbert et surtout d'Autechre (période " Tri Repetae ") ; bref ce qui se fait de meilleur en electronica la plus pointue. Parfois, l'expérimentation cède la place à davantage de mélodie (" Selenium Pulse ", " Residual "), et l'on pense alors à Plaid, voire à Boards of Canada, tous ces sorciers du laptop qui mélangent chaos bruitiste, vagues bucoliques et comptines enfantines. L'électro de Wauvenfold n'a pourtant pas à rougir des bleeps de chez Warp ou Rephlex : elle possède sa propre personnalité. Cette compilation de 3 ep's augure donc du meilleur pour ce duo encore au début de sa carrière, qu'on espère, à en juger par la qualité de ces 12 titres, longue et fructueuse.

 

Kenny ‘Blues Boy’ Wayne

88th & Jump street

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Kenneth Wayne Spruell est issu du Nord Ouest américain. De Spokane, dans l'Etat de Washington, pour ne rien vous cacher. Son enfance, il l'a cependant passée à San Francisco. Aujourd'hui, il vit au Canada. A Vancouver. Inspiré par Amos Milburn et Fats Domino, il s'est forgé une formidable réputation de pianiste.

Au pays du piano et des ses 88 touches, il n'est guère étonnant qu'un album débute par un boogie. Et ce boogie s'intitule "My Nadine". Une composition abordée dans un esprit très rock'n'roll. Kenny chante d'une voix naturellement puissante. Dès la première occasion, le piano s'envole et accomplit des exercices de haut vol, pendant que Jeff Healey sort un joli solo tout en retenue. Atteint de cécité, ce prestigieux invité canadien est loin d'être un manchot à la six cordes. Lustré par les chœurs féminins conjugués par Karen Krystal et Pamela Patmon, "River of no return" nous entraîne dans des sentiers proches de la Nouvelle Orléans. "Laughing stock" est un blues lent classique au cours duquel Mel Brown s'acquitte d'une partie de guitare très orthodoxe. Particulièrement solide, la section rythmique implique Bob Stroger à la basse, et Willie "Big Eyes" Smith aux drums, deux solides représentants du Chicago blues. "My new gal" hausse le rythme. David "Hurricane" Hoerl apparaît à l'harmonica. A l'instar des grands pianistes de New Orleans, Kenny est un spécialiste du piano qui roule (rolling). Il le démontre tout au long de "Going down south" et sur l'excellent "Don't knock on my door", enrichi par ailleurs de cuivres. Trombone, saxes et Chris Whiteley à la trompette. Héritée de ses parents originaires de la Louisiane, cette sensibilité néo-orléanaise est également marquée tout au long des ballades "With these hands" et "Where did my baby go?". Deux fragments assez proches de ce que pouvait accomplir Fats Domino. Sur cette excellente dernière plage, Mel Brown, Stroger et Smith sont à nouveau au poste. Instrumental boogie, le titre maître consacre des échanges entre le piano du Blues Boss et l'harmonica. "Smokin' boogie" est un autre instrumental au cours duquel le piano, pour la circonstance, tient compagnie à la seule guitare de Jeff Healey. De l'excellent travail ! L'album se referme par un superbe blues interprété en duo. Un titre judicieusement intitulé "We love the blues". Jeff Healey est bien présent pour partager la sensibilité exacerbée de son blues, en ne distillant de ses cordes que les seules notes nécessaires. La voix de Wayne est taillée sur mesure pour exécuter ce style. Un tout bon album !

 

Weaselface

Aces only

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Pas radin pour un sou, ce groupe suédois a bourré ce cd de tout pour ce que les fans de hard/punk/rock, qui doivent bien errer quelque part sur notre belle planète bleue, rêvent un jour de trouver. Les autres repasseront. Cet opus épingle quelques reprises : Motorhead (tiens donc), Joey Ramone (tiens, tiens) ou encore de Mel C. (tiens, tiens donc) ; un clip vidéo et des titres empruntés, ici et là, au cours des dernières années. Les intéressés de ce genre de rock devraient y retrouver leurs chats, et déjà saliver aux bières qu'ils pourront ingurgiter et aux courbatures qu'ils seront susceptibles de s'occasionner, lors du prochain passage près de chez eux. Les petits veinards !

 

Weezer

Maladroit

Écrit par

Mikey Welsh n'aura donc pas longtemps remplacé Matt Sharp, puisqu'il vient de céder sa basse à un certain Scott Shiner. Ce qui ne change pas grand chose à l'orientation musicale du groupe, puisque Rivers Cuomo en assure toujours le leadership. Sur ce quatrième elpee, il s'est d'ailleurs réservé l'écriture de toutes les chansons ainsi que la production. Ce qui a changé chez " Maladroit ", ce sont les sonorités des guitares. Enfin, sur la plupart des compositions. Elles sont plus musclées, plus décapantes, plus métalliques. Mais un métal âpre capable de dispenser une énergie contagieuse, viscérale et stimulante, comme chez le mythe sudiste Lynyrd Skynyrd. Et c'est tout à fait évident chez le menaçant " American gigolo ", l'hymnique " Dope nose ", l'opulent " Take control " ou encore le sonique " Fall together ". L'opus laisse cependant la place à quelques titres d'emocore tantôt délicats, tantôt intenses, à deux fragments récréatifs réminiscents de " The Green album " (" Keep fishin' " et " Love explosion ") et à une plage de punkcore ( " Possibilities " ), avant de revenir en final sur son hit contagieux " Island in the sun ", qui figurait déjà sur le précédent opus, mais dont le succès est apparu sur le plus tard. Une chanson idéale pour fredonner sous la douche (NDR : à moins que ce ne soit dans son bain…)

 

Paul Weller

Illumination

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Fort agréablement surpris par la qualité de son dernier album studio, " Heliocenter ", je m'attendais tout naturellement à voir confirmer toutes ces excellentes dispositions sur " Illumination ". On est loin du compte. L'album recèle pourtant l'une ou l'autre composition (semi) acoustique, intimiste, minimaliste digne des meilleurs folksingers (" Bag man " et le titre maître), interprétées dans l'esprit de son dernier album 'live', " Days of speed " ; le très électrique " Leafy mysteries ", digne de Ian Mc Nabb ; " It's written in the stars ", réminiscent du Jam ; et puis deux excellents boogies. Tout d'abord " A bullet for everyone ". Et puis surtout le tribal " Call me n° 5 ", dont il partage le chant avec Kelly Jones, le leader de Sterophonics ; une composition qui aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Malheureusement le reste s'égare dans la ballade typiquement soul britannique, gonflée aux orchestrations philspectoriennes. Parfois on a même l'impression qu'il marche sur les traces de Van Morrison. Paul Weller a beau être un compositeur talentueux, s'entourer de collaborateurs huppés (NDR : outre Jones, Noël Gallagher et Gem Archer d'Oasis, Steve Cradock et Damon Minchella d'Ocean Colour Scene), et écrire des textes intelligents (NDR : pour la circonstance il s'est notamment concentré sur la politique, la religion, les grands de ce monde et sa famille), sa musique s'adresse de plus en plus aux auditeurs des programmes diffusés par Radio 2, sur la BBC.

 

The White Birch

Star is just a sun

Écrit par

 "Star is just a sun" constitue le 3ème album, en six années d'existence, pour ce trio norvégien. D'Oslo, très exactement. Et, à l'écoute de cet opus, il n'est pas étonnant que la formation soit régulièrement invitée à participer à la confection de bandes sonores pour films. Des travaux qu'elle mène d'ailleurs depuis 1997. La musique de White Birch est donc le résultat d'un mélange d'ambiance et d'intensité, un mélange très visuel de sons, de bruits et d'harmonies. Vocaux diaphanes, instrumentation subtile, dont un piano sonore forme la trame, et arrangements somptueux constituent les éléments de base d'une musique solennelle, organique, visionnaire, atmosphérique, mais plongée dans la zone crépusculaire. Parfois on pense à Labradford, à Savoy Grand, à Dakota Suite ou encore aux expérimentations individuelles de l'ex Talk Talk, Mark Hollis. Mais une chose est sûre, cette œuvre finit par vous envoûter… Superbe !

 

Wilco

Yankee hotel foxtrot

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Juste après avoir enregistré cet elpee, Jay Bennett a quitté le groupe ; alors qu'il s'y était énormément investi. " Yankee hotel foxtrot " constitue donc le quatrième et dernier volet de l'association Bennett/Tweedy. Et il faut reconnaître qu'elle se termine par un coup d'éclat. Fini ou presque la country alternative (NDR : il reste encore quelques résidus de slide éparpillés tout au long de l'opus), Wilco vient de commettre un disque résolument contemporain, aventureux même, dont les pop songs acidulées sont truffées de bruitages, de relents psychédéliques, de sonorités sophistiquées, brumeuses et de dérapages bizarres. Une solution sonore qui baigne au sein d'une atmosphère ténébreuse qui n'est pas sans rappeler Sparklehorse, mais avec une approche aussi fantaisiste que chez Super Furry Animals. Un disque pourtant très humain, bouleversant, dont l'intimisme croissant est hanté par la voix fragile et nasonnante de Tweedy, qui chante l'amour avec des propos plutôt drôles. Bénéficiant du concours de Jim O' Rourke aux manettes, le disque regorge de bonnes surprises. A l'instar du cuivré " I'm the man who loves you ", taillé dans le rock sudiste. De " heavy metal drummer ", chanson pop imparable que seul Grandaddy aurait pu commettre, si Brian Eno avait décidé de la mixer avec l'esprit tordu de Pavement. De " Pot kettle black ", dont la ligne mélodique rappelle étrangement " In between days " de Cure. Ou encore du premier morceau, " I am tryin to break your heart ", agité par des flux et contre flux bruitistes, au sein d'un impressionnant travail sonore. Excellent !

 

Willard Grant Conspiracy

In The Fishtank n°8

Dans la collection ‘In The Fishtank’, la collaboration des Bostoniens folkeux de Willard Grant Conspiracy et des électroniciens de Telefunk pourrait bien faire figure de poule aux œufs d'or, tant le résultat est sidérant : alors que tout les séparaient, voilà que ces deux groupes nous livrent six titres impeccables, entre folk sombre et rock à la Nick Cave. A l'origine de ce mini-album étonnant car sorti de (presque) nulle part, il y a donc le label Konkurrent, dont le projet est finalement assez simple : inviter deux groupes et les obliger à enregistrer en deux jours une vingtaine de minutes de musique de leur choix (nouvelles compos, reprises, impros,…). Cette fois-ci, le choix des intéressés s'est porté sur des morceaux traditionnels du début du siècle dernier : au final, cela ressemble encore fort à du WGC, mais beaucoup moins à du Telefunk. Naviguant dans les eaux troubles d'un blues qui se serait frotté au folk-rock mélancolique des Tindersticks ou de Madrugada, les six morceaux ici présents prouvent bien qu'en deux jours et avec un peu d'imagination, il y a moyen de créer pas mal de choses intéressantes. Et si à l'écoute, Telefunk semble s'être plutôt fait mener à la baguette par Robert Fisher et ses musiciens (où est le beat ?), c'est finalement pour la bonne cause. Vivement le prochain numéro !

 

The White Broncos

Room

Écrit par

Les White Broncos nous viennent des Pays Bas. D'Amsterdam très exactement. Un quintette qui pratique une lo fi aventureuse, sale, directement inspirée par Built To Spill, Radar Bros et surtout Pavement. Enfin, leur premier album. A cause des cordes de guitares saturées, filandreuses, abrasives, de ces changements de rythme imprévisibles et puis de la voix de F Mertens, aussi sinueuse que celle de Stephen Malkmus. On a même droit aux inévitables samples et aux bruitages. Et à l'instar de Pavement, les mélodies pop/rock, qui naissent de ce curieux bric à brac, sont terriblement contagieuses. Seule différence un filet de clavier vient se faufiler dans le jeu de quilles. Un peu comme chez Weezer. Ce qui donne parfois une coloration new wave (Cars ?), cold wave (Cure ?), post punk (Magazine ?) ou même grebo (Ned's Atomic Dustbin), aux compositions.

 

Wire

Read and burn 01 (Ep)

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Et non, vous ne rêvez pas, Wire vient de se reformer. Au grand complet ! On ne va pas vous refaire l'historique de ce quatuor anglais, considéré aujourd'hui comme un des groupes les plus déroutants et novateurs apparus à l'époque du punk. Ni de vous reparler de toutes leurs expériences individuelles. Simplement, rappeler que le drummer, Gotobed, s'était tiré en 1990, parce qu'il en avait un peu marre de voir ses fûts mis en quarantaine au profit de boîtes à rythmes (NDR : d'où l'aventure Wir…) Sachez simplement qu'il s'agit de la deuxième reformation du groupe ; la première remontant à 1985. Oui, mais venons en à l'essentiel : le retour de Wire sur la scène musicale. Et la parution d'un premier mini elpee, qui prélude la sortie d'un second. Six titres en 17 minutes. Six fragments rapides, hypnotiques, contagieux, minimalistes, dispensés avec un raffinement à couper au rasoir. Comme on les aime quoi ! Rien que le métronomique et irrésistible " In the art of stopping " vaut son pesant de fil métallique. Et le reste… n'est pas en reste. Depuis le post industriel, lourd de menaces, " I don't understand " à " Agfers of kodack ", déchiré par les tonalités élégantes et décapantes des deux guitares, en passant par le concis, belliqueux et noueux " 1st fast " (Stanglers ?), l'impétueux et hybride " Comet ", ainsi que " Germ ship ", une plage sculptée dans la noisy la plus croustillante. Un régal !

 

Within Temptation

Ice Queen

Ce métal symphonique et celtique à la Gathering devrait surtout séduire les amateurs de belles nymphettes en cuir noir de chez Moda Moda, puisque Within Temptation, c'est d'abord une chanteuse à la voix céleste et au corps de rêve : Sharon den Adel. Quant au morceau, qui fait un tabac chez nos amis flamands, il s'agit d'une sorte de comptine hardeuse sur fond de clavecin du plus horrible effet. Si Till de Rammstein culbutait Heather Nova dans une église nordique abandonnée en écoutant du Bach joué par Wendy Carlos, ça donnerait ça. Un conseil : si vous voulez séduire une fan de Marylin Manson, évitez Within Temptation. Elle vous renverrait vite fait à vos disques de chochotte.

 

Wovenhand

Wovenhand

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Le leader/chanteur/compositeur de 16 Horsepower, David Eugene Edwards, a donc décidé de monter un projet parallèle à son propre groupe: Wovenhand. Un duo. Qu'il partage avec un certain Daniel Mc Mahon. A première écoute, on a l'impression de retrouver le folk pastoral, énigmatique, hymnique, parfois incantatoire de 16 Horsepower. Mais une écoute plus attentive gomme cette impression première, car la musique est ici de nature très différente. Si David Eugene Edwards joue toujours de ce curieux instrument, sorte de croisement entre la mandoline et le banjo, il a délaissé l'accordéon. En outre, son compère, se réserve les claviers. Le piano, tout d'abord. Un orgue à soufflets, ensuite. Dont il tire des sonorités vraiment inattendues. Et puis un casio. Dont il se sert sur le dernier morceau de l'opus, " Last fist ". Pas de drummer, mais une boîte à rythmes. Et une dose d'électricité suffisante et judicieuse, apportée par un invité qui répond au nom de Stephen Taylor, pour dynamiser l'ensemble. Car le tout tient bien la route. Les mélodies sont imparables. Irrésistibles, même. A l'instar de " The good hand " ou de " Glass eye ". Dix compositions tramées tantôt dans la valse, le folk punk, le psychédélisme la new wave ou le country rock. On a même parfois l'impression d'assister à une rencontre hypothétique entre le " Murmur " de REM et le " Killing moon " d'Echo & The Bunnymen. Remarquable !

 

Wuz

Wuz

En concoctant un tel album, Alex Gopher s'est posé un défi de taille : sauver la scène électro française de la panade disco. Alors que Modjo et Bob Sinclar recyclent tant bien que mal les mélodies " en C mineur " de l'ami Cerrone, d'autres cosaques du poumtchak se font la belle, préférant respirer les vapeurs technoïdes de Détroit et le parfum soul de Philadelphie que les mauvaises odeurs du marketing à la Vivendi. Fini la french touch estampillée Amélie Poulain (" Visitez Paris, son quartier Montmartre, ses clubs dédiés à la house filtrée "), Gopher et son partenaire Jeremie Mondon (alias Demon) nous ont concocté un petit bijou de house maligne et chaleureuse, sans concession mais pas sans charme. On est loin ici d'une électro pseudo-branchée calibrée pour les hit-parades et le rayon hi-fi des supermarchés : Wuz, c'est de la house racée, pas surgelée ; une potion magique pleine de bleeps chipés aux plus grands (Derrick May, Luke Slater), et sans les gimmicks house faciles qui donnent la nausée. D'ailleurs, l'album sent plus l'encens d'appartement que la sueur des dancefloors : à part trois titres uptempo (dont le tubesque " Without You "), l'album se prête plus au cocooning qu'au Djing… Les deux meilleurs morceaux, " Use Me " (tubesque) et l'entêtant " The Shell ", devraient pourtant se tailler une sacrée réputation en club, de Bruxelles à Chicago. Gopher et Demon, nouveaux chamans de la scène française ? Suite à la déconfiture manga-régressive de Daft Punk, on est prêt à le parier... En tout cas, la classe !

 

Volker Striffler

The Volker Striffler Band

Écrit par

Ce n'est pas une surprise si Roben Ford a écrit quelques mots sur la pochette, pour nous dire combien il appréciait le musicien, le compositeur et le chanteur Volker.

"Doggin' it" est une excellente entrée en matière. Si cette composition me fait penser à Magic Sam, le groove libéré par la section rythmique, composée de Claus Bubik à la basse, et de Stefan Bollack aux drums, manifeste davantage d'affinités avec Double Trouble. A cause de ce son caractéristique popularisé par les meilleures formations texanes. Et je pense ici tout particulièrement au style imposé par Stevie Ray Vaughan. Strifler est un guitariste très subtil qui possède, en outre, plus d'une corde à son arc. "Never like this before" baigne au sein d'une atmosphère néo-orléanaise. Une situation peu fréquente pour une formule trio guitare, même si Tony Lufrano a été invité à siéger derrière un piano. Pour interpréter "Struck by lightning" Tony est passé à l'orgue. A la manière de Jimmy Smith il y entretient une ambiance cool, particulièrement jazzyfiante. Volker maîtrise parfaitement ce style. Son doigté est sûr et génère un maximum de swing. Pour attaquer l'atmosphérique "In your arms", il enfile son bottleneck et glisse avec bonheur le long de ses cordes. Une composition à la démarche très originale. Sa voix, un tantinet frêle, s'adapte idéalement à ce type de plage. Elle reste mélodique et se fond dans l'environnement musical, je dois avouer, assez éloigné de l'univers du blues. "Love" sonne le retour au jazz blues. Un fragment à nouveau fort mélodique et réminiscent du style pratiqué par les frères Robben et Patrick Ford. Une sensation confirmée par la plage instrumentale "JPB", ainsi que sur "Heard it on the news". L'opus ne recèle que deux reprises. Tout d'abord le célèbre "I smell trouble" de Don Robey. Un slow blues capiteux bien connu des fans de Stevie Ray. Nonobstant la voix légère qui se démarque singulièrement de l'ensemble, le registre musical est fort proche. Il se dégage, en outre, beaucoup d'expression de cette interprétation. L'autre reprise adopte également un tempo lent : "Never been to spain" d'Axton Hoyt Wayne. "Movin' on" concède un nouveau shuffle. A la texane comme il est de bon ton de dire. Cet elpee de très bonne facture s'achève par "True blue thing", un blues nonchalant, inspiré par les swamps de la Louisiane… Une œuvre à découvrir absolument !

 

The Von Bondies

Lack of communication

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Deux kids (le chanteur et le drummer) et deux filles (la bassiste et la guitariste) constituent le line up de cette formation issue de Detroit. Un quatuor qui a bénéficié de la production de Jack White, pour enregistrer leur premier album. En fait de production, il n'y en a pratiquement pas, puisque le chanteur/guitariste des White Stripes a voulu laisser le son le plus brut, le plus live, le plus crade possible. Faut dire que les Von Bondies déversent leur voodoo blues détraqué et malade, dans la plus grande tradition rock'n roll des MC5 et des Stooges. Detroit oblige ! Certains parleront davantage de punk. Ou encore de garage rock. Une chose est sûre, ce style tour à tour rageur, sauvage, féroce, sensuel, halluciné ou tribal est hanté par les spectres de Gun Club et de Screamin' Jay Hawkins. Un style accentué par le cri primal de Jason Stollsteiner, une voix pourtant capable de se muer en falsetto bouleversant, lorsqu'elle emprunte les inflexions de Jeff Buckley, sans en avoir le timbre. Le disque propose en titre caché, une cover assez réussie du " Bring it on home to me " de Sam Cooke.