Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Various Artists

Urban Renewal Program

Au menu de cette compile au poil, on retrouve le gratin du hip hop et de l'électro outre-Atlantique, de Mos Def à Tortoise (tous les invités se fendant d'un inédit laissant présager du meilleur pour leur carrière respective). A la barre, les labels Ninja Tune (décidément en forme ces derniers mois) et Chocolate Industries, toujours à l'avant-garde des beats les plus futuristes et des samples les plus ravageurs ; aidés en cela (et de main de maître) par un autre label défricheur, Def Jux, qui se démarque encore une fois par l'exigence et la qualité des titres de ses pensionnaires (Aesop Rock, Mr. Lif, RJD2, El-P) A retenir également : les interludes hertziens de Prefuse 73 (Warp) et la participation étonnante (limite lounge) de Miho Hatori, mieux connue comme membre honoraire de Cibo Matto et de Gorillaz. Quant au livret, il est magnifiquement illustré d'œuvres d'artistes de la galaxie hip hop ; preuve que cet Urban Renewal Program est bien plus qu'un simple disque : c'est le reflet passionnant d'une culture underground sans cesse (é)mouvante, aux confins des musiques les plus excitantes de ces dernières années.

 

Various Artists

4 Scott

Écrit par

Destinée à alimenter les caisses du fonds Marie Curie, une association caritative qui finance la recherche de la lutte contre cancer, cette compilation a été enregistrée en hommage au célèbre directeur de radio et de télévision, Scott Piercing, décédé voici maintenant deux bonnes années de cette pénible maladie. Un événement qui s'est déroulé 'live' ce 18 avril dernier au Scala de Londres. Hormis Placebo et Teenage Fan Club, tous les autres participants ont exécuté leur prestation en se limitant à l'instrumentation acoustique (ou tout au moins essentiellement). En l'occurrence Pulp et Sterephonics (chacun deux fois), Richard Ashcroft (NDR : pour un " Bitter sweet symphony ", bouleversant de dépouillement), Badly Drawn Boy, Embrace, Mc Almont & Butler et Luke Haines. Le disque a été enrichi de quatre bonus tracks accordés par les Charlatans (NDR : en public), Gomez, The Orb, et KLF, pour une composition finale, sur laquelle on retrouve la voix de Scott.

 

Various Artists

10 Days Off - The Soundtrack # 4

Chaque année au mois de juillet, les ‘Ten Days Off’ de Gand accueillent des milliers de techno-freaks pour dix jours de folie électro, avec au programme tout le gratin des DJ's de la planète. Cette compilation, déjà la quatrième, recense ainsi tous les artistes qui comptent (ou vont compter) dans le milieu, et qui, bien sûr, viennent, le temps d'une nuit, mettre le feu au dance-floor gantois, des usines Eskimo aux salles tout confort du Vooruit. Difficile de tout passer en revue. En tout cas, ces 24 titres représentent ce qui se fait de meilleur en électro à l'heure actuelle… sans parler de son excellente mise en jambe. Les amateurs d'électro apprécieront… Quant aux autres, leur faire écouter la house racée de Silicone Soul, l'abstract hip hop de Aim, l'electro déjantée de Plaid, les beats jazzy de Mr. Scruff, la techno belge de Soul Designer (alias Fabrice Lig) ou encore le dub-rock minimaliste du duo Herrmann & Kleine devrait être une excellente façon de leur prouver que la "techno" ne se réduit pas à du boum-boum pour robots défoncés à l'ecsta… Qu'on se le dise, et longue vie aux Ten Days.

 

Various Artists

A Tribute To Johnny Thunders : I Only Wrote This Song For You

Johnny Thunders est une légende du rock : guitariste des New York Dolls puis des Heartbreakers, ses riffs enflammés ont influencé toute une génération de musiciens, à commencer par les punks, Sex Pistols en tête. Pas étonnant dès lors qu'on retrouve Paul Cook et Steve Jones aux commandes de " Leave Me Alone (Chatterbox) ", le morceau qui ouvre cette compilation incendiaire. Accompagnés par Chrissie Hynde et Patti Palladin, une amie du défunt rockeur-noceur (il est mort en 91 d'une overdose de méthadone), les deux Sex Pistols s'en donnent à cœur joie pour rallumer la flamme du punk et rendre hommage à ce père tutélaire qu'était Thunders. S'ensuit une belle brochette d'invités tout aussi prestigieux : d'abord Wayne Kramer (MC5), puis le trio New York Dolls David Johansen-Arthur Kane-Sylvain Sylvain, qui se fendent chacun d'une chanson, nous rappelant ce temps béni où le rock n'était pas encore une affaire de marketing… " Personality Crisis " n'est d'ailleurs pas loin, avec cette fois les Sigue Sigue Sputnik à la barre, juste avant un " Can't Kick " featuring Steve Dior, l'ami de Thunders qui co-écrivit ce tube en 1978 (NDR : 25 ans plus tard, il n'a toujours pas pris une ride). Avec Glen Matlock, ex-Sex Pistols (très tôt remplacé par Sid Vicious), c'est reparti pour un tour, d'autant plus qu'à sa suite, les Ramones - pas moins - s'entichent d'un " I Love You " crétin mais pas vilain. Walter Lure (ex-Heartbreakers) s'en prend lui à " Let Go ", tandis que Michael Monroe (ex-Hanoi Rocks) se déchaîne sur " Disappointed In You ". Restent alors aux Los Lobos, à Willy DeVille et aux Die Totenhosen (qui réenregistrèrent le classique " Born To Lose " avec Thunders 36 heures avant sa mort) de clore les (d)ébats de mains de maîtres, jurant fidélité, jusqu'à la mort, à cet homme qui vécut sa musique à l'extrême. A l'instar de Kurt Cobain, Jim Morrison et Ian Curtis, Johnny Thunders est une véritable légende, encore bien vivante, du rock'n'roll. Une claque que cet compile, qui impose forcément le respect.

 

Various Artists

A Tribute To The Beast

Écrit par

Enième hommage à Iron Maiden, la compile "A Tribute to the Beast" n'a que peu d'intérêt. A l'instar de la majorité des tributes, du reste. Cradle Of Filth y reprend "Hallowed be thy name", Grave Digger "Running Free", Therion "Children of the damned", Six Feet under "Wratchild", Iced Earth revisite l'instrumental "Transylvania", mais on ne retrouve guère la magie de la vierge de fer sur ces démonstrations un peu inutiles, sauf peut être du côté de Sinergy qui donne un second souffle au classique "Number of the Beast", et chez le génial Opeth qui s'est attaché à retravailler complètement l'écriture de l'émouvant "Remember Tomorrow". Quant à Children of Bodom, toujours emmené par un Alexi Laïo déchaîné, il s'accapare "Aces High". A tel point qu'on croirait que ce titre historique a été écrit spécialement à son intention. Pour trois morceaux véritablement intéressants, l'investissement demande réflexion!

 

Various Artists

Awesome vol. II

Pour le prix d'un maxi, Munich Records vous offre une compile de ses artistes maison : certains ne devraient pas vous être inconnus si vous lisez ces pages web (Virgil Shaw, The Biggers Lovers, Mary Gauthier, The Baptist Generals, Bobby Bare Jr)… Quant aux autres ils sont du même tonneau : de l'americana de bonne facture, de la country pas bégueule, du folk raffiné. Le meilleur ? Sans aucun doute The Baptist Generals et sa country gothique qui donne la chair de poule (" Burning ", dantesque) et Mary Gauthier, vamp des bas-fonds de Nashville qui pourrait bien être la fille cachée de Johnny Cash. Si cette compile s'avère une opération strictement commerciale, elle a quand même le mérite de nous faire découvrir des artistes peu connus et qui pourtant valent le détour. Le tout pour le prix modique d'une place de ciné… Vous m'en mettrez dix, s'il vous plaît.

 

Various Artists

Dora Dorovitch

Dora Dorovitch ou la répétition du non-même

Art, indépendance, sincérité, ambition, poésie, diversité,… : tels sont les maîtres mots de ce nouveau label français, dont l’épicentre se trouve en plein soleil, dans le Sud, installé en périphérie pour mieux exploiter le centre, loin des contingences mercantiles et des bruits de la ville. Dora Dorovitch, par sa volonté d’exploser tous les carcans, musicaux et autres, ne se définit d’ailleurs pas comme un label (c’est trop réducteur) : il s’agit d’une « manufacture de projets matériels et immatériels, cherchant à échapper à la ‘répétition du même’, à la cristallisation des bonnes idées, des genres, des limites à ne pas dépasser ». La musique des pensionnaires de Dora Dorovitch fourmille pourtant de bonnes idées, mais comme le dit leur manifeste aux allures situs (voir le site, doradorovitch.com), il ne s’agit pas d’idées vaines et molles, qui tournent en rond une fois énoncées. La musique, ici, ne cesse de bouger, d’évoluer, sans tabous. Quand on sait qu’à la tête du « label », on retrouve Francisco Esteves (bassiste d’Experience) et Cédric Salvestri, satellites bien vivants de la nébuleuse ex-Diabologum, on ne s’étonne guère de ces prises de position parfois radicales, mais toujours pertinentes. Revue des troupes :

Téléfax : La locomotive du label ? Formé par Frank Valayer et Francisco Esteves, ce groupe à géométrie variable (Thomas Mery de Purr y chante parfois) pratique un post-rock (-jazz) sombre et languissant qui laisse souvent rêveur. Leur premier album, intitulé « Des courbes de choses invisibles », devrait bientôt être chroniqué en ces pages.

Mika A. : Bassiste de Téléfax et guitariste de Rio Torto, autre groupe du label, Mika A. aime aussi les projets solo. Timide mais lumineuse, son électro maison lorgne du côté de l’ambient pastorale, entre Boards of Canada et Susumu Yokota.

Rio Torto : « Echapper à la ‘répétition du même’ », disait le manifeste ? Justement, Rio Torto, c’est un peu de Téléfax, de Purr et de Mika A., bref de la popote interne à la Dora Dorovitch. Produit par Rudy Cloquet (Arno, Sharko,…), la musique de ce groupe recyclé rappelle assez fort Expérience, mais un Expérience sous amphés, qui aurait chopé la grippe. Pour ceux qui aiment le (slow-)(post-)rock.

Panti Will : Bosco et Michel Cloup (Expérience, ex-Diabologum) coincés dans un studio, cela donne Panti Will, de l’électro décalée en panne d’électricité, lorgnant parfois du côté du hip hop le plus cérébral, ou du rock le plus désossé. Projet instrumental sans queue ni tête, Panti Will s’amuse à brouiller les cartes tracées par les guitares, les samplers et les vieux Casio.

Novö : L’ambient bucolique à la Skam, ça les connaît : comme Mika A., ces Français aiment les bleeps mélancoliques, les ambiances délétères et les matins qui (dé)chantent. Novö : pas si sûr (déjà entendu chez Boards of Canada (encore)). Mais bien quand même.

Ananda T. : Seul(e) avec ses machines, Ananda T. se rêve en chef d’orchestre de films muets, dans lesquels Nosferatu flirterait avec Maria le robot : rythmes décalés, guitares désaccordées, samples qui flanchent,… La BO des films d’Ananda T. semble sortir d’une boîte à musique rouillée, belle à l’extérieur mais cassée à l’intérieur.

Honey Barbara : Ce trio américain basé au Texas joue un rock lugubre et minimaliste, comme si Andy Partridge avait rencontré John McEntire lors d’une soirée antifolk. Après avoir séduit le label Emigre, Honey Barbara débarque chez nous avec un nouvel album, « I10 & W Ave »… Texas, Chicago, puis la France. Demain, le monde ?

Loisirs : Chez ces quatre ‘hardcore’ de Poitiers, on aime l’EMO, tendance Fugazi, Q and Not U, voire Oxbow. Mieux que Lofofora ou ces tapettes de Pleymo, Loisirs mixe allègrement électronique Bontempi, guitares revêches et vocaux bestiaux. La France aurait-elle trouvé en Loisirs son At-The Drive-In à elle ?

Izaera : De la nouvelle scène basque, voici d’autres amateurs d’emocore brûlant, à manipuler avec précaution sous peine d’explosion soudaine. Pour une fois, l’Espagne ne nous refourgue pas un énième Migala : pas qu’on n’aime pas Acuarela (au contraire…), mais il manquait au pays un groupe avec de vraies corones. C’est chose faite.

Lisabö : Autre ambassadeur venu d’Espagne, Lisabö pratique lui un post-rock plus convenu (Acuarela, donc…), mais pas pour autant ennuyeux. D’un déluge de riffs, d’une pluie de voix téléphonées, Lisabö fabrique une musique lunaire, plus proche des terres retirées de Patagonie que des plages touristiques de la Costa del Sol.

Kapla : Trio de jazz déliquescent aux confins de l’électro et de l’avant-hop, Kapla ne s’embarrasse pas des conventions : sur les traces de Jagga Jazzist et d’Anticon, il ose lui aussi enjamber toutes les barrières, et navigue en terra incognita.

Dora Dorovitch cultive la différence et l’intransigeance, en témoignent tous ces groupes qui refusent les étiquettes et empruntent des chemins de traverse – rock, jazz, électro, hip hop, hardcore, chanson française,… Le « retour du même » n’est donc pas inscrit dans leur programme : chez ses Français du Sud, on aime tâtonner, expérimenter, triturer, sans avoir peur des accidents, sans avoir peur de perdre le Nord. Petite sœur espiègle d’Acuarela et de Thrill Jockey, Dora Dorovitch n’en fait déjà qu’à sa tête, et c’est tant mieux : on a toujours préféré les vivants aux morts, les esprits frappeurs aux grincheux pinailleurs.

 

Various Artists

Dr Boogie – Beatin’ the boogie

Écrit par

" Beatin' the boogie " constitue la deuxième collection concoctée par le Docteur, pour le label Virgin! Une pose une nouvelle fois, un regard très blanc sur le boogie et le blues. Mais connaissant notre praticien, il ne fait aucun doute qu'il passera au black quand il le pourra! 18 titres nous entraînent dans un voyage qui nous emmène aux antipodes, en Europe, au Canada et bien entendu aux USA.

Pour retirer sa carte d'embarquement, il faut bien entendu passer par le Canned Heat de rigueur. Face B de "Time was", single paru en 1969, "Low down" nous la procure. Un boogie dévastateur dominé par la voix puissante de Bob "The Bear" Hite et fouetté par la guitare super déjantée de Sunflower. John Hammond maintient haut le flambeau du boogie, tout au long de la reprise speedée du "I hate to see you go" de Little Walter. Et c'est Duke Robillard en personne qui le double à la guitare. " Cold Blue Steel " nous entraîne plein sud. Sur la route du Mexique, au Texas, vers Dallas très exactement, pour un roots rocker très entraînant. Un rock'n'roll magistral alimenté par la superbe voix acérée de Bill Carter et la guitare toute en rythme du Maître Jimmie Vaughan. Un fragment qui remonte à 1989. Le trio hirsute Z.Z Top est également texan. Il nous le démontre tout au long de "Mushmouth shoutin". Imprimé sur un tempo modéré, ce superbe blues remonte à 1972. Tout y est ! La voix caverneuse de Gibbons, l'harmonica et le rythme! Johnny Winter crie également son meilleur blues sur "If you got a good woman". Billy Branch est à l'harmo. Le bonheur! Le meilleur swamp rock d'Austin appartient à "Rock'n'roll till the cows come home" de Don Leady. Il est flanqué de ses Tail Gators, parmi lesquels on retrouve Keith Ferguson à la basse. La parenthèse californienne nous vient des Paladins et de Los Lobos. Les premiers pour un instrumental, tendre, doux et jazzyfiant, intitulé "Re"Jive"Inated". Les seconds lors d'un "That train don't stop here", à la forte densité musicale. Le jeune Sean Kennedy est une des révélations de cette collection. Il est basé à Santa Cruz. Et il est capable de sortir de ses cordes et de son ampli un son complètement pourri. Il le démontre sur son "Ball & Chain". Il n'est guère possible de trouver une guitare qui sonne plus métallique que la Flying V de Link Wray sur "Some kinda nut". Tom Waits a toujours été un artiste hors norme. Il mérite assurément sa place ici. Et le démontre sur le saignant "Union Square". Une composition qui date déjà de 1985, rehaussée par la participation de Larry Taylor et de Keith Richard, à la section rythmique. Le blues band canadien le plus connu est incontestablement le Downchild Blues Band. Drivé par le guitariste Don Walsh, cette formation est active depuis trois décennies. Elle est représentée ici par le remuant et cuivré "When I say jump". Côté anglais, écossais devrait-on préciser, Tim Elliott et son Blues & Trouble rendent un hommage appuyé au Docteur avec "Dr Boogie". Tim revient un peu plus tard en compagnie de ses Troublemakers pour interpréter l'extraordinaire "Barkin", un morceau extrait de leur album paru l'année dernière. "Worried about my woman" est un clin d'œil adressé au British Blues Boom d'autrefois, par Stan Webb et son Chicken Shack. Une chanson que Stan, fervent adepte de Freddie King, chante avec conviction. Cette collection boogie se referme par les inquiétants et indéfinissables australiens de Cruel Sea et par le charmant et sympathique français Raoul Ficel, alias Philippe Coudougnan, qui nous concède un souriant "Oh Lulu". Continue Walter!

 

Various Artists

Essenchill

Le  ‘chill’, c'est se reposer après avoir gesticulé trois heures comme un forcené sous les stroboscopes des dance-floors, les pupilles légèrement dilatées et la gorge sèche. Ou plutôt, c'était comme ça, avant : avant l'arrivée des restos bio au mobilier en teck, des crémeries où l'on mange des sushis en écoutant de l'ambient ; avant les magasins de fripes où l'on vaque l'air détaché en écoutant le mix downtempo du DJ coincé entre deux boîtes à chaussures ; bref avant que l'électro devienne un produit de consommation distribué dans tous les endroits smart et in de la planète. Formaté pour plaire au plus grand nombre, cet électro-là sent le vieux papier-peint, et c'est ce qu'elle est : une musique d'ameublement, parfaite pour remplir de ses notes passe-partout l'espace " cuir " ou " sacs à main " des boutiques de couturier, mais indigeste une fois qu'on l'écoute vraiment. Car c'est là l'essentiel et le plus incroyable : cette musique n'est pas faite pour être écoutée, comme les chapeaux de certains grands stylistes ne sont pas faits pour être portés : ce qui est acheté, c'est le standing, le branding, la marque. Et peu importe si cela ne ressemble à rien, puisque l'objectif premier de l'acheteur n'est pas l'acquisition d'un objet, voire d'une œuvre (quand même), mais d'une image, celle de son temps. En écoutant des compiles chill ou lounge, le consommateur se veut donc dans l'air du temps. Sauf que cet air sent drôlement mauvais, et que la musique devient muzak. Même des DJs renommés comme ici Nitin Sawhney (l'un des spécialistes de l'asian sound) prêtent leurs services à ces entreprises de vulgarisation commerciale. Forcément, on y perd des plumes en termes de crédibilité, d'autant plus que l'exercice relève souvent du mix primaire, plus proche du pousse-disques de mariage que de Jeff Mills ou des Flying Dewaele Brothers. Ici, les titres s'enchaînent sans surprise, de la deep house d'Alex Gopher au rock psyché-pop de Mercury Rev. Il y en a pour tous les goûts puisqu'il faut contenter tout le monde, bref c'est vraiment très chouette, merci la mondialisation.

 

Various Artists

Hardplace - 11 Hard Core Rock Tracks

Écrit par

Cette compilation porte bien mal son nom, car hormis Lost Prophets, nouvelle coqueluche punkoïde british, il n'y a aucune trace de véritable hard core ou de punk rock sur cette plaque qui rassemble les nouveaux espoirs de la scène dite de néo metal, toutes nationalités confondues. Une bien belle brochette de titres rageurs pour quiconque tient à rester informer de l'évolution des nouvelles tendances alternatives du moment. Le plateau est alléchant ! Creed, Halo, Drowning Pool dont l'album "Sinner" fait un carton Outre-Atlantique, Lost Prophets, une petite touche frenchie avec Pleymo, les indéfinissables Quarashi, une valeur sûre avec Cypress Hill, les grimaçants Mudvayne, les gamines enragées de Kittie, et la sensation ricaine du moment System of a Down dont le "Toxicity" se vend par semi-remorques. Un bel éventail, mais une compile demeure une compile, et rien de plus.

 

Various Artists

Honkers & Bar walkers - Volume Three

Écrit par

Cet opus constitue déjà le troisième volume consacré à ces honkers et autres bar walkers. Si le premier épinglait Jimmy Forrest et le deuxième à King Curtis, ce dernier honore Edwin Leon Chamblee. Né à Atlanta en 1920, il s'est éteint en 1999. A Chicago, où il avait fini par élire domicile. Il avait développé ses aptitudes au saxophone, lors de son service militaire. Dès 1946, il milite au sein de différents orchestres, et participe à des sessions d'enregistrements pour Miracle, Premium et Coral, avant d'aboutir chez United en 1953.

Dix plages de cet opus remontant à 53 et 54 relèvent d'Eddie Chamblee flanqué des Four Blazes. La part belle est donc laissée au saxophone ténor à connotation R&B. Il gémit, hurle et séduit. Une invitation à sortir le samedi soir, pour y danser. Quel plaisir de suivre ce saxo hurleur face à une formation swingante, partagée entre guitare, piano, basse et batterie. De vibrer sur les rythmes imprimés tout au long de "It ain't necessarily blues" et d'"Air Mail special". De s'évader lors de l'interprétation du célèbre "Caravan", teinté d'une touche d'exotisme. Ou encore d'imaginer la fièvre ambiante des slows type fin de soirée, tels que "Lonesome road", "Walkin' home" ou encore du classique "St James infirmary". Eddie peut aussi chanter avec passion et feeling. A l'instar de "Come on in", dont la sonorité très contemporaine procède du swing qu'il libère ; mais aussi de la tonalité très légère prodiguée par la guitare de Leo Blevins. Trois autres saxophonistes de Chicago participent à l'événement. Sax Mallard, tout d'abord. Sur "Fine and brown. Accompagné du réputé Roosevelt Sykes au piano et de Ransom Knowling à la basse, il s'y réserve un solo de sax tout à fait impressionnant. Jim Conley, ensuite. Il a sévi chez les House Rockers de Memphis Slim. Ce sont d'ailleurs Slim et Matt "Guitar" Murphy qui lui donnent la réplique sur "The cat creeps". J.T Brown, enfin. Pour y casser la baraque sur le boogie jazz "Walkin' home". Les autres honkers ici présents nous viennent de la région de Detroit. T.J Fowler est un pianiste dont le groupe soutient la comparaison avec les meilleures formations R&B de l'époque. Il possède en Frank Taylor et Walter Cox deux saxophonistes de dimension. A cet égard, la rencontre du clavier et des cuivres est manifestement heureuse sur "Take off" et "The queen". Wild Bill Moore est né à Houston mais a fait carrière à Los Angeles et à Detroit. Il évolue ici dans un registre plus jazz. Pianiste de blues raisonnablement connu, Floyd Taylor est entouré de trois saxophonistes qui se déchaînent sur "Bar B Q" et "Baritone boogie". L'album nous laisse en compagnie du guitariste Swinging Sax Kari, pour un bien jazzyfiant "Down for Debbie". Pour les sax lovers!

 

Various Artists

I Am Sam - Music from and inspired by the motion picture

Écrit par

"I am Sam" est un long métrage qui met en scène Sean Penn et Michelle Pfeiffer. Un film dont la bande sonore a bénéficié de la participation de toute une flopée d'artistes contemporains. Mais pas à travers une composition personnelle. Non, la reprise d'une chanson des Beatles. Faut dire que le scénario du film s'y prête bien. Les covers ont été commises avec plus ou moins de brio. 19 en tout. Je retiendrai surtout les interprétations minimalistes d'Aimee Mann et de Michael Penn pour " Two of us ", de Sarah Mc Lachlan (" Blackbird ") et d'Heather Nova (" We can work it out "). Mais surtout la version remarquable du " Strawberry fields for ever " opérée par Ben Harper, des inconnus Vines (NDR : des Californiens ?), qui sont parvenus à revisiter les Beach Boys tout au long d' " I'm only sleeping ", du Bostonien Howie D responsable d'un " Help " plutôt insolite, de Grandaddy dans un " Revolution " encore plus flemmard que sa version du double blanc, du morbide " Let it be " (NDR : normal, puique c'est Nick Cave qui l'a accomplie), et enfin de l'allègre et countryfié " I'm looking through you ", accompli par les Wallflowers. Rufus Wainwright, Eddie Vedder, Sherryl Crow, Ben Folds, Stereophonics, les Black Crowes, Chocolate Genius, Paul Westerberg et le duo Neil Finn/Laim Finn ont également participé à ces exercices de style, mais sans vraiment parvenir à apporter quelque chose de vraiment neuf aux versions originales…

 

Utah Carol

Comfort for the traveller

Écrit par

" Comfort for the Traveller " constitue le second album de ce duo chicagolais, fondé en 1995. Réunissant les époux Grant Birkenbeuel et JinJa Davis, ce couple écrit, interprète et produit ses propres compositions. Etrangement mystérieux et obsédant, de l'avis des critiques américaines, cet album enregistre une nette évolution par rapport au premier opus, " Wonder Wheel ". Le son orchestral, teinté par la voix de JinJa Davis crée une ambiance surréaliste, propice aux mélodies rêveuses. Tout comme semble l'indiquer le titre de l'album, leur musique possède les bons ingrédients pour nous entraîner dans un univers empreint de légèreté et de sérénité, tout en évitant la mélancolie. Dès le premier morceau, on est plongé dans la musique country alternative ; une expression sonore dont les intonations pop sont sculptées dans les harmonies et la douceur. Toutefois, à l'instar de " When we're apart " ou d'" Angel ", certains morceaux émargent à une country plus traditionnelle, en se gardant bien de manifester la moindre agressivité. D'une chanson à l'autre, les contrastes de styles sont parfaitement coordonnés et ne pèchent jamais par excès, grâce à un subtil dosage entre rythmes toniques et plus lents. Dans l'ensemble, " Comfort for the Traveller " est un parfait compagnon pour faire redescendre notre rythme cardiaque, après de longues journées harassantes et stressantes de la vie quotidienne...

 

U2

The best of 1990-2000

Écrit par

Cette compile fait inévitablement suite au " Best of 1980-1990 ". Mais le principal intérêt de ce nouveau recueil procède de la présence, en édition limitée, d'un bonus CD réunissant des faces B de singles, remixées par des tas de DJs (NDR : dont Butch Vig pour " Dirty day "), ainsi que " Summer rain ", une chanson qui avait été écartée de leur dernier elpee, mais incluse sur le single " Beautiful day ". Sans quoi, ceux qui ne pourraient se procurer cette édition limitée, devront se contenter, sur le premier disque, de deux malheureux inédits. C'est à dire " Electrical storm ", paru en single ce 21 octobre, et " The hands that built America ", composition destinée à sonoriser la BO du prochain film de Scorcese, " The Gangs of New York ". Enfin, sur ce " Best of ", il est assez étonnant de ne pas y retrouver " Who's gonna ride you wild horses ", " Ultraviolet " ou encore la collaboration que le groupe avait opérée avec Johnny Cash pour " The wanderer ". Sans quoi, le reste y figure : " One ", " Stay ", " The fly ", " Beautiful day ", et bien d'autres…

 

Thee Vaporizer

Ourspliffed Smash Hits

Ca commence par une avalanche de beats étourdissants qui explosent la tête comme à l'écoute d'un disque Rephlex, sauf que le type (un Belge) qui se cache ici derrière son laptop n'a pas le génie des pensionnaires du label de Richard D. James. Brouillonne et casse-tête, l'électro futile de Thee Vaporizer donne la nausée, à trop vouloir nous faire avaler BPMs en pagaille, bleeps de Game Boy, sirènes de police (" Mr. Obit "), samples fictifs et sonorités extra-terrestres. Trop de bruit, trop de bordel, trop d'esbroufe, ces 11 morceaux n'ont rien de " Smash Hits ", même sous psychotropes. Juste bon à vous refiler la grippe ou vous transformer en patient hagard atteint du Syndrome de la Tourette, ce disque est à déconseiller aux cerveaux en bonne santé ainsi qu'aux matières grises allergiques aux rythmes concassés et à l'électro trop casse-cou. Dispensable, à moins d'être maso.

 

Jesse Thomas

Blues is a feeling

Écrit par

Jesse ‘Baby Face’ Thomas est né en 1911. En Louisiane, dans un milieu rural. Agé de 15 ans, il quitte l'école, les champs de maïs et de coton, visite Shreveport, Crandall et Dallas dans le Texas, où il rencontre Lonnie Johnson, Texas Alexander et Blind Lemon Jefferson. En 1928, son frère aîné, Willard ‘Ramblin’ Thomas enregistre à Dallas. Jesse l'imite un an plus tard, pour le label Victor. Il devra cependant attendre vingt années de plus pour enregistrer à nouveau, notamment chez Modern et Elko. En 56, il se fixe définitivement à Shreveport. Il y meurt en août 1995.

Son 1er album, "Down behind the rise", est paru en 79. Trois elpees suivront, dont le dernier "Lookin' for that woman", est paru chez Black Top. Il sera d'ailleurs achevé quelques mois à peine avant sa mort. La présente session date de 92. Elle réunit autour de Baby Face, le guitariste John Primer, un ancien du Muddy Waters Band, et le pianiste de jazz, Jodie Christian. La musique authentique, assez minimaliste de cet album est sans surprise, et la voix plutôt fatiguée. Il est vrai qu'à l'époque, l'artiste affiche déjà 80 ans passés au compteur.

La sobriété de l'environnement sonore est omniprésente. A l'instar de l'ouverture "Blues is a feelin", au cours de laquelle la guitare acoustique et le piano de Christian s'emboîtent avec bonheur. Nul ne peut douter un seul instant que l'homme a du vécu, qu'il a voyagé sur les routes du temps présent mais surtout d'un passé si chargé. L'émotion est permanente, directe, au premier degré. Sur "Married woman ", la guitare est très pure. Elle vibre et transpire. Les cordes sont pétries de manière très experte. Je présume que c'est le très doué John Primer qui se réserve les soli, le plus clair du temps. A l'instar de "Boogie everywhere" et de "Santa Claus". "Please believe me" et "Rain sleet or snow" sont des blues à fleur de peau, tellement primaires, mais tellement bons… Ce downhome blues reste présent d'un bout à l'autre de cet opus. Une œuvre qui souffre, sans doute, d'une certaine uniformité, mais qui respire tant les origines du blues que Jesse a vécues. Je soulignerai enfin la présence discrète, mais tellement efficace du piano de Mr Christian sur "Sad old world" ; et puis l'entente parfaite des trois musiciens concrétisée sur un "Jesse, John & Jodie jam", qui en dit bien long!

 

Little Al Thomas

In the House

Écrit par

Little Al Thomas est né à Chicago, en 1930, où il a grandi au cœur du célèbre marché de Maxwell Street. Il a fréquenté un bon bout de temps le groupe de Lacy Gibson. Nous sommes à Lucerne en novembre 2000. Al est entouré d'une solide formation composée de Thomas Dutko à la batterie (NDR : il a joué pour Jimmy Rogers, Eddie Taylor, Homesick James, Big Walter Horton,…), T. Edward Galchick à la basse, John Edelmann à la guitare, ainsi que Myron Harvey et Bill Voltz aux saxophones.

Le concert s'ouvre par "Somebody changed the lock on my door". Une plage rythmée au cours de laquelle la section de cuivres appuie le chant, alors que la guitare d'Edelmann sort déjà de sa réserve. Même tempo pour la reprise du fameux "I feel so good" de Big Bill Broonzy". Adoptant ce style de Chicago swing blues, elle rappelle le grand Floyd McDaniels. Little Al possède une voix de ténor, assez puissante pour être à l'aise dans un style qu'il apprécie ; surtout lorsqu'il peut y injecter un maximum de swing. Il déborde de confiance pour interpréter "Bad luck baby", une composition signée par son guitariste. Ce dernier y va d'ailleurs d'un superbe solo, tout en réserve, au cours duquel chaque note a son importance. Du beau travail! John vit aujourd'hui en Floride. Il participa naguère à l'aventure de Little Mike & the Tornadoes. On le retrouve ainsi sur les trois albums de ce groupe, parus entre 1990 et 1995. Il est tout aussi à l'aise dans l'univers du slow blues. A l'instar de "You're breakin' my heart", une composition issue de la plume de B.B King, artiste majeur que vénère sans conteste notre petit Al. Il remet d'ailleurs une couche de BB quelques minutes plus tard à travers un autre blues "de luxe", intitulé "Sweet Sixteen" : près de 10 minutes ponctuées d'un solo impérial accordé sur les six cordes. Le Crazy House Band s'attaque à "Just like a fish" de Magic Sam, suivant une recette instituée par "Albert King", époque Stax. Voltz nous y réserve une belle intervention au sax ténor, sur fond de percussions administrées par Dutko. Autre composition d'Edelmann", "Memphis girl" nous plonge dans ce R&B concentré à Memphis, dans le Tennessee. Ce qui explique le titre de ce fragment. Little chantait autrefois "Feel so good". Pour la circonstance il opte pour une version bien réussie du "Feel so bad" de Chuck Willis, au cours de laquelle les cuivres soufflent sur le devant de la scène. Le prix du slow blues le plus long revient à "Nobody sleepin' in my bed". Il s'étale sur plus de 11', y compris le temps de présenter ses musiciens! Le concert se termine par une nouvelle cover consacrée à BB King : "I gotta find my baby". Imprimé sur un rythme bien classique pour le blues, elle permet à tous les musiciens de prendre leur pied. Nonobstant sa bonne facture, cet opus n'est pas tellement consacré sur le Chicago blues. Etonnant pour un artiste pourtant bien ancré dans la cité des vents.

 

Tiamat

Judas Christ

Écrit par

Après l'intermède pop gothique Lucyfire, Johna Edlund se devait de revenir au doom atmosphérique qui lui est si cher. Et Tiamat revient en force, avec un titre plein d'ironie, et un nouvel album qui s'ouvre très fort sur "Spinae". Une plage magique qui évoque les fabuleuses ambiances de l'hymne "Whatever that hurts" du non moins fabuleux "Wildhoney", ouvrage de référence en matière de métal ténébreux. Lourde, racée, épileptique, émouvante, romantique, la machine Tiamat ne cesse d'insinuer ses sombres mélodies au fond de l'être. "Vote for love", premier single extrait de la plaque, s'inscrit dans la droite lignée d'un "Cold Seed", tandis que "Tropic of Venus", et ses réminiscences orientales, durcit le ton pour aboutir sur un instrumental apocalyptique. "Judas Christ" prend à la gorge tous ceux qui s'aventuraient jadis sur leur territoire de prédilection: la scène. Enregistré dans le studio au sein duquel Sisters of Mercy accoucha de son "Vision Thing", l'album ne pouvait que rendre hommage à Andrew Eldritch, à qui Edlund voue un culte immodéré. L'hommage se matérialise en beauté à travers l'extraordinaire "Angel Holograms", single en puissance, ou encore "Spine" qui n'a rien à envier à certains hits des sœurs de charité. Tiamat sera en concert avec Moonspell et Flowing Tears le 8 mars à l'Hof Ter Lo d'Anvers et le 10 mars en la salle 013 de Tilburg. Un trio bien alléchant!

 

Mary Timony

The golden Dove

Écrit par

Parfois austère (" 14 Horses "), souvent psychédélique, le second album solo de Mary Timony est pour le moins déconcertant. Mary Timony tente de faire revivre, à travers sa musique, les envolées psychédéliques des guitares seventies, par le le groove et les sonorités électroniques contemporaines. Résultat des courses, " The golden dove " nous immerge au sein d'une ambiance hypnotique, lancinante ; les notes de guitares électro opérant le lien entre les 12 morceaux de cet album. Dès la première écoute, on a l'impression de pénétrer dans le tunnel qui nous mène dans l'univers d'Alice au pays des merveilles ; de se retrouver au sein d'un univers parallèle où les repères musicaux sont bousculés et où la structure attendue et connue des chansons a disparu. Mary Timony n'est comparable à personne et son style semble bien inimitable. Mieux encore, cet opus nous pousse à traverser les siècles, passant des ritournelles du moyen-âge aux berceuses enfantines (" Dr. Cat "). Non seulement Mary Timony écrit la plupart de ses chansons, mais elle joue de la guitare avec beaucoup de talent. Après avoir sévi au sein de plusieurs groupes au cours des 90's (NDR : notamment chez Hélium), Mary Timony a décidé de continuer son aventure en solitaire. Et c'est tant mieux pour nous ! Il est vrai que si certains textes laissent transparaître une certaine forme de tristesse, voire de douleur, le sens mélodique omniprésent permet d'alléger ce ton parfois grave et de rendre sa voix angélique. Les âmes sensibles apprécieront…

 

Today Is The Day

Sadness will prevail

Écrit par

Les portes de l'enfer s'entrouvrent une nouvelle fois et les démons du Révérend Austin se lancent, telle une horde sauvage, dans la bataille. Aucune échappatoire possible, les dés sont jetés. Le sentiment de combat n'a jamais été aussi palpable. Sixième pierre d'une œuvre ambitieuse, cohérente, poussée à son paroxysme musical et mélodique, " Sadness will prevail " n'est certainement pas à mettre entre toutes les oreilles. Parfaite synthèse de toute la discographie du groupe, ces 30 compositions effraient et brutalisent l'auditeur dès la première écoute et le laisse exsangue à la fin de ces 2h30 de furie. Rien que le titre d'ouverture du disque " X " illustre parfaitement le sentiment qui nous accompagnera tout au long : un cri, inattendu, éructé en même temps que la musique, sorti des tréfonds de l'enfer. Il n'est évidemment pas question de musique, mais d'un homme faisant corps avec un mode d'expression. Aussi à l'aise dans les bombes ultra rapides lancées tout au long d'" In the eyes of God ", précédente plaque, que les sur (assez) longues compos ici présentées, Austin démontre que le génie qui l'accompagne devrait être en toute logique inépuisable. Que jamais son règne ne s'achève…

 

Guy Tortora

Footnote to the blues

Écrit par

Né à Pasadena en Californie, mais résidant aujourd'hui en Angleterre, Guy Tortora est un musicien très intéressant. Il est partagé entre la guitare électrique et l'instrument acoustique.

La première plage "Long slow blues" n'est ni un slow blues, ni spécialement longue. Le tempo est assez rapide. Le style roots, pas réellement blues. La guitare acoustique est soutenue par l'orgue Hammond de Mark Breen. La composition est plaisante. A cause des changements de rythme, et surtout des interventions de Tortora à l'harmonica. Cette étiquette roots est renforcée par l'excellent "Hallowed ground". Guy sort son dobro à la sonorité divinement métallique, pendant que Charlie Hart, un artisan anglais des pubs, le soutient à l'accordéon. Charlie est également violoniste. Il a transité par toute une flopée de groupes intéressants : Pete Brown and the Battered Ornaments, Kilburn and the High Roads, Ronnie Lane's Slim Chance, Juice on the Loose et l'Atcha Band de Chris Jagger. Guy a un toucher de cordes très pur. Il le démontre sur "I need a car", un fragment de country/folk/blues de bonne facture. "Late starter" est une première composition électrique assez décapante. Guy se révèle constamment à la hauteur aux cordes. L'orgue Hammond de Breen est omniprésent. Qui ne connaît "I heard it through the grapevine" ? Et notamment les célèbres versions opérées par Marvin Gaye, bien sûr, et Creedence Clearwater Revival" ? Le traitement en solitaire qu'il lui réserve est absolument remarquable. La voix est très musicale et la technique instrumentale irréprochable. "Did somebody make a fool of you" a été écrit par Tony Joe White. L'adaptation de Tortora n'est pas très éloignée du style de Tony Joe. La voix n'a pas le caractère "coin du feu" de l'artiste mais, une fois encore, le jeu de guitare sans artifice atteint le sublime. En outre, la montée en puissance de cette chanson est superbe. La voix suit le rythme. Elle s'élève au fil des coups de baguettes puissants assénés par Sam Kelly, aux drums. Le style laidback persiste. La voix se traîne sur "Love nor money". Guy joue du dobro. Les percussions de Neil Littman et de Wan Hewitt confèrent un caractère très swamp à cette composition. L'orgue Hammond teinte, avec beaucoup de bonheur, cette atmosphère. Un solo d'harmonica la traverse. Exécuté en trio, "Tough love" est un petit bijou. Secondé par la double basse d'Andy Cleveland et le piano de Janosch Bajtala, GT est aux cordes. L'interprétation est très intimiste, minimaliste même. Ces notes clairsemées entretiennent, en réalité, cette intense densité musicale. Guy est seul avec sa guitare acoustique amplifiée pour s'attaquer au célèbre "Crossroads". Un frisson me parcourt l'échine. Le climat est résolument dramatique et la puissance contenue. Impressionnant ! Epaulé par le piano de Bajtala, "Sanctified love" est résolument jazzy. Cet opus surprenant s'achève par "Going down slow" (Pt II). Rien à voir, cependant, avec le célèbre blues, mais une fort jolie mélodie chantée avec émotion, au cours de laquelle le tempo fluctue. Faut dire que Brendan Canty est à créditer d'une très bonne prestation, à la basse ; alors que l'orgue Hammond et le piano soulignent la richesse de la ligne mélodique alimentée par les très belles sonorités de la guitare. Dans ces conditions, il est difficile de ne pas succomber à ce premier elpee, plus que prometteur, de Mr Guy Tortora !