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The Tea Party

The interzone mantras

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Nonobstant sa démarche fondamentalement métal, je dois avouer avoir un petit faible pour la musique de ce trio Canadien. En fait, son métal teinté de mysticisme, d'exotisme et de symbolisme produit, à l'instar du 3ème elpee de Led Zeppelin, une sensation d'exaltation. Faut dire que tout comme Plant, Jeff Martin est un passionné de la culture orientale. Musicale en particulier. Ce qui explique pourquoi, Tea Party a régulièrement recours à des instruments indiens tels que sitar, tablas, et autres objets les plus insolites les uns que les autres. En outre, la formation n'hésite pas à introduire des éléments acoustiques dans sa création. Il est ainsi plus facile de comprendre pourquoi le métal de cette formation est si original et si fascinant. Si le nouvel opus ne déroge pas aux bonnes règles, il a malheureusement été surproduit. Trop d'orchestrations, trop d'arrangements, trop d'overdubbings, finissent par étouffer le fil mélodique des chansons. Ce qui ne veut pas dire que ce disque soit de mauvaise facture, mais il aurait pu, avec un peu plus de mesure, devenir un must. Il recèle d'ailleurs quelques bonnes surprises. Tout d'abord " The master & Margarita ". Dont le titre est inspiré d'un roman de l'écrivain Mikhail Bulgakov. Un fragment à l'intensité électrique déchiquetée, nonobstant la présence d'un mellotron. L'hymnique " Lullaby ", également. " Cathartik ". Dont les riffs " ledzeppeliniens " lézardent littéralement l'éther atmosphérique, dont le parfum rappelle Sad Lovers & Giants. La ballade mélancolique " Requiem ". Résultat d'une rencontre hypothétique entre Divine Comedy et Nick Cave. Ou encore à travers l'ethnique " White water siren ", caractérisé par son phrasé acoustique qui me rappelle quelque part " Friends " (NDR : Bien évidemment un titre qui figurait sur le 3ème opus du Dirigeable). Et en final les 8 minutes de " Mantra ". Un morceau sinueux, obsessionnel, hanté par le spectre de " Kashmir ". Ah oui, et dans le jeu de quilles on retrouve également, ça et là, des traces de prog rock empruntées au " Nursery cryme " de Genesis. Ou plus exactement des sonorités de guitare proches de celles que Michael Rutherford dispensait à l'époque. Et comme toujours, la pochette est superbe !

 

Teenage Fanclub & Jad Fair

Words of wisdom & hope

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Si Teenage Fan Club jouit d'une renommée certaine sur la scène musicale pop/rock, Jad Fair est un illustre artiste marginal ( !?!?!). Chanteur préféré de feu Kurt Cobain, il est même considéré, aux States, comme un pape de cette scène underground. Car non seulement il est le leader de Half Japanese depuis 1977, mais son art n'est pas limité à la musique. Il est ainsi capable de s'exprimer aussi bien à travers la peinture, la poésie, le dessin ou la philosophie. Sur le plan musical, il a opéré de multiples collaborations. Et notamment en compagnie de Yo La Tengo, Daniel Johnston, les Pastels, John Zorn, Fred Frith, Moe Tucker ou encore les Dim Stars. Et puis avec le Teenage Fan Club ; en compagnie desquels il a accompli une tournée et puis enregistré cet opus intitulé " Songs of wisdom & hope ". Les Fannies ont composé la musique et Jad les textes. Des lyrics qu'il chante un peu à la manière d'un Lou Reed sous prozac. Il est d'ailleurs évident que sous son aspect le plus minimaliste et découpé sous des arpèges de guitare plaqués, l'expression sonore navigue quelque part entre le Velvet Underground et les Pastels. Par contre, lorsqu'elle se laisse envahir de claviers, c'est alors au garage d'Alex Chilton qu'on se met à penser. Une chose est sûre, les douze chansons de cet opus nous replongent dans l'univers le plus rafraîchissant des sixties. Et à ce titre, on s'y laisserait facilement immerger (NDR : qui a dit que je n'aimais pas l'eau ?)

 

Theatre Of Tragedy

Assembly

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Le virage électronique amorcé par l'album "Musique", sorti il y a un peu plus d'un an, n'était pas une folie passagère. Sur "Assembly", Theatre of Tragedy fait table rase sur son passé doom et dark metal. Définitivement selon les propres paroles de certains membres du groupe. "Automatic lover", qui fera sensation sur les dance floors, ouvre "Assembly" assez joliment. Pourtant, c'est la déception qui attend l'auditeur au fil de l'écoute de cette plaque. En fait, la formation tente d'ouvrir les portes d'un univers musical au sein duquel indus, goth, électro, métal et même trip-hop vivraient dans une harmonie parfaite. Mais la manœuvre n'est pas toujours très adroite. Le band de la blonde Liv Kristine Espenaes nous avait habitués, lors de ses précédents opus, à ne jamais faiblir de la plage d'ouverture au dernier morceau. Et en particulier tout au long du grandiose "Aegis". Moins de précipitation, une utilisation plus subtile des machines, et surtout une attention plus pointue apportée aux compositions auraient sans doute rendu "Assembly" plus méritoire. Pour peu, on croirait que les Norvégiens sont tombés à court d'inspiration ou encore qu'ils recherchent quelque part un succès davantage commercial qu'artistique. Quatre titres seulement, excellents par ailleurs, se démarquent de l'ensemble. Insuffisant, nettement insuffisant pour un groupe d'une telle valeur !

 

Supergrass

Life on other planets

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Gaz Combes, Mickey Quinn et Danny Goffey ont le sens de l'humour, c'est une certitude. Leurs frimousses leur ont valu d'être comparés à des évadés de la planète des singes ? Et bien, pour répondre à ces allusions, ils n'ont pas hésité à intituler leur nouvel opus : la vie sur les autres planètes. Et d'y aborder la science fiction à travers les lyrics futuristes de leurs nouvelles chansons. " Life on other planets " constitue donc le troisième elpee du trio d'Oxford. Qui démarre par deux fragments enlevés, empreints de spontanéité et de fraîcheur, hérités en ligne droite des Undertones et des Buzzcocks, comme ils en sont coutumiers : " Za " et " Rush ". Car le reste de l'opus a pris une tournure différente. Davantage new wave, d'abord. C'est tout à fait évident chez "Never done nothing like that before", une plage dont le profil sauvage, tempétueux, post punk, me fait penser à un certain Magazine. Et puis sur " La song ". A cause du climat menaçant entretenu par ce groove viscéral digne des Stranglers. Enfin, " Brecons beacons " adopte carrément un tempo néo ska. Après avoir passé en revue les sixties et les eighties, Supergrass ne pouvait snober délibérément les seventies. Mais ici, l'héritage a été essentiellement puisé dans le glam de T Rex. A l'instar de " Seen the light ", un fragment caractérisé par ses giclées de riffs de guitare et par ses backing vocaux féminins. Du single " Grace " également, contaminé par son chorus irrésistible. Glam toujours, l'excellent " Get up " lorgne davantage vers Mungo Jerry que vers Marc Bolan, alors que " Funniest Thing " fait plutôt les yeux doux au Roxy Music des débuts. Le Floyd, le Genesis de Peter Gabriel et les Beatles n'ont pas été non plus épargnés. Les Fab Four, à cause des harmonies vocales ondoyantes, diaphanes, limpides, adoptées sur la première partie de " Run ", un peu comme sur la seconde face le l'elpee " Abbey Road ". Le tout bien sûr traduit dans un langage britpop aux accents Supergrass. Excellent!

 

Superjoint Ritual

Use Once and Destroy

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On connaissait la passion de Phil Anselmo, chanteur de Pantera, pour les ‘herbes qui font rire’ ; mais on n'a jamais imaginé qu'il aurait été capable un jour de créer un projet parallèle dont le nom fait l'apologie de la marihuana. Extrêmement prolifique, le grand tatoué profite de ses heures creuses entre ses activités au sein de Pantera, Down et Necrophagia, pour monter un autre projet 100% métal avec la complicité de ses potes de Eyehategod et de Corrosion of Conformity. Inutile de préciser que l'intensité et la brutalité sont au rendez-vous! Superjoint Ritual va bien au-delà des limites du heavy bien gras, rendant hommage aux héros des seventies : de Black Sabbath à Dead Kennedys, en passant par Mountain et Black Flag. On retrouve même une touche solidement hard core sur des titres plus rapides tels que "All Our Lives Will Get Tried", ou le bigrement efficace "4 songs" ; mais le tout reste parfaitement cohérent. De toute évidence, ces mecs sont des musiciens bourrés de talent et de folie. Un futur classique dans la carrière déjà très riche du sieur Anselmo.

 

Swayzak

Groovetechnology vo1.3

James Taylor et David Brown du duo Swayzak ne sont pas inconnus des amateurs de techno et de deep house minimalistes (voir leur dernier album en date, " Himawari "), mais leur travail de DJ's, lui, semble plus confidentiel. Ce mix pour le label Groovetech devrait réparer cette injustice, puisque les deux compères s'avèrent de brillants " metteurs en son ", superposant et mélangeant la crème du dub-électro (Basic Channel, Maurizio, Ricardo Villalobos,…) en une longue complainte méditative proche des travaux de mix de Richie Hawtin (à cet égard, l'écoute de " DE9 - Closer To The Edit " paraît indispensable). En alternant morceaux tranquilles (" Monolake ", " Convextion ",…) et titres aux beats plus soutenus (" Headgear ", " Ellen Allien ",…), Swayzak réussit là où Mills et Hawtin excellent : dans l'hypnose extatique, le " présent infini ", la répétition d'une boucle hallucinatoire qui vous transporte au septième ciel. Mais attention, ce n'est qu'un mix, une compilation, auxquels manque finalement l'essentiel : la dimension collective et festive. Alors tous en club, et faites péter la musique !

 

Swearing At Motorists

This flag signals goodbye

Écrit par

Issu de la scène indépendante de Dayton (Ohio) du début des 90's, Swearing At Motorists a enregistré à ce jour une poignée de singles et d'Eps, deux mini elpees et deux albums. Un groupe dont la musique a souvent été comparée à celle de Guided By Voices. Mais franchement, si c'est le cas, c'est du côté des doigts de pieds. En fait Don Fraser, qui a cédé depuis ses baguettes à Joseph Siwinski, a été l'ingénieur du son de GBV ; et puis Dave Dougham, le leader de SAM y a sévi tout un temps. Ce qui explique sans doute cette analogie.

Pour mettre en forme " This flag signals goodbye ", SAM a fait appel à Brian Mc Tear (Matt Pond A, The Trouble with Sweeney). Un disque découpé en 14 fragments à l'honnêteté douloureuse et à la simplicité désarmante. Mais trempé tantôt dans la lo-fi électrique, tantôt dans la lo-fi acoustique. Un style introspectif, aride, alimenté par les motifs de guitare capricieux et le drumming clair (NDR : parfois d'un banjo !), qui permet au chanteur/compositeur Dave Dougham d'épancher de sa voix ample, capable d'osciller du délicat au sinueux en passant par le baryton profond, tout son venin lyrique.

Entrecoupé de l'un ou l'autre interlude instrumental, l'opus recèle un fragment de psyché/pop/rock contagieux (" Anything you want "), un autre plus climatique, caractérisé par une succession de changements de rythmes (" The real thing "); et puis une composition bouleversante, enrichie par la trompette de Kurt Wunder, intitulée " Room full of you ".

 

Sybarite

Nonument

Écrit par

Signé chez 4AD, Sybarite (alias Xian Hawkins) a réuni une sélection de titres commis dans le passé, pour concocter son premier album. Des morceaux parmi lesquels on retrouve quelques singles, des fragments parus sur différentes compilations et l'un ou l'autre remixe devenu aujourd'hui quasi introuvable. Toutes des compositions parues en leur temps sur les labels Static Caravan, Emanate ou Zelectronic. Pour ceux qui ne connaîtraient pas bien Xian Hawkins, sachez que ce multi-instumentiste, mais également producteur et compositeur, avait écrit la bande sonore originale du film d'horreur de série B, " Kill me tomorrow ".

Contrairement à la plupart de ses enregistrements précédents, quelques plages de ce " Nonument " impliquent des vocaux. Assumés par Brooke Williams et Gregory Kenney. Mais en filigrane, ils se fondent parfaitement à la texture sonore. Une texture sonore hybride, fruit de la rencontre entre électronique organique, mais également synthétique, et instrumentation conventionnelle (basse, guitare acoustique et électrique, trompette, piano, violoncelle). Avec pour résultat une musique atmosphérique, visionnaire et complexe qui aurait pu naître d'une collaboration entre Ryuichi Sakamoto, Brian Eno et David Sylvian (NDR : dans ses moments les plus éthérés !). Mais une musique atmosphérique qui pulse au rythme des samples de cordes distordues ou des rythmes tendus, à la précision mathématique. Un bien bel album !

 

Robil Sylar

Bust out

Écrit par

Ce guitariste texan est totalement inconnu chez nous. Il est pourtant un vétéran des scènes locales. Il a débuté à Austin en 69. Au sein de Kracker Jack. Qui impliquait Uncle John Turner à la batterie et Tommy Shannon à la basse.

Dès l'ouverture, c'est l'explosion. Un début détonnant, furieux, très surf music, pour la plage titulaire, instrumentale de surcroît. Robin maintient un rythme aussi soutenu pour attaquer "Louisiana Lava man". Il chante d'une voix un rien criarde, mais il y croit. Le trop plein d'énergie hante Mr Sylar, un peu dans l'esprit de Cub Coda. "Dynamite Nitro" passe au Memphis R&B et au funk. La guitare se fait plus classique avant de se divertir. Dans le même registre "Dux" trace des lignes de guitares, à la manière d'Albert King, avec ce zeste de démesure que favorise l'ami Sylar. Le schéma est semblable pour l'hilarant "Bertha Lu". Robin s'amuse follement sur son manche. Il essaime des divertissements surf, pendant que Phil Bennison chante. Responsable des effets sonores et des bruitages étranges qui parsèment "Bust out", il adore manifestement jouer sur les sons. "Scratchy" est une nouvelle plage instrumentale. Assez personnelle, mais à la sonorité métallique, elle est agitée par un maximum de percussions, et offre un break, pour le moins inattendu, de cornemuses bien écossaises. Shuffle servi brûlant, "Wild cherry" se situe bien au cœur du Texas. La guitare y hurle de bonheur. Slow blues sulfureux, "Delivery boy" bénéficie d'une fort belle introduction de cordes et d'un smoking solo. Beaucoup d'instrumentaux sur cette plaque. A l'instar de "Double dip", caractérisé par un phrasé de guitare inspiré par Freddie King. "Steel trap" et "Wild angels" également. "Queen of the hop" est un shuffle construit à la manière de Stevie Ray. Et pour mon plus grand plaisir, cette plaque recèle une reprise du tonique "Made up my mind" ; un titre du Savoy Brown qui date de l'extrême fin des sixties, c'est à dire l'époque de "Raw Sienna". Ce chouette album s'achève par "Flashback", un très long morceau qui fait l'étalage des compétences de ce guitariste.

 

Spoon

Kill the moonlight

Écrit par

Ce quatuor texan (Austin) vient d'enregistrer son sixième album. Un disque dont la solution sonore capricieuse, aventureuse et complexe ne néglige jamais l'aspect mélodique. A un tel point qu'elle en devient parfois contagieuse (NDR : autrement dit, au bout de quelques écoutes, les chansons n'en finissent plus de trotter dans votre tête). Pourtant, côté références, Spoon n'y va pas avec le dos de la cuiller ( !?!?!?). Oscillant de Wire aux Modern Lovers, en passant par Young Marble Giants, Split Enz, Bowie, les Beatles, Led Zeppelin, Booker T, les Pixies, Elvis Costello période Attractions et les Faces. Sans oublier Badly Drawn Boy et Aphex Twin, histoire de ne pas seulement regarder dans le rétroviseur. Et on n'est jamais au bout des surprises. A l'instar de " Stay don't go ", à la fois minimaliste et imprimé par une boîte à rythmes terriblement humains. De " Paper tiger ", sorte de clin d'œil à " An Englishmen in New York " de Godley & Creme ; ou encore de l'anti ballade légèrement psyché, " Vittorio e ". Enfin, si le timbre vocal âpre, nasonnant, de Britt Daniel campe toujours un hybride entre celui de Costello (NDR : encore !) et de Roddy Woomble (Idlewild), les claviers et le piano sont beaucoup plus présents. Etonnant !

 

Bruce Springsteen

The rising

Écrit par

L'E Street Band n'avait plus participé à la confection d'un album du boss depuis 1984. En 1995, il avait bien apporté son concours à l'enregistrement de trois inédits, destinés à enrichir un " Greatest hits ". Et puis en 1999, il avait également accompagné Bruce pour une tournée, ponctuée de l'opus " Live in New York City ". Mais pour le reste, Springsteen s'était depuis toujours passé de leurs services. Tallent, Clemmons, Weinberg et plus surprenant, les guitaristes Van Zandt et Nils Lofgren sont de la partie. Surprenant, car Lofgren avait remplacé Van Zandt, en 1984, juste avant que le groupe n'entreprenne une gigantesque tournée mondiale. Ils jouent ici ensemble. Et la râpe de Nils (NDR : faut pas oublier qu'il a joué avec Neil Young ; et en particulier participé à son chef d'œuvre " After the gold rush " !) fait des ravages sur deux morceaux de l'elpee : " Countin' on a miracle " et le remarquable " Worlds apart ", une chanson qui conte l'histoire des amours d'un soldat américain avec une musulmane, et qui bénéficie du concours d'Asif Ali Khan (tablas, harmonium, chœurs). Bruce Springsteen a toujours été l'interprète des joies et des peines des gens simples et des banlieues américaines. Ses lyrics en sont le plus parfait témoignage. Ce sont ses fans qui l'ont interpellé pour qu'il réagisse face aux événements du 11 septembre. " The rising " rend donc un hommage à la mémoire des disparus de ces attentats. Pas question ici d'incitation à la révolte prolétaire, mais un album photo de destins individuels. Tout ceci avec retenue et surtout dignité. Bref, si on ne peut pas parler d'album exceptionnel, il faut reconnaître que " The rising " est de bonne facture et surtout bien équilibré, alternant titres solides comme le rock, compositions tendres et délicates (" Nothing man " et " Empty ky "), plages hymniques (" Lonesome day ",…) et puis fragments marqués par la soul (celle de Sam Cooke sur " My city of ruins ") ou balayés de chœurs gospel. Le tout, bien évidemment, dominé par la voix âpre et virile de Springteen. Produit par Brendan O' Brien (Aerosmith, Korn, Limp Bizkit, Pearl Jam), cet elpee intègre également quelques boucles synthétiques et puis, plus étonnant encore, quelques orchestrations de cordes…

 

John Squire

Time changes everything

Écrit par

Il y a cinq bonnes années que l'ex-guitariste et co-compositeur du légendaire Stone Roses n'avait plus rien enregistré. C'était en compagnie de Seahorses, pour l'album " Do it yourself ". Un groupe qui, nonobstant le succès plutôt confortable, ne parvint pas maintenir le cap. John nous revient donc avec un opus solo. Pour lequel il se réserve la guitare et pour la première fois le chant. Si sa technique à la six cordes est toujours très au point, il a le bon goût de ne pas trop en rajouter, histoire d'apporter davantage de corps aux chansons plutôt que de les dominer. Vocalement, son timbre aigre me fait surtout penser à un hybride entre celui de Peter Perrett (Only Ones) et de Tom Verlaine. Mais en épousant les inflexions de Bob Dylan, sa voix devient rapidement lassante. D'autant plus que les lyrics sont assez pauvres. L'elpee l'est tout autant. Hormis le single tempétueux " Joe Louis ", " I miss you " au souffle bluesy troublant, le plus complexe " Welcome to the valley ", " Strange feeling ", tramé sur une slide douloureuse et calqué sur " You can't always get what you want " des Stones, ainsi que le presque psychédélique (Mojave 3 ?) " Transatlantic near death experience ", on reste sur sa faim. Ni funk, ni punk, ni house à se mettre sous la dent. La pitance sonore se contente de tremper dans un folk rock sans grande saveur, réminiscent d'un Tom Petty des mauvais jours.

 

Star Club West

Oh Dry Blue Menthol

Produit entre autres par Rudy Trouvé, le trio Star Club West propose une pop sans additifs mais pas sans colorants. Pas que leurs morceaux manquent de peps, bien au contraire : " Linda Trip " rappelle Metal Molly, " Chamonix " sonne comme du Fence sous la neige et " Karma " invite Sonic Youth à croiser les manches. Bonne mixture sans chichis mais jamais banale ni barbante, leur folk-rock mélancolique confirme la bonne santé de nos voisins flamands. A noter qu'avec l'ex dEUS à la console, difficile de tomber à court d'idées… En tout cas, bienvenue au club !

 

Bob Stroger

In the house

Écrit par

Le label Crosscut vient de prendre l'excellente initiative d'éditer une série fort intéressante d'elpees enregistrés en public. Intitulés "In the house", ils ont été enregistrés en Suisse, dans le cadre du Lucerne Bues Festival. Un soir de novembre 1998, la scène était occupée par de véritables routiers du Chicago Blues, venus apporter la bonne parole! Le vétéran Bob Stroger est un gentleman du blues. Il est originaire du Missouri mais vit à Chicago depuis 1955. Il s'est très rapidement converti au blues. Pendant une quinzaine d'années, il a participé à l'aventure d'Eddie King & the King Men ; mais au cours des années 80, il a embrassé une carrière de musicien freelance. Ce qui lui a permis de côtoyer les meilleurs bluesmen : depuis Otis Rush à Sunnyland Slim, en passant par Jimmy Rogers et quelques autres ; et d'enregistrer en compagnie de la crème de la scène blues chicagolaise. A l'instar de Billy Flynn et de James Wheeler, il a sévi au sein de la première mouture du Mississippi Heat.

Le line up de ses Chicago Blues Legends me donne l'eau à la bouche. Il est constitué, à la base, du Ken Saydak trio ; c'est à dire Ken au piano, Marty Binder à la batterie et Bob à la basse. James Wheeler et Billy Flynn aux guitares, ainsi que Ron Sorin à l'harmonica, complètent le tableau.

Bob entame au chant son "Talk to me Mama", un titre bien saignant qui met en exergue la guitare de Wheeler et l'harmo de Sorin. "The blues is back in town" nous clame Mr Stroger, avant de nous servir un blues à fleur de peau intitulé "Stranded on St Louis", un fragment écrit par Omar Shariff, au cours duquel tous les musiciens sont parfaitement en place. J'épinglerai cependant le rôle joué par Ken Saydak ; un rôle semblable à celui qu'Otis Spann exerçait pour Muddy Waters, c'est à dire tantôt dans l'ombre, tantôt sur le devant de la scène, mais du début à la fin brillant, discret et toujours efficace. Ken opéra ses débuts chez le groupe de Mighty Joe Young, avant de rejoindre celui de Lonnie Brooks. Il participa également à des sessions pour Johnny Winter, avant de former Big Shoulders, en 1987. Billy Flynn chante le "Lovin' man" de Muddy Waters. Il n'oublie pas d'y inclure une bien solide partie de slide. Flynn est un guitariste blanc qui fut découvert par Jimmy Dawkins. Ce musicien très apprécié et très sollicité à joué depuis avec le Legendary Blues Band, Mississippi Heat, Kim Wilson et Otis Rush. "Extension 309" marque le retour du blues lent et prenant. Un morceau composé, chanté et interprété par James Wheeler ; un musicien qui a longtemps joué pour Otis Rush et Willie Kent & the Gents. James chante aussi le très rythmé "Gonna make some changes". Le rythme emprunte celui du chemin de fer tout au long de "Loan me train fare", une plage qui souligne les qualités de l'harmoniciste Ron Sorin. Un musicien fort proche de Ken Saydak. Il a participé à son album "Foolish man", paru sur Delmark, et fit aussi partie de Big Shoulders ainsi que du backing group de Johnny Winter. "Heads up" est un instrumental signé Freddie King, il est interprété à la manière de ….Freddie K. Ken Saydak adore les envolées rythmiques de la Nouvelle Orléans. Il le démontre à travers sa version du "Thinking and drinking" d'Amos Milburn. Il le chante d'une voix chaude et ravagée, dans le même style que son "Watching the river flow", paru sur son album "Love without trust". Un disque édité également chez Delmark. Ecrit par Jimmy Rushing et un certain Count Basie, le somptueux "Going to Chicago" constitue le dernier blues lent. L'album s'achève par un vigoureux "Keep your hands off her". Une heure d'excellent Chicago blues classique!

 

Stuurbaard Bakkebaard

Chuck !

Ce trio guitare/contrebasse/batterie vient de Hollande ; et pourtant on le croirait tout droit débouler d'Anvers, tant ses accointances avec nos groupes fétiches (dEUS, Think Of One et surtout Zita Swoon) sont flagrantes. Même souci d'acoquiner blues, pop et country, de donner la fessée aux clichés, d'envoyer s'écraser le rock trop poli sur les murs capitonnés des musiques les plus déglinguées, de Tom Waits à Captain Beefheart. Véritable auberge espagnole où les pensionnaires s'appelleraient Soul Coughing (« Où est le bon », cherchez le lien) , Johnny Cash ("Willytone") voire le John Spencer Blues Explosion ("Bank Account"), la musique de Stuurbaard Bakkebaard accuse parfois le trop-plein d'influences, mais ne baisse jamais la garde. Et en chantant aussi bien en flamand qu'en français (plus l'anglais), ce trio n'a pas peur des frontières linguistiques. Une bonne leçon pour tous nos chers artistes, frileux en la matière. Roots, nerveux, chaleureux, ce "Chuck !" est un sacré compagnon de biture et un parfait remède à la morosité.

 

Suede

A new morning

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Souffrant, le claviériste Neil Codling a donc été remplacé par un deuxième guitariste, qui répond au nom d'Alex Lee. Facile donc d'imaginer que Suede en soit revenu à une formule plus électrique. Pas du tout. Hormis le très enlevé " Street life " (Roxy Music ?), une superbe chanson sordide, up tempo, tempétueuse, presque britpop, traversée par un harmonica cinématique, intitulée " Obsession ", et " Beautiful lover ", dont les arpèges méticuleusement tissés font immédiatement penser au style que pratiquait Bernard Butler, l'électricité est toujours aussi discrète. Ce qui n'empêche pas ce disque de receler quelques chouettes compositions. Et je pense tout particulièrement au hit single " Positivity ". Pur jus Suede, il est enrobé de somptueux arrangements de cordes. Tout comme le tendrement folk " Lonely girls ". Si l'hymnique " One hit to the body " ou encore le ‘lennonesque’ " Astro girls " ne manquent pas d'allure, le reste s'enlise un peu trop facilement dans la balade sirupeuse. Dépouillée aussi. Un dépouillement qui ne sied guère à des chansons aussi nonchalantes (NDR : qui a dit soporifiques ?). Je me demande même ce que Stephen Street est venu faire à la production. Il avait pourtant pris le relais de Tony Hoffer, dont la bande à Brett Anderson, n'était pas satisfait. Mais en participant à la mise en forme d'un opus trop inégal, il n'a certainement pas enrichi sa carte de visite…

 

Sunstorm

The Comeongohigher (Ep)

Originaires de Los Angeles, les musiciens de Sunstorm n'ont rien perdu de cette propension typiquement West Coast à toujours en rajouter (souvenons-nous des Grateful Dead et de tous leurs aficionados) : on a donc droit ici à un rock un peu rétro, lorgnant du côté des Rolling Stones (la voix), des Doors (l'orgue Hammond) et, donc, de l'acid rock (le titre du CD). Le son est léché. Le slow Mojave's Town est d'enfer. Le tout s'écoute avec plaisir. Mais c'est quand même moins bien que Spiritualized.

 

Superbox

Sissy Boy (Ep)

Ce sympathique trio de pop-rock nous vient d'Hasselt, encore que ses influences sont clairement à chercher de l'autre côté de l'Atlantique, auprès des mélodies sucrées de Weezer, Fountains of Wayne et des Lemonheads. Depuis ces derniers mois, une pléthore de groupes flamands clame leur amour de la chanson pop bien écrite, de Lemon à Starfighter en passant par Zornik. Espérons seulement qu'il ne s'agit pas d'une vague musicale destinée à se briser sur les barrages de l'indifférence générale, surtout du côté francophone.

 

Songs : Ohia

Didn´t It Rain

Songs : Ohia fait partie de ces groupes qui cultivent une certaine mélancolie suicidaire, à bout de nerfs, proche de la litanie, mais sans tomber dans le misérabilisme chronique. Comme Bill Callahan et Will Oldham, Jason Molina chante d'une voix fatiguée des histoires pas gaies, portées fébrilement par quelques accords bancals et une batterie enrhumée. Comme tableau, on fait difficilement plus pathétique, et pourtant : les chansons de Songs : Ohia émeuvent, bouleversent. Quand Jason Molina répète inlassablement qu'il est " paralysé par le vide " (sur " Blue Factory Flame "), on se surprend à fredonner la gorge serrée, comme si notre vie en dépendait. Neil Young, Nick Drake, Willie Nelson sont évidemment passés par là. Des traces de leurs chansons et de leurs voix en témoignent sur ce disque, fantômes d'une ère où le rock s'alimentait encore aux sources du Delta blues et du Mississippi. Songs : Ohia a su faire siennes ces influences, intégrant dans son répertoire du bluegrass, du folk, de la country. Et si Jason Molina semble chanter avec des béquilles, c'est pour mieux se relever, toujours, et l'espoir d'apparaître enfin. Sa musique alors se teint d'une aura presque mystique, à laquelle il est difficile de ne pas succomber.

 

Sonic Youth

Murray street

Écrit par

"Murray street" est donc le titre du 16ème album officiel de Sonic Youth. Mais c'est également le nom de la rue qui abrite le studio au sein duquel il a été enregistré. Une artère adjacente aux tours jumelles de New-York, qui ont été détruites le 11 septembre 2001. Un choix qui peut se comprendre, lorsqu'on sait que les membres du groupe sont new-yorkais ; et ont donc été très marqués par ces attentats.

Pour réaliser cet opus, la formation a reçu le concours de Jim O' Rourke. A la production, à la guitare et aux claviers. Une collaboration que le compositeur expérimental avait déjà apportée dans le passé. Mais la nouveauté procède de sa nouvelle implication. Non seulement il accompagne le combo pour leur tournée mondiale, mais il se chuchote qui deviendrait le cinquième membre du band.

Mais venons-en à cette nouvelle plaque. Découpée en sept fragments, elle réalise le parfait compromis entre les noisy " Sister ", " Daydream nation " et " Dirty ", et l'énergie ainsi que le dynamisme développés sur " A thousand leaves " et " NYC ghosts & flowers ". Compromis, mais pas compromission, car si les mélodies sont beaucoup plus contagieuses, leur construction est toujours aussi peu orthodoxe. Tramées, tout au long de ce " Murray street " sur le dialogue échangé entre les trois guitares. Trois fois six cordes qui se conjuguent avec une redoutable efficacité, nous entraînant dans un périple psychédélique, pour ne pas dire noisy. Bienvenue, donc dans l'univers du psychédélisme. Celui de la west coast de la fin des sixties et du début des seventies. Pensez à Greateful Dead. Mais également à David Crosby, lorsqu'il avait commis le fabuleux "If I could only remember my name". C'est tout à fait évident chez "Disconnection notice". De la fin des eighties, également. Le spectre de My Bloody Valentine hante ainsi le croustillant " Rain on tin ", les onze minutes de " Karen revisited ", dont le final scintille d'un feedback ultraviolet ou encore " Sympathy for the strawberry ", imprimé cependant sur un tempo métronomique. Plus éthéré encore, " Radical adults lick godhead style " frôle la nébuleuse King Crimson, lorsqu'elle était encore proche de la galaxie " Lark's tongue in aspic ". Reste deux titres qui vont à contre-courant de cette impression générale. Tout d'abord la chanson élégante et fruitée " The empty page " ; et enfin le punkysant, 'pjharveysque' " Plastic sun ". Ah oui, j'allais oublier : les vocaux si caractéristiques accordés alternativement pat Kim Gordon et Thurston Moore sont toujours du même tonneau. Epatant !

 

The Sound

From the lions mouth

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Adrain Borland s'est donc donné la mort en avril 99. Sa carrière solo a été un véritable fiasco. Et ses aventure successives chez les Outsiders et chez le Sound, au sein desquels il était le leader/compositeur/chanteur/guitariste n'ont pas eu le succès mérité. Celle du Sound s'est terminée en 1988. En compagnie duquel il a commis huit albums et une poignée de singles. Dont ce " From the lions mouth ", paru en 1981 ; et qui fait aujourd'hui l'objet d'une réédition en compact disc. Dix fragments plus un morceau caché, qui n'est autre que le single " Hothouse ", commis également la même année.

A l'aide d'une structure instrumentale classique (basse, batterie, guitare, claviers), le Sound développait une structure sonore dense, lyrique, mélancolique, mais tellement bouleversante. Une structure ‘cold wave’ sur laquelle la voix tendre et intense d'Adrian collait à merveille. Mais victime de l'ignorance collective, ce groupe n'atteindra jamais le statut d'Echo & The Bunnymen ou de Joy Division auxquels il était parfois comparé.