La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Plajia

Fetch

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Plajia nous vient de la rive sud de Montreal, au Canada. Un projet monté par Patrick Pleau. Il compose, chante, joue de la guitare sèche et du piano. Pour enregistrer ce premier album, il a quand même reçu le concours de Bryan Ortiz à la basse, de Denis Charbonneau à la guitare électrique, de Jean-François Lefoll aux drums et percussions ainsi que de Philippe Leclecq-Gagné au violon. Il a également collaboré au mixing et à la mise en forme, en compagnie du producteur Jocelyn Poitras. La musique de Plajia est atmosphérique (NDR : pour ne pas dire cérébrale). Dans ses moments les plus planants, elle pourrait incarner le fruit d'une rencontre hypothétique entre un Godspeed You ! Black Emperor non violent et un Sigur Ros qui aurait délaissé ses archets (sauf celui du violon) au profit d'une texture sonore tramée entre instrumentation acoustique et traditionnelle. Une impression accentuée par le falsetto de Patrick, qui me fait plus penser à Jon Thor Birgisson qu'à Thom Yorke. D'autant plus qu'il y vocalise, plutôt que d'y chanter. Même sur " Artificial born killer ", le seul fragment chargé d'intensité électrique. Sous sa forme la plus conventionnelle, Plajia lorgne plutôt vers la britpop. Davantage celle d'Unbelievable Truth que de Radiohead. Encore une fois parce que l'instrumentation acoustique prend le pas sur les interventions plus électriques. Et puis à cause de la voix de Patrick, dont le timbre au naturel n'a plus rien de surnaturel. A l'instar du contagieux " Sleeping " et du reptilien " Fetch " (OK Computer ?). Et puis curieusement chez " Love song for everyone ", déchiré entre douceur et agitation, comme à la belle époque du postcard des Pastels. A suivre. Et de très près !

 

The Plan

The Plan

Écrit par

A l'instar des Strokes et des White Stripes, ce quatuor suédois semble attiré par le garage/punk des sixties. Celui des Seeds et des Standells, en particulier. A cause des claviers poussiéreux, des riffs de guitare plaqués et puis du tempo enlevé. Et il le démontre sur plusieurs fragments de cet opus. Pourtant, The Plan me semble le plus efficace, lorsqu'il aborde les ballades rythmn' blues/soul. A l'instar de " Foggy days ", de " Let's leave " ou encore de " Daybreak ". Des fragments hantés par le spectre des Animals, mais interprétés avec la même intensité et la même douleur malsaine que chez Afghan Whigs. Seul hic, la voix du chanteur, un peu limite. Il n'a pas le timbre de Greg Dulli. Aussi, tant qu'il ne se met pas hurler, elle passe bien la rampe. Dans le cas contraire, elle écorche littéralement les oreilles. Paul Westerbeg, par exemple, n'a jamais eu une voix exceptionnelle, mais il est toujours parvenu à tirer parti de son timbre râpeux, enroué. Et justement, les Replacements ont plus que probablement eu une influence majeure chez The Plan. Il suffit d'ailleurs d'écouter " Slow fall " pour en être convaincu. Sur cet elpee, on a quand même droit à un exercice de style dans le jazz/punk (" Do something "), un fragment de folk jazz abordé dans l'esprit de Chris & Carla (" My thing "), une ballade hymnique à connotation celtique (" The days just glide in "), un morceau intimiste, indolent (" Skies above "), et puis un titre plus pop, qui pourrait être facilement traduit en single (" Fell a mile "). Si The Plan cherche encore sa voie (NDR/ sa voix ?), il est incontestable que lorsqu'il l'aura trouvée, il deviendra un des fleurons de la scène scandinave…

 

Robert Plant

Dreamland

Écrit par

Depuis le split du Led Zeppelin, consécutif au décès du drummer John Bonham, Robert Plant s'est évertué à multiplier les expérimentations dans le domaine du folk, du rythm'n blues, mais surtout de la world music. Avec pour conséquence une volée de bois vert émanant de la frange la plus conservatrice (NDR : qui a dit rétrograde ?) des métalleux. Avec le recul, il faut se rendre à l'évidence : Plant avait vu juste. Alors que la plupart de ses contemporains resservent la même soupe depuis plus de 20 ans, Robert a conservé ce goût du risque, au mépris du succès commercial. Pas qu'il ait délibérément craché dans la soupe. Mais parce qu'il a conservé ce souci d'innover. Même sa collaboration avec Jimmy Page a démontré ses limites discographiques. Pas scénique, il est vrai. Surtout lorsque le duo avait eu l'idée géniale d'effectuer une tournée en compagnie d'un orchestre symphonique et d'un ensemble folklorique égyptien. Bref, lorsque l'aventure a été de nouveau au rendez-vous. L'ex chanteur du dirigeable s'est attaqué, à travers " Dreamland " à pas moins de neuf reprises de psyché/blues/folk. Hormis la version décalée et orientaliste du " Hey Joe " de Jimi Hendrix et la fabuleuse adaptation du luxuriant " Song to the siren " de Tim Buckley, le reste est très peu connu du commun des mortels. A l'instar de l'autre cover écrite par Arthur Crudup, qui figurait également au répertoire de Jeff Buckley, l'atmosphérique et envoûtant " Win my train fare home ". Du " Funny in my mind " de Bukka White, embourbé dans les mêmes swamps louisianais que 16th Horsepower. De l'adaptation de " One more cup of coffee " de Bob Dylan, fragment dont la sensualité de feu et de souffre est dynamisée par une six cordes flamenco. Du luxuriant " Morning dew ", signé Tim Rose. Du funk blanc presque 'zeppelinien' " Last time I saw her ", de Gordon Lightfoot, et de l'anti-hymne bouleversant des Youngbloods, " Darkness, darkness " (NDR : une compo qui date de 69 !). Sans oublier le clin d'œil adressé au " Pinball Wizard " du Who, à travers le final " Skip's song " des Bottle Rockets. Quant au seul et véritable titre écrit par Plant (le blues spectral et slidé " Red dress "), il est de la même trempe. En fait, tout en s'immergeant dans la culture orientale, Plant exerce un contrôle mystérieux et efficace sur chaque adaptation. Grâce à sa voix qui a considérablement mûri. Et puis en s'appuyant sur un solide backing group, le Strange Sensation, au sein duquel on retrouve l'ex Cure Porl Thompson. Enfin à travers des expérimentations électroniques (NDR : y compris les arrangements orchestraux) qu'il mène avec beaucoup de feeling et d'à propos. En quelque sorte, il a repris son bâton de pèlerin, là où il l'avait laissé après " Fate of nations ". Du grand art !

 

Pleasant Grove

Auscultation Of The Heart

La country de Pleasant Grove sent bon le Midwest sauvage, là où Pat Garrett et Billy le Kid livraient un duel à mort, il y a trente ans, dans le film éponyme de Sam Peckinpah. Dans ce chef-d'œuvre justement, on retrouvait Bob Dylan en cow-boy mystérieux, scrutant l'action tel un ménestrel fantôme, chantant parfois, comme le fait ici Marcus Striplin. Billy le Kid, lui, était interprété par Kris Kristofferson, dont le " Me and Bobby McGee " est devenu presque aussi célèbre que les premiers albums de Dylan. Tout ça pour dire que " Auscultation Of The Heart " sonne comme un croisement fiévreux entre la BO dudit film et les compos racées de son acteur principal, avec parfois quelques pointes plus pop (" Only A Mountain ", entre un Pixies country et Grandaddy). Les pieds bien au plancher, Pleasant Grove nous gratifie donc d'une musique plaisante, entre légèreté et sophistication. Pas de quoi fouetter un chat en plein désert texan, certes, mais suffisamment bon pour titiller tout amateur d'" alternative country " digne de ce nom.

 

Pleymo

Episode 2: Medicine Cake

Écrit par

Quelque part entre la fureur des coups de Jet Li, les crissements d'un hachoir sur un mur d'acier et les pas d'un Meccha sur le béton d'une méga cité en panique, vient exploser le second album des français de Pleymo. Et les riffs ne cessent de résonner, les mélodies de s'insinuer au fond de l'esprit. Lourde, très lourde, la machine Pleymo est lancée à pleine vitesse, comme cela ne s'était jamais produit dans l'hexagone, depuis la sortie de l'illustre dernier album de No One is Innocent. Dès sa formation en 97, Pleymo a su instaurer la résistance à l'ennui et au formatage, en cultivant une attitude et un esprit représentatif du fourneau de ces cultures qui font aujourd'hui bouillonner la scène métal française là où on ne l'attend pas. Une ouverture d'esprit aux nouveaux sons, allant du hip hop underground à l'électro en passant par le métal le plus extrême. Une démarche qui a pu amener les membres du combo à croiser Deftones, Incubus, et autres seigneurs de l'arène néo métal tels Korn ou Mass Hysteria. Ainsi, ce nouvel opus impose le respect, grâce à une maîtrise parfaite de la hargne, du groove lourd et taillé au rasoir, et surtout de l'incroyable travail mélodique apporté à des titres comme "New Wave", le premier single. Pleymo vient de créer son propre style, sans prétention. Un complexe neuronal qui résulte d'une fusion entre les styles de Cypress Hill, Slipknot et Linkin Park. Du béton pour les amateurs de néo métal!

 

Porcelain

I've Got a Really Important Thing to Do Right Now But I Can't Do It Cause I'm Asleep

Originaires de Normandie, les quatre ténébreux musiciens de Porcelain ont le caractère fougueux et indécis des adolescents qui en veulent : en témoigne leur musique, partagée entre la violence cataclysmique de sacrées bouffées d'adrénaline et l'introspection des paroles et de certains refrains. De ce point de vue, Porcelain se rapproche de Godspeed You Black Emperor ! Bref de tous ces groupes pour qui le calme vient après la tempête, et vice-versa. Musique salutaire, bâtie sur des bases solides (guitares, basse, batterie) mais jamais à l'abri des pires déflagrations, le trip Porcelain vaut son pesant d'or. Si vous n'avez rien d'important à faire, écoutez ce disque.

 

Elvis Presley

30 #1 Hits

Elvis est apparu comme un grand artiste, un grand rocker, un grand colporteur de guimauve, un grand bourreau des cœurs, un grand raseur, un grand symbole de puissance, un grand cabot, un grand chic type’ : à cette énumération de Greil Marcus (dans son livre séminal, Mystery Train, p. 165), on pourrait rajouter une grande valeur boursière, un énorme gagne-pain pour bon nombre de maisons de disques actuelles. Dernière opération marketing en date : éditer ses 30 numéros 1 sur un seul CD, pour faire péter le tiroir-caisse et tenter de battre à plate couture les Beatles, les Stones et Jésus. Trente n°1 : mieux que n'importe quelle rock-star (ou country-, folk-, etc.), Elvis a cartonné en haut des charts pendant plus de dix ans, jusqu'au faisandage à Graceland. Régime coke, médocs et pétage de plombs, paranoïa et aller simple pour le paradis. Sauf qu'Elvis est toujours parmi nous, et cette compile en est la preuve : dans les magasins, sous le sapin, à la radio, à la télé, dans les veines des jeunes stars du rock'n'roll 2002, et même dans la techno (" A Little Less Conversation " de Junkie XL, ici en bonus) ! ! ! Elvis est partout, et il clame : " Il faut que jeunesse se passe ", et surtout qu'elle achète ce disque, parce que, nom de…, tous ces titres sont de sacrés tubes, le genre de chansons qui font tellement partie du patrimoine artistique qu'on ne sait plus trop quoi en penser. Dommage que la pochette soit si laide, et le livret un bon de commande pour des " Elvis Mousepad ", " Elvis Monopoly " et " Swinging Elvis Motion Clock " (sic)… Passons, pour une fois, sur ces détails abjects, et concentrons-nous encore une fois sur la musique : sublime. LA quintessence du rock, de la soul et du blues. ‘Voici l'histoire d'un homme qui a fait l'Histoire, et qui en a triomphé’ (Marcus, p. 166). Le Roi est mort ? Vive le Roi !

 

Primal Scream

Evil heat

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" Evil heat " constitue le sixième opus de la bande à Bobbie Gillepsie. Un disque sur lequel on retrouve Andy Weatherhall, aux manettes, fonction qu'il n'avait plus remplie depuis " Screamadelica ", c'est à dire leur troisième album. Et il n'est pas le seul à avoir participé à la mise en forme, puisque l'ex My Bloddy Valentine, Kevin Shields, se réserve également une part de la production. En sus des parties de guitares, qu'on reconnaît facilement à leur style abrasif, qu'il dispense sur le garage/punk musclé, au groove hénaurme (MC5 ?), " City ". Un mode sauvage emprunté également par " Skull X ". Et pour tout savoir sur les invités, sachez que Robert Plant est venu souffler dans un harmonica sur le blues électronique, venimeux, " The lord is my shotgun ", défoncé par des riffs électriques, comme seul le Plastic Ono Band était parvenu à le faire, à l'époque de " Cold turkey ". Ex Jesus & Mary Chain, Jim Reid assure le chant pour un autre blues venimeux, mais plus sauvage et sensuel, un peu comme le groupe mythique écossais était capable de nous délivrer. Et enfin la top model, Kate Moss, assure les vocaux sur la cover du " Some velvet morning " de Lee Hazlewood, qu'il avait interprétée il y a des lustres, en compagnie de Nancy Sinatra. Si cette plage constitue un clin d'œil à Nico, elle épouse surtout une forme de PJ Harvey technoïde. Une référence au Velvet Underground qu'on retrouve sur le psychédélique et ténébreux " Deep hit of morning sun ". Et on n'est pas au bout de nos surprises. Viscéral, sauvage, " Rise " pioche dans l'univers de PIL, alors qu' " Autobahn " (NDR : cherchez l'erreur !) renoue avec le krautrock de Kraftwerk et de Neu. Plus infernal, le single " Miss Lucifer " capte l'énergie du punk avant de la recycler dans la musique électronique. Et pour ne pas oublier que Weatherhall est bien de la partie, cette plaque réserve une plage instrumentale, dont la ligne mélodique pourtant claire, presque champêtre, est resculptée dans la house par une basse dub. Du grand art !

 

Programme

L´enfer tiède

Écrit par

Poursuivant leur analyse quasi sociologique de notre société, les deux comparses français de Programme continuent d'asséner, d'ébranler à coup de samples torturés, de guitares assassines, d'un saxe à la rythmique syncopée, ainsi que de paroles à l'acidité et à la justesse inégalées jusqu'alors. Nettement plus sombre musicalement que l'illustre " Mon cerveau dans ma bouche ", " L'enfer tiède " se (con)fond encore et toujours dans notre marécage ambiant. Le résultat est à l'avenant : une claque !

 

ProXima

Music for pleasure

Écrit par

Bien que fondé en 1996, ce trio parisien vient seulement d'enregistrer son premier album. Un disque qui a reçu d'excellents échos dans la presse britannique. Faut dire que le chant est interprété dans un anglais d'excellente facture. Que leurs mélodies sont particulièrement équilibrées et contagieuses, la basse élastique, les drums discrets mais efficaces, et les harmonies vocales soigneusement ciselées. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si le guitariste n'avait pas un peu trop tendance à tirer la couverture vers lui. C'est vrai qu'il a longtemps végété au sein de la scène heavy métal. Et qu'inévitablement il a tendance à en remettre une couche. Pourtant, lorsque ses interventions épousent le fil mélodique, elles passent plutôt bien la rampe. C'est notamment le cas sur le hit potentiel " And now you're a mother " ; un fragment qui évoque une rencontre hypothétique entre le Who, les Troggs et les Beach Boys. Ou encore lorsque l'expression sonore épouse un profil punk pop réminiscent d'Ash. A l'instar de " A life in a day ", du hit potentiel "Boom boom bang bang you're dead", du décapant "Cloud 9". De la même trempe, mais plus proche de ce que réalisait Manic Street Preachers à ses débuts, " French lovers " flirte même avec le glam. Noisy, " You told me lies " et " She's far away " consument une intensité chatoyante. Mais le meilleur titre de cet opus est paradoxalement électroacoustique. Répondant au titre de " You're gonna live into my dream now ", il aurait pu figurer dans le répertoire d'un Swell. A travers " Music for pleasure ", ProXima a eu l'audace de tenter le mariage de styles contre nature. Il y est presque parvenu. C'est déjà une réussite en soi. Suffira à l'avenir de brider quelque peu les dérapages du soliste pour que le combo devienne une des valeurs sûres de la scène pop/rock d'Outre Quiévrain. C'est tout le mal qu'on lui souhaite…

 

Pull

The empire now

Écrit par

Chez la formation bordelaise Pull, on retrouve trois musiciens impliqués chez Calc: Hugo, Julien et David. Un trio qui compte aujourd'hui trois albums à son actif. " The empire now ", constituant son troisième. Découpé en 20 fragments particulièrement courts (NDR : le plus bref dure 38 secondes, le plus long 3'47), il baigne dans une lo fi inspirée par Sebadoh et Pavement. En général. A cause de la dissonance mélodique ( ?!?!?) qui contamine la plupart de leurs chansons. Dissonance fait aussi inévitablement penser à noisy. Et plusieurs plages épousent cette forme bruitiste. Héritée en ligne droite de My Bloody Valentine lorsqu'elle s'aventure dans l'expérimentation. De Ride, quand elle flirte davantage avec la pop. Plusieurs titres démontrent cependant que le groupe cherche à élargir son horizon sonore. A l'instar du presque poscard " Concrete cocks ", que les Pastels auraient pu écrire s'ils avaient adopté la rythmique funk et injecté un zeste de free jazz dans leur solution sonore. De " Normal conversations ", inondé de claviers cathédralesques (Eyeless In Gaza ?). De " My own nightmare ", un instrumental délicatement surf. Du 'beatlenesque' " Crystal ", mais dans l'esprit psychédélique de "Magical Mystery Tour". Du superbe " Wonder ", dont le tempo hypnotique est traversé de strates de guitares au service d'une ballade sonique, un peu comme chez Quickspace. Du boogie blues " Such a beaver ". Et enfin du krautrock " The iron subject " (Faust ? Can ?), caractérisé par sa boîte à ryhtmes métronomiques. En outre, à l'instar de Calc, Pull a le bon goût de soigner ses harmonies vocales. Ce qui donne parfois des effets totalement inattendus ; surtout lorsque le lead vocal est complètement décalé. Rafraîchissant !

 

Purge

Il neige en Syrie

Écrit par

Fondé en 1999, ce trio canadien s'est illustré, au cours de ces trois dernières années, lors de différents concours organisés au Québec (Envol, Macadam, Francouvertes, Polliwog). C'est également de sa capitale du même nom que Purge est originaire. En toute logique, les textes sont écrits dans la langue de Voltaire. Pour la plupart, ils sont issus de la plume de Yannick Essertaize, en outre préposé à la basse. Mais des textes excellents, brillants mêmes. Poésie juvénile décapante hantée par les spectres de Jacques Prévert, Renoir ou encore Blaise Cendrars. " Blaise Cendrars ", c'est d'ailleurs la meilleure chanson de l'album (NDR : leur deuxième). Et la plus contagieuse ! Chantée en duo décalé, par Yannick et sa sœur Sophie (NDR : c'est son unique participation à l'opus !), avec pour seul accompagnement majeur une guitare acoustique, elle est tramée sur une toile de fond atmosphérico-psychédélique. Une perle ! Autre fragment acoustique, " Jacques Prévert " épouse des ondulations mélodiques, mais avec davantage de punch. Yannick n'a pourtant pas une voix extraordinaire, mais dans le style, elle passe bien la rampe. Ah oui, le style ! Pas forcément acoustique comme vous auriez pu le supposer. En fait le guitariste, Eric Leblanc, possède plus d'une corde à son manche électrique. Autrement dit, il est capable d'adopter des styles totalement différents, suivant son inspiration. Parfois même, il à recours à l'overdubbing pour coupler le motifs imprimés sur sa six cordes ; des sonorités qui oscillent ainsi de la new wave stratosphérique ( Snake Corps, Sad Lovers & Giants) au metal industriel le plus menaçant (Nine Inch Nails, Ministry), s'autorisant même parfois quelques dérapages dans le hard rock (NDR : ce qui n'est pas toujours une bonne idée de vouloir égaler les performances nombrilistes de Van Halen…) Enfin, la richesse et la souplesse du drumming de Frédéric Talbot, qui a remplacé Martin Vallancourt, donnent davantage de corps aux compositions. Un reproche cependant : on a parfois l'impression que Purge cultive une certaine uniformité dans le ton. Une imperfection qui pourrait facilement être gommée, si le trio avait davantage recours à la formule semi acoustique. M'enfin, le groupe est tellement jeune, et son style tellement personnel, qu'il mérite franchement le détour. En outre, il effectuera une tournée en Belgique au cours de l'année 2003. Et paraît que sur scène, leur musique prend une toute autre dimension…

 

Paatos

Timeloss

Écrit par

L'espoir vient du froid. Pour son coup d'essai, la formation suédoise Paatos vient de livrer un album très prometteur. Il commence pourtant de façon insolite : une rythmique feutrée accompagne un piano électrique, au sein d'une combinaison très jazz, rompue par une guitare au son 'blues' et une voix au style 'adolescente qui chante à tue-tête d'un timbre imparfaitement maîtrisé' (un peu de Björk). Break dominé par un dialogue mellotron-guitare très émotionnel et un final typiquement prog symphonique. En 5 minutes, 'Sensor', qui n'est pas d'emblée séduisant, a au moins le mérite d'éveiller notre curiosité. Immédiatement récompensée par 'Hypnotique', la deuxième plage. Petronella y chante de façon complètement différente, feutrée, sensuelle, irrésistible (un peu de Morcheeba et de White Willow). Dominé par une guitare psychédélique et une flûte, le morceau est calme et beau, avant de s'envoler vers une magnifique finale mellotron-flûte. De sa voix suave et mélancolique, Pétronella (NDR : qu'on commence à adorer) domine 'Tea', un fragment à la tristesse diffuse d'un matin d'hiver. Sans jamais se presser, 'They are beautiful' campe ensuite, mais avec peu de moyens, une ambiance de plus en plus intimiste, une ambiance sublimée par sa finale, où une clarinette vient s'immiscer. Et c'est ensuite que Paatos nous bluffe complètement : exit la froide beauté scandinave. Soutenue par une basse inventive et irrésistible, 'Quits', la dernière et plus longue plage, s'articule autour d'une rythmique complexe, alerte et hypnotique, affiliée trip-hop façon Portishead. La température s'élève de 30 degrés en quelques secondes. Chant, piano électrique, saxophone, trompette et trombone broderont ce fil sonore, sans jamais nous lasser, jusqu'aux 3 minutes du final free-jazz complètement échevelé. Un CD très vite indispensable, évoquant parfois le White Willow le plus récent (lui aussi excellent) mais imposant d'emblée sa forte identité. Du très bel ouvrage, vraiment! Un seul regret : que l'album ne soit pas plus long !

 

Pale

How To Survive Chance

Voilà un groupe qui porte mal son nom, tant leur musique redonnerait vigueur à n'importe quel fan de rock. D'emocore pour être précis. C'est que ces Allemands aiment les mélodies bien ficelées, les guitares enchanteresses et les refrains sympas, entre romantisme échevelé et colère juvénile. Dans un style, ma foi, fort proche de Jimmy Eat World, Rival Schools, voire du dernier opus de Bad Religion. Seul hic : quand les Teutons s'essaient à la ballade (sortez les briquets), c'est plutôt à Bush (beurk !) que je pense ; et c'est là que le bât blesse (" Everytime You Say 'Hey' ", " All Walls Are Brick "). Heureusement, c'est la seule intrusion en terrain miné (ce rock balourd pour midinettes et skateurs du dimanche), puisque le reste oscille entre le bon (" Sometimes Some Where " et ses cuivres enjoués) et le très bon (" Let's Get It On ", sorte de Pearl Jam survitaminé - NDR : c'est possible ! - " How To Survive Chance " et ses ‘pa pa pa’ sautillants). Une découverte, qui nous change un peu de Rammstein et de ses hymnes métal de l'âge carbonifère.

Paloma

Take Care of me

Écrit par

Paloma n'est pas le patronyme d'une jeune fille en fleur mais bien le projet d'un Français qui répond au nom de Laurent Vaissière. Rédacteur pour un webzine, il est auteur/compositeur et chanteur à ses heures perdues. Dès les premières notes de cet elpee, l'ambiance particulière de Tindersticks et de Spain me vient à l'esprit. Les onze fragments de cet opus sont imprimés sur un tempo assez lent, parfois très lent ; à en devenir non pas énervant, mais épuisant. Tout au long de ces onze morceaux, les mélodies restent très sobres. Elles sont le fruit d'arrangements musicaux relativement dépouillés, au cours desquels l'instrumentation acoustique est traversée d'accès électroniques (" Safety Margins "). Et c'est justement cette approche technologique qui me paraît la plus intéressante. A première écoute, on n'entend que les guitares sèches ; mais en tendant l'oreille un peu plus attentivement, la toile sonore commence à s'étoffer de bruitages, de boîtes à rythmes, qui se fondent dans l'ensemble avant de le transformer (NDR : selon l'adage, le tout est plus que la somme des éléments). Si sur certaines chansons, on a l'impression que la voix s'éteint progressivement avant de disparaître complètement, elle demeure pourtant un atout. Bien moins mélancolique que celle du chanteur de Spain (NDR : franchement, il faut être bien dans sa peau, ne pas souffrir de tendances suicidaires ou ne pas avoir encaissé de mauvaises nouvelles dans la journée, pour ne pas broyer du noir en écoutant ce genre de truc), la voix de Laurent Vaissière allège ses compositions monotones. Elle ne tombe, cependant jamais dans l'allégresse (NDR : pas d'excès, quand même !) mais dynamisme quelque peu l'ambiance. Cette musique douce, non pas de chambre, mais de salon, s'écoute, de préférence, en toute intimité (NDR : qui a dit les doigts de pieds en éventail ?)

 

Mark Olson

December´s child

Écrit par

Peu connu, voire inconnu (?) en Europe, Mark Olson comptabilise pourtant quelques années d'expérience derrière lui. Auteur, compositeur et interprète, il a longtemps été impliqué chez Jayhawks. Jusqu'en 1995, très exactement. Année au cours de laquelle il a décidé d'entamer une carrière en solitaire. Mais pas trop seul quand même, puisque sa femme, Victoria Williams, a participé à la confection de tous ses albums. " December's child ", son cinquième opus, ne déroge pas à ce principe. En toile de fond pour accompagner les refrains, la voix nasillarde de son épouse se manifeste ; mais pas pour notre plus grand bonheur. La musique de MO&TC est avant tout américaine. Dés les premières notes, il est facile d'imaginer le cow-boy assis au coin du feu, chantant sa nostalgie en s'accompagnant à la guitare. Véritable institution chez les Yankees, ce folk traditionnel recèle probablement quelques nuances subtiles, qui doivent plus que probablement m'échapper. Comme à tout (ou à toute) pauvre européen(ne). Difficile, dans ces conditions, d'apprécier cette œuvre à sa juste valeur. Pourtant, je ne suis pas allergique à la musique country ; mais ce type de country alternative ne me botte pas trop. Les arrangements opérés au niveau des voix (" Alta's song ", " Say You'll be mine ") me paraissent un peu trop expérimentaux. Seul point positif, Olson a le bon goût de ne pas noircir la mélancolie ; ce qui aurait rendu insupportable l'écoute de cet elpee...

 

Orange Black

Morning Notes

Déjà le troisième album d'Orange Black, et pourquoi pas un futur classique de la pop belge ? C'est que ce " Morning Notes " a tout pour plaire : des mélodies catchy, de la fraîcheur à revendre, des refrains qui s'entêtent, bref un disque parfait comme baume au cœur et écran total aux fausses notes. " Daydreamer " démarre l'album en fanfare country, " Rush " côtoie les astres déviants du pop-rock (Pavement en tête), " Dream Team " nous fait rêver d'un Orange Black en tête des hits parade, " Do You Compute ? " ne dépareillerait pas sur le dernier album des Notwist, " How It Ended " sonne comme du Smashing Pumpkins période " Adore " (un compliment !), " Surrender " fait monter le volume en rockant toujours plus haut, " Safari " est tout simplement splendide, " (We've Lost) Gravity " et " Golden Years ", deux superbes balades mélancoliques, finissent le tout en beauté… Un sans faute ! ! !

 

The Oranges Band

On TV

Écrit par

Au sein de ce quatuor issu de Baltimore (NDR : ça rime !), on retrouve Dave Voyles, un drummer qui a sévi chez Wrong Button, Tim Johnston, qui a joué au sein de Brikchead, le multi instrumentiste Daniel Black et surtout Roman Kuebler, un chanteur/guitariste qui a drivé les Roads to Space Travel de 1995 à 2000. Un musicien qui a également collaboré à l'enregistrement du dernier opus de Spoon, " Kill the moonlight ". Mini elpee sept titres, " On TV " fait suite à deux Eps parus successivement en 2000 (" The five dollars ") et en 2001 (" Nine hundred miles of fucking hell "). Un disque particulièrement dans l'air du temps aux States. Enfin, c'est la musique qui est dans l'air du temps. Le son est sale, garage, énergique, parfois ténébreux. Les guitares croustillantes, jacasseuses, distordues, mais mélodieuses. Et si la voix de Roman campe plutôt un hybride entre celle de Ian Mc Nabb et de Damon Albarn (Blur), elle possède des inflexions crâneuses, ricanantes, fort proche de celles de Julian Casablancas. C'est peut-être la raison pour laquelle, aux States, la formation est souvent comparée aux Strokes. Faut dire que les deux formations reconnaissent pour influence majeure le Velvet Underground. Pourtant, chez The Oranges Band, on ressent davantage de feeling britannique. Emprunté notamment aux Smiths. A l'instar de l'excellent " Civic minded 5 ". Une très bonne surprise !

 

Orbital

Work 1989-2002

Orbital est un groupe séminal de l'ère électronique, du moins pour les années nonante : de " Chime " à " The Box " (avec Alison Goldfrapp au chant), les frères Hartnoll ont participé à la popularisation de la techno à travers le monde, à l'instar de leurs compatriotes d'Underworld, de The Orb et de Sabres of Paradise. Depuis, leur son acid si caractéristique provoque beaucoup moins d'effets, et Orbital semble s'être encroûté dans la redite et le surplace. L'électro du duo en orbite géostationnaire sur un dernier album ennuyeux (" The Altogether "), on pensait donc ne plus guère les écouter, si ce n'est lors d'une éventuelle bouffée de nostalgie… A l'écoute de ce best-of " bis " (on n'y retrouve pas forcément les versions les plus connues de leurs classiques), on se dit pourtant qu'Orbital reste un grand groupe, malgré le coup de vieux de certains titres : " Chime " (datant d'il y a 12 ans !) est toujours aussi dansant, et de plus récents morceaux (" Illuminate ", avec David Gray) témoignent que les Hartnoll ont quand même encore de beaux restes… Dommage qu'ils aient préféré la version bodybuildée de " Satan " (avec Kirk Hammett de Metallica à la guitare, tirée de la BO de Spawn) à l'originale, bien plus convaincante ; et, surtout, qu'ils aient honteusement (ou presque) passé sous silence " In Sides ", leur meilleur album. Sans cela, ce best of aurait été parfait… Mais ne boudons pas non plus notre plaisir, il y a suffisamment d'" anthems " sur cette compil pour y trouver son compte et danser jusqu'au bout de la nuit.

 

Orishas

Emigrante

Si vous n'avez jamais su choisir entre la salsa aux rythmes latinos endiablés et le hip hop imprimé de ses beats bien gras, Orishas propose le bon compromis entre ces deux styles, que l'on pourrait croire si différents. Une formation de La Havane, dont le line up initial impliquait Livan, issu du groupe Sergent Garcia. En 1999, le premier opus de la formation cubaine avait même remporté un succès certain. Elle nous revient donc orpheline de Livan (parti explorer d'autres horizons sonores), mais toujours avec le même sens du rythme. Faut dire que leur cocktail de hip hop, de salsa et de rumba, sent le soleil, le sable chaud et la rage de vivre. Si la plupart des textes sont chantés dans la langue de Cervantès, deux fragments laissent la place à celle de Voltaire. A cause de la présence de deux invités de marque. Tout d'abord Passi pour " La vida pasa " ; et ensuite Nilo Noki sur " Ausencia ". Un album qui sort de l'ordinaire pour ce combo dont le patronyme a été emprunté à des dieux de la religion afro-cubaine Santeria …

 

Beth Orton

Daybreaker

Ces cordes discrètes mais somptueuses, ces arpèges de beats délicats, ces mélodies timides mais tellement limpides, et surtout cette voix, parfois chevrotante, souvent envoûtante, font de ce disque une petite merveille, sans aucun doute le meilleur de la jeune Anglaise. Pas que les précédents soient mauvais, bien au contraire… sauf qu'ici Beth Orton a réussi un sans fautes, un point c'est tout ! En alliant fort joliment l'électro la plus câline au folk le plus céleste, Orton abat toutes ses plus belles cartes et remporte la mise, là où d'autres n'ont récolté pour l'instant que de pauvres petites miettes (Tracey Horn, Emiliana Torrini, et on attend l'album solo de Beth Gibbons de pied ferme). Evidemment, à la base de ce splendide coup de poker, veillent quelques génies de la production et du BPM : William Orbit, les Chemical Brothers, Ben Watt d'Everything But The Girl, sans parler de Ryan Adams et d'Emylou Harris, tous deux à l'origine de cette teinte country-folk qui rend " Daybreaker " encore plus attachant. Qui peut se vanter ces temps-ci d'avoir enfanté un disque à la fois soul et country, folk et électro ? Personne. Sauf Beth Orton. Laissons à l'avenir le soin de nous dire si tel disque n'était juste qu'un éclair de génie dans une carrière sans grands rebonds, ou la preuve irréfutable d'avoir découvert à temps une grande artiste en devenir.