Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Enregistré sous Ex:Re

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Eleventh Dream Day

Eighth

Avec un titre pareil, vous vous doutez bien qu'il s'agit du huitième album d'Eleventh Dream Day, un quartette issu de Chicago, dont l'originalité procède de la présence d'une fille aux drums. Janet Beveridge Bean. Elle chante aussi. D'une voix languissante et chargée de mélancolie, qui rappelle Hope Sadonval (Mazzy Star). Partageant cet exercice avec son mari. Rick Rizzo. Dont le timbre aride et aussi peu optimiste que celui de sa dulcinée, semble naviguer quelque part entre Ian Curtis et Robert Forster. Mais alors que les albums précédents cherchaient l'équilibre parfait entre la country traditionnelle et le garage électrique, cet " Eighth " s'est ouvert de nouvelles perspectives sonores. Pas qu'EDD se désintéresse de l'énergie blanche crazyhorsienne, propice aux accès de feeedback glorieux; d'ailleurs, " Insomnia " constitue dans le domaine, un morceau d'anthologie. Mais de nouvelles perspectives sonores nées de la présence plus marquée des claviers. Comme sur " View from the rim ", par exemple. Des claviers aussi répétitifs et hypnotiques que chez Terry Riley, Faust et par la force des choses, Stereolab. Du recours aux percussions étagées, crimsoniennes, circa Lark's tongue in aspic, sur " Write a letter home ". Et puis d'un climat plus éthéré, qui n'est pas sans évoquer un certain Cowboy Junkies, mais en plus vivifiant. Superbe!

 

Mark Eitzel

West

Pour enregistrer son troisième album solo, le leader du défunt American Music Club a reçu le concours de musiciens particulièrement réputés. Entre autres, Barett Martin, drummer de Screaming Trees, Mike McCready, guitariste de Pearl Jam, Steve Berlin, bassiste de Los Lobos et surtout Peter Buck. Non seulement, le soliste de REM se réserve la plupart des parties de guitare et les backing vocaux, mais en outre, il partage la signature des douze titres de cet opus, ainsi que la production avec Mark. On se demande d'ailleurs pourquoi ce disque n'a pas été attribué au tandem Buck/Eitzel? D'autant plus que les deux personnages réalisent ici la parfaite fusion de leurs deux styles pourtant si distincts. D'abord, il y a la voix d'Eitzel. Apre, brisée, elle se craquelle comme un glaçon plongé dans un whisky chaud, laissant exhaler son timbre alcoolisé par des chansons beaucoup moins angoissées que celles d'AMC, presque allègres dans leur mélancolie. Presque pop dans leur vision " REMesque ". En outre, l'instrumentation y est beaucoup plus riche, plus diversifiée. Le clavier, par exemple y est beaucoup plus présent. Fluide, velouté, un peu à l'instar de Costello lorsqu'il était encore flanqué de ses Attractions. En particulier sur des chansons telles que " Free of harm ", " Stunned & frozen ", le jazzyfiant " Three inches of wall " et surtout le meilleur morceau de " West ", " Move myself ahead ", véritable petit chef d'œuvre dans le style. Et le reste n'est pas mal non plus, caractérisé par des cordes acoustiques, subtilement déchirées de feedback, ou par des accords de piano énigmatiquement syncopés, rappelant que Mark contemplait encore, il y a peu, les débris de ses expériences amoureuses avortées...

 

Green Day

Nimrod

Evidemment, après avoir défendu la cause du punkcore pendant quatre albums, il devient de plus en plus difficile de changer de style. Surtout que la formule marche plutôt bien ; le trio de Bekerley récoltant aujourd'hui les dividendes d'un patrimoine hérité en ligne droite du mythique Hüsker Dü. Dans ces conditions, vous vous imaginez certainement que pour " Nimrod ", Green Day a décidé de maintenir le cap. Ne concédant qu'un tempo psychobilly à " Hitchin' a ride ", un zeste d'harmonica à " Walking alone ", une chanson de pure pop, circa Teenage FanClub, chez " Redundant ", un dérapage dans le grunge avec " Prosthetic head " et, surprise, un instrumental surf pour " Last ride in ", fragment qui aurait pu, quatre décennies plus tôt, servir de bande sonore à " Interlude "...

 

Gorky´s Zygotic Mynci

Barafundle

Il faut reconnaître que cette formation galloise mérite de figurer au sein du grand ordre des excentriques anglais. Au même titre que Syd Barrett, Kevin Ayers, Robyn Hitchcock et Paul Roland. Un groupe qui nous rappelle quelque part Stackridge, ensemble de folk pastoral, réputé pour son style à la fois allègre, humoristique et médiéval, qui avait sévi au cours des seventies. Bien sûr, GZM flirte davantage avec le psychédélisme. Encore que sur leur quatrième album, cette approche se soit effectuée d'une manière plus confidentielle, plus intimiste, plus rampante. Et ce nonobstant ce violon torturé, ces claviers à quatre sous responsables de mélodies étranges, caressées d'harmonies délicieuses, canalisées par la voix flexible d'Euros Child. Très susceptible d'incarner la chenille sur le champignon du pop hallucinogène, cet ensemble gallois, qui chante aussi bien dans son dialecte celtique que dans la langue de Shakespeare, vient de commettre un album aussi raffiné que capricieux, aussi mélancolique qu'énigmatique, tout en farfouillant au plus profond de l'émotion...

 

The Geraldine Fibbers

Butch

Un bien bel album que nous propose Geraldine Fibbers, quintet issu de Los Angeles. Durant près d'une heure, la formation distille une musique dominée par le folk et la country, mais régulièrement éclaboussée de touches plus rock, plus pop, voire plus punk. Le résultat nous a fait bonne impression. On pense bien évidemment à Tom Waits, Violent Femmes, Johnny Cash, mais aussi à Deus voire à PJ Harvey. Surtout lorsque le violon et le banjo sont abandonnés au profit d'une texture plus électrique. Comme sur le superbe " Butch ". Dommage que l'album se perd parfois dans un minimalisme excessif...

 

Gene

Drawn to the deep end

Mis sur pied en 1993, ce quatuor britannique n'a pas tardé à devenir l'une des (nombreuses) coqueluches de la presse insulaire. En fait, juste le temps de sortir un premier opus " Olympian ", suivi d'une compile composée d'extraits " live " et de versions acoustiques. Nous avions déjà succombé à leurs compositions romantiques, pleines de charme, qui nous rappelaient la belle époque des défunts Smiths. Mais trêve de nostalgie, voici donc le nouvel album. Enregistré en compagnie de Chris Hughes et Andrew Newton. Un album tout au long duquel on ne peut s'empêcher de penser à Morrissey et à Paul Weller, tant les affinités sont troublantes. Comme sur le single " Fighting it " ou encore le somptueux et majestueux " We could be kings " (NDR: after the queen is dead?). Au total, 12 titres fragiles, attachants, tantôt britpop, tantôt plus acoustiques, qu'il faut écouter plusieurs fois avant de véritablement apprécier à leur juste valeur...

 

Garageland

Last exit to garageland

Groupe à l'origine typiquement néo-zélandais, Garageland ne compte plus aujourd'hui qu'un véritable autochtone, Jérémy Eade. En l'occurrence le chanteur/ guitariste et principal compositeur. Ce qui n'empêche pas le combo d'avoir élu domicilié aux antipodes. " Last exit to garageland " constitue son premier opus. Une œuvre qui secrète une pop contagieuse, mélodique aux oscillations électriques, stimulantes, vivifiantes, que nous pourrions situer à la croisée des chemins de REM, des Pixies, de Pavement, de House of Love, de Radiohead et du défunt Ride. Excusez du peu ! Deux exceptions confirment cependant cette règle, l'expérimental, punkcore " I'm looking for what I can't get " (Sonic Youth ?) et puis le décapant ‘fallien’ " Never gonna come around here again ". Un disque qui atteint le sommet de son art sur " Fingerpops ", " Nude Star " et surtout le mélancolique, postcard " Jesus I'm freezing " qu'AC Acoustic aurait pu inclure sur son dernier album " Victory parts " Epatant !

 

Galaxie 500

Copenhagen

Comme le titre l'indique, cet album a été enregistré dans la capitale du Danemark, lors de l'ultime tournée de Galaxie 500. Le 1er décembre 1990, très exactement. Un trio qui s'est séparé au moment où il commençait à s'affirmer comme une des valeurs les plus sûres de la scène pop/rock électrique. Dean Wareham en avait marre. Il estimait que le groupe était devenu trop professionnel, plus assez audacieux. Plus assez nature, et a donc laissé tombé Naomi Yang et Damon Krukowski sans leur donner davantage d'explications. Les deux laissés pour compte ont bien essayé de remonter Pierre Etoile, mais sans grand succès. " Copenhagen " implique une cover de Yoko Ono, " Listen, the snow is falling " et une autre de Jonathan Richman, " Don't let our youth go to waste ". Un disque qui aurait pu devenir le testament du groupe, si les prises de son avaient été de meilleure qualité. Etonnant lorsqu'on sait que c'est Kramer, l'ingénieur du son fétiche du groupe, qui était derrière les manettes lors du concert; mais il est vrai que cette prise est totalement " live ". Et en l'absence de support visuel, elle aurait dû être remasterisée. Surtout pour une formation dont le style a toujours suscité des tas d'hyperboles: ‘beauté étrange, céleste, flottante...’, ‘sonorités cristallines qui se fondent dans la brume opiacée des rêves électriques les plus fragiles’, etc., etc. ; et nous en passons et des meilleures. Des hyperboles, il est, vrai justifiées par la qualité de leurs trois premiers albums studio...

 

Frosted

Cold

Au sein de ce quatuor, on retrouve une certaine Jane Wiedlin, guitariste, chanteuse et compositrice qui a longtemps sévi chez le regretté Go Go's. Pour enregistrer ce " Cold ", elle a d'ailleurs fait appel à une ancienne camarade du groupe mythique, en l'occurrence Charlotte Caffey. Pas étonnant, dès lors, que la musique de Frosted s'inscrive dans le même contexte punk/pop/garage du défunt combo. Petite différence, mais elle est de taille, le raffinement du son, dû à la fois à la qualité des arrangements et au travail de production de Marc Waterman (Elastica, Menswear), phénomène plutôt inhabituel chez une formation capable de libérer une telle énergie. Rafraîchissant !

 

The For Carnation

Promised works

Avec le succès rencontré par Smog, Sophia, Palace et consorts, il faut s'attendre à voir fleurir une multitude de groupes ou d'artistes du même calibre. The For Carnation s'inscrit parfaitement dans ce contexte. Encore que cette formation ne semble pas être conduite par un leader naturel du type Callahan, Robin Proper Sheppard ou Will Oldham. Enfin, à notre connaissance. Ce qui n'empêche pas ce " Promised works " de se révéler d'excellente facture. Recelant une majorité de chansons dépouillées, sombres, qui baignent dans une ambiance feutrée, sinistre, au sein de laquelle un vocal chuchoté, intimiste s'alanguit au son des cordes de guitare tantôt plaquées mais vibrantes, tantôt gémissantes et fracturées, sur un lit de drums arides. L'album concède quand même trois titres plus électriques: le minimaliste " How I bet the devil " et les instrumentaux " I wear the gold " et " Preparing to receive you ", dont l'intensité spectrale, vertigineuse, crépite à la manière du célèbre " If I only could remember my name " de David Crosby...

 

Foo Fighters

The colour and the shape

Après la catastrophique prestation ‘live’ accordée lors de l'édition 96 du festival jumelé Torhout/Werchter, nous craignions franchement le pire pour le futur de Foo Fighters. D'autant plus que le premier opus était, en fait, nonobstant la participation de quelques musiciens de studio, le fruit du travail d'un seul homme: Dave Grohl. Si vous l'ignorez encore, ex-drummer de Nirvana. Reconverti en chanteur, guitariste compositeur, et par conséquent leader d'un projet plutôt que d'un groupe. Pour enregistrer " The colour and the shape ", les trois autres musiciens ont apporté, cette fois, une collaboration beaucoup plus active. Nous voyons déjà les nostalgiques du défunt Nirvana se mettre à rêver de la résurrection du grunge. Désolé, mais le quatuor n'a accepté qu'une seule concession à ce passé seattlenesque: " Enough space ". Un morceau aussi dévastateur et contagieux que " Smells like teen spirit "! Si, si, c'est pas une blague. Maintenant, c'est vrai que dans le contexte actuel, ça fait un peu réchauffé. N'empêche, cette composition cause cette drôle de sensation passionnelle, émotionnelle ; cette vibration qui vous prend aux tripes, on ne sait même pas pourquoi! Mais pas de panique, le reste de l'album ne manque pas d'allure. Dans un autre registre, c'est vrai! Que nous pourrions qualifier de punkcore ou de popcore. Et plus particulièrement à cause de ces mélodies électriques aussi intenses que chez le mythique Hüsker Dü et ausi mélodieuses que chez Teenage Fan Club. Des couches de guitares cinglantes, crépitantes recouvertes d'harmonies vocales sucrées. Un véritable délice! En outre, le disque recèle, en " See you " une petite perle dont le rythme syncopé nous rappelle le meilleur George Harrison, lorsqu'il était encore chez les Beatles, une ballade semi-acoustique réminiscente d'American Music Club, " Walking after you ", et un titre de new wave post XTC revitalisé par le métal, baptisé " Everlong ". Remarquable!

 

The Folk Implosion

Dare to be surprised

The Folk Implosion n'est pas exactement un nouveau groupe, mais un projet expérimental monté par Lou Barlow, leader de Sebadoh, et un certain John Travis. Un duo qui se partage équitablement la composition, les instruments et le chant. La conjugaison de leurs voix est d'ailleurs tellement limpide, qu'elle nous rappelle la parfaite alchimie opérée entre celle de Bruce Gilbert et de Colin Newman, au sein du mythique et défunt Wire. Wire, c'est d'ailleurs la seule et unique référence que nous sommes parvenus à déceler chez cette formation. A cause, sans doute, de la richesse minimaliste ( ?) des compositions. Ligne de basse reptilienne, menaçante, parfois même ‘doorsienne’, accords de guitares capricieux, bégayants, énigmatiques, boucles de drums et samples judicieusement dispensés. Rien n'a été laissé au hasard pour éliminer le superflu, lors de la réalisation de cet opus de lo fi qui frôle la perfection ; même si on regrettera une certaine âpreté dans l'approche mélodique. Mais ici, c'est encore et toujours une question de goût !...

 

INXS

Elegantly wasted

Il faut croire que le groupe australien traverse une grave crise d'identité, puisque après avoir côtoyé, au cours des eighties, les Depeche Mode, Cure et consorts, dans la cour des grands; puis cumulé les albums les plus inoffensifs les uns que les autres, INXS cherche aujourd'hui à se refaire une santé en essayant de remettre au goût du jour les clichés de Franky Goes To Hollywood et de Simple Minds. On ne peut pas dire que l'originalité les étouffe. Et ils ne s'en cachent pas, puisque rien que l'intro de " Show me (cherry baby) " est emprunté au thème récurrent de " Real to real cacophony ". Bref, pas de quoi pavoiser, même si le titre maître, davantage inspiré par Prince et " Don't lose your head " par Primal Scream, se démarquent favorablement de l'ensemble. M'enfin, c'est un peu maigre pour fêter un dixième album...

 

Hurricane # 1

Hurricane #1

Andy Bell, guitariste du défunt Ride, a donc décidé de remonter un nouveau groupe. En compagnie d'un ex bassiste de Thee Hypnotics, Will Pepper, d'Alex Lowe et de Gareth Farmer. Pas pour jouer de la noisy pop de Shoegazers, mais manifestement en affichant la volonté de reprendre l'héritage abandonné par les Stone Roses ; un legs que les Seahorses n'étaient pas parvenus à mettre en valeur, sur leur premier album. Avec, et c'est heureux, des nuances. Notamment un groove digne de Primal Scream, des guitares pétillantes, généreuses (Skids ?), un tempo house réminiscent des Charlatans, parfois trempé dans des claviers hammond, presque ‘doorsiens’, le tout alimenté par le timbre vocal chaud et souple d'Alex qui semble naviguer quelque part entre celui de Ian Mc Nabb et de Mark Morriss (Bluetones). Une exception qui confirme cependant la règle, le délicieux et beatlesneque " Monday afternoon ". Avec guitare acoustique, quatuor à cordes, harmonies vocales caractéristiques et tout le Saint tremblement...

 

Hoodoo Club

...a just temporary loss of masculinity

Encore un groupe finaliste du ‘Humo's rock Rally’ ; mais issu de l'édition 1996. Une formation originaire de la région de Genk, dont le premier album a bénéficié du concours de Piet Jorens (Deus, Moondog Jr) de Lode Verkampt (Gorki), mais surtout de Mark Thijs. Pas à l'harmonica, dont il est pourtant réputé pour le talent, mais à la production ; mise en forme qu'il avait déjà réalisée dans le passé pour Noordkap, Scabs, El Fish et Soulwax. En outre, il s'est également chargé des arrangements de cordes et des backing vocaux. " ...a just temporary loss of masculinity " constitue le premier opus de Hoodoo Club. Un disque très prometteur mais sans réelle ligne de conduite. Bien sûr on y ressent les différentes influences des collaborateurs. Ce qui donne parfois un résultat plutôt curieux lorsque le rythm'n blues et la pop déstructurée entrent en fusion. Curieux, mais pas sans intérêt. A contrario, on reste alors plutôt sur sa faim, lorsque le style épouse une forme plus carrée, un peu comme chez les Scabs. Mais le plus remarquable procède des titres les plus élaborés, les plus profonds, forme que nous ne connaissions, jusqu'à ce jour que chez des compositeurs australiens tels que Triffids ou Nick Cave. Et " Locksmith' blues " en est la plus belle illustration. Un bel avenir est promis à Hoodoo Club, pourvu qu'il parvienne à bien digérer toutes ses influences...
 

 

Jimi Hendrix

First rays on the new rising sun

Écrit par

En général, nous nous méfions, comme de la peste, des compiles consacrées à feu Jimi Hendrix. Pour la plupart, elles ont fait plus de tort que de bien à ce génie de la ‘six cordes’. Et pour mettre les choses au point, sachez que ce natif de Seattle, n'a enregistré, de son vivant que trois albums studio. " Are you experienced? " en 1967, " Axis: bold as love " et puis le fabuleux double elpee " Electric ladyland ". Tous deux en 1968.

" Band of gypsies " est un ‘live’ enregistré la nuit de la Saint Sylvestre 69/70 au Fillmore East de New York, en compagnie de son ami Buddy Miles et du bassiste Billy Cox. Tout ce qui est antérieur se limite à quelques singles, l'un ou l'autre set lors d'un festival, et puis à des collaborations accordées à d'autres artistes. Aussi bien à travers des jams qu'en studio. On pense ici notamment à Little Richard, Curtis Knight, Al Kooper, Stevie Winwood, Jack Cassidy, les Isley Brothers, BB King, Ike & Tina Turner, James Brown, Sam Cooke, Randy California, et la liste n'est pas exhaustive. Tout le reste est posthume et a engendré une folie prédatrice bien lucrative. On ne compte d'ailleurs plus les anthologies, les ‘best of’ en tous genres et les bootlegs qui encombrent les bacs officiels ou non des revendeurs, et qui hantent les nuits des collectionneurs et surtout des aficionados. Mais pour le profane, ce " First rays on the new rising sun " constitue une bonne manière de faire connaissance avec la musique de James Marshall Hendrix. D'abord, les 17 titres sont issus de son indispensable trilogie. On y retrouve, par exemple, " Dolly dagger ", " Night bird flying ", " Freedom ", " Stepping stone ", " Straight ahead ", " Earth blues ", " In from the storm " ainsi que " Room full of mirrors " et " Eazy Ryder ", morceaux qui ont préparé l'explosion funk qui secouera le reste des seventies, mais également et surtout les eighties. Pensez à Prince et à Lenny Kravitz, pour ne citer que ceux-là. Si le choix des titres de ce disque est à la fois judicieux et bien équilibré, il présente, en outre, l'avantage de proposer des versions originales, remasterisées par le processus de la digitalisation, mais sans le moindre remixage ni autre artifice technologique. En personnifiant la folie du psychédélisme des sixties, Jimi Hendrix est devenu une légende. Souvent imité, jamais égalé, il continue de forcer le respect des guitaristes depuis trois générations. Son style fait d'un mélange parfait d'éléments mélodiques, lyriques et sonores a marqué d'une empreinte indélébile l'histoire du rock'n roll. Et puis, ne fallait-il pas être un dieu de la guitare pour faire l'amour à la lune et aux étoiles?...

 

Pete Ham

7 Park Avenue

Le 24 avril 75, Pete Ham se donnait la mort. Par pendaison. La majorité des musiciens qui l'ont côtoyé au sein des Iveys et de Badfinger, entre la fin des sixties et le début des seventies, ont voulu, à travers ce disque, lui rendre un hommage. Pas de succès du style " Come and get it " qui avait été composé par Paul Mac Cartney, ni de " Day after day ", qui deviendra un best-seller aux States en 74, mais uniquement des démos de Pete, soigneusement dépoussiérées et reliftées par la technologie moderne ; mais sans pour autant altérer la matière première. Soit 18 compositions qui fleuraient bon la pop des Tremeloes, des Kinks et bien sûr des quatre de Liverpool. Et c'est vrai que juste avant de se séparer les Fab Four avaient pris Badfinger sous leur aile protectrice. Le signant même sur " Apple ". Et à l'écoute de ce " 7 Park Avenue ", on doit avouer que c'était tout à fait justifié. Mais alors qu'un tel groupe n'ait pas obtenu le succès qu'il aurait amplement mérité, demeure un mystère. Un de plus, serions-nous tenté d'ajouter...

 

Guided By Voices

Mag earwhig !

Faute de Guided By Voices, des formations telles que Sebadoh ou Pavement n'en seraient encore nulle part aujourd'hui. Faut dire que GBV émargeait déjà à la lo fi lorsque Steve Malkmus et Lou Barlow étaient encore en culottes courtes. Pourtant, Robert Pollard, le leader du groupe, n'en tire aucune vanité, estimant que Jad Fair et Godz avaient exploré ce courant musical, bien avant lui, et plus précisément vers 1967. Venons-en donc à " Mag earwhig ", le nouvel opus du combo yankee. Probablement l'opus le plus hi fi réalisé par la formation, à ce jour. C'est vrai qu'en dix ans d'existence, il a commis une bonne dizaine d'elpees aussi différents les uns que les autres. Fondamentalement créatif, GBV n'en a pas pour autant ses propres sources d'inspiration. Qu'il puise chez les Beatles, les Byrds, Big Star et Blue Oyster Cult. Et on peut encore s'en rendre compte sur les compositions de ce disque, à la fois torturées, chatoyantes, mélancoliques, fragiles et même volcaniques. Harmonies vocales sucrées, mélodies contagieuses, cordes de guitare capricieusement, sournoisement, onctueusement psychédéliques (Syd Barrett ?) ; tout un ensemble de caractéristiques qui feront de ce " Mag earwhig ", un des meilleurs albums de l'année 1997. C'est une certitude !

 

Mike Grier

Shaken not stirred

Nous n'avions pas trop apprécié le dernier opus des Hooblers, estimant que le groupe avait un peu trop marché sur les plates bandes du Crazy Horse de Neil Young. Mais un Neil Young dont le potentiel émotionnel aurait été vidé de sa substance ; et ce nonobstant le timbre vocal de Mike, fort proche de celui du célèbre Canadien. " Shaken not stirred " constitue le premier album solo du chanteur/compositeur/guitariste des Hooblers. Un Canadien également. Et bonne surprise, ses nouvelles chansons sont parvenues à éviter le piège de la parodie, même si les influences de Neil sont toujours bien présentes. Parce qu'aussi bien sculptées dans la country traditionnelle que dans l'intensité des guitares électriques, la sensibilité mélodique y est omniprésente. Et dans le jeu de Mike Grier, c'est un maître atout...

 

The Jayhawks

Sound of lies

Après avoir sorti le mièvre et décevant " Tomorrow the green grass ", début 95, on ne donnait plus très cher de la peau de cet ensemble yankee. Avec ce " Sound of lies ", Jayhawks semble avoir repris quelques couleurs. Evidemment, leur musique transpire toujours le country rock du passé. Celui des Byrds, des Eagles, de Big Star, et même du Band. Mais nonobstant ce revivalisme solidement ancré, il faut admettre que les treize chansons de cet opus sont bien ficelées. Sentimentales sans tomber dans le sentimentalisme, suffisamment électrifiées, mais pas trop, hyper-mélodiques et puis surtout bénéficiant d'arrangements vocaux impeccables, beatlenesques pour ne pas dire byrdsiens. Un disque qui devrait plaire aux nostalgiques des seventies...

 

Jars Of Clay

Much afraid

C'est pop, c'est gentil, avec des harmonies vocales qui évoquent davantage les Bee Gees que les Beach Boys. Une guitare acoustique, une autre électrifiée, un filet de clavier, des drums feutrés et des arrangements symphoniques qui rappellent quelque part le Beatles. Pas désagréable à écouter, mais pour l'originalité, faudra repasser...