Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Silkworm

Libertine (Réédition)

Réédité aujourd'hui sur Matador, "Libertine" avait fait l'objet d'une chronique en 1994. Un album dont les mélodies sombres et claustrophobes rejoignaient l'univers de la lo-fi de Swell, Sebadoh et Smog. A l'époque, nous avions surtout souligné la faiblesse des performances vocales de Tim Midgett et d'Andrew Cohen. Voix beaucoup trop étouffées par rapport au timbre vibrant et clair de Joel R L Phelps. Aussi, en apprenant que ce dernier avait quitté Skilworm, nous ne donnions pas cher de la peau du nouvel opus. Et pourtant, le trio semble s'être bien remis de ce départ. Très bien même. En accouchant d'un excellent "Firewater". Sculpté tantôt dans la popcore des Pixies. Sans la rage vocale de Frank Black, bien sûr. Mais avec la même violence électrique et la même efficacité mélodique et contre mélodique. Tantôt dans le garage crazyhorsien. Lorsque l'intensité mélodique devient monochrome. Ou encore avec une versatilité aussi dérangeante que chez Pavement. Quand le réalisme, la satire ou l'écologie commencent à s'imbiber d'alcool. Pas à brûler. Mais bien à boire. De la "Firewater". Anisette ou bourbon. Un verre à boire plutôt qu'un ver à soie. Pourquoi pas?

Skiploader

From can through string

Tout comme Pond et Everclear, Skiploader nous vient de Portland, dans l'Oregon. Mais si les deux premiers cités émargent au grungecore classique, Skiploader manifeste dans cette expression davantage de sophistication mélodique et surtout d'originalité. Nous avions d'ailleurs déjà pu le constater lors de la sortie de son mini elpee, "Anxious, restless", en décembre dernier. Skiploader pratique une musique riche, complexe même, aux vapeurs austères mais terriblement grisantes. Sorte de décoction alcoolisée préparée à base de Dig, de Foo Fighters, d'Hüsker Dü et de Minutemen. A la saveur tantôt popcore, tantôt punkcore ou même progcore. Manifestant une rage adolescente venimeuse responsable de lyrics angoissants, cruellement contemporains, chantés et composés par son leader, Tom Ackerman...

 

Skyclad

Irrationnal anthems

Mais qu'est-ce qu'un violoniste aussi doué peut faire dans un groupe pareil. Retenez son nom: George Biddle. Il joue également du piano et des claviers. Mais alors à l'archet, c'est un véritable virtuose! Au sein d'une formation de folk punk, du style Levellers, on comprendrait encore sa collaboration. Mais au profit d'un ensemble de hard rock aussi limité, c'est plutôt tragique. Enfin hard rock à la limite du métal pur et dur, vous voyez le topo! Un guitariste qui écrase ses riffs, l'autre qui se prend pour Van Halen; et pour corser le tout un chanteur atteint de laryngite aiguë. Et ce n'est pas l'interprétation exclusivement instrumentale de la danse du sabre de Khatchatourian qui recollera les morceaux. Alors, dans ces conditions, coupez!

 

Skycraper

Superstate

Au sein de ce trio londonien, on retrouve l'ex-chanteur/guitariste de Milk, Vic Kemlicz, ainsi que l'ancien bassiste de Swervedriver, Adi Vines. Ne tenez cependant pas de conclusion trop hâtive, puisque ce Skycraper cherche un compromis entre le grunge et le hardcore post industriel. Un compromis pas toujours facile à négocier, puisque si certaines compositions ont une fâcheuse tendance à patauger dans la boue seattlenesque, d'autres s'abandonnent un peu trop facilement dans le métal bruitiste. Dans le pire des cas avec la férocité de Metallica, voire d'Anthrax. Dans le meilleur, suivant un code post punk institué par les Young Gods, Ministry et surtout Killing Joke. On comprend alors beaucoup mieux la présence de Roli Mosiman à la coproduction. Mais curieusement, les deux meilleures compositions du disque répondent à des critères hymniques, mélodiques, empruntés aux Silencers. "Bed of nails", tout d'abord. Et puis "Coming down day" caractérisé par le groove particulièrement contagieux, ce riff de guitare très accrocheur et ses effets spéciaux psychédéliques du meilleur goût. Dommage que tout l'album ne soit pas de cette trempe!

Sleeper

The it girl

Après avoir milité pour la cause de la new wave de la new wave, à l'instar d'Echobelly, d'Elastica et de Darling Buds, sur son premier elpee ("Smart"), Sleeper s'oriente aujourd'hui vers une forme musicale plus mod, plus glamour. Plus mod à cause des textes de Louise Weener qui traduisent, un peu comme chez Ray Davies des Kinks, une vision ironique de la société britannique. Des textes qui stigmatisent la corruption des partis politiques et désapprouvent la censure des opinions. Plus mod à cause du ton utilisé dans les chansons. Maniéré, lyrique, avec arrangements et orchestrations, plus proche de Blur que de Pulp, mais dans une version féminine. Plus glam dans l'esprit de la new wave du début des eighties. Pensez à Blondie, Katrina & the Waves ou à Altered Images; les inflexions vocales de Louise, frôlant même parfois celles de Nena. "The it girl" laisse cependant une place à deux fragments sculptés dans la britpop post "Inbetweener": "Lie detector" et "Dress like your mother"; et puis un excellent "Sale of the century", single contagieux, amer et mélancolique...

 

The Smashing Pumpkins

Pisces iscariot

" Pisces Iscariot " n'est pas le nouvel album d'un des groupes les plus importants des nineties, mais nous aurions pu le croire. En effet, s'il n'est sorti aux States, il y a déjà deux ans, ce morceau de plastique qui ne réunit que des faces B de singles, des reprises et des " Peel sessions " présente tous les ingrédients nécessaires et indispensables à la réalisation d'un album événement. Tout y est. Sensibilité, profondeur et mélancolie pour les ballades telles que " Soothe ", " Blew away " ou " Whir ". Agressivité, puissance musicale et ferveur pour les titres plus âpres, difficiles comme " Frail and bedazzled " ou " Pissant ". Le tout marqué par cette volonté profonde d'innover. Smashing Pumpkins n'a plus rien à voir avec cette scène grunge qui a fait son temps. Il représente aujourd'hui toute une génération en manque de projet, d'espoir et risque fort bien dans quelques années d'être l'image de toute la musique américaine des années 90, tels que l'étaient les Doors ou le Velvet Underground, durant les sixties. Indispensable!

 

The Sex Pistols

Winterland concert

N'imaginez surtout pas que les Pistols viennent de sortir un deuxième album " live " pour consacrer leur reformation (NDR: Pourquoi, le premier est sorti?). Faut pas rêver! Comment voulez-vous qu'ils pompent un max de frics à leurs aficionados? " Winterland concert " nous renvoie en 1978, à San Fransisco. Un concert où le line up était encore composé de Cook, Jones, Rotten et bien sûr du défunt Sid Vicious. Un document fort intéressant, même si la qualité des enregistrements laisse parfois à désirer. Mais au moins qui épingle la plupart des standards du groupe. Depuis " God save the Queen " à " No fun ", cover des Stooges, en passant par " Anarchy in the UK ", " Pretty vacant ", et quelques autres...

Shaker

Kiss me

Versez une dose de New Order (ou à défaut d'Electronic), une de Crowded House, une de Visage et une dernière de Naked Eyes (de préférence cuvée 83) dans le gobelet ad hoc. Ajoutez-y de la glace sophistiquée avant d'agiter technologiquement dès que le shaker est reconstitué. Dénoyautez quelques Jesus Jones de leur hip hop. Placez en trois à quatre quartiers dans chaque récipient et servez le contenu de ce cocktail dans un cristal préalablement frotté d'harmonies vocales satinées. Vous venez ainsi de préparer un breuvage bien onctueux, mais dont le parfum commercial ne devrait allécher que le monde très superficiel des ex-radios libres...

 

Fred Schneider

Just Fred

Pour enregistrer son premier album solo, le vocaliste des B 52's a reçu le concours de trois groupes différents. Tout d'abord, Deadly Cupcake, formation circonstancielle impliquant Russel Simins du Jon Spencer Blues Explosion, Rick Sims autrefois membre de Supersucker et des Didgets ainsi que le bassiste de Tar, Tom Zaluckjy. Ensuite, Six Finger Satellite, ensemble yankee de néo post punk. Enfin Shadowy Men on a Shadowy Planet, un des nombreux backing groups de Steve Albini. Un Steve Albini que l'on retrouve d'ailleurs à la production de ce morceau de plastique secoué par l'esprit le plus agressif du punk pop. Celui des Heartbreakers, notamment. A cause de cette débauche d'électricité cinglante, vibrante, dispensée comme à la plus belle époque de Johnny Thunders. Mais également la forme du pop. Celle des B 52's. Et pas seulement parce que la voix véhémente, déclamatoire de Fred nous rappelle qu'il est toujours et encore le chanteur d'un des deux plus grands groupes d'Athens (NDR: l'autre, vous vous en doutez, répond au nom de REM), mais à cause de ce rythme caractéristique, épileptique, irrésistible qui a ouvert la voie au post punk insulaire. Un tempo qui se laisse même parfois ici emporter dans le psychobilly tribal des Cramps...

Screaming Trees

Dust

Lorsque Sreaming Trees enregistre " Sweet oblivion " en 1991, le temps est au grunge; et le groupe s'en imprègne inconsciemment. Une emprise fort regrettable et qui lui vaudra de traîner une même étiquette qui colle depuis, toujours aux basques de Nirvana, Soudgarden, Melvins, Pearl Jam, Stone Temple Pilots et consorts... Pourtant, les six albums précédents sont d'un tout autre calibre. Et enfermer la formation dans ce carcan ‘seattlenesque’ serait une grave erreur. " Dust " en est d'ailleurs la plus belle démonstration. Le quatuor revient à une forme de rock plus conventionnelle, mais tellement plus efficace. Acide dans le sens psychédélique du terme. Pensez aux Byrds, à Steppenwolf, à Gun Club, et plus près de nous à Leather Nun. Il règne d'ailleurs tout au long de ce disque une intensité blanche, électrique, crépitante, entretenue par les cordes de guitares, et une profondeur douloureuse, angoissante, qui émane du baryton de Mark Lanegan, dont les textes traitent d'alcoolisme, de décrépitude et d'autodestruction. Le titre de l'elpee est d'ailleurs suffisamment évocateur: " Dust ". Et qu'y a-t-il après la poussière?

Sebadoh

Harmacy

A l'instar de Cell, Afghan Whigs et autre American Music Club, ce trio bostonien explore la face la plus sombre du rock alternatif. Mais il le parcourt d'une manière différente. Développant une texture mélodique franchement rampante, capricieuse, instable, responsable d'un véritable spleen. Sur son nouvel opus, Sebadoh alterne pop songs aussi contagieuses que celles issues du répertoire de REM voire de Go-Betweens, aussi intensément électriques que chez Hüsker Dü, Nova Mob et même Pixies, et titres expérimentaux, beaucoup trop décousus pour véritablement accrocher...

Self

Subliminal plastic motives

Self, c'est une histoire de deux frangins qui se retrouvent après quelques années pour enfin monter leur propre groupe. En fait, si Mike Mahaffey sévissait déjà depuis quelques années au sein de groupe locaux dans son Tennessee natal, le parcours de Matt est beaucoup plus révélateur. A l'âge de douze ans, il joue de la batterie. A dix-huit, fréquente l'université où il commence à bidouiller des tas de styles musicaux à l'aide d'un quatre pistes et d'une guitare. Des expérimentations qu'il mène dans le domaine du hip hop, de la lo-fi et du rock alternatif. Mais pour enregistrer son premier album, et surtout pour monter son propre studio, qu'il veut à la pointe de la technologie moderne, il retourne écumer les clubs et les bars, derrière ses drums. Et lorsqu'il a amassé suffisamment de flouze pour passer à l'action, il rappelle son frère, engage quelques musiciens de studio et enregistre ce "Subliminal plastic motives". Si Mike et Matt se sont évidemment assuré l'essentiel de l'instrumentation, ce dernier s'est réservé, bien sûr, la composition, le chant, la production et surtout la gestion des samples. Il estime d'ailleurs que ceux-ci sont devenus une expression de sa personnalité et il les traite comme s'ils étaient devenus des instruments à part entière. Et le résultat est plutôt éloquent. Onze pop songs soignées, riches, opulentes, mélodiques. Au groove irrésistible, aux cordes de guitare croustillantes, effilées, aux harmonies vocales claires, suaves. Et si nous vous avançons que la musique est à la croisée des chemins de Weezer, de Beck et de Whale, comment voulez-vous dans ce cas, ne pas hériter d'un bon album?

Sense Field

Building

Bien que fondé en 1990, ce quintet californien ne comptait à ce jour que deux Eps à son actif. Un groupe dont nous n'avons jamais manqué de mettre les qualités en exergue. Parce qu'il le mérite. D'abord il y a la superbe voix de Jonathan Bunch, dont le timbre navigue quelque part entre Ray Thomas (Moody Blues), George Michaël, et Ed Kowalczyk (Live). Et puis cette musique dont l'électricité opulente post Hüsker Dü est dispensé avec un sens mélodique très britpop (Marion?), mais avec une pêche d'enfer, digne d'Offspring. "Building" est ainsi découpé en treize fragments agressifs, sauvages, pulsants, dont la palme revient au capricieux et insidieux "Will". Qu'est-ce qu'ils attendent pour passer en Belgique?

 

Seven Year Bitch

Gata negra

Début des nineties, Babes in Toyland, L7 et Seven year Bitch sévissaient sur la scène ‘Riot Grrrl’, scène féministe extrêmement active, virulente et démonstrative aux States. 7 Year Bitch a cependant été frappé par la fatalité lors de la disparition tragique de leur guitariste originelle, Stefanie Sargent. Depuis remplacée par Roisin Dunne, il est vrai. " Gata negra " constitue son troisième album. Un disque dont le groove sinueux est capturé par l'éloquence âpre et l'énergie pure du style musical. Metal punk bien sûr. Caractérisé par une ligne de basse paresseuse, des riffs de guitare incisifs, dévastateurs, ‘zeppeliniens’ et des vocaux frénétiques, aussi tourmentés que ceux de Perry Farrell (Porno For Pyros) et tout aussi possédés par le désir, l'amertume ainsi que la frustration…

 

Saint Etienne

Tigerbaby

Depuis sa création en 1990, St Etienne n'a jamais vraiment pratiqué une musique conforme à notre sensibilité personnelle. Et pourtant ! Comment expliquer le plaisir ressenti à l'écoute de leurs CD ? Peut-être parce qu'ils se sont toujours montrés imprévisibles. Peut-être également à cause de cette attitude baroque qu'ils n'ont jamais abandonnée. Celle d'exagérer la mode des seventies, par exemple. Mais c'est sûrement dans sa musique qu'il faut aller chercher la réponse. Car il ne faut pas renier les qualités exceptionnelles que possèdent les membres du groupe. Peter St John Wiggs et Robert Arkady Stanley dans le domaine technique, et Sarah Jane Cracknell au niveau vocal. En tous cas, la technopop de leur nouvel elpee, " Tigerbay ", a encore réussi à nous mette en boîte… comme des ados ! Et à nous émoustiller. Par sa diversité, surtout. Pensez qu'en quinze titres, le groupe passe en revue la musique de film, la techno pop, la ballade romantique, le trip hop ‘portisheadien’ et l'électrodance. On a même droit à une composition acoustique qui nous rappelle Kristin Hersh des Throwing Muses. Quel paradoxe pour un groupe synthétique ! Soulignons également l'apparition ponctuelle d'Etienne Daho déclamant un poème au beau milieu d'une chanson. Un excellent album donc, qui démontre que contrairement à l'équipe de football, St Etienne fait toujours partie de l'élite, mais musicale, cette fois…

 

Salt

Auscultate

La scène suédoise est en pleine ébullition. Après Whale, Cardigans et Wannadies, il faudra compter sur Salt. Un trio basique drivé par une fille. Nina Ramsby. Guitariste et chanteuse. Douée d'une voix aussi capricieuse que celle de Polly Harvey. Ce qui apporte une coloration toute particulière au style noisecore pratiqué par le groupe. Impétueux, excitant, proche de celui de Veruca... Salt. Mais mélodique ment aussi difficile et aride que celui de PJ Harvey. "Bluster", hit potentiel, constituant l'exception qui confirme la règle. Bien que fondée au printemps 92, cette formation scandinave n'en est qu'à son premier opus. Mais pour un coup d'essai, elle vient de commettre un disque underground dans le sens le plus électrique, le plus tempétueux, le plus décapant du terme!...

 

Sammy

Tales of great neck glory

Sammy, c'est avant tout Jesse Hartman et Luke Wood. Un duo yankee qui se partage la composition, la mise en forme et l'essentiel de l'interprétation de ce " Tales of great neck glory ". Leur deuxième album. Pour lequel, ils ont à nouveau reçu le concours du mystérieux Corn. Plus à la production, comme sur le premier elpee. Mais toujours aux drums. Encore qu'il partage ce rôle avec un certain Alexis Flesig, et puis surtout Brendan O'Maley. Ce dernier pour deux titres. Alors que " live ", il assume cette fonction à plein temps. Pas davantage de trace de la bassiste Rebecca Odes qui, pour la circonstance, n'aura eu droit qu'à des remerciements… Hartman et Wood sont new-yorkais. Ce qui explique sans doute pourquoi ils revendiquent un héritage aussi prestigieux que celui du Velvet Underground, de Television et surtout de Sonic Youth. Même le timbre vocal détaché, laconique de Jesse rappelle celui de Thurston Moore. Mais un héritage remis au goût du jour, tantôt par la lo fi capricieuse d'un Pavement, la pop vivifiante de Menswear ou ténébreuse de Jesus & Mary Chain. A cause de ce flux d'électricité mélodique, chargé de feedback, épanché dans une effervescence malsaine, presque sinistre…

 

Scheer

Infliction

Bien qu'en gestation depuis 1990, cet ensemble issu d'Irlande du Nord n'existe réellement que depuis 1993. Il ne lui aura cependant pas fallu beaucoup de temps pour être repéré par le label d'Ivo Watts Russel, probablement persuadé de découvrir de nouveaux Cranberries. En fait, si la formule est identique, le résultat est fondamentalement différent. D'abord, la voix d'Audrey Gallagher (NDR: aucune relation avec Liam et Noël!) est beaucoup plus douce et éthérée que celle d' O' Riordan, rappelant même parfois le timbre vocal d'Harriett des Sundays. Quant à la musique elle est balayée de rafales furieusement électriques et fouettée par les palpitations d'une ligne de basse funkysante à l'instar des moments les plus intenses de That Dog. Et nous ne ratisserons pas aussi large que la presse spécialisée qui est parvenu à aligner en quelques mois un éventail de critères particulièrement fastidieux. Oscillant des Pixies à Thin White Rope, en passant par Hüsker Dü, les Breeders, Fatima Mansions, Smashing Pumpkins, Shudder To Think, Slowdive, Throwing Muses, Chavez et Afghan Whigs. Produit par Head (PJ Harvey), flanqué de l'ingénieur du son Spike Drake (New Order, Pet Shop Boys, Wildhearts), "Infliction" dispense dix pop songs dont l'apparente insouciance mélodique est sauvagement écorchée par la colère, l'angoisse et le désespoir...

 

Vernon Reid

Mistaken identity

Écrit par

A l'issue du split de Living Colour, prononcé en janvier 95, Reid s'est remis à travailler en compagnie du groupe Masque. Il a beaucoup tourné en sa compagnie, puis surtout composé 40 nouvelles chansons, parmi lesquelles il en a retenu 16 pour graver ce premier album solo. Vernon a mis en forme cet opus en compagnie de Teo Macero, personnage qui, en quarante années, a bâti sa réputation en produisant les plus célèbres artistes de jazz. Citons au passage Miles Davis, Charles Mingus, Thelonious Monk et Geri Allen. Et apparemment son influence a été prépondérante lors de l'enregistrement de ce "Mistaken identity". Car hormis quelques très légères traces de hip hop, l'expression n'a strictement plus rien à voir avec le trashcore de Living Colour. Nous ne sommes d'ailleurs plus très loin du jazz rock consommé par King Crimson sur "Island", voire de celui du Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin...

 

R.E.M.

New adventures in hi-fi

Des groupes-phares qui ont marqué les eighties, rares sont ceux qui auront pu se renouveler d'une manière constante et surtout réussir cette métamorphose. C'est pourtant le cas d'REM dont le nouvel elpee, " New adventures in hi-fi ", vient encore de décrocher la timbale. La bande à Michaël Stipe est en effet parvenue à fusionner les meilleures caractéristiques musicales des trois derniers albums. Depuis l'agressivité de " Monster " à la fraîcheur d'" Out of time ", en passant par la fragilité d'" Automatic for the people ". Sans oublier ce zeste d'originalité qui fait d'REM un groupe unique en son genre. Sachez également que ce CD, recèle comme à chaque fois quelques perles hymniques qui auront, sans aucun doute, leur place sur la liste des musts des nineties. Nous pensons notamment au tourmenté " Leave ", ou encore à l'atmosphérique, presque ‘doorsien’ " How the west was won and where it got us ". En un mot: Indispensable!

 

Remy Zero

Remy Zero

Remy Zero, c'est avant tout le groupe des frères Tate. Cinjun et Shelby, deux perfectionnistes qui ont préféré monter leur propre studio avant de fonder un groupe. Ce n'est d'ailleurs qu'après avoir acquis une certaine expérience technologique qu'ils ont pensé à compléter le line-up. Une démarche originale et apparemment efficace puisque cet opus éponyme est absolument remarquable. Le quatuor yankee (Birmingham, Alabama) a quand même dû se rendre en Californie, à Santa Rosa très exactement, pour ciseler la matière première. Histoire de disposer, au moins, d'un 16 pistes. Et lorsqu'on écoute le résultat obtenu avec un matériel finalement modeste, on a de quoi être surpris. Pas étonnant que les frangins soient de grands admirateurs de Brian Eno. Maintenant, n'imaginez surtout pas que Remy Zero pratique de la muzak ou de l'ambient. Non. Ils prônent les vertus de l'électricité vivifiante. Héritées largement de Dig et de Smashing Pumpkins circa "Gish". Quoiqu’en analysant la texture de plus près, on y rencontre de multiples spécificités psychédéliques. Empruntées tantôt à Syd Barett, My Bloody Valentine, Mercury Rev, Rollerskate Skinny et la liste n'est pas exhaustive. Et comme l'aspect mélodique est particulièrement soigné, il ne faut pas longtemps pour succomber au charme des compositions. Un must!