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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Ed Kuepper

Frontierland

Edmund Kuepper nous surprendra toujours. Alors que depuis 1990, ce chanteur/compositeur/guitariste australien privilégie une muse semi-acoustique, quoique généreusement électrifiée ; pour enregistrer sont 21ème album, il a décidé d'enrichir la texture de ses chansons d'orchestrations et d'arrangements, en engageant toute une flopée de musiciens. Un tas de cuivres, comme à l'époque de Laughing Clowns. Un harmoniciste, plusieurs claviéristes, un violoniste, des bassistes, et nous en passons. Mais énorme surprise, il a décidé de faire appel à la technologie de pointe. En particulier aux samples et aux loops, en sus des boîtes à rythmes, du mellotron et du moog synthesizer. Et le résultat ne manque pas d'allure, même si les puristes lui reprocheront, sans doute, son infidélité à une certaine ligne de conduite minimaliste... Pourtant, en débarrassant la solution de toutes ces fioritures, on retrouve de remarquables mélodies trempées dans la nostalgie mélancolique, mélodies qu'il sculpte avec tellement de subtilité et une ineffable sensibilité, à l'aide de sa ‘douze cordes’. Pour ceux qui connaîtraient peu, mal ou pas du tout l'œuvre novatrice d'Ed Kuepper, nous ne leur conseillerons pas cet opus, mais plutôt des chefs d'œuvre tels que "Today wonder", "Honey steel's gold" ou "Black tichet day". Evidemment, si vous en êtes encore à patauger dans la marre des canards, à clamer "We are the champions", en pensant à Phil Collins, votre cas est totalement désespéré...

 

King Loser

Caul of the outlaw

Des formations issues de la scène néo-zélandaise, il faut reconnaître que King Loser n'est certainement pas la plus accessible. Ni la plus optimiste! Au contraire. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit pas intéressante. Mais simplement sa musique nécessite un certain conditionnement pour être véritablement appréciée. En fait, tout comme Loop, King Loser explore à la fois la force sauvage du rock et la face la plus sombre du psychédélisme. Usant et abusant de la distorsion des guitares, un peu comme les Scientists. Eclaboussures d'électricité exacerbées par les voix spectrales de Chris Heazlewood et de Celia Mancini. Pourtant au fil de l'album, les traces de surf se font de plus en plus présentes, mais davantage dans l'esprit rampant de These Immortal Souls que dans celui, plus tribal, des Cramps...

 

Kenickie

At the club

Trois filles et un kid constituent le line up de cette formation issue du Sunderland. Leur credo ? Le punk pop adolescent, énergique, déchiré entre causticité et vulnérabilité. Un peu comme le défunt et mythique Go Go's le pratiquait à ses débuts. Encore que Kenickie semble plutôt avoir hérité du sens hymnique de Magnapop, voire de Tallulah Gosh. On ressent d'ailleurs, une profonde tristesse au fond de leur enthousiasme, une mélancolie intense et en même temps glamoureuse, que le quatuor cultive à travers un certain culte du Sweet. L'attitude. Le maquillage. Les fringues. Et même l'alcool. Musicalement, le groupe n'hésite cependant pas à faire appel à certains arrangements électroniques, apportant une coloration toute contemporaine à des compositions qui dépassent rarement les 3 minutes...

 

Luna

Pup tent

Troisième album pour Luna, dont les deux premiers sont incompréhensiblement passé inaperçus ; une situation invraisemblable pour un groupe dont le leader n'est autre que l'ex guitariste de Galaxie 500, Dean Wareham. Et lorsqu'on connaît la qualité de la discographie du mythique groupe défunt, on a de quoi se poser des questions. D'autant plus, que les autres membres du quartette ont également des références. Et notamment l'ex bassiste des Chills, Justin Harwood. Et puis Sean Eden, dont le jeu de guitare complète à merveille celui de Dean. Plus d'ancien membre des Feelies, cependant, puisque Stanley Demeski a cédé le relais aux drums à Lee Wall. Mais sans aucune conséquence pour le combo. Vous vous dites peut-être que ce n'est pas parce qu'on dispose d'excellents instrumentistes, que le résultat est acquis d'avance. Et vous avez tout à fait raison. Mais, il n'y fait certainement pas obstacle. Et c'est le cas ici. Venons en donc à " Pup tent ", un disque qui s'inscrit dans la lignée des deux précédents opus, " Lunapark. Bewitched " et " Penthouse ". Mais en plus soigné, en plus insidieux. La production de Pat Mc Carthy y est peut-être pour quelque chose, lui qui avait autrefois mis en forme des disques de REM et de Butthole Surfers...

Venons-en maintenant au contenu de ce morceau de plastique. Parfois mystérieusement atmosphérique, parfois intensément énergétique, mais le plus souvent délicieusement psychédélique. Le calme y est vécu aussi intensément que la tempête, la douceur acide aussi efficacement que la brume électrique. Et au sein de ce monde, où la grammaire pop est ponctuée d'accents expérimentaux, planent les spectres du Velvet Underground, de Syd Barrett, de Spiritualized et même de Robin Hitchcock ; le timbre vocal de Dave se révélant aussi indolent, gémissant et mélancolique que celui de l'ancien leader des Egyptians. N'empêche, c'est encore et toujours lorsque l'intensité " atteint son point de rupture que avons le mieux vibré. Et en particulier sur " City kitty ", " The creeps ", " Fuzzy wuzzy " et enfin sur " Ihop ", morceau qui aurait pu naître d'une jam hypothétique entre Hank B Marvin, Van Morrison et Lee Ranaldo...

 

Lowpass

Fear of the flood

Saint-Nicolas serait-il le berceau belge du trip hop? Après Hoover, voici une nouvelle formation de ce style musical fort en vogue pour l'instant: Lowpass. Issu du Limbourg, cet ensemble dispense, tout au long de ce " Fear of the flood ", une musique puissante, chaotique, énigmatique, à l'instar de Massive Attack et de Portishead. L'opus a été enregistré en compagnie de Tony Platt et Ian Caple, respectivement producteur et mixeur de... Tricky! Espérons qu'il leur ouvrira une brèche sur le marché continental du disque. En tous cas, c'est tout le mal qu'on leur souhaite!

 

Local H

As good as dead

En dix années d'existence, cette formation yankee (Connecticut), n'a commis que deux albums, " As good as dead " constituant, vous vous en doutez, son deuxième. Explications? Un line up qui s'est réduit au fil du temps, pour ne plus aujourd'hui se résumer qu'à un duo. Ce qui n'empêche pas Joe Daniels et Scott Lucas de s'être très bien adaptés à cette situation, le premier pilonnant ses drums, alors que le second se réservant toutes les parties de guitares, y compris la basse. Et n'imaginez surtout pas que cette formule ait poussé Local H à se contenter d'une musique minimaliste. On est même très loin du compte, puisque hormis l'un ou l'autre intermède acoustique, " As good as dead ", obéit à une ligne de conduite post grunge. Des compositions aussi énergiques, intenses et pulsantes que chez Foo Fighters, Smashing Pumpkins ou le Pearl Jam dans sa phase la plus sauvage. L'album recèle d'ailleurs un hommage à Eddie Vedder. Des guitares donc. Cinglantes, crépitantes, en perpétuelle effervescence, comme sur le remarquable final, " Manifest density pt.2 ". Sans oublier le spleen mélodique, très spécifique à ce style de musique. Idéal pour prendre un bon bain d'électricité!

 

Liva

Secret Samadhi

Après avoir cumulé les disques de platine, les méga-hits, décroché des tas d'awards et squatté les premières pages des magazines yankees, Live est aujourd'hui entré dans la cours des grands. Un succès mondial qu'il doit incontestablement à ses interminables tournées, mais aussi et surtout au petit coup de pouce de Pearl Jam qui, il y a quelques années, lui avait ouvert une porte sur le marché international du disque. Quoi de neuf donc pour cette formation pennsylvanienne? Un nouvel opus enregistré en compagnie de Jay Healy. Album qui se place parfaitement dans la continuité de ses prédécesseurs. Du grunge-pop-rock américain pratiqué à l'instar d'un REM, d'un Pearl Jam ou encore d'un Bush. De la guitare en puissance. Du rythme. De l'émotion dans le timbre d'Ed Kowalczyk. Tous les ingrédients indispensables pour satisfaire les aficionados de ce style de musique...

 

Litfiba

Mondi sommersi

On savait cet ensemble florentin capable de se frotter au métal avec beaucoup d'aisance. Aussi bien avec le mordant des Pixies que dans le plus pur esprit rock urbain d'un Steppenwolf voire d'Iron Butterfly. Mais nous n'imaginions pas que le groupe oserait mettre un pied dans la techno. Enfin U2 le fait bien, alors pourquoi pas Litfiba? C'est en tout cas le type d'expérimentation qu'a mené Litfiba tout au long de son dernier album. Pas au point de virer à la musique de danse synthétisée. Puisque l'électricité y est toujours bien présente. Mais surtout pour enrichir sa texture d'arrangements, tout en imprimant des grooves hypnotiques, texture heureusement toujours hymniquement taillée dans la Commedia dell’arte. Langue de Verdi oblige!

 

The Lilys

Better can't make your life better

Pour reproduire le son du début des seventies, Lenny Kravitz avait choisi de n'utiliser que du matos d'époque, et en particulier de recourir aux célèbres amplis à lampes. Pour recréer le son des fifties et des sixties, les Lilys ont analysé le spectre harmonique des disques de l'époque, à l'aide d'un oscilloscope. Et comme les Lilys avouent une certaine admiration pour les Byrds, les Kinks, les Monkees, Big Star, et dans une mesure plus contemporaine, Pavement et My Bloody Valentine, vous aurez une petite idée du climat psyché pop au sein duquel baigne cet opus. D'autant plus, que les harmonies vocales sont aussi soignées que limpides. Superbe!

 

The Lightning Seeds

Dizzy heights

Après une carrière de producteur qui l'a amené, au cours des 80's, à mettre en forme les albums de groupes tels qu'Echo & The Bunnymen, Noir Désir ou Icicle Works, Ian Broudie est passé en 1989, de l'autre côté de la table de mixage. Sous un pseudonyme: The Lightning Seeds, il enregistre un premier et somptueux single: " Pure ". Huit ans plus tard, il en est à son quatrième opus. " Dizzy heights ". Une sorte de concentré de pop anglaise que nous pourrions synthétiquement situer entre celle des Pet Shop Boys et de New Order. 12 compositions à travers lesquelles s'enchaînent synthés, guitare-basse-batterie, quatuor à cordes et effets technologiques dispensés à dose homéopathique ; le tout moulé dans une production qui frise la perfection. C'est simple, c'est gai, mélodique. Bref, c'est excellent!

 

Light

Turning

Light est un projet imaginé par un certain David Mercer, proche collaborateur d'Amp et copropriétaire d'un studio d'enregistrement qu'il partage avec un musicien de Flying Saucer Attack. Avec de telles références, il n'est pas difficile d'imaginer le style musical prôné tout au long de ce " Turning ". Atmosphérique, expérimental, il nous entraîne dans un univers sonique presque exclusivement constitué d'oscillations instrumentales. Le plus souvent mélodiques, quand même. Mais aussi noisy. Produites par une guitare, un clavier, un violon et des machines. Un univers qui n'autorise que de rares interventions vocales ; chuchotement blême, trouble, fragile, qui s'évanouit instinctivement dans l'intensité du son...

 

Madder Rose

Tragic magic

Changement radical de cap pour le quatuor new-yorkais, puisqu'après avoir partagé la mélancolie rêveuse et sinistre de Mazzy Star, pendant quatre albums, il a décidé de se mettre à la trip hop. Vous pensez à Portishead et à Massive Attack ? Vous n'avez pas tout à fait tort, même s'il y a lieu de nuancer cette première impression. D'autant plus que seuls le single " My star " et " Real feel " émargent au dub et à la house. Et puis, si Billy Coté n'arrache plus systématiquement son feedback incendiaire, démoniaque de sa guitare, il réserve quand même encore une place à l'électricité blanche, psychédélique. Notamment sur le superbe " Delight's pool ", qui nous rappelle même parfois la noisy brumeuse de My Bloody Valentine, voire de Lush. Et puis, sur " Scenes from starbright ", dont le sens mélodique semble avoir été emprunté à Veruca Salt. Mais en général, tout au long de ce " Tragic magic ", l'instrumentation est beaucoup plus équilibrée. Le piano ou le clavier plus présent, les percussions feutrées, insidieuses, et les accords de guitare diversifiés. Tantôt acoustiques, vaporeux, reverb et bien sûr slide. Un peu comme chez Cowboy Junkies. Reste la voix de Mary Lorson. Magnifique, languissante, lascive, envoûtante... en un mot, magique !

 

My Life Story

The golden mile

My life story est un groupe ambitieux. Il veut réconcilier la pop et le music hall en s'inspirant de Love et des bandes sonores de James Bond, en associant Scott Walker et les Pet Shop Boys, tout en cherchant à réaliser la fusion parfaite entre les styles de Divine Comedy, Pulp, Jack et de Marc Almond. Mais en plus, il s'est donné les moyens pour réaliser cet objectif. En s'entourant d'une bonne vingtaine de musiciens (cuivres et cordes en tout genre), pour enregistrer les douze compositions de ce " Golden mile ". Des chansons extravagantes, débordant d'arrangements somptueux, sur lesquelles viennent se greffer la voix de crooner de Jack Shillingford. Et le résultat est assez surprenant. Il ne fait aucun doute que ces mélodies kitsch et grandiloquentes, qui dessinent cet opéra burlesque, vont conquérir le cœur du public qui ne jure que par la pop orchestrale. Mais, d'un autre côté, cette démarche risque fort d'agacer les puristes du rock, qui estimeront, sans doute, que My Life Story vient de signer un pacte diabolique avec la musique de variétés...

 

The Mutton Birds

Envy of angels

Fin 95, nous avions découvert l'existence de cet ensemble néo-zélandais à travers " Nature ", un superbe album qui avouait de nombreuses affinités avec les Moffs, Church et autres Go-Betweens. Un groupe drivé par un certain Mc Glashan. Nous n'allons pas prétendre qu'il tire toutes les ficelles. M'enfin presque. Se réservant la guitare, la plupart des compositions et surtout le chant. C'est vrai qu'il a une superbe voix. Capable d'épouser tour à tour les inflexions de Michaël Stipe, de Michaël Been (The Call), de Denny Lane (Moody Blues) de Robert Wyatt ou d'Adrian Gurvitz (Counting Crows). Apportant une dimension émotionnelle à des chansons résolument pop. Produit par Hugh Jones, " Envy of angels " possède tout les atouts pour décrocher la timbale. Suffit qu'il puisse les abattre! Les atouts, bien sûr...

 

The Muffs

Happy birthday to me

Nouvel album pour cet ex-quartet (aujourd'hui réduit à un trio) issu de Los Angeles. Ensemble de punk pop drivé par Kim Shattuck. Chanteuse et guitariste dont la voix nous fait inévitablement penser à celle de Courtney Love. Une voix rageuse, cassée, arrogante, envoûtante, profilée sur une texture où guitares crépitantes, basse ronflante et rythmique énergique se mélangent pour finalement enfanter de très jolies chansons, mélodieuses, à la croisée des chemins d'un Hole et d'un Weezer.

 

Motorpsycho

Angels and daemon at play

Écrit par

Il faut reconnaître que depuis 1991, date de la sortie de son premier album, " Lobotomizer ", cette formation norvégienne a fait d'énorme progrès. D'un mélange rudimentaire de formes musicales empruntées au passé, le groupe est parvenu, au fil des albums, à se forger un style remarquable, et surtout très personnel. Toujours influencé par la fin des sixties et la première moitié des seventies, il s'est cependant adapté à la technologie des nineties. Ce qui nous permet d'espérer un nouveau souffle pour la musique dite ‘progressive’, dont l'unique flamme, aurait pu s'éteindre, si Peter Hammill ne s'était pas chargé de la préserver; et ce depuis plus de vingt ans.

" Angels and daemon at play " propose onze morceaux dont l'intensité et la richesse sont assez étonnantes. A premier abord, on a l'impression de retrouver tantôt le krautrock de Can, voire d'Amon Düül, l'ambiant jazz de King Crimson circa Islands, la phase la plus jaunissante du Floyd (" Wish you were here ") ou même le grandiose de Magma. Tout un ensemble de références héritées du passé que l'on retrouve aussi bien dans les climats les plus planants, les plus atmosphériques, les plus intimistes que lorsque la texture prend de l'amplitude ou de la puissance. Mais sans jamais tomber dans le revivalisme. Un véritable tour de force réalisé par Motorpsycho qui parvient à digérer toutes ses influences pour les transformer en pop contemporaine. Tantôt à la manière de Clean, lorsque les chansons se font plus claires, plus mélodiques, tantôt de Wire, lorsqu'elles sont filtrées dans le psychédélisme post industriel. Ou alors et plus fréquemment encore, de Sonic Youth, parce que les sonorités torturées, acides, stridulantes des cordes de guitare décapent littéralement le son...

 

Motörhead

Overnight sensation

La tête à moteur a retrouvé la formule sacrée du trio, puisque aujourd'hui, seuls restent aux côtés du chanteur/bassiste et leader Ian Lemmy Killminster, le guitariste Campbell ainsi que le drummer Mikkey Dee. Le dernier album de Motörhead, n'a pas la prétention de rechercher l'innovation. Il y a bien quelques bribes de guitare acoustique et un morceau presque dansant, mais fondamentalement il dispense le même hard rock, sans compromis, limité aux trois accords de base... M'enfin, pourvu que la machine à riffs soit bien huilée et que le volume sonore soit poussé au maximum, c'est tout ce que les aficionados du groupe souhaitent...

 

Morrissey

Maladjusted

Neuvième album pour Morrissey, ex-leader du mythique et défunt Smiths, dont les membres se sont séparés voici déjà dix ans. Un disque d'honnête facture, qui comblera, cependant, les inconditionnels de Mozz. Enfin, de son timbre vocal... Pour le reste, l'artiste n'a pris aucun risque, se contentant de ciseler, mais à la perfection, à l'instar du single " Alma matters ", toutes les caractéristiques mélodiques de sa pop mélancolique. Onze pop songs contagieuses, découpées dans des cordes de guitares tendres, chatoyantes, chansons élégantes, caressées de rythmes feutrés et enrichies d'arrangements somptueux. Morrissey y exorcise de sa voix, à l'aide de lyrics profonds, mais souvent ambigus, durant un peu moins de 45 minutes, tout son mal de vivre, sa solitude, sa tristesse... Dommage que l'opus manque cruellement d'agressivité. Une agressivité qui avait rendu son précédent opus, si attachant.

 

Monaco

Music for pleasure

Saint Etienne, Geneva, Monaco ; visiblement, les villes européennes inspirent les combos britanniques. Mais venons en à la nouvelle formation de l'ex bassiste de Joy Division et de New Order , Peter Hook. Bien sûr, l'ombre de ces deux ensembles mythiques plane plus que jamais sur " Music for pleasure ", premier album de Monaco. Et pas seulement à cause de la digitalisation des compositions ou parce que le timbre vocal de David Potts glisse, à l'instar de Bernard Summer, anonymement, introspectivement sur le glacis mélodique des compositions. Mais surtout parce que Peter Hook pille son propre passé. Celui de " Low life ", de " Technique ", et même de " Brotherhood ". Encore, que " Junk " lorgne plutôt vers la house d'Electronics, " Sweet lips " vers le disco des night clubs (NDR : tiens, ce n'est pas de la techno qu'on y dispense ?) et, exception qui confirme la règle, " Buzzgum " la britpop des Charlatans, voire d'Oasis...

 

Mogwai

Young team

Si à l'origine, cet ensemble glaswegien avait un net penchant pour la musique underground US. Celle de Sonic Youth et de Slint, en particulier, il faut reconnaître que leur nouvel album a pris une toute nouvelle orientation. Plus extatique, à l'instar de Labradford, plus psychédélique dans l'esprit de Spacemen 3 et surtout plus noisy. Dans la lignée de My Bloody Valentine. Encore, que parfois, lorsque l'électricité devient franchement luxuriante, c'est plutôt du côté du prog rock de King Crimson circa " Lark's tongues in aspic ", que nous lorgnons. Peu de vocaux sur leurs compositions, à la limite quelques chuchotements, Mogwai privilégiant les longues périodes atmosphériques, paysages sonores au sein desquels les envolées de guitare immaculées de Stuart Braithwite déversent tantôt tout leur spleen, tantôt toute leur fureur; en résumé, toutes leurs émotions...

 

Wim Mertens

Jardin clos

Écrit par

Wim Mertens n'est pas n'importe qui. En effet, puisqu'après avoir obtenu une licence en science politique à l'UCL, il s'adonne à l'étude de la musicologie et publie en 1980 son premier ouvrage sur la musique répétitive américaine. Ce n'est qu'un an plus tard qu'il se tourne vers sa principale passion. Seul ou avec son premier groupe: Soft Verdict. 16 ans plus tard, Wim est toujours là, fidèle à son style. La musique est peut-être plus enrobée, plus maximaliste, mais le piano occupe toujours la place centrale de son œuvre. Oscillant entre le classique et l'électronique, les chansons sont sans textes, mais parfois Wim y ajoute des vocaux dénués de toute signification. Un peu comme Enya ou Enigma. Mais uniquement du point de vue textuel, pas musical! Paradoxal pour cet intellectuel qui a certainement beaucoup à dire et qui se hâte de répliquer qu'aucun texte n'est plus expressif qu'une mélodie. Et sa réponse trouve dans ce " Jardin clos ", encore toute sa pertinence...