Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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The Pastels

Illumination

Formé en 1982, le trio glaswegien reconnaissait, à l'origine, pour références majeures, TV Personalities, les Membranes et surtout le Velvet Underground. Au fil du temps, la formation a digéré ses influences pour devenir elle même prophète effacé de la vague noisy. Celle des Jesus & Mary Chain, Primal Scream, Vaselines, My Bloody Valentine et consorts. Aujourd'hui, les Pastels continuent de militer au sein de la zone crépusculaire de l'underground. En tournant le dos au temps et aux modes. Préférant cultiver une imagerie de la nostalgie, à l'aide d'une musique rafraîchissante, minimaliste, réduite à des accords de guitare fragiles, acidulés, des accès de basse sinusoïdaux et des drums ouatés, texture fantomatique au sein de laquelle se promène le vocal négligemment fendillé de Stephen. Une musique dont l'intensité émotionnelle permet au combo d'évoluer loin des couleurs criardes des succès aussi tapageurs qu'éphémères...

 

Alan Parsons

Alan Parsons on air

De l'histoire de la conquête du ciel, Alan Parsons en a surtout retenu l'invention du ballon à air chaud des frères Montgolfier. Une impression renforcée par les superbes illustrations du ‘booklet’ de cet album. Malheureusement, le contenu n'est pas à la hauteur de l'emballage. Hormis "Cloudbreak", titre qui aurait pu figurer sur "The Wall" du Floyd, ainsi que "Too close to the sun" et "Blown by the wind", fragments qui devraient ravir les nostalgiques de la musique atmosphérique des seventies, le reste nous a franchement laissé sur notre faim. Pourtant, ce célèbre ingénieur du son a bénéficié, pour la confection de cet opus, de la participation de quelques grosses pointures ; et notamment de deux membres de son "Project" original. Mais tout ce qu'il parvient à concocter, c'est une surproduction de sonorités aussi stériles que celles que nous bassinaient, à une certaine époque, Kayak, Elton John ou même Police lorsqu'il était à l'agonie. A notre humble avis, Alan Parsons aurait tout intérêt à proposer ses services aux studios Walt Disney...

 

Paradise Lost

One second

Sixième album pour cet ensemble londonien extrêmement populaire chez les aficionados de cold wave, depuis l'effacement de Sisters Of Mercy et de Mission. Pour enregistrer " One second ", la formation a bénéficié du concours de Sank (Clawfinger, Misery Loves Co). Ce qui explique sans doute pourquoi les compositions, bien que sombres et tourmentées, parviennent à éviter le piège des clichés hymniques ; Paradise Loste inoculant même aux mélodies gothiques une sensibilité empruntée à Depeche Mode, une gravité de ton comparable à Litfiba et, au niveau des arrangements, un psychédélisme synthétique que nous n'avions plus rencontré depuis Danse Society...

 

Papas Fritas

Helioself

Il y a tellement de choses à raconter sur la musique de Papas Fritas que finalement on en oublierait presque l'essentiel. Son pouvoir rafraîchissant! Une musique dont l'harmonie, le rythme et la mélodie se conjuguent pour atteindre la pop parfaite. Psychédélisme circa " Magical mystery tour " des Beatles, minimalisme hypnotique propre à Stereolab, vivacité juvénile des B52's, enthousiasme sixtiesant des Beach Boys, fantaisie new wave de Spizz Energy sont des sources d'inspiration incontestables pour ce trio du Massachusetts. Il y en a d'autres, mais elles sont tellement nombreuses que les énumérer toutes deviendrait fastidieux. Et on en oublierait encore. Et en particulier lorsqu'on évoque leur deuxième album, " Heliosef ", dont le mixing a été réalisé dans les célèbres studios de Fort Apache par Paul Q Kolderie et Sean Slade (Hole, Dinosaur Jr, Buffalo Tom). Pas une surprise, mais une confirmation!

 

Palace Music

Lost blues and other songs

Encore un nouvel album de Will Oldham! Enfin, pas tout à fait. Plutôt une compile partagée entre extraits de maxi-singles, faces B de singles, inédits et nouvelles versions de chansons plus anciennes; sans oublier la cover de Sally Timms, " Horses ", et puis cet " Untitled " sixtiesant, habilement liquéfié dans les claviers ouatés, argentés. Un recueil qui laisse une plus grande place à l'instrumentation rock. Basse, batterie et bien sûr guitare. A l'instar d'un Vic Chessnutt. C'est à dire capable de dispenser une intensité électrique aussi blanche que chez le Crazy Horse de Neil Young. Comme sur " Riding " et sur la seule reprise de l'elpee. Ou encore de déchirer l'âme d'un mélomane à l'aide de quelques accords de guitare sèche. Parce que l'inspiration demeure fondamentalement country/folk. Et pas seulement parce qu'on y retrouve régulièrement un banjo, un violon, un harmonica ou une steel guitar. Mais parce que les chansons ont été composées à l'aide d'une guitare acoustique. Une formule idéale pour ainsi permettre à la voix poussiéreuse, intimiste d'Old de vagabonder au sein du climat brumeux et mélancolique de son lost blues et de ses other songs...

 

Prince

Emancipation

Pour inaugurer son arrivée chez EMI, Roger Nelson nous a gratifiés d'un un triple album. Evidemment, les détracteurs vont probablement imaginer qu'il s'agit de vieilles compositions remises au goût du jour et réunies pour les besoins d'une compilation. Nenni! Il s'agit bien de toutes nouvelles chansons. Trente six pour une durée totale de trois heures. Nous n'irons pas jusqu'à dire que cette générosité frise le remplissage, mais force est de reconnaître que sur ce disque la quantité nuit quelque peu à la qualité. Venons en d'abord au troisième morceau de plastique. Probablement le plus intéressant. Puisqu'il développe une incursion plus que réussie dans la techno. Les deux autres se tournent plus fondamentalement vers plus funk, et même r&b cuivré. Comme par exemple ce " We gets up " plus James Brown que nature. Sans oublier la panoplie de slows troubles, troublants, que nous aurions plutôt vus dans le répertoire d'un Barry White. Mais les compositions qui nous ont le plus bottées, sont bien sûr les plus audacieuses, telles que " Damned if eye I do " taillée dans une pop à la limite du glam, le hit potentiel " Friend, lover, sister, mother/wife ", et puis " Courtin'time " déchiré entre jazz, charleston et boogie. Un regret, mais il est de taille, les interventions beaucoup trop timorées, de l'artiste à la guitare. Sans quoi, les véritables aficionados y verront, sans doute, une volonté de revenir à une simplicité mélodique, de se remettre en question, et surtout d'échapper à des productions incolores, inodores et insipides au sein desquelles il s'enlisait de plus en plus dangereusement depuis quelques années. Ce n'est pas encore " Purple rain ", m'enfin on n’a pas le droit de se plaindre...

 

Primal Scream

Vamishing point

L'ombre de l'ex-bassiste des Stone Roses, Mani, du drummer de Can, Jaki Libezeit ainsi que du guitariste de My Bloody Valentine, Kevin Shields, plane sur le nouvel album de Primal Scream. Mais curieusement, on ne trouve aucune mention de leur présence dans le booklet. Etonnant, lorsqu'on se rend compte de l'activité débordante dont ont fait preuve les trois lascars, tout au long des sessions d'enregistrement. Ce n'est cependant pas une raison pour éclipser le rôle de Bobby Gillepsie, leader de Primal Scream ; mais force est de reconnaître que sans la participation de collaborateurs d'exception, il n'aurait pu commettre un opus d'un tel calibre. Parce que ce " Vanishing Point " est un petit chef-d'œuvre. Dans un style luxuriant qui oscille du ‘sydbarretien’ " Burning wheel " à l'instrumental, filmique " Trainspotting ", en passant par le ‘nightclubbien’, fiévreux, " Get duffy ", le post punk ‘overdubbé’ (Killing Joke ?) " Kowalski ", sorti depuis en single, l'estival " Star ", le funkysant " If they move, kill 'em ", le clone des Stones, " Medication " et l'‘hawkwindien’ " Motörhead " (NDR : cherchez l'astuce !). Une musique dont le groove amphétaminé par le psychédélisme se révèle absolument exquis !

 

Pridebowl

Where you put your trust

On assiste, pour l'instant, à une véritable invasion de groupes scandinaves, et suédois en particulier. Mais si la plupart d'entre eux s'essayent à la pop, d'autres, comme ce Pridebowl ne jure que par le punk. Et ce, à la limite du punkcore, voire metalcore. Véhiculant tous ces clichés caractéristiques: vocaux limites, vindicatifs, énergie débordante, texte engagés, rythmes échevelé et tout le saint tremblement. Honnêtement ce n'est peut-être pas mal fichu, mais pour l'originalité, faudra repasser!

 

The Presidents Of The United States Of America

II

Le deuxième album de Presidents of the USA n'a rien de révolutionnaire, mais nous ne partageons pas l'acharnement mis par la presse britannique à le dénigrer. D'accord, hormis le hit potentiel "Volcano", l'opus ne recèle aucune chanson immédiatement mémorisable, ni de cover de la trempe de "Kick out the jams" (MC5), de "Video killed the radio stars" (Bangles) ou de "ça plane pour moi" (Plastic Bertrand), mais toutes les compositions sont issues du même moule que le précédent elpee. Et puis, pour l'enregistrer, le trio a reçu le concours de Mark Sandman de Morphine. Ce qui n'est quand même pas négligeable. Enfin, ce morceau de plastique risque fort de faire vibrer toutes celles et tout ceux qui ne jurent que par le punk pop contagieux, simple, fun, efficace et mélodique; critères auxquels répond ce trio de joyeux drilles qui ont, en outre, le mérite de combler le chaînon manquant entre Cheap Trick et les Fleshtones...

 

Prefab Sprout

Andromeda heights

Fondé voici bientôt près de 20 ans, Prefab Sprout est aujourd'hui bien loin du postcard jazzyfiant, chatoyant qu'il pratiquait à ses débuts. Et son nouvel album, on ne peut plus décevant, en est une parfaite illustration. Bien sûr, les mélodies sont toujours là. Douces, romantiques, pleines de tendresse. Mais côté arrangements instrumentaux, quelle catastrophe ! Et ce, nonobstant le concours de violons, clochettes, trompettes, percussions feutrées et autres guitares espagnoles. On voyage durant 47 minutes tantôt dans l'univers d'un Take That en pleine inspiration, tantôt dans le monde de Walt Disney, lorsqu'on ne transite pas par celui de Phil Collins, d'Helmut Lotti, voire de Dire Straits, dans les meilleurs moments. Résultat des courses, cet opus devrait faire un tabac, auprès des fidèles téléspectateurs du concours Eurovision...

 

Popsicle

Popsicle

Ce quartet suédois manifeste une grande admiration pour l'œuvre de Neil Young, et en particulier pour l'album " Harvest ". Pourtant, on ne peut pas dire que Popsicle soit particulièrement inspiré par le célèbre Canadien. Peut-être dans le soin apporté aux arrangements. Confiés à un certain Pontus Olsson. Un illustre inconnu qui mériterait un tout autre statut, tant son concours a été d'une importance primordiale. Sans jamais dénaturer le feeling et le sens mélodique des compositions, il est parvenu à nous faire croire que Popsicle mériterait d'émarger à la scène britpop, à l'instar d'un Boo Radleys...

 

Polvo

Exploded drawing

Bob Weston, compère de Steve Albini au sein de Shellac produit le quatrième album de cet ensemble new-yorkais (Chapell Hill). Ce qui explique sans doute pourquoi ce morceau de plastique risque de passer moins inaperçu. Et pourtant, la musique de Polvo vaut son pesant d'or expérimental. Si à première écoute, on a l'impression de retrouver les prémices de U2, donc du fameux elpee "Boy" ; au fil des écoutes, c'est plutôt du côté de Wire, Captain Beefheart et Television qu'il faut lorgner. Et là, ce sont des références! Maintenant, n'imaginez surtout pas que cet ensemble yankee se contente de revitaliser ce prestigieux passé; vous vous berceriez de douces illusions. En fait, tout comme Archers of Loaf et Superchunk, il affronte un punk pop sans doute mélodique, certainement teinté d'exotisme, très branché sur l'électricité des guitares (deux!), mais surtout découpé dans des rythmes très versatiles, tantôt lents, obsédants ou rapides, lorsqu’ils ne sont pas déchiquetés à la manière du légendaire et défunt Pixies...

 

Plumb

Plumb

Une formation installée à Nashville qui ne pratique ni la country, ni le blues, c'est plutôt rare. Et pourtant, Plumb entre dans cette catégorie d'exceptions. Un quatuor drivé par une fille. Tiffany Aubuckle, chanteuse et responsable de la plupart des compositions ; rôle qu'elle partage avec un certain Matt Bronleewe, qui n'est paradoxalement pas membre du groupe. Si le timbre vocal de Tiffany rappelle tantôt Nena, Juliana Hatfield ou même Alanis Morisette, Plumb appartient plutôt à cette nouvelle catégorie de groupes qui ont à la fois recours à l'instrumentation conventionnelle et à la technologie moderne. On pense ici, plus précisément à Garbage. Sur son premier opus, Plumb semble cependant encore chercher son style. Pas tellement convaincant dans ses égarements sub No Doubt, il peut se révéler tendre et intimiste, comme sur l'élégant " Pennyless ", souligné par les interventions délicates d'un violoncelle. Mais aussi fort bien inspiré lorsque ses mélodies pop énigmatiques se laissent envahir par le trip hop de Portishead voire de Massive Attack ; ou alors lorsque l'électricité des guitares devient franchement agressive, mais sans jamais déborder de son cadre de référence, celui d'une chanson...

 

Bernard Plouvier

A feeling of déjà vu

" A feeling of déjà vu ", premier album solo de Bernard Plouvier (surnommé Be) serait-il, enfin, la consécration de sa carrière artistique? Qui a transité de Ninove à Mad Dog Loose et en passant par Odieu. Il faut croire que oui. Be a en effet réussi à mélanger admirablement toutes les approches musicales qu'il a expérimentées depuis sa tendre enfance. Le résultat? Un voyage intemporel aux confins du classique, du rock et de la chanson française. Dans un langage plus rock, à la croisée des chemins de Bowie, Queen, Tuxedomoon et de dEUS. Un voyage intemporel, où se mêlent et s'entremêlent piano, violon, guitare, basse, batterie, claviers et même électronique, destiné à vous plonger dans une atmosphère chargée de romantisme, de tristesse, de nostalgie, de mélancolie et même d'humour. En un mot: somptueux!

 

Pizzicato Five

Sister freedom tapes

Si au Japon, il existe une scène pop/rock particulièrement florissante, il faut reconnaître qu'à ce jour peu de groupes sont parvenus à s'imposer sur la scène internationale. Il y a bien eu le Yellow Magic Orchestra, duquel ont émergé Yukuhiro Takahaski et Ruichi Sakamoto, le groupe féminin Shonen Knife et puis aujourd'hui Pizzacato Five. A l'origine constitué d'un trio, il vient d'être réduit à un duo depuis quelques mois. Une formation souvent comparée à Saint Etienne. A cause de cette approche glamour, kitsch, romantique, synthétique de la pop. Or, il faut reconnaître que dans le domaine, Pizzicato Five se débrouille plutôt bien. Aussi bien que les Cardigans. Et ça, c'est une référence!

 

Pizzicato Five

Happy end of the world

Stereolab japonais ou St Etienne nippon ? En fait, il y a un peu des deux dans cette formation de Tokyo réduite à un duo depuis le départ de K-Taro Takanani. Yasuharu Koneshi et la chanteuse au timbre vocal kitsh, glamoureux, sensuel, Maki Nomiya se partagent donc, tout au long de cet " Happy end of the world ", guitare, synthés, claviers, samples et autres bidouillages pour dispenser un mélange plutôt réussi de pop, de disco, de soul sixties et bien sûr de techno. Le tout raffiné par des orchestrations aussi somptueuses que chez Burt Bacharach et des arrangements dignes de Yellow Magic Orchestra. Nonobstant l'un de l'autre titre expérimental, suspecté d'un peu trop tirer en longueur, cet " Happy end of the world " ne manque pas d'allure. Mais la meilleure surprise nous est venue de " Collision and improvisate ", fragment qui s'aventure avec beaucoup de bonheur dans le jazz/pop/rock moderne...

 

Pigeonhed

The full sentence

Pigeonhed est un duo composé de Shawn Philipps et de Steve Fisk. Pas des types tombés de la dernière pluie, puisqu'ils travaillent, depuis plus de dix ans, chacun de leur côté, sur de multiples projets. Qui ne les empêchent pas de collaborer régulièrement aux sessions d'enregistrements de tas d'autres groupes. Et en particulier ceux qui occupent l'avant scène de Seattle. Steve a, en outre, commis quatre albums en compagnie de Pell Mell, produit une multitude d'artistes, alors que Shawn partage son temps entre Brad et Satchel, lorsqu'il ne tourne pas avec Afghan Whigs. Pour enregistrer ce " Full sentence ", leurs potes ont bien sûr rappliqué. Et parmi ceux-ci on retrouve Matt Chamberlain (ex Pearl Jam), Kim Thayil (Soundgarden), Jerryl Cantrell (Alice In Chains) et quelques autres. Un disque que nous pourrions qualifier de trip hop funk soul, et ce nonobstant le falsetto étrange de Shawn, rappelant plutôt Robert Wyatt que Prince. Encore que pour la musique ce soit plutôt le contraire. Car Pigeonhed a probablement atteint sur cet opus, ce que Prince tente désespérément de décrocher depuis plus de dix ans...

 

Sam Phillips

It's only a flesh wound lambchop

Pour enregistrer cet album, Sam Phillips a reçu le concours de toute une flopée de musiciens, parmi lesquels Jim Keltner, Matt Chamberlain (ex drummer des Smashing Pumpkins) et T Bone Burnett, semblent avoir été les plus actifs. C'est même ce dernier qui a assuré la production de cet opus. Beaucoup de cuivres également. Parfois impliqués sous la forme d'une section, à l'instar d'un Dexy's Midnight Runners. Mais le plus souvent des solistes de jazz. Dont les interventions, tantôt satinées, tantôt lascives, sont destinées à entretenir le climat intimiste des chansons. Nées de la plume de Sam Phillips. Sur les douze titres de cet " It's only a flesh wound lambchop ", elle n'a d'ailleurs accordé ses faveurs qu'à une seule reprise, signée REM: " Slapstick heart ". Elle possède, en outre, une très jolie voix. Dont le timbre navigue quelque part entre celui de Kristin Hersh et de Marianne Faithfull, une voix qui apporte beaucoup de relief à des chansons fondamentalement pop, parmi lesquelles " Entertainment " et " Faster pussycat to the library ", mériteraient assurément une gravure en single.

 

Penthouse

Gutter erotica

Torturé, sombre et malsain, le blues urbain de Penthouse est hanté par les spectres de Birthday Party, Stooges, Scientists, Blue Cheer, Velvet Underground et Sun Ra, lorsqu'il ne macère pas dans l'univers claustrophobie de Fall ou encore lorsqu'il ne partage pas le même culte du sordide et de la lubricité d'un Jesus Lizard. Pas un album facile donc que ce " Gutter erotica ", à la limite dérangeant. Certains le suspecteront même de pratiquer une véritable opération dans l'underground contemporain sans anesthésie. Sexe, voyeurisme, satanisme et mort alimentent d'ailleurs les lyrics de cette formation, qui compte pour compagnon spirituel Gallon Drunk, et au sein de laquelle on retrouve Tim Cedar, drummer de Ligament...

 

The Rolling Stones

Bridges to Babylon

C'est vrai que nous n'avons pas été tendre avec les Stones, lors de la sortie de leur dernier opus, " Voodoo Lounge ". Soufflant plus le froid que le chaud. Douchant l'enthousiasme que nous avions manifesté pour " Steels Wheels ". Sorti en 1989, déjà, il est vrai. Avec le recul, même les aficionados le connaissent. Nous attendions donc ce " Bridges to Babylon " de pied ferme. Et, si ce n'est pas encore Byzance (NDR : sorry pour le jeu de mot), ce n'est plus Waterloo (NDR : évidemment, pour la photo de la pochette, c'est raté !). Un album solide (NDR : du Rolling Stones quoi !) produit, comme d'habitude serions-nous tenté d'ajouter, par Don Was, et découpé en 14 fragments dont nous vous proposons une brève radiographie. Groove et tempo irrésistible dès l'intro, " Flip the switch ". Normal puisque Jim Keltner est commis aux percussions. Tout comme sur " Too tight ", d'ailleurs. Phrasé de guitare très caractéristique de Richards sur la ballade douce amère " Anybody seen my baby ? ", sorti depuis en single. Riffs fouettés, syncopés pour le classique " Low down " (Start me up ?), assénés par Ronnie Lane. Funk blanc déchiqueté, décapant, aride, enrichi d'envolées d'électricité ‘crazyhorsienne’ avec " Gunface ". Reggae pour " You don't have to mean it ". Rythm 'n blues circa Temptations avec " Out of control ". Sans oublier la ballade countryfiante, " Always suffering ", le r&b blues sordide (Mink Deville ?) de " Thief in the night " et de " How can't stop ". Mais la meilleure composition nous est venue de " Might as well get juiced ". Sorte d'urban rock sauvage, lancinant réminiscent des Stooges, nonobstant cette coloration bluesy apportée par le souffle fiévreux de l'harmonica de Mick ...

 

Republica

Republica

Totalement subjugués par la vidéo du single " Ready to go ", nous espérions, tout naturellement, découvrir un album de la même trempe. Il a malheureusement fallu déchanter rapidement. Parce que le reste de cet opus éponyme se contente de négocier une forme de techno pop très superficielle. Etonnant lorsqu'on sait que le groupe implique un ex claviériste de Flowered Up et le drummer du défunt Bow Wow Wow. Il y a bien sûr la voix lascive, glapissante de Saffron, mais elle ne parvient jamais à s'extraire d'un bouillon sonore particulièrement indigeste. Ce n'est pas parce qu'on se procure les meilleurs légumes qu'on est capable de faire la meilleure soupe. Contentez-vous du single!