Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Neurotic Outsiders

Neurotic outsiders

Imaginez un peu John Taylor, Steve Jones, Duff McKagan et Matt Sorum, réunis en studio. Ou pour mieux nous faire comprendre, le bassiste de Duran Duran, le guitariste des Sex Pistols, celui de Guns ‘N Roses épaulé par le drummer du même groupe, occupés d'enregistrer un album. Réunion improbable, nous rétorquerez-vous. Et vous avez tout à fait tort, car c'est exactement ce qui vient de se produire. Un disque pour lequel les quatre lascars ont reçu le concours de Jerry Harrison (Talking Heads, Heads) aux claviers et à la production. Ainsi que le bénéfice d'une signature sur le label de Madonna, "Maverick ". Excusez du peu! Et le résultat va au delà de toutes les espérances, les douze fragments de cet opus, impliquant une reprise du célèbre "Janie Jones" du Clash, débordant d'énergie électrique, de vivacité caustique et de passion ‘vitriolique’ (NDR: qualificatifs interchangeables!), comme si le quartette cherchait le chaînon manquant entre le hardcore juvénile d'Hüsker Dü et le métal stoogien d'Iggy Pop. Le tout raffiné de superbes harmonies vocales. Pour faire plus pop, of course!...

 

New Wet Kojak

New Wet Kojak

Au sein de New Wet Kojak, on retrouve notamment Scott McCloud et Johnny Temple, respectivement chanteur et guitariste de Girls Against Boys, ainsi que Nathan Larson, également guitariste, mais chez Shudder to Think. Deux formations new-yorkaises qui inévitablement marquent de leur empreinte, non pas un projet, mais un groupe. Expérimental, c'est vrai, mais décidé à remettre le couvert à la première occasion. La musique de NWK n'est pas facile à écouter. Sombre, malsaine, urbaine, elle implique, en outre, une forte coloration jazz. Et même free jazz. Impulsion qui accentue davantage l'impression de spleen. Pourtant, au fil des écoutes, la torpeur se mue en fascination. Un peu comme si vous assistiez à la projection d'un film nauséeux, cauchemardesque, dans une salle froide, humide. Et que le suspense et la volupté des images granuleuses, tâchées de nicotine, parvenaient à vous tenir en haleine. New Wet Kojak : le rock sordide de Tindersticks rencontre le jazz pervers de Morphine...

 

Newsboys

Take me to your leader

Newsboys vient de commettre un album très controversé. Tellement controversé que nous avons eu la perverse idée d'en rédiger une mini dissertation. (NDR : au beau milieu de l'été!) Par un plan dialectique, nous nous sommes mis dans la peau de deux types de mélomanes tout à fait opposés. D'un côté, l'ado qui découvre petit à petit les richesses infinies de la musique anglo-saxonne, sortant tous les samedis pour danser sur les tubes qu'ils a écoutés et réécoutés sur sa radio pendant la semaine. Celui-ci devra certainement apprécier ce "Take me to your leader". L'autre. Celui qui économise toute l'année pour pouvoir participer à la totalité des festivals estivaux et avoir ainsi le loisir d'applaudir les groupes qu'il a découverts par l'intermédiaire de la presse spécialisée. Celui-là n'ira pas dépenser ‘un balle’ pour cet opus. Conclusion, ce "Take me to your leader" n'est pas du tout un mauvais album. Et les onze compositions oscillant entre la pop fébrile, touchante des Manic Street Preachers et la new wave jadis étincelante, aujourd'hui ringarde d'Erasure ou de Human League, sont même très agréables à écouter. Mais l'intérêt de cet opus ne se limite bien qu'à çà. Pas vraiment notre tasse de thé...

 

Nirvana

From the muddy banks of the wishkah

Sans Butch Vig, Nirvana serait sans doute demeuré une obscure formation issue de la scène américaine. Sans Nirvana, cette même scène n'aurait sans doute pas permis à des groupes tels que Pearl Jam, Stone Temple Pilots ou Soundgarden de sortir de l'underground. Privé de Nirvana, le grunge est cliniquement mort. Reste sa discographie, de laquelle la postérité retiendra ce fabuleux hymne aux nineties, "Smells like teen like spirit ", des prestations live en demi-teinte. Et surtout des questions. A ce jour demeurées sans réponse. Pourquoi? Pourquoi Kurt Cobain a voulu mettre un terme à son existence? Etait-il complètement dépassé par la fulgurante ascension de sa formation?... Album live, " From the muddy banks of the whiskah " réunit des enregistrements réalisés entre 91 et 94. Des classiques, bien sûr. Depuis " Heart-shaped box " à " Polly " en passant par " Aneurysm " et l'inévitable " Smells like teen spirit ". Juste de quoi consoler les ‘nirvatologues’ en mal de ‘nirvanatologie’...

 

Mojo Nixon

Whereabouts unknown

La dernière fois que nous avons entendu parler de ce baroudeur (!) yankee, c'était en 1990. Relevant du défunt label ‘New Rose’, il venait d'enregistrer son sixième album, "Horny Holiday" en compagnie des Toadliquors, groupe exclusivement composé de Texans. Et tout naturellement il était reparti en tournée mondiale. Aux States bien sûr, au Canada, en Scandinavie mais également en Australie. Malgré son activité débordante et un passage furtif sur MTV, on ne peut pas dire que Mojo soit souvent parvenu à dépasser les limites de la confidentialité. Il nous revient aujourd'hui avec "Whereabouts unknown". Un album qui transpire inévitablement le boogie, le blues et le rythm 'n blues qu'il teinte parfois de roots, de country ou de jazz. Un elpee pour lequel il a reçu le concours de Will Rigby (des DB's) aux drums, d'Eric "Roscoe" Ambel à la production, mais surtout d'un formidable pianiste, Pete ‘Wetdawg’ Gordon, qui donne une coloration toute particulière à la solution sonore. Et en particulier sur le doorsien (Roadhouse blues?) "Mr Correct". Un disque qui implique deux covers. Une de W. Earl Brown", "If I can dream", et plus inhabituel des Smiths, "Girlfriend in a coma"...

 

The Nixons

Foma

Un clou chasse l'autre! Alors que Stone Temple Pilots s'est presque totalement débarrassé de ses scories grunge, les Nixons viennent de prendre la balle au bond en récupérant, sans autre forme de procès, le créneau laissé vacant par le groupe californien. Maintenant, suffit pas de s'installer, faut également pouvoir assumer. Ce que le quatuor d'Oklahoma City ne semble pas encore prêt à faire, car si sa musique manifeste une même passion, une même fureur, une même puissance, elle n'atteint pas la même intensité, le même feeling, la même spiritualité. Et si la voix de Zac Maloy affiche les mêmes inflexions que celle de Weiland, elle ne témoigne pas d'une même passion, d'une même affliction. Conclusion: aucune des compositions de ce "Forma" ne parvient à sortir d'un trop relatif anonymat!

 

Number One Cup

Possum trot plan

Bien qu'issu de Chicago, Number One Cup n'a guère d'affinités avec la musique yankee. Mais bien insulaire. Celle de Yeah Yeah Noh et de TV Personnalities tout d'abord. Formations qui ont ouvert la voie à la new wave. Et puis également antipodale. Néo zélandaise, en particulier. Pensez aux Chills, Bats et autre Clean, ainsi que dans ses moments les plus humoristico-minimalistes, à Chris Knox. Au label ‘Flying Nun’ quoi ! D'autant plus que ce "Possum trot plan" est découpé en vingt fragments qui ne dépassent que très rarement les trois minutes. Des chansons arc-boutées sur des guitares pétillantes et infiltrées de claviers légèrement rognés... Excellent!

 

Nada Surf

High/Low

Qui n'a pas encore entendu "Popular " à la télévision, à la radio ou chez un copain? Un tube devenu en l'espace de quelques semaines un titre maître pour tous les ados. Et ce, grâce à la promo de sa firme de disques, bien sûr, mais aussi et surtout à F** Radio qui a choisi cette chanson pour assurer la bande sonore de sa nouvelle publicité télévisée. Et lorsqu'on connaît l'influence de cette fréquence sur les jeunes français et belges... Pourtant, il aura fallu près de cinq ans au groupe avant qu'il ne parvienne à s'extraire de l'incognito. Précisément lorsque Ric Ocasek (leader du défunt Cars et producteur de Weezer) a mis à leur service ses dons de producteur. Une opportunité qui les placera sur orbite. "High/Low " se situe au croisement de la musique pratiquée par Offspring, dans sa période la plus mélodique, Weezer (bien sûr!), Sonic Youth, et Whipping Boy (surtout quand Matthews Caws se met à déclamer ses textes). Bref, un album à l'image du single...

 

Morcheeba

Who can you trust

Coupable de consommer du ‘trip hop’, Morcheeba clame son innocence. Nous, on veut bien! Massive Attack, Portishead et Tricky, ils ne connaissent donc pas. Pieux mensonge ! Bien sûr, leurs compositions sont imaginées et texturées au départ d'une râpe acoustique. Mais le développement ultérieur passe par un inévitable recyclage. Climatique, à la limite de l'occulte, mais recyclable, pardon recyclage, quand même (suivez la piste!). Depuis le funk jusqu'au blues en passant par la techno, le hip hop, le dub, l'acid jazz, le psychédélisme circa sixties et la pop. Un traitement qui implique aussi bien le recours aux samplings, aux scratchings et aux overdubbings qu’au sitar, aux claviers, aux cuivres et à la guitare électrique, même steel. Sans oublier la participation d'un quatuor à cordes (violons, violoncelle, alto) pour les remarquables "Howling" et "Col". Un opus qui ne manque pas d'allure, opérant une alchimie parfaite entre la technologie moderne et la magie du vaudou...

 

Muriel Moreno

Toute seule

Pas très attirés par l'œuvre de Niagara, nous n'étions pas davantage emballés par la découverte du premier elpee solo de Muriel Moreno. La surprise n'en aura été que plus grande. Car cet album est excellent! Un disque que Muriel a écrit, composé et réalisé pratiquement toute seule. Et puis interprété, bien sûr. Au piano, à la guitare, à la basse, à la batterie et aux samples. Sans oublier les parties vocales. Chez elle. Dans un studio aménagé pour la circonstance. Gilles Martin n'intervenant qu'au tout dernier moment. Quatorze fragments au cours desquels elle épanche toute sa sensibilité féminine. Sa sensualité, sa spiritualité, son goût pour l'exotisme créole, jamaïcain, africain ou oriental. Dans un climat aussi énigmatique et glamour que chez Garbage. A l'aide de lyrics empreints de poésie visionnaire. D'une voix dont les inflexions sont capables d'osciller de Lio à Brigitte Bardot en passant par Shirley Manson...

 

Motorpsycho

Blissard

La dernière fois que nous avons entendu parler de cet ensemble norvégien, c'était en 1994. Il venait de sortir "Another Ugly". Un mini album qui insistait particulièrement, à l'instar de Lenny Kravitz, sur la sonorité très seventies des compositions. Multipliant les clins d'œil à Blind Faith, Free et Pretty Things. Entretemps, Motorpsycho a changé de label et gravé "Timothy's Monster". Un album totalement passé inaperçu, mais qui marquait cependant un changement radical d'orientation musicale (NDR: ça rime!). C'est apparemment avec le même esprit que de "Blissard" a été enregistré. Quoique le groupe ait pu bénéficier pour la circonstance, des célèbres studios d'Abba à Stockholm. Une œuvre qui comporte un morceau d'anthologie de 9'45. Composition qui fusionne un peu tous les styles présents sur cet opus. Depuis la lo-fi de Pavement au krautrock de Neu, en passant par la no wave de Sonic Youth et l'ambiant jazz de King Crimson ("Islands"). Sans oublier la part d'ambient que l'on retrouve à l'état pur sur le final "Nathan Daniel's tune from hawaii". D'une manière tantôt proto paysagiste (Labradford), cosmique (Cul de Sac), voire post industrielle (Cabaret Voltaire)...

 

Bob Mould

Bob Mould

Avant de fonder Sugar, Bob Mould était le principal acteur du mythique Hüsker Dü, groupe responsable de l'éclosion de la noisy rock américaine. Entre ces deux expériences, il avait déjà tenté une aventure en solitaire. Sans grand succès. Ce qui apparemment ne l'a pas dissuadé de recommencer. Il nous revient donc avec un album solo. Eponyme. Et il n'aurait pas pu mieux choisir son titre! Car toutes les compositions, toute l'instrumentation, toutes les parties vocales et même la production sont assurées par Bob. Dix compositions où l'artiste manifeste toute son amertume, sa douleur, sa révolte, ses angoisses à travers les lyrics. Musicalement, il aborde trois styles fondamentalement différents. Plus cold d'abord, plus lancinant, un peu à la manière d'un Love Spit Love ou d'un Jesus & Mary Chain. Comme sur "Anymore time between" ou "Next time that you leave", lorsque les guitares grinçantes, crépitantes se mêlent avec des rythmes convulsifs, excitants. Dans une style plus traditionnel ensuite, inévitablement proche de Sugar ou d' Hüsker Dü ("I hate alternative rock", "Art crisis"). Et puis finalement, de la pop plus harmonieuse, plus sophistiquée, plus accessible. Il n'a d'ailleurs pas hésité à utiliser les claviers et la guitare acoustique presque ‘edkuepperienne’ pour enrichir la texture de certains morceaux. Comme sur les petites perles "Fort Knox, king Solomon" et "Hair stew". L'opus implique même un intermède instrumental limité aux claviers, intermède dont la mélodie mystérieuse, presque occulte nous a littéralement glacé le dos. Superbe!

 

Mr. Bungle

Disco volante

Derrière Mr Bungle se cache le chanteur de Faith No More, Mike Patton. Enfin, lui et quelques potes. Notamment ceux avec lesquels il partageait sa sombre existence avant de remplacer Mosely au sein de FNM. "Disco volante" constitue le deuxième volet des élucubrations de Mr Bungle. Etranges, hostiles, déstructurées, hallucinées elles explorent un funk surréaliste, avant-gardiste, morbide, dérangé, dont la violence domestique rappelle les frasques étudiées du défunt et mythique Frank Zappa. Parfois, l'expression devient même filmique, et s'enfonce dans l'univers de la bande sonore cinématographique. Que n'aurait pas désavoué un Fellini. Ou alors David Lynch. Hallucinant!

 

Mega City Four

Soulscraper

Bien que fondé en 1987, ce quatuor insulaire rame désespérément dans l'antichambre de l'élite musicale. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de s'en extraire. Ce "Soulscraper" constitue d'ailleurs son quatrième opus. Mais apparemment son style est boudé par les Insulaires qui lui reprochent, peut-être, de ne pas avoir accepté de se laisser enfermer dans le même sac grebo, où moisissent ou ont moisi, les Pop Will Eat Itself, Wonderstuff, Senseless Thing, Ned's Atomic Dustbin et consorts. De trahir davantage une dévotion pour le punkcore d'Hüsker Dü. Et ce n'est pas ce "Soulscraper" qui résoudra le dilemme. Déjà que les lyrics cultivent un sentiment de culpabilité et d'amertume. Mais en plus toutes les compositions reposent sur cette ambiguïté de ton. Agrégeant groove rampant, adolescent, véhément et sens mélodique vulnérable, dont l'énergie nerveuse, irascible est raffinée par des harmonies vocales immaculées, à la limite byrdsiennes...

 

The Melvins

Stag

Les Melvins viennent de commettre leur album le plus progressif à ce jour. Mais progressif dans le sens où l'âge de l'acier est un progrès par rapport à l'âge de la pierre. En fait, ce trio californien, jugé responsable de la naissance du grunge, n'a pas tout à fait renié le culte satanique qu'il voue à Kiss et Black Sabbath. Il s'est surtout adapté aux circonstances du temps et de la mode, inoculant un zeste de cuivres, une pincée de ‘scratches’, un doigt d'expérimentations post industrielles et quelques miettes de délire cartoonesque, dans sa débauche de riffs de guitares malveillants, fracassants, ses accès de basse menaçants, ses drums écrasants et ses vocaux monolithiques. Seul le pseudo folk (Tom Waits ?) " Cottonmouth " ainsi que le remarquablement floydien et allègrement psychédélique " Black box " échappent au naufrage. Mais c'est un peu maigre pour prétendre à une véritable évolution.

 

Metallica

Load

Écrit par

Chroniquer objectivement "Load" n'est pas chose aisée pour quiconque a succombé en 1984 à l'énergie dévastatrice de "Kill em all", premier assaut de Metallica qui engendra à lui seul la vague trash et la tendance au metal extrême. Si le groupe se réclamait à l'époque de Motörhead, Discharge et Venom, James Hetfield et compères ne dissimulent pas aujourd'hui une certaine admiration pour Oasis, Neil Young et Aerosmith. Après avoir réussi l'ultime en matière de trash, Metallica présente aujourd'hui un parcours dans le registre de la diversité, de la nuance et du (hard) rock. L'alternance de tempos lents et enlevés, l'apparition de véritables refrains, et les nouvelles performances vocales d'Hetfield ont le mérite de surprendre, donc de susciter un intérêt certain. L'album que tous les métalleux ont attendu avec la langue pendante nous propulse dans un décor complètement différent, un scénario d'une grande richesse à des années lumière de tout ce qui apportera aux "Four horsemens" un nouveau noyau de fans, tandis que d'autres se consoleront en dévorant le dernier Sepultura.

 

Millennium

A civilized world

On savait Robert Wyatt de plus en plus attiré par les expérimentations technologiques contemporaines. Celles menées en compagnie d'Ultramarine en sont la plus belle illustration. Mais on n'imaginait certainement pas que l'ex-Soft Machine viendrait un jour enregistrer en Belgique. A Alost! Dans les studios du maître de la techno Jo Bogart, alias Technotronic. C'est donc chose faite aujourd'hui. Enfin, sa participation s'est limitée à trois titres. Mais rien que son timbre vocal éthéré, falsetto, donne une toute autre dimension aux compositions. La meilleure "Another great victory", qui ouvre l'opus bénéficie, en outre, du concours de la talentueuse violoniste Chikako Sato. Les sept autres fragments, dont une cover de Prince ("The cross"), n'ont malheureusement pas la même profondeur. Et nonobstant le concours de Michaël Brook à la guitare et le brio de Jo aux programmations, les interventions vocales d'un certain Blissphemy font pâle figure à côté de celles de Bob... N'empêche rien qu'"Another great victory", "Erup/ Plus" et "Igor Mortis" valent leur pesant d'or. Et c'est plus qu'un ‘civilized wor(l)d’...

 

Ministry

Filth Pig

Si Ministry n'avait plus rien gravé depuis trois bonnes années, ses musiciens n'étaient pas pour autant demeurés inactifs. Un elpee de Revolting Cocks additionné à la production des albums de Reverend Horton Heat et de Buck Satan & the 666 Shooters figurent ainsi à l'actif de Paul Barker et d'Al Jourgensen. Pour enregistrer ce "Filth Pig", le groupe avait imaginé s'isoler du monde extérieur, en montant un studio dans un bled perdu du Texas. Mais l'aventure a plutôt mal tourné, puisque après avoir accumulé mystérieusement les problèmes techniques, les relations entre les musiciens ont commencé subitement à se détériorer, sans trop savoir pourquoi. Une véritable malédiction! Si bien que toute l'équipe a plié instruments et bagages pour revenir dare-dare terminer l'opération à Chicago, dans le studio personnel du groupe. Une aventure qui vous donne un peu le climat qui règne sur ce disque. Sombre, énigmatique, impitoyable, frénétique mais impressionnant. Malgré la texture écorchée par le vocal sableux, écorché de Jourgensen, la musique de Ministry n'a jamais été aussi proche des Young Gods, mêlant avec une habileté diabolique, groove hypnotique, arrangements électroniques austères et électricité croustillante; épinglant au passage un chef d'œuvre de hardcore post industriel de 6'30, "Lava", et puis une cover de Bob Dylan, "Lay lady lay". Mais là, on vous souhaite bonne chance pour retrouver l'esprit de la chanson, recouverte, à l'instar de tout le morceau de plastique, de poussières radioactives...

 

The Mission

Blue

En bisbille avec son ancienne firme de disques, Mission a donc dû attendre trois ans pour sortir ce nouvel opus. Une interruption qui aura apparemment suffi pour éliminer la plupart des caractéristiques gothiques de sa musique. Hormis l'hymnique " Dying room ", et dans une moindre mesure le post punk " Black & blue ", l'expression exsude une mélancolie presque maladive, accentuée d'arrangements pompeusement sub ELO. Seuls, " Coming home ", " Get back to you " et " Damaged " sauvent ce " Blue " du naufrage. Trois compositions hyper-mélodiques, contagieuses, sculptées dans les cordes de guitare dont les sonorités crémeuses, vibrantes, légèrement reverb, nous rappellent le " Dear prudence " des Beatles, alors que le tempo lorgnerait plutôt vers Spencer Davis Group voire les Stones. Dommage que tout l'opus de soit pas de cette trempe !

 

Marion

This world and body

Ne confondez pas Marillion et Marion. Le premier est un combo de baba cools endurcis. Le second un quintette britpop bien dans l'air du temps. Mais quel curieux nom pour un ensemble de pop rock! En fait, Marion n'est pas le nom de la chanteuse du groupe (NDR: rien que des kids, bande de machos!), mais de la grand-mère de Jaime Harding... "The world and body" constitue le premier album de cette formation de Manchester. Douze fragments absorbés par le côté sombre de la nature humaine et infectés par les caprices des émotions tumultueuses, douze chansons qui piochent dans la pop mélodique, mélancolique, électrique, furieuse, tendre, arrogante et hymnique à la fois. Evoquant tour à tour U2 circa "Boy" ("Fallen through"), Menswear ("Sleep"), Suede ("Vanessa"), le minimalisme postcard de James ("Your body lies"), Radiohead ("Let's all together") mais surtout les regrettés Sad Lovers & Giants et Kingmaker ainsi que le trop effacé Strangelove. Douze mélodies chargées d'adrénaline par les cordes de guitares chatoyantes, sauvages, intenses, la basse torturée, les éclats d'harmonica lancinants et sublimées par la voix ample, passionnelle de Jaime. Et encore une nouvelle fleur au chapeau de la pop/rock britannique!

 

Eric Matthews

Is heavy in here

Auteur, compositeur, producteur, arrangeur, chanteur et musicien, Matthews partageait encore jusqu'il y a peu le leadership de Cardinal en compagnie de Richard Davies. Un groupe qui doit avoir un fameux coup de plomb dans l'aile, depuis que deux de ses membres ont décidé de suivre Eric dans son aventure en solitaire. Pour enregistrer "It's heavy in here", il a également reçu le concours d'une pléiade de musiciens de studio, et notamment de Jason Falkner, multi-instrumentiste chez Jellyfish, ainsi que d'une section à cordes. Eric se réserve la trompette, bien sûr, fruit de longues études suivies au conservatoire, mais surtout le chant, vocal subtilement mélancolique hérité de Nick Drake. Il joue également de la guitare électrique ou acoustique, de la basse, du piano et de l'orgue. Avec un raffinement et une délicatesse digne des intermèdes instrumentaux dispensés sur le troisième album du Genesis de Peter Gabriel, "Foxtrot". Un savant dosage de baroque et de pudeur, d'opulence et de retenue qui apporte aux quatorze fragments de cet opus une distinction rare à cette pop orchestrale...