Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Sevens

S.E.V.E.N.S.

Non, non, Tim Kerr n'est pas de la famille de Jim. D'ailleurs le premier est américain. Et a forgé sa réputation en produisant une foultitude de groupes yankees underground. Et faudrait être très simple d'esprit pour ne pas connaître l'histoire décadente du second cité. Revenons donc à Tim qui produit cet album éponyme de Sevens, au sein duquel sévissent les frères Sullivan. Un quartette qui doit probablement avoir pour modèle, Minutemen. A cause de sa prédilection pour le jazz rock, le dub, et le funk. Enfin, le défunt Minutemen. Dont le leader Mike Watt exerce aujourd'hui une carrière solo. John est d'ailleurs très ami avec Tim. Mais, non non, Tim Kerr n'est pas de la famille de Jim...

 

Seven Mary Three

Rock crown

Encore un groupe américain qui a la nostalgie des seventies. Un peu comme Black Crowes. Faut dire que les deux formations ont de nombreux points communs. Même la voix de Jason Ross est capable de se payer un timbre aussi éraillé que celui de Chris Robinson. En plus rocailleux même. Et ici, on pense à Gary Stringer (Reef) voire même à Joe Cocker. Encore qu'on recèle une sensibilité très proche de celle d'Adam Duritz (Counting Cows). Voire de Michael Stipe. Musicalement, Seven Mary Three a quand même beaucoup évolué. Responsable de chansons à l'origine aussi aseptisées que celles de Hootie & the Blowfish, Seven Mary Three est parvenu, sur ce troisième album, à libérer son énergie. Bien sûr, " Rock crown " recèle plusieurs compositions plus tendres, plus mélancoliques, mais en général, elles tirent parti du parfait équilibre entre la folk intimiste de Bruce Springsteen (dans sa phase acoustique bien sûr !), la pop de REM et le post grunge de Soundgarden.

 

Seahorses

Do it yourself

L'ex-guitariste des Stone Roses a donc décidé de fonder son propre groupe: The Seahorses. Et dans la foulée d'enregistrer un premier elpee: " Do it Yourself ", album qui, nonobstant le concours de Tony Visconti (T Rex, Bowie, Thin Lizzy) à la production, nous a laissé sur notre faim. En fait, sur les onze fragments de l'opus, quatre tiennent vraiment la route. D'abord, il y a " Love me and leave me ", coécrit par Liam Gallagher (Oasis), le remarquable " I want you to know " que vous avez sans doute pu découvrir à la TV., " Love is the law ", dont le final semble avoir été inspiré par le prog rock des seventies, et enfin " Standing on your head ", psychédélique dans le sens le plus oriental du terme (Kula Shaker?). Le reste est partagé entre chansons pop inoffensives, tantôt sub Badfinger lorsqu'elles ne rappellent pas Marmelade. Dommage, car lorsque le groupe parvient à évoluer à la frontière de la pop la plus classique et du rock alternatif, il est vraiment brillant...

 

Mike Scott

Still burning

En 1993, Mike Scott met fin à l'existence des Waterboys, pour embrasser une carrière individuelle. Il enregistre alors, un premier elpee solo, " Bring'em all in ", un disque autobiographique qui marque un retour aux sources. Guitare acoustique et piano. Poésie troublante et intimiste... Mais il faut croire que l'instabilité ronge toujours le troubadour visionnaire, puisque sur " Still burning ", il est revenu à un style plus rock. La ‘big music’ comme il la décrit si bien. Et pour réaliser cet opus, il s'est entouré d'une équipe de musiciens particulièrement expérimentés. Notamment Jim Keltner et Pino Palladino, à la section rythmique. Un disque aussi décapant que l'épilogue des Waterboys, " Dream harder ". Encore qu'ici, l'ombre de Dylan, parfois celle de Van Morrison, et même de Neil Young plane subrepticement...

 

Silver Jews

The natural bridge

Première constatation, sur le deuxième album de Silver Jews, on ne retrouve plus Steve Malkmus et Bob Nastanovich. En fait, lorsque le groupe est entré en studio, les deux membres de Pavement étaient bien présents. Mais le résultat des premières sessions était tellement médiocre que David Berman a préféré ne pas poursuivre cette expérience, et engager d'autres musiciens de studio. Maintenant, par rapport à " Starlite walker ", son premier elpee, nous n'y voyons pas de grand changement. Sa musique est toujours aussi capricieusement lo-fi. Triste, mélancolique, mystérieuse. A la croisée des chemins de Lou Reed, de Swans et de Pavement (!?!?). En fait, c'est surtout le timbre vocal laconique, discordant et profond de David qui donne la coloration à la musique de Silver Jews. Basiquement sudiste, donc fortement teintée de country. Mais un country contemporain, abordé à l'instar d'un Palace ou de Smog. Encore que parfois on pense à Johnny Cash, dans sa phase la plus mélancolique. Un chouette album, nonobstant cette sensation douloureuse, traumatisante, du désespoir de l'âme...

 

Silkworm

Developer

A l'écoute de la musique de Silkworm, on ne peut s'empêcher de penser à Buffalo Tom, à Dinausor Jr ou à Sebadoh. A Pavement aussi. Certains médias n'ont d'ailleurs pas hésité à leur accorder, familièrement, la manchette de cousins élégants de Pavement. Peut-être à cause de la structure à la fois complexe et négligée des chansons. Et puis des vocaux torturés, gémissants. Mais ici s'arrêtent les comparaisons. Car chez Silkworm les mélodies sont plus flemmardes, monochromes, moins imprévisibles. Le son plus garage que lo fi. Et puis surtout le succès beaucoup trop confidentiel...

 

The Silencers

The best of / Blood & Rain (The Singles '86-'96)

Première compilation pour ce fameux quintette issu de Glasgow. Une compile relatant parfaitement, à travers leurs singles, les douze années, qui depuis 85, auront permis aux Silencers de se faire connaître à travers le monde. Rien n'a été oublié. On commence par " Painted moon " pour conclure par " Something worth fighting for " en passant par les somptueux " Scottish rain ", " The real Mc Coy ", " Bulletproof heart ", " I can't feel it " et " Cellar of dreams ". Un superbe résumé qui devrait ravir tous les aficionados de la pop-folk-celtique en mal de Simple Minds, Waterboys et consorts...

 

Shudder To Think

50.000 B.C.

Curieux groupe que ce Shudder To Think dont la musique navigue à la croisée des chemins du punk et du prog rock des seventies. Un peu comme si elle voulait célébrer la rencontre improbable entre Jane's Addiction et Gentle Giant. Vous voyez le topo! Et cette sensation de surprise est accentuée par la voix de Craig Wedren. Falsetto androgyne, se rapprochant plus de Jeff Buckley que de Brian Molko. Une voix très présente, parfois même envahissante qui sert de véritable fil conducteur aux compositions dont la texture est sans cesse déchirée entre énergie et complexité, entre brisures de rythme et sensibilité mélodique...

 

Shipping News

Save everything

Shipping News n'est pas un véritable groupe, mais un projet monté en 1995 par Jeff Mueller (June of 44) et Jason Noble (Rachel's), réunis à l'occasion de l'enregistrement de la bande sonore d'un programme de NPR, " This american life ". Deux années plus tard, le duo a donc décidé de recommencer l'expérience, mais en y incorporant un batteur. En l'occurrence, celui d'Eleven Eleven, Kyle Crabtree. " Save everything " est criblé de références underground. Un album riche, complexe, né d'un savant mélange entre l'instrumentation basique et la technologie moderne, dont la succession de climats tantôt oppressifs, climatiques, énigmatiques ou minimalistes, mais toujours expérimentaux, évoquent tour à tour Sonic Youth, Swans, Tortoise et King Crimson circa " Lark's tongues in aspic "...

 

Patti Smith

Peace and noise

Septième album pour l'ex-égérie de la scène intello-rock new yorkaise des seventies. Un disque fondamentalement rock. Ce qui semble ne pas trop plaire à la presse insulaire (NDR : ça rime !). Nous n'en voyons d'ailleurs pas trop bien la raison. Car, si ce " Peace and noise " n'apporte rien de neuf, il est de très bonne facture. D'abord, il y a la voix de Patti qui possède toujours cette même chaleur et cette même profondeur susceptible de vous communiquer le frisson. Et de cette voix, souvent chantée, parfois psalmodiée, elle aborde des textes symboliques, ésotériques et surtout poétiques, en vous invitant à plonger dans un univers psychotique à la rencontre des âmes disparues. Celles de Rimbaud, de Jim Morrison, d'Andy Warhol et surtout de William Burroughs, à qui elle dédie cet opus. Patti peut en outre compter sur la présence d'un solide backing group. Au sein duquel, Tony Shanahan, apporte, au piano, sa griffe toute personnelle sur le superbe " Waiting underground ", et puis Oliver Ray, qui parvient presque à faire oublier Tom Verlaine sur " Dead City "...

 

Sleater-Kinney

Dig me out

Pas de bassiste chez ce trio féminin, mais une ‘drummeuse’ et deux guitaristes qui se partagent également le chant. Deux vocalistes assez étonnantes, parmi lesquelles, Corin Tucker semble avoir hérité des mêmes caractéristiques vocales que celles de Brian Molko. Son timbre perçant, écorché vif, vous donne même la chair de poule. Mais si la musique de Sleater-Kinney est aussi sauvage que celle de Placebo, elle épouse le plus souvent un tempo post punk, gothique, réminiscent de Sisters of Mercy, lorsqu'elle ne s'évade pas dans l'aridité underground d'un Sonic Youth ou dans la complexité ‘déboussolante’ des débuts de Throwing Muses...

 

Silverchair

Freakshow

Daniel Johns, Ben Gillies et Chris Joannou viennent de fêter leurs dix-sept ans et comptent à leur actif deux albums. Trois ados issus du nord de Sydney, en Australie. Un trio qui a raflé la plupart des Awards, chez lui, en 1995 et qui risque fort de récidiver avec la sortie de ce " Freak show ". Produit par Nick Launey, personnage dont la carte de visite épingle la mise en forme du premier elpee de Midnight Oil, mais également des collaborations pour PIL, Killing Joke, Posies et Gang of Four, cet opus a, en outre, été mixé à New York par Andy Wallace (Rage Against the Machine, Jeff Buckley, Helmet). Si vous pleurez la mort du grunge, consolez-vous, Silverchair risque fort de prendre rapidement la place du défunt Nirvana. Pourtant le groupe se cache bien de revendiquer ce lourd héritage, préférant se réclamer d'Helmet, de Soundgarden, de Pearl Jam ou de Pantera. Maintenant, nous on veut bien, mais le style des deux groupes est tellement proche. Même la voix de Daniel nous rappelle quelque part Kurt Cobain; et nous mentirions en accordant un quelconque crédit à leurs dénégations...

 

Space Monkeys

The daddy of them all

De Joy Division à Happy Mondays en passant par Section 25, le label Factory a toujours eu le nez creux pour dénicher les perles rares. C'est encore le cas avec ce Space Monkeys. Un groupe issu de Manchester bien sûr. Fondé en 1994, il remet au goût du jour la house du tout début des nineties. Une house sculptée dans une pop au tempo irrésistible, au groove pulsant, traversée de boucles hypnotiques, fouettée de cordes de guitares et nappée de clavier poisseux. Parfois, on pense aux meilleurs moments de The Farm. A EMF aussi, notamment sur le single " Sugar Can ". Mais le plus souvent, c'est à Happy Mondays (voire à Black Grape) que Space Monkeys nous semble le plus proche. Même si le vocal de Richard Mc Kevin Duff est aussi susurré que celui de Liam Gallagher et que certaines compositions n'hésitent pas à s'aventurer dans de longues envolées instrumentales, dont le parfum sixties nous rappelle le second album des Stones Roses...

 

The Soundtrack Of Our Lives

Welcome to the infant freebase

La bande sonore de nos existences! Fallait le trouver, non? Si, si, c'est le nom du groupe. Pas le titre de l'album. Une formation suédoise née des cendres d'Union Carbide. Oui, on sait, le jeu de mot est mauvais. C'est quand même pas une raison pour rester sur votre nuage (NDR: toxique?). D'autant plus que cet album est remarquable. Et c'est pas de l'intox! Vingt titres. Plus de septante minutes. Donc, pas un groupe punk, obligé de prendre une pose toutes les 120 secondes. Remarquable disions-nous! Et toxique, pardon psychédélique. Ces musiciens puisant incontestablement leur inspiration dans la quintessence de ce style musical. Celui de Syd Barrett, de Kevin Ayers et des Beatles circa " Magical Mystery Tour " tout d'abord. De Tea Party dans son approche la plus acoustique de la musique orientale. De Paul Roland, lorsque la flûte et le clavecin veulent se réserver un espace champêtre. Des Doors lorsque les claviers épanchent leur fluide ‘manzarekien’. De Kula Shaker. Parce qu'on avait envie de le dire. D'Oasis. Parce qu'on ne pouvait se permettre de l'oublier. Et surtout d'House of Love. A cause de ce sens mélodique, de cette voix détachée, si proche de Guy Chadwick. Si après tout ce qu'on vient de vous raconter, vous n'êtes pas encore contaminés, c'est que vous portez en permanence un masque à gaz. Ce qui n'est pas indispensable si vous craignez uniquement la pollution par les oreilles...

 

Sophia

Fixed water

Leader du défunt et regretté God machine, Robin Proper Sheppard nous revient avec un nouvel album: " Fixed water ". Pas tout à fait en solitaire, puisqu'il a reçu le concours des musiciens d'Elevate, de Ligament et d'Oil Seed Rape. Ce qui explique, sans doute pourquoi, il a intitulé ce projet: Sophia. Maintenant, ne vous attendez pas à retrouver toute la fougue et la violence manifestée sur les albums de God Machine. Vous risqueriez de connaître une grosse désillusion. Désillusion, un sentiment omniprésent dans les lyrics de Robin, qui semble ne pas encore avoir réussi à faire le deuil de son ami et compère Jimmy Fernandez, décédé d'une overdose. Mais un formidable album dont les vertus mélancoliques devraient plaire, sans aucun doute, aux inconditionnels de Smog, Palace, Sparklehorse, Red House Painters, Mazzy Star et consorts.

 

Smoke City

Flying away

En choisissant le morceau " Underwater love " pour sonoriser la bande sonore d'une pub consacrée à ses jeans, la firme Levi's offrait une opportunité unique à Smoke City de se faire connaître auprès du grand public. Et le trio cosmopolite - une brésilienne et deux insulaires - ne manquera pas l'aubaine, transformant l'essai (NDR : A vous Roger !) en tube (NDR : d'embout ?). " Flying away " constitue donc leur premier CD (NDR : et pas de panique, il est bien rond, pas ovale !). Découpé en dix titres, il recèle bien évidemment leur hit single, mais surtout nous plonge dans une forme de trip hop revue et corrigée par les rythmes latinos ; la bossa nova, en particulier. Une texture où foisonne et se mêle, à l'instar de " Jungle ", une pléiade de propriétés musicales. Reggae, ska, jazz, pop, flamenco, etc., etc. ; texture truffée de samples, de bruitages technologiques originaux, exotiques voire ethniques et envolées d'arrangements à caractère symphoniques. Et dans cet univers particulièrement célèbre, flotte la voix sensible, fragile de Nina qui caresse ses mots, tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt dans celle de Luis de Camoès...

 

Smog

Red apple falls

Palace, Sophia et Smog appartiennent à cette nouvelle scène yankee dont le spleen minimaliste contraste singulièrement avec la férocité électrique dispensée par la plupart des groupes contemporains du pays de l'Oncle Sam. Smog, c'est avant tout Bill Callahan, personnage introspectif responsable de chansons le plus souvent autobiographiques, mais surtout mélancoliques. Il les chuchote d'une voix basse, confidentielle, en s'accompagnant d'une instrumentation la plus dépouillée possible, qu'il résume le plus souvent à quelques cordes de guitare acoustiques, une steel guitar, un piano émacié et des drums plus caressés que frottés, une instrumentation embuée, suivant les circonstances et en filigrane, d'arrangements sporadiques, dont une trompette occultée. Sur " Red apple falls ", Callahan a réussi la rencontre parfaite entre la cruauté austère de " The doctor came at dawn " et la plénitude luxuriante de " Wild love ", faisant défiler tel un écheveau des images abstraites, expressionnistes qu'il voit au plus profond d'une âme sinistrée, ... la sienne.

 

Stoned

Ed's diner

Même Bob Mould et Grant Hart ne jouent plus dans la même division. Green Day? Faudrait voir lors de la sortie de son prochain album? China Drum? Dans les grandes lignes. Encore que l'aspect mélodique est beaucoup plus soigné chez le groupe de Newcastle. En outre, le line up de Green Day et de China Drum se limite à un trio, alors que l'ossature de Stoned repose sur un quintet, dont une paire de guitaristes. Nous n'en voyons d'ailleurs pas la nécessité, puisque l'un des deux se limite à dispenser des accords écorchés. Sans quoi, en général, cet ensemble suédois, responsable à ce jour de deux albums, ne jure que par le punkcore...

 

Stips

Egotrip

Stips n'est autre qu'un projet parallèle du chanteur/claviériste des Nits, Robert Jan Stips. Un trio au sein duquel on retrouve Martin Bakker, bassiste du groupe batave. " Egotrip " recèle treize fragments composés par Bob entre 69 et 96, treize compositions interprétées par les différentes formations au sein desquelles il a sévi au cours de cette période. Depuis Supersister aux Nits, en passant par Golden Earring, Sweet d'Buster et Transister. Le tout enrichi de quelques nouvelles chansons. Un opus qui tire fatalement dans toutes les directions. Rock, free jazz, rock symphonique et l'inévitable pop minimaliste, témoignages d'une carrière déjà bien riche pour cet artiste néerlandais...

 

Super Deluxe

Via satellite

Si vous appréciez Teenage Fan Club et les Posies, vous ne pouvez passer à côté de Super Deluxe. Tous les ingrédients de base y sont. Electricité blanche, jaillissement des guitares duales, harmonies vocales byrdsiennes, mélodies pop sucrées, rafraîchissantes. Et nous pensons ici tout particulièrement à " You pleasure's mine ", de " Farrah Fawcett " et du hit potentiel "Love liquid wash around ". Heureusement l'opus nous réserve quand même son lot de nuances. Par exemple lorsque " New variation " et " Lost in your failure " s'emballent dans le popcore post Hüsker Dü. Et puis surtout chez les compositions les plus acoustiques qui permettent alors aux deux chanteurs de tirer parti de toute la richesse de leurs timbres, un peu comme pour Glen Tilbrook et Chris Difford chez Squeeze. Produit par Tim Palmer, " Via satellite " a, en outre, bénéficié des studios de Slipping Stone à Seattle. Super Deluxe n'a d'ailleurs pas dû chercher bien loin, puisque les musiciens sont originaires de ce port des Etats Unis (NDR : si vous pensiez que la formation s'y était rendue pour la frime, c'est raté !). Normal donc, qu'il plane, sur ce "Via satellite ", un petit parfum de grunge. De post grunge, plutôt. Mais très léger, à peine palpable. Et finalement davantage à cause de l'atmosphère et surtout de la nature mélancolique des lyrics, que de la musique. A moins que ce ne soit à nouveau, parce qu'on y retrouve ce sempiternel morceau caché...

 

The Sundays

Static & silence

Troisième album en huit années d'existence pour ce groupe issu du nord de Londres. Un groupe drivé par un duo. Ou plus exactement un couple. Harriet Wheeler et David Gavurin. Ils se partagent la composition et la production. Elle chante. D'une voix exquise, claire, angélique. Un peu à la manière de Liz Frazer (Cocteau Twins) et de Lisa Gerrard (Dead Can Dance). Il joue de la guitare. Avec autant de doigté que Johnny Marr. Dispensant des accords cristallins, chatoyants, tantôt à l'aide d'une râpe électrique, tantôt d'une six cordes acoustique, sur une musique faite de textures et de nuances, une musique toujours aussi atmosphérique, mais moins éthérée que sur le second opus " Blind " ; et ce nonobstant le recours aux arrangements symphoniques ou orchestraux. Un climat, en tout cas, favorable aux mélodies pop visionnaires, mélancoliques, diaphanes...