New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Longpigs

The sun is often out

Longpigs appartient à l'aile la plus fragile, la plus tendre de la britpop. Hormis "Happy again" imprimé sur un tempo psychobilly et le sauvage, tourmenté "Elvis", sorte de Thousand Yard Stare en moins funk, "The sun is often out" est texturé à la fois dans l'électricité grésillante, pétillante et les cordes de guitares semi-acoustiques. Un peu comme des Bluetones qui auraient beaucoup écouté les LA's. Faut dire que côté harmonies vocales le quintette peut compter sur deux excellents chanteurs, dont l'un affiche un timbre vocal aussi capricieux que celui de Loz Paul Hardy (Kingmaker) alors que l'autre épouse les inflexions opératiques de Rick Witter (Shed Seven). Excusez du peu!

 

Loog

Meltdown house

Ne cherchez aucune signification au mot Loog, puisqu'il s'agit tout simplement du nom du leader de cette formation bostonienne. Ancien guitariste de Lemonheads, Corey Loog Brennan a cependant dû faire appel à Chris Brokaw, ex guitariste de Codeine, mais toujours impliqué chez Come, pour compléter le line-up de son quartette. Et "Meltown house" constitue la première application de cette rencontre. Un mini album de huit titres. Popcore. Inspiré tantôt par Veruca Salt, tantôt par les Muffs. Malheureusement, la production de Wharton Tiers (Sonic Youth, Dinosaur Junior, Helmet) étouffe les excellentes dispositions affichées par les musiciens. Seule la voix claire, voluptueuse (Wendy James?), parvient à apporter un zeste de fraîcheur et de sensibilité à une solution sonore qui se cogne continuellement la tête sur le plafond de la mise en forme. Dommage!

 

Love & Rockets

Sweet FA

Rick Rubin est vraiment un drôle d'oiseau. Un producteur expérimenté, très sollicité, respecté, mais un type bizarre. Déjà, pour l'enregistrement de "Blood sugar sex magik", il avait entraîné les Red Hot dans une villa réputée pour son mauvais œil. Une aventure que les musiciens n'avaient d'ailleurs par très bien vécue. Confrontée à de multiples incidents techniques, émaillée de troubles psychologiques, elle avait cependant débouché sur une œuvre particulièrement brillante. Rick vient donc de remettre le couvert. En compagnie de Love & Rockets, cette fois. Résultat des courses, tout a été ravagé par un incendie. Demos et équipement, en particulier. Daniel Ash, David J et Kevin Haskins ont d'ailleurs failli y laisser leur peau. Ou leurs os, si vous préférez. Mais par leur âme. Car cet incident a décuplé leurs forces et les a incités à remettre leur ouvrage sur le métier. Mais à Londres, cette fois. Rubin terminant alors la mise en forme dans son propre studio, à Los Angeles. Et il fait reconnaître qu'il a ici réalisé un travail d'orfèvre. Valorisant à la perfection les différentes phases de psychédélisme affichées par le trio depuis 85. C'est à dire après le split de Bauhaus. Psychédélisme extatique, lancinant où l'électricité sursaturée, torturée est épurée de satin acoustique. Psychédélisme climatique, ouaté de chœurs sensuels, enrobé d'orchestrations majestueuses. Psychédélisme hanté (!) par les spectres de Syd Barrett, de Kevin Ayers, de Spiritualized, du Floyd circa "More", de Primal Scream et même du "Magical Mystery Tour" des Beatles, ou l'inverse. Une œuvre qui recèle en outre un titre purement expérimental, à la limite du free jazz, "Here come the comedown", un hommage à Natacha Atlas, vocaliste de Transglobal Underground ("Natacha"), et puis surtout une perle de psyché pop contagieuse, fascinante, indélébile: "Judgment day". Tout un programme!

 

Loves Ugly Children

Cakehole

Sur le label Flying Nun, les 3D'S et Loves Ugly Children incarnent les tendances les plus dures, les plus âpres de la scène néo-zélandaise. Mais L.U.C. va encore plus loin sur ce "Cakehole". Procédant à des expérimentations soniques, psychédéliques dans le noisy punk. Un peu comme le Sonic Youth l'opérait au tout début des eighties. Mais cette exploration fondamentalement mélodique, quoique dispensée à un régime frénétique, est littéralement déchiquetée, mutilée par une surabondance d'électricité statique. Seul "Latest product", onzième morceau sur les quinze que compte le CD, embrasse un profil plus pop, plus conventionnel, plus ‘Clean’...

 

Lullaby For The Working Class

Blanket warm

Rien que le titre de cet album vous donne une idée du style pratiqué par ce quartette issu du Nebraska. Dont la musique pourrait si facilement se savourer auprès d'un feu de bois, le corps enveloppé d'une couverture chaude. Et pourtant, la fibre basiquement acoustique manifeste un sens mélodique particulièrement développé. Parfois on pense aux Go-Betweens, aux Walkabouts et même à Poco dans sa période la moins grandiloquente. Pas à cause de ces subtils arrangements de cuivres ou de cordes. Mais surtout parce que l'électricité y fait de très éphémères mais très efficaces apparitions. Un peu comme chez Deadly Nightshades, formation australienne, aussi peu connue que ce Lullaby For The Working Class. Mais suffit pas toujours d'avoir un nom ronflant pour mériter un certain crédit...

 

Lush

Lovelife

Il est bien loin le temps où Lush émargeait à la noisy pop angélique. Où sa musique s'élevait dans l'éther atmosphérique ‘mybloodyvalentinesque’ ou se chargeait d'esthétisme glacé ‘cocteautwinesque’. Sur "Lovelife", il ne demeure d'ailleurs plus que de vagues traces de ce lointain passé. Notamment sur le simple "Single girl" et puis surtout sur les deux derniers titres, "The childcatcher" et "Olympia". Pour le reste, on se rend bien compte que la bande à Emma Anderson et à Miki Berenyi a décidé de s'ouvrir de nouvelles perspectives sonores. Plus extroverties. Plus basiques. Jarvis Cocker, chanteur et leader de Pulp, partage ainsi les vocaux avec Miki sur "Ciao!", alors que "Ladykillers", futur single, et "Heavenly nobodies" émargent à la new wave de la new wave. Respectivement inspirée par Echobelly puis par Elastica. Enrichi d'orchestrations beatlesnesques, "I've been here before" aurait pu tout aussi bien appartenir au répertoire de Boo Radleys alors que "Last night" adopte un profil filmique, presque ‘eniomorriconesque’. Bien que bénéficiant du concours d'une section à cordes, "Papasan" et "Tralala" flirtent avec la romance minimaliste. Reste "500", dont le phrasé de guitare semble avoir été repiqué sur l'album "Forever Fleshtones" du mythe new-yorkais... Rafraîchissant!

 

Labradford

Prazision LP

Labradford nous entraîne dans une spirale multidimensionnelle à la découverte de paysages psychédéliques chatoyants, cosmiquement paisibles. Réduit depuis peu à un duo composé de Carter Brown et de Mark Nelson, Labradford croit fermement à la dimension spirituelle de l'exploration sonore. La voix est volontairement sous-employée, confessionnelle, enfouie profondément à l'intérieur du brouillard instrumental. Les drums absents à l'instar d’Hugo Largo. Rien que des cordes de guitares, des synthés et une pléiade de pédales de distorsion. A conseiller aux consommateurs d'ambient qui regrettent les élucubrations sonores commises par Eno et Fripp au cours des seventies...

 

Lambchop

How I quit smoking

Derrière le concept Lambchop se cache un étrange personnage qui répond au nom de Kurt Wagner. Aucun rapport cependant avec Richard, même si la musique de ce quadragénaire épouse un certain profil symphonique. Pour enregistrer "How I quit smoking", cet auteur compositeur interprète et guitariste s'est aussi entouré d'une section à cordes. Responsable d'orchestrations somptueuses, sophistiquées, bouleversantes qui dynamisent une texture country relativement basique, alimentée par le concours d'une bonne quinzaine de musiciens de studio. Paradoxalement, alors que le titre de l'opus s'intitule "How I quit smoking", la voix de Kurt campe des inflexions aussi éraillées et nicotinées que celles de Stuart Staples, chanteur de Tindersticks, pour être plus précis. Une œuvre fascinante, que nous pourrions situer à la croisée des chemins de ce même Tindersticks, de Palace et des Triffids circa "In the Pines"...

 

Leanan Sidhe

Planesequence

Lorsqu'on évoque le krautrock, on pense immédiatement à Can, Neu et Faust, trois formations qui ont marqué des ensembles de post rock contemporains tels que Tortoise et Stereolab. Ash Ra Temple appartenait également à cette scène germanique et semble avoir eu une influence majeure sur la musique de Leanan Sidhe. Un groupe italien. De la région de Florence, très exactement. Responsable d'une musique atmosphérique, ambient et psychédélique à la fois. "Planesequence" évoque des paysages sonores où s'épanchent paresseusement des textures sinusoïdales traversées de vocaux éthérés chuchotés, de cordes de guitare bourdonnantes, de claviers fluides, de boucles et d'effets spéciaux. Parfois l'ombre de Spiritualized Electric Mainline plane sur cet album. Parfois celle de Labradford, de Ui, de Flying Saucer Attack. Et puis lorsque la solution polarise toute son intensité et son énergie sur la section rythmique, celle de Pink Floyd circa More...

 

The Legendary Pink Dots

Canta Mientras Puedas

Cette compilation réunit une sélection de compositions commises entre 90 et 95 sur les albums "The crushed velvet apocalypse" (1990), "The Maria Dimension" (1991), "Shadow Weaver" (1992), Malachai (1993), "Nine lives to wonder" (1994) ainsi que sur deux des opus gravés en 1995, "Chemical playschool vols 8/9" et "From here you'll watch the world go by", mais pour deux nouvelles versions. Depuis 1982, Edward Ka-Spel et ses disciples poursuivent leur processus continuel d'exploration dans le psychédélisme, où chaque découverte est un point de départ. Un périple qui dure depuis près de vingt cinq albums et ne trouvera probablement son épilogue que dans l'espace infini et le temps. D'un style baroque déchiré entre électronique, krautrock, punkadelic, muzak, avant-garde, musique de chambre et industrielle, TLPD s'est progressivement tourné vers un langage cosmique, atmosphérique, expansionniste. Un moyen d'expression destiné à nous transporter dans son monde étrange, kaléidoscopique, sis entre la frontière du réel et de l'irréel...

 

The Lemonheads

Car button cloth

A l'origine, le sixième album des Lemonheads devait inclure une chanson coécrite par Noël Gallagher d'Oasis et d'Evan Dando. Mais, le label Creation ayant manifesté son veto à cette insertion, " Purple parallelogram " ne sortira qu'en single. Ce qui ne veut pas dire que ce " Car button cloth " soit de mauvaise facture. Que du contraire! Un disque pour lequel, Evan a bénéficié du concours de Bill Gibson, guitariste du défunt et mythique groupe australien New Christs, de l'ex drummer de Dinosaur Jr, Patrick Murphy, ainsi qu'épisodiquement de la participation d'Eugène Kelly (Eugenius, Vaselines), d'Epic Soundtracks (Swell Maps, These Immortal Souls) ainsi que de Royston Langdon (Spacehog). Une œuvre qui alterne pop songs contagieuses, fragiles, intimistes, sucrées de folk ou de country - imaginez un peu le Lovin Spoonful trente ans plus tard - et hymnes capricieux, turbulents, injectés tantôt de punk, de grungecore (Nirvana?) et même de garage crazyhorsien. Le tout enrichi par la qualité plaintive, vacillante du vocal d'Evan, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Gram Parsons et d'Howe Gelb de Giant Sand...

 

Les Thugs

Strike

Saviez-vous que les Thugs sont devenus le plus ancien groupe de l'écurie Sub Pop? Un label qui colle parfaitement à la dégaine du quartette angevin réputé pour son punkcore irradié, urgent, métallique, brutal, violent et par essence du rock'n’roll, rebelle. Et plus de la moitié de ce "Strike" correspond à ce profil. Pour enregistrer ce nouvel opus, les Thugs ont fait appel à Steve Albini à la production. Un disque qui recèle cependant son lot de surprises; et notamment trois compositions qui s'aventurent dans la noisy pop éthérée, atmosphérique, instituée par My Bloody Valentine, Slowdive et surtout Swervedriver. Le titre maître tout d'abord, dont le climat est accentué par un chuchotement vocal diaphane. "Loving son", toujours aussi intimiste, mais abrasé par un timbre vocal profond, grave, aussi nicotiné que celui de Stuart Staples (Tindersticks); et puis, "So heavy", malheureusement asphyxié par l'insuffisance du chant, à des années lumière de l'hymne du groupe "And he kept on whistling", nonobstant le sifflotement allègre, mélodique de Christophe. Mais la palme revient à "Waiting", titre de plus de six minutes rappelant le Sound revu et corrigé par le garage.

 

Letters To Cleo

Wholesale meats and fish

Deuxième album pour ce quintette canadien qui risque fort d'être taxé de plagiaire auprès des aficionados de Veruca Salt. Le plus ennuyeux, c'est que ce "Wholesale meats and fish" est bien fichu. Très bien fichu même. Découpé en douze pop songs capables d'osciller entre la douceur et la violence, la sensualité et la virulence. Un opus produit par Mike Dineen (Aimee Mann, Gigolo Aunts), qui par ailleurs joue un peu de synthé sur le morceau final, "I could sleep (the wuss song)". Des chansons inévitablement emballées dans l'intensité popcore que fustige le débit agile, expressif, sauvage de Kay Hanley. Bref un chouette elpee, beaucoup plus électrique que son précédent "Aurora Gay Alice". Et qui devient même franchement original et rafraîchissant lorsqu'un certain Newt Haven vient injecter ses claviers fluides. Uniquement sur "Pizza Cutter" et "Acid Jet". Mais rien que ces deux fragments valent leur pesant d'or...

 

The Levellers

Best Live: Headlights, White Lines, Black Tar Rivers

Il faut avouer, qu'hormis l'indispensable " Levelling the land ", les albums des Levellers n'ont jamais tout à fait répondu à l'attente. En fait, le groupe a acquis sa réputation sur les planches. Et c'est donc fort de cette réputation qu'il a pu construire le succès que nous lui connaissons aujourd'hui. Cet opus ‘live’ immortalise donc sa longue et fastidieuse tournée effectuée entre septembre 95 et février 96, à travers l'Europe. Une tournée qui avait d'ailleurs transité par Bruxelles dans un Forest National archi comble. Dommage que toute la sensibilité celtique et l'ambiance féerique qui transpire de ses prestations en public ne sont guère reproduites sur ce disque. Une bonne raison pour vous conseiller d'attendre son prochain passage chez nous plutôt que de casser votre tirelire pour vous procurer ce " Best live "...

 

Ligament

Kind deeds

Bien que londonien, ce trio pratique un style musical qui aurait tout aussi bien pu appartenir à la scène ‘no wave’ new-yorkaise du début des eighties. Sorte de trash/ punk/jazz/noisecore habilité à s'évader dans l'univers torturé de Captain Beafheart, de Butthole Surfers ou du Vander Graaf Generator. Donc prog rock dès que Ligament a recours aux cuivres. Un groupe qui possède en la personne de Ray Hill, un formidable bassiste. Et surtout un catalyseur sonore. Ses interventions mordantes, stimulantes, grondantes, fluides, canalisant le flux sonore filandreux pour le transformer en une véritable mélodie, où à l'instar d'un Sonic Youth, les cordes de guitares peuvent s'éclater comme sur le superbe "Renius", où les vocaux trafiqués pressurent vos tympans à la manière d'un Mark E Smith...

 

Lio

Wandatta

Enregistré il y a déjà trois ans, ce "Wandatta" n'avait pu voir le jour pour son absence de potentiel commercial. Et manifestement, hormis l'adaptation d' "In the Ghetto" d'Elvis Presley, toutes les compositions naviguent à des années lumières de leur port d'attache ‘bananasplitien’. Dérivant entre escales latines, asiatiques, métalliques, cabaret et filmiques sur des textes de Boris Bergman. Un album expérimental qui ne laisse malheureusement transpirer sa volupté qu'à travers les photographies du booklet. Ce qui, à notre humble avis, est un peu maigre...

 

Liquor Giants

Liquor Giants

Au sein de Liquor Giants, on retrouve un certain Ward Dotson, détenteur d'une fameuse carte de visite. En fait, début des eighties, il sévissait au sein de Gun Club. Et son jeu de guitare dévastateur a fait les beaux jours du groupe légendaire de feu Jeffrey Lee Pierce. Il est d'ailleurs impliqué sur la plupart des standards du groupes tels que "Sex beat", "She's like heroin to me", "For the love of Ivy" et bien d'autres. Curieusement, son départ coïncidera avec l'amorce du déclin de Gun Club. Il fonde alors Pontiac Brothers, combo avec lequel il commet quatre elpees dominés par le garage, le blues et le rythm 'n blues. Cet opus éponyme constitue déjà le troisième album de Liquor Giants. Un disque dont la sensibilité pop est directement puisée chez les Beatles. Tantôt dans l'instantanéité du double blanc, tantôt dans la sophistication d'Abbey Road, que Badfinger développera d'ailleurs pour son compte personnel, par la suite. Ce qui n'empêche pas l'électricité des cordes de guitare d'y être très présente. Souvent reverb, mais également intense et crépitante comme sur le superbe "100 dollar car"...

 

Ed Kuepper

Sings his greatest hits

Ed Kuepper est tellement prolifique qu'il est parfois nécessaire de faire un peu le point pour s'y retrouver. Ce que cette compilation ne permet cependant pas de faire. D'abord, elle n'inclut aucun titre des Aints, des New Imperialists ni de Laughing Clowns, mais exclusivement de ses opus solo. Et uniquement d'albums enregistrés entre 90 et 95. Soit "Today wonder", "Honey steel's gold", "Black ticket day", "Serene machine", "Character assassination", "I was a mail order bridegroom" et "A key in the kindness room". Pas de trace malheureusement de ses expériences individuelles commises entre 85 et 88. Soit "Electrical storm", "Room of the magnificent" et "Everybody's got to"... Ed Kuepper est un artiste d'exception, nous l'avons toujours proclamé, mais le titre de cet album prête à sourire. Parce qu'Edmund n'a toujours pas décroché de hit. Ni en Europe, ni aux States, ni dans son Australie natale. Ce qui est une profonde injustice, c'est vrai. Mais un fait incontestable. Ces 15 compositions auraient mérité d'entrer dans les charts. Simplement, il faut croire qu'il ne suffit pas d'être un musicien d'exception pour s'imposer. "Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut entendre..." Pour ceux ou celles qui ne connaîtraient toujours pas Kuepper, ce disque constitue un occasion unique de faire le premier pas. Les inconditionnels risquent, eux de râler sec. Car si le CD recèle deux inédits, les versions proposées sur le reste du disque ne sont sensiblement différentes que parce qu'elles ont été remasterisées. Mais ne gâchons pas notre plaisir. Les titres sélectionnés demeurent de petites perles dans le sens le plus mélodique de la pop. Des chansons romantiques, raffinées, basiquement acoustiques ou délicatement électrifiées. Maintenant, ce style d'album peut également comporter une part de danger. En effet, si vous étiez inopinément séduits par cette musique, vous risqueriez fort de ne plus pouvoir en éradiquer le charme...

Kula Shaker

K

Un premier album pour cette formation anglaise que nous attendions avec une certaine appréhension. A cause de l'‘Oasismania’ et du phénomène britpop qui sévit depuis quelques mois, bien sûr. Egalement parce qu'aujourd'hui, nous nous méfions de plus en plus d'une certaine presse anglaise et de ses fameux hypes préfabriqués. Encore une fois, nous avons été agréablement surpris. Surtout par la maturité et la richesse musicale du groupe. Ainsi, Kula Shaker n'hésite pas à faire appel à une foultitude d'instruments différents, phénomène qui sort du contexte pop habituel, beaucoup trop souvent réduit au schéma guitare/basse/batterie. Et notamment le mellotron, le piano, les percussions, le tabla (???), ou encore un sarod (!!!). Ce qui donne au quartette un parfum tout à fait particulier. Le résultat? Malgré un inévitable arrière-goût d'Oasis (!), la musique se tourne tantôt vers le psychédélisme du défunt et ressuscité Verve de Richard Ashcroft, tantôt vers le garage mancunien des Charlatans ou d'Inspiral Carpets. Le tout mis à la sauce orientale... En un mot, superbe!

 

Kelley Deal

Go the sugar altar

L'aventure menée par Kim Deal au sein des Amps aura donc donné des idées à sa sœur jumelle Kelley, puisqu'elle vient d'enregistrer un premier album, " Go to the sugar altar ". Pas tout à fait en solo, puisqu'elle s'est entourée d'un véritable groupe. Avec lequel elle vient d'ailleurs d'accomplir une tournée européenne. La musique de Kelley Deal 6000 s'avère cependant beaucoup plus expérimentale que celle des Breeders, naviguant à la croisée des chemins de la country éthérée de Cowboy Junkies, du punkcore des Pixies circa " Surfer Rosa " et du country/garage/blues capricieux de Giant Sand...

 

Kepone

Skin

Ce trio yankee (Richmond, Virginie) tire son patronyme d'un pesticide tristement célèbre, responsable de dégâts irréparables sur le système nerveux des consommateurs. Une vision assez sinistre de l'Amérique que le groupe s'évertue de répercuter à travers sa musique. Punk! Mais pas punk pop, à l'instar de Green Day, Rancid ou Offspring. Mais plutôt punk funk à la coloration post industrielle. Pensez à Black Flag, Minutemen et surtout au Therapy ? originel. Encore que le climat malsain, viscéral, claustrophobe, entretenu tout au long de cet opus, nous rappelle plutôt Captain Beefheart. "Skin" constitue le deuxième album de Kepone, et il dispense une adrénaline pure, générée par une instrumentation fondamentalement viscérale (ligne de basse syncopée mais précise, drums féroces, obsessionnels, cordes de guitare distordues, grésillantes, tempo soutenu) égratignée par les vocaux amers, gémissants de Tim Harrin et de Michaël Bishop; solution épisodiquement traversée d'accords de piano angoissants. Un elpee découpé en dix fragments, dont le dernier, "Thin solution", adopte un profil plus insidieux, plus douloureux encore, sorte d'urban blues pratiqué habituellement par Cell...