Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Darkenhold

Memoria Sylvarum (reissue)

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C’est par un air allègre, dispensé à la guitare sèche, que Darkenhold démarre (et clôt) son 4ème opus studio, « Memoria Sylvarum ». Une pluie de blasts vient ensuite placer délicatement ce disque sous les auspices d’un Black Metal mélodique bien que laissant un petit arrière-goût à la Emperor. Affichant en guise d’indice évocateur une pochette réalisée par l’artiste Claudine Vrac, à qui le groupe français confie son artwork depuis ses débuts, Darkenhold poursuit son exploration dans les méandres de l’époque médiévale. Il apparaît assez rapidement que la formation est attachée aux traditions, autant celles évoquées dans les paroles exprimées dans un français plutôt fleuri que dans l’exécution des morceaux, collant aux standards du Pagan Black Metal, à travers ses chœurs discrets, ses respirations à la guitare sèche ou encore ses légères notes burzumesques au synthé, en fin de parcours. Neuf titres, dont un acoustique (« La Grotte de la Chèvre d’Or »), pour un peu moins de quarante-cinq minutes au cours desquelles la bande à Aldébaran et Cervantes rallume des temps anciens, sous une brume épaisse, l’épée à la main. Autoproduit avant d’être réédité par le label Les Acteurs de l’Ombre, cet album transpire le DIY, mais dans le sens noble du terme, où le côté brut de décoffrage et authentique fournit à cet effort un relief plutôt savoureux.

 

Candélabre

Candélabre

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Trio toulousain, Candélabre nous replonge au cœur même de la dark wave du début des eighties ; tintinnabulantes, cristallines, les sonorités de cordes évoquant tour à tour Cocteau Twins ou The Cure. La basse est bien post punk et le recours aux synthés ainsi qu’à la boîte à rythmes accentuent le climat mélancolique, gothique, de l’expression sonore, climat hanté par la voix spectrale, fragile et incantatoire de Cindy Sanchez, sorte d’hybride entre Elisabeth Fraser, Dolores O’Riordan et Sinéad O’Connor, qui lorsqu’elle est overdubbée rapelle alors les échanges opérés entre Miki Berenyi et Emma Anderson, chez Lush.  

Black Paper Plane

Black Paper Plane (Ep)

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Issu de la région de Tournai, Black Paper Plane réunit des ex-Pillow, Heroïne et Alien Satellite. Découpé en 5 plages, son premier Ep est éponyme. Baignant au sein d’un climat mélancolique, les compos sont, en général, tramées sur un même schéma : un rythme entraînant imprimé par la section rythmique et les pulsations du synthé, sur lequel deux grattes en strates, en arpèges, parfois chargées de reverb (Durutti Column ?), et souvent en crescendo, viennent se greffer, dont une plus cadencée et l’autre qui se détache régulièrement pour s’autoriser des envols parfaitement maîtrisés ; et puis la voix bien timbrée mais chargée de spleen de Steph, qui tourmentée, claustrophobe, semble parfois hantée par Simon Huw Jones, le chanteur d’And Also The Trees (« Take control »). Et si le titre final lorgne, en tout début de parcours, vers les Pixies (basse et guitare), la suite revient au schéma fondamental, même si la fin du morceau est enrichie par des notes de synthé en émulsion. Exception qui confirme la règle, « Don’t give up », un morceau qui constitue le sommet de cet Ep. D’abord abordée comme une ballade mid tempo, elle s’ouvre par des accords de gratte en picking, puis monte progressivement en intensité ; mais c’est surtout sa jolie mélodie, réminiscente de Mud Flow, qui fait la différence. Pour un premier essai, le résultat est tout à fait convaincant…

 

Archi Deep

Archi Deep (Ep)

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Depuis que Martin Leroy, le bassiste est parti vivre aux States, Archi Deep est réduit à un duo réunissant le batteur Camille Sullet et le chanteur/guitariste Arthur Di Piazza, un Oléronnais qui a monté ce projet en 2013. Au départ flanqué de l’appendice Monkeyshakers, le duo a donc décidé de l’amputer. 

Pour ces 6 plages, la paire a bénéficié du concours de Lucas Thiéfaine et de Frédéric Scaps, respectivement à la sèche et aux claviers, sur deux plages. Bien rock, la musique d’Archi Deep se réfère davantage aux 90’s qu’aux 70’s, évoquant tour à tour Smashing Pumpkins (« Losing my mind »), Black Crowes, Queens of The Sone Age, Lenny Kravitz et surtout White Stripes, pour l’empreinte blues, à l’instar du percutant et âpre « With no money no time » ainsi que du premier single « I’m just a man », une plage cependant plus pop, sifflotée en cours de route, mais sont le tempo s’accélère en milieu de parcours. Souligné par un filet de clavier, et joué à la guitare en picking, l’acoustique « Hey » met en exergue la superbe voix, bien timbrée, d’Arthur Piazza, alors que variant constamment de ryhtme entre refrain et couplet, « I’ll be by your side » est saupoudré de ‘ou ouh’ rollingstoniens (NDR : c’est dans l’air du temps !)

 

Oscar Wallas

Intramuros

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Non, Oscar Wallas n’est pas un artiste (NDR : cette pratique devient une habitude !) qui se produit en solitaire, mais le patronyme d’un quatuor parisien. Une formation qui réunit trois ex-membres des Peulvens (Chritian Rouillé au chant et à la guitare, Jean-Marie Briand à la basse ainsi qu’Erwan Moreau aux drums) et Renaud Lhoest. Ce dernier est arrangeur. Bruxellois, il a notamment bossé pour Venus, Dominique A et joué en compagnie de Yann Tiersen. Mais surtout, joue du violon. Et c’est précisément cet instrument qu’il se réserve chez cette formation. « Intramuros » a bénéficié, en outre, de la collaboration d’Yves Baudhuin, mais surtout du mixing de Gilles Martin, dont la carte de visite mentionne quand même des participations aux mises en forme des albums de Miossec, Hector Zazou, Pierre Bondu, sans oublier de Colin Newman et de Tuxedomoon. Et puis de Venus aussi. Pas étonnant dès lors de retrouver Marc A. Huyghens comme guest. Pour un titre : « A musical day ». Mais venons-en à ce premier opus. Découpé en 11 fragments, il navigue quelque part entre pop, rock, chanson française et expérimentation classico-contemporaine. Enigmatique, inspiré, envoûtant, riche (les arrangements, les cuivres et les cordes sont souvent dignes d’un Tuxedomoon !), il peut évoquer tour à tour le lyrisme de Bertrand Cantat, mais sans l’électricité (le post boogie « La routine »), Kat Onoma (l’obsessionnel « La condition »), Robert Plant (la vision orientale de « Jérusalem », mais sans la voix de Bob), et même un Ravel qui aurait intégré une trompette mariachi dans sa boucle symphonique (« A musical day », compo à laquelle participe le leader de Venus). Le tout est enrichi par des lyrics décalés, hantés (NDR : Christophe Rouillé y cause, entre autres, de ses doutes, de la liberté, du clonage et de la routine), mais terriblement actuels. Une œuvre originale. Très originale même. Et surtout hors du temps et des modes…

 

 

 



Marble Sounds

Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés…

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Curieux ! Marble Sounds est un groupe belge qui jouit d’une énorme popularité à travers le monde, notamment grâce à Facebook et Youtube : depuis l’Australie à la Chine, en passant par le Mexique, le Japon, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan. Mais en Belgique, il reste calé au stade d’espoir. Probablement encore le résultat d’un problème linguistique belgo-belge. Ce qui explique, sans doute, pourquoi, il se produit rarement en Belgique. Huit concerts sont cependant prévus au sein du Royaume, dont la release party du nouvel opus, « The Advice To Travel Light » (NDR : il vient de paraître ce 21 septembre), qui se déroule à la Rotonde du Botanique.

Le supporting act est assuré par Moonbeat, une formation fondée par le chanteur/guitariste Michaël Lamiroy, mieux connu pour son implication chez Tin Fingers et School Is Cool. Après avoir bossé pendant des années avec Thomas Jillings (saxophones, reeds, synthés, électronics), le line up s’est enrichi de quatre nouveaux musicos, dont Laurens Dierickx (Hammond, piano), Sep François (percussions), Gerben Brys (basse) et Alfredo Bravo (drums).

Ce soir, le combo est réduit à un trio. Soit Michaël, Laurens Dierickx et Thomas… Si le band reconnaît pour influences majeures Talk, Talk, Kate Bush, Sufjan Stevens et Loney Dear, enchaînés, les trois premiers morceaux évoquent davantage Yes, Alan Parson’s Project ou encore Genesis, avant que Steve Hackett et Peter Gabriel ne quittent le navire. Casquette en pied de poule retournée sur le crâne, Michaël se sert d’une semi-acoustique et chante d’une voix qui rappelle tantôt feu Mario Guccio (Machiavel) ou Gabriel Sesboue (Beautifull Badness), des morceaux le plus souvent atmosphériques, paisibles même, mais surtout empreints de délicatesse et de mélancolie. Cependant, lorsque l’instrumentation s’emballe, le spectre du Queen originel se met alors à planer.

Setlist : « Breeze », « Suller Rain », Shelter », « Walls (Absynth) », » Stone In The River », Sun Drops ».

La Rotonde est presque pleine lorsque Marble Sounds débarque, soit Pieter Van Dessel (voix, gratte électrique ou acoustique) Gianni Marzo (guitare, chant et pedal steel), Frederik Bastiaensen (basse), Mattijs Vanderleen (drums) et Brecht Plasschaert (claviers). Ce soir, le line up est enrichi de trois musicos dont la violoniste Stefan Wellens, la vocaliste Renée Sys et le préposé aux cuivres, Niels Van Heertum (trompette, saxophone, bugle, …) Votre serviteur avait découvert ce groupe, lorsqu’il s’était produit, en première partie d’Hooverphonic, à l’Ancienne Belgique, en janvier 2011.

Baignant dans un light show de couleur bleue, « Fire In The Lake » ouvre le set, un morceau sucré, acidulé, transpercé par les interventions du violon, qui remue instamment les tripes, alors que la voix charismatique de Pieter, destinée à faire fondre les chœurs, semble hantée par Chris Martin (Coldplay). Déjà la magie opère ! D’autant plus que la dernière partie de la compo s’évade dans le post rock. Lorsque Gianni opte pour la pedal steel et que les cuivres deviennent classieux, on ne peut s’empêcher de penser à Beirut. Pieter salue le public en français et en néerlandais. Il dédie le très beau « Speeches » à sa fille. Il nous signale également que la Rotonde lui a permis de rencontrer son épouse. Moment d’émotion. Caractérisé par sa mélodie soignée, beatlenesque même, « In Time » met en exergue les superbes échanges entre les voix de Pieter et Renée. « 39 » constitue manifestement le sommet du show. Les cordes sont délicatement talonnées par les ivoires. Le glockenspiel de Mattijs accentue cette impression de pureté sonore à coloration orientale… Des ivoires vaporeux baignent alors « Leave A Light On », un titre caressé par le souffle du bugle.

Lors du rappel, Pieter revient seul pour chanter « Keep Repeating », en s’accompagnant à la semi-acoustique. Et le concert s’achève définitivement par « One Last Regret », un dernier regret que traduit cette absence incompréhensible de notoriété dont est victime Marble Sounds, en Belgique…  

Setlist : « Fire In The Lake », « The Advice To Travel Light », « In Time », « Speeches », « The Summer Of The Sun », « Smoking Was A Day Job », « The Little Lows », « My Friend », « 39 », Anyhow (Even Now) », « Leave A Light On »

Rappel : « Keep Repeating », « One Last Regret ».

(Organisation : Botanique)

Suede

Intemporel…

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Assister à un concert de Suede est toujours une expérience unique. Et si on y croise des sosies de Brett, le chanteur à la dégaine unique, c’est parce que les quadragénaires reconnaissent en lui l’incarnation du sex symbol absolu. Et ce soir sera une soirée bien particulière, car il ne s’agit que de la deuxième date de la tournée, entamée la veille, jour de l’anniversaire d’Anderson, à Berlin.

Mais avant de découvrir « The Blue Hours », le 8ème opus du groupe, en ‘live’, place à Gwenno, programmée en première partie. Et force est de constater que ce set va se révéler une toute bonne surprise. Signé chez Heavenly Records, label mythique qui a hébergé Slowdive et d’autres gloires à l’époque des shoegazers, Gwenno Mererid Saunders s’est échappée des Pipettes (NDR : en compagnie desquels elle a enregistré un album, après avoir remplacé la chanteuse originelle), pour se consacrer désormais à sa carrière solo… Particularité, elle chante en en gallois voire en cornique, dialecte de la région des Cornouailles. Fervente disciple de cet idiome en perdition, elle transforme toutes ses chansons en curiosités linguistiques. Et il faut admettre que sa démarche fonctionne, y compris face à un auditoire, clairsemé au départ, mais conquis à mesure que les titres défilent. Entre une jeune Chrissie Hynde pour le look et Björk pour la voix, son concert est aérien, constellé de moments de grâce, naviguant quelque part à la croisée des chemins du shoegaze et de la new wave. Entre chaque titre, Gwenno nous encourage à apprendre des langues en voie de disparition. La poésie singulière qui nourrit ses compos et les anecdotes qu’elle raconte nous ont permis de passer un agréable moment en attendant la tête d’affiche…

Car un concert de Suede se vit, se danse et communique d’excellentes vibrations… Suede, c’est 25 ans de carrière, une séparation, 8 albums et une verve intacte, probablement le seul représentant de la britpop qui s’en est sorti parce qu’il a continué à proposer une musique de qualité. Brett pourrait d’ailleurs écrire un manuel sur la manière de diriger un team tant il se donne toujours à fond.

21 heures tapantes, Brett apparaît en ombres chinoises et se dévoile doucement sur le 1er titre de l’opus en s’époumonant : ‘Here I am !’... et comment qu’il est là !!! « As one! », première plage du nouvel album est parfait pour introduire langoureusement le combo, dont le dernier concert accordé en Belgique, remonte à deux ans. Les guitares sont denses, sombres, et le morceau s’achève brutalement pour mieux enchaîner par « Wastelands » et faire la part belle, en ce début de set, à « Blue Hours ». Brett tend les bras et la salle s’enflamme. Elle n’attendait que ce geste pour littéralement exploser, malgré le côté calme, mais intense des deux premiers morceaux. Il ne faudra pas cependant pas attendre plus longtemps pour que le naturel de Brett revienne au galop. Dès le 3ème morceau, « I do not know how to reach you », toujours issu du dernier LP, chemise déboutonnée, cheveux au vent, il serre les premières mains...          

Brett harangue la foule et aligne les classiques comme autant de brûlots, transformant l’Ancienne Belgique en une gigantesque piste de danse : « She »,  « We are the pigs » ainsi que « So young », caractérisé par sa guitare si mélancolique, défilent. « Killing of a flashboy » termine cette première salve de hits. Rarement joué en live, cette flip side de « We are the Pigs », issue du premier long playing, constitue un des moments forts de la soirée.

L’ambiance descend d’un cran à l’entame de « Tides ». Le climat devient plus sombre, à l’instar de « Roadkill » au cours duquel Brett déclame plus qu’il ne chante.

« Sabotage » est subliment réarrangé pour mieux enchaîner sur « No Tomorrow », un des titres phare de « The Blue hours ». Les guitares crissent pour mieux se préparer à un retour dans l’histoire du groupe : « Filmstar », « Metal Mickey », « Trash », « Animal Nitrate » sont autant d’occasion pour Brett d’aller prendre un bain de foule qui exulte littéralement.

L’ambiance se feutre, le groupe dépose ses instruments à l’exception de Brett qui revient sur le devant de la scène, guitare à la main pour entamer « Europe is our Playground », seul, à la sèche. Sa voix est magnifique, pure et rocailleuse. Le concert s’achève par deux titres plus paisibles, « The Invisible » et « Flytipping », alors que le public attendait des morceaux plus énergiques…

Suede referme la soirée par « Beautiful ones », toujours aussi fédérateur et « Life is golden ».

Depuis 25 ans, Suede a toujours résisté à la tentation de se transformer en autre chose que Suede. Il a certes évolué, mais son ADN est intact et c’est sûrement ce qui le différencie des autres groupes de l’époque qui n’ont pas résisté à l’assaut du temps…

(Organisation : Live Nation)

Black Mirrors

Le vampire ne se reflète pas dans un miroir…

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C’est dans le cadre des Coca-Cola Sessions, qui se déroulent à l’Ancienne Belgique, une initiative destinée aux découvertes, tant belges qu’internationales, que Black Mirrors se produisait ce jeudi 27 septembre. Issu du Brabant wallon, il est venu défendre son nouvel opus, « Look into the Black Mirrors », paru fin août dernier. Un disque qui fait suite à deux Eps, un éponyme paru en 2014 et « Funky Queen », en 2017.

Le supporting act est assuré par Bulldozer & The Machine Guns. Des potes aux musicos de la tête d’affiche ! Le line up implique le guitariste/chanteur John No Way, le bassiste Thomas Maisin et le drummer Grégory Bourguignon (NDR : il milite également chez Solkins). Ce dernier, pieds nus, semble particulièrement cool. Essentiellement instrumentale, l’expression sonore du trio baigne dans un psyché/stoner qui écrase tout sur son passage…

Quant à la musique de Black Mirrors, elle est le fruit d’un cocktail entre stoner, punk, rock, et métal. Ce quatuor réunit le guitariste Pierre Lateur, le bassiste Loïc Videtta (Mango Moon), le drummer Paul Moreau ainsi que la chanteuse Marcella Di Troia.

Vers 21 heures, Pierre grimpe sur l’estrade et entame un solo de guitare, une intervention immédiatement suivie par des sonorités de cymbales. Cape noire sur le dos, et la rituelle ligne noire sous les yeux, comme maquillage, Marcella me fait penser à une chauve-souris, prête à dévorer ses proies, avant de les vider de leur sang… et pourtant le vampire ne se reflète pas dans les miroirs, aussi nombreux soient-ils, et de couleur noire…

Dans un halo de couleur bleue, le set s’ouvre par « Shoes for booze », morceau d’entrée du nouvel opus. Les riffs hendrixiens de Lateur font mouche et bénéficient du soutien de la solide section rythmique, basse/batterie. 

Véritable show woman, Marcella arpente les planches de long en large en trimballant son pied de micro, bien attaché sur son support. Elle se déhanche sauvagement, harangue les spectateurs des premiers rangs et déploie ses ailes pour mieux les vampiriser… Un projecteur la suit à la trace. Tout au long du concert on sent une grande complicité entre le gratteur et la chanteuse. Des aficionados déploient des affichettes sur laquelle on peut lire ‘We Love Black Mirrors’. Davantage introspectif, « Inner Reality » s’achève dans un climat psyché/atmosphérique. Petit problème de balance entre l’instrumentation et la voix de Marcella, qui pourtant imposante, ne parvient plus à émerger de l’expression sonore, lors des titres les plus nerveux. Souci réglé à partir de « Moonstone », un morceau plus paisible, presque dispensé en format acoustique. Ancienne compo, « Canard Vengeur masqué » met en exergue les percus.

Lors du premier rappel, « Whispering Ghost » est proposé quasi-unplugged. Le spectre de Robert Plant plane… Après une excellente cover du « Kick Out The Jam » du MC5, le band nous réserve une nouvelle version, plus bluesy, de « Lay My Burden Down », un titre au cours duquel la voix grave, rocailleuse, de Marcella, monte dans les tours en concédant des inflexions à Beth Hart voire à Janis Joplin. Un chouette concert qui confirme le potentiel de Black Mirrors, une formation dont la reconnaissance à l’étranger ne devrait tarder…  

Setlist : « Intro », « Shoes For Booze », « Funky Queen », « The Mess », « Inner Reality », « Cold Midnight Drum », « Mind Shape », « Moonstone », « Canard Vengeur Masqué », « Lay My Burden Down », « Till The Land Wind Blows », « Burning Warriors »

Rappel : « Whispering Ghost », « Kick Out The Jam », « Lay My Burden Down »

(Organisation : Ancienne Belgique / Coca-cola sessions)

Photo : Mehdy Nasser

Jefferson Airplane

Le dernier vol de Marty Balin…

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Marty Balin a rejoint Signe Anderson et Paul Kantner au cimetière des avions. Il est décédé ce 27 septembre 2018, à Tampa en Floride.

Compositeur, chanteur et guitariste, il a sévi de 62 à 71, au sein du mythique Jefferson Airplane, groupe considéré comme un des pionniers du mouvement psychédélique, un mouvement né sous l'influence de drogues comme le LSD, sur la côte Ouest des Etats-Unis et tout particulièrement à San Francisco. C’est lui qui avait composé le titre devenu un grand classique de l’histoire du rock, "Somebody to Love" (voir clip ici)

Outre sa carrière solo et ses collaborations, Martyn Jerel Buchwald (NDR : c’est son vrai nom) a retrouvé quelques anciens acolytes, dont la chanteuse Grace Slick et Paul Kantner, à partir de 1975, au sein du projet Jefferson Airplane,

Jefferson Airpane est devenu célèbre après s’être produit au festival de Woodstock, en 1969, et puis également à celui d'Altamont, organisé par les Rolling Stones, mais pour des raisons plus dramatiques…

Il avait subi une opération du cœur en 2016, et d’après sa famille, il aurait été victime d’une une erreur médicale…

RIP

 

 

The Brian Jonestown Massacre

Quand on est trop perfectionniste, on passe à côté de l’essentiel…

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The Brian Jonestown Massacre, c’est le groupe d’Anton Newcombe, une formation responsable d’une musique qui oscille entre shoegaze, noisy et psychédélisme, mais également très susceptible d’intégrer d’autres styles comme la country, le folk ou la new wave. Ses influences majeures ? Spacemen 3, My Bloody Valentine, Velvet Underground, Galaxie 500, Ride ou encore The Telescopes. Et la liste est loin d’être exhaustive. Pour mieux connaître ce band, rien de tel que de visionner « Dig », un documentaire qui relate la relation qui est devenue conflictuelle entre Anton Newcombe et Courney Taylor-Taylor, respectivement leader de TBJM et The Dandy Warhols, en fonction des courbes de succès et de revers enregistrées par les deux formations, ainsi que les problèmes liés à la consommation de drogue et/ou d’alcool. Réalisé par le cinéaste Ondi Timoner sur une période de 7 longues années, ce film s’est surtout focalisé sur une période sise entre fin 1996 et mi-98, un long métrage (107’, voir ici) qui a décroché le Grand Prix du jury documentaire au Festival du film de Sundance, en 2004…

Lorsqu’on débarque à l’Aéronef, Dead Horse One termine sa prestation. Enfin, il lui reste encore trois morceaux à exécuter. Issu de Valence, en France, ce quintet pratique une musique qui navigue quelque part entre shoegaze et psychédélisme. Pas étonnant que TBJM l’ait choisi pour assurer le supporting act. Fondé en 2011, ce groupe a bénéficié du concours de Mark Gardener, à la mise en forme, lors de l’enregistrement de son premier elpee, « Without love we perish ». Et manifestement, en écoutant sa musique, on ne peut s’empêcher de penser à Ride, Sweverdriver ou encore Telescopes. Les deux gratteurs sont particulièrement complémentaires et le claviériste tapisse parfaitement l’ensemble de ses interventions. Seules les harmonies vocales manquent de limpidité. Maintenant, pas évident de régler les balances, lorsqu’on n’assure que la première partie. Une formation à revoir, dans d’autres circonstances ; et pour cause, dans son style, elle possède un fameux potentiel…

En 28 ans d’existence, The Brian Jonestown Massacre a commis 19 albums studio, plusieurs compiles, sans oublier les Eps. Faut dire que son leader, Anton Newcombe est particulièrement prolifique. Du line up originel, il ne reste cependant plus que lui et Ricky Maymi à la barre ; mais ce dernier a troqué ses baguettes contre une gratte, en 2002, après le départ de Jeff Davies. Autre membre originel, Matt Hollywood (NDR : d’abord bassiste, puis guitariste, c’est un habitué des allées et venues) a finalement quitté le navire, en 2015. Il a été remplacé par Ryan Van Kriedt. Finalement, le plus ancien, après Anton, c’est le percussionniste (tambourin/maracas) Joel Gion, qui milite au sein du band depuis 1994. Le bassiste Collin Hegna et le claviériste Rob Campanella ont débarqué en 2004 et le drummer, Dan Allaire, en poste depuis 2002, semble aussi avoir mis la clef sous le paillasson, puisque c’est une fille qui le remplace ce soir. Pas de trace de la vocaliste, non plus, qui avait participé à la tournée accomplie lors du printemps dernier. Pour faire bref, en près de 3 décennies, plus de 60 musicos ont transité via le combo. 

Mais il est temps de passer à la review du concert. Vêtu d’un t-shirt blanc, sur lequel on peut lire les mots ‘Eat shit’, mentionnés en rouge, Anton se plante à droite du podium. Il a un look qui rappelle, quand même, Neil Young. Collin Hegna, le bassiste, a enfilé un poncho, alors que coiffé d’un bonnet de marin, Joel Gion, le percussionniste, arbore des rouflaquettes impressionnantes. Il a l’air un peu éméché et enfile régulièrement les bières ‘Leffe’. Lui, les trois gratteurs et la drummeuse, cheveux bouclés en broussaille, sont chaussés de lunettes fumées. Quand à Ricky Maymi, qui joue d’une guitare à douze cordes, il a posé un verre et une bouteille de vin rouge devant lui. Mais il n’y posera les lèvres qu’épisodiquement. Enfin, Campanella, le claviériste, s’est planté discrètement, au fond, à gauche du podium…

Le set s’ouvre par « We never had a chance », une compo qui s’ébroue tout en douceur et s’épanouit sur un mur de cordes frémissantes. Et ce sont ces trois gratteurs, parfois quatre, dont les cordes tour à tour chatoyantes, grésillantes, bringuebalantes, cristallines ou chargées de feedback, qui tissent la plupart des mélodies. Et la plupart du temps, hypnotiques, elles accrochent instantanément. Le visage expressif de Joel communique un climat de bonne humeur au show. Parfois il lance un tambourin dans les airs, mais vu son état d’ébriété, éprouve de grosses difficultés pour le rattraper. Moralité, il le récupère sur les planches. Mais ses interventions aux percus sont impeccables. Dès « What happened to them », les ‘ouh ouh’, chantés en chœur, rappellent que TBJM a enregistré un album qui rend hommage au « Satanic Majesties Request » des Stones (« Their Satanic Majesties' Second Request », en 1996 !). Régulièrement, Rob Campanelle troque ses claviers (un korg !) contre une quatrième guitare. « That girl suicide » lorgne manifestement vers Tubeway Army, surtout à cause de la ligne de basse, alors que « When jokers attack » semble plutôt marcher sur les traces de New Order, Anton empruntant même les inflexions à Bernard Summer. Lors du classique « Servo », Ryan Van Kriedt branche une ‘phantom’ (NDR : guitare utilisée chez les Fuzztones). Evidemment, la set list ne va pas oublier les autres standards comme « Who », « Phish » ou encore « Anemone », mais également proposer deux compos récentes, comme « Forgotten graves », ou « What can I say », que Newcombe annonce comme telle, d’ailleurs. Il présente ses musiciens avant d’attaquer « Devil my care », mais on ne comprend pas grand-chose à ce qu’il raconte. Etonnant, il semble dithyrambique à leur égard. Il est sans doute de bon poil. Mais, il rencontre toujours le même problème. Perfectionniste, il laisse régulièrement de longs interludes entre les morceaux pour régler sa guitare, tripoter son ampli, fumer une clope ou solliciter le concours d’un roadie, afin de résoudre un problème futile. Ce qui nuit à l’ambiance générale du set. Après l’inévitable « Yeah Yeah », qui figurait sur « Bloody undergound » (NDR : clin d’oeil appuyé à My Bloody Valentine), compo au cours de laquelle la voix d’Anton semble hantée par Ian McCulloch (Echo & The Bunnymen), le concert s’achève par « A word », un titre au cours duquel deux des gratteurs de Dead Horse One rejoignent le septuor ; ce qui va se traduire par la présence de 7 grattes dont une basse et une sèche, sur l’estrade…

D’une durée de 2h15, le show a soufflé le chaud (souvent) et le froid (parfois). Quelques morceaux plus brouillons et surtout des interludes trop fréquents ont, en quelque sorte, freiné la montée en intensité du concert et empêché d’atteindre une apothéose que le groupe aurait, finalement, méritée…

(Voir notre section photos ici)

(Organisation : l’Aéronef)

Setlist

  • We never had a chance
  • What happened to them
  • Hold that thought – 1st Fret Capo
  • Forgotten graves – 1st Fret Capo
  • Who
  • Who dreams of cats? – 3rd Fret Capo
  • That girl suicide
  • Drained
  • Nevertheless
  • Pish – 4 th Fret Capo
  • Anemone
  • Wisdom
  • Jokers
  • Sailor
  • Servo
  • Devil may care
  • What can I say
  • Yeah Yeah
  • A word

 

Seun Kuti

Black Times

Écrit par

Fils du grand Fela et frère de Femi, Seun Kuti trace peu à peu son chemin dans le monde de l’afrobeat qui portera à jamais l’écrasante figure tutélaire de son père. Sur ce 4ème elpee et accompagné d’Egypt 80, le groupe qui accompagnait son aïeul, Seun poursuit le travail de son géniteur à travers ses ‘protest songs’. Armé de son saxo (‘You promise me justice and then you jail the poor/You promise jobs and you close the factory/But there’s always work in the penitentiary’), il brancarde le gouvernement nigérian (« Zombie ») ou le colonialisme américain (« African Dreams »), s’appuyant même sur le concours de Carlos Santana à la guitare (« Black Times ») ou d’Oladimeji Akiyele à la trompette (« Last Revolutionary »). Grâce à ce frondeur ‘Black Time’, la dynastie Kuti réserve à l’Afrique et au monde une belle piqûre de rappel musicale et surtout sociopolitique.

Mick Kolassa

149 Delta Avenue

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Ce vétéran est issu du Michigan, mais il a passé l’essentiel de son existence dans l’Etat du Mississippi. C’est là où son cœur s’est mis à battre au rythme du blues. Il est d’ailleurs surnommé ‘Michissippi Mick’. Il y a quelques années, il s'est fixé à Memphis, où il a rejoint la direction de la Blues Foundation. Son premier elpee, baptisé simplement "Michissippi Mick", remonte à 2014. Depuis, il s’est montré particulièrement prolifique. Début de cette année, il avait ainsi déjà publié "Double standard", un opus réunissant 3 plages chantées en duo. Mick drive aussi son Taylor Made Blues Band, un backing group réunissant quatre musiciens et deux choristes. Cette équipe l’a épaulé, lors des sessions, qui se sont déroulées au sein du studio Ardent de Memphis. En outre, il a bénéficié du concours de nombreux invités. 

Imprimé sur un tempo rapide, "I can't slow down" ouvre la plaque. Chris Stephenson est en verve derrière ses ivoires, alors que David Dunavant, le gratteur du Taylor Made Blues Band, s’autorise un premier envol. Les interventions d’Eric Hugues (NDR : un pote de Memphis), à l’harmo, sont judicieuses, tout au long de "US 12 to Highway 49". Jeff Jensen (NDR : un autre ami de Memphis) apporte sa collaboration à la gratte sur le roots/blues cool et atmosphérique, "Alternative man". Telle une work song, l’intro de "Cotton road" (Trad : la route du coton) est interprétée a capella, avant que le chicagoan Toronzo Cannon ne penne le relais, et signe, en outre, une sortie majestueuse sur ses cordes. Jensen est étincelant sur les siennes, tout au long de "Pullin me down", un blues lent cuivré, au cours duquel il nous gratifie d’un envol remarquable mais parcimonieux. Roots song, "Whiskey in the mornin'" distille une excellente solution sonore. La voix transpire de vécu. Bien inspirés, les musicos soutiennent parfaitement Mick, et tout particulièrement J.D Taylor, l’harmoniciste de Little Boys Blue ainsi que Suavo Jones, l'incroyable tromboniste du Ghost Town Blues Band. La célèbre reprise d’"I don't need no doctor" est traitée au Memphis R&B par la section rythmique et la trompette de Marc Franklin. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "The viper", un compo très dixieland incluant trompette, trombone, clarinette et violon ; toute une instrumentation destinée à bien cerner la voix ébréchée de Kolassa.

 

JW-Jones

Live

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Agé de 38 ans, ce Canadien est probablement devenu l'un des incontestables leaders de la scène blues locale. Ce chanteur/guitariste s'est distingué lors de l'International Blues Challenge de Memphis, en publiant "High Temperature", en 2017, un album considéré comme le meilleur cette année-là. Son premier opus, "Defibrillatin'", remonte à l’an 2000. Ce "Live" constitue son dixième et son premier immortalisé en public. Un concert qui s’était déroulé à la Basoche, au Québec. Pour la circonstance, il était soutenu par la bassiste Laura Greenberg, le batteur Will Laurin et le claviériste Don Cumming. L’artiste a voulu se faire plaisir en n’interprétant que des reprises, dont celles de BB et Albert King, Jimmy Rogers, Howlin’ Wolf ou encore 5 Royales. De bonne présentation ce jeune homme est un brillant guitariste qui a aisément assimilé le style des plus grands avant de les personnaliser. Ce n’est certes pas un chanteur charismatique, mais il y a de quoi se délecter de sa musique…

La version du "Moanin' at Midnight" d'Howlin' Wolf est très rapide et longue (NDR : 10’ quand même !) La guitare de JW occupe tous les espaces et lorsqu’elle se déchaîne, elle parvient à atteindre des sommets ‘hendrixiens’. Vivace, elle reflète toute la verve de Jones, tout au long de la cover du "Early in the morning" de B.B King, une plage qui baigne dans le jazz. Imprimé sur un mid tempo, le "You're gonna need me" d'Albert King (NDR : ce titre figurait sur son elpee "King of the Blues guitar", paru en 1969) constitue un des points culminants de l’opus. Caractérisé par son riff blues/rock, "I don't believe a word you say", un morceau co-écrit par Ben Harper et Charlie Musselwhite, déborde de créativité. Et lors de son medley final, en un peu plus de deux minutes, il parvient à lier 17 morceaux…  Une fameuse performance!

 

Steve Hill

The One Man Blues rock band

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Steve Hill est originaire de Trois Rivières au Québec. Agé de 44 ans, ce chanteur/guitariste/compositeur compte déjà une dizaine d'albums à son actif. Véritable homme-orchestre, il chante, se consacre à la guitare tout en jouant de la batterie à l’aide de ses pieds. Après avoir publié, au cours des dernières années, plusieurs volumes de "Solo Recordings" (Trad : enregistrements solos), il vient enfin d’immortaliser un concert en ‘live’. Le show s’était déroulé à La Chapelle, au Québec, bien sûr ! Fallait quand même s’en douter, il est seul sur les planches…

Le début de l’elpee est bien électrique. Tramé sur un riff blues/rock puissant, "Rhythm all over" permet à Steve de décocher ses premières flèches grâce à la slide. La compo vire ensuite au blues lent, menaçant, alimenté par des cordes largement amplifiées, avant que le tempo, ne reprenne son allure initiale. "The Collector" s'enfonce alors dans l'atmosphère suffocante du Mississippi, une impression entretenue par la slide à la sonorité bien métallique. "Damned" baigne au sein d’un même climat, mais il est davantage fiévreux, l’instrumentation écrasant tout sur son passage. 

Acoustiques, "Tough luck" et "Nothing new" se révèlent particulièrement efficaces et se limitent à la sèche, la voix et un zeste d’harmo. Tout au long des roots "Emily" et "Out of phase", les cordes sont savoureusement traitées au bottleneck.

La fin de set est à nouveau bien électrifiée. A l’instar du puissant "Still got it bad". "The ballad of Johnny Wabo" constitue le sommet de l’elpee. Voix et guitare entrent littéralement en communion et communiquent une belle intensité à la compo qui pénètre au sein d’un univers lugubre, dépouillé, avant la brutale accélération de rythme, moment choisi par Steve pour libérer toute son énergie. Sur sa lancée, déterminé, il embraie par "Dangerous", qu’il chante un peu à la manière du notoire bluesman d'Atlanta, Tinsley Ellis. Et il quitte le podium, après s’être autorisé une reprise flamboyante du "Voodoo child" de Jimi Hendrix. Excellent!

Ghost Town Blues Band

Backstage Pass

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Ce combo est né à Memphis, la ville mythique du blues et du rock'n'roll. Multi-instrumentiste, Matt Isbell en est le leader. C’est également un adepte de la cigar box. Son backing group implique des musiciens talentueux. En l’occurrence le guitariste Taylor Orr, le claviériste Tim Stanek, le tromboniste Suavo Jones, le saxophoniste Kevin Houston, ainsi que la solide section rythmique constituée du bassiste Matt Kramer et du batteur Preston McEwan. La formation s’est forgée une brillante notoriété au fil de ses shows accordés sur les scènes des clubs et des festivals, aux States. On était donc très impatient de connaître un premier enregistrement ‘live’. Il a été immortalisé au Lafayette's Music Room de Memphis (NDR : of course !) Et manifestement, le résultat est de très haut niveau. On pourrait même considérer GTBB comme un jam band capable de prendre le relais du mythique Allman Brothers Band, aujourd'hui à l'arrêt, suite à la disparition des légendaires frères Allman. Le long playing réunit compos signées Isbellet reprises de titres populaires.

La cover du "Come together" des Beatles ouvre les hostilités. Plus speedée que la version originale, elle est colorée par la voix rocailleuse d'Isbell. La singularité de ce set procède de la présence de Suavo Jones, un tromboniste un peu fou, mais pourri de talent ; et ses interventions se produisent tout au long du concert. A l’instar du néo-orléanais "Tip of my hat", de "Givin' it all away", de "One motre whiskey" ou encore de "I need more love". Mais si on compare volontiers le GTBB à l’Allman Brothers Band, c’est à cause de la vraie complicité entre les deux gratteurs, Matt et Taylor. Et ils le démontrent tout au long de la longue reprise de "Whipping Post" ainsi que sur "Giving it all away" ; mais également lors de leurs nombreux clins d’œil qu’ils adressent à de nombreux groupes ou artistes rock qui ont marqué les seventies. Comme lors du "Norvegian wood" des Beatles, du "Whola lotta love" et "Rock'n'roll " de Led Zeppelin, du "You can always get what you want" des Rolling Stones ou encore du "Walk on the wild side" de Lou Reed. Le Ghost Town BB est vraiment taillé pour le ‘live’. Il casse littéralement la baraque. Bien vite qu’il passe par l’Europe. On adore !

 

Big Apple Blues

Manhattan Alley

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Né en 2012, le Big Apple Blues est un groupe… new-yorkais pardi ! Le line up réunit pourtant des musicos qui ont de la bouteille. Ainsi Zach Zunis, le guitariste, et un ex-membre des backing groups de William Clarke, Rick Holmstrom, Lester Butler et Janiva Magness. Jim Alfredson, le claviériste, drive THEO, un combo de prog. Bobby Harrison, le batteur a milité au sein Shemekia Copeland, mais a également joué auprès de Johnny Copeland. Préposé à la basse, Admir Hadzic, alias Dr Blues, en est le leader. Et Anthony Kane, le chanteur et harmoniciste. Son premier opus "Energy", remonte à 2015. Il décrivait une journée dans la vie de la grande cité de New York…

Première constatation, si Anthony Kane est bien crédité sur les notes de la pochette, l’album et intégralement instrumental, donc ne contient aucune partie vocale, mais ne recèle pas davantage de trace d’harmonica. Bizarre… 

L’essentiel de cet LP propose des morceaux de r&b dansants et captivants. A l’instar de "Happy" et surtout "The two", au cours des quels les échanges entre orgue Hammond et piano électrique, sont bien balisées par des percus luxuriantes. Le long playing recèle quelques plages lentes, dont "SDW", judicieusement coloré par un sax bien intégrée, et surtout "Love as I know it". A cause de cette mélodie imparable et puis de la guitare de Zach qui éclate à l'avant-plan. Enrichi par le concours du saxophone de Chris Eminizer, "You gotta start somewhere", morceau qui ouvre l’elpee, consomme un funk bien nerveux. Du funk qui contamine également trois autres titres, "Deep talkin'", "Subway rumble" et surtout "Steamroller", ce dernier se distinguant à nouveau d’une chouette mélodie, alimentée par des cordes très chiadées un sax omniprésent. De bonne facture, cet LP s’achève par « Rock on », un rock’n’roll (NDR : of course !), généreusement tapissé par l'orgue Hammond de Jim Alfredson…

 

Palatine

Grand Paon de Nuit

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Aussi mystérieux que l’inquiétant empereur Palpatine de la saga Stars Wars, Palatine signe un premier album d’un étrange titre : « Grand Paon de Nuit ». Mais bon sang ne saurait mentir : le quatuor a déjà fait ses armes en première partie de Dominique A ou Feu ! Chatterton. Excusez du peu ! Entre interprétations françaises et anglaises, les jeunes Parisiens semblent en tout cas aussi lettrés que ces derniers. Grâce à des textes énigmatiques et poétiques (« Comme Ce Rouge me Plaît ») portés par la voix précieuse de Vincent Ehrhart-Devay et une instrumentation folk/rock raffinée par de la reverb et des pédales, Palatine entraîne la chanson française vers des contrées décalées et romantiques. A découvrir absolument…

Poppy

Poppy barbie asiatique pour public juvénile…

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Plus ou moins 200 personnes s’étaient déplacées au Botanique pour assister au spectacle (?!?!?) de Poppy, programmé au Botanique. Juvénile, boutonneux, ce public est essentiellement constitué de jeunes midinettes. Il y a bien quelques trentenaires, mais ils ne sont guère nombreux.

De 20h00 à 20h45, place au ‘Warm Up’ (Trad : échauffement). Il se limite à une playlist qui défile. Derrière la table, il n’y a pas un chien ; seul un technicien se charge du light show. Au bout de trois quarts d’heure, soit en accusant 20 minutes de retard, le set de l’Américaine peut commencer…  

Moriah Rose Pereira, aka Poppy, est auteure/compositrice/interprète/vidéaste. Elle est née à Boston, a grandi à Nashville, avant de s’installer à Los Angeles, en 2014, afin de poursuivre sa carrière musicale. Si ses clips cartonnent sur Youtube, elle le doit aussi à son collaborateur Corey Michael Mixter, alias Titanic Sinclair. Ensemble, ils ont réalisé une ribambelle de vidéos promotionnelles au contenu abstrait. Et en ‘live’, c’est lui qui se charge de tout l’aspect technologique du set, se postant derrière les ordinateurs sur la table placée à gauche de l’estrade. Un écran est planté au milieu du podium. Des effets de lumières créent un triangle pivotant et sont projetés sur cet écran qui mentionne les mots ‘Poppy Computer’ quand il n’affiche pas l’effigie voire l’image de Poppy. La gonzesse débarque sur les planches, tout de rose vêtue, mais porte-jarretelles et corset à damiers et les cheveux décolorés en blonde platine. Finalement, on dirait une poupée (NDR : qui a dit poppy ?) barbie, mais asiatique. Elle est accompagnée de deux danseurs blacks à la chorégraphie plus que pointue. On dirait un show de Lady Gaga, lorsqu’elle était encore débutante. Bien qu’âgée de 23 printemps, elle n’en paraît que 15. Mi-humain, mi-androïde, son look est désespérément androgyne. Elle va nous proposer de larges extraits de son premier elpee « Poppy Computer », gravé l’an dernier, mais également de son prochain opus « Am I A Girl », qui paraîtra fin de ce mois d’octobre. C’est d’ailleurs sous ce titre que cette tournée a été planifiée.  

Le set débute par « In A Minute ». Les premiers rangs commencent déjà à danser sur le rythme des machines. Des machines qui produisent également de la musique addictive ! Une électro/pop sur laquelle vient se poser la voix douce, enfantine et haut perchée de Poppy. Mais toutes les compos se ressemblent. Avant d’attaquer « Microphone », elle et les deux danseurs viennent choper les téléphones portables des aficionados agglutinés aux premiers rangs. Au bout de 30 minutes, il ne reste plus que 3 chansons. Artificiel, ce show destiné aux ados immatures aura duré trois-quarts d’heure. Un réel foutage de gueule ! On est bien loin des prestations d’Anne-Marie, de MØ ou encore de Zara Larsson.

(Photo : JP Daniels)

Setlist : « In A Minute », « My Style », « Interweb », « Bleach Blonde Baby », « I’m Poppy », « My Microphone », « Chic Chick », « Time Is Up », « Fashion After All ».

Rappel : « Lowlife », « Money ».

(Organisation : Botanique)

 

Mélanie Isaac : un premier EP révélation

Un charme sombre, à la fois moderne et vintage : voilà ce qui se dégage de ce nouvel EP, « L'Inachevée », que l'on doit à une des révélations récentes de la chanson française.
 
Originaire des Ardennes belges, Mélanie Isaac a posé piano et guitare à Bruxelles il y a dix ans. Elle évolue alors au sein de différentes formations où elle écrit, compose et interprète, et remporte, en 2012, la Biennale de la Chanson Française (Le parcours Francofaune de l’époque) au Cirque Royal.
 
Aujourd’hui, après une longue gestation, son enfant est né. L'EP, intitulé « L’Inachevée », a été enregistré entre Bruxelles, Manchester et Gand, avec l’aide de James Doviak (Johnny Marr, The Smiths), Reinhard Vanbergen (Das Pop, The Van Jets) et Franck Baya (Françoiz Breut, Saule).
 
En janvier dernier, l'artiste avait déjà dévoilé un excellent premier titre, « Comme des loups », une chanson à l'atmosphère hypnotique, illustrée par un superbe clip, tellurique, réalisé avec François Pirot en plein coeur des Ardennes.
 
Aujourd'hui, on découvre avec ravissement les quatre autres compositions. La voix voluptueuse de la chanteuse est comme une invitation dans un rêve sensuel. On oscille avec plaisir entre Barbara, Radiohead, Fishbach, Françoise Hardy, Mélanie de Biaso et Dominique A. Le son est ample et d'une impressionnante clarté ; il évoque un univers rétro-futuriste, moderne et en même temps délicieusement 'vintage'.
 
« Jamais Sans Raison », par exemple, surprend par ses vagues de synthétiseurs, sur lesquelles la voix cristalline de Mélanie glisse avec douceur. La plage titulaire ondule dans les contours d'une « indie-pop » racée et ensorcelante, évoquant par moments The Beach House. La maîtrise vocale dans « Désabusée » est frappante et « Qui Es-tu ? » brille par ses arrangements électroniques audacieux, dans lesquels se love le chant murmuré de Mélanie. En un mot comme en cent, cet EP est une réussite totale, comme une parenthèse émerveillée traversée par la marque d'une élégance rare. Une révélation !
 
Mélanie Isaac sera en concert sur la scène de la Rotonde, au Botanique, le 14 octobre prochain. Pour réserver, c'est ici

Pour regarder les vidéos:

L'album est disponible en format CD sur les différentes plates-formes (Bandcamp,...).

Mélanie Isaac sur Facebook

Photo de l'album par Raphaël Lugassy

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C‘est ici que l'écrivain et poète américain Jack Kerouac venait se ressourcer. LYLAC y a composé une musique inspirée de cette route serpentant le long de l’océan. Des baleines croisent au large et envoûtent par leur puissance tranquille.

Égrainé d’images ramenées de ce road trip californien, le vidéoclip nous emmène sur la mythique Highway 1 … Alors, il n’y a plus qu’à embarquer pour un été indien aux couleurs de liberté !

Un extrait ici .

 

Ses prochains concerts :
14-10-2018: Sieste acoustique / Ferme du Biéreau - Louvain-La-Neuve
20-10-2018: Café de la Rue - Bruxelles
17-11-2018: L'An Vert - Liège