New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Kim Wilde

Here come the aliens

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Quand on évoque Kim Wilde, on pense immédiatement à « Cambodia », « You keep me hangin’ on » et bien sûr « Kids in America ». Des tubes qui ont marqué la première moitié des eighties. Entre 95 et 2005, elle va prendre une longue pause pour élever ses enfants. On ne peut pas dire que son come-back sera fracassant, mais il tient honnêtement la route. Entre-temps, elle se lance dans l’horticulture, publiant sur ce sujet, des bouquins, des articles dans la presse et présentant même l’émission ‘Garden Invaders’, à la BBC, dès 2001.

Elle est donc repartie en tournée, périple qui passait d’ailleurs par le W-Fetival, en août dernier. Et puis vient de publier un nouvel elpee, « Here come the aliens », un disque pour lequel elle a reçu le concours de son frère, Rick Wilde, à la production, ainsi que sa nièce, Scarlett.

Particulièrement entraînant, l’électro/pop « 1969 » traite d’un cataclysme écologique que seul les extraterrestres pourraient éviter. C’est le seul véritable titre intéressant du long playing. Le reste oscille entre bubblegum (Spice Girls, Abba ?), pop mièvre, hymnes contagieux mais déjà entendus et chansons dignes de l’Eurovision. Il y a bien quelques bonnes interventions de gratte et surtout une superbe ligne de basse tout au long de « You’re t’il the end » (Mike Karn ?), mais en général ces excellentes dispositions sont rapidement noyées dans l’expression sonore générale. Un single aurait suffi.

Le Sinner's Day 2018 prend ses quartiers à Genk

Cette année, la new-wave souffle ses 40 bougies. Après le W-Festival, en août dernier, à Amougies, c'est au tour du festival Sinner's Day de célébrer ce jalon majeur de la musique moderne. C'est le 1er décembre, à Genk, au Limburghal, que la grand-messe 'dark' se tiendra. Le lineup fera la part belle aux classiques intemporels tels que John Cale, Gang of Four et GBH mais fera également un peu de place pour la nouvelle génération, avec Cocaine Piss et Whispering Sons.
 
Cerise sur le gâteau, le précurseur du punk, Wayne Kramer, un des co-fondateurs du légendaire MC5, sera présent pour jouer intégralement l'album 'Kick out the Jams'. Il sera accompagné par le supergroupe MC50, qui comprend des membres de Soundgarden et Fugazi. Encore une dernière nouveauté : une des deux scènes sera exclusivement dédiée aux formations et artistes belges.
 
Les dix premiers noms à l'affiche :

MC50 * JOHN CALE * GANG OF FOUR

WHISPERING SONS * GBH

WOLFGANG FLÜR (ex-KRAFTWERK)- DJ set

COCAINE PISS * CLAW BOYS CLAW

O VEUX * FUNERAL DRESS

 

 

Billets: €49,50 (frais compris)

www.sinnersday.com

 

Un chéri bancal ...

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Quatre folies douces. Quatre électrons libres. Quatre furieux et délicats esthètes.

Bancal Chéri est un authentique groupe récréatif, unissant jusqu'à les entremêler les gouailles, mélodies, désirs et artisanats de chacun.

Quatre forces vives sur un même trampoline : l'instinct animal de Dimoné, les vertiges amoureux de Nicolas Jules, la dangerosité carnassière de Roland Bourbon, l'incandescence insoumise d'Imbert Imbert.

Un extrait ici afin de vous familiariser avec cet univers.

 

 

Un sacré collectif !

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La chanson, le reggae, le hip hop, le rock... tout se téléscope dans ce bouillon de culture(s) !

Le Collectif 13, c'est une tribu bigarrée qui se retrouve et se bouscule autour de valeurs communes : la liberté, la fête le partage et la solidarité.

Une heureuse alchimie composée de de Guizmo, Danielito (Tryo), Mourad Musset (La Rue Ketanou), Gari Grèu (Massilia Sound System), Gérôme Briard, Erwann Cornec (Le Pied de la Pompe), Alee, Syrano, Ordoeuvre, Max (Le p'tit son), Fred Mariolle.

Une place au soleil disponible ici.

 

Baxter Dury, Etienne de Crécy et Delilah Holiday s'unissent !

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B.E.D, pour Baxter, Etienne, Delilah. Respectivement Dury, de Crécy et Holiday. Baxter Dury, le gentleman cabossé, l’extraordinaire gouailleur londonien, l’Anglais archétypique et Etienne de Crécy, l’un des hauts parrains de la French Touch, alliés dans l’aventure d’un album commun : vous n’étiez pas au courant, et nous non plus. Sacrée surprise.

Mais la plus grande surprise est l’instantanée coolitude de cet album. Car B.E.D est cool. Très cool. Vraiment cool. Au sens le plus pur, le plus rare, le plus strict, le moins galvaudé du terme. Il est cool parce qu’il est simple. Cool parce qu’il est honnête. Cool parce qu’il ne ressemble qu’à lui-même. Cool parce qu’il est punk dans l’esprit, primitif dans le geste et, finalement, diablement attirant dans la forme.

Baxter Dury et Etienne de Crécy avaient déjà croisé le fer et les flammes sur le funky et brûlant Family, l’un des titres-phares du Superdiscount 3 du second, paru en 2015. Sans pression, sans plan, dans les interstices de leurs carrières respectives, les garçons ont continué à travailler ensemble, à se retrouver en studio quand ils trouvaient le temps, embarquant dans le projet Delilah Holiday, voix secouée du groupe punk féministe et londonien Skinny Girl Diet. Ils ont continué à travailler. Ou plutôt, comme l’explique Etienne de Crécy dans un rire, "à en faire le moins possible". Car l’idée était ici de revenir à l’os, de se débarrasser des falbalas, de retrouver l’instinct pur, des hommes comme des machines. Allumer un synthé, une boîte à rythmes, trouver un son, un beat, une ligne, ne pas s’en écarter. Faire les choses rapidement, sans se retourner.

Minimaliste et ludique, brut et uppercutant, synthétique et moite, inspiré de manière lointaine par le rudimentaire des beats de Sleaford Mods, B.E.D invoque les danses congelées du New-York des années 80 ou le Berlin sous néons de la décennie précédente. Il est l’écrin parfait pour les histoires tordues et la poésie crue de Baxter Dury, pour les va-et-vient constants entre la gorge profonde du Londonien, formidable storyteller et crooner acide et celle, pas moins abyssale, de la révélation Delilah Holiday, vénéneuse comme Jennifer Charles d’Elysian Fields ou canaille comme Amy Winehouse. "Faire beaucoup avec peu" : dans cet adage simple réside toute la beauté, surprenante et captivante, de l’album du trio.

Découvrer “White coats » ici.

Grand Blanc s'envole et marque l'une des sorties phares de la rentrée!

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Après avoir assuré les premières parties d'Indochine, Grand Blanc dévoile aujourd'hui son nouvel album.

Alors qu'il marquait les esprits en 2016 avec la sortie de son premier album 'Mémoires Vives', le quatuor de Metz revient et frappe à nouveau un grand coup. Une vague d'incandescence s'abat sur 'Image au Mur'. L'album laisse derrière lui l'atmosphère froide et saisissante de 'Mémoires Vives' pour une approche plus légère et vaporeuse.

Réelle invitation à l'évasion introduite par le single 'Ailleurs' suivi de 'Belleville', ce nouvel album propose une pop française décomplexée et toujours aussi subtile.

Grand Blanc s'élève, grandit, prend de la hauteur et s'affirme sans toutefois perdre pied. Authentiques et élégantes, les voix de Benoit David et Camille Delvecchio s'entremêlent pour un résultat toujours aussi percutant.

Au programme, 12 titres éclectiques et innovants. Le groupe n'hésite pas à revenir vers un style qu'on lui connait bien comme sur le morceau 'Isati' mais tend néanmoins à s'éloigner des étiquettes trop persistantes.

Grand Blanc vogue vers de nouveaux horizons. Alors que 'Dans la Peau' et 'Rivière' proposent une approche ancrée pop/rock, 'Rêve BB Rêve' s'oriente quant à lui vers le hip hop des 90's.

Entre continuum et rupture, 'Image au Mur' est à la hauteur de toutes les attentes.

"Ailleurs" en écoute ici.

 

 

Douce Jane ...

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Auteur-compositeur-interprète, Christel Mignolet alias Sweet Jane, a déjà une belle carrière derrière elle.

On se souvient de « Little Bird » (1999), « Full Moon » (2003) et « Time Away » (2014), trois albums pop-rock qui lui ont ouvert les plus belles scènes de Belgique et des premières parties d’artistes tels que Sophia, Echo & The Bunnymen, Calexico, Mark Eitzel…

Elle revient avec un quatrième album, « The Roots Of Her Soul ». Ce nouvel album, produit avec l’éternelle complicité de Rudy Coclet et dont les arrangements sont co-signés par Sweet Jane, Calogero Marotta et Sacha Toorop, sort le 12 octobre prochain.

Cet album, né lors d’un voyage en Australie, s’inspire des couleurs et des odeurs de ce pays lointain afin d’y tisser l’histoire d’une belle aborigène au parcours initiatique.

Sur cet album, vous retrouverez tout ce qui fait le charme de Sweet Jane. Une pop-folk indie tout en douceur et quelques titres aux arrangements plus surprenants dont ce premier single, « In The Ray Of Light », sorti en digital le 14 septembre accompagné d’une vidéo étonnante et charmante que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

 

 

Xavier Rudd

Un cow-boy rasta dans la peau d’un kangourou…

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Xavier Rudd est programmé trois jours à l’AB. Et tous les concerts sont sold out. Ce lundi 17 septembre constitue sa première date. Pour cet Australien, le monde est sa maison. Engagé et sensible à l’environnement, il a conscience que notre planète, à qui il voue un profond respect, doit nous survivre pour toute une éternité. Multi-instrumentiste, il joue aussi bien des percus, de l’harmo, de la gratte (NDR : de préférence une Weissenborn) que du didgeridoo (NDR : plus exactement le yirdaki). Il vénère d’ailleurs la culture aborigène…

Newton Faulkner assure le supporting act. Ce Londonien milite dans la tradition de troubadours, comme Jackson Brown ou James Taylor. Mais il est davantage atypique. D’ailleurs, il lui est arrivé de jouer dans une montgolfière.

Seul sur les planches, il se sert de deux guitares semi-acoustiques et d’une loop machine. Sa voix est capable d’osciller du grave à l’aigu. Son humour décontracte instantanément l’auditoire. Barbu à dreadlocks, il pratique le picking à 3 doigts. C’est sa spécialité ! Il est venu défendre son dernier et sixième opus, « Hit The Ground Running ». Tout au long des deux premiers morceaux, il étale sa technique à la six cordes ; et son toucher est imparable ! Il frappe sur le bord de sa gratte et l’insère dans une boucle pour « Smoked Ice Cream », et en couches, le résultat est impressionnant. C’est d’ailleurs suivant cette méthode qu’il construit chaque piste, à tel point qu’on a parfois l’impression qu’il est soutenu par un véritable orchestre. Dans un français hésitant mais tellement touchant, il lance ‘Bruxelles, bonjour, ça va, une petite chanson. OK.’  Ce qui déclenche l’hilarité dans la fosse. Le sommet de son set est atteint lors de sa version du « Bohemian Rhapsody de Queen (voir vidéo ici)

A vous flanquer des frissons partout ! Une excellente mise en bouche… (Pour les photos, c’est là)

Trois musicos montent sur l’estrade. Terepai Richmond, une jolie drummeuse (percus organiques et pads électroniques), le bassiste Yosef Haile et le claviériste/ Ian Peres. Avant que ne débarque à son tour Xavier Rudd, pieds nus, sous un tonnerre d’applaudissements. Tout au long de ses 2h40 de show, il va nous entraîner au cœur des déserts et bush australiens, mais également sur les plages ensoleillées de Kingston ainsi qu’au Far West. En quelque sorte un cow-boy rasta dans la peau d’un kangourou…

« Honeymoon Bay », extrait de « Storm Boy », son dernier album, ouvre le concert. La scène est plongée au sein d’une pénombre bleutée, mais passe au rouge dès les premiers accords de gratte. La foule frappe déjà dans les mains. Chaleureux, souriant, Xavier attire immédiatement la sympathie, et lui demande : ‘How are you feeling ?’. Les faisceaux lumineux inondent alors la fosse. En fin de morceau, il empoigne un didgeridoo, l’exhibe devant l’auditoire qui s’enthousiasme déjà, et en extrait des sonorités sourdes ou stridentes. Xavier lève le poing vengeur. Terepai et Yoseff frappent sur des percus. Rudd semble cependant apprécier les moments de pause. « Rusty Hammer » nous transporte vers les plages ensoleillées de la Jamaïque, et ce morceau met ‘La Faya’. Et lorsqu’il souffle dans son harmo, alors que Ian tapisse l’ensemble de son orgue Hammond, on ne peut s’empêcher de penser au regretté Bob Marley, flanqué de ses Wailers. L’auditoire reprend le refrain en chœur, alors que Rudd cale sa gratte dans son dos et invite le public à battre des mains. Dans le même registre, mais sur un tempo plus paisible, direction Kingston pour « Come let go ». Le natif de Torquay s’assied, pose sa gratte sur les genoux et la joue en slide, l’harmo toujours au bord des lèvres. Un titre qui communique de bonnes vibrations et l’artiste le souligne. Il demande alors de lever les bras…

En général, ses compos originales sont étirées et les versions ‘live’ peuvent atteindre 8 bonnes minutes. Faut dire que les musiciens improvisent régulièrement. L’expression sonore dérape même parfois dans le psychédélisme. Et lorsqu’elle est découpée dans les riffs graisseux et huileux, le spectre de Jimi Hendrix se met à planer. Outre Bob Marley, c’est une des ses références majeures, Ben Harper et Jack Johnson constituant ses deux autres. Tout au long du set, le bassiste va brandir un drapeau aborigène. Xavier profite de « Follow The Sun », morceau de clôture, pour présenter ses musiciens, moment choisi par chacun d’entre eux pour se réserver un long solo. Mais également, au cours duquel la claviériste s’installe derrière les fûts, alors que Terepai exécute une danse africaine en se consacrant au djembé.

Lors du premier rappel, Rudd va démontrer que c’est un virtuose du didgeridoo, mais qu’il est également capable de jouer des drums en même temps, tout au long de « Lioness Eyes » (NDR : pour vous en rendre compte, vous pouvez cliquer ici). Un concert dont l’intensité émotionnelle atteint alors son paroxysme et vous communique une bonne dose de bonne humeur pour le reste de la semaine… (Pour les photos, c’est ici)   

Setlist : « Honeymoon Bay », « Rusty Hammer », « Come Let Go », « The Mother », « Feet On The Grand », « Come People », « Fly Me High », « Storm Boy », « Messages », « Gather The Hands », « True Love », « Walk Away », « Bow Dawn », « Follow The Sun ».

Rappel : « Lioness Eyes », « Best That I Can », « Spirit Bird ».   

The Celtic Social Club

A new kind of freedom

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Bienvenue en Bretagne ! Là où la musique celtique est reine. Digne représentant du genre, The Celtic Social Club réunit bien évidemment des musicos du cru, mais également issu du reste de l’Hexagone, mais également d’Ecosse. Sans oublier les invités qui ne jurent que par la foi celte. Chevilles ouvrières du projet, Manu Masko et Jean-Pierre Riou ne sont pas des néophytes. Il ont même déjà bien roulé leur bosse ou plus littéralement brassé un breuvage similaire, notamment au sein de leur ancienne formation, Red Cardell. Ce collectif et celui de Buena Vista Social Club (NDR : cubain, faut-il le rappeler) ont un patronyme analogue. Et une démarche parallèle. Dans l’esprit, bien sûr ! Parce qu’ils cherchent à populariser un style musical, en y apportant des touches personnelles et contemporaines. En outre, pour mettre en forme cet LP, le band a bénéficié du concours d’un producteur notoire, en l’occurrence L’Irlandais John Reynolds (Sinéad O'Connor, U2, Brian Eno, Chieftains…)

Le titre maître ouvre la plaque, un titre punk/ska enrichi par le banjo et l’accordéon, qui lorgne manifestement vers Rancid. Entre ballades brumeuses (« Dream to believe in », « Aliens ») et plages davantage allègres (« Lucy Wan », « A dub for black donald »), on est plongé dans une ambiance d’un bon pub chauffé à blanc. Mais ce sont les pistes les plus tribales, comme « Hoolieman » ou en final, « After the fall », qui se révèlent les plus intéressantes. Et pour cause, elles affichent un feeling artistique breton et exploratoire qu’on retrouve, par exemple, chez Familha Artus, au sommet de sa forme…

Un chouette album à écouter, les longues soirées d’hiver, au coin d’un feu de bois, tout en sirotant une bonne bouteille de whisky (ou d’hydromel, selon) entre amis…

Hot Snakes

Jericho sirens

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Il a fallu attendre quatorze ans pour que la troupe originaire de San Diego décide enfin de se réunir pour nous livrer un quatrième album. Cette décision, certainement motivée en partie par la proposition du légendaire label de Seattle, Sub Pop, devrait ravir les adeptes de punk-hardcore. Et bonne nouvelle, l’attente en valait la peine.

Toujours emmené par le mythique duo réunissant Rick Froberg (guitare, voix) et John Reis (guitare), Hot Snakes revient donc aux affaires en publiant « Jericho Sirens », un opus d’une efficacité redoutable. Dix morceaux en une demi-heure. Aucun répit à déplorer tout au long de ce quatrième essai. Dès les premiers riffs de « I Need a Doctor », les quinquagénaires démontrent qu’ils n’ont rien perdu de leur savoir-faire. Une plage qui donne le ton au long playing ! Si l’énergie est toujours bien présente, le band est également capable de ralentir le tempo afin de torcher des mélodies accrocheuses, à l’instar de l’excellent « Six wave hold-down ».

Le retour aux affaires des Californiens est une réussite. Hot Snake n’a pas pris une ride ! Espérons simplement qu’il ne faudra pas attendre une autre décennie avant de voir naître un successeur à « Jericho Sirens ». Mais avant de penser à la future et hypothétique discographie du combo, il serait sans doute intéressant d’aller voir ce qu’il a dans le ventre, lors de son concert, qui accordera à Courtrai (au Wild Westen), ce 18 octobre prochain...

 

Billy Hector

Some day baby

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Originaire d’Orange, dans le New Jersey, Billy Hector a accompli ses débuts à la fin des 70’s, au sein de The Shots. Au cours des eighties, on le retrouve, chez les Fairlaines. Ce chanteur a enfin fondé son Band, en 1993. Il ne faut cependant pas oublier que Billy a été guitariste de tournée pour des célébrités du blues, et tout particulièrement Hubert Sumlin, qui a été le gratteur attitré de Howlin' Wolf et Joe Louis Walker. Sa discographie est conséquente, ce "Some day baby" constituant probablement son 15ème album. 

Dynamique, "Wizard Of Babylon", le titre d’ouverture, est une petite perle de r&b. La section de cuivres en impose et l’intro à la guitare est belle à pleurer. Pour la circonstance, Billy me rappelle le grand Mike Bloomfield lorsqu’il était soutenu par l’Electric Flag. Plus blues, "Someday baby" adopte un même tempo. La section rythmique libère un groove incroyable. En écrasant ses pédales sans ménagement, le leader prend à nouveau son envol. Si le blues est privilégié, certaines pistes optent pour d’autres styles comme le funk ou le r&b cuivré et dansant. En outre, BH s’attaque impeccablement à deux traditionnels. Tout d’abord "Alabama Bound" que Billy chante auprès de Suzan Lastovica. Particulièrement soignée, l'instrumentation y met en exergue les échanges entre la slide et l'harmonica du notoire Dennis Gruenling, invité pour la circonstance. Puis "On your bond", une plage au cours de laquelle la slide s'épanouit au cœur des cuivres. Caractérisé par des envols somptueux aux cordes, "Hit the road" et "Whiskey" sont deux excellent blues lents. Enfin, le titre qui se détache de l’ensemble, "Moonlight in her eyes", est un blues nerveux et très rythmé balisé par une section rythmique très soudée. Mr Hector libère ses cordes particulièrement acérées. Soigneusement construite, la compo est enrichie, en finale, par celles du New Retro Strings. Impeccable !

 

Hayseed Dixie

Free your mind… and your grass will follow

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Hayseed Dixie est issu du fin fond du pays de l’Oncle Sam. Et son patronyme –né d’une prononciation yankee d’AC/DC–ne trompe pas : il pratique du bluegrass. Il s’est d’ailleurs fait connaître, début du millénaire, en publiant un album constitué de reprises du band australien…

Quinzième elpee de la formation, « Free your mind… and your grass will follow » recèle à nouveau des covers, preparées dans le même esprit, mais de combos ou artistes différents. Ainsi, l’opus s’ouvre par une adaptation très rythmée du « Buffalo soldier » de Bob Marley. A contrario, « Oliver’s Amy » est beaucoup plus proche de la version originale d’Elvis Costello. Faut dire que le leader affiche un timbre vocal très proche du Londonien. Et tout au long du « Black or white » de Michael Jackson, l’afro pop et le folk américain font paradoxalement bon ménage… 

Cependant, ce sont les compos signées par le band qui se révèlent les plus intéressantes. Parce qu’originales. A l’instar de « So quickly we forget » ou du final « Ain’t no country big enough », deux véritables hymnes à l’ouverture. Sans oublier les ballades qui sentent bon le Tennessee natal, des pistes au cours desquelles le rockgrass se distingue par ses chœurs, alors qu’un banjo catalyse l’ensemble, en arrière-plan…

Hayseed Dixie se rapproche du cap des 1 500 dates de concerts à travers le monde. Il s’était déjà illustré lors d’un passage remarqué, dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines, en 2011, et celui de Dranouter, en 2016…

Alastair Greene

Live from the 805

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Alastair Greene s'est forgé une solide réputation au cours de ces dernières années. Il drive avec bonheur son propre trio de blues rock, au sein duquel il chante, compose et joue de la guitare. Il vit à Santa Barbara, en Californie. Agé aujourd’hui de 47 ans, il est passé du piano au saxophone, avant d’opter pour la gratte. Il a côtoyé le célèbre producteur anglais Alan Parsons. Son Alastair Greene Band compte désormais plus de vingt années d'existence. Son dernier elpee, "Dream train", date de moins d'une année. Et son nouvel essai est live et double. Il a été immortalisé au Soho Music Club, chez lui, à Santa Barbara et réunit vingt titres, pour la plupart, issus des deux derniers opus studio, "Dream Train" et "Trouble at your door". Son backing group implique le bassiste Jim Rankin et le drummer Austin Beede. La formule trio favorise des envols d'un bout à l'autre du concert. Un set homogène, mais d’où émergent quelques titres. 

Et tout particulièrement, sur le premier compact disc, "Big bad wolf", un boogie dominé par la voix, mais dont les interventions de guitare sont très susceptibles de rappeler un autre trio, mais notoire, ZZ Top! Lors de "Say what you want", le tempo est imprimé sur celui du célèbre Bo Diddley, par Austin Beede. Il est mid tempo sur le "Love so strong" d’Albert King, et Alastair s'y révèle aussi insatiable qu’infatigable. Enfin, la slide est vraiment impressionnante tout au long de "Down to Memphis". 

Les musicos sont maintenant ‘chaud boulette’. Blues/rock, "Dream train" est emporté par le rythme du chemin de fer ; et la slide est à nouveau indomptable. "Back where I belong" est sculpté dans du boogie pur et dur. Blues lent, "Last train around the sun" lorgne à nouveau vers ZZ Top. Swamp blues rock, "Love you so bad" se signale par ses cordes intarissables, trempées dans la reverb. Sommet de l’œuvre, "The other way" se distingue par une longue intro exécutée par la basse de Jim Rankin, avant que singulières, les cordes pénètrent au sein d’un univers, autrefois hanté par les Doors, à l’époque de "L.A Woman". Superbe!

Carolyn Fe

Sugat KO

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Cette chanteuse/compositrice/actrice est originaire de Manille, dans les Philippines, mais elle vit à Montréal au Canada. Danseuse professionnelle au départ, elle devient actrice, tout en se consacrant à une carrière musicale, en drivant DD Swank, un groupe pour lequel elle choisit comme pseudo Mama B. Elle chante alors en français, anglais ou espagnol. Dès 2009, elle tente l’aventure en solo, comme chanteuse de blues, et publie l’Ep "Carolyn Fe 100%". En 2011, son album "Original Sin" décroche plusieurs prix, chez elle, au Québec.

"Sugat KO" constitue son quatrième opus. En dialecte philippin, "Sugat KO" signifie ‘ma blessure’ !

"One minute to midnight" ouvre paisiblement l’elpee, une chanson folk tissée dans les cordes  acoustiques et –plus discrètement– électriques, que se réserve Jean-François Hemel. Une formule reconduite tout au long de "Nothin' doin'". Changement radical de style pour "I can't breathe" et "Bring you water", deux blues/rock classiques, largement amplifiés. Tapissées d’arrangements atmosphériques, les deux pistes se distinguent par leurs excellents échanges de cordes. "Sugar" et "Howzat" constituent les deux meilleures plages du long playing. Sur la première, Miss Fe déclame au cœur d'un environnement déjanté au sein duquel s’enfoncent les deux guitares bien allumées. Blues/torturé, la seconde semble tourner au ralenti. La voix émerge d’un faisceau de grattes tourmentées et déglinguées, au cœur duquel une slide meurtrière finit également par jaillir. "Jerusalem's thorns" est interprété presque a cappella par deux voix féminines ; seules les percussions lugubres de Brandon Goodwin plantent le décor sonore. Le très lent "All that matters" baigne paradoxalement au sein d’une forme de douceur, mais aussi de torpeur, un morceau dépouillé qui laisse cependant filtrer des cordes subtiles et fragiles…

 

Catherine Ringer

Chroniques et fantaisies

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Catherine Ringer et Fred Chichin ont marqué les esprits à bien des égards ! Le duo formé au sein des ‘Rita Mitsouko’ était l’un des plus populaires dans les années 80’, grâce à des titres  totalement décalés tels que « Marcia Baïla », « C’est comme ça » ou encore « Andy ».

Une décennie après la mort de son comparse en 2007 et une vie intensément vécue, la taulière n’a pas pour autant délaissé le micro.

Bien au contraire ! Son deuxième album solo, « Chroniques et fantaisies », résume parfaitement toute l’amplitude incongrue, libertaire et hétéroclite de l’ouvrage.

Se muant en véritable chef d’orchestre, Cath signe les douze chansons de l'album, paroles et musiques. Lorsqu’elle ne joue pas aussi de la gratte, du piano, de la flûte, de la basse tout en accueillant son fils, Raoul Chichin, guitariste du groupe Minuit, aux cordes électriques sur les morceaux les plus rock. Simone Ringer, sa fille, a également participé aux sessions…

Explorant différents genres musicaux rappelant parfois joyeusement les années prospères et aiguisées, à l’instar de "Intermitent Lover", dont l’accent est encore mal maîtrisé, mais copieusement léché par Azzedine Djelil (producteur et ingénieur du son) ou encore un « Senior » vif et fougueux entre musique électronique et funk hésitant à propos duquel on apprend qu’elle a ‘peur de souffrir et de s'enlaidir’.

Le disque emprunte parfois des détours plus mélodiques comme sur « La Petite Planète » ersatz de pamphlet sur l’état de notre terre, lorsqu’il ne surfe pas sur une vague plus rock (« Fier-À-Bras (Essaouira - Paris) ».

Celle qui affiche désormais la soixantaine aime se laisser transporter au gré d’une plume légère, mais profonde. La force de Miss Ringer réside clairement dans la puissance des textes et une musicalité hybride. Cette frénésie favorise des thématiques parfois drôles, parfois croustillantes ou encore caustiques, mais toujours poignantes.

Plutôt lumineux dans l’ensemble, l’ouvrage se laisse assombrir timidement par une pointe de tristesse mélancolique ; ainsi le formidable "Tristessa" rend un hommage poignant à l’intemporalité des sentiments pour un alter ego disparu trop tôt.

Sans véritable fil conducteur, on se laisse bercer par ce livre ouvert, témoin d’une réflexion, en nous offrant un synoptique intransigeant d’une intensité rarement égalée qui va à l’encontre des standards actuels. Parce que clairement, n’y recherchez pas de tubes, vous n’en trouverez pas ! Ou éventuellement « Como va » ! Mais encore faudrait-il qui soit diffusé sur les ondes radiophoniques…

Cette soupe épaisse devrait plaire aux fans les plus avertis. Quant aux autres, l’anticonformisme de la gonzesse pourrait ne pas faire mouche. Elle affiche une singularité qui n’appartient qu’à elle. Vous êtes prévenus !

 

Ils s’inspirent de tout, gardent le meilleur et l’électrisent ...

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Les Bruxellois de Phoenician Drive sortiront leur premier album le 12 octobre sur Exag Records en Belgique et S.K Records en France.

Phoenician Drive élabore une transe cosmique aux influences multiples et lointaines. Psyché oriental, envolées balkaniques, Krautrock, post-rock, flamenco, jazz, ... ils s’inspirent de tout, gardent le meilleur et l’électrisent. Sur scène ou sur disque, les instruments conventionnels du rock côtoient l’oud, le derbuka, le banjo et la clarinette turque. Plus besoin de repères. Les notions d’Orient, d’Occident disparaissent. La musique n’a pas de frontière ! Phoenician Drive en est la preuve..

En bref, huit titres d’un autoproclamé krautrock transcontinental dont ce “Paradise In My Veins” est à écouter ici.


 

 

 

Ca roule pour Indochine !

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Le célèbre groupe français dévoile un tout nouveau single "Song for a Dream" aux relents rock puissants.

Dans le clip réalisé par Cristián Jiménez, le groupe y célèbre la vie et l'amour.

Ce clip est à découvrir ici.

 

 

Une belle fragilité ...

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La fragilité semble le pendant lumineux de « Toute latitude » ; on y entend, si l’on prête l’oreille, un apaisement, une certaine célébration de la beauté des choses et du monde, une contemplation heureuse de paysages, dont certains remontent à l’enfance.

La fragilité est l’occasion de respirer, et ses textures plus vaporeuses laissent passer quelques brises légères, filtrer des lumières plus tamisées, des teintes plus claires.

Dominique A s’y retrouve seul, comme on souffle après une longue course, et prend son temps.

"Le temps qui passe sans moi" est à découvrir ici.

Beechwood

La musique, c’est notre choix de vie…

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Beechwood et un trio new-yorkais réunissant le bassiste Sid Simons (21 ans), le guitariste Gordon Lawrence (23 ans) et le batteur Isa Tineo (25 ans) ; ces deux derniers assurant également les parties vocales. A l’issue de leur concert accordé à la Cave aux Poètes, de Roubaix, les musicos se sont volontiers pliés à l’exercice de l’interview, sous l’oreille attentive de leur manager, Cynthia Ross (NDR : bassiste de B-Girls, formation féminine de power pop/punk/rock qui a sévi de 1977 à 1981). A leur actif trois albums, dont les deux derniers, « Songs from the land of nod » (voir chronique ici) et « In the flesh hotel », sont sortis respectivement en septembre 2017 et ce 8 juin 2018. Deux opus qui réunit de très bonnes chansons aux mélodies particulièrement soignées et parfois même contagieuses…

Deux long playings en neuf mois, c’est plutôt rare chez un artiste ou un groupe aussi jeune. Mais cette tendance prolifique ne cache-t-elle pas l’envie d’écouler un stock de compos à écouler ?

Gordon réagit : « La majorité des titres du précédent album avaient déjà été enregistrées sous forme de démos. En fait, on est tout le temps occupés d’écrire. Et vu cette activité, on est constamment forcé d’accomplir des allers-retours entre la route et le studio. En général, on compose le week-end ; et on a d’ailleurs déjà les morceaux du prochain album. Qu’on enregistrera, fin de cette année… » Faut croire qu’ils ne dorment jamais. La réponse d’Isa fuse : « Jamais ! On dort quand on est fatigués… » Le père d’Isa bossait dans le business de la musique. Il disposait d’une fameuse collection de disques. Fatalement, il a dû puiser ses sources d’inspiration en les écoutant. Mais cette culture, l’a-t-il partagée avec ses amis, et tout particulièrement Sid et Gordon… Il acquiesce : « C’est exact. J’ai moi-même une belle collection de disques. Mais tout jeune, je n’avais qu’à piocher dans celle de mon paternel… » Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Junkyard Ju-Ju –au départ batteur de formation– qui milite toujours au sein du duo de hip hop aux influences latines, Beatnuts, en compagnie de Psycho Les… Il poursuit : « Et puis j’ai pu assister aux sessions d’enregistrement. Ce qui m’a permis d’observer son fonctionnement et d’acquérir de l’expérience dans ce domaine. Et je suis reconnaissant à mon père de m’avoir fait découvrir cet univers de la musique. Et cette expérience, j’ai pu également en faire profiter mes potes, et bien sûr Gordon. Ce qui n’a pas été difficile, car il en avait déjà acquise une, de son côté… »

Le trio apprécie un large spectre de groupes ou d’artistes. Mais c’est la scène de Detroit qui semble inspirer d’abord ces musicos. Depuis Son House aux Stooges, en passant par les Stooges, MC5 et les White Stripes... Sid confirme « Oui, oui, les White Stripes ! » Gordon reprend le crachoir, parfois d’une voix qui devient de plus en plus caverneuse : « En fait, aujourd’hui, c’est à Detroit que tout se passe. A New York, la scène est plus underground. Mais on n’est cependant pas hermétiques. On aime également la musique qui vient d’Angleterre. On est ouvert à tout… » Le combo a ainsi adapté le ‘I’m not like everybody else’ (Trad : ‘Je ne suis pas comme tout le monde’) des Kinks, un titre qui figure sur « Songs from the land of nod ». Gordon explique pourquoi le combo a choisi cette cover : « C’est une chanson que je voulais reprendre quand j’étais ado. Mais aujourd’hui on peut plus facilement se connecter aux paroles. Au message. Ce n’était pas toujours le cas, à l’époque… » Et quand on les compare aux Troggs, mais un Troggs à la sauce contemporaine, les musicos estiment que c’est un compliment, et que votre serviteur a touché leur corde sensible… leur look y est également pour quelque chose, soit dit en passant…

Néanmoins, si la musique de Beechwood est essentiellement garage/rock, elle trempe également dans le psychédélisme, évoquant même parfois Syd Barrett, Brian Jones, le 13th Floor Elevators, ainsi que les Beatles circa ‘Magical Mystery Tour’. A cause des voix. Des voix qui peuvent aussi parfois rappeler Big Star. Isa se défend : « On est incapable de répondre à ce type de comparaisons. On aime tous ces groupes et ces artistes. Surtout leur musique… » Et tout au long de « Bigot in my bedroom », une plage issue de « In the flesh hotel », on ne peut s’empêcher de penser à T Rex. Gordon réplique : « Je n’ai jamais pensé faire sonner cette chanson comme T Rex, même si les mélomanes ont cette impression. C’est sans doute dû au groove de la chanson… »

Lors d’une interview publiée sur la toile, ils avaient déclaré que s’ils n’étaient pas devenus musiciens, ils seraient probablement morts aujourd’hui. Pourtant, ce sont tous des caïds du skate. Isa et Gordon se sont d’abord rencontrés à l’âge de 16 ans en se consacrant à ce sport. Et puis, le premier écrit des poèmes, alors que le second est branché sur la photo et la peinture. Ce dernier s’épanche : « La musique, c’est notre choix de vie. On laisse le champ libre à nos envies et nos passions. Tout le monde devrait faire ce qu’il a envie de faire. Il y a un moment de l’existence où on peut se permettre de réaliser ce qu’on aime. Les 18 premières années de ta vie, tu es contraint d’aller à l’école. C’est une obligation, on ne peut y déroger. Puis tu vas au collège. Et t’es parti pour 4 ans, avant de savoir ce que tu veux vraiment faire. Tu es dans le système. Mais dès que tu t’en libères, tu dois foncer tout de suite ».

Quand on parle à Gordon, de sa ferveur pour les Ramones, il remet la place de ce quatuor mythique dans son contexte. « En fait, ce qui m’intéresse chez les Ramones, c’est de figurer au sein d’un groupe, de ressentir quand on y est, d’y vivre... C’est ainsi que j’ai découvert que j’aurais pu participer à leur aventure…. » Une forme d’incarnation subjective ? Il précise : « C’est plutôt ce que la formation représente pour moi. Quand on écoute un groupe, on apprend de ce groupe. On ne va pas se limiter aux Ramones, pour les influences, car il en existe de nombreuses. Ma vie, c’est de jouer de la guitare et d’être connecté à un niveau plus profond. Quand j’aime une formation, ce n’est pas seulement la musique. Je ne limite pas ma vision du band au guitariste. Mais lorsque je l’écoute, je me sens dans le groupe… » Isa avait de son côté, déclaré que la batterie était une manière de libérer sa colère. Mais contre qui ou quoi est-il en colère ? Il répond : « Il n’y a pas d’analyse à réaliser. J’insuffle toute mon énergie et toutes mes émotions dans mon drumming. Mais il n’y a pas de colère vis-à-vis de mes partenaires. C’est bon pour ma santé d’afficher une attitude jeune et naturelle. J’ai joué dans une autre formation avant celle-ci. La manière dont je jouais des drums était plus agressive. Je suis capable de l’adapter à des tas de styles et de cogner très fort sur mes fûts… Cependant, je joue de manière ‘éthique’, c'est-à-dire que j’affiche un aspect de ma personnalité que je veux la plus humaine possible... »

Mais penchons-nous un peu sur le dernier opus de Beechwood, ‘In the flesh hotel’. Et tout d’abord sur le recours à ces instruments complémentaires comme l’orgue ou peut-être un farfisa. Gordon rectifie : « Il s’agit d’un harmonium. Et puis, il y a également un piano. Les sessions se sont déroulées dans une maison d’un de mes oncles. Vu l’éventail mis à notre disposition, la pièce ressemblait un peu à une salle de jeu. Lorsqu’on enregistre, on essaie de faire de notre mieux. Nous ne sommes pas des pianistes, mais avant de nous y coller, on entend d’abord ces interventions dans notre esprit. On peut comparer chaque chanson à un univers et on fait en sorte que tout tourne dans cet univers. Il n’existe qu’une seul règle : c’est bon ou pas bon ! Nous ne nous imposons aucune limite dans notre processus. Par exemple, si l’un se réserve la guitare, l’autre se consacre à la slide et le troisième à l’harmonium… »

Le long playing est également mieux produit. Isa en donne son explication : « C’est parce qu’on est meilleurs et qu’on sait mieux ce qu’on veut. On a plus de maîtrise. On expérimente ! Quand j’écoute ‘Flesh Hotel’, c’est nous ! » Et Isa de clarifier : « En fait Sid a joué un grand rôle dans le son ». Gordon confirme : « Son implication a été importante dans la mise en forme. Ce qui compte, c’est d’être vrai par rapport au son. De ne pas se trahir. On ressent le fait qu’on a franchi une étape. On a progressé. Cette production est donc supérieure…. »

Parmi les plages de cet LP, ‘Amy’ et ‘I found you’ pourraient facilement sortir en single. Gordon tempère : « Ce n’est pas prévu de sortir des singles et des 7 inches en vinyle. Pour la promo, les chansons vont cependant sortir successivement en clips vidéo… et quand l’album sortira, les chansons seront déjà périmées… » (rires)

(Merci à Vincent Devos)

 

Fischer-Z

La satire politique d’un comédien dans l’âme…

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Fischer-Z s’est produit dans le cadre de l’édition 2017 du W-Festival (voir review ici). A l’issue du set, John Watts a accordé une interview à Musiczine. Si musicalement les médias ont trop souvent assimilé la musique de Fischer-Z à la new wave, c’est sans doute parce que le groupe a sévi à cette époque, alors que finalement, baignant dans une forme de reggae blanc, elle était plus proche de celle de The Police, Talking Heads ou de Split Enz. D’ailleurs, au fil du temps, elle est devenue intemporelle. Donc pas à la mode. Ce qui explique sans doute pourquoi, le band n’a jamais trop récolté de succès en Grande-Bretagne…

John admet : « Au début de l’aventure Fischer-Z, on a accordé 380 concerts, dont deux en Grande-Bretagne. On a dès perdu le contact avec les Britanniques et on s’est focalisé sur l’Europe. Par contre, cette année, on y a donné quelques shows. Six en tout. C’est plus que sur mes 40 premières années de carrière… »

Une carrière au cours de laquelle, outre Fischer-Z, Watts a monté d’autres formations et tenté une carrière en solitaire. De quoi brouiller les pistes. Il confirme : « Absolument ! (rires). Quand je me produis en ‘live’, je dispose d’un répertoire forgé au cours de toutes les époques que j’ai traversées. Tu sais, il doit compter plus de 240 titres. Donc c’est un bon vivier au sein duquel je peux puiser… »

Un jour, John a déclaré qu’il écrivait des textes difficiles sur des sujets sérieux, mais en les abordant à la manière d’un clown. Est-ce l’attitude d’un comédien dans l’âme ? Il avoue : « Je le pense. Tu sais, je crois que la plupart des sujets politiques douloureux peuvent être traités avec humour. Et quelque part, un discours politique est bien plus efficace quand il est véhiculé par des chansons, plongées au cœur d’un spectacle… » Ses lyrics traitent d’ailleurs souvent de politique. Le dernier album, ‘Building bridges’ (voir chronique ), paru cette année, est un nouvel exemple. Il traite de tas de sujets qui s’y rapportent, comme les conflits dans le monde, la globalisation, les scandales bancaires, l’escalade de la violence, les médias qui font la course au buzz, l’écologie, le terrorisme et on en passe. Mais où va-t-il chercher son inspiration pour demeurer un observateur avisé de la nature humaine. En regardant la TV ? En lisant les journaux ? Des bouquins ? Des magazines ? Ou via Internet ? Il clarifie: « Tout ce qui se déroule dans le monde m’intéresse. Pas les fictions. Mes sources principales sont puisées dans les journaux. Mais également le cinéma. J’ai trouvé mon chemin : faire la satire du monde politique. C’est la meilleure façon de faire de la politique. Internet n’est pas vraiment ma source d’inspiration… »

Pour rester dans le même domaine, au fil du temps, les politiciens perdent de plus en plus la confiance de leur électeurs, parce qu’ils prennent des décisions impopulaires. Et pourtant, dès que de nouvelles élections sont organisées, ils sont de nouveau élus. Comment comprendre ces choix ? Et comment changer cette situation ? La démocratie contemporaine, est-elle arrivée au bout du rouleau ? Il réagit : « Internet et la pub vont au-delà de la réalité. Le discours prononcé n’est plus réaliste, mais virtuel. Ce qui explique les volte-face des responsables politiques. Dès qu’ils sont élus, ils doivent affronter les faits et la réalité. Prends l’exemple de Trump aux Etats-Unis. Il ne pourra pas faire tout ce qu’il a promis. Il est limité par les structures gouvernementales. Heureusement d’ailleurs. En France, Macron veut tout changer, mais il lui faudra des années avant d’y parvenir. Puis, il y a ce stupide vote en faveur du Brexit, en Grande-Bretagne. On ne peut pas diviser l’Europe. Beaucoup de compatriotes ont choisi le Brexit en pure ignorance. Certains ont même voté blanc. Finalement ce choix va emmerder encore plus de monde. Les politiciens ne comprennent pas vraiment ce qu’est la véritable démocratie. Ce référendum n’aurait jamais dû être organisé. C’était une décision ridicule. Le Brexit ne va jamais se réaliser de la manière espérée par la population. En outre, il est impossible que cette sortie se réalise rapidement. L’intérêt du Brexit n’est pas celui de l’Europe. Et certainement pas celui des individus. Des entreprises. C’est dans l’intérêt de personne. Ce processus sera lent. Un peu comme toutes les décisions prises dans le domaine de la politique. Je ne pense pas qu’il y aura une version hardcore du Brexit, mais plutôt diluée… »

Fischer-Z est retourné sur un label major ; en l’occurrence BMG. Cette situation ne va-t-elle pas devenir, à terme, contraignante et freiner la créativité ? Il répond : « En fait, il s’agit d’une boîte dont le manager n’est autre que mon fils. C’est également lui qui contrôle les budgets. BMG fait la promotion et moi je suis totalement libre au niveau artistique… »

A l’exception de drums, John a assuré toute l’instrumentation, lors des sessions d’enregistrement de son dernier elpee. Se muerait-il en homme-orchestre ? Il répond : « En fait, j’ai demandé à un musicien de mon entourage de jouer certaines partitions et à partir de là, j’ai réalisé une sorte de sampling à la manière des artistes de hip hop. Le nouvel album sera différent… » Mais en remettant au centre du jeu de quilles, la guitare, n’était-ce pas une réaction face à la musique électronique. La réponse fuse : « Pas du tout ! J’aime la musique électronique. Enfin toutes les formes de musique. Electrique, bien sûr, également. En fait, je m’intéresse davantage à la musique contemporaine que celle du passé… »

Sur le titre maître de l’opus ‘Building bridges’, le riff de guitare semble emprunté au ‘You really got me’ des Kinks. Etait-ce intentionnel ? « Parfaitement ! Et ce titre sera remixé prochainement, sous une forme différente ; ainsi le riff ne sera plus le même… »

Après 4 décennies de carrière, John se sent-il toujours à l’épreuve quand il monte sur les planches ? « Vous savez, j’aime bien quand les événements tournent mal. C’est plus amusant. Je suis un comédien. J’aime le show et dialoguer avec la foule. C’est excitant quand il y a des imprévus… » Est-ce la raison pour laquelle il a un jour déclaré qu’il ne rejouait jamais deux fois le même show ? « Effectivement. Ma set list est toujours partagée entre nouvelles et anciennes chansons. Et pas forcément les mêmes… »

Avant de se lancer dans la musique, John a bossé comme psychologue/clinicien. Il a même suivi 5 années d’études universitaires pour obtenir ce diplôme. Son bouquin devrait bientôt sortir. Une autobiographie ? Il rectifie : « Sa sortie est reportée à l’an prochain. C’est davantage qu’une autobiographie, mais plutôt un recueil d’histoires biographiques. Il relate des pans de ma vie. J’écris ma propre histoire. Ensuite j’invite ceux dont je parle à réagir sur mes propos… C’est comme un blog analogique. Mais écrit, pas digital… » Il va également rééditer son œuvre. Probablement un boxset. Mais recèlera-t-il des inédits ? Il précise : Des remixes, c’est sûr. Mais pour l’instant, je suis trop préoccupé par les compos de mon futur album. Donc, une chose à la fois… » Ce sera quand le treizième de Fisher-Z…

Fischer-Z se produira en la salle De Roma à Borgerhout, ce 14 novembre 2017

Merci à Vincent Devos.

 

Wolvennest en tête d'affiche du festival Roadburn 2019

Le groupe bruxellois Wolvennest, la nouvelle sensation dans le genre black metal / psyche / ambient, sera l’une des têtes d’affiche du célèbre festival Roadburn, basé à Tilburg, aux Pays-Bas. Le groupe jouera l'intégralité de son nouvel album «Void» sur la Main Stage le 13 avril.
 
Roadburn précise: « L'album 'Void', publié via Ván Records, est sans aucun doute l’une des meilleures sorties underground cette année ».
 
Pour marquer cette occasion spéciale, tous les musiciens ayant joué ou chanté sur l'album seront présents sur la scène de Roadburn: les quatre membres du groupe, bien sûr : Shazzula, Michel Kirby, Corvus Von Brutle et Marc De Backer, ainsi que leur bassiste (John Marx) et leur batteur (Bram Moerenhout), mais aussi les chanteurs 'guests' DéHà, Ismail Khalidi et Alexander von Meilenwald de Ruins of Beverast.
 
La musique de Wolvennest englobe un large éventail de styles musicaux, du krautrock des années '70 au psyché en passant par le black metal norvégien des années '90. Pour rappel, Roadburn est un festival centré sur les genres Dark Psychedelica, Doom, Avant-Metal, Post-Rock, Sludge, Heavy 70 ; il stimule les crossovers pour faire émerger une nouvelle culture 'heavy' et 'dark'.
 
Le lineup provisoire de l'édition 2019:

Birds in row

Cave In
Curator: Tomas Lindberg (of At The Gates-fame)
Daughters
Drab Majesty
GOLD
GORE
Have A Nice Life (2 sets including Deathconsciouness in full)
Heilung
Henrik Palm
IMPERIAL TRIUMPHANT
Louise Lemón
MESSA
Midnight
Mord'A'Stigmata
Old Man Gloom
Seven That Spells (The Death and Resurrection of Krautrock)
Sleep ( 2 sets - Holy Mountain / The Sciences)
THOU (Artist In Residence)
Ulcerate
Vile Creature
Wolvennest (VOID in full performed on the main stage).
 
Pour lire l'interview de Wolvennest, cliquer ici. Pour l'écouter en version audio, c'est ici.
 
Les billets 'week-end' pour Roadburn 2019 seront mis en vente le jeudi 4 octobre. Ils seront disponibles à l'achat en personne le magasin Sounds Tilburg (à partir de 18h) pour ceux qui habitent à proximité. Pour ceux qui sont plus éloignés, les billets seront disponibles sur Ticketmaster.nl à partir de 20h00 CEST / 19h00 BST / 14h00 EDT.
 
Pour plus d'infos sur Roadburn: le site et la page facebook
Pour écouter VOID, l'album de Wolvennest, c'est ici. Pour le commander, c'est sur le site de Van Records.