Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Dario Mars

Un discours tranchant… comme une guillotine…

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Renaud Mayeur a donc monté un nouveau projet, Dario Mars & The Guillotines. Une formation responsable de deux albums, à ce jour. Le premier, ‘Black soul’ est paru en 2013, et le second, ‘The last soap bubble crash’, l’an dernier. Un disque fort intéressant dans un style qu’une certaine critique musicale a qualifié de spaghetti-western-voodoo-garage. Avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, il avait notamment drivé les Anges et Hulk, et sévi, début de ce millénaire, chez La Muerte ; mais s’est surtout illustré par ses bandes originales de films, dont celle qu’il a composée pour ‘Eldorado’ de Bouli Lanners.

Si les B.O. de films et tout particulièrement celles destinées aux westerns constitue ses principales sources d’inspiration –pensez à Sergio Leone et Ennio Morricone– on se demande quand même si cette fascination n’est pas née au cours de son enfance, quand il regardait la TV. La réponse fuse : « Evidemment. Et tout particulièrement les séries. Même les beats de batterie et les accords de guitare wah wah. Il y avait des bandes-son de haut vol. Bizarroïdes, expérimentales, fabuleuses même. On était particulièrement gâtés. Pense à ‘Starsky et Hutch’, ‘Mannix’ ou ‘Colombo’ ; enfin au début, avant que les épisodes ne passionnent plus que les mémères. C’est ainsi qu’on a été initiés au jazz, au funk, à la soul motown. Bon, les séries étaient des conneries sans nom, mais elles collaient aux seventies. ‘Le prisonnier’ et ‘Chapeau melon et bottes de cuir’ étaient certainement plus élaborés. C’est vrai. Dans cette dernière série, les prises de vue sont d’ailleurs de l’art. J’ai été biberonné à ça, ainsi qu’aux westerns spaghetti. Et pas seulement. Au films cultes, comme ceux de John Ford. » Oui, mais comment est-t-il parvenu à se faire une place comme compositeur de musiques de film. De nombreux artistes ont déjà émis ce souhait. Et très souvent sans qu’on leur accorde la moindre chance. Rappelons quand même qu’il en a réalisé également pour François Pirot, Hubert Gillet, Matthieu Donck et Marc des Marais (NDR : c’est le chanteur de La Muerte). Serait-ce dû aux bonnes relations, à un bon filon ou son job au départ ? Il rétorque : « Ah non, ce n’est pas mon job au départ. C’est le fruit du hasard. Notre manager était alors Bernard Carapelle, alias ‘Sourire’. C’est un Liégeois d’origine sicilienne. Mais aussi un bon pote de Lanners. On venait de sortir un album des Anges. Il avait amené Bouli pour assister à un de nos concerts. Bouli a entendu un morceau intitulé ‘Vendetta’. C’est une compo très western. Entre du Morricone et du Black Sabbath. J’ai toujours estimé qu’il y avait des traces de western dans la musique de cette formation. Bouli souhaitait ce morceau pour son film. Ensuite, il m’a demandé si j’avais d’autres trucs qui pourraient correspondre à ses aspirations. Parce qu’au départ, il avait sollicité An Pierlé pour cette tâche ; mais le deal n’a pas fonctionné. Il a donc conclu que si j’avais du matos, je pouvais foncer. Et c’est ce que j’ai fait. Il était content. Et le film a eu du succès. En outre, la B.O. a été appréciée. Ce qui m’a permis de contracter directement deux films. Dont ‘Dans tes bras’ d’Hubert Gillet. C’est un drame qui met en scène Michèle Laroque. Soit (rires). Michèle Laroque dans un film dramatique (rires) ! Contre-emploi. Et puis la suite s’est enchaînée. Pour moi, c’était un rêve. J’avais déjà envoyé pas mal de démos de musiques de films, au cours des années 90. Mais je n’avais jamais reçu l’ombre d’un retour. Pourtant, j’avais remarqué que souvent, les boîtes de production s’intéressaient aux artistes émergents. A mon avis, c’est parce qu’elles cherchent à toucher un public alternatif. Tu vois, quand un groupe sort un album, elles s’interrogent… Et comme la presse consacrait pas mal d’articles aux Anges, elles ont voulu faire d’une pierre deux coups. ‘On va prendre ce gars, car il vient de sortir un album. Ce qui risque de ramener du monde. Ca c’est bien mi…’ (rires) Et puis j’ai probablement aussi un don, dans ce domaine. Mais ne n’est pas toujours facile. Je me souviens avoir dû réaliser une bande sonore pour François Damiens qui apprenait la mort de son père. Et qui doit vite tourner la page. Délicat ! Heureusement, dans ce genre de situation, je parviens quand même à me débrouiller ».

Mais pourquoi avoir choisi comme patronyme Dario Mars & The Guillotines ? Il s’explique : « Pour lui donner un visage cinématographique. Evocateur, en même temps. Dario affiche un côté latin. Comme la musique proposée. Je suis un fan de Morricone. De de Roubaix. De Balamenti. J’ai une culture européenne. J’aime le flamenco, la musique balkanique, roumaine grecque, etc. Mars symbolise le côté cosmique. Et Guillotines souligne l’aspect tranchant (il joint le geste à la parole). Ce n’est pas un nom de groupe classique. Mais tout évolue si vite. L’esthétique et les codes changent. Et c’est bien. C’est un peu comme chez les bluesmen. C’est la touche ‘revival’. Et puis, c’était vraiment chouette qu’il sonne comme un titre de film. Enfin, j’avais besoin d’un pseudo pour déposer mes oeuvres. Notamment pour les B.O. de films ». Le long playing s’achève par une reprise étonnante du ‘I Wanna be loved by you’, une chanson popularisée par Marilyn Monroe (NDR : composée par Herbert Stothart et Harry Ruby, sur des textes de Bert Kalmar) dans le long métrage ‘Les hommes l’aiment chaud’ de Billy Wilder. Alors, toujours cette référence au cinéma ? « C’est toujours cette référence au cinéma, mais dans ce cas particulier, il s’agit d’une projection de ce à quoi la vie de Norma Jean ressemblait. La Marilyn démaquillée et malheureuse qui épanche toute sa solitude et sa tristesse, en chantant la version de sa propre existence. Qui n’était pas aussi glamour que ce qu’on aurait pu croire. Loin de là ! C’est aussi une critique du ‘star system’ et tout ce qu’il charrie. C’était une mangeuse d’hommes. Qui courait d’une relation à l’autre. Elle recherchait peut-être le clone de son père. C’est pas très jojo tout ça ». Paradoxe, mais la musique de Mario Mars & The Guillotines a beau tremper dans le cinéma, on ne peut pas dire que la toile regorge de clips cinématiques qui colleraient parfaitement aux ambiances des compositions. Il y a bien ‘Cold sun’, mais pour le reste, on reste sur sa faim. Un manque de moyens ? Pas le temps ? Ou pas envie ? « C’est un manque de moyens bien sûr. Jusqu’à présent, on est resté dans un cadre basique. On a bricolé, travaillé avec des bouts de ficelle. Parce que dans ce domaine, j’ai d’autres ambitions. Bien sûr, la musique se suffit à elle-même, mais bon on travaille aussi sur l’image. Clairement. Il est vrai que ce qu’on fait est un peu un suicide commercial. Maintenant, on a pu signer sur un chouette label. On a un manager. Les choses vont mieux, donc on va pouvoir mettre la gomme. Mais le clip dont tu parles nous a quand même coûté entre 300 et 500€. Et on a payé l’album comme on pouvait… » 

Renaud a remplacé quelque temps Paul Van Bruystegem, le bassiste de Triggerfinger. Qu’a-t-il retiré de cette expérience ? « C’est relativement un bon souvenir. Les musiciens sont chouettes ; mais c’est en compagnie de Paul que je me suis le mieux entendu. Mais dommage qu’il n’était pas là (rires). J’ai appris énormément auprès d’eux. Au niveau de la rigueur. De l’assurance. Il n’y a pas de place laissée au hasard. Et puis, ce sont des ‘sound designers’, si on peut dire. Tout est calculé. Et le son est nickel. Ils m’ont aussi permis de progresser au niveau de la performance live. Qu’ils veulent irréprochable. C’est leur réputation. Ils peuvent tenir 1h30, 2 heures, 2 heures et demie et même plus. En concert, ils sont capables de capter l’attention des derniers rangs, en les interpellant. Mais leur réussite, ils l’ont obtenue à la sueur de leur front. Ils ont écumé les salles. C’est éminemment respectable. Il y a eu ce coup de pouce de cette reprise, qui n’est pas leur meilleur morceau (NDR : ‘I follow rivers’ de Lykke Li). Mais peu importe le flacon… (rires) Enfin, il était vraiment intéressant de jouer en phase avec Mario (NDR : Goossens). C’est un tueur à la batterie. Etre soutenu par son drumming, c’est fantastique. Et puis c’est un mec qui veut réussir. Il n’est pas là pour rigoler, ni pour faire la fête. »

Lorsque La Muerte s’est reformé, pourquoi notre interlocuteur n’a-t-il pas été sollicité pour reprendre du service ? « Didier avait envie de faire quelque chose de plus brutal. Le line up est très métal d’ailleurs. Il n’existe plus, dans cette musique, ce côté garage, déjanté, à la Nick Cave, même… C’est devenu de la boucherie, quoi ! Il est vrai que cette démarche féroce a toujours existé chez La Muerte. En même temps, pour parvenir à reproduire ce feeling sur les planches, il fallait des mecs qui aient encore ce feu intérieur. Vu mes visions parfois atmosphériques, je ne correspondais plus à ce profil… » Mais quels contacts a-t-il encore avec les autres musiciens des Anges et de Hulk ? « Sandra (NDR : Hagenaar, la claviériste, une véritable furie en ‘live’, qui a également milité chez 50 Foot Combo) est toujours une amie. Les autres sont restés des collègues de travail. Non, je n’ai plus trop de contacts. Et l’histoire s’est assez mal terminée. On a passé 8 ans ensemble. Mais il y a eu du contentieux. Il y avait des divergences d’opinion…. » Notamment entre Renaud et Giacomo (NDR : alors drummer et devenu le chanteur au sein de Romano Nervoso). Il s’épanche : « À l’époque, il était fan de grunge. De Pearl Jam, de Nirvana. Et ce genre de saloperies. Et ça passait assez mal entre nous. Je n’encaisse pas du tout ce genre. On s’est souvent pris le chou à ce sujet. Maintenant, il a changé de registre. Il a remplacé sa collection de disques. Et sa panoplie vestimentaire. Grand bien lui fasse. Bon maintenant, je ne suis pas sûr que ce soit également un bon choix. On se prenait beaucoup la tête sur la direction musicale à emprunter. D’autant plus que je m’occupais intégralement de la composition… »

C’est un peu une mode aujourd’hui, les musiciens participent à différents projets. Et tout particulièrement David Kostman, le nouveau bassiste, notamment impliqué chez Jane Doe & the Black Bourgeoises. « Et aussi King Child. Faut dire qu’il est considéré comme un mercenaire, tant il a collaboré à de nombreux projets. Parce qu’il est extrêmement compétent. C’est un excellent musicien. Compositeur. Arrangeur. Etc. Mais comme il le dit lui-même, il n’est spécialiste dans rien. Sinon en musique classique et en jazz. Il a fait le conservatoire. Puis l’école de jazz à Anvers. C’est une brute épaisse. Il arrive à donner de la profondeur à ce que je fais. Par les arrangements, les accords et la composition. Car il compose aussi. Il a pris part à 25% de l’écriture dans cet album… » Ex-Flying Superckick, Vincenzo Capizzi a été remplacé. Il confirme : « On a engagé quelqu’un d’autre. Pour des raisons que je n’ai pas envie d’approfondir. Mais il continue son parcours, de son côté. On a recruté un Hollandais, Barry van Esbroek, dont la culture musicale est formidable. Il connaît tous ses classiques. Il est capable de jouer des shuffle blues texans, du Chicago blues, du surf, du r&b. Nous sommes un peu les deux rockers dans l’âme, alors que David apporte une touche plus musicale, plus classique. Pas dans le sens symphonique, hein ! Ainsi il a la faculté de déterminer à quel endroit il faut placer un septième ou une quinte… »

‘The last soap bubble crash’, c’est le titre du nouvel opus. Serait-ce une critique formulée à l’égard de ceux qui se contentent de vampiriser les légendes du rock ? (NDR : il semble surpris par la question). « Non, c’est plutôt une métaphore sur les illusions qui se cassent la gueule. Tout simplement. Pourquoi me poses-tu cette question ? » Parce qu’en lisant une de tes interviews, tu fustigeais les artistes qui se contentaient de reproduire ce que font leurs idoles ! « Oui, c’est agaçant. Ca va mourir ! Eddie Cochran était constamment en recherche. Il mettait des micros sur sa gratte, les changeait. Chuck Berry aussi. Les Stranglers également (NDR : on y reviendra). Même MC 5 qui a mixé du jazz, du rock, de la soul et du punk. Si on se contente de tirer un polaroid de ce que les mecs ont fait après avoir cherché, c’est leur recherche qu’il faut aussi admirer. Une façon de faire. Oui ça m’agace religieusement de voir qu’on change de panoplie tout simplement pour adopter tous les codes d’un style musical. On en est au sixième revival du hard rock, après Airbourne. Nashville Pussy en est encore un mauvais exemple. Il y en a d’autres, bien évidemment. Et bien à un moment, ça suffit. Cela en devient grotesque. C’est la raison pour laquelle le rock se meurt. Parce qu’il n’y a plus aucune prise de risques. A ses débuts, Black Sabbath avait été descendu en flammes. Les critiques les plus virulentes disaient que c’était de la merde. Et pourtant ! Même Bon Scott chez AC/DC a été critiqué. Cette rythmique en béton sur ces accords ouverts blues a été refait 3 milliards de fois ; mais au départ, c’était nouveau, hein ! Et ce n’est pas une évidence à les reproduire. Avant, cette forme de disco-hard-blues n’existait pas. Mais il y avait Humble Pie et Grand Funk. La manière de chanter de Muddy Waters a été recopiée à l’infini par des centaines de groupes. C’est chiant bordel de m*****. C’est à se flinguer. Bon maintenant, le but n’est pas de plaire à tout le monde. Mon bassiste et moi avons conclu qu’après avoir réalisé ce qu’on voulait, on pouvait mourir. Je ne prétends pas que ce que nous faisons est extrêmement audacieux, mais on a tenté quelque chose, on a mélangé des éléments qu’on aimait le plus. Quitte à parfois se mettre en difficulté. Comme par exemple en intégrant le concept de la musique de film… »

On en vient donc aux Stranglers, formation dont il est un fan inconditionnel. « Oui, c’est vrai ». Pourtant, après le départ de Hugh Cornwell l’étoile du groupe a pâli. « Tout à fait ! Mais c’est un des groupes qui me comblent. Et il me comble toujours. Sa musique n’a pas pris une ride. Ecouter ‘The Raven’ ou ‘La folie’ est un pur bonheur. Tout au long ce dernier album, les textes sont mi-déclamés, mi-chantés. Les arrangements sont superbes ! La créativité est omniprésente et le spectre sonore, ample. C’est ce qui m’inspire. C’est un groupe punk classieux. Comme The Damned. Ou MC5. Pas une caricature. Il y a une classe aussi dans le rock’n’roll. Le rock’n’roll, ce n’est pas que se droguer parce qu’il faut se droguer. Etre drogué et faire semblant de boire du whiskey. Et beugler dans un micro ‘one-two-three-four’. Ca ne suffit pas. Les Ramones le faisaient, mais c’était eux. Je n’ai jamais été un grand fan des Ramones. Ni du punk bourrin rigolo. Je n’ai jamais d’ailleurs trouvé que les mots rock’n’roll et bourrin étaient conciliables ».   

Du garage, on en trouve à tous les étages, dans toute l’histoire du rock’n’roll. Depuis les 60’s (NDR : les compiles Peebles et Nuggets en sont de formidables témoignages ; pensez aux Sonics, Standells, Strangeloves, Seeds et 16th Floor Elevators) jusqu’au nouveau millénaire (Hives, Strokes, The Jim Jones Revue, The Jon Spencer Blues Explosion), en passant par des mythes comme les Fleshtones, les Cramps et les Fuzztones. Et la liste est loin d’être exhaustive. Et ce sujet semble passionner Renaud. « Les Fuzztones ? Ce n’est pas trop ma tasse de thé. Ils se contentent de passer en revue toute une panoplie de références. Je préfère les Saints. Et puis les Nomads et les Cramps. J’en suis fan. Sans oublier les incontournables Stooges. Ouais. J’aime moins ces groupes contemporains. Certainement pas les Hives. C’est du pillage d’attitude. Quoique efficaces, leurs compos sont bateau. Formatées radio. Jon Spencer ? Sa musique est indigeste. J’adore sa voix, mais je préfère son Heavy Trash. C’est extrêmement organique et authentique. Par contre, Gluecifer a d’excellentes compos et parvient à injecter une énergie 2000. En remontant aux sources, les Sonics, 16th Floor Elevators, Electric Prunes, The Music Machine ; autant que tu veux… Mais le revival me dérange un peu. Quand tu empruntes aux sources, tu dois amener quelque chose de neuf. Les Nomads l’ont fait en leur temps. Un p***** de bon groupe qui a écrit de très bonnes compos. DMZ, il ne faut pas l’oublier. Et puis The Lords of The New Church. ‘Russian roulette’, c’est un p***** de bon morceau. Et ses albums sont vraiment remarquables. Quand tu t’inspires du garage, tu ne dois pas rester calé au revival ; il faut faire mieux. Faire juste pareil, bof ! Faire mieux, c'est-à-dire faire de bonnes chansons et avoir un son qui est de ton époque. Un petit quelque chose en plus quoi ». 

Lors des sessions d’enregistrement, il n’est pas rare que l’on utilise le re-recording. Notamment pour la guitare. Est-ce le cas ? « Non, non, il n’y a qu’une guitare sur l’album. Parfois deux, mais rarement. En règle générale et plus précisément dans 90% des cas, il y a une guitare, basse, batterie. Pas de deuxième gratte. Je laisse ça à Metallica (rires). » Ce qui permet d’aborder le sujet de ses maîtres dans ce domaine. « Mes deux préférés sont Wayne Kramer (MC5) et Joe Perry (Aerosmith). Jimmy Page est génial, mais il est trop bavard. Hugh Cornwell, bien sûr. Il joue très intelligemment, sans jamais se mettre en valeur. Sans éruption. Ses interventions sont très jazz aussi. Il dessine de très beaux thèmes, de très belles suites d’accords. Je citerai également Tommy Iommi, surtout pour ses riffs, Angus Young, Jimi Hendrix, Pete Townsend, Link Wray, Dick Dale, Nick Gray, Joe Perry et hors catégorie, Brian Setzer. Scotty Moore et Chuck Berry encore. Pour la couleur. Mais là on se réfère plutôt aux 50’s. »

Renaud semble un peu mitigé au sujet de Led Zeppelin. Et pourtant, sur son elpee, on retrouve parfois un groove qui véhicule des accents similaires. Il confesse : « Oui, bien sûr. J’assume. J’aime bien Led Zeppelin. Mais j’aurais préféré que le chanteur soit celui des Small Faces et d’Humble Pie… » Steve Marriott ? « Oui, effectivement. D’ailleurs Robert Plant a tout piqué à Marriott. Il chante de la même façon. Ou Bon Scott. Je n’aime pas Plant. Il me casse les burnes. J’aime bien quand il chante medium. Mais quand sa voix est maniérée, elle m’irrite. Bien évidemment, l’ossature basse/guitare/batterie de Led Zeppelin est phénoménale. Surtout lors des éruptions, des moments de bravoure. Alors, c’est le pied. Cependant, quand Plant se coince les doigts dans la porte, c’est chiant (rires). Tu vois, tout à l’heure, je te parlais d’être comblé. Et bien le Led Zeppelin ne me comble pas complètement. ‘Stairway to heaven’, c’est chiant comme la pluie. Idem pour le ‘Child in time’ de Deep Purple. Ces longs bazars prétentieux me pompent l’air… »

En concert ce 1er mars 2017 à la Rotonde du Botanique

Pénitence Onirique

V.I.T.R.I.O.L.

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V.I.T.R.I.O.L, tel est le doux et suave titre du premier album des Français de Pénitence Onirique, duo originaire d’Autricum, nom donné à la ville de Chartres par les Carnutes, un peuple de la Gaule celtique. Pendant un peu moins de cinquante minutes, Bellovesos aux instruments et Diviciacos au chant, s’immiscent subtilement dans la partie la plus torturée de votre âme. Cinq morceaux, au rythme soutenu mais lancinant, inoculés comme des injections d’acide sulfurique où la musique ne se fait pas tant garante de la violence d’une rencontre entre le corps et le liquide, mais bien de la pénétration intradermique lente et douloureuse du poison. Bien que très peu d’informations ne soient communiquées au sujet des deux musiciens, nul doute qu’ils ont déjà derrière eux une expérience certaine dans le Black Metal. Ce n’est certes pas l’album qui va révolutionner le genre ou lui faire prendre une nouvelle voie encore inconnue, mais le voyage ésotérique est bel et bien au rendez-vous. La plage titulaire de l’opus, la plus intéressante en termes de progression et d’ambiance, offre un déferlement de rage froide et apocalyptique, soutenu par un rythme lourd et oppressant à la batterie. ‘L’essence s’enflamme, la chair figée, frigide coquille d’un séraphin prisonnier, immobiles les larmes, devant l’assistance moqueuse et figée’, tel est le dernier couplet de la composition qui clôt à l’encre de sang cette traversée épique. En publiant ce premier effort, Pénitence Onirique démontre toute sa capacité à créer un univers malsain qui vous tient par la gorge et dont les riffs répétitifs viennent sinuer tacitement les zones d’ombre de votre imaginaire. Un potentiel qui ne demande qu’à être exploité.

 

Lizzy Ling

Working Day

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Il est à craindre qu’il n’y ait eu erreur sur le destinataire ; car cet album ne devait probablement jamais arriver entre les mains de votre serviteur et ses compos pénétrer au creux de ses oreilles ! Pas que le l’électro/pop de « Working Day » soit foncièrement de mauvaise facture ; mais impossible de faire abstraction de ces paroles bien trop prosaïques et naïves… Avant d’enregistrer son troisième opus, l’artiste française avait l’ambition de composer des chansons qui s’inspire des événements de la vie quotidienne ; malheureusement, le résultat final est bien trop terre-à-terre. En outre, son approche musicale de 10 métiers à travers 10 morceaux n’est pas plus convaincante, tant elle se limite à naviguer à la surface (?!?!) des éléments. Les saynètes offertes aux garçons de restaurant (« Le Restaurant »…), aux coiffeurs (« Coiffeur pour Dames »…), aux  baby-sitters (« La Baby-sitter »…) ou aux conducteurs de métro (« Mon Meilleur Ami est Conducteur de Métro ») ont vraiment de quoi laisser de marbre. Et de bout en bout. En outre, très légers, voire puérils, les instrumentaux sont trop peu efficaces pour changer la donne. Anecdotique.

 

The Butcher’s Rodeo

Backstabbers

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The Butcher's Rodéo (TBR), c'est le projet de Vincent, le chanteur d'Aqme. Il s’agit de la dernière recrue du label de Pantin, AT(h)OME, et elle est particulièrement hobocore (NDR : hobo se traduit par clochard).

Avant d’enregistrer « Backstabbers » qui raconte, vous l'aurez deviné, les péripéties vécues par un pirate, le combo avait publié deux Eps. Tout d’abord en 2010, « Like A Hobo On A Bison ». Puis en 2013, « Ghosts In The Weirdest Place ».

« Setting Sails » : les embruns maritimes vous caressent les tympans délicats. Le galion trois mâts vogue vers des îles paradisiaques. Une intro de 30 secondes, avant que l’embarcation ne croise un vaisseau de corsaires. Et c’est l’enfer. Presque la « Little death ». Les canons font feu de partout. Et des morceaux de metal vous explosent à la figure.

Nonobstant la voix claire et chargée d’émotion de Vincent, « Connundrum » est résolument moderne, mais toujours aussi violent. 

Une déferlante de riffs en béton déferle tout au long de l’enlevé « Nelson's Folly ». Fin hurleur, Vincent étale toute la palette de ses vocaux. 

Des riffs qui se révèlent complexes et versatiles sur « Redemption Cay », une plage hargneuse, mais à la mélodie accrocheuse.

Fruit d’un cocktail de métalcore et de punk, « Hms Hope » s’ouvre sur un mid tempo paisible, avant que la voix du capitaine libère toute sa puissance. 

« The Journey », c’est un bref retour au calme avant la tempête… et elle sera particulièrement tourmentée.

« The Legacy » se distingue par les interventions vocales viscérales, furieuses mais toujours mélodieuses de Vincent. 

Et il va la pousser dans ses derniers retranchements sur « In The Shallows ». Enrobée dans le métalcore, c’est assurément une des perles de culture de l'opus. Et « Good Fucking Luck » en est une autre.

Caractérisé par ses riffs huileux, le contagieux « The Devil Of The Wind » souffle un grain blanc démoniaque… 

« Losing Heart » donne le coup de grâce.

Coiffez votre tricorne est suivez les aventures de ces flibustiers jusqu’au bout du monde… 

Rive comme sur un long fleuve traquille !

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C’est l’histoire d’un duo (Juliette & Kévin) qui, en quelques mois d’existence, s’impose déjà parmi les références électro-pop du moment... et à venir !

Le son est diablement actuel, la production soignée, des textes en français portés par une voix élégante donnent à l’ensemble un côté très ‘classy’, c’est intelligent, bien construit et ça fait mouche !

Une histoire simple : les premiers concerts dans le cadre du concours « Du F. Dans Le Texte » (Bruxelles) en février 2016, puis la finale et une douzaine de prix remportés. 3 mois plus tard, le concours « Franc’Off » des « Francofolies de Spa », une autre finale et un premier prix.

Les influences sont multiples : Air, Apparat, Tame Impala, Son Lux...

Un premier single « Vogue »  a atteint plus de 100.000 vues sur Vimeo en deux mois !. Le clip peut être vu en cliquant ici .

Leur premier EP, réalisé par Rémy Lebbos (Vismets, Nicolas Michaux, Great Moutain Fire...) est prévu pour le 03 mars 2017 et s’intitulera «Vermillon».

Le rêve au bout des doigts pour Ozark Henry!

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Ozark Henry dévoile un nouveau clip « A dream never stop », à voir en cliquant ici .

Ce titre fait partie d’un album à paraître fin mars entre électropop et influences africaines sobrement intitulé « Us ».

Les vétérans de la New Wave en pleine révolution !

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Les emblématiques pionniers Depeche Mode ont dévoilé hier la vidéo du single “Where’s The Revolution”. A voir ici .

Elle est  réalisée par le photographe et cinéaste hollandais Anton Corbijn, collaborateur de longue date du groupe.

Il s’agit du premier nouveau morceau du groupe depuis quatre ans, extrait de leur quatorzième album studio « Spirit » qui sortira le 17 mars.

« Spirit » marque la première collaboration du groupe avec le producteur James Ford de Simian Mobile Disco (Foals, Florence & The Machine, Arctic Monkeys) et fait suite à l’énorme succès de Delta Machine sorti en 2013, qui débuta #1 dans douze pays. 

Depeche Mode soutiendra la sortie de l’album avec une vaste tournée mondiale ‘Global Spirit Tour’, qui se jouera devant plus de 1.5 million de fans en 34 dates dans 21 pays à travers l’Europe. Le concert du 9 mai 2017 au Sportpaleis d’Anvers est déjà complet.

 

Prince renaît de ses cendres !

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Purple Rain sortira le 9 juin en version deluxe remasterisée accompagnée de deux albums inédits enregistrés à Paisley Park Vault et de deux films live.

Warner Bros. Records a confirmé officiellement que le catalogue Warner Bros de Prince sera disponible sur toutes les plateformes de streaming dès le début des Grammy Awards.

Prince, qui avait signé sur le label Warner Bros. il y a quarante ans, a enregistré la plupart de ses albums les plus marquants et les plus populaires sur le label, dont Prince, Dirty Mind, Controversy, 1999, Purple Rain, Around the World in a Day, Parade, Sign O’ The Times, Batman and Diamonds and Pearls pour n’en citer que quelques-uns, ainsi que les plus grands hits de sa carrière, comme  “Let’s Go Crazy,” “Kiss,” “Little Red Corvette,” “Raspberry Beret,” “When Doves Cry,” “Sign O’ The Times,” “Alphabet Street,” “Batdance,” “Cream,” “I Would Die 4 U,” “Diamonds and Pearls,” “Pop Life,” “Delirious,” “1999,” “Purple Rain" et bien d’autres.

En novembre dernier, NPG et Warner Bros. Records sortaient d’ailleurs PRINCE4EVER, qui rassemblait 40 des chansons les plus emblématiques de Prince, ainsi que le titre inédit « Moonbeam Levels ».

Future Of The Left

Les Gallois nous ont encore privés de prolongations…

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Alors qu’on vient d’apprendre que Nick Cave allait se produire, au cours de l’automne prochain, au sein d’une grande salle anversoise sans âme, votre serviteur se rend, ce soir, dans une autre bien plus intimiste et conviviale : la Rotonde du Botanique. Facile d’accès, l’endroit est devenu le rendez-vous des mélomanes, des journalistes, des organisateurs indépendants de concerts et autres passionnés de musiques. Et tout ce beau monde semble émoustillé à l’idée d’assister au concert de Future of The Left. Qui est sold out depuis quelques jours. Et manifestement, l’hémicycle est plein à craquer.

Curieux, car si Future of The left est une référence en matière de rock alternatif, Ed Harcourt –pourtant à l’affiche du Rock Werchter en 2002– ne fait pas salle comble, à l’Orangerie, aménagée en configuration assise pour la circonstance.  

Passée une intro sonore vintage, « Adeadenemyalwayssmellsgood » s’ouvre par un a cappella répétitif : ‘Roll on, roll on,…’. Le ton est donné. Le set peut démarrer. Et sur les chapeaux de roues ! Bien sculptés, les riffs si caractéristiques du band déferlent…

Les compos de Future of The Left sont brutes de décoffrage et sans concession. Un peu comme les buts que nos Diables Rouges avaient encaissés, lors de la dernière coupe d’Europe, sans qu’on ne les ait vus venir. Blonde, charmante, rayonnante Julia envoûte l’auditoire de ses interventions de basse.

Avant « Manchasm », Andrew (NDR : c’est le leader) abandonne sa gratte et passe derrière le clavier. Lui, qui d’habitude est si bavard, communique enfin avec le public. Mais il va largement se rattraper, son discours divertissant la galerie. Il essaie même d’entourer de mystère la reprise que la formation va interpréter. Mais bon, la solution n’était pas trop difficile à trouver, puisqu’il s’agissait d’une compo de McLusky, au sein duquel le chanteur et batteur ont évolué. « Without MSG I Am Nothing» nous replonge donc brièvement dans l’univers de ce groupe culte. En nous rappelant également que le team avait dispensé un set particulièrement décapant, une chaude après-midi de 2002, dans le cadre du festival de Dour.

L’ambiance monte encore d’un cran. Le public s’enflamme et les premiers pogos éclatent enfin. Un peu tardivement, car le show est en fin de parcours.

Titre qui ouvre son dernier elpee, « The Peace & Truce of Future of the Left », sorti en avril 2016, « If AT&T Drank Tea What Would BP Do ? » renverse carrément tout sur son passage. Les premiers rangs s’agitent alors qu’Andy démonte littéralement les drums. Puis les lumières se rallument. Et on se doute qu’il n’y aura pas de rappel. Comme lors du dernier Euro, ce team gallois a fait le gros dos dans l’adversité, avant de nous terrasser, sans nous laisser un temps de réaction… nous privant même de prolongations tant espérées…

Set list (merci à l’ingé son) :

1. Adeadenemyalwayssmellsgood
2. Arming Eritrea leader
3. Chin Music
4. Miner's Gruel
5. Small Bones Small Bodies
6. The Limits of Battleships
7. Beneath the Waves an Ocean
8. Manchasm
9. You Need Satan More Than He Needs You
10. Without MSG I Am Nothing (Mclusky)
11. Robocop 4 - Fuck Off Robocop
12. Eating for None
13. If AT&T Drank Tea What Would BP Do?

(Organisation : Botanique)

 

 

Au-Dessus signe chez les Acteurs de l'Ombre

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Le label "Les Acteurs de l'Ombre" ont annoncé avoir signé "Au-Dessus", groupe de Post-Black Metal originaire de Vilnius, en Lithuanie. Depuis son lancement, le label a cette réputation de révéler au grand jour certaines pépites issues du Black et du Death Metal. Après un premier EP sorti en 2015 chez Witching Hour Production, les artistes d'Au-Dessus seront de retour cette année avec un nouvel album, dont la date de sortie est fixée au 19 mai prochain.
 
Comme l'indique le label, " sur les rives de la mer Baltique à la croisée des mondes, plus sombre que la nuit elle-même, plus hostile que l'hiver le plus rude, la musique de ces Lituaniens repousse les frontières musicales du Post-Black Metal. Au-Dessus souffle un vent glacial avec des atmosphères qui se chargent d'ondes négatives pour emmener l'auditeur sur des terres inconnues où les éléments, pris tantôt dans la musique sludge, tantôt dans la torture mentale,ré-ouvrent une à une les blessures de l'âme". Votre curiosité est piquée ? Jetez une oreille ici en guise d'apéritif... 
 
De plus, pour celles et ceux qui seraient dans les alentours de Paris le samedi 11 mars, Les Acteurs de l'Ombre organisent à Saint-Germain-en-Laye un concert avec quatre de ses "poulains", à savoir The Great Old Ones, Déluge, Maïeutiste et Moonreich. Un évènement à ne pas manquer ! Plus d'infos en cliquant ici.
 
 
 
 
 

The Smoke Wagon Blues Band

Cigar Store

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Smoke Wagon Blues Band est issu d’Hamilton, dans l’Ontario. Cette formation canadienne s’est formée en 1997. Corey Lueck en est le leader, le chanteur (et quel chanteur !!) et l’harmoniciste. Son backing group implique cinq musicos : le guitariste Mike Stubbs, le saxophoniste Gordon Aeichele, le bassiste Jason Colavecchia, le drummer Tibor Lukacs et le pianiste/organiste Brandon Bruce. Ce dernier n’a cependant pas participé aux sessions. Son remplaçant ? Nick Succi. Et l’opus a été mis en forme par le maître des lieux, Steve Sherman. Parus entre 1997 et 2006, les quatre premiers elpees du SWBB avaient été autoproduits. Depuis, la discographie est entrée dans les circuits officiels. Et la distribution est efficace. A l’instar d’"I ain’t easy", gravé en 2012, "Live in Hamilton", fin 2013, et ce dernier opus!

Première constatation : les différents instrumentistes sont de véritables virtuoses. R&b remuant, Smoke Wagon ouvre les hostilités. Un titre marqué au fer blanc par la voix rocailleuse de Corey. Les différents musicos ne tardent pas à se mettre en évidence. Et tout particulièrement Nick Succi, à l’orgue, et Gordon Aeichele, au saxophone. "Must’ve reaad it wrong" accélère le tempo. Mr Luck se concentre sur son harmonica, alors que le piano électrique et le saxophone occupent l’avant-plan. Blues lent, "I tried" est une compo idéale pour mettre en exergue la voix chaleureuse et expressive. Et face à l’orgue Hammond, elle vous flanque des frissons partout. Plus classique, primitif même, "Hoodoo woman" est un blues enlevé qui met en exergue l’harmo et a guitare slide de Stubbs. Indolent, "Put the quilt out to dry" ne manque pas de caractère. Et propage des saveurs ‘southern’. La voix prend soudainement des inflexions ravagées. Et l’harmonica peut enfin se libérer. Excellent! Le titre maître trempe dans du jazz nightclubbien. Accablée, la voix entre en dialogue avec le piano et le saxophone, avant un changement de tempo imprévisible. "Set me free" est une autre piste lente. Superbe, il s’agit d’un extrait de "The one and only SWBB", LP paru en 2004. On y retrouve bien la voix graveleuse et chargée de feeling ainsi que les cordes de Stubbs. Caractérisé par des interventions de slide primaires et voraces, "White mule" et "Mean old lady" (NDR : il a été écrit par l’ami canadien King Biscuit Boy) nous entraînent au cœur du Mississippi. Dernier slow, "I can’t change" est destiné à exaucer les désirs des derniers couples enlacés. Eraillé, le timbre semble désespéré, alors que le saxophone essaime des sonorités saturées d’émotion…

 

Shovels & Rope

Little seeds

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Shovels & Rope est issu de Charleston, en Caroline du Sud. Un duo folk réunissant Michael Trent et son épouse, Carry Ann Hearst. Le premier elpee "Shovels & Rope", remonte à 2008. Et il est signé par les deux artistes. Les deux tourtereaux se marient l’année suivante, mais décident de poursuivre des carrières individuelles. En 2012, ils gravent enfin un nouvel opus ensemble, "O’ be joyful", sous le patronyme S&R. Et dans la foulée, publient "Swimmin’ time", en 2014, et un long playing constitué de covers, en 2015, "Busted Jukebox Vol 1". Carry Ann et Michael se partagent l’instrumentation : guitares, claviers et percussions, Michael saupoudrant le tout d’un zeste d’harmonica.

Sculpté dans le folk/rock, "I know" ne manque pas de charme. Très rythmé, il se distingue par la conjugaison des voix. Et elles sont épatantes. Ce qui n’empêche pas les instruments de dispenser des sonorités déjantées, largement amplifiées, mais parfaitement maîtrisées. Une claque ! Des cordes de gratte flamenco et des percus subtiles amorcent "Botched execution". Les vocaux sont complexes mais excellent de nouveau.  Ballade morose, "St Anne’s Parade" décrit un cortège qui déambule dans les rues du quartier français de la Nouvelle Orléans, alors que le temps est maussade. Des percus dynamisent quelque peu "The last hawk", une plage que chante Carry Ann d’une voix expressive. Et elles se font lourdes tout au long de "Buffalo Nickel", une piste caractérisée par des accords de piano et des cordes amplifiées, autour desquels viennent se greffer de subtils effets vocaux. Et le tout est parfaitement maîtrisé. Des accords de gratte bien réverbérés amorcent "Invisible man". Les drums opèrent ensuite leur entrée en scène et impriment un tempo soutenu, alors que la voix féminine se dédouble. Deux chouettes ballades, ensuite. Tout d’abord la plus folk "Johnny come outside". Elle se distingue par sa jolie mélodie. Les vocaux sont parfaitement adaptés. Le refrain est contagieux. Les cordes électriques montent en crescendo jusqu’à l’embrasement final. Puis la roots/americana "San Andreas Fault line blues". Chanté presque a capella, "BWYR" baigne au sein d’un climat minimaliste. Et le long playing de s’achever par "This  ride", une compo intimiste qui bénéficie d’arrangements de cordes.

 

Olivia Ruiz

A nos corps aimants

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Pas de grand dépaysement en vue sur ce cinquième album studio de celle qui restera à jamais « La femme chocolat ». La belle Olivia sait ce qui fait sa force et dose –savamment– son potentiel, tout au long de ce nouvel essai.

 « A nos corps aimants » est véritablement marqué par l’empreinte si caractéristique de la chanteuse originaire de Carcassonne. Elle bouscule un peu la chanson française dont le répertoire semble parfois si convenu. Sans ressasser les succès passés, Olivia Ruiz propose de nouveau sa douceur ferme, sa poésie crue, sa sobre musicalité enivrante… « Mon corps, mon amour », premier single, donne le ton de cet elpee découpé en douze morceaux. Pas de mauvaise surprise donc. Plutôt de l’étonnement de constater qu’il lui est encore possible de tirer sur cette même corde sur laquelle tient son répertoire sans que la créativité ne soit négligée pour autant.

« A nos corps aimants » manque pourtant un peu de tripes. Même si Olivia en met un peu des siennes en partageant des chansons comme « Nino mi nino ». Elle se dévoile, aussi en chantant « Duerme negrito » en compagnie de son père Didier Blanc. Mais le côté rock est un rien trop doux, un peu trop en retenue. « Tokyo eyes » fait ça très bien, ça envoie, mais ça nous laisse sur notre faim. Ce butin paraît donc bien maigre après avoir goûté au « Calme et à la tempête » ou s’être laissé séduire par « Miss Météores ». On regrette aussi la poésie perdue dans les textes. Qu’elles soient belles, drôles ou prenantes, Olivia propose habituellement des titres bien écrits, qui nous content des histoires souvent inattendues. « Volver », « Le tango du qui », « Le saule pleureur », « Les crêpes aux champignons »… Les exemples sont légion.

Un disque intelligent, savoureux mais pas assez puissant.

 

Little Steve

Another man

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Little Steve & The Big Beat est un groupe issu du Pays-Bas. Fondé en 2013, il est drivé par le chanteur/guitariste Steven van der Nat. Son premier Ep est paru l’année de sa formation ; et "Another man" constitue son premier elpee. Au sein du line up figurent également le bassiste Bird Stevens, le batteur Jody van Ooijen, ainsi que les saxophonistes Martijn van Toor (ténor) et Evert Hoedt (baryton). Ce dernier milite également chez Electrophonics. Homogène et percuta nt, le r&b pratiqué par le combo est particulièrement dynamique. Destiné à se déhancher, il met bien en exergue la voix et la guitare du leader ainsi que les deux cuivres. Une recette particulièrement efficace. 

La guitare s’impose dès "Just fooling around". Talonné par les deux saxophones, Little Steve assure les vocaux. Et ils collent à l’expression sonore. En outre, ses interventions sont particulièrement subtiles, démontrant qu’il a bien assimilé tous les codes du style. La production n’est pas tarabiscotée ; ce qui n’empêche pas les différents solistes de tirer leur épingle du jeu. "Reasin’ without pleasin’" brille par son efficience. Soutenu par le piano de Bas Jansse, "Dangerous king" baigne dans le Memphis blues. Le spectre de BB King y plane. A cause de l’envol des cordes qui, face à une section rythmique libérée, est d’une rare efficacité. Les deux saxophonistes excellent aussi bien en arrière qu’en avant-plan. Ainsi le ténor de Van Toor brille tant sur "Things" que "Change my ways". "Another man" est une superbe ballade à coloration Stax au cours de laquelle Steve s’autorise une sortie tout en feeling. Et de cet Ep, on épinglera encore l’instrumental "Yes you can" et la reprise très jump du "Just one more time" d’Ike Turner. Un peu court mais épatant !

 

The Devil Makes Three

Redemption & Ruin

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Issu de la Californie, The Devil Makes Three est responsable d’une musique qualifiée d’americana soit, pour la circonstance, le fruit d’un savant dosage entre bluegrass, country, folk, blues et jazz. Ce trio réunit le chanteur/guitariste Pete Bernhard, la bassiste Lucia Turino et le gratteur/banjoïste Cooper McBean. Eponyme, son premier opus est paru en 2002. En 2013, il a signé chez New West, label sur lequel il a publié l’album "I’m a stranger here", la même année. Son dernier long playing a été enregistré au studio The Butter Shoppe, à Nashville. Il réunit 12 reprises, découpées en deux volets, chacun de six morceaux. Ils sont sous-titrés "Ruin" et "Redemption". Lors des sessions d’enregistrement, le band a reçu le concours de quelques invités de marque. 

Ouvrons d’abord le chapitre "Ruin". Le combo l’ouvre par le "Drunken hearted man" du légendaire Robert Johnson. La version est imprimée sur un tempo vivifiant. Les cordes sont bien mises en exergue. Tant celles du banjo à 5 cordes de McBean, de la guitare, du violon de Shawn Camp ou de la steel guitare que se réserve Jerry Douglas. Lustrée par l’harmonica de Mickey Raphael (NDR : ce vétéran a milité au sein du Willy Nelson Band), "Champagne and reefer" de Muddy Waters est une petite perle. Pete s’affirme derrière le micro, face aux répliques de Lucia, alors que la guitare de McBean est vraiment insistante. Signé Willie Nelson, "I gotta drink" trempe dans le pur ragtime. Cooper est aux vocaux devant les lignes de basse tracées par le tuba de Larry Paxton, au cœur d’un climat traversé par le flux et le reflux du dobro et du violon. Le "Chase the feeling" de Kris Kristofferson nous plonge dans l’univers du folk. Les sonorités des cordes sont limpides. Tant celles des guitares baritone de Mc Bean et David Ferguson que de la pedal steel dévolue à Dan Dugmore (ex-Linda Ronstadt Band). Clarinette et violon colorent "I’m gonna get high", un morceau de Western Swing que Tampa Red avait composé au cours des années 30. Emmylou Harris se réserve le micro tout au long du folk lumineux "Waiting around to die", une composition signée Townes Van Zandt. Sa voix est d’une grande pureté. Et baigne au sein d’un climat particulièrement envoûtant. 

Place ensuite à la "Redemption". Quoique de bonne facture, ce volet est moins exceptionnel. On en épinglera quand même le jazz ragtime "There’ll be a Jubilee", le chouette bluegrass "I am the man Thomas", un "What would you give" qui met en exergue mandola, banjo et dobro, ainsi que le "Come on up  to the house" de Tom Waits, fruit d’un cocktail de ragtime, blues et gospel, au cours duquel Bobby Wood brille aux ivoires, alors que les vocaux sont overdubbés. Empreinte de douceur, la reprise du "The angel of death" de Hank Williams Sr clôt l’elpee. Un titre country dominé par le violon, le viola, et les guitares. Steel, pedal et puis solo que se réserve une ancienne gloire ; en l’occurrence Duane Eddy, aujourd’hui âgé de près de 80 balais.

 

Cris Luna

Phoenix

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Depuis la formation de son groupe, Cris Luna, il y a 7 ans, Christophe Schoepp prend un malin plaisir à agréger rock et hard rock, en puisant son inspiration dans les 70's et les 80's. A l’origine, son projet était personnel. C’est d’ailleurs en solo qu’il a concocté ses deux premiers opus : "Babylon Child" (2012) et Maëlstrohm" (2014). Pour enregistrer "Phoenix", le Lorrain s’est donc entouré d’un véritable groupe, incluant le bassiste Nicolas Fageot, le batteur Benoît Cazzulini (Ange, Band Of Gypsys), ainsi que le guitariste Florent Latarche.

Malgré ce changement de line up, rien de bien neuf à se mettre dans les oreilles. Ou susceptible de nous inciter à montrer les dents. Et l’image qui figure sur la pochette annonce la couleur. L’essentiel de cet LP baigne dans un hard rock qui transpire de nostalgie. Et "Heavy Metal Kid" en est certainement le plus bel exemple. Les riffs sont musclés, mais le climat général reste bon enfant. Pourtant, c’est lorsqu’il change de registre que le combo devient le plus intéressant. A l’instar de l’écrasant "Lord of Luna", du psyché/folk "Exit" ou encore d’"American Boy", une plage hantée par Smashing Pumpkins.

 

The Staches

Placid Faces

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The Staches n’y va pas par quatre chemins. Originaire de Genève, cette formation nous propose, tout au long de son troisième elpee, une musique qu’on pourrait qualifier de décomplexée, tant elle déborde d’énergie toute juvénile. Une forme de garage/rock lo-fi, dont les différentes compos atteignent à chaque fois leur cible. Et en plein dans le mille. Une guitare, une basse, des fûts et un clavier suffisent pour mettre tous nos sens en éveil. Outre le synthé ou la basse, les vocaux sont assurés par les deux filles. Les mecs se chargent des parties de guitare et de drums. Bref, l’elpee propose onze morceaux minimalistes qui oscillent d’1’32 à 4’33. Et la production est également minimale ; à tel point que parfois on a l’impression que les sessions de « Placid Faces » ont été réalisées dans un garage. Ce qui accentue encore davantage la spontanéité et l’instantanéité des morceaux. 

Inutile d’épiloguer plus longuement sur ce quatuor suisse. Sa musique ne se décrit pas, elle se ressent…

 

Un Bagdad Rodeo en images

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Bagdad Rodeo propose un clip original pour accompagner une chanson qui ne l'est pas moins. Le titre "Tes idées" attaque ainsi, en musique comme en images, les idées construites sur la haine et pourtant partagées un peu partout autour de nous. Ce morceau est extrait de leur nouvel album "Trois", qui suit logiquement "Deux" et sortira le 12 avril prochain.

Depeche Mode cherche la révolution

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Depeche Mode va une fois de plus apporter de son "Spirit" avec un quatorzième album studio qui sortira le 17 mars prochain. L'occasion d'une première collaboration avec le producteur James Ford (Foals, Florence & the Machine, Arctic Monkeys). Mais en attendant, les indémodables Britanniques proposent une révolte avec leur single "Where's the revolution" .

Le Global Spirit Tour viendra soutenir la sortie de l'album. Toutefois, pour pouvoir en profiter en Belgique, il faudra être déjà muni de son ticket puisque le concert du 9 mai au Sportpaleis d'Anvers est déjà complet.

Ouvrez la cage au Petit Duck

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Petit Duck continue à prendre son envol. Un premier EP, "L'or" , sorti, ils enchaînent avec un premier clip. "Délivre moi" est ainsi accompagné d'un univers visuel invitant à l'évasion, mettant en confrontation liberté et entrave. A la réalisation, on retrouve Margot de Kerangat.

Trois autres titres composent également ce premier opus: "Des lumières", "Ils me chassent" et "L'or".

Pour Wire, c’est la finance qui dirige le monde…

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Après avoir gravé « Nocturnal Koreans », en avril 2016, Wire publiera un nouvel opus, ce 31 mars 2017. Il s’intitulera « Silver lead ». Un extrait de cet opus est en écoute sur Soundcloud. Son titre ? « Short elevated period », et c’est ici