Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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La nouvelle grande voix du jazz

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Fait rare pour une chanteuse française, Cyrille Aimée est déjà encensée aux Etats-Unis où elle est considérée comme la nouvelle grande voix du jazz. Dans un article, le Wall Street Journal a salué « son timbre éblouissant. »

Reconnue au niveau international, cette jeune chanteuse possède un style vocal unique au monde. Fascinée par le jazz manouche, et marquée par ses nombreux voyages et en particulier la République Dominicaine, pays de sa mère, Cyrille Aimée séduit avec ce timbre clair et pétillant, un swing naturel et un sens de l’interprétation très engagé.

Cette fan d’Ella Fitzgerald a publié il y a quelques mois sur le label Mack Avenue Let’s Get Lost, qui dévoile une autre face de sa personnalité romantique et mélancolique.

Forte de sa maturité et de la complicité établie en tournée avec ses musiciens, dont le fidèle guitariste Michael Valeanu qui co-signe titres et arrangements, Cyrille Aimée mêle sur le disque reprises et compositions, portées par les climats délicats de deux guitares, où se mélangent toutes les influences de son vaste parcours, du jazz manouche au jazz latino, en passant par un zeste de country.

Avec toujours ce bop bien balancé et ce scat qui font de son chant un instrument à part entière, elle vient nous présenter un nouvel extrait de son dernier album Let’s Get Lost.

Qui devinerait que derrière ce visage poupin, cette chevelure frisée explosive, ce regard bleu cascade et ce sourire épanoui se cache une swingueuse piquante ? On la découvre avec l'un des meilleurs titres de l'album Let's Get Lost : Each Day en duo avec Matt Simons. Pour regarder, cliquez ici .

L'odeur du vent ...

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Terre-Neuve, à l'aube de la sortie de son 1er EP est un artiste de la scène émergente française.

Son premier titre, « L’odeur du vent », a un je-ne-sais quoi terriblement bon, un savant mélange de pop électro et d’une voix douce et masculine. A ne pas manquer!

Les 3 influences: Dominique A, Peter Peter, Flavien Berger

Le clip peut être vu en cliquant ici .

Payne est à la recherche de quelqu'un !

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Derrière le projet de Payne, se cache Joanna Lorho, une artiste française qui vit et travaille à Bruxelles depuis 10 ans. Joanna a étudié la musique classique de 7 à 20 ans.

Même si la musique était très présente en elle, elle l'a mise de côté ces dernières années pour se consacrer au cinéma d’animation (notamment en réalisant des clips pour Françoiz Breut, Ladylike Lily…) et la bande dessinée.

Mais la musique l'a rattrapé et voici donc sa première œuvre où l'on peut retrouver certaines de ses influences : Philip Glass, Monteverdi, Antony and the Johnsons, Joanna Newsom, le label Constellation...Certains pensent à Agnes Obel.

"Someone is Missing" (Matamore / Differ-Ant) sera disponible le 5 mai 2017.

Balymurphy se dévoile à travers "Nos voiles"

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Au Botanique, la Rotonde initialement prévue pour le concert du 21 avril s’est rapidement révélée trop petite... il a fallu ouvrir les portes de l’Orangerie pour répondre au plébiscite du public, impatient de retrouver le groupe bruxellois « BALIMURPHY » .

Et pour cause ! Avec déjà trois albums et de nombreux prix à son palmarès, il nous revient avec un quatrième opus, qui se veut une synthèse entre l’esprit très folk de « Poussière » (2007) et les apports de « la Déroute » (2012).

Depuis 1999, les Bruxellois ont peu à peu construit leur univers bien particulier autour des textes de Mathieu Catala et François Delvoye, des compositions de Cédric Van Caillie, chanteur guitariste, et des arrangements du groupe.

Nos voiles dans les bacs le 31 mars 2017 (FREAKSVILLE RECORDS). « Echos », premier extrait est disponible ici .

 

  

Ivy en mode body language !

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Ivy Mode s'apprête à dévoiler une part plus sombre et sexy avec son second single « Body Next To You ».

Suite à la sortie de « Money Can’t Buy » en novembre dernier, l'ancienne candidate de The Voice van Vlaanderen a été louée sur Entertainment Weekly, Ultimate Music et Popwrapped, entre autres.

Avec actuellement plus de 150 000 streams au compteur, la pépite pop a été ajoutée à la playlist H&M in Store ainsi que sur Fresh Finds Hiptronix, New Music Friday et Indie All Stars sur Spotify.

L'artiste belge de 21 ans espère à présent vous réchauffer durant l'hiver avec un nouveau morceau produit par son fidèle collaborateur James Lowland, qui l'a par ailleurs aidée à écrire cette ballade audacieuse aux côtés de Matthieu Mortelmans.

Chuchotant des mots doux d'une voix lascive et voilée, Ivy Mode fait monter la température avec un refrain explosif. « Trouver quelqu'un qui parle le même langage corporel est une sensation incroyable. Vous avez juste envie de continuer à parler encore et encore sans devoir dire un mot », confie-t-elle.

Vous pouvez écouter "Body next to you" en cliquant ici .

Les 11 commandements selon Aliochat !

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Aliocha nous présente "Sarah", single extrait de son premier album intitulé "Eleven songs" qui sortira ce 2 juin 2017.
 
L'extrait est disponible en cliquant ici !

L'école, c'est cool !

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Quel groupe fait ses début non pas une fois mais deux, avec un son complètement nouveau tout en restant indie ? Cela ne peut être que School is Cool.

Autant sur ‘Entropology’ que sur ‘Nature Fear’, le groupe autour de Johannes Genard s’est montré un véritable maître dans tout ce qu’il touche. 

Et les vrais maîtres sont imprévisibles. La fantaisie de School Is Cool est tout simplement ce qui a toujours rendu le groupe attrayant. Ce n’est donc pas étonnant que pour cette nouvelle sortie, une touche moderne soit prévue.

‘Trophy Wall’ est la meilleure introduction possible à ‘Good News’, un nouvel album qui paraîtra à l’automne. Une métaphore du chasseur et de son Big Game, autour d’une chanson entraînante teintée de mélodie dorée.

Les thèmes principaux d’avant sont échangés par des chansons franches sur les profondes imperfections humaines. School is Cool proposera un concept global pour l’album, les chansons fonctionnant parfaitement dans l’ensemble. En même temps, les membres du groupe reviennent également au son plus chaud de leur début.

Complété par les mixing duties de Ben Baptie, ‘Trophy Wall’ est un vrai régal au niveau sonore.

 

Chuck Berry

Le canard s’est envolé : Chuck Berry est décédé ce 18 mars à l’âge de 90 ans !

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Pionnier du rock’n’roll, Chuck Berry est décédé ce 18 mars 2017. Il avait fêté ses 90 ans en octobre dernier. De son véritable nom Charles Edward Anderson Berry, il est l’auteur de compos incontournables comme "Maybellene" (1955), "Roll Over Beethoven" (1956), "Rock and Roll Music" (1957), "Johnny B. Goode" (1958), "No particular place to go" (1964) et même d’un tube pop intitulé My Ding-A-Ling (1972). Son pseudo ‘Chuck’, il le devait à une marche de canard (‘duckwalk’), qu’il exécutait sur les planches, en jouant de la guitare. D’ailleurs, en ‘live’, il n’en était pas à une acrobatie, près. Personnage imprévisible et pas très commode, il a séjourné, à plusieurs reprises, derrière les barreaux ; et ce le plus souvent pour des faits de mœurs. Des tas d’artistes ou de groupes considèrent ou considéraient Berry comme leur père spirituel. Et la plupart d’entre eux ont ainsi repris ses standards ; depuis les Beatles aux Stones, en passant par Jimi Hendrix, Johnny Winter, Grateful Dead, Elvis Presley, Johnny Rivers, Buddy Holy, Electric Light Orchestra, The Band, Ten Years After et la liste est loin d’être exhaustive… RIP.

 

Sofar Sounds Belgium 2017 : samedi 18 mars

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Deux groupes. Un public. Un lieu intimiste et gardé secret un jour avant les prestations. Des organisateurs passionnés. Ce cocktail, Jean-Michel Kulumba le contrôle de main de maître. Presque tous les mois, des spectacles Sofar Sounds sont organisés tant à Bruxelles qu’à Anvers ou à Gand. Ce concept est né à Londres, en 2009. Depuis, quatre cents concerts sont organisés chaque mois. La communauté Sofar Sounds est présente dans plus de trois cents villes à travers le monde.

Ce soir, la diversité est présente tant sur la petite scène de l’appartement qu’occupe Wip Music, siège de trois jeunes entrepreneurs belges, qu’au sein de l’auditoire. Ici, dans cet espace dédié à la musique, les conversations sont suspendues jusqu’à l’entracte. Le respect des artistes est presque un dogme. L’écoute attentive une nécessité. Le set commence par la voix suave mais puissante de la jeune chanteuse Julie Jadoul, qui n’est pas sans rappeler celle de Jevetta Steele, artiste connue grâce son single « Calling you », qu’on peut entendre dans le film ‘Bagdad Café’. D’entrée de jeu, elle s’impose sur la scène, malgré une nervosité apparente. Les morceaux sont mélancoliques. La tonalité du saxophone et celle de la guitare électrique, jusqu’ici timide, s’équilibrent. Le tempo est lent. Les notes s’accrochent à la ligne mélodique du blues et du jazz. A travers les compos, la jeune Julie s’interroge sur l’amour et le besoin de perfection. A l’instar de la chanson « Sarah Jane » qui parle d’une fille intelligente, drôle et parfaite. La prestation est chaudement applaudie par un public plutôt conquis par la voix au timbre si particulier de Jadoul.

La pause est longue. Les conversations vont bon train. Les organisateurs discutent en compagnie des heureux élus de la soirée (une centaine parmi une guest list de cinq cents personnes). La proximité, l’esprit de communauté sont des valeurs que véhicule Sofar Sounds Belgium. On peut dire que rien n’est laissé au hasard. L’accueil, un bar improvisé, des petits coussins disposés à même le sol. On se sent comme chez soi. Le groupe suivant s’installe.

Soul T est une formation issue de Bruxelles. Le chanteur, qui n’a jamais pris de cours de chant, chauffe ses cordes vocales en choisissant des ballades orientées soul, un style dérivé du gospel et du rhythm and blues (R&B). Le set se poursuit par des rythmes plus funky. Le tempo est plus rapide. Les invités commencent à danser. La facilité de l’artiste à passer d’une voix grave à une très aiguë évoque James Brown, le Godfather of Soul.

Le guitariste ne lésine pas sur les solos de guitare, démontrant ainsi toute l’étendue de son talent. Très à l’aise dans son rôle, Soul T s’amuse et invite ou plus exactement incite le public à répéter ‘I feel so good’. La fin de la prestation est plus surprenante. A cause d’une reprise très funky du « Come together » des Beatles. De quoi terminer une soirée pleine de surprises. On regrettera, cependant, l’excès de soli de gratte ainsi que le manque de rythme pour passer d’une compo à l’autre.

Les derniers mots reviennent à Zara, présentatrice de la soirée, qui nous rappelle l’importance de s’unir pour faire découvrir les artistes belges et étrangers. Elle parle de tous les Sofar Sounds à travers la Belgique (Bruxelles, Anvers, Gand et Liège). Car la musique n’a pas de frontières linguistiques, comme le souligne si bien Jean-Michel.

Soul T + Jadoul

(Organisation Sofar Sounds Belgium)

BirdPen

Des artistes politiquement engagés…

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Il y aura moins de concerts en 2017, au Salon de Silly. La programmation a été revue de fond en comble, afin d’accueillir des spectacles de taille internationale, comme celui de ce soir, qui va proposer BirdPen (NDR : le side project de Dave Penn et Mike Bird), en supporting act de Talisco. Excusez du peu ! Faut dire que la formation insulaire se produisait la veille au Bota et était attendue, en Suisse, le lendemain. Bref, ce soir, on va donc bénéficier de deux têtes d’affiche. Et le public est chaud boulette pour de tels événements. On dénombre même de nombreux aficionados du combo britannique, aux premiers rangs. Certains débarquent de Rodez ! Et bien sûr, le concert est sold out.  

BirdPen est venu défendre son dernier opus, « O’ Mighty Vision », paru en août dernier. Il a précédé celui d’Archive, publié en octobre, combo au sein duquel Dave Pen milite également. On peut donc affirmer que ce dernier n’a pas chômé, au cours des derniers mois.

A 21 heures pile, une intro nous invite à pénétrer dans l’univers de « O'Mighty Vision ». Un light show de couleur rouge baigne la scène. Une préface d’un peu moins d’une minute qui précède l’entrée des artistes. Le drummer s’installe à l’extrême droite. Un gratteur, casquette à penne vissée sur le crâne, se plante devant lui. Dave salue le public qui lui répond en frappant des mains. Mike se case à gauche de Dave. Il est très appliqué, que ce soit à la six cordes ou aux claviers. Lorsque ce dernier se prend pour un chamane, la musique devient propice à la transe. Et les sonorités de guitares nous plongent alors dans les ténèbres.

Dave et Mike sont des artistes particulièrement engagés. Notamment dans le domaine de la politique. Ainsi, ils n’ont pas hésité à dénoncer le Brexit ou les dérives populistes qui se produisent en Europe, que ce soit à travers leurs déclarations ou les thèmes abordés dans leurs compos. D’après leur analyse, c’est cette dérive populiste et les discussions politiques de comptoir qui ont poussé la Grande-Bretagne à sortir de l’Europe. Mais c’est le monde de la finance (banques, multinationales) qui a encouragé cette décision. Et ce message est véhiculé par « The Chairman », une compo au cours de laquelle les harmonies vocales sont atmosphériques et le refrain entre en lice, dès l’intervention des guitares.

Plus électro/pop, « Tookit » nous rappelle que Talisco va succéder à BirdPen, sur les mêmes planches. Dave a d’ailleurs rangé sa gratte, alors que les percus et les claviers finissent par s’emballer…

Dominée par les claviers et les grattes, « The Solution Is The Route Of All My Problems » est la piste la plus longue du dernier elpee. Atmosphérique, éthérée même, elle lorgne manifestement vers la prog. Celle d’Archive, probablement. Ou alors du Floyd. Excellent ! Les fans participent alors à un grand moment de recueillement. Dans le même esprit « Lifeline » est propice à l’évasion de l’esprit. Les cordes y sont littéralement dantesques. Comme lors des morceaux finaux, « Into The Blacklight » et « Off ». Les larsens sont parfaitement maîtrisés. Les percus, hypnotiques. Et la voix de Dave pénètre dans la stratosphère…

Le rappel n’implique pas de sortie de scène. Le band préfère sans doute battre le fer tant qu’il est chaud. Le drumming syncopé de « The Underground » plombe volontairement l’atmosphère. C’est dans ce style que la musique Birpen est vraiment la plus intéressante. A l’issue d’« Only The Name Change » les néons verticaux se rallument et diffusent une lumière de couleur blanche…

A l’intérieur du Salon, il fait de plus en plus chaud. Un détour par le bar s’impose pour s’offrir un petit rafraîchissement. Talisco, c’est le projet du Bordelais Jérôme Amandi. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Capitol Vision », un disque coloré, ensoleillé, qui a été enregistré à Los Angeles. Et sur les planches, il est soutenu par deux musicos. Un drummer et un claviériste, également préposé aux percus électroniques. Encore que régulièrement, ils changent de rôle. Jérôme va se servir, tour à tour de la guitare sèche ou semi-acoustique.

Bons baisers de Los Angeles (« A Kiss From L.A.»), c’est le brûlot qui ouvre le set. Le public est déjà sous le charme. Discrètement souligné par les ivoires, « Monsters And Black Stones » est imprimé par des percus soutenues. « Follow Me » nous entraîne sur les grandes plaines de l’Ouest, pour y vivre une cavalcade effrénée. Le spectre de Sergio Leone plane. Des « Shadows » qui se révèle bien plus urbaines… mais toujours américaines. Particulièrement dansants, « Your Wish » et « Sorrow » sont destinés à évacuer les fourmis qui nous démangent les guiboles. « Thousand Suns » est une compos électro/pop classieuse. « Sitting With The Braves » nous invite autour d’un feu de camp. La mélodie est jolie. Les percus sont tribales. Et les cordes de gratte, atmosphériques. Empreint de douceur, « The Martian Man » se distingue par ses superbes harmonies à trois voix. Le popotin recommence à remuer dès « Stay (Before The Picture Fades) ». Tout comme lors d’« Everyone », un morceau plutôt excitant. Les spaghettis du western italien débordent de la casserole en ébullition. « Loose », c’est un peu le coup de cœur de votre serviteur. Il est à inscrire en lettres ‘Capitole’ sur cet excellent second album. Et c’est « The Keys » qui va mettre le souk devant et derrière le podium. Faut dire que sympa et interactif, Jérôme est un fameux showman. Et le concert de s’achever par « Behind The River ». Une superbe soirée !

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Russian Circles

Une démonstration tout en puissance…

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On ne peut pas dire, qu’au cours des dernières années, le Botanique ait programmé des tonnes d’artistes metal ou post-rock. Pour assister à ce type de concert, on se tourne, le plus souvent, vers le Magasin 4, l'Ancienne Belgique ou d'autres salles, pour la plupart situées au Nord du pays. Il faut cependant avouer que depuis le début de cette année, le Centre culturel de la Communauté française a accueilli plusieurs spectacles bien musclés. Ainsi, après avoir invité Boris en décembre dernier, qui était venu fêter le 10ème anniversaire de la sortie de son album "Pink", c'était au tour de Russian Circles de fouler les planches de l’institution bruxelloise, mais à l’Orangerie. 
Il y a 13 ans que le trio issu de Chicago roule sa bosse en pratiquant ce qu’on pourrait appeler du post-rock-metal, un style dont les envolées sauvages, chargées de testostérone, sont entrecoupées de moments plus paisibles et mélodiques. Depuis qu’Isis a tiré sa révérence, Russian Circles incarne certainement le mieux celui qui atteint ce parfait équilibre, dans ce domaine. Et son dernier elpee, "Guidance", paru l'année dernière, en est une belle illustration. On avait donc hâte de redécouvrir, en ‘live’, ce combo capable de libérer une puissance phénoménale.

Après avoir assisté à une première partie assurée par le band yankee Cloakroom, les trois musicos montent sur l’estrade devant une salle comble. Il est près de 21 heures. Dave Turncrantz se plante derrière ses fûts, le bassiste, Brian Cook (NDR : un barbu !), s’installe à droite alors que le guitariste, Mike Sullivan, à gauche. Le set s’ouvre par un morceau du dernier elpee, « Asa ». Mais après cette courte introduction, le combo chicagoan entre dans le vif du sujet. Percutants, les riffs sont sculptés dans le post-metal. Brian Cook tient sa basse à hauteur des genoux et nous gratifie d’un headbanging, suivi par la majorité du public agglutiné au sein de l’Orangerie. Quoique toujours aussi statique, Mike Sullivan impressionne par son aisance. Il enchaîne les parties techniques et n’hésite pas à recourir au tapping. Si les compos du dernier opus incorporent des passages plus ambiants et mélodieux, sur scène, la formation privilégie les titres les plus agressifs de ses précédents long playings, à l’instar de « Deficit » ou encore « Mladek ». D’ailleurs les périodes calmes sont plutôt rares, tout comme le discours entre les morceaux. (NDR : il est même tout simplement absent).

Après une heure et demie de démonstration tout en puissance, Russian Circles se retire et laisse la foule se remettre de ses émotions. Vu l’affluence enregistrée ce soir, on suppose que le Botanique va continuer à programmer des groupes de ce style… enfin, c’est ce que votre serviteur espère vivement…

(Organisation : Botanique)

Voir aussi notre section photos ici


 

 

Depeche Mode: concours et chronique exclusive

Grâce à Sony Music, nous avons des tickets gratuits pour la Launch Party du nouvel album de Depeche Mode, qui aura lieu au fuse ce jeudi 16 mars à 19h30. Pour participer, c'est ici.

Cerise sur le gâteau, Musiczine est un des tout premiers médias belge à avoir pu écouter le nouvel album avant sa sortie officielle. Lisez la chronique ici.

Depeche Mode

Spirit

Musiczine est un des tout premiers médias belges à avoir pu écouter le nouvel album de Depeche Mode et à en publier une chronique détaillée. Intitulée « Spirit », la nouvelle production des stars anglaises sort officiellement le 17 mars.

Après une première écoute, l’impression générale qui s'en dégage révèle un mélange de puissance, de profondeur et de noirceur. Les tempos sont lents, les sons tissent une trame lourde, voire menaçante, les voix sont lancinantes et les thèmes évoquent clairement la situation tragique du monde d'aujourd'hui. Le titre de l'album, « Spirit », se réfère à l''Esprit', qui aurait disparu au sein de notre civilisation déshumanisée. 'Our Spirit has gone', chante Martin Gore dans « Fail ».

Côté production, Dave Gahan, Martin Gore et 'Fletch' ont choisi James Ford, connu pour son travail auprès de Foals, Florence & The Machine et Arctic Monkeys. Le son est ample, épais, très chargé dans les basses, comme pour souligner le côté tragique du propos.

Le premier titre, « Going Backwards », donne d'emblée le ton : deux accords sombres soutenus par une basse synthé ouvrent la voie à un couplet tout en retenue. Lors du refrain, Gahan et Gore conjuguent leurs voix à la perfection, comme lors des meilleurs titres de la 'grande' époque. C'est du pur Depeche Mode façon « Black Celebration ». Il manque juste un riff instrumental pour que ce soit parfait. Le thème est politique : Martin Gore y fustige le monde moderne : 'Armed with technology, We're going backwards to a caveman mentality'.

Place ensuite au single « Where's the Revolution », qui passe en boucle sur toutes les bonnes stations de radio. Lent et hypnotique, cet hymne prône une révolution 'douce', menée au son des guitares et des batteries.

Pesant et dérangeant, « The Worst Crime » poursuit dans la même veine. Ce blues électronique s'élève face à l'inertie dont nous sommes tous responsables : 'Blame Misinformation, misguided leaders, We had so much time, How could we commit the Worst Crime...'

Après avoir adopté des tempos majoritairement lents, le band adopte un rythme plus rapide tout au long de « Scum ». Assez agressif, le ton tranche également par rapport aux premières chansons. Pour rappel, 'scum' se traduite par 'ordure' ; mais malheureusement on ignore à qui le message de Depeche Mode s'adresse. La voix de Gahan est ici saturée et dans le refrain ('Pull the trigger'), les claviers deviennent solennels, comme pour signifier une condamnation à mort... Glaçant !

Changement complet d'atmosphère ensuite pour la seule composition à 4 mains signée Gore et Gahan : « You Move ». Après les premiers titres de Martin Gore, somme toute assez linéaires, l’opus pénètre dans un univers plus 'groovy', plus léger. Les paroles sont simples : 'I like the way you move'. Après le refrain, éclot un magnifique riff ; cristallin, il doit émaner d'un synthé analogique. C'est ce genre de mélodies instrumentales qui manquent cruellement aux premiers titres de l'opus. On se régale donc, d'autant que ces sons lumineux envahissent encore plus le spectre sonore, en fin de compo.

« Cover Me », composé par Gahan avec Peter Gordeno et Christian Eigner, baigne au sein d’une ambiance très particulière. Ce slow plutôt 'ambient' parle d'amour et évoque les aurores boréales. La piste est plongée au cœur d’un climat cinématographique, aux accents 'John-Carpenteriens'. Jolie surprise : au milieu de la composition, ces sorciers du son développent une très belle séquence de synthés analogiques dans un style 'minimal synth' que Martin Gore pratique souvent sur ses albums 'solo'. La fin du morceau est une merveille d'ambiance électro-symphonique. Belle réussite !

« Eternal » est le premier titre chanté par Martin Gore. Ce slow rappelle « Somebody » ; cependant, la mélodie n’est pas aussi accrocheuse. Le morceau est court (2''24) et on ne peut s'empêcher d’avoir un sentiment de 'trop peu'.

Après « Poison Heart », une valse lente qui sonne comme un blues en accords mineurs, place à la grosse claque de l'album : « So Much Love ». La pulsation est rapide (enfin!) et on sent d'emblée que l'on tient là un hit potentiel. Le riff en arpèges emprunte à David Gilmour et le staccato rythmique opère une montée en puissance propice au refrain paroxystique. On n’y arrive jamais vraiment ; ce qui est très frustrant, mais c'est quand même une composition très forte, sans doute la plus efficace depuis le début de cet LP.

Après un « Poorman » plutôt calme malgré quelques touches tribales dispersées ça et là, l'album tire doucement à sa fin dans les arabesques sombres de « No More (This Is The Last Time) », une composition de Dave Gahan et Kurt Uenala, et la noirceur désespérée de « Fail », le second titre 'solo' de Martin Gore. 'Our souls are corrupt, Our minds are messed up, Our consciences bankrupt... Oh We're fucked' : un point d'orgue crépusculaire.

Au final, cette oeuvre très forte, déroutante par moments, est surtout réellement bouleversante. C'est très noir, apocalyptique même, mais bien en phase avec la période, 'dystopienne', que nous traversons. On aurait évidemment préféré un Depeche Mode plus léger, plus new-wave, dans la lignée des grands hits des années '80 et '90 ; mais « Spirit » est ici le prolongement parfait du long playing précédent, « Delta Machine » ; et en ce sens, la cohérence est évidente. Nul doute que cet elpee tournera de multiples fois sur ma platine vinyle et que ses beautés cachées se révéleront au fur et à mesure, comme c'est toujours le cas pour Depeche Mode. En tous cas, on ne peut que féliciter le trio d'être encore si créatif, 37 ans après sa formation, et de parvenir encore et toujours à nous surprendre. L''Esprit' est bel et bien toujours au coeur de leur musique...

Tracklist:
 
Going Backwards
Where's the Revolution
The Worst Crime
Scum
You Move
Cover Me
Eternal
Poison Heart
So Much Love
Poorman
No More (This is the Last Time)
Fail
 
La version « Deluxe » contient des remixes (« Jungle Spirit Mixes ») :
Cover Me (Alt Out)
Scum (Frenetic Mix)
Poison Heart (Tripped Mix)
Fail (Cinematic Cut)
So Much Love (Machine Mix)
 
Pour commander « Spirit » : http://smarturl.it/Spirit

Le concert au Sportpaleis le 9 mai est complet.

Paul Personne

Lost in Paris

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Célèbre au sein de l’Hexagone, Paul Personne est un chanteur de blues/rock. Cet artiste français a entamé sa carrière au cours des années 70. Il a ainsi notamment milité chez Bracos Band et Backstage. Il embrasse une carrière solo pendant les eighties. Et décide de chanter son blues, dans la langue de Voltaire. Il publie son premier elpee, "Faut qu’ça bouge", fin 1982, sur CBS. Depuis, Paul a gravé de nombreux albums ; dont le dernier, "Electric Rendez Vous", est paru en 2015. Entre-temps, il a participé à l’enregistrement d’un LP d’Eddy Mitchell, "Rio Grande" et au concert du cinquantième anniversaire de Johnny Halliday. L’an dernier, le célèbre guitariste Jean-Felix Lalanne avait organisé une tournée baptisée ‘Autour de la Guitare’, réunissant des artistes issus du monde entier. Mais une dizaine de concerts seront annulés, laissant des hautes pointures en matière de cordes, désœuvrées dans la capitale. Ce qui explique ce titre "Lost in Paris". Mais Personne n’a pu arrêter Paul dans son projet de réunir ces artistes aux parcours si différents ; et de les retrouver trois jours durant, au sein du studio Ferber, à Paris. Ainsi, le Lost in Paris Blues Band venait ainsi de naître. Outre Paul Personne, le line up implique de remarquables musicos yankees. Et tout d’abord, le gratteur Robben Ford, apprécié autant dans l’univers du blues, du jazz que du rock. Ron ‘Bumblefoot’ Thal, ensuite. Il a longtemps été l’un des deux solistes de Guns N’ Roses (NDR : alors que Slash n’y était plus), puis de Art of Anarchy. John Jorgensen, encore. Ce multi-instrumentiste, préposé pour la circonstance aux claviers et à la guitare, a participé aux aventures du Desert Rose Band et des Hellecasters. Il a également contribué, comme musicien de tournée, aux périples d’Elton John, de Bob Dylan et Bonnie Raitt. Beverly Joe Scott est également de la partie. La chanteuse bruxelloise assure les backing vocaux féminins. Quant à la section rythmique, elle implique des musiciens chevronnés issu d’outre-Quiévrain ; en l’occurrence le bassiste Kevin  Reveyrand et le batteur Francis Arnaud.

Le tracklisting a été sélectionné au sein d’un répertoire de classiques du blues et rock. Chicago a cependant été privilégié, puisque y figurent des titres signés Willie Dixon, Muddy Waters, Howlin’ Wolf et Elmore James. Mais d’autres le sont par des artistes notoires, tels que Bob Dylan, Bobby Womack, Tom Waits, Bob Seger ou encore Janis Joplin. On a ainsi l’impression d’assister à une jam au cours de laquelle chaque musicien a essayé de tirer son épingle du jeu. Et si le résultat peut s’avérer très bon, il peut aussi se révéler sans grand intérêt, surtout lorsqu’il s’agit de morceaux plus que revisités...

Et finalement, la meilleure plage entame l’opus. Il s’agit du "Downtown" de Tom Waits, une composition qui figurait sur son elpee "Rain dogs", gravé en 1985. Le climat est cool. Tout est bien en place ; que ces soit les différentes voix, les cordes et l’orgue de Jorgensen. On épinglera également l’excellente cover du "Fire down below" de Bob Seger, un rock bluesy caractérisé par des riffs ‘stoniens’ ; et au cours duquel la voix de Bervely s’intègre à celles des partenaires masculins. Ray Charles avait décroché un hit en 1966 pour "I don’t need no doctor". Mais la nouvelle version est loin d’être incontournable. A contrario de celle exécutée par Humble Pie sur leur double elpee "Performance Rockin’ the Fillmore", en 1971. Remontant à 1969, "One good woman" constitue certainement un des meilleurs blues écrit et chanté par Janis Joplin. A l’époque, elle était soutenue par le Kozmik Blues Band qui succédait au Big Brother & the Holding Company. Malgré toute sa bonne volonté, BJ Scott ne parvient cependant pas à faire oublier Janis. L’adaptation en shuffle du "Tell me" d’Howlin’ Wolf est particulièrement rythmée et tient parfaitement la route. Paul Personne se montre à son avantage sur cette plage que le Chicken Shack de Stan Webb traitait déjà de cette manière, dès la fin des sixties ! Datant de 1975, "Evil Gal blues" est un blues nightclubbien interprété, à l’origine, par Dinah Washington et plus tard, par Aretha Franklin. Soutenu par des interventions de grattes parcimonieuses, BJ Scott s’en tire plutôt bien. Le reste ressemble surtout à des jams. Si en matière d’impro les musicos démontrent qu’ils ont des planches, il faut reconnaître que sur ce disque, on reste sur sa faim…

 

Landon Spradlin

No more blue Mondays

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Ce chanteur, guitariste et compositeur, est originaire de Virginie, aux states. Il aime agréger différents styles. Qu’ils émanent de Chicago, de la Louisiane, du Texas ou même, de Londres. Il s'est également converti à la ‘Christian music’ ; autrement dit la musique chrétienne. D’ailleurs, sur cet LP, plusieurs plages traitent de cette religion.

"No more blue mondays" a été enregistré en 1995, au studio Rainbow de Brighton. L’artiste avait alors bénéficié du concours de musiciens qui militaient alors au sein du backing group d’Eric Clapton ; et tout au moins sa section rythmique. En l’occurrence, le drummer Henry Spinetti et le bassiste Dave Markee. Mais également de deux guitaristes : Spradlin et Norman Barratt (NDR : ce dernier, de nationalité britannique, est décédé en 2011, à l’âge de 61 ans ; au cours des 70’s, il avait sévi au sein d’un groupe de prog/rock, Gravy Train). Enfin, outre son concours aux claviers, c’est le Canadien Dan Cutrone –également disciple de la Christian Music– qui s’est chargé de la production.

"I’ve never been to Seminary" ouvre l’elpee. Signé par le Rev Don Smith, ce blues cool lorgne manifestement du côté de Clapton. "No more blue Mondays" constitue la meilleure compo de cet opus. Lent, dépouillé, ce blues attachant est dominé par la voix d’écorché vif de Spradlin. La section rythmique balise naturellement le tempo. Cutrone siège derrière l’orgue. Mais le sommet de ce morceau est atteint lors de la brillante intervention –probablement de Barratt– aux cordes. "First fruits" est une plage indolente et dépouillée. Chargée de désespoir, la voix s’abandonne devant les ivoires. Spinetti et Marquee s’y révèlent brillants. Toujours aussi flemmard, "Drift away" est enrobé par un chant gospel féminin à trois voix. Et celle du leader est encore bien expressive. Blues largement contaminé par la country, "I got Jesus name" est très proche du style laidback de JJ Cale, Henry Spinetti se chargeant d’imprimer le tempo derrière ses fûts. Jolie ballade, "My God" est amorcée par une guitare empreinte de sensibilité et lumineuse, avant d’être rejointe par le piano et des cordes synthétiques. Et "He is there" ainsi que "My friend Jesus" adoptent un profil semblable. Quoique bien rythmé, "My help" campe un gospel classique, une plage entretenue par l’orgue, le piano et les chœurs de circonstance…

 

Todd Snider

Eastside Bulldog

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Ce chanteur/compositeur est originaire de Portland, dans l’Oregon. Aujourd’hui âgé de 50 ans, il a pas mal bourlingué : du Texas à la Californie avant d’aboutir à Memphis, dans le Tennessee. C’est alors qu’il a tout le loisir de s’exprimer à travers sa musique, essentiellement ancrée dans le folk et la country. Cet admirateur de John Prine et de Jerry Jeff Walker publie son premier elpee en 1994, "Songs for the Daily Planet" (NDR : le Daily Planet était un club de Memphis où il se produisait souvent), sur le label MCA. Depuis, il a gravé une quinzaine d’albums. Il s’est désormais établi à Nashville ; et vient de réaliser son premier opus studio, depuis 2012. Todd a également un sobriquet : Elmo Buzz. Et tout au long de cet "Eastside Bulldog", il donne vie à ce caractère en réalisant son LP le plus rock ! Alors qu’il sort rarement de sa solitude, il a bénéficié, pour la circonstance du concours d’un véritable groupe. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du jam band de David Schools, le notoire Widespread Panic. Une formation qui implique le saxophoniste Dennis Taylor, le pianiste/organiste Jen Gunderman et le drummer Mark Horn. Les sujets de ses compos abordent tout ce qui forme l’univers d’Elmo Buzz : les voitures, les femmes, les ‘parties’, les concerts en club et Hank Williams Jr. Bref, un ensemble de thèmes nécessaires pour passer la nuit dans East Nashville. Enfin, les chansons ont pratiquement été improvisées en studio.

Rock’n’roll énergique, "Hey pretty boy" donne le ton de cet LP. La guitare est accrocheuse. Piano et saxophone combinent. D’allègres répliques vocales ripostent au chant du leader. Dans le même style, "37206" est traversé par le saxophone hurleur de Taylor. Moins enlevé mais dansant, "The funky Tomato" est sculpté dans le funky blues. Et les interventions d’orgue me rappellent Sam the Sham and the Pharaohs (NDR : Texan, Sam est aujourd’hui âgé de 80 ans). Excellent, "Eastside Bulldog" oscille entre rock’n’roll, surf et blues. Entretenues par le Farfisa et la gratte, les sonorités sont savoureusement surannées. Le saxophone se libère sur le débridé et festif "Check it out", une piste dont l’attitude est très proche du punk. Une formule entraînante qu’on retrouve sur "Are you with me". Instrumental, "Bocephus" est vraiment remarquable. Omniprésent, le saxophone s’autorise un flirt avec l’orgue, au sein d’un climat qui évoque une musique dispensée en club, il y a un peu plus d’un demi-siècle. "Enough is enough" adopte un profil bien plus blues. "Ways and Means" rappelle étrangement le "Should I say or should I go" de Clash, un morceau qui remonte à 1981. Et il est épatant ! Trop court (NDR : 24’ seulement !), cet elpee s’achève par "Come on up", une compo dont l’ambiance à la fois blues et rock est toujours le fruit d’une belle improvisation.

 

John Richard

Lost in Dublin

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Ce chanteur/compositeur canadien avait publié un premier essai en 2014. Un mini elpee baptisé "Blue Valley". Lors d’une récente visite à Dublin, il tombe sous le charme de la capitale irlandaise. Il la visite suivant son instinct et décide alors de s’en inspirer pour enregistrer un album. Un opus qu’il réalise en studio chez lui, à Halifax. Il signe six des sept plages.

Et sa seule reprise figure en ouverture. Il s’agit d’"I fall apart", une composition du regretté Rory Gallagher, musicien irlandais notoire, mais issu du Nord. Indolente, cette superbe roots song est illuminée par la pedal steel de Christien Belliveau. La voix de John passe très bien la rampe. Carter Chaplin en profite pour s’autoriser une remarquable sortie sur sa gratte, une sortie à la fois créative et mélodieuse. Derrière ses fûts, Mike Trask (NDR : il assure également la production et la prise de son) imprime une rythmique répétitive, hypnotique même, au "Some things never get paid". Et ce même Mike s’illustre également par une intervention de gratte plutôt acérée. La pedal steel de Belliveau propage des sonorités étrangement réverbérées sur le lent et dépouillé "Volumes of beautiful worlds", une piste au cours de laquelle la voix de Guillaume Boullianne colle littéralement à celle de John Richard. Et bien expressive, cette dernière est bien mise en exergue sur le toujours aussi flemmard "Can’t help it", tandis que Carter Chaplin privilégie les accords rythmiques sur sa gratte. "Wish you’d come with me" baigne au sein d’un même climat. Les cuivres de Sebastien Michaud s’intègrent dans les vocaux. Et en arrière-plan, Marc Doucet essaime des sonorités de gratte écorchées. Une rythmique répétitive tramée par la batterie et la guitare de Keith Hallett (NDR : un pote canadien) guide la longue plage "Black Church". Richard chante comme un Jim Morrison en fin de parcours. Sa voix monte progressivement en puissance. Et après avoir assisté à l’emballement des cordes, il gratte son banjo. "All the Proof I Need" clôt ce long playing. Un morceau empreint de sérénité que se partagent en duo John, à la guitare et au chant, et Christien Belliveau, à la basse.

 

Derrick Procell

Why I choose to sing the blues

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Chanteur, pianiste, harmoniciste et compositeur, Derrick Procell est originaire de Milwaukee. Ce vétéran signe l’ensemble de son répertoire. "Why I choose to sing the blues" a été mis en boîte au sein de son propre studio, le ‘Hear and Now Music’. Il en a assuré le mixing, la production et les arrangements. Lors des sessions, des amis, relations et invités de prestige sont venus lui prêter main forte.

L’opus s’ouvre par un hommage au légendaire Howlin’ Wolf, "The Wof will howl again". Eddie Shaw y apporte sa collaboration (NDR : âgé de 80 balais, ce prestigieux saxophoniste a milité au sein du Wolf Gang). Shaw et Procell se partagent judicieusement les vocaux ainsi que les cordes acoustiques et électriques, Derrick s’y réservant l’harmonica. Ce dernier se concentre sur son piano, tout au long de "Trouble no more", un titre nerveux qu’il chante d’une voix graveleuse et puissante, proche de celle de Greg Allman, tandis que Bob Maglione se fend d’un excellent solo sur ses cordes. Remarquable ! "The eyes of Mississippi" retrace le parcours de Muddy Waters ; depuis le Delta du Mississippi jusqu’au quartier Southside de Chicago où il rencontrera le succès et la célébrité. Bob Margolin (NDR : il a été le gratteur attitré de Waters, au cours de ses dernières années d’existence) s’y consacre à la slide. Un expert en la matière ! "Why I choose to sing the blues" est une compo autobiographique.  Derrick s’y multiplie. Il joue du piano, de la basse et de la batterie programmée. Proche de Greg Allman, sa voix est souveraine. Et puis, il nous guide depuis le Mississippi, sur la route de Memphis, en se référant à de nombreuses légendes, dont Robert Johnson, Sonny Boy Williamson, Junior Parker, Elmore James, Howlin’ Wolf et bien d’autres. La talentueuse Miss Zoey Witz est préposée à la gratte tout au long du plus enlevé "They all find out", une plage au cours de laquelle Procell est soutenu par des voix féminines. Mais également sur "Ain’t nuthin’ more about it" ainsi que le superbe "Don’t waste a wish on me", blues lent que Derrick interprète à la manière de Ray Charles. Dave Steffen (NDR : il est issu du Wisconsin) est passé à la gratte pour "Broke the Mold", un blues de bonne facture imprimé sur un mid tempo. Et ses interventions sont alertes. Le leader double piano et harmonica. Autre blues lent, "Who will tell Lucille" rend hommage au grand BB King et à sa guitare Lucille. Procell siège derrière ses ivoires et la partie de cordes aux réminiscences BB est signée Alex Smith. Excellent blues, "Back in the game" change de rythme et vire vers un boogie léger. C’est le prestigieux Billy Branch (NDR : un Chicagoan !) qui souffle dans l’harmo. Il est épaulé par Bob Maglione, qui se sert du bottleneck. Et le long playing de s’achever par "Too much", un texas shuffle digne de Freddie King, marqué par un très bel échange entre l’harmonica et la guitare de Chris Hanson.

 

Pinback

Some offcell voices

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En ce début d'année 2017, les fans de Pinback on retrouvé le sourire. Tout d'abord, ils ont appris que Rob Crow, l'un des membres fondateurs de Pinback, reprenait du service après deux années de silence, une longue absence qu’il a passée auprès de sa famille. Il vient ainsi de publier un album sous le patronyme de Rob Crow's Gloomy Place. Seconde bonne nouvelle, le label Temporary Residence Ltd (Eluvium, Envy, Maserati, Grails, …) vient de publier "Some offcell voices", une œuvre réunissant deux Eps de Pinback : "Some Voices" paru en 2002 et "The Offcell", en 2003. Ils ont été remasterisés.

Bref, cette œuvre nous permet d’abord de replonger aux origines du duo californien. (NDR : il est issu de San Diego). D’ailleurs, dès le départ, le son de Pinback est aisément identifiable. A cause de ces interventions de basse caoutchouteuses et puis de la manière d’intégrer des éléments électroniques. Et puis d’un sens mélodique très susceptible de déboucher sur de pures merveilles. Sans oublier cette conjugaison unique entre les voix de Rob Crow et de Armisted Burwell Smith IV, déjà épatante à l’époque de "Manchuria". Une profonde mélancolie baigne cependant l’ensemble des morceaux ; un spleen qui contamine également les œuvres des side projets monté par les deux Californiens. Pensez à Black Heart Procession. Même si le second Ep s’ouvre par une piste imprimée sur un tempo relativement plus enlevé.

Si vous ne connaissez pas Pinback, "Some offcell voices" constitue une introduction idéale pour le découvrir. Et pourquoi pas l’apprécier. Quant aux aficionados, ils rêvent, certainement, tout simplement d’une reformation…

 

Stevie J. Blues

Back 2 Blues

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Encore un artiste originaire du Mississippi. Et plus précisément de sa capitale, Jackson. De son véritable nom Stephen Johnson, Stevie J. Blues est le fils d’un pasteur. La musique de ce compositeur, chanteur et guitariste baigne dans le blues mais aussi la southern soul. Il y a quelques années, il militait au sein du backing band de Bobby Rush. C’est un féru d’histoire du blues, une culture qui prend une autre dimension sur les planches, lorsqu’il l’illustre d’anecdotes croustillantes. En compagnie de Blues Eruption, il a été finaliste de l’International Blues Challenge à Memphis. C’était en 2011. Son premier opus, "2 sides of a man", remonte à 2008. Il a ensuite publié "The Diversity Project", en 2011, et "Unstoppable", en 2013.

Surprise, la plage qui ouvre l’elpee est dansante, disco même. La voix de Stevie J est soutenue par celle d’Angela Walls. Enrichi par les cuivres des Jackson’s Horns et des cordes synthétiques, le morceau est particulièrement soigné. Une formule également adoptée sur "That Party song", un titre souligné par le saxophone de Micha Brown, et "Good good", par le piano électrique et la guitare au bord du délire. "I ain’t getting that" est tout aussi dansant, un blues rythmé au cours duquel les percus d’Atwan Gray libèrent une bonne dose de groove, alors que volubile, la guitare propage des sonorités fuzz. Paru en single, "Cradle Robber" trempe dans la southern soul ; dominée par les cuivres et la gratte, cette plage ne manque pas de charme. Le demi-frère de Stevie, Scott Albert Johnson, souffle dans son l’harmonica, tout au long de "Come see me", un blues authentique. Carol McLaughlin tire son épingle du jeu à la six cordes sur "Lights out", une ballade soul indolente. Superbe blues lent, "Another Jody sting" est signé Omar Cunningham. Ce dernier vocalise derrière le chant passionné du leader. La guitare est chargée de feeling. Un sommet de cette plaque ! Une voix récite "Son of a Saintified preacher". Elle aurait pu émaner d’un prêcheur lors d’un office religieux. Et pourtant, il s’agit d’un boogie auquel participe Kashiah Hunter à la pedal steel (NDR : ce spécialiste du gospel instrumental et de la sacred steel music est un disciple du notoire Robert Randolph). Une prêche qui se poursuit tout au long de "Stranger in the City", un blues lent qu’il dédie à sa maman. Son ami Dwayne Watkins et son frère cadet, le pasteur Dr MJ Johnson, participent à cette prédication, alors que Kendrick Hart siège derrière le piano. Enfin, la gratte de Stevie semble hantée par BB King tout au long de "Blue by the Bay", un instrumental balisé par les ivoires et les drums…

 

Tim Gartland

If you want a good woman

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Ce chanteur/harmoniciste est issu de Nashville, dans le Tennessee. Il a avait déjà publié quelques albums, dont "Look into the sun" en 2011, "Million stars" en 2014, et "The Willie Project" (NDR : un hommage au célèbre compositeur chicagoan, Willie Dixon) en 2015. Pour enregistrer ce nouvel opus, il a reçu le concours du tout Nashville ; des sessions qui se sont déroulées au sein du studio Rock House de Franklin, sous la houlette d’un maître des lieux, Kevin McKendree.

L’harmonica amorce "What the blues look like". La voix chaleureuse de Tim est soutenue par celle de Wendy Moten. Tom West siège derrière son orgue. Tom Britt excelle sur la slide. Une voix qui domine "Hour’s worth", un blues bien rythmé que Lynn Williams imprime de ses drums alors que West se charge judicieusement des ivoires. Roots song, "I had it all" est une piste de calibre. Et pour cause, elle nous entraîne au cœur d’atmosphères imaginées par le vétéran anglais John Mayall. Le niveau musical est excellent ; que ce soit l’harmonica, le piano de West, l’orgue de McKendree et la slide offensive de Britt. Plus surprenant, "If you want a good woman" adopte le rythme du reggae. Solide, ce morceau se distingue par le rôle des musicos, particulièrement bien en place! Indolent, "I come when you call" baigne au sein d’un climat mystérieux. Kevin McKendree tapisse l’ensemble de son orgue. Qui s’imprègne parfaitement du southern soul de Memphis tout au long de la jam instrumentale "Eight ball", un titre qui concède cependant des sonorités jazzyfiantes. Et il tapisse parfaitement "Introduce me to your hat", un shuffle entraînant au cours duquel les voix de Tim et Wendy entrent en osmose. Les voix, la slide et surtout le piano de West alimentent "Too many groceries", une sorte de ragtime contemporain. "Where’s the cure for you" met le cap vers la Nouvelle Orléans. A cause de cette approche funk qu’entretiennent les rythmes syncopés des percus de Lynn Williams ainsi que des accords du piano. "Willie that’s who" adresse un message au plus grand des compositeurs issus de Chicago, Willie Dixon. La mélodie est proche du "Wang Dang Doodle" de Dixon. Classique, ce Chicago blues est déchiré entre harmonica, piano et guitare slide. De toute bonne facture, cet LP s’achève par "Go West", un superbe et brûlant texas shuffle. Poursuivi par l’harmonica de Gartland, Tom West y brille aux ivoires…