Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Stereo Grand

Somewhere A Silver Bullet Lies

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Le premier essai de Stereo Grand remonte à 2010. Un Ep, intitulé « I’m coming home ». Il est suivi par l’album « The invisible Wall », un disque paru en 2012. Il aura donc fallu quatre longues années avant la sortie du second LP. Dès le départ, il était évident que le groupe jouissait d’un énorme potentiel. Déchiré entre Glasgow et Bruxelles, le combo s’est, en outre, souvent illustré par des concerts détonants.

Lors des sessions d’enregistrement de ce dernier opus, les musicos ont pris leur temps et ont reçu le concours de Jean Lamoot (Alain Bashung, Noir Désir, Girls in Hawaii, Absynthe Minded, Salif Keita...), à la production.

La richesse musicale de ce « Somewhere A Silver Bullet Lies » est indéniable. Et les orchestrations variées (harmonica, guitares, ensemble de cordes,...) en constituent une belle illustration. Les harmonies vocales sont limpides. Les mélodies, efficaces. Les compositions, le résultat d’un subtil travail d'écriture. Le long playing recèle quelques tubes potentiels. Et tout particulièrement "Final Act", qui rappelle un certain U2. Ouvrant la plaque, "Bottle in the dust" se nourrit de psyché rock et réalise en même temps sa synthèse. Entre rock moelleux ("As it Sounds"), mélancolique ("Never Accept its Gone"), sensuel ("Beautiful Mind") ou sauvage ("The Leech"), Stero Grand varie les plaisirs.  

Tout n’est cependant pas parfait ; d’ailleurs le groupe se révèle le plus à l’aise sur les plages mid tempo. Un peu moins, lorsqu’il cherche à montrer les dents. Néanmoins, jamais l’écoute de cet elpee ne suscite l’ennui. A mon humble avis, le combo est prêt à jouer dans la cour des (Stereo) Grand(s)…

 

Stackhouse

Tailgatin’

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Formation néerlandaise, Stackhouse est avant tout marquée par le Chicago blues. Son patronyme émane de Houston Stackhouse, un musicien né en 1910. Originaire du Mississippi, il est décédé en 1980. Il avait appris à jouer de la guitare à Robert Nighthawk ; et a compté parmi ses élèves, Jimmy Rogers et Sammy Lawhorn, de futurs piliers de Chicago.

Chez Stackhouse, deux générations au moins se côtoient. Au gouvernail, figurent le chanteur/harmoniciste Machiel Meijers et le guitariste Willem van Dullemen (ex-Hoochie Coochie Band, Tip on In, Groovetones). Et puis la section rythmique, qui réunit le drummer Bert Post et le contrebassiste Fred van Unen. Le line up compte aujourd’hui un second gratteur, Emiel van Pelt.

A l’actif du combo, un premier Ep, publié en 2010, et un album, "Big Fish Boogie", en 2013. Des artistes prestigieux en disent le plus grand bien, à l’instar de l’harmoniciste californien, Mark Hummel, et l’ex-Hollywood Fats Band, Al Blake.

Machiel a la voix taillée pour le blues ; et il le démontre tout au long de son "Juicy Lucy", un blues dépouillé au cours duquel il souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II, voire de Big Walter Horton. Il interprète, de sa voix écorchée, "Doghouse", soutenu par Ruud van Ingen (NDR : ancien partenaire de Willem chez Hoochie Coochie Band/Groovetones), invité pour la circonstance, alors que van Pelt s’autorise une première sortie sur ses cordes ; et elle est ravagée. "Cruel lover" est une plage minimaliste, un superbe blues lent au cours duquel les interventions d’Unen, sur sa lourde contrebasse, de Ruud, au piano, de Machiel, à l’harmo, dans un style proche de Little Walter, et de Willem, à la gratte, sont mises tour en tour en exergue. "Anybody seen Freddy?" nous réserve un exercice de virtuosité instrumentale sur l’harmonica. Willem est au micro pour "Millionaire in my time", un rumba blues hanté par Otis Rush et interprété par le quintet batave dans le souci de conserver un certain esprit d’authenticité ; les cordes de van Dullemen libérant des sonorités très métalliques. Machiel chante remarquablement "My kinda woman", une des meilleures plages de l’opus au cours de laquelle il se réserve également un exercice de style très expressif sur son harmo. Il est même digne de Charlie Musselwhite. Et appuyé par la slide de Willem, le changement de rythme est du pur bonheur. La reprise du "I’m a stranger here" de Blind Boy Fuller est exquise. Stackhouse nous réserve encore quelques versions roots et poignantes de morceaux plus anciens. A l’instar du "Cool drink of Water blues" de Tommy Johnson, du tonique "Long tall Mama" de Big Bill Broonzy, au cours duquel Meijers se déchaîne sur son instrument et encore du flemmard "Joliet Blues" de Johnny Shines. Rapide, vivifiant, "Three signs" est un titre plutôt jump, caractérisé par la remarquable prestation de van Pelt à la guitare tandis que Machiel semble se réincarner en Little Walter. Impressionnant ! Dernier blues, "You’re playin’ on me" est imprimé sur un mid tempo. Instrumental, le titre maître clôt ce superbe opus.

Sharko

You Don’t Have to Worry

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Plus ou moins absent des radars musicaux depuis 2009 –soit après la sortie de l’album « Dance to the Beast »– Sharko a donc publié son sixième LP. David Bartholomé est toujours soutenu par le guitariste Teuk, mais le line up implique un nouveau drummer ; en l’occurrence Olivier Cox, qui remplace donc Charly De Croix. Première constatation, « You Don’t Have to Worry » est moins foutraque que les précédents elpees. Impeccablement produit par Mark Platin (que l’on a vu aux côtés de Bashung et de Bowie, tout de même !), il privilégie même des titres pop aux refrains addictifs ; à l’instar de l’enthousiasmant « You Don’t Have to Worry » ou du sautillant « Shailene », une compo dédiée à l’actrice Shailene Woodley. David Bartholomé aborde de biais la crise de la quarantaine (« When I Was Your Age ») ou les amis qu’on perd (« Amigoes ») tout en conservant son ton décalé, quasi 80’s, et jamais trop prise de tête. Un retour un brin plus sage pour Sharko ; malgré des compos qui n’ont rient perdu de cette aisance mélodique mise au service d’un esprit pop indéniable… On avait raison de ne pas trop s’en faire pour Sharko…

 

Nasty Candy & Coco Lipstick

Rendez-vous (Ep)

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Derrière les pseudonymes Nasty Candy & Coco Lipstick se cachent Clémentine Collette (alias Clemix) et Marie Gaignier (alias Marie Paillette). C’est en 2015 que les deux Bruxelloises décident de monter ce projet. A première écoute, on a vraiment l’impression qu’elles prennent beaucoup de plaisir derrière leurs machines. « Rendez-vous » constitue leur premier Ep et a été mixé par Jean Vanesse du Greenhouse Studio (Dan San, Kid Noize, …)

Les cinq morceaux qui composent l’opus sont tous construits dans le même moule. Les deux dames dispensent une électro/pop construite sur une rythmique basique sur laquelle vient se poser des lignes de synthés et des sonorités futuristes. Et cette expression sonore véhicule des textes féministes. Mention spéciale, cependant, à « It Doesn’t Matter », une piste qui parvient à s’extraire de ce schéma, en ralentissant le tempo, pour libérer une large palette d’émotions. Si on imagine que sur les planches, l’énergie dispensée par Nasty Candy & Coco Lipstick est très susceptible de mettre le souk, il faut reconnaître que dans son salon, après avoir écouté trois morceaux, on a plutôt envie de zapper…

 

Little Hook

Little Hook

Écrit par

Little Hook est né en 2016. Un groupe belge qui s’inspire du blues primaire des collines du Nord Mississippi. Mais les musicos sont loin d’être des novices. Ex-Electric Kings, Big Dave Reniers est ainsi souvent considéré comme le meilleur harmoniciste de blues belge. Aux drums, Steve Wouters a également écumé les scènes du royaume ; et tout particulièrement au sein de Last Call. Le line up est complété par deux gratteurs. Tout d’abord Bart Mulders, à la slide. C’est le néophyte. Et puis le Liégeois Renaud Lesire. C’est le guitariste et le principal vocaliste. Et la tête pensante aussi. C’est d’ailleurs lui qui signe l’essentiel du répertoire.

Instrumental, "Hillburner" ouvre l’elpee. Un morceau impressionnant au cours duquel la basse occupe la place centrale. Steve imprime le tempo de cette piste qui épouse parfaitement l’esprit du Hill Country du Nord Mississippi. Country/blues amplifié, "Drowning in my own tears" est exécuté à l’ancienne. Décharnée, la voix est épaulée par l’harmonica de Big Dave. Ce dernier se dédouble, impose une rythmique obsessionnelle alors que les percussions basiques et la slide se fondent dans l’ensemble. Amorcé par des sonorités synthétiques, "Hooked" vire subtilement au boogie, réminiscent du célèbre « On the road again » de Canned Heat. La voix de Big Dave est autoritaire. Et puissante, la basse de Renaud constitue une assise solide. La slide libère des tonalités particulièrement métalliques. Quant à l’intervention à l’harmo, elle semble hantée à la fois par les regrettés Alan Wilson et Bob Hite. Impressionnant ! "Movin’ on" constitue la plage la plus longue. Elle macère d’abord au sein d’une atmosphère paisible. Puis se nourrit de grattes subtilement psychédéliques. Mais est également parcourue par une voix attachante et bien intégrée. Passé ce calme relatif, Little Hook élève progressivement le rythme. Grâce à l’harmonica, les percussions et, enfin, la guitare, qui prend alors le pouvoir. Excellent! Instrumental country/blues, "Woodpicker" nous réserve un dialogue entre l’harmonica et le bottleneck. "Tell me baby" nous entraîne au cœur du Hill Country. Les drums de Steve Wouters trament cette piste. La voix de Renaud est lancinante. Big Dave imprime un riff stonien sur son harmonica et ses interventions finissent par devenir envoûtantes. Des percussions primaires introduisent "Mourir debout", un titre lent et dépouillé, interprété dans la langue de Molière. La gratte est acoustique. Les arrangements de cordes et les impressions sonores allumées tapissent l’ensemble, en arrière-plan. Delta/country/blues plutôt classique, "Tomorrow night" subit une attaque conjointe de la slide et de l’harmonica. Les vocaux font bloc. Et le tout se transforme en transe hypnotique. Autre instrumental, "Back at the Shack" nous transporte dans le Sud profond. La slide et les sifflements de Big Dave entrent en dialogue. Et les chœurs semblent avoir respiré l’air des rives du grand fleuve. "Sea" nous charrie jusque la mer, un trip mélodique que Steve Wouters impose de ses percussions syncopées. La voix est empreinte de sérénité. Puis une flûte (NDR : ou un pipeau) s’immisce dans le décor, évoquant les origines du blues, et tout particulièrement les fameux fife’n’drums bands. A suivre de très près !

 

John Latini

Just makes me feel good

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John Latini chante le blues et la soul. Bien qu’originaire du quartier du Queens à New York, c’est dans le Michigan, du côté de Detroit, qu’il s’est forgé sa notoriété. John avait déjà publié deux elpees: "Lake of my dreams", en 2010, et "Lovers, liars and losers", en 2012. Et "Just makes me feel good" constitue donc son troisième.

Imprimé sur un mid tempo, "Black eyed blues" ouvre la plaque. La voix de John est plutôt autoritaire et colle bien à sa musique. Latini est également guitariste. Grâce à sa technique, il est capable de dispenser ses cordes en crescendo. En général, chœurs, orgue et cuivres trament une texture qui baigne au sein d’un climat cool. A l’instar de "Lord made me a weak man", une piste qui se distingue par une sortie de cordes bien ficelée. Le leader est passé à la slide pour "Three AM", une compo un peu plus rythmée, mais qui se complait dans une certaine torpeur. Les deux gratteurs, John Latini et Brian Roscoe White, tirent leur épingle du jeu sur l’excellent "Woodchuck blues". "Pull me up" met le cap sur la Nouvelle Orléans. Les drums de Todd Glass impriment le tempo. Jamie-Sue Seal donne la réplique vocale. Et Latini se concentre sur sa slide à la manière de Lowell George. Qui se charge de reverb sur l’atmosphérique "Rutabaga Cheesecake. Et entretient l’ambiance flemmarde, menaçante, tout au long du remarquable titre roots, "My town’s got a river and a train". "Broken man" est davantage contaminé par le r&b. Les deux guitaristes dispensent des accords rock’n’roll, mais au ralenti, avant d’embrayer sur un mode plus vivace, véhiculant alors des accents jazz et swing. Shuffle cuivré, "Gotta have my babies" déménage littéralement. Blues enlevé, "Hard walkin’ woman" est ponctué d’une solide sortie des cordes ; mais surtout adopte un tempo réminiscent de ce bon vieux Jimmy Reed. John interprète d’une voix assez graveleuse, "I will be haunting you", un downhome blues qui clôt ce long playing.

 

King of The World

Cincinnati

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King of The World est un quartet batave particulièrement dynamique. Fondé il y a cinq ans, il vient déjà d’enregistrer son quatrième opus. Intitulé "Cincinnati", il fait suite à "Can’t go home", paru en 2013, ainsi que "KOTW" et "Live at Paradiso", en 2015. Le line up est inchangé et implique toujours le chanteur/bassiste Ruud Weber, le guitariste Erwin Java, le claviériste Govert Van der Kolm et le batteur Fokke De Jong. L’elpee recèle 13 plages, dont douze sont issues de la plume de Weber et une reprise des Eagles. Pour la circonstance, le combo a reçu le concours d’une section de cuivres et de trois choristes.

En ouverture, "Voodoo" est vraiment superbe. La guitare est bien intégrée au sein de la section rythmique. La voix de Weber est toujours aussi expressive. Soutenu par la section de cuivres, l’orgue Hammond tapisse l’ensemble. Cet instrument évoque Booker T, tout au long de "Same old trouble", un Memphis shuffle au cours duquel Fokke s’impose au sein de la section rythmique. Et Erwin Java en profite pour décoller sur ses cordes. "Murder in the first degree" et "Heart and soul" baignent au sein d’un funky R&B largement cuivré. La guitare emprunte des tonalités à Albert King, mais en manifestant davantage de puissance. Ruud et Miss Cheryl Renee chantent en duo "Hurt so bad", un blues indolent imprimé sur un mid tempo. Et Erwin s’autorise une nouvelle sortie classieuse et bien maîtrisée. Ruud brille derrière le micro sur "World on fire", une ballade soul au cours de laquelle Govert double orgue et piano alors que Java se révèle intenable sur sa gratte. "Feel that flame" nous entraîne au cœur du delta du Mississippi. Face aux cordes, le chant se révèle primaire, avant que la compo ne vire au blues rock. Les riffs libèrent alors toute leur puissance tandis que la voix évoque carrément David Coverdale. "The waiting game" est un blues lent qui ne manque pas de charme. La voix de Weber est chargée du même feeling que celle de son ex-patron, Snowy White. Rudd dispense d’ailleurs ses accords de gratte aussi parcimonieusement et essentiellement que l’Anglais… voire de Peter Green… un autre Britannique. Ruud, Fokke et Govert se partagent les vocaux sur "Howling dog", une autre piste lente au cours de laquelle les sonorités du piano sont carrément ravagées alors que celles de la guitare sont triturées par les pédales… Une seule reprise, mais elle est traduite en blues. Il s’agit du "Life in the fast lane" des Eagles, titre qui mettait en exergue Joe Walsh à la six cordes. Les voix sont quelque peu éraillées, mais rien de renversant à signaler. Les ivoires et le saxophone de William Brian Hogg balisent le tempo de "She’s alright", un blues rock rythmé. Superbe, "No Way Out" clôt cet opus. Amorcé par le piano de Govert Van der Kolm, ce blues lent dépouillé adresse un autre clin d’œil à Snowy White. Et pour cause, la voix est tellement proche ; et puis, le toucher de gratte est aussi sobre et tellement efficace. En outre, ce morceau bénéficie du concours de John Zappa à la trompette. Et ses interventions sont vraiment épatantes… 

 

Michael Kaeshammer

No Filter

Écrit par

Issu de Vancouver, Michael est chanteur, pianiste, compositeur et producteur. D’origine allemande, ce pianiste virtuose multiplie les nominations aux différents Awards du Canada ; et tout particulièrement aux Juno Awards. Il est capable d’aborder des tas de styles et est même reconnu dans l’univers du jazz ! Il a appris à jouer du piano au cours de sa jeunesse, en Allemagne ; mais malgré sa formation classique, il s’intéresse et s’inspire rapidement, des pianistes du boogie woogie, Meade Lux Lewis, Albert Ammons et Pete Johnson. Sa première œuvre, "Blues Keys", est instrumentale ; et elle remonte à 1996. Enregistré à Toronto, "No filter" constitue déjà son onzième opus. Michael signe ou cosigne les neuf plages. Lors des sessions, il a reçu le concours d’une section rythmique, de cuivres et de quelques invités.

Boggie woogie saignant, "Letter from the road" ouvre la plaque. Et manifestement, ce musicien est un maestro aux ivoires. Il chante d’un timbre nasillard "Nothing seems to reach you", une ballade rythmée au cours de laquelle, épaulé par des chœurs et une section de cuivres, il triple piano, orgue et synthé. Il se sent également à l’aise lors des morceaux atmosphériques et sentimentaux. A l’instar de "Late night train". Autre chanteur/pianiste canadien, invité pour la circonstance, Denzal Sinclaire se consacre au mircro. Puis "Back into the pen". D’abord indolente et intimiste, cette plage se distingue par un superbe changement de rythme, mais également par une jolie intervention du Torontois William Sperandei, à la trompette. Instrumental, "West Coast Spirit" ne manque pas de charme. "Everybody catches love sometime" constitue certainement la plus belle plage de l’opus. Bien rythmée, elle est enrichie par le concours de Randy Bachman (ex-Guess Who, Bachman-Turner Overdrive), à la gratte. Egalement Canadien, Joel Artisien, mieux connu dans l’univers de la soul et du gospel, se réserve le micro sur le funky R&B "Sweet grace". Percussions et orgue dominent "Talk to me baby", une piste exotique aux accents latino-jazz. Et empreint de tendresse, l’instrumental "Sunset" clôt ce long playing.

 

William Harries Graham

Foreign fields

Écrit par

William Harries Graham n’a pas encore 18 printemps. Et pourtant ce jeune Texan est à la fois auteur, compositeur, poète et créateur visionnaire. Excusez du peu ! Son père, John Dee Graham, est également chanteur/compositeur. Il a d’ailleurs milité au sein des True Believers, auprès des frères Escovedo, Alejandro et Javier.

William a singé chez Blue Rose après s’être produit en compagnie de son groupe, The Painted Redstarts, au célèbre Continental Club, à Austin. Sa musique serait indépendante. Mais dans l’esprit. Pas indie. Américaine, mais pas americana! Il se consacre à la guitare et aux claviers. Il est soutenu par le bassiste Sam Jackson et le batteur James Caldwell.

Des sonorités atmosphériques amorcent "Foreign fields". La guitare l’est tout autant. Les percus sont minimalistes. La voix est intimiste. Très proche même. Le rythme peut enfin s’ébrouer et la texture sonore se densifier à travers les interventions de claviers, créant alors un climat véritablement unique en son genre. Des accords largement amplifiés de guitare introduisent "Curtains wide". La section rythmique est impeccable et communique un sentiment de puissance. Le spectre de Neil Young plane. Pourtant, les cordes ne sont pas aussi écorchées que chez le légendaire loner. Elles sont même capables de se lover dans la douceur ; à l’instar de l’intro réservée à "Lies", avant que stimulé par la ligne de basse profonde, le rythme n’explose, adressant au passage un subtil clin d’œil au Velvet Underground. Particulièrement riche, cette plage s’épanouit au cœur d’une sensibilité pop. Pop comme "Come back to me". Contagieux, "Hold" est tramé sur un même riff. La voix est overdubbée. Et Les claviers tapissent l’ensemble. "Mystical ways" est paru en single. Allumée, la guitare construit un véritable mur de sons, avant de prendre son envol. Indolent, "Puzzles" est une invitation au voyage psychédélique. La gratte libère son acidité, tout en prenant le soin de préserver le sens mélodique. Bien soutenue par la solide section rythmique, "Say goodbye" est une plage plus rock. Les accords de six cordes sont ici plaqués, mais d’une manière bien personnelle. Seule reprise, "She’s got" est une chanson écrite par Alejandro Escovedo pour les True Believers. La mélodie est hantée par le "Walk on the wild side" de Lou Reed. William et Jaimee Harris se partagent les vocaux. Des vocaux intimistes dispensés en mode masculin/féminin. Et en fin de parcours, l’expression sonore devient de plus en plus dense. Superbe ! "London" est une plage vraiment étonnante. De ses fûts, James Cladwell amorce une véritable célébration des rythmes qui se mue progressivement en trip psychédélique au sein duquel viennent se mêler des cloches. En finale "Watch over me" se répand tout en douceur, mais sous une forme minimaliste ; un morceau aérien d’une beauté à couper le souffle. On pense instantanément au Pink Floyd. Et puis surtout aux cordes de David Gilmour. La voix grave de Jon Dee Graham se joint à celle de son fils avant que ne débarquent des claviers cathédralesques. Un must dans le style ; surtout vu l’âge de ce jeune artiste. A suivre absolument. Et de très près !

 

Jeremy Fury

Into the night

Écrit par

Jeremy & The Harlequins nous vient de New York City, une formation influencée par le rock’n’roll des années 50 et 60, nonobstant son attitude pop. Jeremy Fury en est donc le leader et le chanteur. Au sein de son backing group militent son frère Stevie, à la batterie, Bobby Ever, à la basse, ainsi que Craig Bon et Patrick Meyer aux guitares. Le band avait déjà publié un premier opus en 2015, "American dreamer".

"Into the night" ouvre l’elpee. Un rock’n’roll cuisiné à la sauce contemporaine. La section rythmique est solide. La voix de Jeremy colle parfaitement au style. Stevie adopte le Bo Diddley beat tout au long de "No one cares". Les deux grattes collaborent activement au rythme. Saignant, l’harmonica apporte une tonalité garage à l’ensemble. Cordes acoustiques et électriques entretiennent "Rhythm don’t lie", un rockabilly que chante d’une voix cinglante, proche d’Eddie Cochran, Jeremy. Imprimé sur un mid tempo, le romantique "For angels" ne manque pas de charme. Tout comme le folk/rock "Let her run", une autre ballade tapissée par l’orgue. A cet instant, le spectre de Tom Petty and The Heartbreakers plane. Les percus véhiculent des accents exotiques, tout au long de "Big beat" et "Critical condition". La voix de Jeremy est bien distincte ; et pourtant elle laisse quand même le champ libre au saxophone hurleur, à la trompette ou encore aux castagnettes. Pur rockabilly, "Drinin’ by myself" concède des accents  bluesy. Les guitares tirent leur épingle du jeu. Le chant semble hanté par Gene Vincent voire Vince Taylor. Autre ballade, "There’s a girl" exhale un parfum 50’s. Pop beat également. Une fragrance accentuée par la voix… rockabilly.

 

Dinner

Three EPs

Écrit par

Un an avant de publier son premier opus, « Psychic Lover », Anders Rhedin a gravé une compile réunissant ses trois premiers Eps. Des titres composés entre 2012 et 2014, qu’il a voulu concentrer sur un seul disque.

Ce disque reflète parfaitement le style si particulier du Danois. Une voix inoubliable. Outrageusement grave, elle colle parfaitement à une musique qui évolue quelque part entre post punk et cold wave. Parfois new wave, aussi. Malheureusement, hormis l’épatant « Going Out », plage qui ouvre le recueil, le reste fait vraiment pâle figure.

Artiste atypique, Dinner a assuré le supporting act de Mac deMarco, lors de la dernière tournée du Canadien. Son jeu de scène est épatant. Et l’ambiance qu’il est capable de créer, lors de ses shows, en vaut la chandelle. A contrario de cette compilation, qui perd sa flamme à l’issue de la première piste… 

 

Tom Craig

Get ready for me

Écrit par

Le chanteur/guitariste Tom Craig et le batteur John O’Connell sont partenaires depuis belle lurette. Ils sont établis dans l’Etat du Delaware. En 2016, ils ont recruté des musiciens pour former le Soul Patch Band. Qui implique donc Eric Johnson à l’orgue Hammond, Vince Gleason au saxophone ténor, Skyler Hagner au saxophone baryton et Rando Branning à la basse. Les sessions d’enregistrement de ce "Get ready for me" se sont déroulées au studio Far Rabbit, dans le New Jersey. Les douze compos de cet elpee sont signées par Craig. Le style ? Un cocktail de blues, soul et jazz. Le band vient de participer à l’International Blues Challenge de Memphis, où il a représenté le Delaware.

Excellent, "Louita" baigne dans le r&b. La voix de Tom colle parfaitement à cet exercice de style. Les petites phrases dispensées par les différents cuivres sont vraiment savoureuses. Et la première sortie est opérée par le saxophone baryton de Skyler Hagner. Ballade soul, "How did I break the rules" est tapissée par l’orgue et la ligne de cuivres. Et ces instruments nous renvoient au Chicago de la grande époque, tout au long de "Get ready for me" ; certainement une des meilleurs plages de l’opus. Très affûté, Tom Craig signe une brève mais brillante sortie sur ses cordes. De bonne facture, "Can’t stop thinking about you" est un blues imprimé sur un mid tempo qui met en exergue le saxophone ténor de Vince Gleason et l’harmonica de l’invité, Mikey Jr. Le sommet de cet opus est atteint par l’indolent "She did it to me", une piste de soul/blues caractérisée par une intervention d’orgue opérée par Eric Johnson. Et elle est particulièrement réussie. Une nouvelle sortie de cordes ponctue ce titre qui baigne au sein d’une superbe ambiance. Soul, "Ballroom dancer" semble hanté par Sam Cooke. "Captain Funk" est bien évidemment sculpté dans le funk. Nerveux et dansants "Tornado" et "Nothing that a man can’t do" émargent au r&b. "Please forgive me baby" est un blues lent bouleversant. Chargée de passion, la voix est excellente ; et les notes de guitare s’y incrustent naturellement. La voix de Mikey Jr. participe activement à "I can’t help myself", un blues entraînant. "Every woman" clôt ce  long playing, une ballade R&B lente, au cours de laquelle Vince se distingue au sax ténor...

 

Cloud Nothings

Life Without Sound

Écrit par

Lors de ses quatre premiers elpees, Dylan Baldi puisait au sein d’un large spectre de références. Souvent différentes. Passant de la lo-fi à la pop, via le rock garage… sauvage. En publiant « Life Without Sound », le gars de Cleveland est parvenu à faire la synthèse de toutes ses influences…

Morceau qui ouvre l’opus, « Up To The Surface » a de quoi décontenancer. Et pour cause, cette plage est amorcée par des accords paisibles, au piano. Mais au bout d’une quinzaine de secondes, la guitare fait son apparition, suivie rapidement par la voix de Baldi. Le morceau se veut être une introduction classique, sans folie. Il est bien construit mais ne restera clairement pas dans les annales de la discographie du band…

C’est d’ailleurs ce manque de folie qu’on peut reprocher à ce long playing. Les riffs de guitare ne sont pas assez surprenants. Sans doute à cause de la mise en forme (« Modern Act », « Internal World »), qui gomme trop ces interventions. On reste alors manifestement sur sa faim. A contrario, la voix de Baldi est excellente. En fait, les compositions ont été construites en fonction de cette voix ; et c’est une grosse différence, par rapport aux anciens efforts des Américains. D’accord, Dylan chante impeccablement « Life Without Sound ». Il y privilégie même son timbre posé et doucereux. Mais rien à faire, c’est quand elle s’énerve et devient rauque que sa voix devient la plus intéressante (« Darkened Rings », « Realize My Fate »).

Réaliser l’album de la maturité, c’est bien. Mais il ne faut pas pour autant oublier ses qualités principales. C’est un peu ce que l’on ressent à la fin de « Life Without Sound ». Trop occupé à construire un album plus grand public, Dylan Baldi a oublié l’essence même de sa musique. A l’issue de son écoute, le long playing laisse un goût de trop peu. Une exception qui confirme la règle ? « Realize My Fate », piste qui clôt l’opus. On y retrouve les changements de rythme. Le batteur a le loisir de se déchaîner. Et Baldi épanche toute sa frustration. Du vrai Cloud Nothings, finalement. En espérant qu’il s’agit du présage d’un retour aux sources.

« Life Without Sound » n’est pas foncièrement de mauvaise facture ; mais il déçoit par rapport à ce dont on est en droit d’espérer d’un album de Cloud Nothings. Qui aura tout le loisir de le démontrer à travers sa prestation attendue pour le 12 mars au Botanique. Et elle risque de faire du bruit ! 

 

Walter Broes

Movin’ up

Écrit par

Walter Broes est surtout connu pour comme préposé à la guitare chez The Sneatsniffers, un groupe de rockabilly qui a cartonné entre 1995 et 2010. Il a également monté son propre trio, au sein duquel il se réserve le chant, la guitare et la composition. Il y est soutenu par les Mercenaries ; en l’occurrence le bassiste Bas Vanstaen (ex-Baboons) et le batteur Lieven Declercq (ex-Internationals). Cette formation propose un cocktail de rockabilly et de R&B, largement teinté de blues, et surtout bien plus dépouillé que celui pratiqué par les Seatsniffers…

Coécrite par Walter Broes et le Hollandais Mischa den Haring, le titre maître ouvre la plaque. Du rockabilly pur et dur dont l’impact direct est idéal pour la formule trio. La voix de Walter colle parfaitement au style ; et sa gratte est constamment à l’affût. Mêlant blues et rockabilly, "Come on down" lorgne vers les maîtres du genre, les Paladins. Pourtant, si le leader est responsable d’un bon solo, très rythmique par ailleurs, sa griffe n’est pas aussi acérée que celle de Dave Gonzales. L’intro de "Closed" est sculptée dans le surf rock ; une solide composition dont les tonalités authentiques sont entretenues par la guitare –aux riffs réverbérés métalliques, cinglants– et la section rythmique. Country, "Downtime" est parcouru par les interventions de pedal steel exécutées par Tom Vanstiphout ; une piste à laquelle participe Ruben Block (Triggerfinger) aux chœurs. Trempée dans le Mississippi Roots, "Sideshow" est une plage remuante au cours de laquelle le bottleneck amplifié talonne le chant. Ruben Block chante auprès de Walter sur le blues rythmé, "No more". "I got my own kick going" est issu de la plume de Ronnie Self, un chanteur de rockabilly qui a connu ses heures de gloire, au cours des fifties et sixties. Il est disparu en 1981. Tout au long de cette cover, Mr Broes se sent comme un poisson dans l’eau, alors que Lieven Declercq imprime le Bo Diddley beat, sur ses fûts. Superbe Memphis blues, "Don’t you ruin my high" est attaqué à la manière de BB King ; et Walter démontre avoir parfaitement intégré le style du maître. En outre, son ex-partenaire chez les Seatsniffers, Roel Jacobs, se rappelle à notre bon souvenir en venant souffler dans son saxophone. "Man child" est une piste roots fort originale. Plongée dans un climat exotique, latino même, elle est épicée par la vibraphonette de Chantal Acda. "You and me" est sculpté dans du pur rock’n’roll. Elvis Presley avait enregistré "Black Star" en 1960. Rockabilly, la nouvelle version se distingue par une voix plus grave à laquelle Chantal Acda réplique. Et lors de cette finale, chargés de reverb, les accords de guitare retracent l’histoire de la conquête de l’Ouest, par les cow-boys…

 

The Bluesbones

Double Live

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The Bluesbones est incontestablement une des meilleures formations blues belges. Classique, son style amplifié concède des accents rock évidents. Ce quintet réunit le chanteur Nico De Cock, le jeune guitariste Stef Paglia, le claviériste Edwin Risbourg, le batteur Dominique Christens et le bassiste Geert Boeckx. Ce dernier remplace Ronald Burssens, drummer qui avait participé à l’enregistrement du précédent opus, "Saved by the blues", paru en 2015.

Le 1er cd s’ouvre justement par "Saved by the blues", un R&B dansant de bonne facture. La voix de Nico passe bien la rampe ; mais c’est l’orgue d’Edwin qui tire son épingle du jeu. Cependant, The Bluesbones excelle surtout sur les plages lentes, un domaine au sein duquel les musicos ont davantage l’opportunité de se mettre en exergue. A l’instar d’"I’m still your man". Mais "Voodoo guitar" en est certainement un des plus beaux exemples. L’intro aux cordes est impeccable. La voix colle parfaitement à un ensemble tapissé par l’orgue. Mais manifestement, c’est la guitare de Stef qui brille de mille feux. Tout comme sur "She’s got the devil in me", un blues lent signé Cedell Davies, qui s’étale sur plus de 13’, une plage au cours de laquelle Stef semble hanté par le Stevie Ray Vaughan de "Tin Pan Alley". Le jeune gratteur a pris de la bouteille et il met son expérience au service de la compo. Il y injecte un max de feeling et brille par sa capacité à aligner ses notes… parcimonieusement et judicieusement. Dominés par les interventions d’orgue, "Riding out" et "No good for me" sont des blues rythmés. "Moonshine" nous entraîne dans le Delta. Paglia démontre qu’il est également à l’aise lorsqu’il glisse le doigt d’acier le long des cordes ; et sa slide se couvre d’accents bien métalliques. "Find me a woman" macère dans le Mississippi ; le bottleneck nous entraînant même du côté de Clarksdale.

On retrouve la même recette sur le second compact disc. D’ailleurs en ouverture, The Bluebones nous propose encore un r&b dansant. Tout au long de ce "Broken down car", Stef écrase ses pédales, dans l’esprit de SRV, voire de Freddie King. Et les blues lents sont, bien entendu, toujours de circonstance. A l’instar d’"I try", dont la guitare d’abord sur la réserve, monte progressivement en puissance, confirmant le doigté extraordinaire de Stef. Superbe! Nico brille au micro sur le paisible "Wrong" et lors de la finale, "Whiskey drinking woman". Incontestablement, Jimi Hendrix est un maître pour Paglia. Atmosphérique, caractérisé par ses accents empruntés à Band of Gypsies, "Runaway" en est une parfaite illustration. "Cruisin’" campe un boogie bien entraînant. Le "Devil’s bride" de Matt Andersen est superbement ficelé. Les sonorités d’orgue dispensées par Edwin nous plongent dans le Memphis R&B ; mais le morceau prend sa véritable dimension ‘live’, lorsque Stef commence à torturer ses cordes à la manière d’Hendrix. Les plages de ces deux opus figuraient déjà sur les deux elpees studio ainsi que sur le « Live @ the Bosuil ». Maintenant, il faut espérer que The Bluesbones puisse déterminer exactement la direction qu’il compte emprunter. Le combo représentera la Belgique, dans le cadre du prochain Euro Blues Challenge, qui se déroulera au Danemark, en avril prochain.

 

Aaron Lee Tasjan

Silver Tears

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Peu le savent, mais Aaron Lee Tasjan a milité au sein de la dernière incarnation du groupe punk/rock glamour, The New York Dolls. Il est originaire de Nashville, dans le Tennessee. Il a décidé d’embrasser une carrière solo. Il avait publié un Ep, "Crooked river burning", en 2014. Et dans la foulée, l’album "In the blazes", dès 2015. Amples, ses influences oscillent du folk à la country, en passant par le tonk. Les sessions d’enregistrement de "Silver Tears" se sont déroulées à Los Angeles, en Californie.

L’elpee s’ouvre par "Hard life", un morceau de roots rock légèrement flemmard. Pourtant, il est à la fois riche et original, mêlant cordes acoustiques et accords de piano sautillants. Impeccablement construit et soigné, "Little movies" est fort différent ; une petite perle chiadée dont les interventions vocales empreintes de douceur rappellent le Jeff Lynne pré-Electric Light Orchestra, c’est-à-dire, Idle Race. La voix est grave tout au long de "Memphis rain", une ballade roots caractérisée par de chouettes arrangements de cordes et piano. Plus rythmé, "Dime" se distingue par un parfait équilibre entre voix, cordes et claviers. "Ready to die" baigne dans l’americana, une excellente plage dont les accents bluesy sont posés par les cordes acoustiques, alors que tout en modulant sa voix, Tasjan démontre que la puissance de son organe est naturelle. "Refugee blues" baigne dans une ambiance country/folk au sein de laquelle les cordes acoustiques, la pedal steel de David Vandervelde et la guitare amplifiée du leader entrent en fusion. La voix semble hantée par le Bowie des débuts sur le plus pop "Till the town goes dark". Et soutenue par celle, féminine, de Lauren Evans, elle domine "Success", une plage roots bluesy, au cours de laquelle le clavier s’intègre parfaitement dans l’ensemble, alors que les cordes entretiennent le profil country. Dans le même style, "On your side" est illuminée par la pedal steel. Le tempo est emprunté à Chuck Berry sur le très rock’n’roll "Out of my mind". Folk, country et blues alimentent "12 bar blues" une ballade dont les textes sont davantage récités que chantés. Balisée par les cordes acoustiques et le piano, cette piste se distingue par ses très belles parties de trompette et de saxophone, exécutées par Charlie Peterson. Autre ballade folk, "Where the road begins and ends" clôt cet elpee. La pedal steel est vraiment magique et progressivement clavier et cordes entrent dans la danse, un peu comme chez Neil Young…

 

Stellar Swamp à Bruxelles (update 6/02/2017)

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Festival psychédélique, le Stellar Swamp se déroulera ces 3 et 4 Mars, au Magasin 4 et à l'Atelier 210. Deux soirées sont également prévues ‘hors les murs’ : concerts, projection, exposition et blackout session à l'Eden et à l'Atelier 210 (17 et 28 Février).

Pour plus d’infos : http://stellarswamp.be/line-up-2017/

Up Festival 2017 : l’affiche à ce jour (update 6/02/2017)

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L’Up Festival se déroulera le samedi 1er avril à la Caserne Fonck de liège.

A l’affiche

ASIAN DUB FOUNDATION (UK - Dub/Ragga) - LE PEUPLE DE L’HERBE (FR - HipHop/Electro) - BERNARD DOBBELEER vs COMPUPHONIC (Soul/Funk DJ Set) - WILLE AND THE BANDITS (UK - Roots/Rock) - LES R’TARDATAIRES (Funk/HipHop) - BAI KAMARA JR (Blues/Rock) - U-PERCUT (World) - BIG NOISE (Power/Jazz) - SEBASTIEN HOGGE QT (Jazz/Funk) - ALBALIANZA (World DJ set)

www.democulture.be

www.facebook.com/democulture

 

 

Marie Davidson

Des adieux au Dancefloor pour ouvrir les portes de l’enfer…

Il y a plus de trois ans que les carrières de Marie Davidson et de Pierre Guerineau sont suivies –attentivement– par Musiczine. Un pied à Montréal et l'autre à Berlin, les deux artistes produisent une musique électronique particulièrement novatrice à travers deux projets : celui personnel de Marie Davidson et le duo Essaie Pas. Leur univers musical évolue quelque part entre ‘ambient’ introspective et ‘minimal synth’, tout en affichant un côté ‘clubbing’ nu-disco/techno. Le tout sublimé par une prose 'voice-over' déclamée ou chantée. Le caractère onirique, quasi-cinématographique, est omniprésent, un peu comme si on écoutait la bande-son d'un film imaginaire.

Nous avons retrouvé Marie Davidson le jour du concert qu’elle a accordé en solo, au Beursschouwburg, à Bruxelles, dans le cadre d'une soirée 'Nose Job' orchestrée par Rick Shivers. Elle venait y présenter sa nouvelle production individuelle, « Adieux au Dancefloor », parue sur Cititrax, le second label de Veronica Vasicka, la 'boss' du célèbre label new-yorkais Minimal Wave. 

Par quel hasard as-tu rencontré Veronica Vasicka ?

Marie Davidson (MD) : On s’est produit lors d'une même soirée à Montréal en septembre 2015. C'est ainsi que je l'ai rencontrée.

Le titre « Adieux au Dancefloor » est un peu contradictoire parce que le contenu est dans l'ensemble très dansant.

MD : Oui mais il figure à la fin du disque. C'est la petite touche d'humour noir pour clôturer.

Le morceau correspond aussi à une période où tu en avais un peu marre de la vie nocturne et du clubbing?

MD : Oui, oui, bien sûr.

Surtout à Berlin ?

MD : Oui, à Berlin mais ailleurs aussi. Attention : j'aime la danse et la musique dansante mais le monde de la 'nightlife' a quelque chose de fatiguant, de 'drainant'... Je m'y suis sentie frustrée. Ce qui m’a donné l’envie de prendre mes distances et d’ironiser  en y ajoutant un peu d'humour. Il existe tellement de musiques 'dark' dans ce domaine ; et j'avais envie de faire quelque chose de...

...de fun ?

MD : Oui, exactement.

La chanson recèle un côté pop française, un peu dans l’esprit d’Elli & Jacno, voire même de Lio...

MD : Oui, je dirais plutôt Lio. Il existe une connexion avec la ‘chanson française’ qui est assez inhabituelle pour moi. C'est aussi le seul titre de l'album composé en compagnie de Pierre (NDR : Guerineau). J'ai écrit les paroles et la musique mais Pierre a mis sa touche, bien française, dans les arrangements.

On voit bien le lien avec « La Chute », le dernier titre de l'album d'Essaie Pas, et avec Christophe, un chanteur que Pierre apprécie tout particulièrement...

MD : Oui, exactement. Beaucoup d'idées ont été suggérées par Pierre. J’ai beaucoup apprécié de travailler auprès de lui, sur cette compo.  

Sur ton elpee, certaines plages s’ouvrent vers de nouveaux horizons, notamment « Inferno ».

MD : Il ouvre les portes de l'enfer ? (rires)

Son profil techno-industriel évoque même Orphx...

MD : Je ne peux pas cacher qu'Orphx m’a énormément influencé. Je n'y ai pas pensé consciemment quand j'ai composé « Inferno », mais le lien est clair. Ce sont des amis et une grande source d'inspiration. Mes nouveaux morceaux empruntent un peu cette direction : ils sont plus énergiques, plus concentrés sur les rythmiques. L’élément mélodique est toujours bien présent ; mais l’aspect rythmique est plus accentué qu’auparavant.

D'ailleurs, tu as collaboré à l’enregistrement du dernier opus d’Orphx. Notamment sur un titre qui me botte particulièrement : « Walk Into The Broken Night ». En fait, la musique et la voix développent un univers assez différent de celui proposé habituellement. Il est assez 'dark', presque 'gothique' même...

MD : Ce sont eux qui l’ont composé, y compris les paroles. Ils écoutent beaucoup de musiques différentes et sont influencés par un large éventail de styles : shoegaze, industrial, new-wave, cold-wave, musique classique, etc. Ils sont très ouverts et possèdent une grande culture musicale. Pour réaliser ce dernier album, ils ont voulu incorporer certaines de ces influences dans leur musique, qui est en général plus techno.

Depuis que vous avez signé chez DFA pour Essaie Pas et Cititrax pour ton elpee solo, as-tu constaté un changement dans l'évolution de ta carrière ?

MD : Oui, je reçois plus de propositions, il y a plus d'opportunités ; mais dans l'ensemble, je continue à faire ce que je faisais avant, du mieux que je peux.

J'ai notamment lu un article consacré à Essaie Pas dans The Guardian...

MD : Oui, DFA a fait pas mal de 'com'. Du côté de Cititrax, Veronica Vasicka a réalisé l’artwork de l'album en personne en se basant sur des photos de Corinne Schiavone, une très bonne photographe de Los Angeles. Veronica s’est également chargée du mastering. Mais question 'com', il n'y a rien eu de particulier. Tout s’est fait naturellement.

Depuis que tu vis à Berlin, je suppose que tu as retrouvé des tas de musiciens et d'artistes qui viennent d'un peu partout. De Montréal ? De New York ?

MD : Oui, Berlin est une ville très cosmopolite.

Night Musik s’y est établi ?

MD : Oui, Shub Roy. C’est un ami. Un Montréalais.

Ancient Methods également, fer de lance de la scène techno-indus...

MD : J'aime beaucoup Ancient Methods mais je ne le connais pas personnellement.

C'est Michael Wollenhaupt; il est très chouette.

MD : J'aime aussi le projet qu’il a monté en compagnie d’Orphx : Eschaton.

Qu’écoutes-tu pour l'instant ?

MD : Le nouveau release de Schwefelgelb (NDR : l'Ep « Dahinter Das Gesicht »). Ce sont aussi des amis.

Oui, Sid Lamar et Eddy ! Ils proposent une musique particulièrement techno-EBM.

MD : C'est très contemporain; bien réalisé et particulièrement efficace.

Et si tu devais sélectionner un 'classique', par exemple, le premier titre sur lequel tu as flashé quand tu étais jeune et qui aurait défini ce que tu allais devenir musicalement?

MD : D'abord, j’ai été marquée par le « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. J'avais 7 ans. Mais il n'existe pas vraiment une chanson qui soit idéale pour définir mon style, vu que je ne parviens même pas à le définir... (rires). Il est le fruit d’une combinaison de tellement d’éléments.

Oui, tu aimes aussi le disco, les musiques de films et même les Doors, non ?

MD : Oui, j'adore les Doors. D'ailleurs, une composition me touche toujours énormément aujourd'hui, c'est « You Forget To Answer ». Elle figure sur l'album « The End » de Nico. Quand je l’ai entendue, elle a provoqué un déclic dans ma vie.

Dans quel sens ?

MD : Je ne pourrais pas l'expliquer. C'est métaphysique. Quand je l'écoute maintenant, elle me fait encore de l'effet. J'en ai des frissons. C'est un langage musical et esthétique qui me correspond. Et m’atteint droit au coeur. Cet album a été produit par John Cale. Il date de 1974. Brian Eno joue du synthétiseur sur certains titres.

Ce qui est bien chez Nico, c'est que sa musique est super 'dark'. Même ses œuvres précédentes. Elles sont très dépouillées, sombres. Notamment à cause de sa voix. Elle est peut-être la première chanteuse gothique de l'histoire !

MD : Oui, ça c'est vrai ! (rires)

Parmi tes influences, on pourrait également citer les musiques de film de John Carpenter, je crois, non ? « Assault on Precinct 13 », par exemple ?

MD : Oui ! Et encore plus « Halloween III ». John Carpenter ne l'a pas réalisé mais il a composé la musique et c'est juste énorme. C'est aussi une référence importante pour moi.

Et là, tu travailles sur des nouveaux morceaux ?

MD : Oui, toujours. Ne t'inquiète pas... (rires) C'est un principe qui ne changera jamais : je ferai toujours de la musique...

Merci, Marie !

MD : Merci à toi.

Pour écouter et commander l'album « Adieux au Dancefloor » de Marie Davidson, c’est ici 

Pour écouter l'interview réalisée en août 2015 dans l'émission WAVES, en français, c’est , et en anglais, c’est encore ici

Photo : Corinne Schiavone

Casimir emmène Le Roi Angus vers les "Iles essentiels"

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Le Roi Angus offrait à son public ses "Iles essentiel" en octobre 2016. Ce deuxième album, le groupe l'a enregistré à Istanbul. Aujourd'hui, deux titres sont disponibles sur Muzicenter : "Sommeil trompeur" et "Brisbane épidermique". Emmené par leur Casimir genévois, Le Roi Angus livrent des sets tendus et poétiques qui touchent toutes les générations.

Volin fait rugir son "Volcan"

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Volin sortira son premier album, "Volcan", le 31 mars prochain. Le premier single est déjà disponible à l'écoute.

 Derrière Volin , on retrouve un trio guidé par le verbe et rêvant de défricher les sentiers jugés trop vierges du rock indé français. 4 ans déjà que l’on entend parler de la flamme de ce groupe montpelliérain jonglant avec le feu d’une pop minérale aux textes poétiques et surréalistes. Mais Volin n’est pas qu’une belle promesse.
Avec « Volcan » nos experts en sismologie des sentiments délivrent un album aux humeurs multiples. Cet album, Volin l’a souhaité comme un voyage intérieur, une quête d’harmonie dans un monde de tourments, 9 titres aériens patiemment ciselés au cours de sessions en Provence, à l’ombre des Pyrénées et dans le refuge de Paloma à Nîmes.

Après avoir été finaliste Inrocks Lab et découverte des Francos de La Rochelle, après avoir marqué les esprits lors de concerts électriques avec leurs potes de Feu! Chatterton ou Radio Elvis, Volin poursuit sa quête de lumière, de métaphores et d’expérimentations rock nappées de cordes et d’électronique.