Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Les gars de Mountain Bike se remettent en selle !

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Enregistré chez les parents de Charles-Antoine, dans une ferme du Tournaisis avec Aurélien aux commandes, ce deuxième album a été mixé en collaboration avec Staf Verbeeck (BRNS, Selah Sue, Melanie De Biasio, Drums Are For Parade) au Stiff Studio.

Plus produit et plus résolument pop, mais ne rompant pas avec le garage ('Mean With You', joliment narquois en mots et boucles qui dégringolent ou 'B+, B- ' en tressautante intraveineuse) et une irrésistible décontraction, Too Sorry For Any Sorrow est un album qui, entre pudeur et pied-de-nez, invite Mac De Marco à un pique-nique de riffs scoubidous ('This Lonely Place') ou organise une partie rêveuse de pierre-papier-ciseaux entre Damon Albarn et Ultimate Painting ('Copycat').

Quoi de mieux que des billes au chocolat acidulées au lâcher-prise ou un 'Escape Plan' pour être persuadé que slacker au fuzz tendre est une mission d’utilité publique? 

Sortez joyeusement de vos gonds ou la tête de l’œuf et tatouez-vous des BMX sur les poignets : nos Mountain Bike chéris ont grandi, mais leur immédiateté est intacte!

"This lonely place", premier extrait, est disponible en cliquant ici !

Agnostic Front prend Liège d'assaut !

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Le 18 juin prochain, les vétérans et légendes du Hardcore new-yorkais seront de passage par Liège, au Reflektor. Trente-cinq années d'existence, onze albums studio et des centaines de scènes écumées, autant dire que l'occasion de voir ou de revoir ce groupe mythique n'est pas à manquer !
 
Que les plus indécis-e-s n'attendent pas trop : seules 550 places sont disponibles. Pas une de plus.
 

Novella

Change of state

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Novella, c’est le titre d’un album de Renaissance, une formation qui a sévi au cours des 70’s. C’est également le nom choisi par un quatuor londonien. Un patronyme déjà utilisé, et à de nombreuses reprises, dans l’histoire du rock. Bref, plutôt qu’un « Change of state », le combo risque peut-être un jour de changer d’appellation.

« Change of state » constitue son second essai. Il fait suite à « Land » paru en 2015. Les compos de Novella véhiculent des textes engagés, traitant, notamment, du Brexit, des comportements de Donald Trump, des conflits armés dans le monde ou encore du terrorisme. Bref, des sujets, bien dans l’air du temps. Le tout sur une musique noisy/psyché/pop bien alimentée par les deux grattes duales et une basse à la ligne percutante, mais le plus souvent mélodieuse, quand elle ne joue pas le rôle de contre mélodie. Les harmonies vocales sont tour à tour, légères, angéliques, éthérées. Un peu comme si Slowdive et Swerverdriver avaient chopé l’énergie de Lush. Hormis le mélancolique « Desert », les compos de cet opus sont entraînantes (l’hypnotique « Does the island know », le krautrock « Come in »), mais parfois adoptent un tempo versatile ; cependant, les mélodies sont soignées et se révèlent même quelquefois contagieuses. Et subrepticement, un synthé vient s’immiscer subrepticement dans l’ensemble. Enfin, caractérisé par sa structure en crescendo, « Thun » constitue certainement le sommet de l’opus. Et pour que votre info soit complète, sachez que les enregistrements ont été opéré sur un 8 pistes datant des 60’s ; de quoi apporter davantage d’authenticité à l’expression sonore. Excellent !

 

Mama Killa

Spellbound

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La dernière fois que Mama Killa s’était manifestée, c’était en 2015, lors de la sortie d’un premier Ep intitulé « Get your Own ». A l’époque, le stoner rock de la formation belge laissait entrevoir des horizons favorables. Un peu moins de 2 ans plus tard, cette dangereuse psychopathe changée en poupée (NDR : le patronyme s’inspire de la mythologie inca) refait donc surface…

Ben Derycke (batterie), Raph Troes (basse), Tim Meura (guitare) et Vince Lachenal (guitare, voix) sont donc de retour pour communiquer les messages de Mama Killa. Baptisée « Spellbound », cette nouvelle livraison est partagée en deux Eps : « Part one : in the House » et « Part Two : the Woods ».

Sur le premier disque, les riffs sont lourds. Le tempo est indolent, même s’il s’emballe circonstanciellement. Et les drums sont écrasants, à l’instar de « Death’s Beautiful ». Ce qui n’empêche pas la gratte de se réserver l’un ou l’autre solo bien senti. Un peu dans l’esprit de Queens of the Stone Age. En outre, on retrouve également ces climats angoissants qui nourrissent les films d’épouvante.

Si le second s’ouvre dans un climat semblable, grâce à « The Testament », la suite s’oxyde rapidement. Et tout particulièrement sur « 27 Shades of Pain ». Et dans ce style métallique, le combo bruxellois se révèle bien moins convaincant. On préfèrerait que le combo marche sur les traces du légendaire album de Sonic Youth, « Goo »…

Heureusement que ce métal se fond dans la prog, lors du morceau final, « Grin and Juice ». De quoi finir sur une bonne plus positive.

Bref, la mue de Mama Killa n’est pas complètement réussie. A force de montrer les dents, la psychopathe n’est plus écoutée. Elle serait mieux inspirée si elle faisait preuve d’un peu plus de diplomatie…

 

Björn Magnusson

Almost transparent blue

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Tiens, c’est curieux, au cours des 60’s, un certain Björn Magnusson militait au sein d’un quatuor suédois psyché/pop répondant au nom de Fabulous Four (NDR : pas de relation, cependant, avec les Beatles). Celui qui nous concerne est plus jeune. Et suisse. Il est également le leader de Great Black Waters et de The New Bodies, des formations helvètes au line up à géométrie variable, qui se revendiquent… psychédéliques. Il a donc décidé de se lancer dans une aventure solo. D’après la bio, il aurait ainsi déjà publié deux elpees et quelques Eps, en solitaire.

Pour enregistrer « Almost transparent blue », l’artiste a reçu le concours du drummer Danny Hole (Nikki Sudden, Kid Congo, The Warlocks), disque dont les 13 pistes trempent, bien évidemment, dans le psychédélisme. Certaines sont plus expérimentales que les autres, et semblent contaminées par les délires de Syd Barrett. Les plus accessibles (?!?!?) naviguent sur des eaux aussi troubles que Devendra Banhart et surtout Ariel Pink (NDR : pensez à « The doldrums »). Elles peuvent d’ailleurs se révéler harmonieuses et élégantes, à l’instar de « The heat » ou du très subtil et fruité « Lisa plays the drums (sucking on a lemon) ». Les vocaux sont flemmards, mais constamment en abîme, légèrement reverb. Les cordes de guitares filandreuses, aventureuses, vaporeuses, parfois noisy (« It keeps hanging around my neck »). Il y a même un excellent blues baptisé « Snakeskin ». Bref, cet elpee nous plonge au cœur d’une atmosphère à fois mystérieuse et fantasmagorique. Créatif, il pourrait ouvrir la voie de la reconnaissance à Björn Magnusson ; pourvu qu’il soigne davantage le sens mélodique de ses chansons. Enfin, s’il souhaite vraiment entrer dans la cour des grands. Et il en a le potentiel !

 

Las Kellies

Friends & lovers

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« Friends & lovers » constitue déjà le cinquième elpee de ce trio argentin… exclusivement féminin. Si la chanteuse/guitariste Cecilia Kelly et la drummeuse/vocaliste Silvana Costa militent au sein du groupe depuis le départ, c’est-à-dire 2005, le rôle de bassiste a régulièrement changé. Manuela Ducatenzeller est ainsi aujourd’hui préposée à la quatre cordes.

Si les premiers opus privilégiaient le funk blanc, dans l’esprit de Gang of Four et le dub, dans celui d’ESG, « Friends & lovers » adopte un profil davantage noisy et post punk. Deux exceptions qui confirment la règle : le caoutchouteux « Sugar beat » et l’hypnotique, groovy, « Sundays ». Faut dire que le drumming précis et syncopé de Silvana Costa correspond parfaitement à ce style musical. Bref, tout au long du reste de l’opus, les guitares bruitistes, savoureusement discordantes, alimentent l’expression sonore. A l’instar de « Breath of light », réminiscent de Jesus & Mary Chain. Mais également de « Love as I do », du lancinant « Summer breeze » et de « Make it real ». Des pistes imprimées sur un mid tempo. Davantage post punk, l’excellent « Tied to a chain » ainsi que le sauvage « I don’t care », un autre sommet de l’elpee qui alterne guitares distordues, surf ou cinglantes, lorgnent carrément vers Siouxsie & The Banshees. Certains médias n’ont pas d’ailleurs pas hésité à qualifier ce dernier titre, comme la réponse féminine à Thee Oh Sees. Et si les B52’s planent au dessus d’« I’m on fire » (ces backing vocaux !), caractérisé par ses flux de sonorités de grattes, « Sun goes down » est aussi tranchant qu’un Shonen Knife. L’opus s’achève par le plus tribal et offensif « Celebration life », un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Delta 5. Un chouette album !

 

Grandaddy

Last Place

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Onze années déjà que Grandaddy avait mis la clef sous le paillasson ; et ce après avoir publié son chef-d’œuvre, « The Sophtware slump ». Depuis, les musicos ont poursuivi leur parcours, chacun de leur côté, Jason Lytle, le chanteur et leader publiant deux elpees en solo : « Yours truly, the computer » en 2009 et « Dpt. Of Disappearance » en 2012. Dans un style, fort proche de ce qu’il proposait auparavant en compagnie du groupe, il faut le souligner. En 2015, la formation a donc décidé de reprendre le cours de l’aventure. Et « Last place » constitue » son premier opus, depuis ce come-back.

Première constatation, Grandaddy n’a rien perdu de la fragilité de son sens mélodique, un sens mélodique entretenu par des harmonies vocales veloutées et des synhtés vintage. Mélancoliques, romantiques, les compos sont le plus souvent imprimées sur un mid tempo. Et puis, on y retrouve un thème de prédilection si souvent exploré, comme le combat entre la nature et la technologie. Autre constante, la musique affiche toujours cet aspect à la fois troublant et rassurant.

C’est le single « Way we won’t » qui ouvre la plaque. Un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Matt Sharp (Weezer, Rentals). En fait, les premières compos de cet LP reprennent les choses là où le combo les avait laissées. Puis, dès « The boat is in the barn », le ton commence à changer. Il y a ce recours au mellotron. Ces riffs spasmodiques qui ouvrent la plage. Et puis le spectre des Travelling Willburys qui se met à planer. Pas tellement étonnant, car Jeff Lynne (ELO) a toujours été une référence pour Jason. « Check ijinn » est un titre plus rock, plus enlevé. Mais c’est en fin de parcours que le long playing devient le plus intéressant. Tout au long de trois autres pistes imprimées sur cet inévitable mid tempo. Ballade majestueuse, romantique, « This is the part » est coloré d’arrangements symphoniques rappelant les Moody Blues. Des arrangements qui se prolongent sur « Jed the 4th », nonobstant des bruitages électroniques qui s’invitent en milieu de parcours. Mais le sommet de l’opus est atteint par le majestueux « A lost machine ». Guidée par les accords d’un piano, cette piste s’enrichit progressivement de bruitages psychédéliques, d’orchestrations symphoniques, dans l’esprit d’un Mercury Rev au sommet de son art. A cet instant, le falsetto de Jason n’a jamais été aussi proche de celui de Jonathan Donahue. L’elpee s’achève par « Songbird son », un titre plus dépouillé, acoustique, malgré quelques légers effets cosmiques. Un retour réussi !

 

E-Grand

Here they come

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E-Grand, c’est le projet du Lyonnais Didier Frahier. Avant de monter ce nouveau groupe, il avait sévi chez Dynamo. Et « Here here they come » constitue le deuxième elpee d’E-Grand. Il fait suite à « 1st album », paru en 2011. Première constatation, au sein du line up figure trois gratteurs, dont le leader qui se réserve également et circonstanciellement les claviers. Donc la musique est particulièrement électrique. Bien vu !

Dès l’ouverture, l’électricité gicle tout au long d’une ballade mid tempo (c’est souvent le cas) offensive mais élégante, qui doit davantage à Wilco qu’au Crazy Horse de Neil Young. Et puis, il y a ce drumming ample, digne de Glenn Kotche. Ainsi que ce feeling si caractéristique chez la bande à Jeff Tweedy. Comme sur le plus mélancolique et presque hymnique « Safari ». Seules, pourtant soignées, les harmonies vocales évoquent tour à tour Teenage Fan Club voire Big Star. Une électricité qu’on retrouve à tous les étages, mais pas nécessairement dans le même registre. Plutôt sous un profil pop/rock. Ou plus exactement britpop. A cause du sens mélodique. Un peu comme si Graham Coxon et les LA’s avaient décidé d’enregistrer ensemble. Encore que les inflexions vocales du lyrique « A Queen of the street » semblent empruntées à Peter Gabriel. De cet opus, on épinglera encore le plus funky « A sign of love », « Memories », galvanisé par une ligne de basse hypnotique, « She lives on », discrètement traversé par une traînée stridulante, manifestement inspirée par le « Ashes to ashes » de Bowie », le dansant « Call of life », émoustillé par ses chœurs presque ‘rollingstoniens’ (ouh ! ouh !) ; sans oublier le superbe « The keys to your life », une plage intense, dont la fin de parcours est à nouveau particulièrement électrique. Un peu comme le titre d’entrée. La boucle est ainsi bouclée. Une excellente surprise !

 

Dario Mars

The last soap bubble crash

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« The last soap bubble crash » constitue le second elpee de Dario Mars & The Guillotines, le nouveau projet de Renaud Mayeur (voir interview ici). Cet ex-La Muerte, Hulk, Les Anges, et on en passe, pratique ce que qu’on pourrait appeler du spaghetti-western-voodoo-garage.

Son nouvel opus s’ouvre par « Summer ice », une plage qui ne manque pas de punch. Sorte de bossa nova uptempo imbibée de claviers vintage, « Hold on » évoque curieusement… Vaya Con Dios. A cause de la voix de Bineta qui emprunte les inflexions de Dani Klein. Tout comme sur le plus filmique « Far from you ». Une impression qu’on retrouve encore sur le soul/blues, « Strange happiness ». En fait, essentiellement lors des morceaux les plus paisibles. Nonobstant les cordes de gratte surf, « Gone with sorrows » épouse le sens mélodique d’un Texas. Oui, oui, celui de la bande à Sharleen Spiteri. Et pas une référence à l’Etat du Sud des States… Ténébreux et sauvage, l’excellent « I wish I was with you » semble hanté par des voix démoniaques. Et pourtant, il est bien rock. Tout comme l’uptempo « Vertigo ». Les cordes de guitare sont à nouveau sculptées dans le surf. La basse est sombre, mordante. Le drumming échevelé et les claviers vintage. Le spectre du Led Zeppelin –n’en déplaise à Renaud– plane sur deux morceaux. Et ils figurent parmi les meilleurs du long playing. Tout d’abord « Walk baby walk », même si l’intro évoque plutôt le célèbre « Albatross » de Fleetwood Mac ». Puis l’oriental, incantatoire et hypnotique « Soulless ». Angoissant, « Keep smiling » (un paradoxe !) macère dans des sonorités qui semble sortir d’un bistrot guinguette, un peu comme dans la B.O. du long métrage signée Yann Tiersen, ‘Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ?’. Manifestement les références au cinéma sont légion. Et la version alanguie du « I wanna be loved by you », popularisée par Marylin Monroe, qui clôt l’opus, en est une nouvelle illustration. Un chouette album !

 

Artús

Ors

Écrit par

Il s’agit déjà du cinquième opus d’Artùs ; et à chaque fois la surprise est totale. Il fait suite à « Drac », paru en 2011, mais alors sous le patronyme de Familha Artús ; et sur le label alternatif du Folklore de la zone mondiale, au sein duquel militent également les Ramoneurs de Menhirs…

Eponyme, le deuxième revisitait le « Cantaplora » de Bernard Manciet, une œuvre qui invitait à voyager entre ciel et terre, mais du côté du pays basque…

Le périple nous entraîne aujourd’hui encore davantage vers le sud-ouest. C'est-à-dire au beau milieu des espaces pyrénéens. La bio nous apprend ainsi –et la journée de votre serviteur ne sera pas vaine– qu’Artùs vient du celtique ‘Arzh’. Et se traduit par ‘Ours’ (« Ors » en occitan). La boucle est donc apparemment bouclée. Quoique ! En fait, les textes et le climat de cet opus s’inspirent de ce roi déchu de la montagne. Car fidèle à ses références littéraires, c’est Jean Soust qui a, pour la circonstance, inspiré le collectif. On suit ainsi la bête à la trace, emprunte les itinéraires qui passent par les cols… au cœur des superbes paysages montagneux que nous réservent les Pyrénées. En 5 pistes, d’une durée qui oscille de 7 à 9 minutes, quand même.

Dont on épinglera tout particulièrement deux compositions. Tout d’abord « Aurost ». On pourrait fredonner cette chanson en chœur, au coin du feu, à la tombée de la nuit. Puis « Chasse party ». Une sonnerie prélude la battue. Des coups de trompe ou de corne décrètent le début de traque. La bête est en vue. Puis les percus nous glacent le sang. Une fusillade vient d’éclater… 

Le mot de la fin est d’ailleurs laissé à Jean Soust. Il y donne une version personnelle de cette œuvre : ‘Avec ce disque, l’ours retrouve une place dans les Pyrénées. Il redevient celui par lequel on s’émeut, on se raconte et on communique. De façon sensible et sensée. Il est redevenu celui qui inspire…’

Aries

Adieu or Die

Écrit par

Aries, c’est le projet solo de la multi-instrumentiste Isabel Fernandez Reviriego. Elle y développe une électro-pop –tendance indie– vaporeuse qu’elle interprète dans la langue d’Almodovar. Sur l’étrangement intitulé « Adieu or Die », son 3ème album réalisé 100% en mode DIY, l’artiste ibérique dévoile des morceaux emmenés par des claviers naviguant entre pop et expérimentations. Les compositions d’Aries, souvent planantes mais parfois plus rythmées (« En El Océano »), hésitent entre tendres cajoles acoustiques (« Nuestra Casa ») et légères expérimentations réverbérées ou rythmiques (« Eclipse Total »). L’ensemble est agréable à l’oreille –tout comme la douce voix de l’artiste– mais reste souvent un brin trop lisse...

« Adieu or Die » est un titre quelque peu excessif pour une œuvre qui ne manque certainement pas de potentiel, mais dont l’électronica se révèle un brin trop sage...

 

Wolf People

Ruins

Écrit par

Wolf People nous vient des Iles Britanniques, du Bedfordshire très exactement. A son actif, quatre elpees, dont le dernier, « Ruins ». A l’origine, le groupe puisait ses sources d’inspiration majeures chez Captain Beefheart, Grateful Dead, Jimi Hendrix, Black Sabbath, Jethro Tull, Led Zeppelin, The Incredible String Band et Fairport Convention. The Black Mountains également, pour citer un band contemporain. Fondé en 2005, le combo semble digérer, progressivement, ses influences. Progressivement, le mot est bien choisi, car sa musique continue d’osciller entre prog, folk insulaire, hard rock et psychédélisme. Il est même parfois étonnant de retrouver sur un seul morceau un feeling pastoral très susceptible de se réserver des envolées bucoliques ainsi que des turbulences bien métalliques chargées de groove. Ces duels de grattes, ce mellotron, cette flûte, ce saxophone et ces synthés font ainsi bon ménage. Même au sein d’un climat exotique. Parfois on pourrait imaginer le résultat d’un bœuf entre Black Sabbath et Steeleye Span. Encore qu’en prenant un peu de recul, c’est surtout à Dream Theater, qu’il faudrait penser. On a même droit à un blues (NDR : le morceau d’ouverture « Ninth night », qui se réfère à l’ésotérisme historique). N’empêche pour des « Ruins », il faut reconnaître que les morceaux ont encore fière allure… 

 

Elvis Perkins

Label Pop session

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Au sein de la famille Perkins, les artistes sont légion. Pour la plupart des acteurs. Elvis a plutôt choisi le rôle d’auteur, compositeur et interprète. C’est le fils d’Anthony Perkins et de la photographe Berry Berenson, décédés respectivement en 1992 et en 2001. Le premier des suites du SIDA. La seconde, lors des attentats du 11 septembre. C’est également le frère d’Oz Perkins.

Label Pop est une émission radio qui a sévi sur les ondes de France Musique, une radiodiffusion dont la programmation signée Vincent Théval a permis à des tas de musiciens ou groupes de se produire en direct. Of Montreal, The Apartments, Lloyd Cole, Howe Gelb, Yann Tiersen, Robert Forster et bien d’autres ont participé à ces showcases. Des événements qui mérite(raien)t d’être immortalisés sur cd. Tunng et Powerdove ont ainsi également bénéficié de ce type de gravure.

Le set d’Elvis Perkins s’est déroulé en septembre 2016. « I Aubade » était paru en février 2015. Donc, il était encore dans le coup ; son elpee précédent, « Elvis Perkins in Dearland » remontant quand même à 2009.

Lors de ce concert, Perkins était entouré de Danièle Aykroyd (basse, harmonium, autor-harpe) et Mitchell Robe (percus, mellotron, minimoog). Découpé en 7 titres, ce disque baigne au sein d’un climat minimaliste, vous vous en doutez. Et Elvis démontre une nouvelle fois son art à torcher de très jolies mélodies, le contagieux « The passage of the black genre » méritant, à cet égard, une mention particulière. Tout comme la ritournelle « It’s now or never loves ». Les morceaux sont donc balisés par la sèche. Tour à tour, un zeste de clavier vintage, de mellotron, de moog ou une intervention de basse viennent leur apporter un certain relief. Perkins possède, en outre une superbe voix. Et quand elle passe en falsetto, on ne peut s’empêcher de penser à Jeff Buckley, mais sans le trémolo. Quand aux inflexions, elles sont aussi nonchalantes que celles d’un Leonard Cohen.

 

Du Belge à Rock Werchter (update 6/03/2017)

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Het Zesde Metaal, Tout Va Bien, Warhola, Oscar And The Wolf, Bazart, Warhaus, Tamino, Vuurwerk J. Bernardt, Soulwax etTourist LeMC sont les artistes et groupes belges qui se produiront dans le cadre de l’édition 2017 du Rock Werchter.

http://www.rockwerchter.be

 

 

Blonde Redhead

Bipolaire…

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La salle de l’Orangerie est pleine à craquer. Pas de doute, Blonde Redhead reste une valeur sûre et attire la foule. Une foule composée principalement de quadras. Des fans de Sonic Youth, entre autres. Faut dire que le groupe a débuté sur le label Smells Like de Steve Shelley. C’est d’ailleurs durant cette époque mémorable, en 1999, que votre serviteur les avait découverts. Et plus précisément au cours d’un festival montois. Sur le label 4AD le groupe a connu des fortunes diverses. Il a rencontré ainsi un franc succès lors de la sortie de « 23 », en 2007, alors que le bien trop insipide « Penny Sparkle », publié en 2010, a reçu un accueil plus que glacial auprès des aficionados ainsi que de la presse spécialisée.

A l’instar du light show, le show s’ouvre, en demi-teinte, par « Falling man ». Cependant, « Bipolar » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Fake can be just as good »), remet les pendules à l’heure. La prestation est pourtant bien bipolaire. Elle souffle donc le chaud et le froid. A plusieurs reprises, Kazu Makino semble sur une autre planète, et sa voix monte trop rapidement dans les aigus. A contrario, le timbre d’Amedeo Place est toujours aussi précis. Et son frère affiche encore cette même sérénité derrière ses fûts. Malheureusement, il faudra attendre la fin de parcours pour voir enfin le public –jusqu’alors passif– commencer à s’enflammer. Faut dire que le pétillant « Spring and by summer fall » y est pour quelque chose.

En rappel, Kazu se lâche enfin. Et tout particulièrement pendant le single « 23 ». Dans la foulée, elle s’adresse même à la foule : ‘We will play a new song you probably don’t know (NDR : « Give give ») but after we will still play another songs’.

A l’issue du spectacle, les puristes –et tout particulièrement les nostalgiques de la noisy issue des 90’s– estimaient que c’était mieux avant (NDR : dicton devenu tellement populaire !). Pourtant, le parcours de Blonde Redhead mérite le respect ; car la formation a toujours cherché à évoluer, à expérimenter, tout en conservant une même classe…

Set List :

Falling Man
Bipolar
Elephant Woman
Mind to Be Had
No More Honey
Where Your Mind Wants To Go
Three o' clock
Doll Is Mine
Dr. Strangeluv
Dripping
Spring and by Summer Fall

Rappel :

23
Give Give
Pink Love
Equus

Echo Beatty assurait le supporting act. Originaire d’Anvers (NDR : entre les titres, les musicos ne s’expriment que dans la langue de Vondel ou de Shakespeare), le trio a bonne presse au Nord du pays (NDR : De Morgen en fait une valeur montante). Pas étonnant que le public soit au rendez-vous et l’accueil, si chaleureux. Leur style est à la fois introverti et intriguant. La voix de la chanteuse évoque… Chelsea Wolfe. Une voix qui nous entraîne au cœur de paysages inattendus, se muant parfois en onomatopées. Annelies n’hésite pas à se saisir d’une gratte électrique ou d’une sèche pour extérioriser ses cris… A gauche de la scène, un bassiste/bidouilleur au look d’hipster injecte des sonorités électro ou plus pop/rock. Alors qu’au centre, le batteur semble bien concentré sur ses fûts, en imprimant un tempo soutenu aux compos. L’ensemble tient donc bien la route, même s’il est difficile de se forger un avis sur une prestation aussi courte (25 minutes).

(Organisation : Botanique)

 

 

Hamilton Leithauser

La parfaite maîtrise d’un artiste charismatique…

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Malgré un talent indéniable à torcher des chansons qui frisent souvent la perfection, Hamilton Leithauser n’est toujours pas parvenu à sortir de la zone crépusculaire de l’underground. Que ce soit au sein de son groupe, The Walkmen, qu’il a mis provisoirement entre parenthèses ou en solo. Pourtant le New-yorkais n'a jamais été aussi proche du sacre. A cause de son dernier elpee, qu’il a composé en compagnie de l’ex-Vampire Weekend, Rostam Batmanglij. D’ailleurs, un des morceaux de cet opus ("In a Blackout") a été choisi comme B.O. d’un spot publicitaire, pour une certaine marque à la pomme. Ce qui aurait pu remplir une salle comme la Rotonde, dont la capacité ne dépasse pas les 300 places. Ce ne sera pas le cas. Une nouvelle démonstration que le génie n’ouvre pas nécessairement la voie à la consécration. N’empêche, le public qui s’est déplacé de soir, ne regrettera pas son déplacement. Il est d’ailleurs bien excité avant que l’artiste en monte sur les planches. Faut dire qu’on avait hâte de voir si ce songwriter était capable de reproduire en ‘live’, la magie qui émane de son elpee solo, "I Have a Dream That You Were Mine".

Il est un peu plus de 21 heures, quand Hamilton Leithauser grimpe sur l’estrade. Il a emporté deux grattes : une à douze cordes et une sèche. Il est flanqué de trois musiciens : un batteur, un bassiste ainsi qu’un multi-instrumentiste (synthé, guitare, harmonica). Néanmoins, Rostam, la tête pensante de Vampire Weekend et co-compositeur du dernier LP de Leithauser, n’est pas du voyage. Le physique du New-yorkais a de quoi impressionner. Il est bourru et de grande taille…

Le set s’ouvre par « Sick as a Dog ». Et dès qu’Hamilton ouvre la bouche, on tombe littéralement sous le charme de sa voix. En outre, Leithauser contrôle totalement son sujet. Il est même capable de prolonger le tremolo de son timbre ou une note qu’on croirait devenue interminable. Et pour le plus grand plaisir de l’auditoire. En outre, ses musicos exécutent impeccablement leurs partitions, n’en faisant ni trop, ni trop peu. Les titres du dernier opus s’enchaînent. Au cœur d’ambiances et sur des rythmes qui se suivent sans jamais se ressembler. Ainsi, si le spectre de Leonard Cohen plane tout au long de "In a Blackout", « Rough Goning » nous invite presque… au bal musette. Il n’en oublie pas pour autant le single « A 1000 Times », ainsi que l’une ou l’autre plage issue de son premier long playing ; à l’instar de l’excellent « Alexandra ». Après une bonne heure de concert, la troupe vide les lieux. Puis revient en rappel pour interpréter l’épatant « 1959 ». Ce soir, la parfaite maîtrise de cet artiste charismatique a littéralement subjugué son public…

(Organisation : Botanique)

iloveyourass

Elektrische frau

Écrit par

« Elektrische frau » constitue le deuxième Ep de ce duo pictavien (NDR : issu de Poitiers, si vous préférez), réunissant Aline Leroy et Damien Gauvin. Il fait suite à « ilya ! », paru en janvier 2015. A ce jour, le tandem s’est surtout illustré en composant la B.O. du court métrage « Total animal 3 », qui a reçu 9 prix, dont celui de la meilleure vidéo musicale au ‘Los Angeles Independant Film Festival Awards’.

iloveyourass serait-il une référence à une compo des Frères Brozeur ou de Papillon Paravel ? Bonne question. Mais bon, il ne suffit pas de fumer la moquette pour décrire le culte qu’on peut vouer à un pétard. Ni de le traduire en anglais...

Bref, venons en à cet Ep découpé en 5 titres. iloveyourass décrit sa musique comme du folk noise glamour. Pourquoi pas ! Il y a en effet des cordes acoustiques. D’abord jouées en picking. Sur « Ivresse », une pseudo valse interprétée dans la langue de Molière par Aline. Puis tout au long de « Falling out », un morceau dont la sèche balise la piste, même si des cordes électriques et des bruitages débarquent en fin de parcours. Damien y pose son baryton ténébreux, sorte d’hybride entre celui de Léonard Cohen et de Michael Gira, alors qu’Aline s’abandonne dans des vocalises éthérées. Hypnotiques, les 3 autres pistes sont davantage marquées par le krautrock. « Never trouble » a recours aux vocaux en couches, dans l’esprit d’Animal Collective pour son dernier opus, « Painting with ». Le titre maître est carrément hanté par Can. A cause de ce rythme en boucle imprimé par des samples de djembé. Et enfin, sur « F. Control », qui s’ouvre dans un climat de pop ludique et minimaliste, avant de s’enrichir progressivement d’instrumentation, qu’elle soit électrique, bruitiste ou autre. Certainement la meilleure composition de cet Ep, qui manifestement appelle une suite…

 

So Was The Sun

Plastic gun fight (Ep)

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Derrière So was the Sun, on retrouve le chanteur/guitariste Palem Candillier. Il est le seul rescapé du line-up originel. Pour concocter ce nouvel Ep, le Français a recruté Victor Inox (basse, choeurs) ainsi que Audrey Qunintin (drums et choeurs). Mais a également bénéficié du concours d’Arnaud Bascuñana (Deportivo, Wampas, No One Is Innocent) pour l'enregistrement.

Dès le morceau introducteur ("Archery"), on sent que la formation française manifeste beaucoup de bonne volonté, dépense beaucoup d'énergie mais semble en panne d'inspiration. Son grunge est généreusement alimenté par une guitare sous distorsion, alors que la voix de Candillier n'hésite pas à mettre la forme, quitte à tomber dans le kitsch. Aussi kitsch que le solo de guitare qui conclut cette entrée en matière. "Cold gap" lorgne davantage vers le stoner. Malheureusement, cette piste manque de puissance, si bien qu’elle n’atteint jamais sa cible. Et le constat est identique pour "Lyrics". Finalement, c’est lorsque le tempo ralentit que So was the Sun parvient à sauver les meubles. A l’instar du titre maître et d’"Oversides"…

Le titre de cet Ep "Plastic Gun Fight" annonce finalement assez bien la couleur. Si la forme est présente, la puissance de feu est insuffisante ; et sans elle impossible de succomber à la moindre salve…

 

The Moles

Tonight’s music

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The Moles est une formation australienne qui a sévi au cours des nineties. A l’époque, elle avait publié trois Eps et deux elpees. Drivée par un certain Richard Davies, elle disparaît alors des radars, en 1996. Il y a bien deux compiles. L’une parue en 2003 et l’autre en 2014, mais elles semblent surtout servir d’anthologie. Quoique, suite à la publication de ce dernier recueil, Davies a eu envie de relancer la machine. En entraînant un ex-Sebadoh, un ex-Sugar et un membre de Woods, dans l’aventure. Soit respectivement Bob Fay, Malcolm Travis et Jarvis Taveniere. Sans oublier Dion Dania, le leader de Free Time. Faut dire que Richard vit aux States depuis pas mal de temps. Où il a sévi surtout chez les Cardinals, outre un projet solo réalisé en compagnie de Robert Pollard, le leader de Guided By Voices.

Bref, The Moles s’est mitonné un répertoire conséquent, qui va finalement se retrouver sur « Tonight’s music », un opus réunissant la bagatelle de 24 morceaux. Certains sont purement expérimentaux et même parfois totalement déconcertants, bruitistes, truffés de samples ou de collages. On a même l’impression de retrouver des bribes de sons empruntés à Harrison et peut-être à McCartney sur « Room temperature ». Mais au sein d’un fouillis indescriptible. Ou alors à une rencontre entre Hendrix et Wire (« Stray dog »). Bref, on ne peut pas reprocher à The Moles un manque d’audace et de recherche, c’est une certitude. Les plages acoustiques sont tour à tour minimalistes ou alors carrément psychédéliques, un peu dans l’esprit –délirant– d’un Syd Barrett. Mais le plus intéressant procède des pistes les plus pop. Et certaines sont tout bonnement remarquables. A l’instar de « Space fever », de « Red Carpet », hanté à la fois par Westerberg et Bruce Springsteen. De « Chills », dont la mélodie sculptée dans les cordes de gratte chatoyantes évoquent… la bande à Martin Philipps. Des très électriques « Hand painted carved imported oil painting » et « Needle and thread », une plage imprimée sur un mid tempo, sur laquelle on a inconsciemment envie de taper du pied. Du rollingstonien « K.B.O. », dont le riff rappelle « Jumping Jack Flash ». Et le reste a de quoi nourrir l’histoire du rock en références. Des noms ? Guided By Voices « Head in the speakers », Teenage Fanc Club (« Dreamland”), TV Personalities (le vulnerable et envoûtant « Beauty Queens of Watts »), Grandaddy (NDR: ces synthés sur « Imperial blues »), Wilco (« Out of thin air ») et en grattant davantage, il est évident que d’autres spectres vont faire leur apparition. Bref, il y a de quoi faire un ‘Quizz’, tout en prenant du bon temps. Une chose est sûre, si ce retour est réussi, on attend une suite qui soit un peu moins branque mais quand même toujours aussi originale. C’est trop rare de nos jours pour ne pas être souligné !

 

Lola Colt

Twist through the fire

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« Twist through the fire » constitue le second opus de Lola Colt, une formation londonienne, au sein de laquelle milite une Suédoise. Au chant. En l’occurrence Gun Overbye. Dont la voix campe un hybride entre Grace Slick et Siouxsie Sioux. La musique de ce sextuor mêle pop, rock, psychédélisme (tout particulièrement celui pratiqué sur la West Coast, fin des 60’s, début des 70’s ; pensez à Jefferson Airplane), post punk (Siouxsie & the Banshee, of course), le garage noir (Nick Cave & The Bad Seeds, Gallon Drunk) et la bande sonore cinématographique pour western (Ennio Morricone, tout particulièrement). Le deuxième elpee du band recèle également des traces de musique traditionnelle hébraïque, mais aussi nord-africaine. Et si le résultat est toujours aussi sombre, il est surtout brillant.

Le groove peut se révéler mordant (le single « Gold »), les cordes de guitares sont souvent chatoyantes, évoquant tantôt John McGeoch (le mélodramatique Dead Moon Jeaporady ») ou Jesus & Mary Chain (le noisy « At war »). Discrètes mais efficaces, les interventions d’orgue empruntent autant à Manzarek (lorsqu’elles sont rognées), Nick Mason (époque « More »), David Balfe (Teardrop Explodes) qu’à Vincent Crane (Atomic Rooster). Et parfois même aux 80’s (Kraftwerk ?) Aucun point faible sur ce long playing, mais deux plages centrales. Tout d’abord le titre maître. 9’, quand même ! Une compo hypnotique, envoûtante, reptilienne, découpée en deux volets. Un peu comme si d’une flamme tremblante, le feu finissait par devenir rouge de colère. Le tout sur un tempo ‘motorik’. Puis « Moonlight mixing ». D’une durée de 7’, il est également construit en crescendo, parvenant à fusionner West Coast et folk israélien. Et se consumant lentement, le final « Kilimanjaro » (NDR : c’est également le titre du tout premier elpee de Teardrop Explodes, auquel Lola Colt semble également se référer) souffle une forme de psychédélisme exotique, mêlant cordes acoustiques et électriques, permettant à la voix de Gun de nager comme une sirène vengeresse, avant d’atteindre le but ultime. Une voix pourtant éthérée, un peu à la manière de Natasha Atlas, tout au long de l’ondulatoire « Moshko medecine ». Un must !

Kent Hutchinson

La Grande Illusion

De son véritable nom Hervé Despesse, Kent Hutchinson nous propose son dix-huitième opus. Enfin, sur l’ensemble de sa carrière. Faut dire qu’il en compte déjà 40 bien remplies, derrière lui. Une carrière qu’il a embrassée dès 1975, comme guitariste et chanteur de Starshooter. Soit en plein boom du mouvement punk hexagonal, qui a notamment donné naissance à des groupes comme Trust, Téléphone ou Bijou. Le band se sépare en 1978, après la publication d’un quatrième elpee.

Pour se sortir d’un état dépressif, Kent se consacre ensuite à la bande dessinée, l'écriture de romans et de chansons. Notamment pour Calogero, Johnny Hallyday, Enrico Macias et Nolwenn Leroy. Il bosse alors également comme animateur radio sur Europe 1.

Il embrasse ensuite une carrière solo, aujourd’hui riche de 13 long playings, dont le dernier, « Le Temps Des Ames », caractérisé par des orchestrations soignées et cuivrées, avait reçu le concours de Ian Capple (Tindersticks, Tricky, Bashung), à la production.

Pour mettre en forme « La grande illusion », cet artiste à la plume délicate a fait appel à David Sztanke aka Tahiti Boy, un personnage qui s’est forgé une solide notoriété dans l’univers des variétés, mais également de la musique électronique.

Kent est un perpétuel voyageur qui se cherche. Il a du vécu et on le suit dans son périple initiatique. Il s’est « Eparpillé ». Les cuivres temporisent. Le morbide revient peut-être au galop. A cause de cette référence au « Blackstar » de Bowie. Heureusement, Kent reste positif.

« Un revenant » hante les coulisses du Bataclan et les locaux de Charly Hebdo. Dure réalité du terrorisme qui a marqué les esprits.

« L'heure Des Adieux » met en scène… sa propre mort…

Titre maître de l’opus, « La Grande Illusion » aurait pu également s’intituler « La grande désillusion »…

 « Chagrin d’honneur » traite de la maladie de ce siècle : le burn out.

‘On n’est que l’ombre de nos rêves… celles des « Oranges Bleues »’. Qui tout en adressant un clin d’œil à Hergé, s’interroge sur l’évolution de notre civilisation…

De la difficulté de « Rester Amis » quand le temps passe et que les rencontres s’espacent... Une plage au cours de laquelle Kent transpose également son talent de cartooniste, dans sa musique… 

Quoique lorgnant vers le free jazz, « Si C'était A Refaire » s’abandonne dans une forme de mélancolie que n’aurait pas renié Nougaro.

A moins que ce ne soit du romantisme, comme « Un Coeur En Automne », une compo qui achève cette œuvre poétique, au cours de laquelle on croise notamment Prévert, Vian et Gainsbourg.