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La fresque de Vincent Delerm

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Mike Zito

Keep coming back

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Originaire de St Louis, dans le Missouri, Mike Zito est âgé de 45 ans. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, sa première partie de carrière, il l’accomplit en solitaire. Ce qui lui permet de graver trois elpees sur le label Eclecto Groove. En 2010, il devient cofondateur du Royal Southern Brotherhood, en compagnie duquel il publie plusieurs superbes albums. En octobre 2014, il quitte RSB pour relancer son parcours solo. Enfin, presque, puisqu’il monte un nouveau backing group, The Wheel. Une formation dont le premier LP, "Gone to Texas", sort en 2014, chez Ruf. Le line up est inchangé et réunit le saxophoniste Jimmy Carpenter, le claviériste Lewis Stephens, la bassiste Scot Sutherland et le drummer Rob Lee. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Dockside, sis au cœur de la Louisiane, sous la houlette de Miss Trina Schoemaker (Emmylou Harris, Sheryl Crow, Queens of The Stone Age).

Keep coming back" ouvre la plaque. Un rock'n'roll dynamisé par le piano sautillant de Lewis, alors que la gratte de Mike est déjà chauffée à blanc. "Chin up" est imprimé sur un tempo aussi enlevé. La voix est autoritaire. La guitare, omniprésente. L'artiste se fait et nous fait plaisir ! Zito et Anders Osborne (NDR : un chanteur/compositeur d'origine suédoise qui vit à la Nouvelle Orléans) cosignent trois plages : "Get busy living", une superbe ballade roots qui colle parfaitement à la voix rauque et impérieuse ; "I was drunk", une plage à la fois belle (NDR : ces cordes acoustiques !) mais réaliste, au cours de laquelle Mike et Anders se partagent les vocaux ; et le blues indolent "Lonely heart". "Early in the morning" est une autre ballade sculptée dans l’americana. "Girl from Liberty" libère de chouettes vibrations rythmiques. Le saxophone de Jimmy Carpenter est bien à l’avant-plan alors que les cordes du leader rockent dans un esprit plus vrai que nature. "Get out of Denver" est un autre rock'n'roll. Il est signé Bob Seger, le célèbre rocker de Detroit. Endiablée, la nouvelle version emprunte son riff à Chuck Berry et autorise des sorties remarquées au piano, au saxo et à la guitare. Ce riff devient ‘stonien’ pour amorcer "Nothin' but the truth", un plage participative au cours de laquelle Carpenter nous réserve une envolée lumineuse sur son sax ténor. Swamp rock, "Cross the border" nous ramène au cœur de la Louisiane. Suze Seems se consacre au micro. La gratte libère des sonorités réverbérées et métalliques. Rob Lee excelle aux percus et Stephens tapisse l’ensemble de son orgue. "What's on your mind" est une longue ballade roots. Naturellement accrocheuse, la voix communique ses émotions, des émotions accentuées par les interventions du saxo qui collent littéralement aux vocaux. "Bootleg" clôt cet LP. Une cover de Tom Fogerty. Qui hante cette compo. Tant la voix que les accords de gratte dispensés par Mike Zito évoquent l'ex-leader intemporel de Creedence Clearwater Revival. Un excellent album!

 

Steven Wilson

Le sacre du Roi Wilson

A peine un an après sa dernière visite, Steven Wilson est de retour chez nous ; et pour la circonstance à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Le Britannique revient auréolé du succès de son dernier opus : « Hand. Cannot. Erase », qui a dépassé les ventes de toutes ses autres plaques, y compris celles réalisées par son précédent groupe, le légendaire Porcupine Tree. Dans ses bagages, il nous apporte un tout nouvel Ep : « 4 1/2 ». Ce disque réunit des compositions qui n'avaient pas trouvé grâce sur les deux elpees précédents, ainsi qu’une reprise d'un titre de Porcupine Tree.

Il y a quatre ans, Steven Wilson s’était produit dans une Ancienne Belgique en configuration 'Box', soit sans gradins ni balcons. Ce soir, par contre, la salle est en configuration maximale et le concert est sold out. On mesure le chemin parcouru par le 'King of Prog' ; et on doit reconnaître qu’il a réussi son pari : faire évoluer sa musique, gagner de nouveaux aficionados, sans perdre trop de fans originels de Porcupine Tree, déçus par le côté nettement moins prog/metal des nouvelles productions.

Avant le début du concert, une playlist très orientée 'dark ambient' installe une atmosphère sombre et recueillie. On reconnaît le célèbre instrumental « Warzawa », de David Bowie, dont la mort a profondément affecté Wilson. Le concert commence par la projection du court-métrage qui met en scène le thème de « Hand. Cannot. Erase. » : la solitude dans les grandes cités. Les artistes prennent place sur le podium et attaquent l'interprétation complète de ce brillant concept album. Wilson est accompagné de son fidèle bassiste, Nicky Beggs (ex-Kajagoogoo, Steve Hackett) et du claviériste Adam Holzman (NDR : il a côtoyé Miles Davis). A leurs côtés, deux nouveaux venus : le guitariste Dave Kiliminster (NDR : il a participé à la tournée 'The Wall' de Roger Waters) et le batteur Craig Blundell (NDR : un musicien de sessions).

« First Regret » ouvre le set tout en douceur. Adam Holzman dessine de savantes arabesques sur ses claviers ; de quoi nous transporter au cœur d’un univers onirique. Le riff de guitare de « 3 Years Older », très inspiré par Rush, tranche dans le vif. S'en suit un tour de force de 10 minutes, où alternent moments doux, jazzy, voire même folk, et envolées endiablées de prog/rock. Un véritable patchwork d'influences évoquant King Crimson, Pink Floyd, Camel, Yes, Rush, Todd Rundgren (Utopia) et autre Van der Graaf Generator. Steven Wilson est pieds nus, suivant son habitude. Il a toujours son éternel look d'étudiant de fac. Planté au centre de l’estrade, il joue au chef d’orchestre au sein de son supergroupe. Il passe de la guitare électrique à la sèche, stimule en permanence ses musiciens ; et parfois, sans instrument, souligne les impulsions majeures de l’expression sonore.

Après « 3 Years Older », Wilson salue la foule et précise qu'il apprécie son enthousiasme. ‘Je ne suis pas fâché d'en avoir fini ma tournée allemande’, confie-t-il. ‘Le public y est, disons, très réservé...’ Poursuivant sur un ton très 'tongue in cheek', il explique que la première partie du concert privilégiera son dernier LP ; et que, dans la seconde partie, il y réservera, ... ‘ces autres choses...’ On devine qu'il se réfère aux titres de Porcupine Tree, que ses plus anciens fans réclament avec insistance, à chacun de ses concerts.

Mais place, d'abord, à la plage titulaire de « Hand. Cannot. Erase », qui évoque à nouveau Rush, période « Hold Your Fire ». Changement de style ensuite : la batterie très ‘trip-hop’ sert de toile de fond à la voix féminine (en play-back), qui cite Dead Can Dance et de This Mortal Coil, avant que Wilson ne prenne le relais en interprétant cette mélodie toute simple et émouvante à souhait : ‘We have got, We have got a Perfect Life’. Et les harmonies vocales tissées par Nicky Beggs sont étonnantes.

‘Etes vous prêts à descendre dans les profondeurs de la misère et du désespoir ?’, demande Wilson, un sourire en coin. Avant d’aborder « Routine », sans doute la chanson la plus noire du musicien. Malheureusement, la vocaliste israélienne Ninet Tayeb est absente (shabbat oblige). C'est donc une bande qui répond à Wilson : dommage, car on se réjouissait de vivre leur duo sur scène. Le superbe clip d'animation réalisé par Jess Cope est diffusé sur l’écran vidéo. Et il est superbe. Un grand moment !

« Home Invasion » marque un retour au rock orienté jazz/prog, pour le plus grand bonheur des inconditionnels de la première heure. « Regret #9 » permet à Adam Holzman d’étaler toute sa virtuosité sur son clavier Moog. Pensez à Happy The Man, ce groupe américain injustement sous-estimé, auquel Holzman voue une grande admiration. Dave Kiliminster prend le relais pour un solo plus orienté rock mais tout aussi impressionnant. C'est enfin Wilson lui-même qui clôture la composition tout en douceur sur les cordes de sa Paul Reed Smith.

Après avoir présenté ses musiciens, en manifestant, à nouveau, un humour très espiègle, Wilson introduit « Transience », un titre qui aurait mérité sa place sur un des premiers elpees de Genesis. Tant les arpèges à la guitare acoustique que les mélodies vocales rappellent clairement « Selling England By The Pound ». Pendant l'excellent « Ancestral », le public scande des ‘hey’, pour répondre aux musicos, un peu à la manière des Espagnols, quand ils crient ‘Olé’, lors des corridas. Funny ! Enfin, « Happy Returns / Ascendant Here On… » reprend le thème musical initial du concept album et referme la première partie du spectacle de façon très solennelle. Et c'est Adam Holzman qui clôture en solo, au piano. Superbe !

Après une courte pause, le band est de retour ; et, très bonne surprise, c'est pour exécuter un titre de Storm Corrosion, « Drag Ropes ». Wilson s'acquitte brillamment des parties vocales dévolues sur disque à Mikael Åkerfeldt (Opeth). Et on n’est pas au bout des bonnes surprises. A l’instar d’« Open Car », un des meilleurs titres de Porcupine Tree. Les réactions démontrent à nouveau l'attachement exceptionnel du plublic à cette formation qui a si profondément marqué. En interview, Steven Wilson a d'ailleurs précisé qu'il est toujours possible que le groupe se reforme le temps d’un album ; mais ce ne sera qu'une parenthèse, car c'est à sa carrière solo qu'il accorde désormais sa priorité.

Place ensuite au premier extrait de « 4 1/2 ». Wilson précise, en le présentant, qu'il a estimé utile de sortir ce mini album pour donner une chance à ces compositions 'orphélines' et, également, afin d'ajouter de nouveaux titres au répertoire de la tournée. Il ajoute : ‘Je fais comme les groupes des années '70-'80, qui publiaient un album par an. Aujourd'hui, certains, comme Tool, n’en sortent qu’un tous les 10 ans’. Rires dans la salle. Et ce « My Book of Regrets » tient parfaitement la route dans la discographie, déjà très riche, du musicien anglais.

Un claquement de doigts, imprimé en cadence, amorce « Index », un des titres de Steven préférés de votre serviteur. Tiré de « Grace For Drowning », il illustre une période plus 'dark', hantée par les serial killers et balayant un spectre musical plus obscur, davantage hypnotique. « Lazarus », une autre reprise de Porcupine Tree, procure une excellente occasion à Wilson de rendre hommage à David Bowie : en effet, une plage s’intitule également « Lazarus » sur « Black Star », l'oeuvre testamentaire de Bowie ; et ce qui est étonnant, remarque Wilson, c'est que le personnage de 'sa' chanson « Lazarus » s'appelle... David ! Il y a de ces (L)hasards... (hum...)

Lorsqu’un voile transparent est tendu entre le podium et l’auditoire, c'est pour mettre en scène « Vermillioncore », un nouvel extrait de « 4 1/2 ». Cet instrumental se distingue surtout par les passages plus 'heavy', qui permettent aux 'metal heads' de pratiquer un peu de 'headbanging'. Le dernier morceau du concert est particulièrement bien choisi : « Sleep Together », un autre chef d'oeuvre de Porcupine Tree, issu de « Fear of a Blank Planet », sans doute le meilleur opus du défunt combo. L'intro, très dark électro, lorgne vers Nine Inch Nails et le refrain provoque une véritable explosion : ‘Let's sleep together... Right now’. Difficile de ne pas faire d’analogie entre ce refrain et celui de « Sweet Harmony » de The Beloved... Sans doute une coïncidence. La progression finale de la compo est irrésistible et mène inexorablement vers un orgasme sonore final aux accents 'kashmiresques', le tout ponctué par l'effondrement, très théâtral, du voile transparent. Un final époustouflant...

En rappel, Steven Wilson ne joue pas la reprise de « Space Oddity », à nouveau en raison de l'absence de Ninet Tayeb. Par contre, on a droit à une tout dernière reprise de Porcupine Tree : « The Sound of Muzak » ; et, en point d'orgue idéal, « The Raven that Refused to Sing », probablement la plus belle composition de Steven Wilson. Assis sur un tabouret, il chante cette mélodie déchirante, rehaussée par la superbe vidéo d'animation de Jess Cope. On n’entend pas une mouche voler tout au long de cette chanson qui vous flanque la chair de poule. Le son quadriphonique renvoie des effets provenant des quatre coins de la salle, pour une expérience musicale totale. ‘I'm afraid to wake... I'm afraid to love...’

En conclusion : un superbe concert, parfait à tous points de vue : son, lumières, vidéos, contact et bien sûr... les chansons. Steven Wilson appartient incontestablement à cette catégorie de génies polyvalents, au même titre que les Bowie, Reznor et autre Yorke, qui ont marqué d'une empreinte indélébile la musique 'indie' contemporaine. On est impatient de découvrir ce que le 'Wilson King' nous réserve dans le futur... En tout cas, ce soir, on a bel et bien assisté à son sacre...

Setlist :

Set 1 : album Hand. Cannot. Erase.

First Regret
3 Years Older
Hand Cannot Erase
Perfect Life
Routine
Home Invasion
Regret #9
Transience
Ancestral
Happy Returns
Ascendant Here On...

Set 2

Drag Ropes (Storm Corrosion cover)
Open car (Porcupine Tree cover)
My Book of Regrets
Index
Lazarus (Porcupine Tree cover) (Dedicated to David Bowie)
Don't Hate Me (Porcupine Tree song)
Vermillioncore
Sleep Together (Porcupine Tree cover)

Encore

The Sound of Muzak (Porcupine Tree cover)
The Raven That refused to sing

(Organisation : AB + Live Nation)

 

 

 

 

Teen Daze

Stupéfait d’avoir retrouvé ses jambes de l’adolescence…

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De son véritable nom Jamison, Teen Daze est canadien. Issu de Vancouver, en Colombie Britannique, très exactement. A son actif quelques singles (NDR : « Célébrer », son dernier est sorti en décembre dernier), Eps et trois elpees, dont le dernier, « Morning World », remonte à août 2015. Son électro se sert paradoxalement de l’instrumentation organique (arrangements de cordes surtout), une expression sonore destinées à faire danser, et sur laquelle il pose sa voix éthérée…   

Il n’y qu’une soixantaine de personnes dans l’hémicycle, lorsqu’il débarque sur l’estrade pour entamer son set. Un set au cours duquel il jongle entre ses platines et machines magiques.

Un DJ qui remue et chante en même temps, ce n’est pas courant. Et ce l’est encore moins quand il parvient à faire danser son auditoire. L’aspect mélancolique de ses compos est souligné par les sonorités de violons, de harpe, d’ivoires ou de grattes, à l’instar de ce fameux single atmosphérique « Célébrer ». Des images défilent dans votre tête. Celles des grandes étendues qui peuplent le Canada. Grandes plaines, prairies, forêt boréale, grands lacs… que l’on imagine recouverts de neige. D’ailleurs sa musique pourrait servir de bande sonore à un documentaire qui traite de ces thèmes. Parfois, le spectre de Marie-Pierre Arthur se met même à planer. Encore que son humour, son sens de la dérision et sa bonne humeur, qu’il dispense avec un accent si caractéristique, évoquent plutôt Lisa Leblanc. Pourtant, les compos de Jamison incitent aussi à danser. A cause de ces beats électro qui vous remuent les tripes. Et votre serviteur a fini par succomber à la tentation. Comme s’il avait retrouvé ses jambes de l’adolescence… Stupéfait ?

(Organisation : Le Botanique)

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UK Subs

La nostalgie du passé doit hanter les nuits de UK Subs…

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Il y avait un petit temps que votre serviteur s'était rendu au Magasin 4. Pas moyen de trouver un emplacement de parking. Il y a des festivités à Tour et Taxis. 25 minutes à tourner en rond afin de dénicher –enfin– mon bonheur, à un petit kilomètre de l'institution.

Ce soir on fête les 40 années d’existence de UK Subs. Mais aussi de la musique punk. C’est en 1976 que cette formation insulaire est née. Happy birthday ! Et ils vont nous le démontrer ce soir, les papys du rock sont toujours bien verts. En supporting act, sont programmés The Dyson’s ainsi que TV Smith. En février 2015, UK Subs et TV Smith avaient déjà squatté les planches du même endroit. Place donc aux retrouvailles !

En débarquant au Magasin 4, je constate que la salle est presque sold out. The Dyson's est sur le point d’achever son set. Donc difficile de relater quoi que ce soit de leur prestation. Ce sera –peut-être– pour une autre fois…

TV Smith embraie. Un autre vétéran. Il est uniquement armé d’une gratte semi-acoustique pour accompagner son chant. TV Smith, c’est le projet solo de Tim Smith, le fondateur de The Adverts, un autre combo punk insulaire qui a sévi entre 1976 et 1979.

Pas de setlist. L’artiste l’improvise son répertoire. Il a une solide voix et propose des covers de son ancien band ainsi que des standards du punk. Etonnant, on a parfois l’impression qu’il est soutenu par un backing group. En fait, il est capable de reproduire sur sa gratte, les sonorités de différents instruments. En outre, il arpente le podium de long en large. Et judicieusement. Balaise le mec ! 

UK Subs est un des précurseurs du mouvement punk insulaire qui a marqué l’histoire du rock. Portant haut le flambeau de cette révolution musicale, à l’instar de Sham 69, Stiff Little Fingers, The Vibrators, Eddie And The Hot Rods ou les Sex Pistols, il est un des rares survivants à ne jamais avoir cessé d’accorder des concerts, en quatre décennies d’existence ; même si ses gros succès, il les récoltés à ses débuts, en publiant des brûlots comme « Warhead», « I Live In A Car » ou « Tomorrow's Girls ».

Agé de 72 balais, Charlie Harper a toujours bon pied bon œil. Ce chanteur charismatique a pris un peu de poids, mais en ‘live’, il est toujours aussi alerte. Cheveux verts assortis aux branches de ses lunettes, il arbore fièrement les couleurs du punk. Alvin Gibbs se charge de la basse. Ex-membre du backing group d’Iggy Pop, il a rejoint le band en 1980. Le line up est complété par le guitariste Jet et le drummer Jamie Oliver.

Le set s’ouvre par « Young Criminals », un morceau issu du premier elpee. Les mauvais garçons sont de retour. Charlie harangue la foule et tout particulièrement les premiers rangs. Sa voix est rageuse. Il se penche parfois même dangereusement au-dessus de leurs têtes, parmi lesquelles on remarque la présence de quelques barbus (bedonnants), mais surtout de nombreuses crêtes. Des individus à qui il manque, très souvent, quelques dents. C’est clair, ça va déménager aux avant-postes. Aussi votre serviteur décide de battre en retraite jusque la table de mixage, où les spectateurs sont plus paisibles. Les tubes ne sont pas bien sûr pas négligés, mais –et c’est étonnant– pas de trace du dernier opus. Rien que des anciennes compos. Enfin presque. Une exception qui confirme la règle, « I've Got A Gun », disponible sur la toile, depuis peu. Charlie lève le micro bien haut en signe de victoire. Pour alimenter le souk, ‘crowd circles’ et pogos se succèdent. Quelques audacieux tentent de monter sur le podium ; mais la sécurité veille… Au bout de 60 minutes, le groupe tire sa révérence. Un peu court, mais manifestement UK Subs a toujours la pêche, même si la nostalgie du passé doit hanter ses nuits… Enfin à sa décharge, sur ordre de police, les concerts doivent s’achever à 22 heures. De quoi, quand même, rester sur sa faim.  

Setlist : « Young Criminals » / « You Don'T Belong » / «Left For Dead » /« Rockers » /« Down On The Farm » /« Hell Is Other People » /« Monkeys » / « Emotional Blackmail » / « Barbie's Dead » / « Limo Life » / « Bitter And Twisted » / « I've Got A Gun » / « Fear Of Girls » / « Suicidal Girls » / « Tomoroow's Girls » / « Warhead » / « Riot » / « Strangle Hold ».

(Organisation : Magasin 4)

Recorders ... coûte que coûte !

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Coast to Coast, le nouvel album du groupe belge Recorders, est prêt et sortira le 19 février. Il succèdera ainsi à Above the Tide, leur premier opus sorti il y a un an et demi.

Le groupe qui entoure le chanteur Gordon Delacroix nous fera découvrir de nouveaux visages : le pianiste de jazz Ben Broux (Malines) et le batteur Michael-John Johnson (Anvers) font désormais partie du groupe et ont contribué au son plus mature et plus sophistiqué de ce nouvel album.

La nature et le monde sauvage ont toujours été des aspects importants du processus d’écriture de Gordon Delacroix, ce qui frappe immédiatement, même sur le plan visuel. Vous pouvez cliquer ici  pour voir le clip vidéo qui accompagne le premier single Lost At Sea. Delacroix s’est également trouvé un nouveau timbre de voix, plus profond et plus mélancolique.

Coast to Coast est un album sur l’évolution intérieure et sur la recherche de l’existence, quelle que soit la destination. Y ont notamment collaboré Talisco et le chœur Moi Kochani.

Le 17 mars, les Recorders proposeront leur release party à la salle de La Madeleine à Bruxelles. Plus d’infos : cliquez ici .

"Brut" au coeur tendre ...

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​Il a dans son timbre, l'écho des plus grands, de Brel, à Ferré, en passant par Mano Solo.

Alex est un écorché vif à la sensibilité rare. S'il était un personnage, on le verrait bien en Oliver Twist.

Artiste généreux, auteur compositeur interprète, Alex livre son premier album solo en ce début 2016. Un album intitulé Brut, parce que simple, intemporel, efficace, entraînant et porté par une grande générosité.

On retrouve entre autres sur cet album, tout en acoustique, une jolie reprise de Brel avec "Le port d'Amsterdam", revisité et personnalisé pour l'occasion. Un titre dont il reverse tous les gains aux Petits Frères des Pauvres, tout comme le titre "T'enlever dans le sud".

Artiste libre et indépendant, Alex trace sa route, celle qu'il écrit au fil de ses rencontres, comme ce joyeux "Monsieur Pic".

Alex sera en Tournée du 17 juin au 1er Août 2016.

L'album "Brut" est en écoute intégrale sur Deezer.

Plus d'infos sur la page facebook de l'article en cliquant ici .

Mikkey Dee annonce le retour de Thin Lizzy

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Mikkey Dee, batteur endeuillé de Motörhead, annonce qu'il sera de retour cette année derrière les fûts de ... Thin Lizzy !
 
Alors que les membres restants de Thin Lizzy avaient décidé de jouer désormais sous le nom de Black Star Riders, les musiciens ont néanmoins décidé de reprendre leur nom de légende cette année afin de fêter deux évènements-clés du groupe irlandais. C'était il y a en effet quarante ans, le band sortait "Jailbreak", un des albums qui a fait leur renommée, notamment avec le tube "The Boys Are Back in Town"ou encore la plage titulaire de l'opus. Moins réjouissant, 2016 rime également avec le trentième anniversaire de la mort du vocaliste historique, Phil Lynot (décédé le 4 janvier 1986). 
 
Ce nouveau line-up - qui réunira Ricky Warwick au chant, Scott Gorham et Damon Johnson aux guitares, Darren Wharton aux claviers et évidemment Mikkey Dee à la batterie - écumera les festivals de cet été pour poursuivre avec quelques dates exceptionnelles pour 2017. 
 
"Alors que Black Star Riders prend un peu de temps afin de travailler sur son troisième album, j'ai pensé qu'il serait vraiment intéressant de faire quelques shows avec Thin Lizzy. C'est une année anniversaire pour nous, rien de tel pour s'amuser et revivre quelques bons moments comment on le faisait dans le passé. On ne fera qu'une demi-douzaine de dates, afin de les garder exceptionnelles. Pour différentes raisons, Brian Downey ne sera pas de la partie derrière la batterie, mais sera remplacé par Mikkey Dee, ce qui nous rend tous très heureux. On annoncera qui sera à la basse sous peu...", a expliqué Scott Gorham.  
 
Deux dates ont d'ores et déjà été annoncées : le 23 juillet à Ashford (Angleterre) et entre le 19 et le 23 janvier à Fort Lauderdale (Etats-Unis).
 

Lura

Un voyage paradisiaque au cœur des îles capverdiennes…

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La dernière visite de Lura à l'Ancienne Belgique remonte à 2010. A l’époque, Maria de Lurdes Pina Assunção (NDR : c’est son véritable nom) et Bai Kamara Jr partageaient la même affiche. En débarquant au guichet de l’AB, une affiche ‘Sold out’ a été placardée. Franchement, l’artiste aurait pu remplir la grande salle. La diaspora africaine est peu représentée, mais celles et ceux qui sont venus vont mettre le souk.

Lura est née à Lisbonne en 1975. C’est à l’âge de 17 ans qu’elle participe à l’enregistrement d’un album de Juka. Comme choriste, même si elle finira par chanter en duo avec le chanteur zouk. En 1996, elle enregistre son premier elpee, « Nha Vida ». Depuis, elle en a fait du chemin. Elle a ainsi notamment bossé en compagnie de Bonga, Tito Paris et Paulo Flores. Puis chanté « Morna », dans le film 'Fados' de Carlos Saura. Partagé un duo auprès de la déesse aux pieds nus, Cesarai Evora, pour « Moda Bô ». Et a été nominée en 2006 lors des BBC Awards, dans la catégorie ‘musiques du monde’, comme ‘espoir’, pour son album « Di Korpu Ku Alma ». Lura chante la musique traditionnelle du Cap-Vert, comme le morna, le funana et le batuque, des styles fortement influencés par les musiques africaines et contemporaines.

Le set débute à 20h35. Sur les planches, un imposant piano à queue occupe une bonne partie de l’espace. Il est planté juste derrière un synthé. C’est Tony Viera qui va se charger des claviers et des ivoires. Et Valentino Ramos, des drums. Le line up est complété par Ivan Medina –bonnet enfoncé sur le crâne– à la guitare et Thierry Fanfan à la basse. Ils sont assis sur des tabourets surélevés.

Lura est vêtue d’une robe à fleurs et chaussée de souliers à hauts talons de couleur jaune. Dès le début du set, Lura lève le doigt à plusieurs reprises pour signaler un problème de retour. L’ingé son se rend compte que le deuxième diffuseur n’est pas branché. Bref, après un moment de stress ponctué par quelques éclats de rires, le show peut démarrer.

Le concert s’ouvre donc par « Di Undi Kim Bem », un extrait du nouvel opus « Herança ». Percus et filet de gratte acoustique alimentent cette complainte qui traite de l'exil. Une guitare qui prend le pas sur ces percussions tout au long de « Mantenha Cudado » et « X Da Questão », deux chansons écrites par Mario Lúcio, le Ministre de la Culture de la République du Cap Vert. Et elles baignent dans une atmosphère de samba brésilienne. « Mamba' Des Bes Cumida Da » est davantage dansant. La voix de Lura est à la fois grave et voluptueuse. Thierry fait corps avec sa basse. « Moda Bô » suscite le recueillement. En fermant les yeux, on a l’impression de se retrouver face à la regrettée Césaria Evora. Nouvelle compo, « Sema Lopi » nous entraîne au Cap Vert. La ‘six cordes’ est omniprésente tout au long de ce morceau au cours duquel Lura retrouve ses véritables racines. Tony tapisse d’abord l’ensemble de ses ivoires avant de dispenser des sonorités d’accordéon à l’aide de son synthé. Place ensuite à « Herança », le titre maître du dernier elpee. Il s’agit de la plus longue plage de ce disque. Ce qui va permettre à chaque musicien d’exécuter son petit solo, Valentino se réservant le dernier, en se déchaînant sur ses fûts. La jolie créole se déhanche sensuellement. Elle joint le geste aux paroles et incite régulièrement les premiers rangs à frapper dans les mains. Chantés en créole, « Dze Q Dzê » et « Narina' » sont repris en chœur par l’auditoire. « Maria Di Lida » est un morceau endiablé. Du batuque au cours duquel la féline entame sa danse guerrière. Elle vire même ses chaussures pour être plus à l’aise. Et c’est au sein de cette frénésie que « Somada », « M Bem Di Fora » et « Goré » achèvent le concert.

Lorsque Lura revient pour le rappel, un refrain en créole émane du fond de la salle. Le reste de l’auditoire embraie. Lura également… elle nous réserve alors « Nha Vida » et termine sa prestation par un morceau de funana, « Sabi Di Más ». Un voyage paradisiaque au cœur des îles capverdiennes vient de s’achever…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Arno revient sur le devant de la scène !

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Après la diffusion d’un premier single, ‘I’m Just An Old Motherfucker’, Arno a sorti un nouvel album, ‘Human Incognito’.

Mélangeant savamment anglais et français, ainsi que passé, présent et futur, Arno conserve pour ce 12ème disque son côté imprévisible qu’on lui connaît, tout en évitant de tomber dans la répétition.

Pour 'Human Incognito', il a souhaité privilégier une démarche organique. Il y a beaucoup moins de synthés et de claviers que sur ses albums précédents. 'Human Incognito', c'est sa voix, des guitares, une basse et une batterie...

Quatre ans après une première collaboration sur 'Future Vintage', Arno retrouve l'Anglais John Parish  (PJ Harvey, Eels, Perfume Genius) pour la production de 'Human Incognito', aux côtés de Catherine J Marks, ingénieure du son et productrice australienne connue pour ses collaborations avec Foals, PJ Harvey, Ian Brown ou encore Champs.

Clara Neville se dévoile après minuit!

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Le nouvel EP de Clara Neville "Après-minuit" est sorti le 23 octobre 2015!

Une voix singulière, suave et sensuelle pour une musique pop-rock aux couleurs anglo-saxonnes et 'gainsbouriennes', des histoires d'après-minuit, des personnages en clair-obscur, à mi-chemin entre cinéma et poésie.

Cet EP, aux accents plus rock que le précédent, est celui de la maturité.

Avec David Keler (basse), Luc Durand (batterie), André Margail (guitare) et Jimmy Tillier (claviers).

Nouvel assaut de Destruction

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Destruction, les légendes allemandes du Thrash, travaillent actuellement sur leur nouvel album studio intitulé "Under Attack". Ce nouvel opus, le quatorzième du groupe, sortira le 13 mai prochain chez Nuclear Blast. Ne perdant pas leur temps, les musiciens ont commencé à enregistrer l'année passée après la période des festivals, entre septembre 2015 et janvier 2016. Tant et si bien que les parties de batterie ont déjà toutes été enregistrées en Allemagne ainsi que certains enregistrements de base, mixages et masterings en Suisse.
 
 "On a vraiment voulu prendre notre temps pour cet album", explique Schmier, bassiste et vocaliste de la formation. "Après les festivals de cet été, on s'est rendu en studio pendant quelques semaines afin d'enregistrer quelques nouveaux morceaux ainsi que des idées que nous avions eues pendant qu'on tournait. On a préféré faire plusieurs petites sessions d'enregistrement plutôt qu'une longue, afin de garder une certaine fraîcheur dans nos idées et de pouvoir encore changer ce qui ne nous plairait pas avant le mixage final. C'est peut-être le processus d'écriture le plus efficace que nous ayons fait depuis ces dernières années... ", a-t-il complété.
 
Il n'y a dès lors plus qu'à attendre qu'ils nous lâchent un os à ronger.
 

The Mighty Ya-ya

Magnum Sonus

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The Mighty Yaya est une formation batave qui pratique un mélange de garage, de stoner et de blues. Le line up réunit le chanteur/guitariste Louis van Empel, l’harmoniciste Aart van der Wulp, le bassiste Harmen de Bresser et le drummer Gabriël Peeters. La musique de ce quatuor est chargée de références qui oscillent de Tom Waits à John Lee Hooker, en passant par King Crimson, Arthur Lee (Love) et… l’afro beat. "Magnum Sonus" constitue son second elpee, il fait suite à un opus éponyme, paru en 2012.

"Prosodick" ouvre la plaque. Des bruitages étranges semblent nous entraîner dans une forme de space rock. Impression corroborée dès "Something real". Répétitifs, puissants, les motifs rythmiques rappellent le Hawkwind originel. "Come on" aurait pu figurer au répertoire de Howlin’ Wolf. Un blues lancinant, hypnotique, particulièrement électrique, au cours duquel l’harmo parvient néanmoins à se frayer son chemin. Et au cœur de cet univers sonore implacable, oppressant, la guitare de van Empel finit par se désarticuler –lentement mais sûrement– pour emprunter un itinéraire psychédélique. Peeters accélère frénétiquement le tempo de "Give it to me". Particulièrement acides, les cordes sortent des sentiers battus et nous entraînent dans l’univers du Jefferson Airplane. Le spectre de Jorma Kaukonen plane… Et le titre est tellement bien torché, qu’il en devient impressionnant. Même s’il s’intègre parfaitement dans l’ensemble, l’harmonica libère des tonalités étranges. Plus sombre, "Tell it like it is" trempe dans le Delta. Les différentes lignes de basse tracées par Bresser conduisent ce garage/blues musclé, dominé par la voix. Des percus primaires alimentent "Razzmatazz". Blues nerveux mais efficace, "Your dog no more" est chargé de passion. Louis torture ses cordes. Gabriël défonce ses fûts. Et Aart souffle comme un possédé dans son frêle instrument. Des vocaux volontairement graves envahissent "Ardor & Passion", un stoner rockin' blues puissant. "Got it bad" nous propose un nouveau trip transique, psychédélique, au sein duquel l'harmoniciste trouve bien évidemment sa place! Country & western mélodieux balayé par de délicieux accords de gratte réverbérés, "No place to go" nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Sud-ouest des States. Nouveau changement de décor pour le morceau final, "Matter of love". Enfin, la boucle semble bouclée, car ce rock en revient aux sonorités du début de l’opus. Les arrangements sont même somptueux. Une œuvre à la fois impressionnante et particulièrement originale.

 

Wildernessking dévoile son nouveau clip !

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Wildernessking vientde dévoiler leur nouveau clip, "I Will Go To Your Tomb", qui sera présent sur leur album "Mystical Future" et dont la sortie est prévue le 26 février prochain chez Les Acteurs de l'Ombre Productions.
 
Ce deuxième album studio des Sud-Africains sortira également en version cassette sur Grimoire Cassette Cvlture et Monotonstudio Records ainsi qu'en version vinyle sur Sick Man Getting Sick Records.
 
Du Black Metal à la sauce Post-rock qui risque fort bien de faire parler de lui...







 
Que les plus chanceux d'entre-vous tentent leur chance ! Les Acteurs l'Ombre offrent actuellement un bundle comprenant l'album et un t-shirt du groupe. Plus d'infos en cliquant ici !

Reptar

Lurid Glow

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Athens (NDR : c’est dans l’Etat de Géorgie, aux States) est surtout connue pour avoir été la base arrière de R.E.M. ; mais aussi pour avoir enfanté les B52’s et plus récemment Neutral Milk Hotel ainsi qu’Of Montreal. Reptar nous vient du même patelin ; néanmoins, il ne risque pas de rencontrer le même succès que la mythique bande à Michael Stipe, malgré le sens mélodique bien aiguisé de ses chansons.

« Lurid Glow constitue son second elpee, un disque qui baigne au sein d’une indie pop sophistiquée et de bonne facture, une expression sonore illuminée par la charmante voix nasillarde de Graham Ulciny, une voix qui rappelle parfois celle de Gordon Gano (« Easier to Die ») ou d’Alec Ounsworth, le chanteur de Clap Your Hands Say yeah ! Les morceaux de cet opus semblent stimulés par le côté ‘éclairé’ de la force… les claviers sautillent (« No One Will Ever Love You »), les trompettes balaient (« Sea of Fertility ») et les basses adoptent un profil quasi-funk (« Particle Board »), alors que les mélodies, souvent réminiscentes des 80’s (« Daily Season »), communiquent une certaine instantanéité à l’ensemble. Quoique rayonnantes et à la limite festives, les compos sont néanmoins bercées par une forme de mélancolie, entretenue par la voix fragile d’Ulciny…

 

Jordan Officer

Blue Skies

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Ce chanteur/guitariste montréalais aura 40 ans fin 2016. Il a joué de nombreuses années au sein du backing band de la chanteuse de jazz, Susie Arioli. Jordan est un musicien qui privilégie l’esthétique. Il aime teinter son jazz de blues, country et rock. "Blue Skies" constitue son troisième opus solo, un disque tout au long duquel il met l’accent sur sa voix, en adaptant des titres d'artistes qu'il apprécie tout particulièrement. C'est du côté de Los Angeles qu'il a cette fois puisé son inspiration et son énergie.

Jordan attaque d’abord une chanson issue de la plume de Tom Waits, "Blue skies". Le climat est intimiste. Le dépouillement délibéré. Une sèche imprime le tempo aux côtés de la basse  de Sage Reynolds. Amplifiées les cordes sont limpides et chargées de sensibilité ; en outre, elles libèrent des sonorités exceptionnelles. En compagnie de sa moitié, Genevieve, il chante le tendre "Got you on my mind", un succès récolté il y a des lustres, par des spécialistes du swamp pop louisianais, Cookie and the Cupcakes mais également The Big Three Trio. Et à nouveau, cette plage se sert d’un quota de notes strictement nécessaires. La voix douce et harmonieuse colle parfaitement au subtil "It's you I love", un morceau de jazz écrit par le duo néo-orléanais Dave Bartholomew et Fats Domino. La cover du "Chains of love"de Sam Cooke (NDR : il en avait réalisé un hit !) baigne au sein d’un climat flemmard. Toujours aussi parcimonieuses, les cordes de gratte sont créatives et lumineuses. L’adaptation du classique de Leroy Carr, "How long blues", est légère. Le swing est omniprésent. Et on a parfois l’impression que l’artiste joue juste devant vous. Tout comme pour "That's for me", un titre que Louis Armstrong interprétait, il y a plus de six décennies. La version du "Than she kissed me" de Phil Spector, que les Crystals avaient transformé en tube est à la fois originale et surprenante. Et celle du méconnu "When the deal goes down" de Bob Dylan, bien ficelée. L’opus recèle deux petites perles instrumentales : "Night Flight" et "Takin' off". Cet album est un pur bonheur!

 

Giorgio Moroder

Déjà-Vu

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Nouvelle égérie de la scène électro contemporaine, suite à son apparition au générique du dernier album de Daft Punk, Giorgio Moroder n’a eu aucun mal à recruter le gotha de la musique pop actuelle pour fêter son retour à près de 75 ans balais, soit 30 années après avoir publié sa dernière œuvre solo… Kelis, Sia, Mikky Ekko, Kylie Minogue, Britney Spears et Charli XCX se sont en effet bousculées au portillon afin de profiter de la nouvelle aura ‘hype’ du chaman de l’italian disco ! Mais voilà… on ne lui avait vraiment rien demandé à ce bon vieux Giorgio. Surtout pas de nous refourguer un ‘Worst of’ de ce qui se fait actuellement en musique électro-pop : entre l’intro Tomorrowland « 4 U With Love », l’ultra racoleur titre maître (auquel participe Sia), les insupportablement vocodés « Tempted » et « 74 is the New 24 », l’irritant uptempo « Diamonds » (égratigné par l’indigente Charli XCX) et l’horriblement sirupeux « Don’t Let Go » (dont même NRJ ne voudrait pas), on se demande quand même ce qu’est venue faire Britney Spears dans cette aventure, en adaptant le « Tom’s Diner »? de Suzanne Vega, si ce n’est compléter le listing de cette interminable litanie qui frise le ridicule. Ce terrible faux-pas ne devrait cependant pas écorcher la réputation du maître ès-EDM ; mais il s’érige assurément en clair avertissement. « Déjà-Vu » et à éviter à tout prix.

 

Mojo Man

Balls & Horns

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Mojo Man est une formation néerlandaise dont les débuts remontent à mai 2014. Fruit d’un mélange de blues, rock et soul, sa musique puise son inspiration chez Jimi Hendrix, Otis Redding et les Rolling Stones. Marcel Duprixe en est le leader, mais surtout le chanteur, guitariste et compositeur. Il est soutenu par le gratteur soliste Théo van Niel Jr, le bassiste John Aponno, le drummer Rick van der Vlist et une section de cinq cuivres.

Des rythmes tribaux introduisent "Scarecrow", avant que la piste ne se muscle rapidement. La voix de Duprix sert de trame à ce morceau bien cuivré, mais au cours duquel ce sont surtout les interventions de cordes vivifiantes de Théo van Niel qui tirent leur épingle du jeu ; d’abord en slide, puis en solo. "The ship is sinking" baigne au sein d’une même intensité. L’importante section de cuivres est bien mise en évidence. Les billets de sortie sont accordés au sax ténor de Robert van der Laarse et à la guitare. "I'm a man" nous entraîne au sein d’un climat Rhythm & Blues speedé, proche du style Stax institué par Otis Redding, une plage qui permet une nouvelle fois aux deux mêmes solistes de prendre leurs envols. "Is it a crime" vire au southern rock. La slide et la basse d'Aponno impriment un excellent riff. Les trois saxophones et les deux trompettes se distinguent, et tout particulièrement Henk Brüggemann qui fait exploser son sax baryton. La voix de Duprix devient dramatique sur le blues lent "On the floor". Le jeu flamboyant de Niel accentue cette impression. On a même l’impression qu’il se prend alors pour un ‘guitar hero’, alors que Robert Bogaert glisse un solo original à la trompette. Retour au tempo rock pour "Hip shakin' mama". Les cuivres sont proches du délire. Que du bonheur ! Théo van Neal se déchaîne sur sa slide, alors de retour, sur le très rapide "Wild flower". Un solide riff trame "Get over you", un blues/rock aux accents ‘rollingstoniens’. Marcel domine cette piste de la voix, alors que la slide tire une nouvelle fois son épingle du jeu. L'opus s’achève par "Searching man", une tendre ballade chantée par le leader d’une voix éraillée et enrichie par des cordes acoustiques, avant que la guitare ne prenne un ultime envol ; et sa montée en puissance est absolument remarquable…

 

Mississippi Bigfoot

Population Unknown

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Cette formation américaine est née au printemps 2015, à Clarksdale, la capitale du delta du Mississippi. Elle y a accompli ses premiers au ‘Ground Zero’, le club de blues monté par l'acteur Morgan Freeman. Originaire de Boston, Christina Vierra en est la chanteuse. Mais c’est à Memphis qu’elle s’est forgé un nom et a recruté deux de ses partenaires. Dont le guitariste Ashley Bishop, authentique citoyen de Memphis. Et puis le drummer (NDR : parfois harmoniciste) Doug McMinn qui a fréquenté la célèbre Beale Street au cours de son enfance. Il a aussi épaulé son père, Don McMinn, au sein du célèbre Rum Boogie Cafe. Au sein du line up actuel, Cad Moore, citoyen de Clarksdale, se consacre à la basse. Cependant, lors des sessions, c’est un certain Gary Dale qui s’en est chargé, mais également de la guitare et du piano. De sessions qui se sont déroulées au studio Ardent à Memphis. Miss Viera signe une grande majorité des plages.

Dès l'ouverture, on est plongé dans le southern blues rock. Rapidement, on se rend compte que la voix de Miss Viera est naturellement autoritaire, fougueuse et passionnée. Si le spectre de Janis Joplin plane, il faut reconnaître que Christina a sa propre personnalité. Les cordes s'entrecroisent, mais la slide est parfaitement intégrée. Elle entame "Mighty River" à l’ukulélé ; une compo profondément inspirée par le Delta, mais qui vire rapidement au blues amplifié, autorisant une sortie remarquée des cordes. Nonobstant son énergie débordante, "Wag the dog" émarge à la country. Des sonorités cosmiques amorcent "No flesh in Outerspace", un blues/rock dont la démarche funk est assurée par Doug McMinn, alors que toute la liberté est accordée aux cordes de Bishop! Autre blues/rock, "Who's gonna run this town" est chargé d’intensité par un puissant riff, réminiscent de Mountain voire Free. Holiday signe et commence à chanter, sans grande conviction, "Clarksdale", avant que Christina ne prenne le relais. Doug souffle dans son harmonica, lors de ce delta blues amplifié de bonne facture. Le piano de Holiday balise "You did", une longue ballade bluesy. Ravagée, la voix de Christina est impressionnante. Boogie/blues, "The hunter" évoque paradoxalement le titre notoire d’Albert King, qui porte le même titre, une plage au cours de laquelle les deux gratteurs se livrent une petite joute, en toute décontraction. Imprimé sur un tempo soutenu, "Tree knockin'" clôt le long playing et s’illustre par un dialogue entre la voix de Christina et celle plus grave d'Ashley. Un morceau manifestement taillé pour la scène, dans un registre proche de ZZ Top des voisins texans. Excellent combo, Mississippi Bigfoot se produira sur le Vieux Continent, en juin prochain.

 

Murray Kinsley

Stormy water

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Murray Winsley & Wicked Grin nous vient de l'Ontario au Canada, une formation qui a décroché un ‘Maple Blues Award’ comme meilleur groupe, en 2014. Au cours de la même année, elle a également représenté la Société de blues d'Ottawa à l'International Blues Challenge de Memphis. Son premier opus, "Shame on me", ne date que de 2013. Murray Kinsley en est le leader, mais surtout le chanteur et guitariste. Il signe dix des onze plages. Le line up de Wicked Grin réunit le bassiste Leigh-Anne Stanton (NDR : un Montréalais !), le drummer Liam Melville et le chanteur/harmoniciste Rod Williams. Lors des sessions d’enregistrement, c’est Alain McCann qui s’est chargé des claviers. 

"Dance Pretty Mama" démarre sur les chapeaux de roues. L’énergie libérée est digne du band mythique insulaire Dr Feelgood, lorsque le regretté Lee Brillaux y sévissait encore. Rod souffle comme un possédé dans son  harmonica. Manifestement, la démarche et la présence de ce combo sont proches de celles des bands rock du milieu des seventies. "By my side" est imprimé sur un tempo moins enlevé. L’atmosphère s’y révèle bien plus festive ; d’ailleurs harmo et gratte s’y promènent en toute décontraction. Murray a sorti son bottleneck pour amorcer "Shine", au cœur du Delta. Miss Vivian Kinsley et son époux chantent sur une rythmique dynamisée par les percussions tribales de Liam. Excellent ! Wicked Grin libère toujours une fameuse dose d’énergie, tout au long de la reprise d’"Everybody oughta make a change" de Sleepy John Estes. Indolent, "Evil coming round" baigne au sein d’un climat étouffant. L'harmonica crie son désespoir. Les cordes de Murray montent progressivement en puissance, au cœur d’une intensité dramatique constante. Coup de boost asséné à "I'm mad". Soutenues par les interventions solides de la basse de sa partenaire, Leigh-Anne Kinsley, les cordes de Kinsley vibrent et s’enfoncent dans le délire. Rock'n'roll, "Fast fast car" est idéal pour aborder la route au volant de bolides. La slide est en effervescence tout au long de "Death if you find me", une plage qui nous replonge dans le delta. Blues/rock, 'Talk is cheap" met en exergue les échanges entre la guitare et l'harmonica. L’orgue Hammond de McCann colore "You're gone", une composition mélodieuse et chargée de feeling. "Let me love you" clôt l’elpee, un plage explosive au cours de laquelle Rod Williams ne tient plus en place et fait chauffer à blanc son instrument !

 

Alex Gavaghan

Binman of love

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Originaire de Liverpool, Alex Gavaghan est guitariste chez The Cubical, un combo de blues/garage plutôt méconnu sur le Vieux Continent. Son style –brut de décoffrage– puise ses racines dans le bon vieux rock’n’roll. « Binman of Love » constitue le premier elpee solo du ce multi-intrumentiste. 

A l’instar du band au sein duquel il milite, Alex Gavaghan creuse dans la même veine. Et pas seulement parce que la production est vintage. Dès « Ice Cream », morceau qui ouvre l’opus, on a droit à de l’authentique rock’n’roll, un morceau sur lequel les sexagénaires et les septuagénaires ont dû danser, il y a quelques décennies. Tout comme sur le titre maître du long playing, mais le slow. Un slow ‘crapuleux’… Mais surtout une chanson pop, soutenue par de superbes harmonies vocales. Et si la suite alterne entre plages acoustiques (« Easy to Fall ») et électriques, elles nous replongent toujours dans les 50’s et 60’s. Accrocheuses, les mélodies font constamment mouche. Et la quasi-totalité des pistes ne dépasse pas les 3 minutes.

Un premier effort en solitaire parfaitement réussi ! A conseiller aux nostalgiques des fifties et des seventies, mais également à celles et ceux qui ne supportent plus le recours systématique aux claviers de la plupart des groupes et artistes contemporains. A consommer sans modération !

 

Elephant Micah

Where in Our Woods

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Véritable stakhanoviste du mouvement folk, Joseph O’Connell, aka –mais pas autant qu’on l’imagine– Elephant Micah, peut se targuer être à la tête d’une discographie aussi pléthorique qu’un vieux troubadour des Appalaches. Et pour cause, à ce jour, il doit avoir publié une quinzaine d’albums.

« Where in our Woods » s’érige comme une nouvelle et modeste pierre à l’édifice folk lo-fi ‘home-made’ (son frère Matthew se charge –mais discrètement– des drums), construit depuis 2002, par ce natif de Pekin (NDR : c’est dans l’Indiana). L’univers d’Elephant Micah cultive cet americana intemporel et acoustique si cher à Bonny Prince Billy (il participe d’ailleurs aux chœurs ; et tout particulièrement sur le très beau « Demise of the Bible Birds ») ou à feu Jason Molina (en compagnie duquel il a partagé la route). Un brin austères (« Slow Time Vulture ») mais souvent bouleversants (« No Underground »), ces morceaux écrits entre 2006 et 2007 ont trouvé la modeste parure qui leur sied le mieux. Du véritable ‘Art & Craft’ made in USA…

Paru en janvier 2015, ce « Where in Our Woods » arrive peut-être un peu tard au sein des chroniques de Musiczine, mais finalement pas tellement, vu son contenu traditionnel à très lente combustion…