L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Stella Sleeps

Undisclosed location

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Signé sur le label parisien Icy Cold, écurie au sein de laquelle milite également le très prometteur V V & the Void, Stella Sleeps vient de sortir « Undisclosed location », son second elpee. Il fait suite à « Anemic city », paru en 2022.

Originaire de Vänersborg, en Suède, on sait pas trop d’il s’agit d’un projet ou d’un véritable band.

Alternative, sa musique fusionne un bel éventail de rock underground : dark et cold wave, post punk, dreampop, shoegaze et la liste est loin d’être exhaustive. A la fois esthétique, ténébreuse, délicate, mais efficace, elle se distingue par ses traversées éparses de sonorités de guitares ‘miaulantes’ et empreintes de mélancolie…

Issu de cet elpee, « Turnmoil » est en écoute

Podcast # 41 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

LaSemo 2024 : dimanche 14 juillet

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Clap de fin pour cette 16ème édition du LaSemo !

Le soleil est de la partie. Ses rayons lèchent allègrement la peau des festivaliers qui, pour le coup, se baladent en t-shirts, s’enduisent de crème solaire et portent des lunettes… sur la tête. Comme quoi, la météo est décidément capricieuse…

Ce dimanche, la programmation s’adresse à un auditoire plus averti, puisqu’elle propose, notamment, les déjantés Dionysos et la chanteuse, guitariste, poète, écrivaine, artiste-peintre et photographe. Patti Smith.

D’un pas pressé, votre serviteur parvient à se frayer un chemin au cœur de la foule, dans l’espoir d’assister au set d’un gars bien de chez nous. Saule ! Il a déjà commencé sa prestation, car les horaires doivent impérativement être respectés. Qu’à cela ne tienne !

Le gaillard à l’explosion capillaire ébouriffante est bâti comme un roc(k). Et il connait relativement bien l’endroit puisqu’il n’en est pas à son coup d’essai. Certains se souviendront de sa prestation spontanée, accordée l’année dernière, alors que la pluie avait contraint une partie des festivaliers à s’abriter.

Baptiste Lalieu, de son vrai nom, s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il interprétait en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs. Mais pour la circonstance, le Britannique est ici remplacé par le guitariste qui endosse impeccablement ce rôle. Résultat différent, mais plaisir intense identique.

La main de Baptiste est bandée. Impossible pour lui de gratter ses cordes. Son organe vocal est cependant opérationnel.

« Marta Danse » met tout le monde d’accord. Sublime, cette chanson narre l’histoire d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui, à l'écoute du ‘Lac des cygnes’, se remémore les gestes qu'elle effectuait autrefois. Une compo poignante et morose, mais tellement positive. L’une des plus jolie de l’elpee « Dare Dare », paru en 2021.

La machine fonctionne parfaitement. Le Montois poursuit son petit bonhomme de chemin en attaquant le frais et sautillant « Et pourtant je marche » ainsi que « L’homme sans », nouvelle compo jouée pour la première fois, la veille, en live.

Saule est un « Type normal » qui voue un réel amour à la chanson française tout en se montrant rigoureux dans la formulation et ce même quand il jongle avec les doubles sens à la Antoine Hénaut, un autre artiste bien de chez nous.

Comme la plaine regorge de vieux briscards, dont votre serviteur, l’artiste se sent obligé de réserver quelques morceaux aux vétérans, comme « Minimum », issu du premier opus ou encore « Le boss ».  Un titre qui rappelle combien le respect est important vis-à-vis de la ligne hiérarchique (‘T'es qu'un con qui s'ignore/J'ai raison et t'as tort/Et je suis ton patron/Sans moi plus de pognon’). Bref, une belle maxime à garder pour soi !

L’artiste livre une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes (de bonheur) sur fond de chansons festives et épicuriennes, à l’instar de son auteur. Des chansons qui recèlent parfois une ombre, mais sont remplies d’enthousiasme et de joie de vivre.

Saule s’offre un concert rare, audacieux, unique et classieux. Et de rappeler qu’en octobre 2024, il célèbrera deux décennies d’une carrière exceptionnelle aux côtés d'invités tels que Cali, Alice on The Roof et son comparse de toujours, Charlie Winston !

Et comme vingt années d’une créativité débordante méritent une célébration à la hauteur de son talent, le choix du Cirque Royal pour cet événement s’est imposé naturellement. Un lieu de spectacle à Bruxelles, connu pour son atmosphère chaleureuse et son acoustique exceptionnelle, soit un cadre idéal pour une soirée pleine d'émotions et de souvenirs au cours de laquelle l’artiste revisitera ses plus grands succès. Un concert qui marquera également le lancement d'une nouvelle ère pour Saule, préparant le terrain pour un opus acoustique et la sortie de son prochain long playing, prévu début 2025.

Alors que le live s’achève doucement, une invitée de marque grimpe sur les planches. Il s’agit de Lovelace, une artiste bruxelloise qui appartient à la nouvelle scène pop alternative, rencontrée lors d’un atelier d’écriture qu’il animait. Ils chantent en duo, « Petite Gueule », une véritable bombe. Les voix s’accordent à merveille.

De ses débuts prometteurs à aujourd’hui, Saule a franchi bien des caps, su toucher les cœurs et transcender les frontières musicales.

Alors qu’il lui restait encore quelques minutes, son micro s’est soudainement coupé. Une manière abrupte de mettre fin à un concert d’une énergie rare.

Quoi de plus normal d’assister au concert de… Pomme lorsqu’on a une faim de loup ?

Le peuple s’est rassemblé en masse. Le podium est couvert de champignons. Des petits, des grands et de toutes les couleurs. De quoi se remémorer la comptine de Billy Ze Kick, « Mangez-moi, mangez-moi »,

Après avoir joué à guichets fermés à Forest National et tourné aux Etats-Unis, Pomme termine sa tournée ici.

Elle se présente, menue et très fragile à la fois, dans une tenue plutôt classique. Elle annonce d’emblée qu’elle risque d’interpréter des chansons tristes alors que c’est l’heure de la sieste. Et elle ne s’est pas trompée puisque le spleen la traverse de part en part dans chacune de ses compositions. Elle avoue avoir déjà versé 1 000 000 de larmes.

Sa musique est effectivement vulnérable. A cause de ses fréquents accents nostalgiques. Son mal-être est évident, à l’instar de « Paroles » ou lorsqu’elle aborde l’anorexie dont elle semble encore atteinte au vu de sa silhouette.

Elle revêt une casquette militante lorsqu’elle aborde de grands sujets sociétaux comme le féminisme, les minorités sexuelles ou encore la xénophobie. Et ça marche, surtout chez celles et ceux –et ils sont nombreux– qui ont vécu cette expérience.

Claire Pommet, à l’état-civil, nous réserve un show sympa, mais plombant sur la distance. Son registre finit par plonger les plus optimistes dans une profonde dépression.

Elle tient en main un petit bout de plastique. Elle explique à celles et ceux nés au cours de ce millénaire que ce drôle d’objet s’appelle ‘appareil photo jetable’, un truc complètement obsolète de nos jours. Le but de la manœuvre est de faire passer cet engin dans le public pour récolter un maximum (27 exactement) de souvenirs de cette tournée.

Petit détour à la Guingette. L’invité attitré, Cédric Gervy ou plutôt Cédric et ses Gervy, s’y produi(t)sent. Le bonhomme y a convié ses amis de longue date. Sa fidèle mascotte, une espèce de peluche déglinguée, est de la partie également.

Le gars est présent depuis le début de l’aventure. Alors qu’il est enseignant dans la vie professionnelle, sur les planches, il devient l’amuseur public préféré des festivaliers.

Le set est osé, bien percutant. Sincèrement, on vient voir ce gars, non pas pour ses performances vocales (qu’il n’a pas) ou le prisme philosophique de ses textes (c’est effectivement discutable), mais bien parce que Gervy est considéré comme le Lucky Luke de la vanne et du bon mot.

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade (« George est content », « « Que c'est chiant le reggae », etc.) C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul. Ça change de l’autre Pomme pourrie !

Bon allez Cédric, ‘Bonne année quand même et à l’année prochaine !’ ?

Retour au Château pour le tant attendu concert de Patti Smith. De passage au LaSemo Festival, l’icône de 77 ans a, sans doute, celle qui a marqué les esprits, tant en ce qui concerne sa posture que sa musique.

Grisonnante, osant deux belles nattes qui lui drapent le visage, elle fixe le public au loin et s’écrie ‘ Are you angry ?’, afin de vérifier s’il est en phase avec elle.

Elle entame son set très calmement par le brillantissime « Summer Cannibals ». Sa détermination est sans limite. « Redondo Beach » et sa rythmique syncopée précipite la foule dans un climat reggae, alors que « Cash » et ses contours rock and roll, font de cette artiste, une femme pleine de surprises. Sa voix est plus rauque qu’à ses débuts ; une caractéristique qui lui va à ravir et accentue la gravité de ses compositions.

Ses musiciens doivent avoir aussi quelques décennies au compteur, à voir leur cheveux, couleur sel, sans le poivre. Ils ont le sens du rythme et de la répartie. Le guitariste, sis à gauche de la native de Chicago, est nettement plus jeune ; la bonne quarantaine quand même. Son regard bienveillant la suivra tout au long du concert, comme s’il voulait la protéger. Pas étonnant, c’est son fils.

Très à l’aise, elle reprend le « Black coat » de Bob Dylan et également le « Summertime Sadness » de Lana Del Rey, une belle ballade aux accents émouvants, puisque relative à la peur de perdre un être cher. Elle s’épanche alors sur son mari décédé, il y a bien longtemps (NDR : en 1994 !), Fred Smith, guitariste de MC5. Notamment ! Il y a des blessures qui ne guérissent décidemment jamais.

Mariant la poésie beat avec le garage rock des 60’s er 70’s, elle est considérée comme la ‘marraine’ du mouvement punk, un genre qui semble l’avoir quitté, embrassant ci et là des chansons plutôt cosy, mais corrosives dans l’intention.

Erudite, elle évoque Rimbaud, Verlaine ou encore Baudelaire lorsqu’il s’agit de poésie et Kurt Cobain ou Johnny Cash pour le volet musical. Des fantômes bien-pensants qui veillent sur elle.

Lorsqu’elle entame « Because the night », les poils de votre serviteur se hérissent sur ses bras. Une chanson née de sa rencontre avec Bruce Springsteen, il y a 40 ans, et qui n’a pas pris une ride.

« Peaceable Kingdom » rappelle que Smith figure parmi les musiciens (plus de 600) qui ont appelé au boycott d’Israël, refusant ainsi de se produire dans les institutions culturelles complices cet Etat.

La légende termine son set par une version downtempo de « Smells Like Teen Spirit », le titre-phare de l'album « Nevermind », du mythe américain Nirvana, sorti en 1991.

La poétesse originaire de Chicago se laisse aller à quelques considérations personnelles, et tout particulièrement lorsque durant son premier voyage en Belgique, en 1976, elle avait croisé des enfants les plus sauvages, les plus fous et les plus beaux du monde.

Les cheveux maintenant détachés, elle ressemble à une lionne. Patti Smith remercie sincèrement le public et les organisateurs pour ce beau moment. Elle semble étonnée d’être entourée d’arbres alors qu’en Colombie, on les détruit sans raison.

Elle supplie toutes les générations d’en prendre soin. Une belle leçon pour les générations à venir.

Durant près d’une heure trente, cette femme aux allures de rockeuse a prouvé qu’elle n’avait rien perdu de sa splendeur et de sa verve. On a retrouvé une artiste toujours aussi impliquée dans les actions sociétales, environnementales et humaines. Mais surtout une personne au grand cœur.

Enfin, le dernier concert de votre serviteur met en scène les indétrônables Dyonisos.

C’est un groupe de rock français, originaire de Valence, qui doit notamment son succès à ses prestations scéniques et à l'univers particulier ou plus exactement surréaliste dans lequel il évolue.

La bande de joyeux drilles s’est embarquée dans une tournée qui célèbre 30 années d’une carrière passionnante. Trois décennies qu’elle nous réserve des chansons bienfaisantes –en français ou en anglais– caractérisées, le plus souvent, par leur double voire triple sens. Le sens des mots, le sens du verbe, mais aussi cette envie de plus en plus urgente de faire chavirer le cœur de toutes et tous dans un élan de joyeuseté sans limite.

Mais toutes ces années, ont-elles permis aux musicos de s’apprivoiser ou de se supporter ? A les voir à l’unisson s’amuser comme des gamins, la réponse est oui.

Mathias Malzieu, le chef de clan, est vêtu d’un costume rouge et coiffé d’une casquette qui lui donne un petit côté Mario Bros.

Il a frôlé la mort. On lui annonce en 2013 qu’il est atteint d’une maladie orpheline baptisée aplasie médullaire. Elle se signale par le dysfonctionnement de la moelle osseuse qui rend cette dernière incapable de produire des cellules sanguines (globules rouges, blancs et plaquettes) et donc remplace progressivement les cellules circulantes destinées à mourir naturellement. Ce qui implique une immobilisation en chambre stérile et un pronostic vital engagé. On oublie souvent la chance qu’on a d’être tout simplement en vie. D’où ce besoin de vivre sa vie fond la caisse…

Sa chaise roulante customisée trône au milieu de l’estrade. Un fauteuil dont il se servait encore tout récemment alors qu’il s’était blessé sur scène. Il a retrouvé ses guiboles de jeune homme, mais ses péripéties passées lui ont servi de leçon. Il préfère désormais faire profil bas.

Babette, sa compagne sur les planches, s’est installée sur sa gauche. Les trémolos dans la voix ressemblent à s’y méprendre à ceux d’Olivia Ruiz, une jeune femme issue de la téléréalité, mais qui a bien percé dans le milieu depuis. Elle partagera d’ailleurs la vie de Mathias, entre 2005 et 2011. Drôle de coïncidence, non ?

Le dernier LP du combo, « L'Extraordinarium », n’est pas à proprement parler un ‘best-of’, mais bien un recueil de chansons nouvelles puisque pléthore d’invités y ont participé. Un disque foufou à l’image de la prestation du jour. Au menu, que des trucs frapadingues !

Si certains utilisent le succès pour s’enfoncer dans de confortables sofas artistiques, Dyonisos continue de grimper aux arbres ! Et de nouveaux arbres. Où et comment vont-ils puiser cette force ?

En tout cas, si au fil du temps le band n’a cessé d’aiguiser sa fantaisie, ce soir, il a livré une prestation remarquée et remarquable. Est-ce là, la définition même de murir ?

On est en tout cas à peu près certain que l’aventure Dyonisos ne s’arrêtera pas ici. Y a-t-il quelque chose de jouissif de se sentir à part, d’être en marge, de faire ce qui n’a pas été fait ? Au fond, l’imagination, c’est le pouvoir plus que l’argent…

Alors que l’extravagance dirige cette cérémonie, les chansons sont pourtant souvent rythmées par l’amour, sorte de colonne vertébrale de la vie. Mais, l’idée de la création ne vient pas seulement de l’amour, l’humour et les belles choses. La rage, la haine vis de gens que l’on déteste et/ou qui nous ont blessés peuvent aussi se révéler un bon carburant.

Sans être caricatural, Dyonisos, c’est à la fois de l’hyperactivité et de l’hypersensibilité.

Alors que le groupe n’a jamais collé à un dessein politique de manière frontale, c’est le comportement qui devient politique, à l’instar de ce « Song for Jedi » qui claque comme un chewing-gum en bouche.

Avant de quitter le podium, un quidam se charge, sous les directives de son leader, de réaliser un slam (aussi appelé body surfing au Québec, et crowd surf en anglais), soit sauter dans la foule et se laisser porter par elle. Et allongé, il y parvient en atteignant le poste de la régie son. Un défi brillamment réussi ! On apprendra que ce jeune homme se nomme Kévin. Mais il aurait pu aussi s’appeler Jedi !

Un concert d’une intensité rare, un show plein de spontanéité et un Mathias Malzieu dans une forme olympique.

Cette édition aura été un grand cru !

(Organisation : LaSemo)

 

 

 

 

 

 

LaSemo 2024 : samedi 13 juillet

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La météo est particulièrement capricieuse ce samedi. Alors que la veille pourrie, elle était le principal sujet de conversation des festivaliers, aujourd’hui, elle a laissé place à un large soleil, reléguant au placard les doudounes, au profit des t-shirts et bermudas. Même la crème solaire a fait son apparition, c’est dire !

Malgré cette clémence bien heureuse, les stigmates de la veille n’ont pas entièrement disparu. La boue jonche encore le sol à divers endroits.

Lorsque votre serviteur débarque sur le site, RORI traîne aux portes de l’enfer, référence à son premier album intitulé « Ma Saison En Enfer ». Le rouge domine évidemment. Les projecteurs d’abord, la batterie, les pieds de micro ainsi que le microphone, ensuite…

La Liégeoise n’est pas une novice dans le milieu. Elle a connu un joli succès d’estime et critique au sein de Beffroi, l'un des groupes les plus prometteurs de Belgique, qui avait notamment gravé « Swim », un titre largement diffusé sur les ondes radiophoniques, en 2015. Elle n'a alors que 16 printemps. Malheureusement, son comparse, Valentin Vincent, est emporté par la maladie à l'âge de 20 ans. L'aventure qui n'a plus de sens, prend fin. C'était en 2018.

Une période de reconstruction s'ensuit naturellement. Parmi les options possibles, l'arrêt de sa carrière. Mais elle s'accroche. Sa rencontre avec Hadrien, le guitariste qui l’accompagne aujourd’hui, donnera naissance au projet qu’elle défend depuis.

Vêtue d’une tenue blanche très sexy, lui conférant un côté glamour, la jeune femme laisse apparaître un corps filiforme. C’est la première fois qu’elle se produit sur la plaine du LaSemo.

Ses comparses ne sont autres que l’ex-The Subs, Hadrien Lavogez et Loïc Lavogez qui succède ainsi à Pierrick Destrebecq (NDR : il a notamment milité chez Recorders, Abel Caine ou encore au sein du backing group de de Mat Bastard). Il s’était déjà chargé des fûts, notamment au festival ‘Les Gens d’Ere’, pour remplacer Destrebecq, blessé paraît-il.

Si le jeu de Loïc manquait de conviction et de frappe à ses débuts, il a vachement rectifié le tir depuis. L’ombre de Pierrick s’en est allée….

Cependant, les gestes du batteur adoptent une amplitude excessive. Si sur le plan visuel, le lambda y trouve son compte, techniquement, c’est sans intérêt et ces mouvements fatiguent les bras inutilement. Mais, chacun sa merde après tout !

La demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place ». Alors qu'elle s’est exprimée jusqu’ici dans la langue de Shakespeare, elle chante maintenant dans celle de Molière, ce qui lui permet de se raconter. Le français l’accompagne d’ailleurs en intégralité durant sa prestation.

Caractérisé par son phrasé haché, ses sonorités pop et ses appuis rythmiques, la musique de RORI, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement le public à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, elle propose à celles et ceux qui sont venus la soutenir, un nouveau titre à paraître, signe que la petite ne dort pas sur ses lauriers. Et de demander au public de faire semblant qu’il connaît déjà la chanson. Elle possède décidément le don de la communication, cette petite.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille, à l’état-civil, a accordé un concert d’une intensité rare, livrant un peu plus encore le fruit de ses émotions. Et que d’énergie ! Elle bouge tellement que le perfecto qui lui permettait de garder une température corporelle correcte, devient vite envahissant.

Pour son premier show de l’été, elle embraie tout de go par « Loser », une chanson qui n’est pas anodine ; car plus jeune, nombreux sont ceux qui ne lui prédisaient rien de bon. Et de leur balancer avec une conviction étonnante ‘d’aller se faire foutre’, sous des applaudissements d’encouragement.

Alors que la compo spasmodique au parfum salvateur « C'est la vie », titre éponyme de son Ep, révèle des accents nostalgiques, « Docteur » vient doucement caresser la fin d’un set très enrichissant. Une compo ultra médiatisée dont la foule semble connaître le refrain et qui met exergue, cette différence qu’elle aime à cultiver aujourd’hui.

Si la musique de RORI embrasse différents styles, allant de la pop au rock en passant même par le funk, ses chansons abordent des sujets personnels et très intimes. Alors qu’hier, ces thèmes la rongeait, aujourd’hui elle semble en tirer parti, le tout dans un élan positif qui sent bon la fureur de vivre.

RORI, une femme rageuse et énergique, dont le style lui est propre, s’impose comme l’une des figures montantes du paysage musical belge.

Mentissa, à l’autre bout, prend le relais. Une Belge également. En tout cas de cœur, car pour des raisons professionnelles évidentes, elle a déposé ses valises en France. 

Une artiste black au style chill ouateux. Un virage à 90° par rapport au précédent spectacle auquel votre serviteur vient d’assister. Mais, c’est aussi ça un festival, passer de groupe en groupe, d’artiste en artiste et de découverte en découverte.

Elle est habillée en soubrette. Etrange… Sa robe est trop courte, selon ses déclarations. Les mecs massés aux premiers rangs n’ont a priori pas le même point de vue. Pour eux, ce ne sera jamais assez court. Elle est épaulée par un claviériste à droite, alors qu’à sa gauche une violoncelliste au physique plutôt avantageux attire l’attention.

Son public est relativement jeune. Il faut dire qu’il s’agit de la finaliste remarquée de la saison 10 de la version française de ‘The Voice’, une émission au cours de laquelle elle a démontré son potentiel. Hasard du destin, elle finira par devenir coach de cette télédiffusion, dans sa version belge. Une concrétisation à ses yeux.

Sans filtre sur ses doutes, ses complexes et ses rêves, la chanteuse à la voix d’une pureté extraordinaire, mais qui la porte tel un étendard au creux des sillons, se livre à nu, à l’instar de « Balance », où elle évoque ses kilos superflus et les restrictions auxquelles elle a dû s’astreindre pour atteindre un idéal de canon de beauté.

Très second degré, elle n’hésite pas à égratigner gentiment un type qui lui crie haut et fort qu’il l’aime. Du tac au tac, elle lui répond qu’avec un coffre pareil, il devrait lui aussi participer à l’émission. Il n’en faudra pas plus pour s’attirer encore un peu plus la sympathie du jeune public.

Elle est revenue en terre sainte afin de présenter son premier opus pour lequel elle s'est attaché les services de grands auteurs de renom comme Vincha (qui écrit souvent pour Ben Mazué), Yannick Noah et Claudio Capéo.

Entre pop et chanson française classique enivrante, la demoiselle produit un set juste et satisfaisant tout en se laissant bercer par un spleen profond, renforcé par le pouvoir des cordes du violoncelle.

Lorsque sa voix puissante, qui laisse apparaître les nuances les plus subtiles, se pose sur "Et bam", un morceau écrit et composé par Vianney, l’artiste fait mouche auprès du public… conquis d’avance. Une jeune fille, mais d’une grande maturité.

Retour au podium du Château pour Zaho de Sagazan. Il y a un monde de dingue. Votre serviteur ne peut profiter du spectacle, la distance le séparant la scène se chiffrant à plusieurs dizaines de mètres.

Révélée l’année dernière, la jeune auteure-compositrice-interprète est originaire de Saint-Nazaire. Elle aussi est issue de ‘The Voice’. Décidément, cette émission est une machine à tubes. On y fabrique des artistes comme des petits pains. Et pas toujours de qualité, malheureusement !

Ici, l’angle de vue est assez différent car, si l’artiste s’est prêtée au jeu cathodique, elle explore un univers singulier. « La Symphonie des Éclairs », premier disque bien noté auprès de la critique populaire, en est un bel exemple.

Elle s’épanche dans un français précis sur ses désirs amoureux, appuyé par des morceaux aériens et cosmiques, alors que les arrangements soignés, embrassent ci et là une onde électronique.

Il y a chez Sagazan des relents poétiques. Son interprétation grave lui confère quelque chose de théâtral. Parfois aussi de manière exagérée. Mais le public ne semble pas lui en tenir rigueur.

Sa plume tantôt romantique, tantôt solaire, donne l’impression qu’elle se sent incomprise et victime des vicissitudes de l’existence.

Alors que le concert semble de bonne facture, les qualités d’écoute et de vue ne permettent pas à votre serviteur de partager davantage ce jardin secret. Une autre fois peut-être.

Il est temps maintenant d’assister au show de Loïc Nottet. Un artiste qui tisse sa toile intelligemment.

Connu pour ses participations à la troisième saison de l'émission ‘The Voice Belgique’, le Concours Eurovision de la chanson 2015 et l'émission télévisée française ‘Danse avec les stars’ sur TF1, l’artiste s’est construit une belle renommée au niveau national, mais aussi outre-Quiévrain. A un tel point tel que lorsqu’il se produit en concert, les places s’écoulent en quelques minutes seulement, à l’instar de groupes internationaux notoires.

En coulisses, il se murmure que Nottet et son team se sont empressés de préparer un spectacle qui devrait ravir même les plus sceptiques.

La nuit est tombée et on ressent un taux d’humidité qui remonte par le sol. Il va donc falloir du courage pour rester statique durant une heure et demie.

A l’heure dite, les danseuses et danseurs se pressent au milieu de l’estrade. Ils sont vite rejoints par l’ambassadeur du jour. Cheveux gominés, il porte des fringues ringardes de couleur noire qui lui donnent l’impression d’incarner Spock dans ‘Star Trek’ (exception faite des oreilles pointues).

Cette troupe effectue un travail remarquable. Et étrangement, le chanteur ne prend pas l’ascendant, chacun occupe ainsi une place de choix dans l’ensemble, une qualité rare chez les artistes, il faut le souligner.

Ça court ! Ça virevolte ! Les corps presque dénudés se chaloupent, flirtent pour plus d’étreinte sur fond de souplesse et de don de soi. Les galbes des corps des deux jeunes demoiselles laissent plus d’un spectateur sans voix. On dirait de vrais pantins désarticulés.

Le Carolo n’est pas en reste non plus. Et on entend le souffle court du jeune homme de 28 ans qui parvient à peine à reprendre ses mots entre deux compos.

Outre « Selfocracy, Sillygomania », « Addictocrate » reste son disque le plus personnel, à l’instar de « Trouve-fête » qui permet aux uns et aux autres de s’exprimer librement dans une gestuelle magistrale.

Nottet se dessine comme s’il était atteint du syndrome de Peter Pan à travers « Révérence », alors qu’il répète à l’envi « Je t’haine » à une fan avec laquelle il aime se prendre en photo.

Généreux à souhait, il s’épanche sur sa vie, afin que les fans apprennent à le cerner encore un peu plus. On apprendra ainsi qu’il éprouve des difficultés à trouver le sommeil (« Nuit Blanche ») ou qu’il a commencé la danse par le classique (« Cygne »).

Sur « Million Eyes », son titre incontournable, la voix du jeune homme prend une dimension fantasmagorique, surtout quand les aigus, hautement perchés, retentissent.

Il est doucement temps de prendre congé de ses invités. Ce sera le dernier concert de Nicki, l’une des danseuses. « M./Mme », son premier titre en français, sonne le glas d’un show millimétré et irréprochable.

Les aficionados les plus fervents regretteront sans doute l’absence de « Rhythm inside », caractérisé par son ‘rapapa tonight’ légendaire.

Il est temps de se dire au revoir. Il fait nuit noire. Les badauds s’enfoncent comme bercé par les dernières notes de musique.

Le second jour du LaSemo tire doucement à sa fin, lui aussi. Mais restons positifs, regardons le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide…

(Organisation : LaSemo)

 

 

 

Benni

Croire en ses rêves…

Écrit par

Benni est une jeune artiste originaire de la région de Vielsalm. Influencée par le folk contemporain (Mumford & Sons, Bon Iver, Phoebe Bridgers, etc.), elle rêve d’un monde utopique et pourtant authentique, le sien. Après 10 mois passés à chanter et arpenter les rues, en Nouvelle-Zélande, elle s’est enfin réveillée…

Grâce à son grain de voix particulier qui lui confère une fragilité singulière à travers des textes qui traitent des enjeux environnementaux et sociétaux, ainsi que ses mélodies aux sonorités indie-folk, cette femme-enfant risque de faire parler d’elle prochainement en publiant un premier Ep qui s’annonce déjà remarquable. Retenez bien ce nom !

Réservée, peu prolixe, mais rêveuse, Benni s’est prêtée, en attendant, au jeu des questions/réponses lors d’une entrevue réalisée au LaSemo.

À 18 ans, alors que tu étais en Nouvelle-Zélande, tu rencontres un homme qui joue de la guitare en rue et finis par lui emboîter le pas. Cette rencontre fortuite a-t-elle scellé ton destin ?

Depuis toujours, j’ai toujours voulu faire de la musique. Je crois que mon objectif aurait été atteint quel que soit le moyen utilisé pour y parvenir. Concernant cette rencontre, je dirais qu’elle a précipité les événements.

La rue est un terrain difficile et austère. J’imagine que cette expérience a laissé des impressions, bonnes ou mauvaises d’ailleurs. La rue ne reste-t-elle pas finalement la meilleure école de la vie ?

J’ai une anecdote à ce sujet. Lorsque mes amis étaient à l’école, les uns et les autres se questionnaient quant à leur réussite. Je leur répondu que perso, j’avais aussi réussi, justement parce que j’avais fait la meilleure des écoles, celle de la vie. Cette expérience a été salutaire, oui. Même si je n’ai pas derrière moi un background scolaire classique, j’ai appris tout autant dans la rue.

Ta musique baigne dans le folk alors qu’une grosse majorité des jeunes de ton âge s’intéressent peu à ce style musical. Peut-on affirmer que Benni est une artiste à contre-courant ?

Ta question est intéressante ! Les jeunes n’écoutent pas ce genre de musique, j’en suis consciente. Ai-je choisi le folk pour son côté ouaté ou parce que peu de personnes s’y intéressent ? A vrai dire, je ne me suis jamais posé cette question. Je dirais que je pratique une musique qui me tient à cœur et me fait intensément vibrer.

Ton style est doux et chaleureux et, à mon sens, davantage compatible au sein d’un environnement feutré plutôt que lors d’un festival comme aujourd’hui. Comment abordes-tu cette mise en danger face à un auditoire qui n’est peut-être pas venu pour toi spécifiquement ?

Aujourd’hui, nous avons joué en formule groupe. Même si le public ne me connaissait pas spécialement, j’ai pris énormément de plaisir à jouer ici. Il était à l’écoute et les encouragements étaient très nombreux. C’est l’un des meilleurs festivals auquel j’ai participé sous cette configuration.

Au fait, la scène est-elle un bon moyen d’avoir une connaissance de soi ?

Faire face au public permet de mieux se connaître, effectivement. Il y a d’autres moyens pour y parvenir, mais ce biais en fait partie. Cela reste, en tout cas, une très belle expérience.

La musique te poursuit, d’abord, au sein d’une académie consacrée à la guitare classique vers l’âge de 8 ans, la chorale de ton village pendant un peu plus de dix ans et une formation musicale à la SAE de Bruxelles, en 2020. D’une passion, tu dessines aujourd’hui les traits d’une carrière musicale en devenir en recevant d’excellentes critiques. Comme quoi, il faut croire en ses rêves. Si ta vie était une histoire, cette fable en serait-elle la morale ?

Depuis petite, je caresse le rêve de devenir chanteuse. Il faut toujours croire en soi, c’est une certitude. En ce qui me concerne, le parcours a pris du temps et il a emprunté de nombreux détours. Mais je reste convaincue qu’avec de la motivation, on peut y arriver !

Tu as participé au concours ‘Concours-Circuit’, en 2020, ce qui t’as permis d’assurer des premières parties d’artistes comme Sharko, Roscoe et surtout de Cœur de Pirate. Est-ce que ce genre de vitrine est un passage obligé si on veut tirer la couverture médiatique à soi ?

Tu es vraiment bien renseigné, je suis surprise ! Oui, cette couverture permet une certaine crédibilité auprès du public. Dans mon village, personne ne croyait vraiment en mon projet. Puis, des connexions se sont établies et le public s’est ensuite intéressé à ce que je faisais, justement grâce à cette première partie de Cœur de Pirate. Elle a suscité la curiosité à mon égard, à charge ensuite au public d’apprécier ou non mon univers.

 « Mechanical Mind » est une lettre au bonheur adressée à ton cerveau, une chanson qui raconte que si on traverse de mauvaises passes, il y a également du bonheur à vivre. Je comprends le message, mais c’est un peu démago quand même, non ?

Je ne le crois pas, non ! Elle a été écrite durant le confinement. Le thème de la dépression y est clairement abordé. Cette période a été compliquée à vivre. La musique m’a beaucoup aidée. Il faut interpréter cette chanson comme une lettre d’amour à mon cerveau. Je lui dis que s’il se produit des évènements malheureux auxquels nous devons faire face, il existe aussi toutes ces choses positives qui nous entourent et grâce auxquelles nous pouvons avancer, même si, parfois, nous ne pouvons pas toujours les apercevoir.

« September 20 » clôture judicieusement le deuil d’une première histoire d’amour abandonnée par une lettre d’excuses que tu aurais aimé recevoir. En vain ! Résultat, tu l’as écrite à la place de l’autre. Cette compo a-t-elle suscité une réaction auprès de la personne à qui le message était destiné ?

Cette personne l’a effectivement entendue. Est-ce qu’elle en a saisi le sens ? Pour être tout à fait franche avec toi, ce n’est plus mon problème. De manière générale, toutes mes chansons sont de nature thérapeutique. J’ai le besoin d’exorciser et je n’attends pas nécessairement un retour.

Ce morceau a été produit par Thomas Médard de Dan San et mixé par Tommy Desmet que l’on connaît pour son travail auprès de Girls In Hawaii, entre autres. Comment se sont déroulées ces rencontres ?

Mon booker, Max, milite au sein Dan San. Il m’a vue au Concours Circuit. J’ai rencontré Tommy, via Thomas tout simplement. C’est une fine équipe.

Petite, tu adorais dessiner des baleines. Est-ce parce qu’elles symbolisent la protection et la sagesse –ces cétacés communiquant par la musique de leurs ultrasons pour prendre soin les unes des autres– ou parce que ce sont de géantes aventurières qui naviguent entre la profondeur des océans et la surface ?

Mais, où as-tu donc puisé ces informations ? Je suis surprise à nouveau ! Toute petite, j’adorais dessiner des baleines. Cet animal m’inspirait la sagesse et le calme.

J’ai appris plus tard que ces animaux communiquaient par vibrations. Je trouve leur mode de fonctionnement extraordinaire.

Je sais que ton souhait le plus cher serait de construire ton chez toi de tes petites mains et y vivre en autonomie complète en utilisant des matériaux bios et réutilisables, à l'orée des bois. Ce festival qui mise sur le durable tombe à pic. Quel est ton rapport à l’écologie et la nature au quotidien et que penses-tu des politiques successives en la matière alors que les mesures destinées à sauver la planète ne portent que (trop) très peu leur fruit.

Je n’y connais rien en politique. Je n’y suis pas et je n’ai pas envie d’y être. Je dirais que c’est comme dans tout, il y a du bon et du mauvais. Si des mesures prises par les politiciens vont dans le bon sens, tant mieux. A vrai dire, je n’ai pas envie de m’étaler sur le sujet. Tout ce qui m’intéresse est de faire en sorte de respecter au maximum la nature. Je souhaite poursuivre dans cette direction. Je constate un certain engouement auprès de la population dans ce secteur. Les gens cuisinent bio, ils s’entraident, etc. C’est davantage cet axe social qui m’intéresse, pas le contexte politique. Ma petite sœur flirte professionnellement avec ce milieu ; elle s’y plait et tant mieux pour elle. Je suis plutôt la bohème de la famille.

Benni, à quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ou les prochains mois ?

On peut s’attendre à un Ep pour la rentrée…

 

LaSemo 2024 : vendredi 12 juillet

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La saison des festivals est officiellement lancée !

Si certains festivals ont été annulés ou revus dans une formule light à cause des conditions climatiques, le LaSemo a été maintenu dans sa version originale, mais a quand même opéré quelques petites adaptations pratico-pratiques.

Le site a été réorganisé afin d’aérer l’espace, passant de 4 à 10 hectares. Si la scène du Château n’a pas bougé d’un pouce, comme figée par le temps, une autre, d’une envergure identique et identifiée comme ‘La scène de la prairie’, a été échafaudée sur une parcelle décentrée. Si au départ l’idée était bonne, on s’est rendu compte, au fil du festival, qu’il fallait pas mal marcher pour se rendre d’un podium à l’autre. Une des critiques majeures à formuler pour cette 16ème édition.

Les food-trucks, plus nombreux, permettent aux festivaliers de se restaurer correctement, mais l’objectif avoué est de disposer d’endroits où l'on puisse manger sans forcément assister à un concert. Il y a même un stand qui permet d’acheter des fruits. Une première dans un festival !

Autres nouveautés, le ‘Pays des Merveilles’ et l'’Amusoir’ ont été étendus en surface également et une zone ‘Zen’ a vu le jour, de quoi bénéficier des bienfaits des massages entre deux sets.

Mais, et c’est l’essentiel, l’esprit est intact, à savoir présenter une affiche proposant des spectacles culturels, riches, conviviaux et bienveillants.

Le LaSemo se caractérise, depuis ses débuts, par sa convivialité et sa proximité. Entourés par ses espaces verts exceptionnels, ses pièces d'eau, ses jardins et des bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire, les festivaliers s’y pressent de plus en plus nombreux. D’ailleurs, sa renommée dépasse aujourd’hui les frontières de la Belgique.

Le festival a de nouveau invité petits et grands à faire la fête. Si de nombreux concerts sont programmés, les bambins ont également de quoi faire. Il y a même pléthore de représentations qui leur sont destinés.

Une des caractéristiques majeures de ce rendez-vous annuel est son caractère durable. Entendez par là toilettes sèches, décors en palettes et ballots de foin disséminés un peu partout, afin de se reposer un peu entre deux escapades. Bref, un endroit hors de tout et surtout du temps.

On regrettera quand même Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté les artistes. Cependant, la préposée au langage des signes persiste et… signe.

La pluie a bien lessivé le site, à tel point que les parkings ont été fermés de manière préventive. Les véhicules se sont donc garés de manière plus ou moins anarchique le long des voiries, au grand dam des riverains. Autant dire que ça râlait sec !

Le temps maussade n’a pas eu d’emprise sur les nombreux festivaliers qui se sont présentés dès l’ouverture. Il faut dire qu’IAM constituait la tête d’affiche du jour.

Aux alentours de 17 heures 30, un trio féminin se prépare à fouler l’estrade de la scène du Château.

Souvent typographié L.E.J, également orthographié Elijay suivant sa prononciation, Lucie, Elisa et Juliette sont aux commandes de la formation. Et prêtes à en découdre !

Alors que Lucie et Elisa, élèves au lycée Jean-de-La-Fontaine à Paris, suivent un cursus musical en lien avec la Maîtrise de Radio France (qu’elles fréquentent pendant dix ans), Juliette étudie au conservatoire de Saint-Denis. Un curriculum vitae qui leur permet d’acquérir les bases de la musique classique.

Dans la pratique, elles sont parfaitement multi-instrumentistes, s’échangeant, au gré des chansons, les instruments, sous le regard médusé du public. Elles jouent avec une précision chirurgicale. Normal, direz-vous pour des musiciennes. Mais, ce n’est pas toujours le cas !

Elles se sont forgé un nom auprès du grand public grâce à un succès inattendu décroché en août 2015 et plus particulièrement à travers le clip « Summer 2015 », un mashup posté sur YouTube.

Deux d’entre elles ont revêtu une jupette, ce qui attire le regard des mâles agglutinés aux premiers rang, et comme des mouches alléchées par un morceau de viande, ils n’y perdent pas une miette.

La troisième, plus timorée (ou plus frileuse), a préféré le pantalon. Faute de goût ! Il est de couleur gris alu. Pas très discrète la frangine !

De toutes, Juliette semble aussi la plus timide, elle s’efface le plus souvent pour laisser place aux deux autres qui prennent ainsi un certain ascendant sur le spectacle.

Les filles prennent un plaisir immense à se produire au pays de Tintin, les Belges étant selon leur propres termes ‘pas des fachos comme en France’, référence aux résultats des élections françaises lors du premier tour. Une connaissance plus précise du système politique belge leur aurait permis une réflexion un peu moins démagogique. Soit…

Mélangeant les genres, elles maîtrisent parfaitement le hip-hop, à l’instar de « La dalle », mais n’échappent pas pour autant aux poncifs collatéraux en abusant d’expressions telles que ‘Eh frères’. C’est un peu… relou à la fin !

« Pas l'time » permet au jeune public de s’essayer au pogo, une danse répandue jadis dans les concerts ‘punk’ au cours desquels les gens se bousculaient frénétiquement ; mais une pratique inconnue chez les plus jeunes. Selon la légende, il aurait été inventé par Sid Vicious lors d'un concert des Sex Pistols alors qu’il était dans le public, juste avant qu'il ne devienne le bassiste du groupe.

Avant de tourner les talons (aiguilles), les filles s’improvisent sur un mash-up (NDR : création d'une chanson à partir d’autres chansons déjà existantes), entre Eurythmics et Madonna. Sans doute, un des moments les plus sympas de cette prestation, qui ravit les plus âgés.

Le combo s’est manifestement investi à fournir un concert plein d’énergie et un show très visuel. Laissons leur l’illusion. Car Lucie, Elisa et Juliette manquent cruellement de conviction, leurs compos embrassant aussi des contours un peu trop faciles.

Direction la Guinguette, l’endroit le plus atypique du site. Sans doute aussi l’espace qui se prête le mieux à l’esprit et à la culture de ce festival unique en son genre.

La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, afin de feindre un espace cosy.

Le podium bénéficie d’un bel espace naturellement ombragé car il se situe au milieu d'arbres. Si l’idée est sympa en plein canicule, inutile de préciser que la sensation de froid se fait davantage sentir ici. D’ailleurs, peu de spectateurs se sont installés au centre de la parcelle. Et les quelques courageux guettent patiemment l’arrivée du prochain artiste. Une chope à la main évidemment ! Ils attendent Stace. Pas certains que la majorité d’entre eux connaisse.

Ici aussi l’éclectisme s’impose, puisque cette chanteuse, compositrice, productrice, auteure, réalisatrice et interprète, prodigue une musique mêlant électronique et rock alternatif aux inspirations diverses.

Elle est accompagnée d’un batteur à la moustache british, une préposée aux claviers et une autre à la basse.

L’artiste est plutôt rondelette, mais semble l’assumer ; elle porte une jupe assez courte qui lui serre assez bien le corps et des dreadlocks qui lui arrondissent encore un peu plus le visage.

Dès son plus jeune âge, Stace est bercée par le jazz. Elle est issue d’une famille de musiciens. Ses parents se sont rencontrés au sein d’un groupe. Son frère est chanteur et sa sœur a également touché à l’univers de la musique. Bref, comme Obélix, elle tombée dans la marmite lorsqu’elle était petite (NDR : sans référence aucune à son tour de taille). La musique constituant un moyen d’expression à ses yeux.

En 2021, elle partage son premier Ep auto-produit « Green Onyx ». Composé de quatre titres, l’univers de la demoiselle est empreint de néo-soul, à l’instar de « Busy », un titre puissant qui permet de percevoir la richesse de sa palette vocale. Ce qui est plutôt rare chez une jeune personne de son âge.

Généreuse à souhait, elle dispense quelques titres de son second Ep, « Overblue », afin de mieux cerner d’avantage l’univers dans lequel elle baigne. Un format où elle explore une kyrielle d’influences, allant même jusqu’à flirter avec la musique électronique, comme sur « Tainted », un domaine qui lui correspond également.

Si on ne peut nier un talent hors du commun, le set de la jeune dame manque d’énergie, malgré toute l’empathie fournie et reçue. L’ennui finit rapidement par envahir les spectateurs. Certains festivaliers ont préféré vaquer à d’autres occupation. C’est vraiment dommage parce que cette artiste à un potentiel énorme, mais les conditions de lieu et de temps ne permettent sans doute pas une écoute des plus objectives. Quant aux téméraires, ce sont sans doute de fervents admirateurs.

Direction la Main Stage, face au Château qui s’est chargé, en cette fin de journée, de belles couleurs, grâce au jeu des spots lumineux qui viennent lécher son cadre.

Des vieux briscards s’y préparent. Il s’agit d’IAM, un groupe de hip-hop français originaire de Marseille.

Formé en 1989, il impliquait à l'origine Akhenaton (Philippe Fragione) et Shurik'n (Geoffroy Mussard) au chant, ainsi que Kheops (Éric Mazel), Imhotep (Pascal Perez) et Kephren (François Mendy) aux platines.

Ce patronyme a été choisi car à une certaine époque de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, lorsque les manifestants défilaient avec des pancartes "I AM A MAN". IAM en est la contraction.

Toutefois, le combo s’est amusé à fournir d’autres explications bien plus farfelues. Florilège : ‘Imperial Asiatic Men, ‘Indépendantistes Autonomes Marseillais’ ou encore ‘Invasion Arrivant de Mars’. Akhenaton, dans son autobiographie (‘Akhenaton 2010’), explique que le sens véritable d’IAM réside dans cette affirmation, cruciale pour nous : ‘Je suis, j’existe’. Amen ! Intéressant, mais on s’en fout royalement !

Le fleuron du rap marseillais vient de lancer le ‘HH History Tour’, une tournée exceptionnelle qui fait suite à « HHHistory », un disque paru fin 2023. Il accorde une étape remarquée pour une prestation live qui en marquera plus d’un.

Au milieu de la scène, trône une estrade en forme de double H (normal !), derrière laquelle se cache le DJ, un maître de cérémonie aux allures babacool qui va passer son temps, lunettes noires vissées sur le nez, à scratcher et scroller pour le bonheur de tous.

Il est très vite rejoint par ses potes, capuches sur la tête, pour faire mine de passer inaperçus. C’est raté évidemment puisque l’exercice de style remarquable tombe très vite en désuétude. Il est impossible de tromper le public constitué majoritairement de quadras et de quinquas. Bizarre…

Connu pour son style musical unique et innovant, IAM propose des textes souvent politiquement engagés qui traitent de l’injustice sociale, du racisme et de la violence urbaine, comme sur ce « Petit Frère », sorti en 1997, et qui figure sur le long playing « L'École du micro d'argent », encore considéré comme l’un des meilleurs elpees de rap français de tous les temps. Ce qui lui a d’ailleurs permis de remporter de nombreux prix, dont une prestigieuse ‘Victoire de la Musique’. Sur l’écran géant en arrière-plan, des images en noir et blanc viennent souligner le caractère sublime de cette compo qui n’a pas pris une ride.

Les compères puisent large, ce soir, dans leur répertoire nous réservant des titres aussi spectaculaires qu’incontournables tels que « Samouraï », « Ça vient de la rue » ou encore « La vie est belle », un titre qui met en exergue les disparités sociales lorsque personne ne joue avec les mêmes cartes.

Un répertoire revisité, mais surtout un show dynamique, rythmé, humain et rempli d’ondes positives. Les gaillards ont accusé le poids des années, mais la rage est restée pareille !

Ils profitent de leur passage en Belgique pour égratigner la situation politique française (eux aussi, décidément), tout en soulignant avec tristesse et légèreté que ‘cela ne risque pas de changer vu l’équipe en place’, à la suite de l’installation du nouveau gouvernement. Intéressant, mais à quoi bon déverser sa haine dans un pays limitrophe si ce n’est pas pour toucher les principaux intéressés ? Qu’ils gardent leurs carabistouilles lorsqu’ils se produisent outre-Quiévrain, non ?

Alors que le concert bat son plein, « Danse le mia », joli succès d'estime de 1993, rappelle que, grâce à ce titre, le rap français atteignait le sommet du Top 50 durant huit semaines et devenait le 2ème single le plus vendu en France, en 1994.

C’est le moment idéal pour que les chemises s’ouvrent et permettent de voir les chaînes en or qui brillent alors que les milliers d’aficionados se mettent à danser le ‘mia’ (NDR : un mot en verlan utilisé à Marseille par les anciens pour désigner un ami) …

Mais, rassurez-vous, dans les faits, personne n’aurait oser ouvrir sa chemise, au risque d’attraper la crève le lendemain.

Il est presque 22 heures lorsque ce set anthologique s’achève. Un très joli moment.

Au loin, lors du concert d'Ibrahim Maalouf, un groupuscule de personnes distribue des tracts contre sa présence (mais dans le respect). Il lui reproche d’être au cœur d’une histoire d’agression sexuelle.

Qu’on le veuille ou non, la justice doit être celle qui décide de la culpabilité ou non. Et ici, le musicien a été acquitté. Si chacun peut avoir son opinion personnelle sur la question, le procès ne peut avoir lieu dans la rue ou sur les réseaux sociaux.

Le soir commence à tomber doucement et la fraîcheur aussi. Le climat automnal n’épargne personne. Nombreux sont ceux qui préfèrent déserter les lieux pour se réchauffer sous la couette… qui a encore de beaux jours (soirs) devant elle.

Le show de Parov Stelar, annulé pour cause de tornade à Vienne, est remplacé par les samples d’Henri PFR. Une aubaine pour certains, une tristesse pour d’autres. Comme dirait l’adage, le bonheur des uns…

(Organisation : LaSemo)

Kate Bollinger

Les milliers d‘états d’âme de Kate Bollinger…

Née en Virginie et basée à Los Angeles, l'artiste multidisciplinaire Kate Bollinger sortira son premier long playing, ce 27 septembre 2024. Il fait suite à une tournée internationale et à une série de singles parus depuis ses débuts, en 2022. Il s'agit d'un ensemble de chansons pop, à la fois raffinées et racoleuses, avec un esprit punk sous-jacent, au sujet des relations et du fait de grandir. « Songs From A Thousand Frames Of Mind » donne l'impression de feuilleter la collection de disques de votre ami le plus cool et de trouver une nouvelle chanson préférée à chaque découverte.

Écrit pendant une période de transition et de changement, l'album a été conçu pour ressembler à une mixtape, à savoir quelque chose de soigneusement conçu et transmis d'une personne à une autre. Ici, Bollinger et son groupe privilégient l'éclectisme, la mélodie et la majesté, soutenant un lyrisme intimiste avec une instrumentation classique inspirée par les pierres angulaires de la folk-pop des 60’s et du rock indépendant des 90’s.

Bollinger peut donner l'impression d'être aussi bien une compositrice qu'une auteure de films d'art et d'essai, créant la bande-son et les décors d'un film qui n'existe pas. Elle a récemment réalisé le clip vidéo saisissant du single « World on a String » de Jessica Pratt.

‘Mon ami Matt [E. White] venait de Virginie et nous nous sommes retrouvés pour jouer de la musique. Nous avons écrit cette chanson, puis nous avons fait le tour de Los Angeles en voiture. Le même jour, il m'a aidé à me rendre compte du genre d'album que je voulais faire’, explique Bollinger. ‘Quelques mois plus tard, j'ai enregistré la chanson avec un groupe que nous avons constitué. Nous avons passé la première journée à répéter les chansons. Le lendemain, nous avons enregistré les deux premières chansons, "Any Day Now » étant la deuxième. Nous avons tout fait en direct dans la pièce, sans casque, dans l'esprit de la plupart de mes musiques préférées de la fin des années 60’.

Sublimant les connexions musicales de toute une vie en 11 chansons concises, « Songs From A Thousand Frames Of Mind » témoigne d'une ambition et d'un objectif rares pour un premier album.

Kate Bollinger a conçu le clip de ce premier single, « Any Day Now », avec le réalisateur Ambar Navarro.

Et il est à voir et écouter ici

 

 

Axel Zimmerman

Axel Zimmerman existe…

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Quelques semaines à peine après la sortie de son tube pop estival, « Summer Santana », qui a atteint déjà 40 000 vues, le chanteur et guitariste Axel Zimmerman nous propose un nouveau single dansant et calibré pour les soirées d'été : « La Reine Du Queen ».

Si vous ne le connaissez pas, Axel Zimmerman a parcouru les scènes metal du monde entier en tant que guitariste de son groupe BlackRain et fait secouer la tête des métalleux du Hellfest. Il revient à la rentrée en publiant un album solo, baptisé « Exister », aussi éclectique que surprenant, un véritable ovni pop qui explore toutes les facettes créatives de ce guitariste surdoué et songwriter ultra créatif.

On connaît tous une fille, très belle, qui aime être courtisée, invitée, et qui finalement ne parvient à sortir d'une vie trop artificielle. Axel Zimmerman s'en moque gentiment, avec humour et bienveillance, rendant hommage par la même occasion au Queen, ancienne boite de nuit des Champs-Elysées. Une actrice particulièrement talentueuse réalise pour le clip une véritable performance en jouant toute la scène quasi en one shot.

S’il démontre son amour de la guitare acoustique, sur « Exister », on y rencontre des rythmes gipsy, des programmations électro, des mélodies modernes. L'opus a pris un élan décisif quand Axel Zimmerman a rencontré Olivier Hudry, le bassiste des Bear’s Towers, qui travaille comme ingénieur du son dans les studios savoyards du label Single Bel qui va sortir ce projet.

Clip frais et léger, « La Reine Du Queen » va nous accompagner tout l'été grâce à son rythme contagieux à la Ben L'Oncle Soul. Et il est disponible ici.

 

 

 

Gabriel Ríos

Gabriel Ríos s’inspire de Cervantès…

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Gabriel Ríos vient de sortir un nouveau single, « Marcela », une chanson basée sur l'histoire de la bergère ‘Marcela’ telle qu'elle est racontée dans Don Quichotte de Miguel de Cervantes. Marcela prononce un discours lors des funérailles du berger Giróstromo, mort de sa propre main. Girostromo est mort par amour et elle a été accusée d'être la coupable. Elle maintient son innocence en disant qu'elle ne l'a pas encouragé dans son amour, qu'un feu ne brûle pas et qu'une épée ne coupe pas celui qui choisit de s'en éloigner.

Le nouvel elpee, « Playa Negra », paraîtra fin septembre 2024. En attendant, « Marcela » est disponible sous forme de clip

En concert le 18 octobre au Botanique de Bruxelles

 

Mr Diagonal

Des points entre Mr Diagonal…

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Compositeur/interprète aux multiples facettes, Mr Diagonal sort aujourd’hui la vidéo du titre « David Attenborough », premier single extrait de son prochain elpee intitulé « Join the Dots ». L'album est une sélection d'enregistrements réalisés entre 2018 et 2024 à paraitre le 26 juillet 2024. Il ne sera disponible sur aucune plateforme de streaming mais uniquement sur le shop en ligne de l’artiste et lors de ses concerts. Le clip a été tourné par Ridha ben Hmouda et monté par Ken Nishikawa. Et il est disponible

 

JB Dunckel

Une musique de ballet pour JB Dunckel, cofondateur d’AIR…

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JB Dunckel, cofondateur d’AIR, est de retour ! Ce 19 juillet paraîtra « Möbius Morphosis », la musique du ballet de Rachid Ouramdane avec la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin.

En sortie digitale le 19/07/2024 et en vinyle le 09/08/2024.

Après « Paranormal Musicality », JB Dunckel, revient avec ses nappes électroniques, ses percussions, ses voix d’enfants, pour un nouvel opus ;  une œuvre fascinante qui montre une facette nouvelle de son travail, visiblement très inspiré par le thème des murmurations, les vols d’étourneaux.

« Möbius Morphosis » est la musique du nouveau spectacle monumental créée par le chorégraphe Rachid Ouramdane pour l'Olympiade Culturelle des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

JB Dunckel signale, à propos de sa composition pour « Möbius Morphosis », grand spectacle alliant danse, acrobatie, musique et chant : ‘Cette musique est d’abord au service d’une chorégraphie dont l’audace, la grâce acrobatique et l’énergie m’ont tout de suite séduit. La Maitrise de Radio France en a amplifié la portée jusqu’au ciel de mes espérances. J’ai réuni dès le départ de mon travail de composition, percussions, voix pures et électronique puissante en une formule très personnelle...’

« Möbius Morphosis » rassemble sur scène plus de 100 artistes issus du collectif d'acrobates, du Ballet de l’Opéra national de Lyon et de la Maîtrise de Radio France pour donner corps aux murmurations, ces vols spectaculaires d'oiseaux.

Un extrait du spectacle « Möbius Morphosis » en vidéo

 

Lauren Daigle

L’évangile selon Sainte Lauren…

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Auteure-compositrice-interprète de musique (chrétienne contemporaine évangéliste), Lauren Daigle comptabilise plus d’un milliard de streams sur la toile et continue à accorder des concerts dans le monde entier. Elle se produisait ce 9 juillet à l’Ancienne Belgique, pour la circonstance, en configuration ballroom, devant 900 âmes…

Conjointement à ses performances musicales, Lauren participe activement à l’éducation musicale, au travail avec des jeunes à risques et à la prise en charge des enfants, des personnes âgées et dans le besoin par l’intermédiaire de The Price Fund, une organisation qu’elle a fondée en 2018. À ce jour, elle a fait don de plus de 2,5 millions de dollars à 42 associations à but non lucratif dans le monde entier. Une personne charitable, dans le sens le plus noble du terme. Née en 1991, Lauren a été élevée dans une famille évangéliste à Lafayette, en Louisiane, mais également au son du cajun, du blues et du zydeco. Elle se met à rêver de partir en tournée au cours de laquelle elle sera entourée de la foule, venue la voir chanter ; mais à l’âge de 15 ans, elle est contrainte au confinement chez elle pendant 2 ans après avoir contracté une maladie. Elle se met alors à lire la Bible. Elle l’affirme encore à ce jour que c’est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Pourtant, elle ose depuis peu quelques chansons d’amour en faisant le pari de conquérir un public plus large.

Elle a emporté dans ses bagages Benjamin William Hastings, afin d’assurer le supporting act. Et c’est également un homme de foi. Il sera d’ailleurs pas mal question de religion, au cours de cette soirée…

Ce chanteur/compositeur nord-irlandais a grandi dans les rues de Belfast mais a passé la majeure partie de son adolescence à Sydney, en Australie. Il a milité au sein de Hillsong United, formé en 1998, qui a publié 6 elpees composés essentiellement de chants religieux. Il est le cerveau poétique derrière les productions les plus grandioses du collectif, telles que « So Will I (100 Billion X) », « Seasons » et « Highlands (Song Of Ascent) ». Ce soir il se produit en solo. Sa voix, sa guitare, son banjo, son piano et son MPD. Il possède une bonne bouille, un superbe organe vocal et un élégant toucher de cordes.

Dès le début du set, il déclenche son MPD qui lance des beats électro, empoigne un banjo et demande au public s’il se sent bien.

Sa voix est ample. Puissante, elle évoque celle de Bon Jovi, mais elle est aussi capable de virer à la soul ou au gospel. En bref, elle séduit ou arrache littéralement les tripes. Outre sa dextérité derrière les ivoires, il a le bon goût de soigner l’aspect mélodique. Il prêche quand même, parlant de Jésus, la religion, mais heureusement sans nous infliger un bourrage de crâne. D’ailleurs, une belle interaction s’établit avec le public, et se maintiendra tout au long de son récital (voir sa page 'Artistes' ici)

Une tenture est tendue en arrière-plan. Elle représente un tapis de bandelettes multicolores digne du carnaval de Rio. Sept musicos déboulent sur les planches, soit une section de cuivres constituée d’un préposé au trombone à coulisse et un autre à la trompette, un guitariste et sur une estrade en retrait, un drummer, un bassiste/claviériste et un choriste. Sans oublier Lauren Daigle. Elle est vêtue d’un ensemble chemisier-pantalon, sur lequel sont imprimés des carrés de teinte vive, et coiffée d’une casquette brune (qu’elle a retournée) enfoncée sur sa longue chevelure de couleur geai. Et lorsqu’elle débarque sur le podium, elle est vivement acclamée.

Rayonnante, un grand sourire aux lèvres, elle nous remet un ‘bonjour’ en parfait français. En ouverture, elle nous balance son premier skud, « These Are The Days », un hit imprimé sur un tempo enlevé. Elle déménage littéralement sur la scène et entre régulièrement en duel vocal, avec son remarquable choriste. Elle manœuvre la foule habilement, qui réagit au quart de tour. Les cuivres sont omniprésents et changent au gré des compos. Ainsi, bugle et saxophone relaient régulièrement trombone à coulisses et trompette. Et leurs interventions font grimper la température dans la salle.  

C’est sous les ‘hourras’ de l’auditoire que « Look Up Child » et « Trust In You » sont accueillis. Logique, ce sont les chansons préférées des fans. Lauren nous réserve neuf plages de son dernier opus, un éponyme paru ce 8 septembre 2023. A mi-parcours, la troupe prend place sur des tabourets de bar, en ligne, au bord du podium, et dispensent toute une série de compos et de medleys religieux, sous une forme acoustique, dont « Thank God I Do », « Saint Ferdinand », « Everything » et « Valuable ».

Retour à l’effervescence ensuite, grâce aux énergiques « O' Lord », « Turbulent Skies » et « Still Rolling Stones ». Et le public de jumper ou d’applaudir à tout rompre…

Lors de l’intimiste « Thank God I Do », sablé, le timbre de Lauren, vire à la soul voire au gospel. Pas étonnant que sa voix ait été souvent comparée à celle d’Adèle…

Avant de clôturer son concert par « How Can It Be ». Lauren accorde « You Say » (NDR : un méga tube six fois disque de platine), mais sa voix est alors noyée par celle de la foule qui la reprend en chœur. 

A l’issue du rappel accordé sous la forme d’« Inherited », 120 minutes d’un show coloré venait de s’écouler. Et parfois on a eu l’impression d’assister à un défilé de rue animé à la Nouvelle-Orléans, lors d’un carnaval ou une procession…

Setlist : « These Are The Days », « Waiting », « Look Up Child », « Trust In You », « Be Okay », « Hold On To Me », « Kaleidoscope Jesus », « Salvation Mountain », « Rescue », « Thank God I Do », « Saint Ferdinand », « Valuable    », « To Know Me », « O' Lord », « Ego », « Still Rolling Stones », « You Say », « How Can It Be ».

Rappel : « Inherited »,

(Organisation : Greenhouse Talent)

David Gilmour

Les maths de David et Romany Gilmour…

"Between Two Points" constitue le nouveau single extrait de l'album de David Gilmour, "Luck and Strange", qui sortira le 6 septembre.

Luck and Strange" a été enregistré pendant cinq mois à Brighton et à Londres. Il s'agit du premier nouvel opus de Gilmour depuis neuf ans. Il a été produit par David et Charlie Andrew et recèle neuf titres, dont une magnifique reprise d’une compo de 1999 signée par les Montgolfier Brothers, "Between Two Points", sur laquelle Romany Gilmour, 22 ans, chante et joue de la harpe.

‘Je me suis rendu compte que Romany avait exactement la vulnérabilité et la jeunesse qu'il fallait pour cette chanson’, explique Gilmour. ‘En fait, elle était à mi-chemin d'une dissertation et avait un train à prendre lorsque nous lui avons demandé et elle a répondu : OK, je vais la chanter une fois, mettez le micro’ et c'est, selon David, 90 % de la version finale de la chanson.

Mark Tranmer, du Montgolfier Brothers, est très enthousiasmé par cette nouvelle version. ‘La version de David et Romany de notre chanson est l’aboutissement d’un excellent arrangement et d’une excellente production. Comme toutes les meilleures reprises, elle s'éloigne de l'original mais en conserve l'esprit. Le phrasé vocal de Romany sur les paroles de Roger Quigley et le jeu de harpe sont vraiment magnifiques. La guitare caractéristique de David Gilmour ajoute une toute nouvelle dimension’.

La vidéo de "Between Two Points" a été tournée à Londres et à Manchester. David se réserve la guitare et Romany Gilmour le chant ainsi que la harpe. Gavin Elder, qui a réalisé le clip, a déclaré : ‘Romany interprète cette chanson avec un niveau extraordinaire de fragilité, de vulnérabilité et de contrôle discret. Il y a un rapport émotionnel subtil mais profond entre David et Romany, capturé avec des caméras portatives, ce qui renforce la tension dans la vidéo’.

Le clip consacré à "Between Two Points" est disponible

 

 

Suki Waterhouse

Suki Waterhouse tisse sa toile…

Suki Waterhouse a récemment annoncé la sortie de « Memoir of a Sparklemuffin », son nouvel opus (NDR : un double de 18 titres), qui sortira le vendredi 13 septembre 2024.

Suki partage également "Supersad", le premier single, qui démarre sur les chapeaux de roue, par des rythmes de batterie rapides et des guitares de type ‘garage’. Elle déclare : ‘J'ai essayé d'écrire une chanson des années 90 que l'on pourrait entendre au centre commercial dans "Clueless" ou en ouverture de "Legally Blonde"’. Le single a été produit par Brad Cook et Eli Hirsch, producteur exécutif de l'album, et écrit par Suki avec Chelsea Balan, John Mark Nelson et Lilian Caputo. La vidéo officielle de "Supersad” est également disponible sur Youtube.

La musique de Suki ressemble à un collage de ses inspirations, de ses expériences et de ses émotions assemblées par une voix douce, des mélodies énergiques et une narration évocatrice. Elle s'appuie sur une palette sonore en constante évolution pour transmettre ce qu'elle ressent, qu'il s'agisse de folk américain, de musique alternative des années 90, d'indie du début de ce siècle ou de pop artisanale d'un autre monde.

Suki a vaguement rattaché ces 18 titres à un concept central de transformation représenté par l'araignée Sparklemuffin. ‘Je suis tombé sur l'araignée Sparklemuffin, qui est très colorée, qui fait cette danse tape-à-l’œil, et sa compagne la cannibalise si elle n'approuve pas la danse. C'est une métaphore de la danse de la vie dans laquelle nous sommes tous engagés. Le titre m'a semblé à la fois extrêmement drôle et merveilleux’.

Le clip consacré à "Supersad" est à voir et couter

 

 

Louis Durdek

La route sans nom de Louis Durdek…

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Le songwriter Louis Durdek vient de dévoiler le clip d’« Unnamed Road », une ballade folk rock étincelante qui annonce la sortie de son premier album en digital le 21 juin 2024 et en physique le 13 septembre 2024.

Entre compositions feutrées et hommage aux aventuriers du folk rencontrés en chemin, Durdek entrelace mots et mélodies en un alliage subtil de genres et d'influences. Esquisses d'un monde en clair-obscur, ses balades voyageuses sont portées par une voix grave et posée, engloutissant le public sous une douce avalanche d'arpèges de guitare. Avec sa guitare comme seul bagage, il arpente les chemins sinueux d'une frontière à cheval entre sa propre fragilité et l'héritage d'artistes tels que Leonard Cohen, Nick Cave ou Mark Lanegan.

Louis Durdek est un compositeur autodidacte français, chanteur et guitariste depuis l'adolescence, qui écrit ses chansons en anglais pour son compte et pour d'autres interprètes. Il est souvent affilié au mouvement folk-indie, à la croisière du folk traditionnel et du rock indépendant anglo-saxon. Après plusieurs années à jouer en solo, il se fait repérer en 2019 lorsqu'il crée le quartet The Traveling Lights, dont l'Ep « There Is A Place » sort en mars 2020.

« Unnamed Road » recèle huit titres qui invitent à emprunter une ‘route sans nom’, sorte d'anomalie GPS à la croisée des genres et des influences. Fil d'Ariane dans ce dédale sonore, la voix calme et posée passe habilement des graves aux aigus, emportant son auditeur dans les jardins secrets du chanteur.

Ses compositions feutrées nous submergent avec la valse des arpèges de guitare et ses mots et mélodies entrelacées. Il tire de ses voyages réels ou symboliques la quintessence d'une poésie nomade qui n'est pas sans rappeler les bourlingueurs du genre tels Jack Kerouac et Neal Cassady ou une famille d'artiste comme Piers Faccini, Ben Howard ou encore Tamino.

Au fil du temps, il a développé un style personnel qui se veut sensible et introspectif, revenant souvent à ses thèmes de prédilection : le rapport à l’Autre, la nostalgie du temps qui passe ou le besoin d’évasion. Il ne reste plus qu'à larguer les amarres en écoutant « Unnamed Road ».

Le clip d'« Unnamed Road » est disponible ici

 

Kaz Hawkins

Un album ‘live’ pour Kaz Hawkins…

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S’il est un lieu où le talent de Kaz Hawkins s’exprime parfaitement c’est bien la scène. Cet album enregistré au Summer Camp Festival de Brezoi, en Roumanie, en est la preuve irréfutable. Devenu l’un des festivals de blues qui compte le plus en Europe, Brezoi a depuis longtemps couronné Kaz Hawkins comme l’une de ses reines, la Nord-irlandaise étant chaque année l’une des têtes d’affiche de l’événement. Cet enregistrement en public de 12 titres est une nouvelle pierre à l’édifice musical de Kaz Hawkins qui prend de jour en jour de la hauteur pour tutoyer dorénavant les sommets du genre. Un pur régal !!!

Cette artiste est née pour le live. A suivre sans hésitation !!! Une Irlandaise qui a du coffre. Enjoy !

La vidéo live de « Because You Love Me » est disponible

Abdoulaye Kouyaté

Un premier elpee pour Abdoulaye Kouyaté…

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Musicien versatile, griot voyageur contemporain, Abdoulaye Kouyaté a sorti son premier elpee, Fefanyi », qui sort ce 14 juin 2024. Virtuose à la kora et à la guitare, c’est un orfèvre de mélodie et un chanteur au timbre feutré.

Après des années passées à sublimer les musiques des artistes qu'il accompagne par son jeu de guitare et la douceur de sa kora (Ba Cissoko, Mariama, Jain et Gabi Hartmann entre autres), il met son énergie créatrice dans un projet personnel qui lui ressemble.

Tantôt profonde et touchante, tantôt rythmée et dansante, sa musique métissée oscille entre ballades, instrumentaux à la kora et des morceaux aux sonorités afropop empruntant leur rythmique au coupé décalé, au zouk ou au yolé traditionnel de Guinée.

A découvrir avec le clip de Douniéma et ses invités Gabi Hartmann et Popimane.

Suivant le chemin ouvert par son père Sekou Kouyaté, griot moderne, guitariste respecté et chef d'orchestre de Miriam Makeba durant ses années d'exil en Guinée, Abdoulaye a façonné son jeu de guitare à l’écoute du jazz, du funk, du reggae, le Son Cubano ou de la Biguine antillaise tout en lui donnant des sonorités mandingues.

Il a confié la réalisation de l'album à Patrick Ruffino et s'accompagne de Yannick Vela à la basse et Nicolas Grupp à la batterie. L'album est enrichi par les précieuses contributions du joueur de flûte peule Dramane Dembele, de la chanteuse Gabi Hartmann, du bassiste Guy Nsangué, du saxophoniste Robbie Marshall, du violoncelliste Guillaume Latil, du djembé fola Dartagnan Camara et des chœurs de la chanteuse Djene Kouyaté.

« Fefanyi » affiche une diversité étonnante. Chantés en Soussou (la langue de la capitale guinéenne, Conakry) et en français, plusieurs titres s'inspirent de la jeunesse romanesque d'Abdoulaye dans le Conakry des années 1990-2000. Une époque où il se perfectionnait à la sixcordes en suivant à la trace les musiciens de son quartier, animait en compagnie de son groupe de folles soirées expatriés au Grand Hôtel Camayenne, et tombait amoureux pour la première fois (Inondi, Doumedira).

Deux clips déjà disponibles

-  « Fefanyi »

-  « Douniéma » avec Gabi Hartmann et Popimane

 

Festival au Carré 2024 : jeudi 04 juillet

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Le Festival au Carré se déroulait cette année du 28 juin au 7 juillet dans la ville qui a été Capitale européenne de la Culture, en 2015, Mons.

Il y en a pour tous les goûts. Ainsi, cette vingt-troisième édition propose du théâtre, du cirque et de la danse en plein air pour (re)découvrir le patrimoine montois, des révélations musicales intimes, fantasques ou inattendues, des moments où l’on danse follement, un temps unique dédié aux familles et puis une grande terrasse pour se retrouver durant les longues soirées d’été en fonction des conditions climatiques bien difficiles, rencontrées ces derniers temps. Bref, même les plus difficiles vont y trouver leur compte.

Une fois n’est pas coutume, au lieu de se focaliser sur la tête d’affiche, votre serviteur a choisi de suivre des artistes méconnus, incongrus ou iconoclastes. Ce 4 juillet, Françoiz Breut est à l’affiche, une Bruxelloise d’adoption.

Elle a l’honneur de se produire à la Maison Folie, une ancienne école devenue lieu culturel et citoyen qui a pour vocation principale de créer des liens. Tout simplement.

Dogbowl assure le supporting act. Un vieillard d’une soixantaine d’années aux cheveux hirsutes ressemblant à s’y méprendre à Christopher Lloyd, alias le docteur Emmett Brown, dans la célèbre trilogie ‘Retour vers le futur’. Et la comparaison ne s’arrête pas là puisque le bonhomme est aussi déjanté que le second.

Pépé est seul sur scène, juste armé d’une vieille gratte. Contrairement aux idées reçues, Stephen Tunney (NDR : c’est son vrai nom) n’est pas un inconnu.

Devenu l’une des figures majeures de la scène alternative outre-Atlantique, il se lance dans la musique à la fin des années 70, en formant des groupes de punk rock. Parallèlement, il s’investit dans l’écriture de chansons mélodiques.

Chanteur, auteur, compositeur, musicien, il se passionne également pour la peinture. Ses expositions font forte impression, paraît-il. Sans oublier ses aptitudes pour l’écriture. Il a d’ailleurs publié, en 1992, un ouvrage assez violent (‘Flan’) qui se distingue par ses éléments surréalistes.

Un set de seulement environ 20 minutes permettra largement de cerner ce personnage à la fois burlesque, grandiloquent et provocateur. Mais avant tout un amuseur public hautement sympathique. Et ça, c’est le plus important !

Grâce à un florilège de chansons à boire, qui parlent de femmes ou de sexe, des ballades aux histoires fantaisistes ou subversives, Dogbowl s’amuse beaucoup sur les planches. Pas le genre de type à se prendre au sérieux. Et ça marche ! Les badauds s’agglutinent face à l’estrade, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux. C’est bon enfant, et puis c’est une aubaine en cette veille de congé d’été.

Construisant son live sur la langue de Shakespeare, Stephen affiche fièrement sa propension pour les jeux de mots. Et apparemment, nombreux sont ceux qui maîtrisent la langue anglo-saxonne dans la salle.

Les constructions musicales du gaillard sont extrêmement simples. Elles tournent autour de quelques accords barrés. Mais il y tellement d’humanité, d’amour et de second degré chez cet artiste que l’ensemble devient rapidement cohérent.

Comme souvent dans ce genre de situation, la scène est déjà configurée pour la prestation suivante. Très vite, les musiciens rejoignent leur instrument de prédilection. Roméo Poirier se charge des fûts, Marc Melià des claviers et François Schulz est préposé aux cordes (basse et guitare).

Menue, Françoiz Breut, arrive d’un pas franc et décidé. Elle est vêtue de noir ; ce qui lui confère une apparence austère, telle une ‘bobonne’ du temps passé. Mais, très vite elle apparaît joviale et proche de son public. En toute honnêteté, Breut jouit d’une belle aura.

La donzelle n’est pas une minette dans le milieu. Comptant une petite dizaine d’albums à son compteur, elle écume les scènes depuis maintenant 27 ans, et son premier album de chansons, simplement éponyme, est paru en 1997. Pour les puristes, un disque composé et réalisé en grande partie par un certain Dominique A, dont elle sera la compagne de 1990 à 1999.

La chanson n’est qu’un pan de son histoire, puisqu’en parallèle à sa carrière de chanteuse, elle poursuit ses illustrations de disques et de livres pour enfants.

Dès les premières note de « Hors Sol », une compo downtempo, plage d’ouverture de son dernier opus, « Vif ! », Françoiz s’émancipe et s’affranchit d’un public déjà très ‘friendly’. La basse est très présente, à l’instar de « Fiver », titre phare de « Balthazar ». L’instrument le sera d’ailleurs tout au long de ce set empreint d’une émotion sidérale.

Que le mélomane lambda ne s’évertue pas à chercher quelque chose de rationnel chez ce petit bout de femme ; il n’y en a tout simplement pas ! A travers des compositions qui s’avèrent légères, un brin orgasmique, elle s’interroge quant à son rapport à la nature et au monde tout au long de « Sous Bois la Nuit » ou à l’absence sur « Ectoplasme ».

Les mouvements de son corps sont complètement instinctifs et deviennent comme une nécessité et un support audacieux aux chansons. Et si l’un n’existait pas sans l’autre ?

Elle s’imagine alors un monde gouverné par les animaux. Sans filtre, ni artifice, elle enchaîne par un poétique mais engagé « Cavales Animales ».

Si la prestation permet de découvrir les facettes du nouvel opus, certains titres plus anciens comme « La Certitude » (issu d’« Une Saison Volée » - 2005) sont interprétés, afin de contenter une fan base ravie qu’elle ne les oublie pas.

Marc Melià, qui joue le plus souvent sur ses deux synthétiseurs, apporte une dimension toute particulière au magnifique « Mes péchés s’accumulent », une ballade douce-amère, aux accents nostalgiques.

Accomplissant un show mi-organique mi-électronique, Breut emprunte des chemins intimistes en offrant un spectacle grandiose sur fond de ritournelles espiègles, mais d’une sincérité à toute épreuve.

Cette femme est une artiste hors de tout… hors du temps. De sa voix douce, en se servant de chansons parfois caricaturales, mais hautement surréalistes, elle embrasse un univers de proses et de métaphores. Elle est une ode à l’évasion sans lendemain où l’imagination s’étiole au firmament des étoiles, la nuit tombée…

(Organisation : Festival Au Carré)

 

 

Deadletter

Mother (single)

Écrit par

Issu du Yorkshire, DEADLETTER s’est établi dans le sud de Londres.

A ce jour la formation n’avait gravé que quelques singles et deux Eps, « Heat ! » et la compilation « Onwards (A Collection) », en 2022.

Son premier LP, « Hysterical Strengh », paraîtra ce 13 septembre 2024.

Lié par la reconnaissance d'une énergie et d'un rythme frénétiques, mais en laissant tout objectif idéologique plus largement ouvert, DEADLETTER a tourné sans relâche tout au long de l'année 2022, se forgeant au passage une réputation de groupe parmi les plus excitants du Royaume-Uni.

En attendant, il vient de graver un nouveau single. Intitulé « Mother », il s'inspire directement du titre du film tourné par le réalisateur et scénariste sud-coréen, Bong Joon Ho, sorti en 2009.

Décrite comme art punk, sa musique mêle des riffs de guitare complexes à des mélodies de saxophone en cascade, alors que ces segments montent et descendent de façon spectaculaire, laissant une impression pérenne…

Le clip consacré à « Mother » est disponible

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

So Totally

Double your relaxation

Écrit par

Avant d’opter pour le patronyme So Totally, cette formation philadelphienne répondait au nom de So Totally In Love.

Point culminant de l'ambition, de la volonté et de la résilience, « Double Your Relaxation » constitue son troisième opus, une œuvre dont la solution sonore, qui ne lésine pas sur les sonorités fuzz tout en se distinguant par ses mélodies chatoyantes, est le fruit d’un cocktail entre dream pop, rock et shoegaze. Et au cours de cette expérience immersive, la voix distordue de Roya Weidman se fond dans la production climatique, captivant l’esprit, le corps et l’âme de l’auditeur.

Cependant, certaines plages sont très susceptibles de rappeler les 90’s, et en particulier My Bloody Valentine et Smashing Pumpkins, à cause des murs de bruit stridents construits par les guitares …

Extrait de « Double your relaxation », « Welcome back » est en écoute ici 

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Dayaway

True Cyan (single)

Écrit par

Dayaway, c’est le projet d’Amber Renee, dont le premier long playing –coproduit par son collaborateur de longue date, Graham Marsh– est éponyme. Pour concocter cet opus, elle a passé de nombreux après-midi sur Rockaway Beach, à composer et écrire, tout en observant l’océan, et ses vagues bleues qui s'écrasent sur un rivage doré.

Sous des paysages balnéaires se cachent des chansons d'amour élaborées avec art qui capturent les turbulences de cette expérience humaine : le désir pur, la nostalgie, le regret, la solitude, la perte, le chagrin et la félicité.

Naviguant quelque part entre new wave de plage et dream pop brumeuse, sa musique nous entraîne, quelque part en dehors de l'espace et du temps, au sein d’un univers visionnaire qui abrite des objets perdus, des souvenirs oubliés et des vies antérieures…

« True cyan » est à voir et écouter ici 

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Heavydive

Foreign patterns

Écrit par

Heavydive est un groupe canadien dont le second opus, « Foreign Patterns », s’inscrit parfaitement dans le renouveau du mouvement post punk. Bien électrique, rafraîchissant, optimiste et énergique, cet LP solide, fluide et parfaitement cohérent, a trouvé un équilibre presque parfait dans ses intensités et ses émotions, de guitares rauques et d’autres plus délicates et pointues.

Émergeant au paysage musical vibrant de Calgary, en Alberta, le band comble magistralement le fossé entre les échos nostalgiques et les sonorités futuristes. Son expression sonore est une tapisserie vivante qui couvre tout le spectre neo-wave, créant une expérience auditive unique qui adresse à la fois un clin d’œil au passé tout en ébauchant un aperçu de l’avenir.

Plongeant ses racines dans les pittoresques contreforts des Rocheuses et un son qui s’étend comme une ombre sombre à travers les prairies, Heavydive révèle des influences gothiques britanniques des eighties tout en invitant les auditeurs à prospecter un univers fascinant de rêves lucides.

Pour enregistrer ce long playing, ce trio a bénéficié du concours de la productrice Lorrie Matheson, mais également de toute une série d’ingénieurs du son.

 « Foreign Patterns, est en écoute sur Bandcamp, réseau social que vous retrouverez facilement en cliquant sur le nom du groupe, dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

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