Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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LaSemo 2015 : vendredi 10 juillet

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Le Lasemo est un festival très particulier. Il fait même un peu figure d’OVNI dans la jungle musicale ! Situé à mi-chemin, dans son approche intellectuelle et philosophique, entre le celui de Dour et le Parc Rock de Baudour, il privilégie la découverte culturelle tout en mettant l’accent sur l’écologie. Sans oublier le brin de volonté philanthropique. La diversité des activités est si large qu’on ne sait plus où donner de la tête. Aussi, ce qui peut paraître un atout, se révèle, in fine, assez frustrant !
Un zéro pointé par contre en ce qui concerne la logistique ! Le fléchage est quasi inexistant aux abords du site et les bénévoles, pourtant présents en masse (pour la plupart des étudiants écervelés !), ne disposent, la majeure partie du temps, d’aucune information afin de guider le festivalier lambda. Gageons à ce que les éditions à venir fassent fi de ces aléas qui font tâche !
Les premiers riffs de guitares ont vibré sur la plaine il y a 8 années déjà. Comptant à ses débuts deux journées, le festival offre aujourd’hui vingt-quatre heures supplémentaires de pure joie et bonheur !
Mais, il y a seulement trois ans que le cadre exceptionnel et bucolique du parc d’Enghien à ouvert ses grilles à une foule d’artistes venus d’on ne sait où : des chanteurs, certes, mais aussi des jongleurs, des conteurs, des artisans de bouche et j’en passe...

Le premier concert programmé sur la grande scène (‘La Tour’) est celui d’Ayo. Il débute à 18h00.

L'artiste se laisse désirer 5 minutes. C'est sa seule date en Belgique.

Les textes sont traduits en langage des signes par Cindy Barate. Pas facile pour elle de réaliser cette transposition, et une prestation à souligner aussi bien que celle d'Ayo.

Joy Olasunmibo Ogunmakin aka Ayo est le née en 1980, de père nigérian et de mère tzigane roumaine. 

Elle n'a pas de nouvel album à nous présenter mais une ou deux nouvelles chansons. Elle compte quatre albums à son actif : « Joyfull » en 2006, « Gravity At Last » en  2008, « Billie-Eve » en 2011 et le dernier « Ticket To The World » en 2013.

Jolie, elle possède de jolies jambes et des cheveux bouclés ; mais elle a autre chose que ces deux attributs pour nous séduire : sa voix et sa musique. Elle adore converser dans la langue de Molière avec le public.

Comme son compagnon Patrice, ce sont des artistes avec un grand 'A' et surtout un grand cœur. D'une simplicité déconcertante et d'une gentillesse sans pareil, elle ne peut que séduire.

Ayo signifie 'joie' en dialecte nigérian Yuruba. C'est ce qu'elle va apporter sous le soleil brûlant du LaSemo. Ayo le concède : il fait chaud. Elle a choisi d’enfiler un tee-shirt en polyester. Pas un bon choix, elle aurait dû opter pour le coton.

Pendant qu'elle discute, ses 3 musiciens (un bassiste, un drummer ainsi qu’un préposé aux synthés et au piano hammond) continuent à jouer.

Elle signale dans un français parfait que nous avons la chance d'habiter l'Europe ou les States. Et ajoute être la fille d’une gitane issue de l'Afrique de l’Est et avoir grandi en Allemagne. Donc ne disposer ni de maison, ni de passeport. La situation des Roms en France l'interpelle.

Plutôt douée sur sa gratte semi-acoustique, elle nous réserve l’un ou l’autre classique. Dont « Down On My Knees », qu’elle interprète tour à tour dans la langue de Molière ou de Shakespeare. De sa set list, on épinglera encore « Complain », extrait du même elpee, le titre maître de « Ticket To The World » ainsi que le plus hip hop « Fire ». Adopter ce style lui permet d’observer le monde. C'est le langage de la rue qui exprime toutes ses émotions.

Une cover de Marley : le notoire « No Woman, No Cry ». Un autre reggae : « Boom Boom ». Une nouvelle compo qui balance pas mal, mais surtout dont les lyrics dénoncent le racisme aux States, et tout particulièrement les meurtres commis par des policiers xénophobes. Et son message est clair : 'Stop Violence, Peace, Love and Unity !'

La chaleur commence à plomber de plus en plus l'atmosphère.  

Les organisateurs ont prévu, dans les sanitaires, des robinets d'eau potable, mais pas de brumisateurs comme à Couleur Café. Heureusement, le site est peuplé d’arbres, permettant de se mettre quelque peu à l'ombre.

Direction le podium du ‘Château’ pour assister au set de Didier Odieu et Le Feu.

De son véritable nom Didier Kengen, il faut avouer qu’il n’est guère prolifique. Il a travaillé d'arrache-pied pendant trois ans pour publier son nouvel opus, « Désordres », un disque qui est sorti en novembre 2014, soit 10 longues années avant le précédent ! Ce touche-à-tout a même réalisé des spectacles pour enfants, du théâtre et du cinéma.

Tiré à quatre épingles, il se consacre au chant ainsi qu’aux claviers et est soutenu par Giacomo Panarisi (NDR : le chanteur charismatique de la formation de rock'n'roll Romano Nervoso) aux drums, d'un guitariste et d'un bassiste.

A la fois déjantée et paradoxalement maîtrisée, sa prestation accordée en février dernier dans le cadre du ProPulse, avait vraiment bluffé l’auditoire. Il a bien la tête sur les épaules et c’est à travers la dérision qu’il parvient à faire passer son message. Son humour au second degré est susceptible de froisser les âmes sensibles. Il cultive les attitudes glam/punk/rock, mais c’est un rocker au cœur tendre. Musicalement, il puise probablement son inspiration aussi bien chez Gainsbarre, Jacques Brel, David Bowie, les Sex Pistols que Mick Jagger. Et il faut le voir triturer les touches de son clavier. On dirait un schizophrène et pourtant, il maîtrise parfaitement son sujet…

Place ensuite à Dalton Telegramme. Dalton Telegramme nous vient de la Wallifornie sauvage et profonde et plus précisément de la Cité Ardente. Le combo a publié deux Eps à ce jour : « La Cavale » et « La Planque ». Un troisième devrait sortir bientôt et leur premier long playing, « Sous la Fourrure  », paraître fin 2015, début 2016. On l'attend d'ailleurs impatiemment.

La plaine grouille de monde devant l’estrade du ‘Château’ pour savourer la musique country festive et allègre de la joyeuse quadrille liégeoise…

 

 

Cousins et bandits de grands chemins, Joe, William, Jack et Averell se sont cotisés chez Lucifer, pour nous envoyer un télégramme sur terre. Ils on demandé à Pipette (un batteur talentueux), Master QQ (un chanteur chevronné qui ressemble au Capitaine Haddock), Marjorie (dans la pleine force de l'âge, elle trimballe une énorme contrebasse) et Capitaine GlouGlou (le responsable de la gratte), de pouvoir les réincarner. Il faut bien commencer par une intro ; et c’est d'ailleurs ce que les artistes on fait… En fait, le band construit ses chansons comme des bandes dessinées, les enrichissant de textes truffés de calembours. De quoi mettre de bonne humeur. Cette approche me fait même parfois penser aux romans policiers de San Antonio…

Le quatuor embraie par « Sally », une jolie et paisible chansonnette balisée par le banjo et les cordes. Une compo qui baigne dans un climat americana et bluegrass. Les premiers rangs commencent à remuer les fesses. « Evidemment » nous invite à voyager. Pas très loin ! Depuis Liège à Bruxelles, en passant par Paris. Pipette est passé à la râpe pour « Réveil Matin » (« La Cavale »), un titre balayé par le ukulélé et la flûte. Plus tendre, émouvant même, « Ce que Nous Etions » (« La Planque ») raconte l'histoire des quatre individus furieux. Un titre sculpté dans le folk/rock. La formation va également nous réserver quelques pistes issues de son futur elpee, dont « Sous La Fourrure », « Tant Pis » et « Surfeur Mort ».

Le spectacle a fait l’unanimité chez les nombreuses têtes blondes qui ont assisté au spectacle. Faut dire que dans le cadre d’une collaboration avec ‘Les Jeunesses Musicales de Belgique’, les musicos ont accordé des représentations dans les écoles. 

 

(Set list : « Intro  », « Sally », « Tant Pis», « Surfeur Mort », « Surfeur Mort », « Notre Route », « J'ai Laissé devant Ta Porte », « Réveil Matin », « Evidemment », « Ce que Nous Etions », « Sous La Fourrure », « La Cavale », « Baby Face », « Les Agrafes  », « Teqsuila »). (D.D.)

Stéphane prend le relais...

Pour clôturer cette première journée, une grosse pointure de la chanson française se produit sur la main stage : Cali.

Il monte sur les planches vers 20 heures 30 et nous expose sa propre vision de la vie et de l’amour à travers un incisif « La vie quoi ! » Le ton est donné !

Il se murmurait parmi les badauds que les shows de cet artiste étaient débordants d’énergie et de sincérité. Ce soir ne fera pas exception à cette règle, qui semble t-il, est immuable et universelle !

Dopé à, on ne sait, quelle substance psychotrope, le chanteur/amuseur n’a cessé de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis !

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, issues essentiellement de son dernier et magnifique opus « L’Age d’Or », il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui.

On épinglera aussi le clin d’œil à sa fille Coco, dont on sentait planer, ici et là, la présence…

Enfilant pléthore de tubes, le Toulousain, s’est, à deux reprises, jeté dans une foule hystérique. Porté à tour de rôle par les spectateurs à bras tendus, il a ainsi parcouru plusieurs dizaines de mètres avant de rejoindre l’espace surélevé destiné aux personnes à mobilité réduite, tout en continuant à chanter. Le tout sans perdre le moindre souffle. Chapeau bas !

Aucun doute possible, l’artiste est un homme de scène !

Mais pas que ! C’est aussi un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé! Sans oublier, un homme d’exception !

Le temps de prendre une boisson bio tout en dégustant une poignée d’insectes cuits (n’oublions pas le caractère durable de cette manifestation), nous retournons à nos occupations afin d’y découvrir une formation étrange baptisée Deluxe.

Etrange, elle a acquis une fameuse expérience scénique en écumant les festivals les plus élogieux comme les Francofolies, le Printemps de Bourges, Dour, Garorock, les Solidays, le Montreux Jazz…

Complètement déjantées, les sonorités décapantes de Kaya, Kilo, Pépé, Pietre, Soubri et Liliboy s’inspirent librement d’influences hip hop, du jazz et du funk. Leur maître mot : le groove. Aucun doute là-dessus, pour groover, ça groove !

La moustache sera de rigueur ce soir ! Un signe distinctif soulignant une masculinité affirmée nonobstant toute forme de brutalité effrénée !

Exception faite de la chanteuse sexy. Quoique, à voir la façon dont elle mène ses musiciens à la baguette, elle semble, elle aussi, porter la culotte !

Mais, cette envie de se démarquer va bien au-delà du faciès ! Tout est pensé chez eux ! Les costumes tout droit sorti d’un film de Tim Burton et les chorégraphies à rendre jaloux un Kamel Ouali de la Star Academy font sourire et ramènent aux souvenirs primaires période ‘Village People’ ! De véritables performeurs, on vous dit !

Alternant compos interprétées à l’aide de vrais instruments et bidouillages électroniques tout droit sortis d’une période post Kraftwerk, le band libère une énergie phénoménale voire jubilatoire. Contagieuse même ! Ca jumpe, ça virevolte de gauche à droite, de droite à gauche, à en donner le tournis. Un vent de folie souffle dans l’arène. Les groupies se mettent soudainement à courir, s’accroupissent, se relèvent d’un coup en criant à tue-tête…

Il est près de minuit trente lorsque les derniers décibels résonnent sous un ciel particulièrement étoilé… Un silence morbide envahit tout à coup les âmes vagabondes…

Il est temps de faire le deuil de ce cette première journée exceptionnelle et empreinte d’émotions. Gageons que les deux autres soient remplies de la même ferveur !

(Organisation : LaSemo)

 

Cactus 2015 : vendredi 10 juillet

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Il s’agit déjà de la 34ème édition du festival Cactus. Il se déroule bien sûr à Bruges, dans le cadre bucolique du Minnewaterpark. En attirant plus de 30 000 personnes au cours de ce week-end, les organisateurs étaient manifestement satisfaits. Le temps a été clément, très chaud même les deux premiers jours, et les rares gouttes de pluie ont finalement été rafraîchissantes. Particulièrement éclectique, l’affiche est suffisamment équilibrée pour y trouver son petit bonheur. Et puis, pas de stress, car il y a qu’un seul podium, permettant de prendre une pause entre chaque concert. Bonne initiative, lorsque vous stationnez votre véhicule à la gare de Bruges, vous pouvez y échanger votre ticket de parking, contre un définitif, au prix de 3€50. Ce qui vous permet de ne plus faire la file pendant de longues minutes devant les bornes de paiement.

En arrivant sur le site, on apprend que Jake Isaac a déclaré forfait. Suivant nos informations, il aurait pris un retard considérable sur la route, suite à de gigantesques embouteillages.

Il revient donc à Perfume Genius, aka Mike Hadreas, d’ouvrir les hostilités. Pas trop dans les cordes de votre serviteur, mais l’artiste a manifestement une belle voix. Délicate et même cristalline, qu’il souligne à l’aide de son piano/synthé– quand ce n’est pas celui de son petit ami, Alain Wijfels– dans un univers sonore hybride, peuplé de boucles, de beats et d’infrabasses, mais également alimenté par un drummer et un guitariste. Il nous propose même des versions plus expérimentales de ses compos, et tout particulièrement de son premier album, « Tremors »…

C’est lors de l’édition 2005 de ce festival, que votre serviteur avait assisté au set de Gabriel Rios, pour la première fois. Et je dois avouer que le show ne m’avait guère convaincu. Trop stéréotypé, il n’avait emballé que les mélomanes issus du Nord du pays. Depuis, le Portoricain a fait du chemin. Et puis récemment, il a eu la bonne idée de publier un single par mois, pendant un an, plages qu’il a finalement réunies sur un nouvel elpee, baptisé « The marauder’s midnight ». Il monte sur l’estrade et entame une version acoustique du « Voodoo chile » de Jimi Hendrix, tout en s’aidant d’une percu à pied. Elle est particulièrement blues et originale. Original est également le line up de son band. Qui implique, dès le deuxième titre, une violoncelliste d’origine asiatique et un contrebassiste, également préposé aux backing vocaux. Elle est assise, il reste debout. Et les deux musicos sont vraiment talentueux. La première apportant parfois une coloration asiate aux compos. Le second –grand et barbu– s’illustrant par un solo tout en dextérité, en fin de parcours. Et puis en sifflotant sur un des morceaux. Mais la singularité viendra de la participation régulière de trois cuivres, qui alternent cor de chasse, trompette avec ou sans coulisses. Et le résultat est tout à fait épatant. Il y a du swing, de la country, du blues, du r&b, de la pop, des breaks, des bruitages et le public frappe même dans les mains. En rappel, Rios revient en compagnie de son contrebassiste, pour une chanson dont la conjugaison des harmonies vocales est limpide. Avant que toute la troupe se retrouve pour interpréter la finale dans la langue de Cervantès, un peu dans l’esprit de Calexico, et sous les acclamations de la foule…

Grace Jones était manifestement une des têtes d’affiche du festival. La Jamaïquaine a fêté ses 67 printemps en mai dernier, et elle pète toujours autant la forme. Un rideau est tiré sur toute la scène, et lorsqu’il tombe, la diva apparaît perchée sur un échafaudage (NDR : dont elle va d’ailleurs chuter pendant « My Jamaican Guy »). Masquée (NDR : parfois par une effigie à la tête de mort), coiffée d’un couvre-chef à plumes (NDR : elle va en changer entre chaque morceau, tout comme de parure (NDR : encore que parfois elle est topless –peut-être même parfois nue, un peu dans l’esprit de Josephine Baker– le corps peint de motifs vaudous). Son backing group est plus discret. Il y a un guitariste, un bassiste, un drummer placé presque sous la ligne de flottaison, deux choristes en longues chasubles (l’une bleue, l’autre rouge) et également coiffées de chapeaux à plumes, un percussionniste qui se cache derrière elles, et apparemment deux autres claviéristes (piano/synthés/bidouillages) installés à chaque extrémité de l’estrade. Elle parle énormément entre les titres. Sa voix est légèrement enrouée, mais elle a toujours un corps de rêve, se contorsionnant, parfois même autour ou en grimpant sur une barre métallique verticale (NDR : pendant « Shenanigans », un athlète –également peinturluré– va même venir y faire un véritable numéro de cirque). Lorsqu’elle attaque « La Vie en rose » de Piaf, elle semble en avoir oublié les paroles et répète à l’envi le titre de la chanson, le piano se chargeant d’assumer le reste. Elle nous réserve deux covers de Roxy Music. D’abord « Love is a drug », titre au cours duquel un seul faisceau lumineux se focalise sur elle, et tout particulièrement sur un chapeau haut-de-forme qui reflète alors une myriade de scintillements. A cet instant, on se croirait assister à un spectacle du ‘Crazy Horse’. Elle n’en oublie pas pour autant ses hits, « Pull Up To The Bumper » ou encore « Strange, I’ve seen that face before ». La foule danse sur cette musique qui oscille du funk au reggae en passant par le disco, le r&b, la new wave, le dub et la world. Et elle termine le show en faisant tourner sensuellement un cerceau autour de sa taille (de guêpe), pendant qu’elle chante sa seconde cover de la bande à Bryan Ferry, « Slave to the rhyhtm ». Moment choisi au cours duquel on assiste à une projection de confettis. Un spectacle pour les yeux et la ‘dance’ !

Il revenait à la formation Goose de clore la première journée. Un quatuor qui compte déjà quinze années de carrière et qui pratique que forme d’électro rock dans la lignée des Chemical Brothers, mais votre serviteur préfère prendre un peu de repos, demain est un autre jour…

(Organisation : Cactus festival)

Ardentes 2015 : jeudi 9 juillet

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C’est par un cri de révolte que j’entame ce compte-rendu.
Un avis contestataire répercutant un sentiment d’injustice qui, sans en avoir été la victime, me pousse à agir, à ouvrir ma gueule, généralement poliment cousue par les points de suture d’un consensus mou.
Si sagesse et bon sens appellent parfois à modérer ses ardeurs et trouver l’une ou l’autre bonne raison à l’extorsion de fonds que sont devenus la plupart des festivals de nos jours (et ce n’est pas une généralité, nous y reviendrons peut-être une autre fois), il est des comportements inadmissibles de la part d’une organisation qu’on ne peut garder sous silence.
Ainsi, feignons l’indifférence face à l’explosion des prix et l’invraisemblable arnaque que constituent les bars sur les sites festivaliers.
Omettons de bonne grâce que le budget de quelques jours de festivités surpasse largement toute économie de bon sens, et puisque nous avons tous décidé de jouer le jeu de la consommation (tout ceux présents en tout cas), admettons en chœur qu’il existe des justifications réelles nécessitant l’inflation permanente des prix.
Néanmoins, quand le grotesque d’une situation prend de l’ampleur, il est temps de tirer la sonnette d’alarme.
De quoi s’agit il ?
Nous savons tous qu’il est strictement prohibé d’amener sur le site d’un festival ses propres consommations.
Logique, certes (on ne va pas au restaurant avec ses tartines), car il faut faire vivre le commerce ; et la viabilité d’événements majeurs passe obligatoirement par certains sacrifices.
Mais voilà. Monsieur X n’aime pas la bière.
Donc monsieur X, qui a quand même un peu envie d’être ‘in the mood’, apporte sa petite bouteille de Péquet (alcool du terroir).
Monsieur X ne nuit à personne, et surtout pas au commerce, puisqu’il achète régulièrement un cola qui se diluera dans le blanc de sa bouteille au format minibar d’hôtel.
Certes, le comportement de monsieur X est quelque peu rebelle (rebelle parmi beaucoup d’autres monsieur X), et quand il se fait pincer par le staff sécuritaire, il consent volontiers avoir été pris en flagrant délit et se sent prêt à faire acte de contrition, abandonnant sa chère bouteille.
Or, après quelques heures passées au premier jour d’un festival qui lui aura quand même coûté bonbon, monsieur X se voit expulser manu militari.
Expulsé pour du bon.
Bracelet coupé.
Voilà, fini pour monsieur X les Ardentes 2015.
Elles s’achèvent ici, dans l’incompréhension totale.


Alors, oui, nous allons y venir à la musique.
Au compte-rendu d’une dixième affiche toujours aussi hétéroclite, mêlant succès de masse et goûts pointus.
Oui, je vais encore souligner l’incroyable énergie déployée par l’équipe des Ardentes pour que cette fête soit au final encore une fois une réussite.
Effectivement, cette année encore aura été le témoin de moments forts, de moments drôles, de moments tendres, de moments uniques.
Mais c’est avec un goût amer au fond de la bouche que je vous en rédige le premier rapport.
l’amertume de la disproportion.

Si l’éclectisme est souvent cultivé ici, peut-être plus qu’ailleurs, cette première journée semble quasi à sens unique, brodée au revers de la visière d’une casquette.

Caravane Hip-Hop de passage, posant ses bagages sur les bords de Meuse.

Véhiculant sa cohorte de clichés mais aussi son panel de genres, des riches ultra basses aux enluminures californiennes, des chaînes en or qui brillent aux subtiles incursions jazzy.

Tout un registre qu’il est difficile d’appréhender quand on est resté un néophyte en la matière.

Du coup, plus facile d’emprunter les oreilles et les yeux des autres.

Histoire de se faire une idée.

Qu’en ressort-il ?

La sensation cérébrale du jour sera assurément attribuée à Stuff.

Le combo gantois mise sur un métissage de styles qui lui ouvre non seulement les portes de toutes sortes d’endroits (on les retrouvera aussi bien au Gent Jazz Festival, aux Lokerse Feesten qu’au Pukkelpop, en passant par une grande partie de l’Europe) mais aussi du succès et de la reconnaissance (du public comme de ses pairs).

La recette ?

Un condensé de genres qui à lui seul en crée un neuf à part entière.

Hybride et intriguant, mené par une certaine virtuosité et l’originalité d’un instrument hors norme (le EWI), Stuff brasse avec savoir et maestria un univers foisonnant où les frontières entre Electro, Hip Hop et Jazz s’effondrent avant de marcher avantageusement dans le sillage de Red Snapper (par exemple).

Sinon, épinglons la fraîcheur juvénile du duo Rae Sremmurd, plébiscité par un public à la curiosité attisée par un single gravé en compagnie de Nicki Minaj (entre-temps, les vues Youtubesques auront encore exponentiellement explosé), et aussi la candeur de Flatbush Zombies, au demeurant sympathique et débonnaire.

Enfants du pays, Starflam va faire bonne figure sur une grande plaine baignée de soleil et justifier son étiquette de parrain de la scène Rap noir-jaune-rouge.

Un set sans doute pas mémorable, mais qui justifie son cachet.

Amusant quand on pense aux discours anti-capitalistes du collectif, qu’on ne blâmera du reste pas d’être entré dans la danse.

Sinon, en dehors de ces résonances ‘hip-hopyzantes’, le choix se résume à deux têtes d’affiches se succédant dans le HF6 (le hangar dédié à la seconde scène).

La première va déboucher sur la première grosse déception de cette édition :

Souffrant d’une qualité de son épouvantable (et de problèmes techniques de surcroît), The DØ s’enlise dans une performance mièvre et guère convaincante.

Dommage, car dès l’entame, soit « On My Shoulders », leur hymne porte-étendard d’une Pop à la fois mélancolique et enlevée, semblait augurer une suite de bonne facture.

Las ! Le duo parisien, bouffi par l’envie d’en faire trop, délivre un set d’un étonnant passéisme et articulé autour d’un jeu de lumières, certes fort joli, mais qui ne parvient pas à masquer l’insipidité du contenu.

Une impression renforcée au sortir de l’estrade par une Olivia Merilahti vraisemblablement pressée d’en finir au plus vite.

Béatrice Martin, quant à elle, fidèle à son image, avait fort à cœur (de pirate) de communier avec son public.

Si son répertoire, partagé ce soir entre ses principaux succès ainsi que plages issues de son nouvel album (et même de nouvelles compositions), ne recèle pas en soi de quoi soulever mon enthousiasme, la prestation de la Canadienne procure quand même son lot de plaisir aux fans venus s’agglutiner contre les barrières du HF6.

Un moment sans réelle envergure mais d’où émane un sentiment de complicité entre Cœur de Pirate et son public.

Sentiment renforcé par une séance de selfies au sortir des planches.

Restait à se faire une opinion sur la réputation de Kendrick Lamar.

Pas usurpée, au vu de la prestation de ce soir.

Entourée de véritables musiciens et soutenue par des projections visuelles à mille lieues des clichés du genre, la nouvelle icône du Hip Hop international va mettre tout le monde d’accord, y compris les béotiens du genre comme votre serviteur.

Puissant, efficace, sans temps mort et affichant une maîtrise épatante, le résident de Compton, en Californie, va gagner mon respect, ainsi que celui des mélomanes les plus réticents.

S’il n’écrit peut-être pas une page de la musique contemporaine comme on l’a raconté (faudrait quand même pas exagérer), le rappeur Américain est sans doute le meilleur ambassadeur de ce courant musical, un digne héritier d’une certaine Old School et un précurseur d’un nouveau style.

Ainsi se termine la première journée d’une dixième édition, qui comme les premières des neuf précédentes, aura démarré en mode mineur.

Organisation : Les Ardentes.

(Voir aussi notre section photos ici) 

 

Couleur Café 2015 : dimanche 5 juillet

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C’est déjà le troisième et dernier jour de Couleur Café. Il fait moins chaud. Un petit crachin va même rafraîchir le site en milieu de soirée. Ce dimanche, le festival accueillera 23 600 âmes. Soit un total de 68 300 pour les trois jours. En 2013, on en avait dénombré 82 000. Net recul ! Une vingtaine d'artistes vont se partager 4 podiums. Dont une majorité se consacrent aux musiques urbaines.

Arrivé vers 18h10 sur le site Tour & Taxis, je me dirige vers l’'Univers' où se produit Martin Mussart, aka Naâman. Né à Dieppe, en 1990, ce Normand pratique un reggae blanc teinté de roots rocker, de raggamuffin et de hip hop. Il a accordé plus de 130 concerts en France, Suisse, Espagne, Royaume-Uni, Canada, Chine et Jamaïque. Ses vidéos font le buzz sur la toile et tout particulièrement « Skanking Shoes » ainsi que « Never Get Back ». Elles y comptabilisent plus de 10 millions de vues sur YouTube. A ce jour, il a publié 3 long playings et un Ep. Paru en 2013, « Deep Rockers, Back A Yard » a été est consacré meilleur album de ‘French Touch’, et s’est écoulé à 10 000 exemplaires. Il a été enregistré en Jamaïque sous la houlette de Sly Dunbar, Axeman et Dalton Browne. Après avoir gravé « From The Deep To The Rock » en 2014, son quatrième, « Know Yourself », devrait paraître en automne. Soutenu par un bassiste, un drummer et un Dj, Naâman se multiplie sur les planches. Il court à gauche, à droite, devant et derrière. Il provoque les premiers rangs qui réagissent au quart de tour. Mais il est l’heure de rejoindre le Titan…

Car Milky Chance, un duo allemand réunissant le chanteur/guitariste Clemens Rehbein et le Dj Philipp Dausch y sont programmés. Leur cocktail de pop, d’indie folk, de reggae et d’électro a engendré un hit, « Stolen Dance ». Leur premier elpee, « Sadnecessary » est paru en mai 2014. Malheureusement, le son est médiocre. Les infra-basses sont bien trop envahissantes. Je préfère donc m’éclipser…

Sergent Garcia et Oddisee ne m'inspirent pas davantage. J'attends donc la prestation de Groundation prévue sur le 'Titan'. Responsable d’un reggae infusé de dub et de jazz, Groundation est né en 1988. Son fondateur est le chanteur/guitariste Harrisson Stafford. Chaussé de lunettes, il porte une barbe imposante. Sa voix réverbère des accents jamaïcains. Et pourtant, il est bien américain. Californien, très exactement. Sur l’estrade, il est soutenu par Marcus Urani (synthés, piano, mélodica), Ryan Numan (basse) Te Kanawa Haereiti, aka Rufus (drums), Mingo Lewis Junior (percussions) et un duo de cuivres. Soit le trompettiste David Chachere et le tromboniste Nicholas Daniel Wlodarczyk. Sans oublier Kim Pommell et Stephanie Wallace aux chœurs. Et elles ont du coffre ! La troupe s’était produite en 2009, sur la même scène. Y accordant un chouette set. Puis, il y a quelque mois à l’AB. Le concert m’avait beaucoup moins plu, la formation s’évertuant à tirer ses morceaux en longueur. Et celui de ce soir souffre de la même maladie. Au fil du show, inévitablement, l’ennui commence à me gagner. Bonne excuse, pour me défiler, un interview de Jupiter And Okwess International est prévue. Ce qui cependant me privera du concert de Joe Bada$$.

Retour pour Cypress Hill qui investit le 'Titan'. Ces quatre monstres du rap américain sont attendus de pied ferme. Après 30 années de carrière, il faut avouer qu’ils on un fameux pedigree. « Insane The Brain », « How I Could Just Kill A Man » et « Lowrider » constituent certainement trois de leurs plus gros tubes. Ils seront interprétés ce soir. B-Real, Sen Dog, Eric Bobo et DJ Muggs forment un quatuor d'enfer. Les trois MC's viennent chacun leur tour, taquiner les premiers rangs. La sauce prend et le public réagit. 60 minutes de set. Qui a certainement dû plaire aux aficionados. Mais perso, j’estime qu’il était un peu lourd. Le hip hop et le rap me bottent, quand ils sont administrés à doses homéopathiques. Mais lorsqu’on sort l’artillerie lourde, comme lors de cette édition 2015, Didier se met à l’abri…

Le 'Move' accueille Jupiter And The Okwess International. C’est le projet de Jupiter Bokondji, un bonhomme, ma foi, bien sympathique. C'est le fils d'un diplomate de la République Démocratique du Congo qui a vécu une dizaine d'années en Allemagne de l'Est, soit de 1970 à 1980. Période au cours de laquelle il a assimilé le rock issu du Vieux Continent. Mais un jour, il décide de retrouver ses véritables racines africaines. De repartir à zéro. Et vit dans la rue, à Kinshasa. Il forge son expérience en se produisant lors des obsèques et acquiert une solide réputation de musicien. Il monte un premier groupe, Bongo Folk, en 1983. Il se démarque de la rumba congolaise et s’intéresse davantage aux rythmes des différentes ethnies du Congo (NDR : il en existe plus de 450 !) En 1990, il fonde Okwess International. Révélée en 2006, par le documentaire « La danse de Jupiter », réalisé par Renaud Barret et Florent de La Tullaye, puis par Damon Albarn et son projet Africa Express, la bande du ‘Général Rebelle’ (NDR : comme le baptise les jeunes de Kin), grave son premier opus, « Hotel Univers », en 2012. Un vrai petit laboratoire tout au long duquel il parvient à agréger savamment soul des années 70 et funk sur des les rythmes endiablés de la RDC.

Jupiter est invité la même année, à participer aux sessions d’enregistrement de « Kinshasa One Two » du DRC Music, par Albarn, un collectif qui réunit une belle brochette de musiciens et de producteurs. Jupiter a assuré le supporting act de Blur à Paris et à Londres. Il revient tout droit du festival Roskilde au Danemark, là où le chanteur de Blur s'est fait éjecter par la sécurité, après 5 heures de concert. Jupiter prépare un second opus, pour lequel il bénéficiera de nouveau du concours de Damon. Lors de l’interview accordée à Musiczine, Jupiter a avoué qu’en Europe, il était accompagné de 5 musiciens sur les planches, et qu’au Congo, il y en a au moins 20 ! Pas facile de gérer tout ce monde en tournée.

Les artistes montent sur l’estrade. Jupiter est vêtu d'un long manteau bleu flashy et coiffé d’un chapeau mou de couleur noire, un peu semblable à celui de Charlie Winston. Il s’installe devant les deux préposés aux congas. Il se réserve également le chant. Le drummer assure les backing vocaux. Deux gratteurs campent à gauche et à droite de l’estrade. C’est également du côté de ce dernier, mais en retrait que le bassiste se plante. A l'arrière, le batteur/percussionniste est masqué. Enfin, Couleur Café fait honneur à ses racines et propose de la véritable musique world. Un coup d’œil dans le dos pour constater que la foule a envahi la plaine. Les musicos sont avant tout d’excellents danseurs qui prennent leur pied sur les planches. Leur bonne humeur est communicative. Conquis, le public remue du popotin. Même que près du podium, ça jumpe grave…

A l’instar de leurs compatriotes Congotronics, Konono N°1, Kasai Allstars ou Staff Benda Bilili, Jupiter and The Okwess International parvient à fusionner des tas de styles tout en conservant l’esprit local. Le rock et les rythmes africains y font d’ailleurs bon ménage. Et le résultat ne peut laisser indifférent. Il est même parfois empreint de magie (NDLR : noire ?) Les compos sont chantées en dialecte congolais, et ma foi, cet idiome est agréable à l’oreille. Dans la set list, figure une compo coécrite par Jupiter, Nelly Eliya et Damon Albarn : « Hello ». Que du bonheur !

(Organisation : Couleur Café)

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Couleur Café 2015 : samedi 4 juillet

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Le deuxième jour de Couleur Café va se dérouler sous un soleil de plomb. Heureusement, les organisateurs ont prévu des zones de rafraîchissement, dont des brumisateurs, et installé des robinets pour la distribution gratuite d’eau. Aujourd’hui, 21 200 spectateurs vont se rendre sur le site de Tour & Taxis. Plus de 20 groupes sont à l’affiche. Compte-rendu.

En débarquant vers 16h30, je me dirige vers la 'Move' pour vivre la rencontre entre Fùgù Mango et Binti. Depuis les dernières Nuits Botanique, ils ne se quittent plus. Il faut dire que le mélange est étonnant. Fùgù Mango, placé à gauche de la scène, réunit la fratrie Vincent et Jean-Yves Lontie des Bikinians, Anne Fidalgo de OK Cowboy ainsi que le batteur/percussionniste Franck Baya que l’on compare souvent au guitariste Laurent Steelemans. Parce qu’il est impliqué dans tous les bons projets. En ligne sur la droite : Binti, 6 jolies gonzesses aux vocaux (Hadiel, Yasmin, Amina, Rana, Sherien et Fedia). D'origine égyptienne, le mot ‘Binti’ se traduit par 'ma fille'.

Fùgù Mango pratique une pop sucrée, enrichie de rythmes afros, teintée d'indie rock et dynamisée par des accents funk. Il y a déjà quelques mois que le groupe a publié son premier elpee, « JùJù », disque qu’il est parti défendre en tournée dans les salles et lors des festivals. Le set s’ouvre par « Floréa », extrait de cet LP, une compo savoureuse déjà stimulée par les  percus tribales. La conjugaison opérée entre les voix de la bande à Franck et les 6 choristes est jouissive. Plus afro, mais sous un format électro, « Kylie's Dream » lorgne vers Tom Tom Club. Le team revisite ensuite le « Golden Brown » des Stranglers. Les claviers sont ravageurs, les harmonies vocales riches, limpides, et les percus tranchantes. Déconcertant ! Et l’auditoire apprécie leur version. « Walk On By » est une véritable tuerie. Derrière ses toms, Franck se déchaîne. Une nouveau titre : « Back in Balance ». Il est particulièrement soul. Bindi en profite pour tirer son épingle du jeu. Tout comme pour « No Silver Bullet » (« JùJù »), un morceau plus paisible. Une perle qui mériterait une adaptation a capella. Ou encore « Full Desire », une autre nouvelle compo. « Bambee » nous replonge en Afrique centrale. Le set épingle également quelques titres plus dansants, « Around », « Mango Chicks » et « Birthday Beast », au cours duquel Bindi prend le concert en voix (et pas en mains). L'association est vraiment réussie. Et si vous n’avez jamais eu le loisir d’assister à un spectacle accordé conjointement par Fùgù Mango et Bindi, sachez qu’ils se produiront le 17 juillet à Dour, le 17 septembre à la Ferme du Biéreau de LLN et le 26 du même mois, au Salon de Silly.

Direction 'Titan' pour assister au show de La Chiva Gantiva. Des abonnés au festival. Le combo a pris de la bouteille et compte à ce jour deux chouettes elpees, « Paléo » et « Vivo », parus chez Crammed Discs. D’origine colombienne, il vit à Bruxelles. Et est apprécié autant en Amérique du Sud qu’en Belgique. Festive, sa musique est classiquement balisée par un trio basse/batterie/guitare, mais elle est enrichie de cuivres fiévreux, pétulants, et fouettée par des percussions davantage sud-américaines qu'africaines. Rafael Espinel est le chanteur de la troupe. Un personnage charismatique qui la drive de main de maître tout en incitant la foule à danser ou à frapper dans les mains. Il n’hésite pas à la haranguer et elle répond au quart de tour. Bref, il va parvenir à foutre un joyeux bordel dans l’auditoire qui remue, pendant que la température grimpe de quelques degrés. Franchement, en concert, La Chiva Gantiva, c’est le pied !

Quelques minutes du set d'Israël Vibration, quand même. Vu son nom, vous vous doutez bien qu’il émarge au reggae. Et même au ragga. Les papys ont été arrachés de leur retraite dorée à Kingston. Quoique un peu fatigués, ces vétérans sont toujours aussi impressionnants. N’est-ce point dans les vieilles casseroles qu’on fait la meilleure soupe ? Et le potage est exquis : good vibrations, ganga et sueur, mais sous une chaleur étouffante.

Manifestement, la programmation musicale du Couleur Café privilégie de plus en plus les musiques urbaines : rap, hip hop, reggae et ragga. En légère perte de vitesse, il se cherche un public plus jeune. Mais en délaissant un peu trop, à mon goût, les musiques du monde, qui constituent quand même les racines du festival.

Sous la 'Move', le public est venu vivre une géante 'Mousse Party'. Aussi c’est en mode ‘fish stick’ que votre serviteur se faufile. La mousse est propagée par 4 énormes machines, pendant que sur le podium, un dj balance des sonorités house, électro et dubstep. Le spectacle est divertissant. Les festivaliers débordent d’enthousiasme pour se trémousser dans ce bain d’écume. Les présentateurs de Pure FM sont même de la partie.

L’'Univers' accueille Starflam, un collectif que le peuple attend impatiemment. Un quatuor liégeois réunissant quatre MC's et un Dj. Il y a même un monde fou à l’extérieur du chapiteau. La température va donc y monter en flèche. Il vient de faire un carton à l'Ancienne Belgique. Et est venu défendre son nouvel opus, « A L'Ancienne ». Son 14ème ! Ce qui ne va pas empêcher le crew de balancer judicieusement quelques standards. Métronomique, intense, le show va se révéler d’une rare efficacité. Et va carrément mettre la foule sur les genoux. Akro : ‘Big Up, Man et respect!’

Sur le 'Titan', on attend la nouvelle sensation du rap hexagonal, 1995, un collectif parisien réunissant Alpha Wann (Emcee), Areno Jaz (Emcee/Grapheur), Fonky Flav' (Emcee/Beatmaker), Lo' (DJ/Beatmaker), Nek le Fennek (Emcee) et Sneazzy (Emcee). Donc 5 Mc's pour baliser les planches dans tous les sens, et un Dj pour mener le bal à l’aide de scratches originaux. En début de parcours, un tee-shirt est brûlé et lancé au sein des premiers rangs. Le show peut commencer. Bien torchés, les textes véhiculent des thèmes de révolte. Les Mc’s provoquent la foule qui est manifestement réceptive…

Retour vers l’'Univers' pour le concert de Modestep Live, un quatuor insulaire formé en 2010, par les frères Josh et Tony Friend, ainsi que Pat Lundy et Kyle Deek. Des Londoniens responsable d’un dubstep teinté de rock. Et surtout novateur. Des influences majeures ? Prodigy et Skryllex. A leur actif, deux albums « Evolution Théory » et « London Road ».

L’intro est symphonique et embraie par « Damien », extrait de « London Road ». Un titre d’électro/dubstep. Les morceaux peuvent parfois devenir planants, avant de partir dans tous les sens. A l’instar de « Sing », une nouvelle compo. « Rainbow » s’ébroue dans le ragga, avant de virer au sein d’un délire dubstep, pourtant bien maîtrisé. Le public commence à s'agiter et sur les planches, les musicos se démènent pour dynamiter leur show. L’interaction entre le band et la foule est totale. Une foule particulièrement bouillante. D’ailleurs les jumps et les hand's up se multiplient. Une très chouette découverte !

Busta Rhymes a investi le 'Titan'. Son dernier passage en Belgique remonte à 2010. Capricieux, l'artiste ne souhaite ni photographe, ni journaliste en front stage. Il se sent sans doute investi d’une mission. Laquelle ? Difficile à dire. Il ne le sait peut-être pas lui-même. Un son médiocre et une prestation ringarde ne justifient certainement le droit de se pousser ainsi du col. Il peut retourner aux States, sans problème. Il n’avait pas sa place au Couleur Café…

C’est sur la petite scène 'Dance Club' qu’est programmée Glù, une formation bruxelloise qui déchire et attise les passions. Votre serviteur l’avait découverte au Bota, dans le cadre du Propulse. Un quatuor signé chez Naff-Rekordz, un label dynamique créé par les sympathiques Herbert Celis et Alex Davidson, et sur lequel on retrouve Frown-I-Brown, Wild Boar & Bull Brass Band, UTZ ainsi que Jawhar. Le line up implique le drummer Alex Rodenbourg, le bassiste Dorian Palos, le claviériste (Fender Rhodes Korg.MS 20) Martin Daniel et le préposé aux machines, François Gaspard. Pour quelques titres, ils vont recevoir le concours d’un Mc qui ne manque pas de coffre, Deco Comprehension.

La coloration de leur expression sonore est essentiellement électro. Pas basique, mais bien structurée, elle intègre drum&bass, dubstep, breakcore et hip hop. A leur actif, un single et un Ep. La foule est plutôt compacte pour assister à ce set. Il est nécessaire de se faufiler en douceur si on veut approcher de l’estrade. On se croirait à un concert d'AC/DC. Des images assez suggestives sont projetées sur un écran derrière le drummer. « Coton Twat » amorce le spectacle. Deco débarque sur le podium et se place derrière son micro pour attaquer « Vanilla », un mix entre hip-hop et trance, bien dans l'air du temps. Impeccable ! « Hunter » et « Psycho » baignent dans l’électro/psyché. Le tempo est endiablé. Le public danse. Le préposé derrière la console est balaise, car le son est cristallin. Une grosse claque de 60 bonnes minutes ! Et conquis, l’auditoire a réagi en conséquence…

Après ce set époustouflant, je décide de déambuler au sein des allées du souk, en attendant le feu d'artifice. Terminé, je me place le plus près possible du podium 'Titan', pour assister au concert de Caravan Palace. Pour ce deuxième jour du festival, il s’agit de la tête d’affiche. En 2013, la formation avait fait un tabac ici même. C’est aussi à cette époque que je l’avais découverte. Le combo a publié deux elpees à ce jour, un éponyme et « Panic ». La sortie du troisième, « </°_°/> », est prévue pour octobre. Leur single « Comics » est déjà sur la toile. Et puis le band se produira au Cirque Royal le 28/11/2015.

Le collectif réunit Arnaud Vial (guitare, programmation, synthétiseur), Charles Delaporte (contrebasse, synthétiseur, programmation), Hugues Payen (violon, programmation, scat, synthétiseur, chant), Antoine Toustou (machines, synthétiseur, trombone, chant), Camille Chapellière (clarinette), Paul-Marie Barbier (vibraphone, percussions). Tous participent aux chœurs. Et bien sûr, Zoé Colotis au chant, à la danse et à la chorégraphie.

Zoe est une véritable bête de scène. Elle déclare : ‘Bruxelles, nous sommes là. Faites attention à vos lacets de chaussures!’ Elle va quitter 5 fois la scène pour changer de toilette. Le plus rapidement possible. Deux de ses comparses se chargeant de maintenir en haleine l’auditoire. Voluptueux, le spectacle semble séduire particulièrement les ados, car les spectateurs des premiers rangs se déhanchent allègrement. Votre serviteur est également emporté par cette frénésie qui vous incite à remuer le popotin et les guiboles. Ce mélange déjanté entre électro swing et manouche, fait littéralement mouche. Pas de setlist, qui épingle quand même « Suzy », « Je m'amuse », « Queens », « Star Scat », « Clash », « Brotherswing », « Jolie Coquine » et quelques nouveaux titres dont « Comics » qui nous a mis un fameux boxon. Après avoir écumé les States, Caravan Palace était de retour ; et franchement, j’ai vécu l’apothéose du festival avant la lettre. L’extase ! Il est une heure du matin, je quitte les lieux. A demain, pour le dernier jour…

(Organisation : Couleur Café)

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Open’er Festival 2015 : samedi 4 juillet

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Accusant quelques jours de retard sur la Belgique, la canicule s’abat sur le Nord de la Pologne. On y dépasse allégrement les 30 degrés et le soleil cogne sec. Du coup, la plupart des spectateurs, y compris votre serviteur, débarquent plus tard en soirée. D’autant plus que cette année, les têtes d’affiches sont programmées en nocturne (2 heures du matin pour le ‘main act’ sur la scène principale).

Cette soirée commence tout en douceur par Hozier. Le jeune Irlandais est soutenu par deux jolies choristes et une contrebassiste, qui donnent une touche soul à son set. Et tout particulièrement sur la cover d’Ariana Grande, « Problems », « Work song » et son méga tube « Take me to church ».

De loin on entend les hurlements de Polonaises adolescentes. Sous une Tent stage bondée et plongée dans un véritable four, elles semblent aduler Years & Years. Et elles sont nombreuses à s’époumoner. Epaulé par un batteur et deux claviéristes, le chanteur possède une voix remarquable voix et affiche un physique juvénile. Bref, le public est conquis d’avance. De la set list, on épinglera les singles « Shines » (joué en milieu de set) et « King » (en clôture). Curieux, on avait quand même l’impression que ce concert était interdit aux plus de 18 ans.

D’autres chiffres : 48:13 s’illuminent en fond d’écran sur le podium principal. Et l’auditoire semble plus large. Pas de doute c’est bien Kasabian qui s’apprête à entrer en piste. Mais à force de les voir très (trop ?) fréquemment à l’affiche des grands festivals, ne risque-t-on pas de se lasser de leur présence ? L’entame porte à le croire, car le band apparaît fatigué, les traits tirés, sans doute par l’accumulation des dates de tournée. Et pourtant après un départ laborieux, les musicos retrouvent progressivement leurs marques. « Eez-eh » puis « Club foot » font bondir la foule sur un bon millier de mètres carrés. ‘You’re fuckin’ amazing’ lâche Tom Meighan. Boosté par ce public, Sergio Pizzorno commence à prendre réellement du plaisir sur scène et le concert finit vraiment par décoller. La machine à tubes est mise en marche. « Fire », puis en rappel « Vlad the impaler », « Lost souls forever » ou une surprenante cover du « Praise you » de Fatboy slim, sont autant de coups qui font mouche. Kasabian reste définitivement une valeur sûre pour ce type d’événement.

L’année dernière, St Vincent nous avait déjà bluffés lors du Primavera festival. Son dernier opus, sobrement intitulé « St Vincent », avait également recueilli les faveurs de la presse spécialisée. C’est donc enthousiaste que je rejoins la Tent stage, même si la fatigue commence à gagner en cette fin de séjour. Première surprise, la chanteuse, Annie Clark, a changé de look. Ses cheveux surtout. Elle n’est plus la blonde à la tignasse digne des Jackson Five, mais a opté pour une coupe plus proche de celle de Sinead O’connor. En outre, ses sourcils sont mal épilés ou (volontairement ?) grossièrement soulignés. Sa voix est en revanche toujours intacte, d’une limpidité qui lui a valu et qui lui vaut encore d’être comparée à Kate Bush. Et ce n’est pas usurpé. Quant au jeu de scène, il évoque davantage celui de PJ Harvey. Elle est perchée une structure cubique, dans l’obscurité et en retrait de l’estrade (NDR : une calamité pour les photographes !) Après avoir interprété un excellent « Digital Witnness » en milieu de parcours, le ton va radicalement changer. Annie s’avance sur le devant du podium et se lance dans de nouvelles chorégraphies en compagnie de sa claviériste Toko. Le concert devient beaucoup plus électrique, et la belle s’autorise plusieurs bains de foule. Elle va même rejoindre un des cameramen. Un show unique en son genre qui vient clôturer un festival tout en couleur et diversité.

L’heure du bilan a sonné. On cite le chiffre de 90 000 festivaliers pour les 4 jours. Une centaine d’artistes ou groupes se sont produits sur trois scènes différentes. Reste à analyser les points forts et les points faible de cette édition 2015 de l’Open’er :

Points forts :

-          Un temps toujours sec et pas trop chaud (sauf le dernier jour)

-          Une distribution de bouteilles d’eau aux premiers rangs

-          Une sécurité (un peu) moins drastique que dans le passé

-          Un public relativement bien discipliné (NDR : les quelques rares à uriner partout sont les Anglais)

-          Le prix des bières qui n’a pas augmenté (NDR : 2 € le demi-litre !)

Points faibles :

-          Une (toujours) trop grande distance entre les différents podiums

-          La suppression de la 4ème scène (alternative)

-          Son remplacement par une ‘beat stage’ bruyante et sans intérêt (sauf pour les clubbers)

-          La programmation des têtes d’affiche à des heures de + en + tardives (2 heures du mat’ pour le ‘main act’ sur la scène principale)

(Organisation : Open’er)

 

Couleur Café 2015 : vendredi 3 juillet

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Couleur Café est un des événements incontournables du début de l'été. Suite aux modifications de dates apportées au RockWerchter, l’événement a dû être reporté au premier week-end de juillet. Ce qui n’est pas plus mal, car les examens des étudiants sont alors terminés. Et permet à ce festival familial, multiculturel et métissé, d’attirer davantage de monde. Avant d’arriver dans la capitale, les travaux et les bouchons sont légion. Je stationne près du Botanique et j’emprunte le métro pour atteindre le site. Passage obligé au guichet pour obtenir le précieux sésame et être contraint à l’inévitable fouille. C’est la douzième fois que votre serviteur participe à Couleur Café, dont il s’agit déjà de la vingt-sixième édition.

Direction Scène 'Univers' où Tarrus Riley achève son set. Il est né en 1979, dans le Bronx new-yorkais, mais a passé sa jeunesse en Jamaïque. Membre du mouvement Rastafari, c’est le fils de Jimmy Riley. Tarrus est venu défendre son dernier elpee, « Love Situation », paru en 2014. Cet album est décrit comme ‘un véritable hommage à l'aire du rocksteady’ et implique une volée de guests, dont U-Roy, Big Youth, Konshens et Mr Cheeks. Mais ce sont deux standards de son répertoire, « She's Royal » et « Good Girl Gone Bed », qui ont forgé sa notoriété. Sur les planches, il est soutenu par son compatriote, le saxophoniste Dean Graser (NDR : un vieux routard) ainsi que la belle Américano-jamaïquaine Alaine, au chant. Mais surtout par son backing group, le Blak Soil Band. Tarrus pratique un reggae contemporain. Pas question de revivalisme dans son expression sonore. C’est ce que j’ai pu remarquer lors des trois titres auxquels j’ai pu assister.

La température est caniculaire sous le chapiteau. Heureusement, les organisateurs ont installé des brumisateurs pour rafraîchir les festivaliers. Et cette initiative est particulièrement judicieuse.  

Un petit crochet par la grande scène pour applaudir Gentleman and The Evolution. Il s’agit du projet de Otto Tillman, un chanteur allemand qui propose du reggae/roots/dancehall. Pas courant ! Et pas mal du tout.

Néanmoins, mon objectif est de rejoindre la scène ‘Move’, où deux petits jeunes bien sympathiques vont fouler les planches. Deux rappeurs, âgés respectivement de 22 et 18 ans. Il y a déjà pas mal de monde devant l’estrade. Il est 19 heures et la chaleur est lourde. Manque plus que l’huile pour cuire les sardines. Heureusement, les brumisateurs exhalent un liquide plus rafraîchissant. Mais le set du duo va encore faire monter la température de quelques degrés. Comme lors des derniers Francos, ils vous foutre un joyeux bordel.

Ce sont deux frangins. Bigflo et Oli. Des Toulousains qui ont fréquenté le Conservatoire. L'un a appris à  jouer de la trompette et l'autre la batterie. Leur Ep, « Le Trac », était paru en 2014, suivi par un premier elpee, intitulé « La Cour Des Grands », en mai 2015. Un disque encensé par la critique. Et sur lequel figure un hit, « Monsieur Tout Le Monde », qui est parvenu à passer le cap des 2 millions de vues sur la toile. Et ce n’est qu’un début. Leur rap old school lorgne vers IAM. Bien torchés, leurs textes sont enrichis de rimes bien pointues.

Ce soir, ils sont quand même épaulés par deux collaborateurs. Un violoncelliste, qui s’installe à gauche, et un préposé aux platines placé sur une immense estrade. Les deux frères vont mettre le feu en balançant un rap d’excellente facture. Faut dire que les vannes pleuvent littéralement (NDR : vu la canicule !) Et elles sont percutantes…

Cap vers le 'Titan' pour le concert d'Arsenal. Le duo d'enfer John Rohan/Hendrik Willemyns a fêté dignement ses 15 années d'existence à l'Ancienne Belgique, en alignant 6 concerts sold out. Et ils sont partis sur la route des festivals. Le chanteur/guitariste John ainsi que le préposé aux machines et aux synthés constituent l’assise du band. La charismatique Léonie Gysel est derrière le micro, soutenue par Charlotte Adigéry aux choeurs. Le très efficace percussionniste David Donnat (Suarez) se plante à l'extrême gauche, et juste devant lui, le second gratteur, Bruno Fevery. La section rythmique est postée à l’extrême droite. Dirk Loots se charge des fûts, et devant lui, Mirko Banovic (Arno) à la basse.

Une toile tendue représentant une forêt sert de décor de fond de scène. Un décor simple et dépouillé. Le light show est également plus sobre que d'habitude. Lydmor est invitée à seconder John au chant pour un titre. Le set est plus classique, mais toujours aussi intense en émotion. Et puis, Arsenal en concert, c'est la danse, la fête à la musique et ça bouge dans tous les sens. Malgré la chaleur torride, John va faire monter la pression, bien épaulé par Léonie qui –et c’est une règle–se déhanche toujours aussi sensuellement. Pas question d'avoir les mains dans les poches. Elle en fait d’ailleurs la remarque à l’auditoire. Nous visitons les différents continents de notre planète. Depuis l'Afrique (les percus et les textes en dialecte local) à l’Amérique du Sud (le Brésil pour ses rythmes endiablés), en passant par l’Asie (Inde, Chine, Japon) et l’Europe (la Scandinavie). Un voyage que reflète les cinq elpees d’Arsenal : « Oyebo Soul », « Outsides », « Lotuk », « Lokemo » et « Furu ». Arsenal est avant tout un groupe de scène et il l'a encore démontré ce soir.

Le podium Univers accueille le leader des Fugees, Wyclef Jean. Son groupe a vendu près de 30 millions d'albums à travers le monde. Bénéficiant d’une section rythmique basse/batterie particulièrement solide, il aligne des tubes qui ont marqué les nineties dont le « Ready Or Not » des Fugees, mais également toute une série de covers ; et tout particulièrement le « Killing Me Softly » de Roberta Flack, le sublime « Guantanamera» de Pete Seeger, le « Knockin' On Heaven's Door » de Dylan ainsi que deux signées Bob Marley, « No Woman, No Cry » et « Redemption Song ». Sans oublier l’hommage à Michael Jackson, « I Want You Back ».

Il est cependant temps de mettre le cap sur le podium Move, afin de découvrir la phénomène israélienne, Ester Rada. On en dit tellement de bien, qu’il serait dommage de manquer sa prestation. Ses racines sont éthiopiennes. Sa musique pourrait être décrite comme de l’éthio/jazz teinté de soul, de funk et de R&B. Elle possède une voix sublime et modulable. Aussi bien vers les graves que les aigus. A l’instar de Mary J Blige, même si cette voix me fait penser tour à tour à Aretha Franklin, Lauryn Hill, Nneka, Ayo ou surtout Sharon Jones. Dès le début du set, on a compris que quelque chose va se passer. La foule se presse aux premiers rangs, et il doit y avoir au moins 3 000 personnes pour assister à ce concert. Au cours duquel Ester va nous proposer les morceaux de son premier elpee. Et il est éponyme. Elle est soutenue par son backing group : le bassiste Michael Guy, les guitariste Ben Haze, le claviériste Lior Romano et le drummer Dan Mayo. Sans oublier une section de cuivres réunissant le tromboniste Maayon Milo, le saxophoniste Gal Dahan et le trompettiste Inon Peretz. Et tout ce beau monde va se mettre au service de la voix d’Ester. Séduit, l’auditoire boit littéralement les paroles de la nouvelle diva. Outre la musique qui vous transporte dans une autre dimension, on n’entend pas une mouche voler, tellement l’assemblée est réceptive. Mon coup de cœur pour cette édition 2015 de Couleur Café, un peu comme l’an dernier je l’avais attribué à Laura Mvoula, et dans le passé à Ayo et Nneka.

Tentative d’approche vers la scène principale où se produit le Wu-Tang Clan. Du line up originel –composé de 9 membres– il ne reste plus que GZA, Inspectah Deck et Ghostface Killah. Une grosse arnaque donc pour les fans. Mot d'ordre avant le concert : pas de photographe et personne en frontstage. Des petits caprices de stars, on en rencontre encore aujourd’hui. Simplement, faudrait alors qu’elles se montrent à la hauteur. Les infra-basses sont tellement pénibles et le son médiocre, que je préfère fuir le massacre. Ah oui, le collectif a enregistré un nouvel LP en évitant de se croiser dans les studios d'enregistrement. Faut dire que rien qu’en observant le gros aux bras tatoués qui harangue la foule, on n’a pas trop envie de les côtoyer…  

Je me rends donc au 'Palais Du Bien Manger' qui usurpe aujourd’hui son nom. Il fait chaud et peu de mets me tentent. En outre, au vu du contenu de l’assiette, les prix sont exorbitants. Je prends un risque et commande un plat argentin à 9€… La viande est à peine cuite (NDLR : du cheval ?) A quoi sert l'AFSCA ? A détruire les producteurs locaux au bénéfice de multinationales qui vous proposent des aliments pas cuits, ni frais et dont l’hygiène laisse scandaleusement à désirer. Dans ces conditions, je préfère manger des tartines… C’est mon coup de gueule !  

Direction la scène 'Univers' pour un petit dj set électro dispensé par Kavinsky. Malgré le copieux arrosage opéré sur le public, la chaleur est de plus en plus insupportable. Elle est même devenue tropicale, vous empêchant de respirer. Je préfère en rester là et rentre au bercail. 23 000 festivaliers pour le premier jour, c'est moins que les années précédentes. Faut dire que hormis Big Flo et Oli, Arsenal, Wyclef Jean, Tarrus Riley et surtout Ester Rada, l’affiche n’était guère alléchante. A demain !

(Organisation: Couleur Café)

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Open’er Festival 2015 : vendredi 3 juillet

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Autant l’affiche du mercredi était plutôt légère, autant celle d’aujourd’hui propose pas mal de poids lourds. Et comme d’habitude dans une telle situation, les choix cornéliens vont devoir être opérés dans la programmation par votre serviteur. D’autant que la distance entre les scènes (NDR : comptez un bon quart d’heure de marche minimum) ne permet pas toujours de passer d’un spectacle à un autre, rapidement...

Le premier choix se pose entre Of Monsters and Men et Thurston Moore. Finalement j’opte d’abord pour l’ex-leader de Sonic Youth. Ce qui semble logique, vu l’excellent elpee du band yankee commis en 2014, et puis son show très convaincant accordé dans le cadre du Primavera, il y a quelques semaines. Il n’y a qu’une centaine de spectateurs sous l’Alter stage tent pour accueillir la formation américaine. Ce qui confère une ambiance intimiste au concert, comme lors d’un showcase. Le public réunit essentiellement des quadras. Mais pas seulement. Certains ados ont enfilé des t-shirts à l’effigie de l’album « Goo », pourtant paru à une époque où ils n’étaient mêmes pas encore nés. Le quatuor déboule de manière plutôt désinvolte sur l’estrade, et entame un longue intro de riffs. Quelques minutes plus tard le drummer entame son drumming, laissant alors deviner le titre du morceau, « Forever more ». Joué en version maxi 45trs, puisqu’il sera tiré en longueur sur une bonne vingtaine de minutes. La set list embraie par « Speak to the wild ». Thurston semble devoir s’appuyer sur un pense-bête placé su un pupitre, pour lire les paroles des ses chansons. Sa mémoire deviendrait-elle défaillante, au fil de l’âge ? En tout cas, il est soutenu par trois excellents musiciens, aussi discrets qu’efficaces. La bassiste tourne ainsi constamment le dos au public. Et le batteur reste bien en retrait.

Il reste un peu de temps pour assister quand même au set de Of Monsters and Men. Un collectif de 9 musiciens qui se produit sur la scène principale. Et ils sont très jeunes. ‘It was our first time in Poland’ déclare l’un d’entre eux. Pas étonnant, puisque le combo islandais n’a enregistré à ce jour qu’un seul LP. En 2012 : « My head is an animal ». En fin de set, il attaque son single planétaire « Little talks » suivi de « Six weeks », pour conclure. Souriante, Nanna, la chanteuse, semble ravie de l’accueil de l’auditoire.

Et puisque nous sommes dans le revival folk, autant camper devant ce même podium en attendant Mumford and Sons. Après avoir gravé deux albums « Sigh no more » et « Babel », qui ont récolté un succès certain, leur troisième, « Wilder man », est paru cette année ; et il a pris un virage plus électrique. Pour aborder « Just smoke », le band est d’ailleurs soutenu par les Vaccines qui ont foulé les mêmes planches, quelques heures plus tôt. Cependant, il faut reconnaître qu’il ne prend guère de risques, proposant un show sans grande surprise ni éclat. En débutant par « Snake eyes », puis proposant leur single « I will wait » ainsi que le titre maître de « Babel », on a même parfois l’impression de fréquenter un saloon au beau milieu de Far West. Nombreuse, la foule semble apprécier. Perso, je vais voir si l’herbe est plus verte ailleurs… 

Encore que pour Swans, le climat est plutôt ténébreux et même tribal. Chevelure longue, grisonnante et hirsute, Michael Gira paraît en pleine forme. A ses côtés, on retrouve son fidèle guitariste Norman Westberg. Toujours aussi posé, mais terriblement efficace. Et également le dévoué claviériste Christoph Hahn. Trois vétérans ! Car le line up est complété par Thor Harris, aux allures de Viking, qui se déchaîne derrière ses percus. Pendant plus de deux heures, le groupe culte (NDR : il a notamment influencé The Young Gods) va nous balancer un son industriel, brut et sans concession. En accordant une large place à son dernier opus (« To be kind », paru en 2014), dont il va notamment extraire « A little god in my hands », « Just a little man » et « Bring the sun ». Malgré la durée du set (NDR : le plus long du festival) et des adieux au public, l’auditoire sollicite un rappel. Et on y croit vraiment, lorsque Gira revient sur le côté du podium. Les techniciens attendent également un signe du boss. Mais celui-ci leur signifie que le concert est définitivement terminé. Fait marquant, le groupe démonte ensuite encore son matos et échange quelques mots avec les fans restés derrière les barrières. Et pour que votre info soit complète, sachez que Swans publiera son quatorzième long playing cet automne… 

Autre scène et autre style pour D’Angelo (NDR : prononcez Di Angelo) and the Vanguard. Il vient à peine d’entrer dans la quarantaine, mais sa soul est digne d’un James Brown au sommet de son art. Ce chanteur/compositeur (et producteur) est particulièrement à l’aise sur le podium principal. Le public, venu en masse, est très réactif, même si j’imagine que bon nombre de spectateurs s’agglutinent contre les barrières afin de se réserver une place de choix pour le groupe suivant.

En l’occurrence The Prodigy, une des têtes d’affiche. Leur show fait toujours recette lors des grands festivals. Le band insulaire a, en outre, publié un nouvel LP, « The day is my enemy », en mars dernier. Et il tient la route. Le concert a pris un bon quart d’heure de retard. Un fait rarissime dans ce type d’organisation très (trop ?) réglée comme du papier à musique. Dès les premiers accords de « Breathe », les plus excités se mettent à bondir. L’agitation gagne tout au long de « Nasty » (NDR : un extrait du dernier opus), et se poursuit sur « Omen » ainsi que « Firestarter » qui embraient. Malheureusement on ne voit plus grand-chose. A cause du light show et des fumigènes. Même les écrans vidéo sont enfumés. Les cameramen ont beau switcher vers le noir et blanc, rien n’y fait. En outre, le set ne va durer qu’1h15. De quoi frustrer les aficionados. Il est vrai qu’alors, il est quand même déjà 3 h 30 du matin, lorsque le spectacle s’achève…

(Organisation Open’er)

 

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