Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Dour Festival 2015 : samedi 18 juillet

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Déjà plus que deux jours de festival. Que le temps passe vite… La programmation annoncée ce samedi semble moins intéressante. Enfin, à première vue ; car il st toujours imprudent de tirer des conclusions hâtives. Et pour cause, certains artistes ou groupes à l’affiche sont souvent très susceptibles de surprendre agréablement. Notamment dans le domaine de la découverte. On verra à l’autopsie…

La journée de votre serviteur commence en douceur par le duo électro Rangleklods. Il se produit sous le ‘Jupiler Dance Hall’. Son expression sonore est plutôt rudimentaire et se singularise par la conjugaison de la voix masculine et féminine. Pas de quoi fouetter un chat ; m’enfin, on a déjà vu pire. Un peu trop calme quand même. Peut-être que si le tandem avait été programmé en fin de soirée…

Cap sur la ‘Cannibal Stage’ afin de se nettoyer les oreilles. Deez Nuts est venu défendre son nouvel album, et on s’attend à du lourd ! Le chapiteau est d’ailleurs presque comble. Il n’est pourtant que 15h30 et en général, il y a moins de monde à ce moment de la journée. Les festivaliers semblent attendre impatiemment ce concert. Le combo de hardcore australien revient sur la plaine de la Machine à Feu après une absence de trois éditions ; et il veut marquer le coup. Dès le début du set, on en prend plein la tronche. Pendant 45 bonnes minutes Deez Nuts va faire un boucan d’enfer. Le choc des extrêmes, par rapport au show précédent. Mais c’est même un peu ‘too much’ à mon goût. Je décide donc de passer les dernières minutes de ce pilonnage en règle à l’extérieur. Et commence tout doucement à comprendre l’utilité des bouchons de protection pour les oreilles…

Le rendez-vous suivant est important. Et pour cause, il s’agit d’un de mes groupes fétiches.  En l’occurrence BRNS. La formation bruxelloise va investir le podium de ‘La petite maison dans la prairie’. Malheureusement, elle n’a droit qu’à 40 minutes de ‘live’. Que c’est court… Et même frustrant ! Le quatuor compte tellement de bons morceaux dans son répertoire, qu’il devra faire des choix. Et grosse surprise, c’est « Mexico » qui passe à la trappe ! Il a certainement voulu prendre du recul par rapport à ce titre qui lui colle à la peau, mais cette option n’est vraiment pas du goût de l’auditoire. Qui finalement a le droit d’être déçu de la prestation. Trop brouillonne et mal équilibrée. En outre, les musicos ont chaque fois mis un temps fou pour accorder leurs instruments. Une situation qui a complètement brisé leur élan. Seul le morceau final, « Our Lights », s’est révélé à la hauteur. Dommage, le band m’avait habitué à mieux…

Je décide donc d’aller casser la croûte en attendant Timber Timbre. Le groupe de folk/rock débarque une demi-heure après BRNS. Les Canadiens sont responsables d’une musique atmosphérique plutôt originale. A cause des interventions ténébreuses et hantées de la violoniste. Malheureusement, la transposition ‘live’ ne parvient pas à décoller. C’est bien beau, mais qu’est-ce que c’est mou. Et il n’est que 18h30. A ce moment de la journée, on a davantage envie d’un coup de boost. Pour l’instant, le quatrième jour fait vraiment pâle figure.

Heureusement, la suite va enfin faire la différence. Carl Barât, tout d’abord. Lui et Pete Doherty sont quand même les fondateurs du mythique The Libertines. Sur les planches, Carl est flanqué d’un backing group baptisé Jackals. Et le combo pratique un rock bien british comme votre serviteur apprécie. Une set list de 15 titres qui font du bien aux tripes et au sein de laquelle on épinglera une adaptation du « France » des Libertines. Rien que du bonheur ! Barât suscite même la sympathie. Il se montre très proche de son auditoire tout au long de ce show d’excellente facture. Et cet auditoire a toutes les raisons de s’enthousiasmer…

Sur la Main Stage, Goose balance son électro/rock. La formation courtraisienne compte sur son superbe light show. Malheureusement, entre 21h et 22h, la nuit n’est pas encore tombée. Dommage ! Ce spectacle aurait mérité de figurer en clôture sur la grande scène. Perso, le style du quatuor ne me botte pas trop. Mickael Karkousse, le chanteur, en remet plus d’une couche, alors qu’il n’est guère charismatique. Et sans les jeux de lumières, l’ennui finit par vous envahir. Finalement, ce sont les quelques hits qui vont sauver le concert. C’est toujours ça de pris…

Pour terminer la journée, j’opte pour le set de The Drums. Cette formation new-yorkaise excelle dans son style indie pop, un style chargé de nuances. L’expression sonore est tour à tour alimentée par des interventions de guitares math-rock, des accès de basse puissants ou des poussées de drums alertes. La voix de Jonathan Pierce est atmosphérique. Exténués, de nombreux festivaliers décident de s’asseoir sur le sol. Non pas par ennui, mais tout simplement pour s’abandonner au cœur d’une ambiance cool. Je déroge à cette règle et me plante devant le bassiste. Et finalement, le set touche au sublime. A tel point, qu’on ne voit pas le temps passer. C’est toujours bon signe. On a même droit à un rappel de deux morceaux, dont le magnifique « Down by the Water », en finale. Quelle claque !

La journée a finalement été sauvée par Carl Bârat et The Drums. Ces deux concerts étaient vraiment excellents et démontrent une nouvelle fois que les préjugés sont de très mauvais conseillers. Une dernière journée de folie s’annonce demain, le repos est indispensable pour débarquer en pleine forme !

(Organisation Dour Music Festival)

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Rock Herk 2015 : vendredi 17 juillet

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Situé à quelques encablures de Hasselt, dans le Limbourg, la ville de Herk –qui compte 275 habitants au kilomètre carré– accueille les amateurs de musique, au cours de l’été, depuis 1983.
Pour ma part, ma première expérience date de 93, année où s’étaient alors produit Therapy ?, Senseless Things , The Afghan Whigs et encore Pond pour… pas un rond.
Et le tout dans une ambiance détendue et aux proportions idéales pour jouir pleinement de cette fête annuelle.
Ne dérogeant pas à sa règle initiale, Rock Herk nous offre donc en parallèle, du lourd (une scène réservée au Hardcore et aux styles disons musclés) et de l’éclectique (une scène destinée aux autres genres musicaux).
Ainsi, pour un prix absolument modique, il vous est toujours permis de venir faire la fête dans cette charmante entité et surtout de profiter d’une programmation, au demeurant modeste, mais chaque année pertinente.
Si le festival est resté gratuit de nombreuses années, les organisateurs ont dû revoir leur politique il y a peu, sous peine de devoir disparaître.

Si l’affiche de ce vendredi fait figure d’amuse-gueule, quelques artistes intéressants sont à épingler.

BRNS, présent presque partout, figure fort tôt dans la grille de programmation.

Une heure apéritive qui ne change pas d’un iota les ambitions du groupe de secouer le cocotier.

Du moins, je le présume, puisque je suis arrivé après leur set…

Mais habitué à leur excellence, j’imagine mal comment il pourrait en avoir été autrement.

C’est donc par Baths que j’entame cette nouvelle édition.

Plongeant dans le bain (certains jeux de mots faciles sont difficilement contournables), je découvre le duo de Los Angeles pour la première fois en ‘live’.

Si Will Wiesenfeld en est la tête pensante et le géniteur, le projet peut compter sur les interventions de Morgan Greenwood, se consacrant aux divers bidouillages.

Fort de deux excellents albums (« Cerulean » et « Obsidian », parus respectivement en 2010 et 2013, sur le label Anticon), Baths a la délicate tâche de reconstituer le raffinement de ses titres vaporeux dans un esprit dynamique sans trahir le propos.

Et c’est là que le bât va blesser.

Entamant le concert face à un parterre distrait d’une dizaine de personnes, le duo s’emmêle rapidement les pinceaux. Bref, il est brouillon.

Si heureusement, une centaine de curieux se joignent rapidement au maigre auditoire, il finit car complètement louper sa prestation (NDR : Will s’en excuse d’ailleurs, en affichant un sourire gêné).

Trop d’effets, de sonorités maladroitement incontrôlées et d’approximations au bout du compte.

Misant beaucoup sur sa voix au timbre clair distillée dans des échos spatiaux, modulés par un synthétiseur Roland, Will apporte la part vivante du spectacle, mais, trop occupé à jongler entre ses différents instruments, il semble quelque peu débordé.

Si le concert n’est pas aussi catastrophique que ces dernières lignes peuvent le laisser supposer, il n’en reste pas moins que la prestation de Baths a déçu.

Si auparavant, Napoleon avait battu campagne sur le second podium, c’est au tour de Non Turning Back d’agiter le deuxième chapiteau, pendant que les préparatifs s’activent sous le premier.

Une houle menaçante roule comme un rouleau compresseur ; ce qui, sans surprise, m’incite à prendre mes distances.

Blood Red Shoes envahit donc les planches sur le coup de vingt et une heure quarante.

Une invasion qui pourrait sembler mince si l’on considère que le groupe consiste en un joli minois (celui de Laura-Mary Carter préposée à la guitare) et une frêle silhouette (celle de Steven Ansell derrière les fûts).

Un duo qui a tôt fait de faire voler en éclats les hypothétiques préjugés.

Énergique et rageur, la paire de Brighton occupe parfaitement l’espace et maîtrise son sujet.

Si les compositions ne se démarquent pas vraiment dans le paysage musical, les prestations ont le mérite d’assurer leur part de spectacle.

S’ensuivent quelques gentilles bousculades dans un public, avide de comparer son degré de testostérone.

Les accords aux accents grunge du combo s’y prêtent d’ailleurs à merveille.

Une prestation agréable et efficace qui résume finalement le statut de Blood Red Shoes, à savoir, en premier lieu, un groupe de ‘live’.

Car c’est bien là qu’il déploie toute son envergure.

La suite de la programmation adoptant des dispositions plus dansantes, il n’est pas étonnant de voir affluer le plus gros du public à cette heure tardive.

Une  annonce discrète sur un grand écran délavé m’apprend le désistement en dernière minute de Nathan Fake. Ce qui me chagrine. Il est souffrant.

Ce n’est pas l’abominable condensé de mauvais goût communiqué par The Subs qui me consolera.

Indigeste au possible, leur rudimentaire mélange de genres décroche le succès escompté, et c’est sans doute bien là l’essentiel.

Succombant aux plaisirs faciles d’un condensé d’évidentes recettes ‘prêtes à danser’, de nombreux nightclubbers s’agglutinent sous la toile cirée du chapiteau et la transforment en boîte de nuit.

Pendant ce temps, je mets le cap sur le second, abritant les rebondissantes vibrations drum&bass du producteur Allemand et DJ Mathis Mootz alias The Panacea.

Une ambiance toute aussi survoltée, mais correspondant bien mieux à mes aspirations dansantes.

Avant que Gui Boratto n’apporte sa touche à la nuit, sous le ciel étoilé de Herk.

Mettant tout le monde au pas sur le dancefloor.

Perso, quelques kilomètres se promettent de m’avaler avant de retrouver mes pénates.

Je me dirige donc vers la sortie tout au plaisir de revenir au même endroit, demain.

(Organisation : Rock Herk)

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Dour Festival 2015 : vendredi 17 juillet

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C’est déjà la deuxième journée complète à Dour. Le temps passe assez vite et il faut avouer qu’après avoir passé une très bonne journée ce jeudi, on s’attend bien évidemment à une meilleure encore, le lendemain. Mais plus chaude également. D’ailleurs la température va frôler les 35 degrés. Pas de panique cependant, car il y a de quoi se rafraîchir sur le site. Et puis les festivaliers vont avoir l’honneur de rencontrer Damon Albarn aujourd’hui. En route !

C’est devenu une habitude, ma journée débute par le show d’un groupe belge. Et à nouveau sous le chapiteau de ‘La petite maison dans la prairie’. Fùgù Mango n’est pas venu sur la plaine de la Machine à Feu seul. C’est accompagné des Binti, un collectif réunissant six sœurs, chargées des backing vocals, que le quatuor monte sur l’estrade. Ce qui fait évidemment beaucoup de monde sur ce podium étroit ; mais la configuration a été bien pensée. La chorale se mêle aux percussions exotiques, ce qui se solde par un cocktail bien original. Les premiers déhanchements de la journée pour les festivaliers !

Une certitude, le mercure a encore grimpé de quelques degrés, par rapport à la veille. Dès lors, sous les chapiteaux, c’est intenable. Bref, je reste planté au même endroit pour le concert de Klub des Loosers. Resté seul depuis le départ de Dj Detect en 2013, Fuzati demeure malgré tout une figure incontournable du rap français. Chargés de mal être et d’ironie, ses textes ne laissent personne indifférent. Il est épaulé par un backing group en ‘live’. De quoi me ravir ! Suivant un rituel immuable, le rappeur porte un masque blanc qui ne recouvre que la première partie de son visage et sur lequel il pose ses lunettes. Un look particulier mais qui fait totalement partie du personnage. Tout comme sa démarche d’ailleurs qui n’est pas naturelle pour un sou. Bref, il intrigue. Musicalement, le concours d’un groupe permet une fusion savante entre style rock et chant rap. C’est diablement efficace et pour un amateur de rock comme votre serviteur, l’approche de la musique dite ‘urbaine’ est plus aisée. Je prends donc une bonne baffe complètement inattendue. Fuzati m’a en tout cas particulièrement impressionné. Un personnage charismatique et mystérieux. A revoir, c’est une certitude !

Votre serviteur se retrouve en suite face à un dilemme comme Dour et ses huit scènes peuvent en poser. Entre Deerhoof et Zola Jesus, mon cœur balance. Finalement, j’opte pour le band californien… avant de faire demi-tour assez rapidement. L’univers sonore de Deerhoof est trop paisible par rapport à mon humeur du moment. Zola Jesus, c’est autre chose… De son véritable nom Nika Roza Danilova, cette artiste propose une musique gothique, baroque, mais teintée d’électro. Une expression sonore qui colle parfaitement à sa voix, capable de monter très haut dans les aigus. Et le résultat est épatant. Ce bon moment m’a aussi permis de profiter tranquillement d’une petite pause, assis dans le coin de la ‘Jupiler Dance Hall’. Les jambes fatiguent et il faut encore tenir plus de deux jours !

On en arrive enfin à un des moments les plus attendus du festival. Tony Allen nous fait sa review sur la Main Stage en invitant des amis notoires : Damon Albarn et Oxmo Pucino. Pour ma part, l’envie de voir l’homme fort de Blur et de Gorillaz est grande. Il ne s’attarde que pour deux titres, qu’il assure au piano et au chant. Mais quelle classe ! Jet privé pour arriver du Portugal où il tourne en compagnie de Blur, pour fêter à Dour les 75 ans de son ami batteur : chapeau ! En outre, il nous a concédé quelques mots en français. Perso, j’en avais des étoiles plein les yeux. Et heureusement que le Damon s’est déplacé, car le reste du set s’est révélé ennuyeux, ne s’autorisant aucune envolée. Une déception, finalement.

Direction ‘Le labo’ pour assister à la fin du show de Roscoe. Si cette petite scène est vraiment sympathique, elle ne bénéficie d’aucune aération. Et c’est un problème. J’y suis resté très peu de temps. Une véritable fournaise ! Et le genre bien dark du band liégeois n’est pas parvenu à réduire la température. C’est sans doute la raison pour laquelle ce set m’a bien moins plu que celui accordé aux Ardentes, la semaine dernière. Question physiologique : le confort et la chaleur peuvent-ils influer sur la perception de la musique ? La réponse est sans doute affirmative…

The Wombats est une forme de symbole pour votre serviteur. En fait, il a découvert cette formation en 2007, c’est-à-dire lorsque son goût pour le pop/rock a commencé à se développer. Bien sûr, leurs deuxième et troisième long playings font un peu pâle figure. Mais « A Guide to Love, Loss and Desperation » est une petite pépite de rock anglais. Gros coup de nostalgie donc. Sous un soleil couchant, le groupe entame son set par un titre du dernier opus, avant d’enchaîner par le puissant « Jump Into The Fog », un des rares morceaux à épingler sur le deuxième elpee. La foule jumpe. La faire réagir au quart de tour est un véritable art cultivé par le band. Tous les titres ou presque s’achèvent par un refrain contagieux que finit par reprendre en chœur l’auditoire. Pour communier avec les fans, rien de tel ! Après un peu plus d’une heure –en n’oubliant pas d’inclure quelques plus anciennes compos– le trio de Liverpool accorde son titre phare : « Let's Dance To Joy Division », avant de se retirer. Quelle ironie ! Ravi d’avoir pu voir une formation qui a marqué mon adolescence, il est difficile d’être totalement objectif. Mais en observant les visages des spectateurs, j’imagine que le concert était quand même d’excellente facture…

Place ensuite à Glass Animals. Issu d’Oxford, ce jeune quatuor pratique une forme de psyché/pop. Un peu dans l’esprit d’Unknown Mortal Orchestra, programmé la veille. Sauf que c’est moins bien. Les mélodies ne sont pas aussi travaillées et la coloration R&B injectée dans l’expression sonore, n’est guère convaincante. Son LP s’est cependant très bien vendu en Wallonie. Ce qui explique sans doute ce capital sympathie dont il jouit lors du show. 

Une grosse pointure va clôturer la programmation sur la Main Stage, ce soir : C2C. Le groupe de breakbeat est supposé mettre l’ambiance –et elle particulière– au sein d’un auditoire conquis d’avance. Les Nantais vont donc livrer une prestation bien maîtrisée en toute décontraction. A leur image finalement. Un concert fort sympathique qui clôt ma journée.

Car malheureusement, impossible d’approcher la ‘Red Bull Elektropedia’ pour assister au set de Nina Kravitz. Il doit y avoir 10 000 âmes autour d’une scène majestueuse, composée de plusieurs tours, garnies d’écrans et de haut-parleurs. Côté son, ça envoie. Mais vu les conditions, je préfère renoncer… Tant pis et rendez-vous demain !

(Organisation Dour festival)

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Dour Festival 2015 : jeudi 16 juillet

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Après une première soirée assez terne, les choses sérieuses peuvent commencer. Ce jeudi constitue un premier jour complet et bien rempli. Le programme est en outre très varié ; ce qui devrait satisfaire un max de monde. Perso, c’est une bonne occasion d’enfin découvrir la plaine de la Machine à Feu !

C’est à 14h sous ‘La petite maison dans la prairie’ que mon parcours de la journée commence. Comme souvent, un groupe belge ouvre le bal. Recorders propose un pop/rock atmosphérique teinté d’électro à un public trop peu nombreux lors de l’entame. Non seulement les Bruxellois sont venus défendre leur dernier elpee, mais ils nous réservent quelques nouveaux titres. Plus d’un an après la sortie d’« Above The Tide », les cinq jeunes artistes n’ont guère chômé. Ces nouvelles compositions sont très réussies et augurent le meilleur pour le futur. C’est sur le très puissant « Beach » que le set s’achève, après 40 minutes. Le chanteur grimpe sur un pylône afin de saluer une dernière fois l’audience, un peu plus consistance qu’en début de show. Pas étonnant en tout cas que certains membres de la troupe pointent les Anglais de Breton parmi leurs références majeures. Leur expression sonore est proche et aussi addictive. Une bonne manière de lancer son festival !

Direction la ‘Jupiler Dance Hall’, grande scène à tendance électro située à quelques pas de la main Stage. Le groupe qui s’y produit milite pourtant dans un tout autre registre. Ce sont les rockeurs maliens de Songhoy Blues qui sont venu présenter leur premier LP, « Music In Exile ». Guère notoire, ce groupe respire la joie de vivre ! Son style, fortement inspiré par la tradition africaine, ne peut que vous rendre de bonne humeur. Hymnes allègres et danses folles sont au programme. Aliou Toure, le chanteur, a le rythme dans la peau et pas qu’un peu ! Quel plaisir de le voir se déhancher devant nos yeux ébahis. Tout le monde se prendra d’ailleurs au jeu et va se remuer sous les directives de Toure. Et c’est sous un tonnerre d’applaudissements que Songhoy Blues quitte les planches. La première révélation de Dour 2015 !

Avant le concert très attendu d’Unknown Mortal Orchestra, je me pose quelques instants devant Tokyo Ska Paradise Orchestra. Référence en terme de ska, le collectif ne parvient pas vraiment à faire oublier la fournaise causée par un soleil flamboyant qui brûle au-dessus de la Main Stage.

Retour donc dans ‘La petite maison dans la praire’ où se produit Unknown Mortal Orchestra, ensemble réunissant des Américains et des Néo-Zélandais. En partant du rock indépendant, le quatuor consomme de la pop, du garage et même parfois du R&B. Un cocktail judicieux qui alimente un set très varié sans aucun temps mort. Le combo termine sa set list par une des meilleures chansons cuvée 2015 : « Multi-Love ». Sorte de synthèse de tout ce qu’il fait de mieux, elle clôture à merveille une très bonne prestation.

La ‘Cannibal Stage’ a, en principe, le but de concentrer les artistes qui font le plus de bruit sur la plaine de La Machine à Feu. Premier crochet pour y admirer A Place to Bury Strangers. Les New-yorkais ont pris la bonne habitude de façonner un son à mi-chemin entre le post/rock et le post/punk, en plaçant une guitare puissante bien en avant. Pour ce concert, le trio a mis les petits plats dans les grands. Même si le chapiteau n’est pas aussi rempli qu’espéré, APTBS va mettre le feu pendant 50 minutes. Malgré une attitude classique, Oliver Ackermann, le chanteur et guitariste, et Dion Lunadon, le bassiste, se lâchent complètement durant le show. Et ils se déchaînent sur absolument tout. A commencer par leurs pauvres instruments. Guitare et basse explosent sur le sol à de nombreuses reprises. Lunadon s’amuse même à lancer son engin à quatre mètres de haut. Sans provoquer de gros dégâts d’ailleurs. A croire que leurs instrus sont en caoutchouc ! La fin de parcours est complètement épique. Les deux compères se jettent dans la foule et jouent leurs deux dernières chansons au beau milieu d’un auditoire totalement ébahi. Plus personne ne regarde le podium et on comprend pourquoi : le batteur l’a tout simplement quitté ! Et on ne le reverra plus. C’est donc sur ce moment complètement dingue que se clôture le spectacle. Après quelques poignées de mains accordées à leurs fans, les deux hommes rentrent incognito ou presque en coulisses, avec le sentiment du devoir accompli. Quelle claque !

Je décide de rester dans les parages, en attendant la suite, mais également afin de pouvoir m’alimenter. Yelle joue au même moment, mais impossible de tout voir. Les échos recueillis sont plus positifs qu’imaginés. Apparemment il y a moyen de bien rigoler en compagnie de la Bretonne, mais il faut absolument tout prendre au second degré. Et on comprend pourquoi, vu la richesse de ses textes…

C’est l’heure du metal sur la ‘Cannibal Stage’. Kvelertak nous vient de Norvège. Son style ? Typiquement scandinave mais aussi très puissant. Erlend Hjelvik, le chanteur, affiche un look de Viking. Il arbore une longue chevelure, se distingue par une certaine largeur d’épaules et a décidé de passer une bonne partie du concert torse nu. Autant dire que ça décoiffe, c’est le cas de le dire ! Si je suis peu amateur du genre, le public semble y trouver son compte et remue sec à hauteur des premières rangées. Il ne faudra d’ailleurs pas très longtemps avant de voir éclater les premiers pogos. Et ceux-ci vont durer jusqu’à la fin d’un concert mené tambour battant par la formation.

Après un bref détour par le set de Squarepusher –peu convainquant, par ailleurs– je décide de mettre un terme à cette journée. La chaleur est devenue presque insoutenable et la fatigue commence à gagner. Il faut quand même encore tenir trois jours. A demain !

(Organisation : Dour festival)

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Dour Festival 2015 : mercredi 15 juillet

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Le premier contact avec Dour est un peu plus rapide cette année. En l’honneur de ‘Mons 2015’, une soirée a été ajoutée au programme du festival. Encore fallait-il que celle-ci ait une réelle plus-value par rapport aux autres jours. Coupons court au suspense de suite, ce ne sera pas le cas.

Si Gallowstreet ouvre gentiment la Main Stage, seule scène ouverte du soir, c’est grâce à La Smala que les choses sérieuses vont commencer. Si j’avoue être peu fan du rap proposé par le collectif, il faut admettre qu’il sera le seul à réellement mettre l’ambiance sur le site. Connaisseur, le public semble apprécier l’amuse-gueule. Il y a même une solide agitation dans la foule.

C’est principalement Jungle, le groupe suivant, qui avait suscité ma curiosité à la vue du programme. Quelle ne sera pas ma déception ! Au-delà des compositions hip-hop assez décevantes, c’est surtout l’équilibre sonore qui est mis à mal… Le son est trop faible et n’atteint pas le dixième rang. Dans ces conditions, difficile de bien profiter du set soi-disant élégant du band. Un coup dans l’eau pour les Anglais !

SBTRKT monte ensuite sur les planches. Le groupe électro est plutôt notoire chez les fans du genre, mais ne dispensera finalement qu’une prestation minimale. Aucune folie à signaler et pour finir on peut le dire : on s’ennuie ferme. Trop linéaire et même plat… 

Le DJ set final est anecdotique. Alors certes, l’idée d’un jour supplémentaire à Dour est intéressante. Mais dans les faits, ce n’est pas une réussite. Et même si l’apéritif s’est avéré peu succulent, ce mercredi était quand même une bonne occasion de fouler pour la première fois le site qui va voir défiler des centaines de milliers de festivaliers, les quatre jours suivants…

(Organisation Dour Music Festival et Mons 2015)

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Ardentes 2015 : dimanche 12 juillet

A défaut d’être très reposante, la nuit a au moins été assez longue pour reprendre sereinement le chemin des concerts.
Vos deux chroniqueurs, se déplaçant sur différents plans astraux et temporels pour mieux croiser leurs points de vue, leurs points de chute et leurs points de suspension, considèrent cette dernière journée comme une ultime occasion de croiser la plume et d’échanger les premiers avis.
Compte rendu diagonal de la der des ders sur ce site du Parc Astrid.
Une dernière marquée par l’absence d’une véritable tête d’affiche, le retour d’un ciel pluvieux et une baisse de régime flagrante de la programmation, s’achevant par un ‘ping-pong’ horaire qui laissera de grandes brèches propices à reprendre son second souffle.
Allez, c’est parti !

Pas de cafés ou de croissants pour débuter la journée, mais bien une bière et Mountain Bike. Le réveil parfait en quelque sorte ! S’ils ne sont pas encore de la trempe des Foo Fighters (qu’ils déclarent d’ailleurs être en arrivant sur les planches), les quatre compères ont de nombreuses qualités à faire valoir. Les plus flagrantes, en ce début de set, sont l’insouciance et la décontraction. Dans la ‘HF6’, ils sont comme chez eux. La claque ‘matinale’ (entre guillemets, car il est quand même 13h…) peut débuter. Très actif depuis maintenant deux ans, les ‘bikers’ proposent un savant mélange entre anciennes et nouvelles compositions. Si les morceaux plus connus comme « Got Power » et « I Lost My Hopes (In Paradise) » fonctionnent toujours aussi bien, c’est un nouveau titre qui sort indéniablement du lot. « Good For Nothing » a tout d’un tube. Une construction en crescendo et un pont plus que réussi qui se lie aux sonorités garage : la recette est payante et la sauce prend une bien belle texture. Six minutes de plaisir intense. Le reste du concert est tout aussi agréable et c’est sur la nouvelle chanson « Sandwich », fraîchement préparée, que le groupe se retire après 50 minutes rondement menées. De quoi ouvrir l’appétit pour le reste de la journée.

Direction l’‘Open Air’ pour découvrir Alice On The Roof.

La jolie Montoise, révélée dans l’émission ‘The Voice’, entame son set sous un ciel bien menaçant. Un mauvais présage. Car malheureusement, l’électro-pop de la demoiselle a bien du mal à convaincre. On s’ennuie même ferme et si on excepte le tube « Easy Come Easy Go » (joué deux fois d’ailleurs…), le set est mou et plat. Loin de juger la jeune femme sur ce concert, il faut admettre que les conditions ne lui étaient pas favorables. N’aurait-il pas mieux valu la programmer dans la salle au lieu de Mountain Bike ? Et vice-versa ? La question mérite d’être posée…

Pour votre serviteur peu amateur de rap, les trois heures suivantes ne seront pas les plus passionnantes du week-end. Ratking peu emballant, c’est vers Big Flo & Oli que je me dirige. La pluie a fait son apparition mais elle ne semble pas décourager le public. Car quoique mal placé pour juger la qualité de l’expression sonore, admettons que l’ambiance créée par le collectif est impressionnante. Une bonne surprise finalement car le principal en festival, c’est de prendre du bon temps. C’était le cas pour la plupart des spectateurs. Derrière, Sleaford Mods peine vraiment à me convaincre. Son concept de standing est vraiment trop particulier.

À la croisée des chemins, nos deux chroniqueurs font à présent route ensemble.

Le second arrivé emboîtant le pas au premier et arrivant tout aussi en retard que Black Rebel Motorcycle Club, dont les musicos sont retenus dans les loges à cause d’un problème technique majeur. Retard enregistré : quarante-cinq minutes.

De quoi déstabiliser une affiche qui pourrait voir alors les artistes, non plus se succéder sur les deux scènes restantes, mais bien se chevaucher.

Mais c’est sans compter sur la rigueur du staff liégeois qui réalisera l’exploit de remettre de l’ordre dans la programmation.

En attendant, le BRMC pénètre l’obscurité du HF6 et tente de se tailler un son au sein de cet espace résonnant.

Après quelques heures sans guitare, le retour des cordes est fort plaisant. Ca gratte, ça frappe et ça hurle. Bref : ça fait du bien. Le trio relance complètement la journée en nous enduisant d’un son aussi gras que leurs cheveux.

Cigarette au bec pour la frime, Robert Turner chevauche jusqu’au devant de l’estrade, s’offrant aux photographes dans un halo rougeoyant, tandis qu’à l’autre bout des planches, Peter Hayes se concentre sur les premiers accords de « Beat The Devil’S Tatoo », morceau épique qui plante le décor.

Si le set est raccourci de cinq minutes en raison des problèmes susvisés, nos rebelles en cuir ne semblent pas contrariés pour autant ; car finalement, au bout de leur tournée européenne, ils semblent assez épuisés.

Mais ces professionnels sont suffisamment courageux pour laisser poindre une quelconque lassitude.

À l’autre bout de ce spectre musical, comme à l’autre extrémité géographique du festival, Erland Øye, qui en principe devait enchaîner, ne bénéficie que d’un parterre de spectateurs, divisé en deux.

Affichant son éternel entrain et sa légendaire bonne humeur, la moitié cérébrale des Kings Of Convenience se charge donc de repousser les nuages de pluie qui se sont amoncelés dans le ciel liégeois dès le début de la journée.

Ses titres ensoleillés ne tardent pas à gagner la sympathie d’une assistance, certes frileuse, mais qui succombe rapidement aux accents chaloupés de notre sympathique Norvégien à lunettes.

Et si le soleil, convié à la partie, refuse obstinément de se joindre à la party, au moins, la pluie cesse de jouer les troubles fête.

Retour à la boîte de conserve pour Balthazar.

C’est un des groupes qui monte en Belgique et on comprend pourquoi il va prochainement découvrir Forest national. La salle est bondée et apprécie rapidement leur mélange de rock alternatif et de pop. A nouveaux, une formation belge vient présenter son nouvel opus aux Ardentes. La nonchalance est inscrite dans les gènes du groupe et quand c’est savamment utilisé, c’est un plaisir. Le premier single de « Thin Walls » en est le parfait exemple. « Then What » régale l’auditoire par son ambiance atmosphérique et ce chant complètement brut sur la première partie du titre.

Et si le retard accumulé initialement est en passe d’être résorbé, il est quand même nécessaire de se hâter pour ne pas manquer le premier grand nom du jour, se produisant à l’extérieur.

Metronomy en concert, c’est toujours un grand moment. La pluie ne tombe d’ailleurs plus depuis quelques minutes. Coïncidence ? Pas sûr ! Joseph Mount, le chanteur aux cheveux bouclés se plait d’ailleurs à le souligner. Durant une heure, les Anglais vont parcourir leurs quatre albums sans déchet, enchaînant titres instrumentaux puissants (« Boy Racer ») et tubes plus classiques («  Love Letter », « The Bay » », …). Le public est un peu mou mais qu’importe, le rock à forte tendance électro de Metronomy transporte toujours autant. Quoi de plus sympathique que de regarder Olugbenga Adelekan, le bassiste, frapper dans les mains ou d’admirer la scintillante Anna Prior malmener sa batterie ? Quoi de plus symbolique d’ailleurs de voir le band clôturer son set par une de ses plus vieilles (et meilleures) compositions : le fracassant « You Could Easily Have Me » ?  Un bonheur !

Restait à se partager D’Angelo d’une part et Fauve d’autre part.

Le premier s’est fait attendre trop longtemps et ne suscite, de toute façon, aucun engouement chez vos deux reporters ; aussi c’est vers le deuxième que nos regards et nos oreilles se braquent.

Regards emplis d’a priori qui ne loucheront décidément pas dans la même direction.

L’un de nous deux note dans son petit calepin : ‘Je ne dénigre pas ce groupe. Les compositions sont solides et le concept autour du collectif intéressant. Mais si j’admets avoir apprécié certains moment de communion avec le public déchaîné, j’ai vraiment beaucoup de mal à prendre du plaisir lors du set des Français. Le ‘chant’ m’est insupportable et leur attitude prétentieuse ne me plaît guère. Je reconnais néanmoins que je devais être un des rares mélomanes peu emballés dans la salle, tellement l’ambiance y était folle. Un bon point pour Fauve sur ce coup là.’

Dans le même temps, le second chroniqueur gribouillait à la hâte : ‘Charriant d’énormes appréhensions et condamnant presque d’avance le groupe parisien, que je pensais truffé de fausses références (ou plutôt de références qui sonnaient faux), je dois rapidement mettre genou à terre.

Loin de la prétention que je croyais voir s’afficher dans ce refus d’offrir leur visage en image (les caméras des Ardentes prennent d’ailleurs soin d’éviter de cadrer de trop près les membres du band), je constate, non sans une certaine surprise, que Fauve sait se montrer humble face à une foule venue en adoration.

D’images, il est néanmoins beaucoup question, puisque le visuel est ébouriffant.

Sur la pellicule s’étalent des extraits de films ou de larges paysages qui contrastent avec la fureur des guitares. Un son énorme qui comme un tsunami, emporte rage, désespoir, révolte et tendresse.

Car il est bien question de ces thèmes dans les paroles qui, éructées tantôt dans un flot affolé, tantôt bercées par une voix suave ou scandées comme autant d’hymnes rebelles, renvoient aux préoccupations majeures d’une jeunesse déchirée (le sexe, l’amour, la haine, la détresse sociale, l’injustice, etc…)

Reniant mes idées reçues, réfutant ce sentiment d’être trop vieux et trop con pour aimer Fauve, je me joins à l’enthousiasme frôlant le délire et me laisse emporter, chahuter, bousculer par ce qui restera pour moi, l’ultime révélation de ces Ardentes.

À l’impassible, nul n’est tenu !!!!!’

La lecture croisée de ces deux témoignages reflète somme toute assez bien les avis partagés sur un combo qui, décidément, ne laisse pas indifférent.

Les bars pris d’assaut pour écouler les derniers tickets, les portiques de sortie prêts à accueillir la masse de festivaliers encore présente, la nuit se referme sur ces dernières Ardentes vécues sur le site de Coronmeuse.

Quant à savoir où nous nous rendrons en pèlerinage l’an prochain, il faudra encore se montrer patient, car rien n’a été divulgué lors du point presse clôturant cette édition.

Chaque chose en son temps…

Organisation : Les Ardentes.

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Cactus 2015 : dimanche 12 juillet

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Après Goose et Balthazar, un troisième formation belge va clôturer la journée : dEUS. Le band anversois tourne également tout l’été dans les festivals. L’an dernier, il a fêté ses 20 années d’existence ; et puis c’est une valeur sûre du rock noir-jaune rouge, mais également international. Le temps est plus frais aujourd’hui. Tant mieux ! Quelques gouttes de pluie tomberont au cours de la journée, mais sans devoir pour autant sortir les k-ways et les parapluies…

Benjamin Clementine a publié son premier opus cette année. Il s’intitule « At Least for Now ». Ce Londonien d’origine ghanéenne (NDR : installé aujourd’hui à Paris) possède un fameux organe vocal, dont l’amplitude oscille entre le baryton et le ténor. Une sorte d’hybride entre Terence Trent d'Arby et Anthony Hegarty des Johnsons. Et profonde, sa voix est capable de toucher l’âme. La répétition de la mélodie et des paroles est souvent utilisée, ce qui rend les compos à la fois méditatives et hypnotiques. Il s’accompagne au piano, et est soutenu par un violoncelliste, un bassiste et un drummer. Et il nous raconte ses récits de vie qu’ils soient douloureux ou sensuels, qu’il interprète parfois d’une manière théâtrale ou lyrique, sur une musique qu’on pourrait qualifier de soul/jazz…

Two Gallants n’a pas autant de succès que les White Stripes, Black Keys ou Royal Blood, mais le duo possède un style bien spécifique, une sorte d’indie lo-fi au sein duquel interviennent des éléments de folk, blues, rock et punk. Tout ayant le soin de préserver le sens mélodique. Une musique authentique, mordante, crue, aux textes surprenants et profonds, presque poétiques qui évoquent des images de l’Ouest sauvage, ses hors-la loi, leurs peines d'emprisonnement, leur solitude, etc.

Le hurlement de Stephens est desséché et guttural. Les assauts de Vogel sur son tambour sont puissants, violents même ; et pourtant, il parvient à combiner la brutalité et une finesse technique peu commune. Mais il faut croire qu’au fil du temps, le duo a ajouté davantage de subtilité à son expression sonore. Emeute viscérale, chœurs morbides, cordes de guitares glissando, piano et accès d’harmo s’intègrent parfaitement à une musique bruitiste dont la sensibilité est à fleur de peau. « We Are Undone », leur dernier LP est paru en février dernier…

Multi-instrumentiste, James Vincent McMorrow est également compositeur et chanteur. Cet Irlandais possède un falsetto qui évoque Bon Iver, sans les overdubs. Il reprend le « Higher love » de Steve Winwood, un artiste qui doit avoir marqué James, même si sa musique est davantage coulée dans une fusion de folk, de pop et de roots… 

Anna Calvi est britannique. Particulièrement douée à la six cordes, elle reconnaît pour influence majeure Jimi Hendrix. Une référence de choix ! Et elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre PJ Harvey, Nina Simone et Tania Donelly, dont elle joue comme un instrument. Une voix tour à tour veloutée, frénétique ou frémissante. Sur les planches, elle est soutenue par un drummer un claviériste qui passe parfois à la gratte et une préposée aux percus, aux synthés et au xylophone, qui se sert également d’un orgue à soufflets comme chez Lola Colt. Le set s’ouvre par la cover du « Ghost rider » de Suicide. Et inclura une autre reprise, le « Jezebel » de Frankie Lane. Le son est parfait. Et le répertoire oscille entre titres de britpop mid tempo, malheureusement sans grand relief, et morceaux plus complexes et percutants. C’est dans le second registre que sa musique botte le mieux votre serviteur, évoquant paradoxalement la scène west coast de la fin des sixties et du début des seventies. Pensez à Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service, Grateful Dead et même parfois aux Doors. Sous cette forme, les compos sont vraiment épatantes ; elle y donne tout ce qu’elle a dans les tripes et vous flanque des frissons partout. Et ses riffs ainsi que ses solos se révèlent alors aussi ravageurs qu’incisifs… A ce jour, elle ne compte que deux albums à son actif. Si elle a l’audace de s’ouvrir de nouveaux horizons plus expérimentaux, elle peut devenir une nouvelle figure incontournable de la scène rock (NDR : qui a dit que le rock était mort ?)

Après le set de Thurston Moore, je le confirme, il est toujours bien vivant… Le natif de Floride s’était déjà produit au Cactus en 2013, flanqué de son Chelsea Light Moving, pour un show mémorable. Et celui-ci ne le sera pas moins. Le line up a changé, puisque c’est l’ex-My Bloody Valentine, Debbie Googe, qui se consacre à la basse et l’ex-Nought, James Sedward, à la seconde gratte ; mais apparemment, ce n’est pas l’ancien drummer de Sonic Youth, Steve Shelley, qui se charge aujourd’hui des fûts. Car de Sonic Youth, il faut en parler ; et pour cause, la musique de Moore semble reprendre son chemin là où il avait laissé « Bad moon rising », « Evol » et « Daydream nation »…

Le set démarre avec 10 minutes d’avance sur l’horaire prévu. L’intro est bruitiste, psyché. C’est l’ouverture de « Forever more », une compo de plus de 10 minutes. Le ton est donné. Et la plupart des morceaux seront aussi longs (NDR : si pas plus), complexes, intenses, hypnotiques, climatiques, parfois langoureux et le plus souvent mélodiques. Thurston s’appuie sur un pense-bête placé sur un pupitre, pour lire les paroles des ses chansons. Sa voix est déclamatoire. De temps à autre vindicative. La ligne de basse est implacable et les drums souples. Et le second gratteur conjugue ses cordes à celle de Thurston, à la perfection. Ce noisy rock est parfaitement maîtrisé par le quatuor, même quand Moore vient coller sa six cordes contre l’ampli pour en extraire du feedback. Mon coup de cœur pour l’édition 2015 du Cactus.

Place ensuite aux Kooks. Lors de la sortie de leur premier elpee, en 2006, « Inside In/Inside Out », la consécration leur était promise dans un futur proche. Faut dire que cet opus était excellent, et puis que la formation insulaire pouvait compter sur un contingent d’aficionados (des filles surtout) particulièrement fidèle et exubérant. Malheureusement, la sauce n’a pas pris et The Kooks milite aujourd’hui dans la zone crépusculaire du pop/rock. Tout en continuant à séduire les adolescentes. Britpop à l’origine, leur musique s’est teintée de funk, de r&b, de gospel et d’électro. Elle est donc dans l’air du temps et plus vraiment originale. Mais finalement, devant un auditoire –inévitablement plus jeune– la bande à Pritchard (NDR : qui alterne constamment gratte acoustique et électrique) va accorder un set sympathique à défaut d’âtre transcendant, proposant des compos contagieuses, optimistes, agréables à l’oreille, et finalement bien meilleures que celles qui figurent sur les trois derniers elpees.

Restait donc dEUS. Depuis un an déjà, la bande à Barman célèbre son quart de siècle d’existence. Bien sûr, le line up du groupe a souvent changé et aujourd’hui il réunit Tom, Mauro, Klaas Janzoons, Stephane Misseghers et Alan Gevaert. La set list va puiser un peu dans toute la discographie du combo. Les meilleurs titres interprétés ? « Slow », « If you don’t get what you want », « 4 mains », « Bad timing » et le séduisant « Instant street », sans oublier les splendides « Little arithmetics » ainsi que « Serpentine ». Et enfin de parcours on aura droit aux plus classiques « Hotellounge », « Suds & soda » ainsi que « Roses ». Un bon concert, mais qui n’a rien apporté de neuf à tout ce qu’on a pu raconter sur la formation anversoise, au cours des derniers mois. On attend d’ailleurs qu’elle entre en studio pour enregistrer –enfin– un nouvel album…   

A l’année prochaine ! (Merci à Johan)   

(Organisation : Cactus Festival)

LaSemo 2015 : dimanche 12 juillet

La troisième journée est annoncée moins chaude au LaSemo. Le seul problème, ce sont les moustiques. Ils vous attaquent et piquent, sans crier gare.
L'affiche est encore superbe : Les Déménageurs (NDR : au sein duquel milite Perry Rose), Alice Francis, FaOn FaOn (NDR : la grosse surprise !) et surtout Joe BeL, auquel on accroche de plus en plus. La voix de cette jeune Lyonnaise vous ensorcelle littéralement. Sans oublier un régional de l'étape : le sympathique rebelle Cédric Gervy. Il va fêter très dignement son anniversaire en compagnie des festivaliers. Et cerise sur le gâteau, Bénabar ; pour y accorder sa seule date estivale en Belgique.

Débarqué vers 13h30, je fonce vers le ‘Château’ pour assister au show des Déménageurs. Comme il y a deux ans, il va faire l’unanimité auprès des familles présentes. Ce sont des pros du spectacle capables d’adapter très intelligemment leur musique et les paroles dites ‘adultes’ pour nos petites têtes blondes.

Les Déménageurs, c’est un concept écrit et mis en scène par Yves Barbieux (Urban Trad). Il est né en 2002. Sur les planches il réunit Nelson (Perry Rose : chant et guitare), Lili (Marie-Rose Mayele : chant, danse et mise en mouvement), Georges (Didier Laloy : accordéon diatonique et percussions) ainsi que Stoul (Thierry Hercod : vielle à roue, chant, flûte à bec basse, low whistle et percussions). Les trois premiers sont parfois suppléés par Pascal Chardome, Laïla Amezian et Julien De Borman. Devant le podium, il y aura autant de monde que pour Poulycroc, Cédric Gervy, Robbing Millions ou Dalton Telegramme.

Les artistes ne son pas des manchots et vont régaler un auditoire enthousiaste, dont l’âge oscille entre 3 mois et 75 ans. Tout le monde est assis pendant le spectacle, au cours duquel on n’entend pas une mouche voler (NDR : des moustiques, quand même…) La veille, à la même heure, le Grand Ben avait régalé le même type de public. Les petits et les grands. Un vrai concert comme chez les parents ! Une vraie heure de bonheur au cours de laquelle musique, danses, et chansons –tantôt drôles tantôt tendres– nous (re)plongent dans l’univers du rêve. Les Déménageurs partiront bientôt en tournée au sein de l’Hexagone…

Direction ‘La Tour’ pour la première grosse pointure de ce troisième jour de festival, Alice Francis. Elle était déjà parvenue à mettre le feu lors de l’édition 2014 du LaSemo. Alice est née à Timisoara en Roumanie. Elle s’est établie, en compagnie de son groupe, à Cologne, en Allemagne. Un seul album à son actif « Saint James Ballroom ». Paru en 2013, il a littéralement fait le buzz.

Sur les planches elle est soutenue par Mr. Goldielocks et Sir. Chu-Min Yoo. Le trio pratique une sorte d’électro swing, aux accents charleston et jazzyfiants. Un peu comme au cours des années folles. Mais cette musique est judicieusement contaminée par le hip hop. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à la taxer de jazz hop ou de néo-swing.

Alice pourrait ressembler à une Josephine Baker contemporaine. Elle est vêtue d’un short de couleur bleue à franges et d’un body exotique. Mr. Goldielocks a enfilé une veste militaire de la marine. Il est coiffé de dreadlocks tirés en arrière et un bandana bleu lui enserre la tête. Il se plante à droite de l’estrade. Sir. Chu-Min Yoo, le troisième larron, porte un costume blanc. Il s’installe à gauche.

Alice chante et s’exprime dans la langue de Voltaire. Elle parle beaucoup avec le public ; et pas dans un français hésitant, mais chargé de passion. C’est outre-Rhin qu’elle a commencé à prendre de l’envergure, en assurant le supporting act pour Parov Stelar et les spécialistes du genre, Caravan Palace. Différence, mais elle est de taille la troupe française se sert, en live, de véritables instruments, alors que si Alice chante réellement, et mène vigoureusement le bal, comme Zoé d’ailleurs, ses deux acolytes se servent uniquement de machines.

Un peu dommage, ce semi play-back, même si les trois musicos vont mettre le souk au sein de l’auditoire.  

Une petite balade au sein du site, avant de se diriger vers la scène ‘Découvertes’. Parmi le dédale activités ludiques proposées lors du festival, on y rencontre des spectacles de cirque et des arts de la rue.

Joe BeL (NDR : à son actif deux Eps prometteurs, « In The City », paru en 2012 et « Hit The Roads », en 2015 ; et un premier elpee est prévu pour début 2016) va donc se produire enfin sous la forme d’un trio électrique. Ils sont tous issus de Lyon. Votre serviteur avait déjà eu l’occasion d’assister au set de Joe en solo. Elle était alors uniquement armée de sa guitare. Et puis en mai dernier, dans le cadre des Nuits Botanique. En duo. Elle était soutenue par Benoît Richou –il l’accompagne depuis deux ans et demi– à la gratte électrique ou acoustique ainsi qu’à la basse.

Ces deux derniers sont épaulés ce soir par Jean Prat aux drums. Timide et sensible, Joe est rongée par le trac, mais pas sur les planches. C’est là qu’elle prend une autre dimension. Et vous aurez bientôt l’occasion d’en savoir davantage sur cette artiste, puisqu’elle a eu la gentillesse d’accorder une interview à Musiczine.

Chaude, la voix de Joe campe un hybride entre Nneka, Selah Sue, Nina Simone, Norah Jones et BJ Scott, le grain soul de Sarah Carlier, en plus.

Le set s’ouvre par « No, No », une chanson qui raconte l'histoire d'une personne qui ne tient jamais parole. Progressivement sucrée, elle est soulignée par un filet de sèche. Si au départ la foule semble distraite et couvre sa prestation, rapidement, elle finit par s’appliquer et l’écouter religieusement. Joe utilise sa voix comme un instrument. Et si son toucher de guitare est chargé de feeling ; il est surtout susceptible d’atteindre l’âme.

« Stronger » est une compo paisible, tendre et fragile, que transcende la voix de Joe. Après cette chanson, Joe demande au public comment il se porte. Elle s’adresse également aux premiers rangs en signalant que parfois on pense qu'on a le temps et la vie devant soi. Mais que tout passe toujours trop vite. Il faut donc profiter des gens que l'on aime. La set list alterne nouveaux titres et morceaux issus de ses deux premiers Eps. Dont le titre maître de « Hit The Roads », et « Lonely » qui clôt le set.

Elle se produira en concert le 24 juillet à Louvain La Plage, le 18 août dans le cadre du Brussels Summer Festival, et le 21 janvier 2016, à l'Ancienne Belgique.

De Didier Wampas, on retiendra surtout que son show est survitaminé, et qu’il se démène comme un beau diable. Mais pour la première fois en 3 jours, le son est mauvais. Les infrabasses sont trop envahissantes. Je préfère donc m’éclipser et cède le relais à Stéphane pour la suite du compte-rendu. (D.D.)

Qui est déjà occupé de contempler deux demoiselles sur la petite scène du ‘Château’. Elles ont choisi pour patronyme faOn faOn.

Le mot ‘faon’ désigne le ‘petit’ chez différentes espèces, notamment celui du cerf, du chevreuil, du daim ou du renne.

Ici, il n’est rien puisque sous ce nom particulier, se cachent deux filles fort jolies et âgées d’une vingtaine d’années. Fanny Van Hammée et Olympia Boule.

Deux femmes fusionnelles qui partagent un projet commun situé à mi-parcours entre électro tribale et folk poétique, naïve et sauvage.

La formation minimaliste impacte, il est vrai, la richesse musicale de ce duo. Une batterie pour l’une et deux synthés pour l’autre. Parfois, une guitare acoustique vient saupoudrer le tout. Ce ne sont probablement pas des gonzesses qui on suivi une formation académique !

Mais quand bien même ! Elles parviennent à véhiculer certains sentiments empreints de tristesse et de mélancolie. Ces deux biches suivent quelquefois également des chemins sinueux, tendrement sauvages, conduisant le public lambda vers une forme d’onirisme !

La musicalité est douce, légère et vaporeuse. A l’instar d’une Emilie Simon qu’elles ont choisie pour référence. On se laisse bercer par ce son particulier et ce timbre de voix fragile et par moment, éraillé.

Il règne un climat ouaté, feutré même, au sein de l’expression sonore. Qui serait davantage adaptée à des salles intimistes.

A revoir prochainement !

Il est 20 heures lorsque Cédric Gervy pointe le bout de son nez, guitare acoustique en main. Il débarque sur le podium du ‘Château’. D’entrée de jeu, la foule réunie en masse, reprend en chœur ‘Joyeux anniversaire’.

Le gaillard fête ses 43 balais aujourd’hui. La réaction du public lui fait chaud au cœur et on le comprend !

On peut dire que l’arroseur est arrosé !

Il écume les scènes belges uniquement en solo. Il s’est lancé, pendant quelques années, au sein d’un projet collectif : Cedric (et les) Gervy ; impliquant Mr Chapeau, le gratteur RenRadio et le drummer Tyler Von Durden. Courant 2009, ce dernier a été remplacé par The Robot.

Balayant d’un revers de la main cette quasi-étape obligée de starification, il a préféré mettre un terme à cette collaboration afin de poursuivre en solitaire la propagation de sa bonne humeur. Le titre « Putain, j’ai failli être connu » est éloquent à ce sujet.

Son fil conducteur, c’est le calembour. Mais pas que !! Parce que le leitmotiv va bien au-delà. Chacune de ses chansons véhicule des messages forts et pertinents !

Cédric Gervy dépeint en effet les problèmes sociétaux à travaux des thématiques choisies en fonction du moment (la crise, l’addiction aux jeux, …)

Détail intéressant, l’auditoire est alors composé d’une pyramide des âges assez large. De très jeunes enfants accompagnent leurs parents. C’est dire la popularité de ce mec. Tout a fait justifiée d’ailleurs !

Il y a belle lurette que votre serviteur connaissait cet artiste. Il avait pu l’apercevoir lors d’une édition du Wolf Rock à Dour. L’envie de l’interviewer était grande ! Un véritable honneur en ce qui me concerne ! J’ai rarement vu une personne avec autant d’authenticité et de sincérité. Proche de son public, proche des gens !

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade ! C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul ! Faudrait même que la sécurité sociale rembourse chacune de ses prestations tant il fait du bien à l’âme ! On en ressort complètement soulagé.

Ses plus gros titres ont été scandés par un parterre en transe : « George est content », « Playstation », « Bonne année quand même », « Walibi », « Que c’est chiant le reggae », …

Le titre légendaire « Formidable », complètement détourné à la sauce Gervy, stigmatise les joyeuses entrées de Philippe et Mathilde. Il a promis de ne plus le jouer à l’avenir. Dommage !

Sans oublier « La moitié d’un père » qui m’est spécialement dédicacé pour l’occasion. Merci à toi Cédric pour ce geste que je n’oublierai jamais !

Il est maintenant l’heure de se dire au revoir. Pour marquer le coup, un grand nom de la chanson française vient fouler l’herbe fraîchement coupée de la plaine du LaSemo.

Bruno Nicolini, alias Bénabar, s’est lancé corps et âme dans la chanson, il y a plus de vingt ans déjà.

Plutôt doué et davantage passionné par les textes que par le côté académique de la musique, pour lequel il ne voue d’ailleurs pas une réelle affinité, il déchiffre les partitions au feeling, en parfait autodidacte.

Un talent confirmé dont les multiples rencontres vont faire de lui ce qu’il est devenu.

Son pseudo puise son origine dans l’univers du cirque. Réel ou imaginaire, le clown Barnabé est devenu Bénabar, verlan oblige.

L’artiste affirme un style tout en douceur, mais personnel. Il aime croquer la thématique du quotidien, pénétrer dans l’intimité des gens et pointer leurs défauts comme pour les faire accepter.

Il y a beaucoup de candeur chez lui ! Une timidité maladive même !

Il fait mine de bouder le public prétextant se réserver pour ses prestations française. Les compatriotes belges ont bien compris la portée humoristique de ce lâcher prise et applaudissent à chacune de ses interventions. Ce qui a communiqué une touche irréaliste bien plaisante à vivre !

Parce que Benabar est comme ça ! Généreux et les pieds sur terre, il fuit ce star system crasseux. Il privilégie l’interaction avec son public au caractère glacial et mercantile du métier.

Chez lui, il se passe toujours un truc. C’est naturel et viscéral ! Il ne se limite pas simplement à un récital parce la scène n’est tout simplement pas un service après-vente, mais un produit neuf et à part entière, à défendre.

Influencé par Brel, Brassens, Renaud et Higelin, cet amoureux des mots cultive un savant mélange d’humour et de gravité. A tour de rôle, il passe du piano/voix à des chansons plus électrifiées. Aucun temps mort !

Perfectionniste dans l’âme, il injecte toujours beaucoup de passion dans ce qu’il réalise et l’exprime à travers une musicalité tendre et amère à la fois.

Après un show qui va durer approximativement 1 heure 30, le bonheur envahit les badauds présents. Les yeux écarquillés et sourires béats en disent long ! Un joli moment qui restera longtemps gravé dans nos cœurs !

Le LaSemo est un festival écologique à taille humaine. Pour sa huitième édition, il a drainé sur les 3 jours, 20 000 festivaliers. Des prix démocratiques. Une affiche musicale exceptionnelle et alléchante. Des bénévoles accueillants. Des activités ludiques pour les plus jeunes à profusion. LaSemo, on se revoit en 2016…

(Organisation: LaSemo)

 

 

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