La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Jon Spencer
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Lokerse Feesten 2015 : samedi 8 août

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C'est le neuvième jour que votre serviteur arpente le Groote Kaai, dans le cadre des Lokerse Feesten, un festival qui s’étale sur 10 jours. Remarquablement organisé, il prend soin du festivalier. Une seconde scène, la Red Bull Elektropedia Room, est destinée aux nightclubbers ; c’est-à-dire à une majorité de djeuns. Quelques grosses pointures de la techno et de l’électro y sont programmées. Votre serviteur commence à avoir mal aux guiboles ; mais pour être beau (par la musique), il faut savoir souffrir.
Ce soir, Giorgio Moroder (71 balais) se chargera du Dj set alors que la tête d’affiche sera assurée par Nile Rodgers (68 ans). Fondateur de Chic et père du funk moderne, ce guitariste hors pair a notamment produit Bowie, B52’s, Mick Jagger, Madonna et Duran Duran...

Mais le premier artiste à grimper sur l’estrade, c’est Tourist LeMC. A ce jour, il a gravé un elpee, « En Route ». Les lyrics sont interprétés dans la langue de Vondel. Drivé par le rappeur anversois Sergio Herman, sorte de troubadour des temps modernes, ce crew réunit des potes. Notoire au Nord de la Belgique, il ne manque pas de talent. En fait, il n’explore pas seulement le hip hop, mais aussi des tas d’autres styles, comme le folk, le reggae, la country ou la pop. Des genres qu’il maîtrise à la perfection, tout en soignant le sens mélodique de ses compos. Parfois même son univers devient visionnaire, nous entraînant au cœur des grandes plaines de l’Ouest des States, à l’instar d'un Milow. Et puis, il n’en est pas à une collaboration près ; il a ainsi bossé en compagnie de Flip Kowlier pour pondre « De Troubadours », une véritable perle.

« En route » est ici alimenté par des tas de cordes acoustiques, mais pas de banjo, comme sur l’opus. Une instrumentation au sein de laquelle on retrouve néanmoins, de la guitare, de la clarinette et du violoncelle. Un chouette moment !

Quand on évoque Ostende, on pense à sa plage et aux moules. Mais aussi à James Ensor et Arno. La ville balnéaire devra aussi bientôt compter sur The Van Jets. La colonne vertébrale du band est assurée par une fratrie depuis 2003, en l’occurrence les frères Verschaeve. Gagnant du ‘Rock Rally’ en 2004, le band est responsable de quatre long playings à ce jour ; et le dernier s’intitule « Welcome To Strange Paradise », un disque produit par l'Anglais Leo Abrahams (Jon Hopkins, Brian Eno). Le band était d’ailleurs venu le défendre –brillamment– à l’AB. Et puis The Van Jets est presque devenu un résident des Lokerse Feesten. C’est déjà la troisième fois qu’il figure à son affiche.

Grand, Johannes –le chanteur– est coiffé d’un chapeau mou. Il a enfilé un pantalon noir trop court. Ses chaussettes et ses baskets sont de couleur rouge. Personnage charismatique, il fait chavirer les cœurs de l’auditoire féminin. A plusieurs reprises, il va au contact de la foule, au sein de laquelle il va prendre quelques bains…

Le set s’ouvre par « Welcome To Strange Paradise », le titre maître du dernier LP. Et dès le départ, c’est le chaos dans la fosse. Pop/rock, le style du combo est très susceptible de déraper dans le glam, mais également de se convertir à l’électro. Tout en préservant ce sens mélodique spécifique et –ma foi– contagieux…  

Nile a marqué la musique des 4 dernières décennies. Ses accords de gratte, il les a plaqués sur des tas de disques, et notamment ceux de Madonna, Bowie, Daft Punk, INXS, Sheila, Sister Sledge et bien-sûr Chic, combo qu’il avait fondé en compagnie de son pote Bernard Edwards, décédé en 1996…

Le backing group est constitué de quelques pointures : deux claviéristes/vocalistes (Richard Hilton et Selan Lerner) sont installés à chaque extrémité de l’estrade. Raph Rolle se charge des drums et des backing vocaux. Jenny Barnes se consacre à la basse. Deux cuivres : le trompettiste Steven Jankowski et le saxophoniste William. Enfin, Nile est entouré de deux choristes, Folami Thompson et Kimberly Davis-Jones. Un artiste resté humble malgré sa notoriété. Pour avoir eu la chance de le rencontrer en 2011, votre serviteur peut le confirmer. Nonobstant son âge, le papy est en pleine forme. Il monte le premier sur le podium. Souriant, tout de blanc vêtu, son rituel bandana lui enserrant les cheveux coiffés en dreadlocks, il sonde la température de l’auditoire et immortalise l’événement en prenant quelques photos à l’aide de son iPhone. Cool, il discute longuement et sans complexe avec son public. Un public composé de nostalgiques des boules à facettes, mais également de novices et de curieux.

Le show s’ouvre par deux brûlots qui ont enflammé les pistes de danse, sous la ‘mirror ball’ : « Everybody Dance » et « Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah », deux plages issues du long playing « Chic », gravé en 1977. Nile et ses deux choristes font face au drummer qui incite le public à frapper dans les mains. Jenny et Raph constituent une section rythmique d'enfer. Les choristes n’hésitent pas à pousser leurs voix dans les derniers retranchements. Nile se déplace de gauche à droite et invite la foule à chanter. Le Groote Kaai est transformé en immense dancefloor. Dès le troisième morceau Rodgers interroge les festivaliers, et demande à celles et ceux qui l’ont déjà vu en ‘live’, de se manifester. Finalement, de nombreuses mains se lèvent… Les versions de 2015 sont différentes de celles enregistrées en 1977. Davantage funk, techniquement plus élaborées et pas du tout disco. Rodgers et Edwards avaient notamment signé deux compos pour Diana Ross, « I'm Coming Out » et « Upside Down ». Tout au long de ces deux titres, des vidéos réactualisées sont projetées en arrière-plan. A ce moment, ce sont les filles qui mènent la barque, même si funkysant, le morceau est balisé par la six cordes de Nile. En fermant les yeux, des images défilent dans la tête…

Chic a également prêté sa plume à The Sister Sledge. Bien soutenu par les cuivres et les chœurs, il se réserve alors le micro pour « He's The Greatest Dancer », « Lost In Music » et « We Are Family ». Nile avoue à l’assistance, qu’il adore se produire en Belgique ; surtout pour la qualité de ses festivals. Il n’a pas oublié son ami Bernard Edwards, disparu des suites d’une pneumonie. Et tout au long de « Chic Cheer » (« C'est Chic », 1978), son âme plane sur le Groote Kaai… Nile évoque également son cancer, qu’il est parvenu à vaincre et la fondation qu’il a créée pour la recherche, 'Planet C'. Les hits composés pour d’autres artistes défilent : « Notorious » (Duran Duran), « Spacer » (Sheila), « Thinking Of You » (The Sister Sledge), « Lady (Hear Me Toninght) » (NDR : pour lequel le band français Modjo avait créé un sample du « Soup For One » de Chic) et « Like A Virgin » (Madonna). Sans oublier l’incontournable « Let's Dance » (Bowie), une version rock vitaminée au cours de laquelle le batteur va se mettre en vedette, en se consacrant aux vocaux. Pendant le « Get Luky » (Daft Punk) la foule reprend le refrain en chœur. Après « My Fobidden Lover », « I Want You Love », « Le Freak » et « Good Times », le set s’achève par « Rapper's Delight », un final au cours duquel plus de 20 personnes sont invitées à grimper sur l’estrade.

Chic vient de publier son premier album depuis 23 ans : « It's About Time ». Une compile d'anciennes chansons inachevées, entamées au cours des eighties, dont on ne retiendra que « I'll Be There » et « Back In The Old School ». Des adaptations qui sentent quand même le réchauffé, même si elles ont été mitonnées à la sauce contemporaine. Bref le show a quand même duré 120 minutes. Et Nile Rodgers ne quitte le podium que lorsque tout le matériel est embarqué. Impossible de le mettre dehors. Il présente même l’artiste qui le suit, Giorgio Moroder, un autre illustre personnage qui lui, a marqué les 70’s. Et s’attarde même backstage, en compagnie de quelques aficionados qui ont la chance de le rencontrer.

Bien que natif d’Italie, Mr Giorgio Moroder salue la foule 'In een perfect Nederlands'. Le Transalpin a délaissé le disco –et par la même occasion la boule à facettes– mais il va tenir la foule en haleine. Malgré l’heure tardive (NDR : il est 2h00 du matin), il parvient également à transformer le Groote Kaai en dancefloor. Une superbe soirée avec un grand 'S' !

Giorgio Moroder + Nile Rodgers Feat Chic + The Van Jets + Tourist LeMC

(Organisation : Lokerse Feesten)

(Voir aussi notre section photos ici)

Micro Festival 2015 : samedi 7 août

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Le Micro Festival est un lieu unique destiné aux amoureux de musiques dites alternatives et qui aiment nager au large du rock, du blues, du trash ; baigner au son du garage, du psyché, du krautrock, du math rock ou encore se noyer dans le noise et toutes les dérives sonores qui peuvent les emporter au loin d’horizons escarpés… Place au compte-rendu de la sixième édition.

Les neurones sont à peine reconnectées, faute au manque de sommeil, qu’il est temps de foncer vers la cour de l’Espace 251 Nord pour découvrir l’une des nouvelles sensations belges : The Glücks . Instinctifs et primitifs, les Ostendais nous livrent un rock/garage teinté de psychobilly terriblement efficace. Un groupe à suivre.

Juste le temps de respirer et d’avaler quelques bières avant de se plonger dans la kermesse bavaroise des trois Suisses allemands de Klaus Johann Grobe. Une intro folklorique qui vire rapidement vers un krautrock davantage psychédélique. Frappant ensuite à la porte de Notwist, la basse centrale, le Moog et la voix hypnotique du chanteur se teintent finalement d’un krautpop plus délicat. Une choucroute d’excellente facture, encore faut-il aimer.

Le Français Romain Turzi s’était déplacé à Liège pour projeter son cinéphile, cinétique et aventureux troisième elpee, paru récemment sur Record Makers (Sébastien Tellier, Kavinsky...) Intitulé « C », comme cinéma, cet opus souffre cependant d’un défaut de perspective visuelle sur les planches. Un décor trop sombre pour des images hautes en couleur. Imaginez un univers pur rock qui nous convierait, dans l’obscurité, à parcourir les plaines d’un western Spaghetti. Ou encore, ‘Bombay’ qui viendrait habiter les scènes d’action d’un film de Bollywood. Un mélange original de rock/garage, d’électro et de grandiloquence qui pourrait cependant paraître un peu pompeux pour certains mélomanes.

Le one-man band show de Beat Zeller, figure légendaire de l’underground blues/trash/garage et patron charismatique du label Voodoo Rythm, apparaît certainement comme le phénomène de foire de cette soirée. Le visionnaire helvète nous a en effet régalé d’un rock primitif aux illuminations sataniques et a foutu une sacrée fièvre aux nombreux invités du chapiteau. Un magma sonore qui aurait pu servir de remake blues/trash/psychobilly à ‘La Nuit du Chasseur’. Reverend Beat-Man, un surhomme à voir absolument sur scène !

Redescente rapide d’adrénaline en compagnie de l’incontournable Jacco Gardner. En effet, il n’est plus nécessaire de vous présenter la valse psychédélique du Hollandais volant. Un psych/rock toujours de bonne facture qui vous retranche dans vos rêves les plus doux et, ce soir, frôle la narcolepsie. Mignon mais monotone.

Il en ira tout autrement lors de la présentation du « SYNTHS + DRUMS + NOISE + SPACE » (titre pertinent du premier album) d’AK/DK .

Ici, Ed Chivers et Graham Sowerby font honneur aux batteries (2 drummers frontstage) et martèlent les synthétiseurs ‘vintage’. Un duo puissant qui épuise l’LP jusqu’à la corde de leur riot pop exubérante proche des univers de Dan Deacon et des Polysics. Un joli feu d’artifice final coloré de space/kraut/disco/pop/dance/progressif qui illustre assez bien l’affiche du Micro 2015.

Malgré mes piteuses connaissances en musique électronique, il me semblait pourtant important de signaler la présence de l’excellent Al Lover  en clôture du festival. Derrière ses platines, le jeune Californien (NDR : il est issu de San Francisco) constitue pourtant une référence dans l’univers du psychédélisme. Proche de Brian Jonestown Massacre, il est capable de mixer tous les genres et toutes les époques à sa sauce hypnotique et addictive. Jolie découverte !

Il est grand temps d’aller se reposer avant d’attaquer la traditionnelle foire du disque et le légendaire tournoi international de chaise musicale du dimanche. Une journée festive et folklorique à ne pas rater.

Rendez-vous l’année prochaine et n’oubliez plus de réserver vos places !!!

(Organisation : JauneOrange)

 

 

Micro Festival 2015 : vendredi 6 août

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Ici, c’est avant tout un état d’esprit.
Le Micro Festival est un lieu unique destiné aux amoureux de musiques dites alternatives et qui aiment nager au large du rock, du blues, du trash ; baigner au son du garage, du psyché, du krautrock, du math rock ou encore se noyer dans le noise et toutes les dérives sonores qui peuvent les emporter au loin d’horizons escarpés.
Et où les groupes se calent, chacun à leur tour, sur un podium unique, abrité sous la toile d’un chapiteau.
Doté d’une programmation pointue chinée aux quatre coins du monde (du Japon à l’Irlande, en faisant un crochet par le Danemark ainsi que les States et bien plus encore, d’année en année), savamment orchestré, le festival ne cherche pas la hype mais tisse, au fil de ses éditions, un espace singulier et ultra convivial où il fait bon vivre et festoyer.
Car ici, tout fonctionne comme si le temps s’était arrêté. On flâne d’une échoppe à l’autre, on tape la discute autour d’une bière ou d’un mets artisanal, on cherche sa Fabiola, on pédale pour fabriquer son smoothie… avant de se rendre lentement vers la scène au pas… ou pas !
Bref, on laisse le temps au temps, car, tranquille, vous avez 40 minutes entre chaque artiste ou groupe durant lesquels vous pouvez également vous éclater devant l’un des nombreux DJ sets.
La sixième édition, fidèle au succès croissant, affichait sévèrement sold out, mettant ainsi de nombreux festivaliers au paddock.
Petit conseil : n’oubliez pas de réserver vos places pour l’année prochaine !

La Jungle était donc le premier à lancer le rythme au milieu des 12 formations ou artistes présents cette année à l’affiche.

Et ça commence fort.

Un de ces rythmes méchamment énervés qui se lance sans détour vers une noise tapante que soutient une puissante batterie math/rock.

Peu d’intermèdes pour les quatre Montois qui nous prennent brutalement à la gorge et ne nous lâchent qu’à la dernière note haletante (comme nous).

Un réveil délicieusement brutal qui profile la suite des événements.

Une suite qui revêt l’apparat d’une grosse déception : pas une Irlandaise à l’horizon chez Girl Band !

En lieu et place, un rock lourdement burné et convulsif.

À l’image du dernier morceau, cette musique éructe brillamment du Captain Beefheart sans oublier de passer par The Fall.

Sec et sauvage d’un bout à l’autre, abrasivement mutin, soit un rock bien noise à consommer, protégé par un bavoir.

Ensuite, place à la bande d’Elias Bender Rønnenfelt, fortement attendue lors de cette sixième édition.

Iceage débarque et toutes les oreilles se dressent à l’écoute…

Du moins celles suspendues dans le cirque où s’installe le combo.

Une attention particulière accentuée par le changement artistique du band suédois lors de la sortie de son troisième opus.

Un virage passant du hardcore à tendance Post-Punk vers une musicalité moins abrasive, moins spontanée et volontairement plus contrôlée.

Un virage sous le feu des projecteurs soulignant, je cite : ‘Un sens de la théâtralité à la Nick Cave, un romantisme morveux à la Libertines et une noirceur bastringue à la Tom Waits’.

Un bien beau manifeste qui en live, s’entend pourtant différemment !

Car au final, fidèle à la rugosité de ses premières sorties, l’âme profonde d’Iceage, toujours bien vivante, remet les choses en perspective.

La gueule d’ange d’Elias poursuit ses hurlements punks et le choc reste authentique.

Un set quelque peu linéaire qui au demeurant va lasser une partie de l’assistance, restée confinée par seul souci de ne pas trop se mouiller.

C’est que dehors, les hallebardes se sont invitées !

Le public bravant les cascades d’eau pour un salvateur ravitaillement avant de découvrir avec bonheur que les Nipponnes friponnes de Buffalo Daughter ont pris place sur les planches.

Certes, elles accusent une demi-heure de retard ; mais elles sont bien là !

Armées de leur guitare, d’un Moog et de multiples boîtiers électroniques, le band japonais est prêt à nous livrer sa musique excentrique et kaléidoscopique dans laquelle Kraftwerk serait le contemporain des Beatles.

Original mais pas inédit, ce groupe tourne pourtant depuis le début des années 90.

Période au cours de laquelle il avait signé sur le label Grand Royal (Beastie Boys) avant de bénéficier de la collaboration d’Air, d’U.N.K.L.E…, et la liste est loin d’être exhaustive. Pour, enfin, se tourner vers de grands noms : Beastie Boys, Radiohead, Sonic Youth, REM…

Bref, un rock atypique qui vient naturellement prendre sa place au sein de l’affiche du Micro Festival.

Moins évidente, par contre, la présence d’Awesome Tapes From Africa, le projet musical de l’ethnomusicologue Brian Shimkovitz, venu clôturer cette première soirée d’ouverture.

Vissé au centre de l’estrade, ce dernier, se servant d’improbables lecteurs, dévoile son importante collection de… cassettes (oui, oui, le truc qu’on remonte à l’aide d’un crayon).

Un répertoire oscillant du folk à la house lo fi, mais surtout dédié aux musiques africaines récoltées lors de ses nombreux voyages sur le continent.

Bref, original… mais pas vraiment indispensable.

Ainsi se clôture la première partie de la mouture 2015.

Augurant d’un lendemain encore plus festif.

(Organisation : Jaune Orange)

 

 

Lokerse Feesten 2015 : dimanche 2 août

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Cette troisième journée des Lokerse Feesten est très particulière, puisqu’elle se focalise sur le métal. Sont programmés ce dimanche 6 groupes du style : Skindred, Epica, Channel Zero, Black Label Society, Rob Zombie et Soulfly. Le début des hostilités est prévu pour 16h15. Pourtant, malgré l’heure précoce, le Groote Kaai est déjà bien peuplé…

Et Skindred respecte le timing. Un quintet réunissant le chanteur Benji Webbe (coiffé de dreadlocks, il a noué un drapeau anglais sur son pied de micro), le gratteur Mikey Demus (il porte une longue barbe, digne de Billy Gibbons, le guitariste de ZZ Top), le bassiste Dan Pugsley, le drummer Arya Goggin et enfin Dan Sturgess derrière les platines. La formation compte déjà 5 albums à son actif : « Babylon » en 2002, « Rooots Rock Riot » en 2007, « Shark Bites And Dog Fights » en 2009, « Union Black » en 2011 et « Kill The Power » en 2014. Le métal de Skindred est teinté de ragga et de reggae. Mais également de punk. A cause de la rythmique et des riffs qui découpent les différents morceaux.

« The Imperial March » de John Williams (Stars War) ouvre le bal. Une brève cover qui met la barre très haute dès le début du set. Benji salue le public et demande de se bouger les mains et surtout le cul. Ainsi, dès « Kill The Power », un morceau sculpté dans l’électro-indus et le dubstep, les menottes et les popotins remuent allègrement. Détonnant, le cocktail ravit l’auditoire. Il n’y pas encore cinq minutes d’écoulées que la foule est déjà en effervescence. Et elle jumpe tout au long de « Domm riff », un extrait de « Union Black ». Faut dire que de nombreux Français ont débarqué ; et très accros au genre, ils participent activement à faire monter l’ambiance.

« Jump Around » est une cover de House Of Pain, déjà adaptée par Snoop Dogg. Le Dj cherche à faire monter la pression. Mais Benji n’et pas satisfait, l’interrompt et lui demande de recommencer. Une bonne idée, car la version va prendre une toute autre dimension. Le son est puissant. La basse ronfle, un peu comme chez Korn. Le guitariste et le bassiste se relaient dans leurs déplacements, pour ne pas faire retomber l’ambiance. L’auditoire est davantage réceptif à droite de l’estrade. Benji l’a remarqué. Endiablé, le set aligne quelques classiques, dont « Rat Race », « Ninja » et « Nobody ». Et réserve une reprise d’enfer du « Breathe » de The Prodigy. Benji se paie une tranche de bon sang en compagnie des spectateurs aux premiers rangs. Et le show de s’achever par « Warning ». Franchement, Skindred aurait mérité de se produire en soirée… Il s’agit de son premier spectacle en Belgique, et à mon avis, ce ne sera pas le dernier. Mais 30 minutes, c'est un peu court...

Responsable d’un rock métallique symphonique et mélodieux, Epica est actuellement en tournée, un périple baptisé ‘The European Enigma Tour’. Et il transite par les Lokerse Feesten. Le line up implique quatre mecs chevelus (NDR : les deux gratteurs, le drummer et le bassiste), un claviériste (NDR : il n’a plus un poil sur le caillou) et une chanteuse, en l’occurrence Simone Simons. Rousse, énigmatique, c’est une soprano. Malheureusement, la puissance du son couvre sa voix. Tout comme celles, plus rauques, des backing vocaux qui la relaient. Ce qui rend leur prestation peu convaincante…  

Place ensuite à Channel Zero. Des vétérans considérés comme un des meilleurs combos ‘live’ en Belgique. Ils avaient fait un tabac lors de leur show accordé à l’AB, dans le cadre de la sortie de leur elpee « Kill All Kings ». C’est leur seule date ‘électrique’, avant une tournée des clubs, prévue en automne, en mode unplugged. Lors du soundcheck, Franky nous présente un jeune fan qui se consacre déjà à la six cordes. Sympa !  

Des bouteilles d'eau sont disposées à la gauche du drummer. Des munitions dont va se servir Franky pour arroser la foule. C’est un rituel. Le set s’ouvre par « Suck My Energy », « Unsafe » et « Bad To The Bone », trois brûlots issus de L’LP « Unsafe ». Franky est heureux d'être à Lokeren, et nous le signale. Il assure le show. Il nous informe que Tino, le bassiste, vient d’être papa… « Fool's Parade » (« Black Fuel ») en revient aux choses sérieuses. C’est au tour de Mikey Doling d’assumer le spectacle. Ses solos sont précis et énergiques. Depuis la disparition du drummer Phil Baheux, Chris Antonopoulos a bien intégré le groupe. Les anciens aficionados ont certainement toujours une pensée pour lui. Encore une reprise, surprenante d’ailleurs, celle du « The Tropper » de Maiden. Le concert se termine alors par l’incontournable « Black Fuel ». Franky prend un bain de foule, bien mérité. Et rappelle Mikey, en backstage, pour venir déguster une canette ensemble…

Dans le domaine du métal yankee qui écrase tout sur son passage, les musicos de Black Label Society sont de véritables dinosaures. Jeff Fabb se réserve les drums. John DeServio, la basse et Dario Lorina, une des grattes. Ces deux derniers vont arpenter les planches de long en large, en changeant constamment de position, tout au long du show. Mais c’est surtout Zakk Wilde qui focalise tous les regards. Il s’est perché sur une estrade au centre du podium. Chevelu, barbu, il me fait penser au gorille King Kong, au sommet de l’Empire State Building. Il harangue la foule et se frappe violemment le torse, quand il ne triture pas sa guitare. Car il en change à chaque morceau. Ses solos sont précis et s’autorisent des envolées bien huileuses. Ca sent la sueur du rock'n'roll. Un peu trop lourd quand même à mon goût, mais de bonne constitution…

Changement de décor. De grands panneaux décorés par des photos de monstres sont placés en arrière-plan, et trois estrades disposées en avant-scène. Il déjà 22h00 quand déboule Rob Zombie, un stetson sur le haut de ses dreadlocks et un blouson à longues franges. Et il va nous en mettre plein la vue et les oreilles, pendant plus de 60 minutes. Rob est réalisateur de films d'épouvante ; et à l’instar d’Alice Cooper, sa mise en scène est théâtrale. Et sans le moindre artifice. Il qualifie son rock indus burné de barnum heavy metal psychédélique (NDR : pourquoi pas ?) Il est soutenu par John 5 (NDR : un gratteur qui a notamment bossé en compagnie de Manson et Piggy D) ainsi que de Ginger Fish. Ils sont tous les 3 déguisés en 'Anonymous'. Les influences de Zombie sont multiples. Elles oscillent de Kiss à Manson, en passant par les Ramones, Sabbath et Alice Cooper. Pas étonnant qu’il adapte à sa sauce le « Get Up (I Feel Like Being a Sex Machine) » du grand James Brown. C’est-à-dire sous un format électro-metal-indus, mais bien contaminé par le funk. Encore une cover, mais bourrée de testostérone, le « Blitzkrieg Bop » des Ramones. Et puis celle, absolument superbe du « School's Out » de l’inévitable Alice Cooper. A cet instant on se sent d’ailleurs transporté dans l’univers extravagant et angoissant du natif de Detroit. Tout comme son maître, Zombie est une véritable bête de scène. Et il est parvenu à tenir son auditoire en haleine de bout en bout, tout en n’oubliant pas d’épingler ses tubes incontournables. Un show magique ! Bref, Marilyn Manson peut remballer ses doudounes noires, sa perruque, ses containers réfrigérés à 17 degrés et ses attitude de gothique frigide…

Pas de Soulfly pour votre serviteur. Déjà vu et écouté. Je regagne mes pénates. Il y a encore une semaine de festival…

(Organisation: Lokerse Feesten) 

 

 

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

 

Ronquières 2015 : dimanche 2 août

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La nuit passée au camping a été particulièrement froide. Un vrai choc thermique ! Il faut dire qu’entre la veille et aujourd’hui, on enregistre près de 20 degrés de différence. Impressionnant ! Votre serviteur se réjouit néanmoins de fêter son d’anniversaire en écoutant de la musique en ‘live’. Y a-t-il plus beau cadeau ? Je ne pense pas. Bref comme d’habitude, direction la scène Tribord après un petit kilomètre de marche. Il est 13 heures. La journée peut vraiment commencer.

GrandGeorge entame les hostilités. Un bon choix de la part des organisateurs car, sous le soleil, sa bonne humeur et ses jolies mélodies pop communiquent un sourire naturel et matinal aux quelques mélomanes déjà présents. Certes, le Liégeois ne propose rien de révolutionnaire, mais ses compos sont excellentes. « So Fine » est d’ailleurs un de mes gros coups de cœur du week-end. Un titre au refrain accrocheur et des accords de gratte légers. De quoi faire mon bonheur.

Remarquable vainqueur du concours ‘L’Envol des Cités’, Rouge United a tout simplement gagné sa participation au festival. A nouveau, rien de sensationnel, mais un rock qui sent bon les States. En effet, pas besoin d’aller chercher bien loin leurs influences. Elles sont manifestes. Soutenue notamment par une guitare électrique particulièrement incisive, la voix légèrement cassée de la chanteuse –très jolie par ailleurs– constitue l’atout majeur du band. On devrait encore entendre parler du combo dans un futur proche…

Antoine Chance, c’est un peu le fruit d’un mélange entre pop insulaire et chanson française. L’artiste ne nie d’ailleurs pas ses influences. Mais s’il maîtrise parfaitement l’écriture de ses textes, leur simplicité dérape parfois dans une forme de banalité voire même de niaiserie. Ce qui me dérange profondément. Peu originaux, les thèmes abordés (amour, enfer, …) ne suscitent guère l’attention. Le petit poète devrait clairement donner de la consistance à ses lyrics. Ce qui n’empêche pas une partie du public d’apprécier. C’est sans doute dû à l’instantanéité de ses mélodies…  Et puis il ne faut pas oublier que l’auditoire du Ronquières est très éclectique.

Un peu d’originalité pour suivre. Talisco, alias Jérôme Alandi, mêle subtilement folk et électro. Un cocktail improbable qui finalement fait recette. On est même agréablement surpris du résultat proposé. Outre « Your Wish », titre le plus notoire, il nous réserve d’autres morceaux tout aussi épatants. Et notamment, « Follow Me », caractérisé par son chant atmosphérique et les interventions aussi parcimonieuses qu’efficaces de la six cordes. Ce jeune Français a vraiment du talent. Encore une belle découverte !

Dernière formation inscrite à l’affiche du festival, Kadebostany n’est certainement pas la moins renommée. Le succès de « Walking with a Ghost » en est certainement la plus belle illustration. La musique du duo est hybride, et oscille aisément de l’électro énergique à la pop la plus tendre. Tout en conservant une même intensité. Les compos sont très dansantes, et il n’est pas surprenant de voir plus d’un festivalier se trémousser devant le podium Tribord. Ce dimanche, me semblait à première vue, le jour le plus faible ; mais finalement, il se révèle plutôt agréable.

Après avoir sévi aux Ardentes et à Dour, Great Mountain Fire enchaîne décidemment les festivals wallons les plus importants. Au cours de cet été, le combo liégeois y est bien décidé à défendre son dernier opus, un disque de toute bonne facture. Après avoir pu les applaudir à deux reprises, la troisième n’engendre évidemment plus le moindre étonnement. Mais rien à faire, les rythmes inspirés par Talking Heads et les percus, par Vampire Weekend, me bottent toujours autant ; surtout quand il y a du soleil. Tout le monde ne semble pas partager mon avis. Qu’importe, puisque le band le plus radieux de Belgique m’a encore épaté…

Quand on évoque Fréro Delavega, on imagine souvent être en présence de deux frères qui partagent la scène. Et bien pas du tout ! Jérémy Frérot et Florian Garcia, dit Florian Delavega, sont tous simplement des amis qui chantent ensemble. Ils se sont forgé une certaine notoriété à travers l’émission populaire, ‘The Voice’. Mais, a contrario d’Alice on the Roof, il s’agissait de la compétition française. Leur succès est en tout cas énorme. Malheureusement, leur expression sonore baigne dans la variété française la plus pure. Et si les deux jeunes hommes sont biens sympathiques et heureux d’être là, leur musique n’est pas du tout ma tasse de thé. Ce que doit contester, ce dimanche, le plus grand nombre, car les deux potes récoltent un franc succès. On ne décroche pas un disque de platine, pour rien. Enfin, tant que la foule est contente, pourquoi se plaindre ?

Lors de son set accordé dans le cadre des ‘Nuits Botanique’, il y a trois mois, Jacco Gardner avait laissé une impression mitigée. Une surprise de le retrouver dès lors à l’affiche du Ronquières. Le pauvre Hollandais n’en gardera d’ailleurs sans doute pas un souvenir impérissable. La fosse est presque déserte. Il ne doit pas y avoir plus de 300 personnes. La raison ? Elle est simple. Kyo se produit sur l’autre podium, dans une heure ; et les nombreux aficionados ont préféré se ménager une place idéale, pour ne rien rater du show du combo hexagonal. La musique psychédélique du Batave n’est pas adaptée au format festival et tout son band semble éprouver un profond ennui. Encore un échec pour Gardner dont la tournée destinée à promotionner son deuxième LP commence doucement à tourner au vinaigre…

« Le Chemin », « Je cours » ou encore « Une Dernière Danse » : ces morceaux vous trottent peut-être encore dans la tête. Il y a une dizaine d’années, Kyo faisait vibrer de nombreux adolescents à travers la Francophonie. Et bien, ils ne semblent pas avoir été oubliés, car leurs nouveaux singles font un véritable tabac. Le public féminin est en tout cas complètement en délire ; et ce n’est pas un cliché de le signaler. Si j’avoue, sans honte, que le combo m’a servi de tremplin pour prendre goût à la musique ; je dois préciser que j’avais alors 13 ans. « Je Cours » constituait une de mes chansons préférées. Et l’écouter à nouveau me fait un petit pincement au cœur. Mai dix ans plus tard, leurs compos ont perdu de leur superbe. Elles sont même faiblardes. Et les voix ont compromis ce charme qui faisait leur spécificité. Cependant, il serait injustifié de les taxer de ‘has-been’ ; car dans l’assistance, c’est la folie. Kyo n’est pas à l’agonie. Au contraire, mais ce n’est plus mon truc. Heureusement, d’ailleurs…

La fin du festival approche et pour votre serviteur, il sera ponctué par le show de Shaka Ponk. Il y a bien encore Christophe Willem, mais je préfère me restaurer, pendant sa prestation. De toute manière, l’artiste évolue dans un registre très proche de Kyo. Il n’est donc pas étonnant qu’il recueille un succès populaire aussi considérable...

Shaka Ponk, j’avoue mal connaître. Mais vu leur réputation sur les planches, j’avais vraiment envie d’en savoir plus. Le band parisien pratique un électro/rock très susceptible d’incorporer un panel d’influences, jamais rassasié. Punk, metal, hip-hop, … tout y passe ! En outre, leurs lyrics sont interprétés dans la langue de Cervantès, de Shakespeare et parfois de Molière. En live, les musicos sont littéralement déchaînés ; et on profite autant du spectacle avec les yeux que les oreilles. Car outre leur attitude extravagante, un show en 3D mettant en scène un singe bien flippant, nous est réservé. Le septuor squatte les festivals estivaux et on comprend pourquoi. Car leurs spectacles sont totalement démentiels.

Le Ronquières Festival est particulier sur bien des points. Le site est tout simplement magnifique et la programmation éclectique. Ce qui explique sûrement pourquoi la fréquentation ne faiblit pas, débouchant même sur le sold out. Même si personnellement tous les artistes qui s’y produisent ne m’attirent pas, il est toujours agréable de voir le sourire affichés sur les lèvres de fans qui découvrent pour la première fois, en public, Christophe Willem ou Kyo. Une nouvelle très belle édition donc ; et vivement l’année prochaine !

(Organisation Ronquières Festival)

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Ronquières 2015 : samedi 1er août

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Pour le festival de Ronquières, les années passent et se ressemblent. Le grand rendez-vous musical de la région du Centre jouit d’une popularité toujours croissante ; et à l’entame de cette quatrième édition, le camping a été élargi afin d’accueillir 3 000 personnes. L’événement est sold-out et va enregistrer 32 000 âmes lors d’un week-end annoncé très chaud et ensoleillé. Pour votre serviteur, c’est déjà le dernier de l’été, aussi il compte bien en profiter pleinement !

Si on peut déjà regretter les longues files coinçant parfois durant plus de 30 minutes les festivaliers arrivés en masse, je réussis néanmoins à me présenter sans trop de retard pour l’ouverture de la scène Tribord. Située à droite du plan incliné (d’où son nom), c’est en fait la ‘Main Stage’. C’est un artiste notoire qui monte le premier sur les planches. Si Gonzo ne vous dit peut être rien, la présence de Saule doit vous interpeller. Le groupe est en effet le projet du talentueux musicien d’origine montoise. Le set est rythmé et propice à la bonne humeur. Le concert se termine d’ailleurs par une farandole géante entre les quelques centaines de personnes qui ont fait un déplacement aussi ‘matinal’, même s’il est déjà près de 14h. Bref, une chouette découverte qui prouve que l’artiste a plus d’une corde à son arc.

Traversons le plan incliné pour aller écouter du rock un peu plus musclé. Dario Mars alias Renaud Mayeur est de retour au sein d’un combo qui va faire du bruit ! Soutenu par ses Guillotines, l’ex-membre de La Muerte propose un son assez dense voire par moments, sombres. Même s’il faut reconnaître une certaine qualité dans les compositions, le contexte ensoleillé ne joue pas forcément à l’avantage de la formation. Dario Mars and The Guillotines est néanmoins un nouveau band chargé de promesses, qu’on attend de voir et écouter au sein d’une salle bien plus intimiste.

L’Entourage embraie quelques secondes plus tard. Fortement inspiré par la scène hip new-yorkaise, le collectif est annoncé comme la relève du rap français. Si une certaine partie du public semble apprécier, ce n’est pas mon cas. Les textes sont généralement assez vulgaires et c’est clairement une attitude qui me déplaît directement dans la musique urbaine. Et ce n’est pas ce crew qui va me réconcilier avec le style.

Le site ne comporte que deux scènes. Théoriquement, il est donc possible d’enchaîner tous les concerts. Evidement, c’est un peu plus compliqué voire impossible car il faut bien se restaurer de temps à autre. Le set d’Alice on the Roof y est propice. L’avantage de la proximité entre les stands permet quand même d’entendre la jolie Montoise chanter. La prestation est cependant anecdotique et complètement identique à celle accordée quelques semaines plus tôt, aux Ardentes. Elle propose néanmoins deux versions du tube « Easy Come, Easy Go » qui, même si c’est un morceau très chouette, ne mérite pas vraiment autant d’honneur…

C’est surtout grâce à son single « Home » que DOTAN s’est forgé une belle réputation. Si vous n’êtes pas rétifs à la radio, impossible de passer à côté de ce titre au chant atmosphérique et à l’instrumental épique. C’est justement ce qui provoque un peu d’appréhension à l’entame du set. Car il ne faut guère se leurrer, une partie de l’auditoire ne s’intéresse qu’à cette chanson. Et c’est en fin de parcours qu’elle est interprétée. Auparavant la set list s’est concentrée sur des morceaux sculptés dans un folk plutôt mollasson. Hormis le titre-phare, la prestation manque singulièrement d’envolées, aussi bien lyriques qu’instrumentales…

Cap Bâbord pour accueillir un autre collectif dont la réputation n’est plus a faire : La Smala. L’équipe de rappeurs liégeois se multiplie aux quatre coins des festivals d’été, et est parvenue à mettre le feu lors de soirée inaugurale à Dour. Nonobstant un set fort semblable, le résultat est identique. Et quand on apprécie le genre, on passe un moment agréable en leur compagnie, tellement ils mettent l’ambiance. Manifestement, ils sont taillés pour ce type d’événement.

Balthazar pratique un style musical qui me botte particulièrement. Aubaine, il se produit sur la Tribord. Le rock alternatif de la formation courtraisienne me subjugue. Venus défendre son troisième opus, « Thin Walls », la prestation ne laissera personne indifférent. Maîtres dans les chorus, elle atteint le sommet de son art quand synthétiseurs et violon se conjuguent à l’unisson. Ce qui débouche sur une expression sonore complexe et dense. Rares sont les combos issus du plat pays capables d’atteindre un tel niveau. BRNS appartient, sans doute, également à cette catégorie. Et il se produit dans la foulée. Mais revenons au quintet. Malgré ses goûts éclectiques, le public de Ronquières se prend au jeu et semble agréablement surpris de leur performance. Car si avant son passage au bas du plan incliné, Baltahazar n’était guère notoire en Wallonie, il est certain que bon nombre de mélomanes vont s’intéresser de plus près à leur discographie. Un concert remarquable au cours duquel délicatesse et puissance ne sont jamais parus aussi proches.

Et justement BRNS était un peu passé au travers à Dour. Un set bâclé, et en tout cas, bien loin de ceux auxquels j’avais pu assister jusqu’alors. Le band nous devait une revanche ; surtout qu’il avait annoncé qu’il s’agissait de son dernier concert en Belgique, avant un bon bout de temps. Finir sur une bonne note, c’est toujours mieux. Et mon souhait été exaucé. Comme quoi, dix minutes de plus au programme, et tout peut changer. Sur la Plaine de la machine à feu, le quatuor avait négligé « Mexico ». Une mauvaise idée. Il ne va pas commettre deux fois la même erreur. Et surtout pas d’affilée. Pas qu’il s’agisse de ma chanson préférée (NDR : « Deathbed » et il ne la joue plus en ‘live’ depuis belle lurette) ; mais parce que non seulement elle constitue leur cheval de bataille, mais elle est très susceptible de convaincre les mélomanes qui connaissent peu ou mal la formation. Et puis, elle est tellement communicative et festive… Si je regrette toujours autant le long temps de préparation entre chaque morceau, le reste est vraiment très bon. Et le groupe est ravi d’être là, vantant d’ailleurs à plus d’une reprise la beauté du site. Le finish sur « Our Lights » est toujours aussi fantastique ; et à la fin des 50 minutes, tout le public en redemande. Le claviériste revient sur l’estrade et s’excuse de ne pouvoir offrir un dernier morceau à cause du timing du festival. Manifestement, le concert a vraiment été très bien perçu. Enfin, quand on est devenu accro, difficile d’être objectif. Néanmoins, plusieurs festivaliers m’ont demandé, à l’issue du spectacle, quelques conseils. Notamment le choix des meilleurs compos de leur répertoire. Sans doute ai-je été un peu trop expressif. Mais c’est néanmoins un bon indice quant à la réussite du spectacle.

C’est l’heure de Charlie Winston sur la Main Stage. Je l’observe de loin ; car il est à nouveau l’heure de casser la croûte. Chez le natif des Cornouailles, la recette est invariable ; mais elle marche, car la foule est ravie et même enthousiaste. Il porte des vêtements classieux, affiche un beau sourire, esquisse quelques pas de danse et égrène ses hymnes pop très accessibles. Perso, c’est un peu maigre… Ce qui ne va pas empêcher ces demoiselles de tomber en pâmoison devant le bel Anglais. Un concert qui ne restera pas longtemps gravé dans ma mémoire. Sauf peut-être son remarquable méga tube, « Like a Hobo »…

Et je ne suis pas au bout de mes déceptions ; mais pas forcément pour les mêmes raisons. Si chez Brigitte, le rythme imprimé par les compos est entraînant, les voix me sont insupportables. J’ai beau tendre les oreilles ou les boucher, le résultat est toujours le même. En outre, leur numéro de charme ne joue pas davantage en leur faveur. Vraiment pas ma tasse de thé…

Heureusement dEUS arrive… Et c’est une grande première pour votre serviteur. Qui espérait enfin pouvoir assister à un de leurs sets. De quoi me permettre de voir ce qu’un des meilleurs groupes belges a dans le ventre. Un show qui clôt ma première journée. Donc, on peut se vider l’esprit. Et quel bonheur enfin de savourer la version ‘live’ d’« Instant Street », une des meilleures compos que la Belgique ait offerte au rock. Et puis l’humour et le français parfait de Tom Barman valent le déplacement. Dommage ce petit incident technique qui va provoquer l’interruption du concert pendant 20 bonnes minutes. De quoi casser l’ambiance. Vraiment désolé de la situation, le band revient sur le podium et poursuit son set. Réservant à l’auditoire une version bien différente de « Quatre mains », que celle proposée en général. Elle est interprétée dans la langue de Molière. Un beau pied de nez à certains édiles issus de sa ville natale, Anvers… La chanson remonte à 2012, mais s’intègre parfaitement à la discographie du groupe, et ce malgré sa singularité. Quel chouette titre ! Un seul morceau en rappel : « Roses » qui clôt cet excellent show, même s’il m’a paru un peu court ! M’enfin, 15 titres, ce n’est pas négligeable…

Première journée très éclectique à Ronquières. Donc, impossible de tout apprécier. N’empêche, il y règne une atmosphère familiale qui n’existe nulle part ailleurs. Ce qui n’est pas plus mal, et permet de le vivre d’une manière plus conviviale. A demain !

(Organisation : Ronquières)

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Lokerse Feesten 2015 : vendredi 31 juillet

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C’est le début des Lokerse Feesten. Dix jours de programmation éclectique. De quoi satisfaire un public, le plus large possible. 15 000 spectateurs par jour pour recevoir des artistes confirmés ou jeunes talents (NDR : 109 en tout sur toute la période), issus de Belgique et du monde entier. Il s’agit déjà de la 37ème édition. La dixième année à laquelle votre serviteur participe ; et pas un seul jour, les dix. Un peu ses vacances annuelles. Le Groote Kaai va accueillir ce soir Nouveau Riche All Stars, Janez DETD, Milow, Mika et en point d’orgue, le Dj Martin Solveig. Une première journée sold out.

19h00. Nouveau Riche All Stars monte sur l’estrade. Deux Dj's triturent leurs platines alors que quatre Mc’s arpentent les planches de long en large. Et ils s’expriment dans la langue de Vondel. De quoi mettre tout le monde de bonne humeur. L’assistance est clairsemée, mais au fil du set, elle va progressivement croître. Ces petits jeunes pratiquent un hip hop teinté de rap, de drum&bass, de techno et d'électro. A l’instar d’AKS, de The Opposites ou de Kraantje Pappie, ils sont venus pour nous faire passer un bon moment sans se poser de questions ni se prendre la tête. Il y a trente personnes sur l’estrade, lorsque les 45 minutes de prestation prennent fin…

Janez DETD, diminutif de Janez Determited, embraie. Originaire du Nord de la Belgique, ce quintet est responsable d’un punk/rock basique. Un peu comme si Blink 182 remettait au goût du jour le répertoire des Ramones. Fondé en 1995, le band a publié 13 elpees de 96 à 2008. Puis, rideau. C’est suite à un pari lancé par un fan sur Facebook que l’aventure va reprendre. Encouragé par ‘3000 likes’ enregistrés au bout de 48 heures, le combo décide de se reformer. Et de repartir en tournée. Outre « My Life, My Way » et « Deep », la set list nous réserve une cover survitaminée du « Mala Vida » de Mano Negra et une autre très musclée du « Take on me » de A-Ha. Et sur les planches, les musicos ne tiennent pas en place. Bref, un show efficace et dynamique qui a bénéficié d’un chouette light show et de projections adaptées aux morceaux.

Milow, aka Jonathan Vandenbroeck, c’est le James Taylor belge. Issu du Nord du pays, on lui prête la plus belle voix du Royaume. Rasé de près (NDR : c’est le cas de le dire !), il n’a plus un poil sur le caillou. Malgré son succès, il n’a jamais chopé le melon, et demeure fondamentalement humain. Le décor est plus luxuriant que d’habitude. Des énormes spots à led se focalisent sur les artistes. Des palissades en bois sont disposées à l’arrière-plan, afin de nous plonger au sein d’un climat paisiblement country. Une petite estrade est exclusivement réservée au drummer. Milow s’est planté devant et à sa droite, son ami et fidèle guitariste (sèche, électrique ou dobro). Dans son dos, le claviériste se sert d’un Hammond. Et enfin, une percussionniste/choriste –une jolie blonde– niche à droite. Elle a une superbe voix au grain soul. Milow est armé d’une guitare semi-acoustique. Sculptée tour à tour dans le folk, la country, le bluegrass ou l’americana, la musique évoque les grandes plaines de l'Ouest Américain. Les States ont d’ailleurs énormément influencé cet artiste. Le Zim, notamment. Mais également l’Albion ; et tout particulièrement Donovan.

Il puise ce soir largement dans son troisième LP, « North And South ». Paru en 2011, ce disque lui avait permis de se forger sa notoriété. Il en interprète les tubes « Never Gonna Stop », « You And Me (In My Pocket) » et « Little in The Middle ». Du quatrième long playing, il extrait « Silver Linings », « Learning How To Disappear » et « Echoes In The Dark ». Une set list au sein de laquelle il n’oublie pas d’inclure la cover humoristique du « Ayo Technology » de 50 Cent, un titre qui l’a propulsé sur la scène médiatique. Nonobstant son interaction avec le public, Milow n'est pas un entertainer. Mais il a toujours un bon mot ou un ‘merci’ entre chaque chanson…

Changement de cadre pour le show de Mika, puisque le podium est envahi de maquettes en carton représentant des maisons ou des buildings. Un immense piano à queue trône en avant-plan. C’est là que doit siéger l’artiste. En retrait, on remarque –à nouveau– la présence d’une charmante percussionniste. Sans quoi le line up implique trois claviéristes, dont deux doublent aux guitares et un à la basse. Sans oublier le gratteur soliste (également préposé aux cuivres) coiffé d’un chapeau mou qui s’isole à droite de l’estrade.

Après quelques accords aux ivoires, Mika attaque une version dépouillée du hit « Grace Kelly ». A la fin du morceau il est successivement accroupi, couché, puis debout sur son instrument, tout en haranguant la foule. Le nouveau single, « Talk About You », sent un peu le réchauffé. Mais en ‘live’, la compo prend une toute autre dimension. C'est le premier extrait du quatrième opus, « No Place In Heaven ». Si la section rythmique est bien en place, la percussionniste est phénoménale. Mika à une voix haut perchée qu'il est capable de moduler, surtout dans les aigus. Un peu comme Freddie Mercury. Tout au long de « Big Girl (You Are Beautiful) », le coeur de Mika balance entre ivoires et avant-scène. Non seulement, il parcourt les planches de long en large, mais il multiplie les mimiques. Ce qui rend son show interactif.

Saxophone et percus ouvrent « Popular Song », issu du troisième opus, « The Origin Of love ». A ce moment, la foule est en délire. Ca jumpe et danse partout sur le site, une bonne dose d’électro à l’appui. Mika gigote comme un possédé ; il mouille sa chemise et l’auditoire aussi.

« Rain » (The Boy Who Knew Too Much ») calme le jeu et permet au public de donner de la voix. Un nouveau titre : « Staring At The Sun », un morceau de pop bien sucrée. Il aborde ses hits « Underwater » et « Relax, Take It Easy », en mode piano/voix. Puis le contagieux « Origin Of Love », une chanson qu'il dédie à son compagnon. Elle parle d’amour, mais aussi de religion. Par dérision et à plusieurs reprises, il s’agenouille devant la foule. Il ajoute même parfois quelques mots en latin. « Elle Me Dit » est une chanson écrite dans la langue de Voltaire. Et elle est superbe !

Après la jolie ballade « Happy Ending », place à « We Are Golden », un titre chargé d’intensité. Pour clore le set, « Last Party » et « Love Today » sont salués par une volée de confettis. Et ce sont des étoiles plein les yeux que les festivaliers acclament Mika et sa troupe, au terme de leur concert ; car manifestement, ils sont parvenus à nous transporter dans un univers de rêve… Pour rappel, Mika se produira à Forest National ce 23 septembre.

Pour clôturer cette première journée, les organisateurs avaient parié gros –et cassé leur tirelire– et invitant le meilleur Dj du moment, Martin Solveig. Heureusement, car succéder à Mika n’est pas une mince affaire. Pas une âme n'a quitté la Groote Kaai ; et pourtant il est plus d'une heure du matin. Et franchement, après le set qu’il va nous accorder, Guetta peut retourner à ses études. Car Martin est un véritable maître des platines. Le décor est grandiose. Une table est décorée par un écran où apparaît un smiley bleu, derrière laquelle est installé le Dj. En arrière-plan, une immense toile est destinée à la projection de vidéos, plus cocasses les unes que les autres. Dès son arrivée, Solveig provoque la foule, dans un néerlandais parfait. Et il fait fort pour commencer, en livrant « Intoxicaded », un tube international qui fait actuellement trembler les dancefloors. Quatre ans après avoir publié l’elpee « Smash », le Parisien prépare son cinquième, un disque précédé par un autre hit « Toxicaded », qui a été enregistré sous la houlette du duo issu de Miami, GTA (Good Times Ahead - Van Toth et JWLS). Il est partout Martin. Devant, derrière, à gauche ou à droite ou encore debout sur sa table.

La foule jumpe et met les bras en l’air. Quel spectacle, ce Groote Kaai, noir de monde, qui réagit comme un seul homme. On dirait une savane au sein de laquelle 150 00 springboks sont poursuivis par un guépard. Tiens, Martin porte une belle moustache ; ce qui rend son univers très ‘cartoonesque’, davantage malicieux…

Sans jamais se prendre au sérieux, le Dj réunit tout à tour un explorateur fan de pole dance, une boule disco, des tennismen en costards et des demoiselles vêtues de robes XXL. Explosif, le mélange est haut en couleurs. La bonne humeur est contagieuse.

Dès le second morceau « Kelly Wants Stars », c’est le boxon dans l’auditoire. Un chaos que Solveig maîtrise à la perfection. Il nous réserve son nouveau clip « +1 ». Et n’oublie pas de balancer « Hey Now », « Hello » ou encore « The Night Out ». Les fumigènes et les nombreux effets spéciaux sont parfaitement assortis au light show. Car le spectacle s’adresse à la fois aux yeux, aux oreilles et aux jambes. Franchement, je ne suis pas près d’oublier cette soirée. Il est 2h00 du mat’ ; il est temps de rentrer au bercail. Il me reste encore 1h30 de route à parcourir…

Organisation: Lokerse Feesten

 

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Les Nuits Secrètes 2015 : vendredi 31 juillet

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Le concept des ‘Nuits Secrètes’ est très particulier.
Situé à mille lieues du cadre verdoyant et bucolique d’un Ronquières ou encore d’un LaSemo, c’est au cœur de la commune sinistrée post-industrielle d'Aulnoye-Aymeries, que s’est déroulé, pour la quatorzième année consécutive, ce festival à l’ambiance un tantinet ‘woodstockien’.
Ne cherchez pas plus loin, si les ‘Nuits Secrètes’ n’avaient pas existées, personne n’aurait jamais entendu parler de ce bourg aux 9 000 habitants, planqués dans l’Avesnois.
L’idée est vachement sympa ! Pour faire simple, les organisateurs ont eu, un jour, l’idée folle de mettre en place un festival à taille humaine, au milieu de nulle part, qui serait une alternative aux mega-festivals tout en faisant profiter le plus grand nombre, d’une musique de très bonne facture et pour pas un euro. Et lorsque parfois c’est payant, ça ne l'est jamais vraiment non plus !
Une initiative qui mérite d’être soulignée trois fois !
Le bouche à oreille fonctionne tellement bien que le secret n’en est vraiment plus un, compte tenu de l’effervescence des festivaliers ! Et tant, mieux ! Parce qu’ici, moins c’est cher et plus c’est bon !
Cocasses également, ce sont les parcours dits secrets ! Lors de votre balade dans la ville, vous devez vous attendre à un concert surprise dans un endroit vraiment inattendu (une chapelle, une grange, un bus, au détour d’un buisson, …)
Stigmatisons les organisateurs de festivals belges qui devraient avoir honte de pratiquer des prix parfois à la limite de l’outrance… et parfois en proposant une affiche bien médiocre !
Se déroulant sur une période de trois jours, votre serviteur n’a assisté qu’à certains concerts du vendredi, d’autres obligations musicales obligent.

Vers 19h40, ce sont les Anglais de Portico qui montent sur l’estrade. Dès les premières notes de synthé, on est surpris par le mimétisme musical d’un certain Oscar and The Wolf. Tout simplement impressionnant ! On s’y croirait !

Jack Wyllie, Duncan Bellamy, Milo Fitzpatrick et Jono McCleery prodiguent un son hypnotique lorgnant largement du côté de l’electro-pop. La voix douce et sensuelle du chanteur trouble plus d’un aficionado présent dans l’arène.

Malheureusement, les Insulaires ne font pas l’unanimité ! Le son planant (voir un peu élitiste même) est plutôt à contre-courant de ce que peut écouter l’auditeur lambda. Lui veut de la pop et reste peu réceptif aux différents genres sur le marché ! Dommage et pathétique à la fois !

Le set est un chouia répétitif, mais la musique reste propice au bien-être, à l’évasion et au rêve ! Une très belle découverte !

C’est ensuite aux Belges de Balthazar d’assurer le show.

Venus défendre essentiellement les couleurs de leur nouvel opus intitulé « Thin Walls », les petits gars ont conquis un public mélomane.

Pour la petite histoire, les chansons de ce long format ont été composées dans un ancien monastère fréquenté par les deux compositeurs entre les dates de leurs tournées.

L’origine de la formation est assez cocasse ! Issus de Courtrai, Maarten Devoldere, Jinte Deprez et la violoniste Patricia Vanneste se sont produits sur le pavé pour récolter un peu d’argent. Au lieu de se faire concurrence, ils s’unissent. Cette rencontre scellera leur destin. En 2004, ils forment le groupe que l’on connaît.

Leur premier elpee est élu ‘album de l'année’, en 2010, et leur permet d’écumer les plus grosses scènes dont l'Ancienne Belgique, le Paradiso d'Amsterdam et La Cigale de Paris, ainsi que certains festivals comme Rock Werchter et Lowlands.

Le second opus, baptisé « Rats » sera lui aussi couronné d’un succès critique et d’estime sans précédent. Promulgué à nouveau ‘album de l'année’, en 2012, lors des Music Industry Awards, il sera certifié ‘disque d'or’ en juin 2013.

L’originalité du line-up procède de l’éclectisme des sonorités, oscillant de la pop au rock. C’est propre et gentillet ! Les compositions sont simples, mais efficaces. On passe un bon moment et c’est finalement l’essentiel.

On notera au passage que l'utilisation de synthétiseurs et d'un violon démarquent leurs compositions du rock alternatif classique reposant sur le trio basse/batterie/guitare.

Durant près d’une heure, c’est une valse de titres sucrés/salés qui vont titiller les conduits auditifs des Nordistes.

Un très, très grand moment d’émotion intense ! Du beau spectacle !

Place ensuite au set de The Dø.

Le nom du groupe est formé des initiales des prénoms de ses deux membres, mais renvoie aussi à la note do.

Réunissant Olivia Merilahti (chanteuse et musicienne franco-finlandaise) et de Dan Levy (musicien et compositeur de musiques de films), le duo s’est formé à Paris en 2005 lors de l'écriture de la bande son d'un long métrage français.

Le succès de leur premier support « A Mouthfull » les gratifiera de premier groupe français anglophone.

Le couple a, aujourd’hui, donné un grand coup de pied dans la formule qui était la sienne jusqu’alors et s’est tourné aujourd’hui vers un créneau plutôt électro pour mieux représenter le son d'une époque contemporaine.

« Shake, Shook, Shaken », dernier venu, lui permettra d’ailleurs d’obtenir ‘La Victoire de l'Album Rock’ lors des Victoires de la Musique en 2015.

Privilégiant la prise de risque au confort, le concert de ce soir navigue entre électro futuriste et pop minimaliste ! Les musiciens alternent passages doux et plus contrastés, mais toujours très nuancés.

Dès le premier titre, le public français tombe littéralement sous le charme. Lui, qui en a pourtant déjà vu d'autres au fil des ans, acclame haut et fort la prestation du band.

Affichant un joli charisme et grâce à sa seule présence vocale, presque à la limite de la juvénilité, Olivia parvient à communiquer des frissons à l’ensemble de l’arène très éclectique.

Dopée à je ne sais qu’elle substance énergisante, elle fait preuve d’une énergie folle comme par volonté de rompre une monotonie qui menaçait de s'installer dans le set.

Il s’agit de leur dernier concert de la tournée. On sent une certaine tristesse dans les yeux de cette charmante demoiselle. L’émotion est palpable tant sur scène que parmi les badauds!

Que l’on aime ou pas, The Dø reste une valeur sûr dans le paysage musical ! On ne peut le nier !

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

 

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