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Francofolies de Spa 2015 : lundi 20 juillet

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C’est déjà la troisième année que votre serviteur passe une journée complète aux Francos. Quatre scènes se partagent le village Francofou : ‘Proximus’, ‘Sabam For Culture’, ‘Red Bull Elektropedia’ et enfin celle du ‘Parc’. De la chanson française, des découvertes et de belles surprises nous attendent au Village Francofou. Pas d'accréditation pour le podium principal où se produiront Calogero et Antoine Chance.

Direction le ‘Proximus’ pour y découvrir le lauréat du concours parrainé par l’opérateur de télécommunications mobile belge ; et surprise, le gagnant est The Banging Souls, un trio namurois réunissant réunit Gaëlle Mievis (BJ Scott, Sirius Plan) au chant et à la sèche, Ludwig Pinchart à la gratte électrique et Pitt Abras aux drums. Ils se connaissent depuis plus de 15 ans et ont accompli leur propre parcours musical avant de lancer ce nouveau projet. A leur actif un Ep 4 titres disponible sur les plateformes de téléchargement légaux.

La foule est déjà bien conséquente pour accueillir la formation. Musclé, son rock décape et décoiffe. Il est brut de décoffrage, si vous préférez. Et tout particulièrement en ‘live’. La voix de Gaëlle est hargneuse, vindicative, taillée pour ce stoner, même si les racines de cette artiste sont surtout blues. Certaines compos nous replongent ainsi dans les 70’s. Gaëlle empoigne un mégaphone pour déformer sa voix. Les solos de gratte dispensés par Ludwig sont précis et incisifs. Le drumming est métronomique. Gaëlle se montre plutôt discrète quand elle milite au sein du backing group de BJ Scott. Et chez Sirus Plan, elle se consacre aux drums et aux vocaux. Mais pour The Banging Souls, elle assume le leadership. Elle utilise sa voix comme un instrument. De la set list, j’épinglerai « Black Betty » (NDR : une cover de Lead Belly, popularisée par Ram Jam en 1977), « A Change » ainsi que « Race », un blues solide, huileux, graisseux même. A la croisée des chemins du Bayou et du southern rock de ZZ Top. A revoir, c’est une certitude.  

Sarah Carlier surfe sur la vague du succès. Résultat des courses, il y a du monde pour assister à son set ; et il devient de plus en plus difficile d’approcher le podium, sans devoir subir les récriminations des aficionados.

« Dreams » et « My Counsellor » sont de bonnes entrées en matière. La voix soul de Sarah est bien sucrée. « Misery » est balayé par les accords de gratte bien réverbérés de Sylvain, son paternel. Sarah nous rappelle, en proposant une version originale, très différente de celle réalisée en studio, du « All Along The Watchtower » de Dylan, qu’elle est une grande admiratrice du Zim. Sylvain s’autorise quelques exercices d’impro judicieux. Tout comme le claviériste. « Big Girl » n'est pas une reprise de Mika, mais une compo signée par le père de Sarah. « Chorus Man » est une ancienne chanson. Elle ouvre son premier opus. Paisible, « For Those Who Believe » est une petite perle qu’elle balise de sa sèche. Sylvain communique une touche funky à « Misty ». Encore un morceau issu de sa plume, au cours duquel il est carrément hanté par Nile Rodgers. Et le drummer se montre à la hauteur de l’événement ; une performance, car il s’agit d’un remplaçant, en l’occurrence celui de Suarez. « Tenderness » est sculpté dans le soul/funk. C’est le titre qui a lancé la carrière de Sarah. Elle et son claviériste entament une petite danse africaine pendant « My Dear ». Et le spectacle de s’achever par « Save My Soul », morceau maître du second LP. Manifestement, elle est de plus en plus à l’aise sur les planches. Vu les sourires échangés entre le père et la fille, on sent qu’il existe une grande complicité entre eux. Elle revient dans le cadre du BSF et à Scène-Sur-Sambre.

La bonne surprise nous viendra d’un groupe hexagonal, Baden Baden. Né en 2008, son line up réunit le chanteur/guitariste Eric Javelle, le second gratteur Julien Lardé, le batteur Gabriel Vigne et le bassiste Guillaume Georget. Deux albums à son actif : « Coline » publié en 2012 et « Mille Eclairs », cette année. Ce dernier long playing a bénéficié du concours de Barny Barnicott (Arctic Monkeys, The Rakes, Cloud Control, Franz Ferdinand, Kasabian) au mixing. Le combo grimpe sur l’estrade du 'Sabam For Culture' vers 15 heures. Les lyrics sont interprétés dans la langue de Voltaire. C’est son single « Evidemment » qui a permis de découvrir cette formation responsable d’un rock bien frenchie. Il y a du groove dans son funk ; et la prestation est bien vivifiante dans l’esprit d’un Talisco. Certaines chansons sont enrichies par de superbes interventions à la trompette. Et il faut reconnaître que les morceaux dispensés en ‘live’ sont bien plus dynamiques que ceux gravés sur disque.

La journée n'est pas finie. Sur le même podium, va se dérouler la fête à Mario Guccio. Un vieux routard qui milite chez Machiavel, depuis les débuts. Il est d’ailleurs soutenu par le claviériste de ce groupe (Hervé Borbé), de sa fille (Isabelle) aux machines et d'une superbe guitariste (Giovanna Sacco), dont le regard est ravageur et les interventions à la guitare dévastatrices. Mario a invité 3 jeunes groupes prometteurs pour adapter des extraits de son album solo « Link ». Premier guest : Feel, un power trio qui a gagné le concours 'L'envol Des Cités'. Le combo athois revisite à sa manière « The Dome », ainsi qu'un extrait de son Ep éponyme, « Vavedoo De Top ». C'est le minimum syndical. Faut dire qu’il y a deux autres invités dont Dandy Shoes et The Bukowskies. Le premier s’attaque à « Included Love » et le second à « The Reason ». Mario est en pleine forme et réserve un traitement détonnant à son « In Between The Dreams ».

Manifestement son projet solo le booste. Et apporte un coup de fraîcheur à sa carrière. Ce qui ne va pas l’empêcher de nous balancer le fameux « Fly », mais dans une version ‘testostéronée’. Des images n’arrêtent pas de défiler devant mes yeux. Nostalgie, nostalgie… Bref, un fameux set accordé par Mario devant un auditoire composé de jeunes et de moins jeunes.

Impossible d’approcher les barrières du frontstage de la ‘Proximus’ où Fréro et Delavega vont se produire. Et pour cause, un contingent important d’admiratrices s’y est agglutiné. Frustré, votre serviteur se résout à regarder la prestation depuis le bar à cocktails, où à droite un grand écran diffuse les images, et à gauche on a vue sur le podium ‘Sabam’. La scène est aménagée en salon cozy. Se consacrant à la sèche ou au ukulélé et se partageant les vocaux, le duo est soutenu par un véritable groupe. La paire a la bougeotte et communique constamment avec le public. Et en deux temps trois mouvements, il va le mettre en poche. Pas question cependant de plonger dans la fosse. Vu les réactions hystériques des nanas, je pense qu’ils auraient terminé le spectacle dans le plus simple appareil. Leur répertoire, réparti entre reprises et compos personnelles, est passé à la moulinette. Suffisant pour mettre le feu à la plaine…

Je ne parviens pas à accrocher au spectacle de Camelia Jordana. En fait, il est difficile d’apprécier un artiste, quand on est comprimé comme dans une boîte à sardines. A l’instar de Julien Doré, l’an dernier, je préfère faire l’impasse et aller la revoir en salle, dans de meilleures conditions, pour me faire une idée de son véritable potentiel. En outre, l’auditoire ne manifeste guère davantage d’enthousiasme. Et rebelote pour Brigitte. Pas même moyen d’apercevoir le podium. Et puis, elles s’étaient déjà produites à l’AB, sous mes yeux.

Je me dirige donc péniblement vers la scène du ‘Parc’, petite estrade accolée à la ‘Proximus’. C'est GrandGeorge qui régale. Malheureusement, c'est la fin de son show. Il ne reste plus que les trois dernières chansons ponctuées par un rappel sollicité par une foule toujours aussi compacte. Chanteur/guitariste, GrandGeorge est épaulé par Sam au drums et Nico à la basse. On remarque, sur les planches, la présence de tambours africains. La voix de GrandGeorge est haut perchée et assez mélodieuse. Les accords de gratte sont sculptés dans le funk et les compos libèrent pas mal de groove. Interactif, GrandGeorge recueille un fameux capital sympathie auprès de la foule. Tout le monde danse. Sur scène, en back stage et sur la plaine. A revoir, c’est une certitude. GrandGeorge avait déjà marqué les esprits, en publiant le single « So Fine ». Il devrait sortir un premier long playing début 2016.

Je quitte le village FrancoFou pour déambuler dans les rues de Spa. D’autres concerts y sont programmés. Notamment celui de Jane Doe and The Black Bougeoises qui se déroule à la terrasse du 'Café de l’Europe'. L’estrade est riquiqui. Les fûts de Nicolas Scamardi occupent quasiment tout l’espace. Dan Diaz s’est planté à sa droite et Angel devant, armé de sa gratte. Le claviériste, Julie et les choristes, s’installent à droite, mais sur le parterre. Angel est une véritable bête de scène. Il déménage littéralement et ses solos de grattes sont frémissants. La rue est à côté et comme d'habitude, y compris Julie, la troupe va prendre un bon bain de foule. La cover du « Paint It Black » des Stones pourrait renvoyer Mick et sa clique en maison de retraite. Après un « Boyz Rock It » survitaminé, « Bad Gurtz » fait trembler les tonnelles, les sièges et les tables. Chaud boulette, le public monte sur les chaises. Comme quoi, il n’y a pas que de la chanson française aux Francos, mais également du rock bien speedé et énergique. Celui de cette formation louviéroise, par exemple, qui lors de ce set aura proposé deux nouvelles compos.

Les Francos s’achèvent ici pour votre serviteur. Il lui reste encore deux bonnes heures de route. A l’année prochaine !

(Organisation: Franfolies de Spa)

Dour Festival 2015 : dimanche 19 juillet

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Nous y sommes ! C’est ce dimanche que se termine le Dour Festival 2015. Les petits plats ont été mis dans les grands afin de clôturer en beauté cette très belle édition ensoleillée. Enfin, aujourd’hui c’est un peu moins le cas. Ce début d’après-midi est pluvieux mais pas de panique, le beau temps est annoncé pour le début de soirée, une journée qui sera ponctuée par le show d’un monstre du Hip-Hop… C’est parti pour une dizaine de concerts !

Et le départ est complètement dingue. Pourquoi ? Raketkanon se produit sur la ‘Cannibal Stage’. La formation gantoise jouit d’une solide réputation sur les planches. Les musicos sont complètement déjantés. Faut dire que leur hardcore s’y prête plutôt bien. Le chanteur focalise tous les regards. Davantage pour son attitude que pour sa voix. Sous ses longs cheveux blonds, son cerveau semble complètement déconnecté du reste de la planète. Le deuxième titre est à peine terminé, qu’il balance une piscine gonflable dans la foule et plonge dedans. Il va d’ailleurs chanter l’intégralité du morceau suivant dans cette position plus qu’inconfortable. Mais c’est désopilant. Musicalement, les compos sont fort semblables et peu intéressantes. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle on assiste à un show de Raketkanon. Malheureusement, un incident grave va ternir leur prestation. En fin de parcours, un des musicos a la mauvaise idée de vider un extincteur sur la foule. Ce qui semble drôle au départ se révèle in fine dangereusement toxique… Pas très malin non plus de la part de nos amis gantois, car une plainte a été déposée à leur encontre… Le chanteur achève le show en explosant son synthétiseur sur la batterie. Il lui manque vraiment une case à ce type ! Bref, si la fantaisie est souvent bénéfique, elle peut se révéler stupide quand elle est irréfléchie. Dommage, car le spectacle était vraiment total…

Un des moments les plus attendus du festival pour votre serviteur est certainement le set d’Eagulls. Il va nous réserver 40 minutes de post/punk bien ‘british’. Face à la ‘Cannibal Stage’, c’est le désert ; mais peu importe, cette situation me permet de camper juste devant le chanteur. Manifestement, il a du plomb dans l’aile. Il tient à peine debout alors qu’il n’est pas encore 15h30. Il va même vider la moitié d’une bouteille de whisky, lors du concert, alors que celle contenant de l’eau restera bien fermée tout le spectacle… Un peu excessif non ? Pourtant, la musique proposée par la formation est vraiment géniale. Sous ce chapiteau, le son est excellent ; ce qui permet de bien profiter des arrangements complexes élaborés par les Anglais. Le style n’est pas toujours très accessible, mais Eagulls a le don de torcher des refrains contagieux. Sans pour autant se départir d’une approche rugueuse, une approche très caractéristique de leurs compos. Et puis, il y a la voix exceptionnelle de George Mitchell qui colle bien au genre. Un vrai régal ! La setlist est puisée au sein de leur seul album, au sein duquel « Possessed » et « Amber Veins » constituent les points d’orgue. Y compris sur les planches. Une belle claque et, à mon humble avis, un des meilleurs concerts du festival. 

Petite pause avant d’attaquer Circa Waves. Encore un band issu de l’Albion. Mais de Liverpool. La scène musicale y est encore aujourd’hui, en pleine effervescence. Ce quatuor a publié son premier elpee en mars dernier, après nous avoir gratifiés de teasers alléchants pendant près de deux ans. Son style s’inscrit bien dans la tradition du rock insulaire. A l’instar des Wombats qui émanent également de la même métropole et qui se sont d’ailleurs produits sur la plaine douroise, ce vendredi. Les mélodies sont simples et les refrains efficaces. A l’instar de nombreux groupes britanniques, l’influence des Arctic Monkeys est palpable. Sans pourtant atteindre le même niveau que le combo de Sheffield. Circa Waves manque aussi d’originalité et surtout use ou abuse de chœurs un peu trop faciles (‘Wouhou !’ et autres onomatopées). Mais ne soyons pas trop exigeants, car le set s’avère quand même agréable ; et le single « T-Shirt Weather » est aussi superbe qu’accrocheur. Le band a encore du pain sur la planche, mais il serait malhonnête de ne pas lui reconnaître un potentiel certain…

Direction ‘La petite maison dans la prairie’ pour y assister au show du groupe flanqué du patronyme le plus long de cette édition : And So I Watch You From Afar. Son post/rock (NDR : instrumental, of course) est à la fois épique et éclectique. Le mélange de genres repose quand même sur une constante : la puissance du son. La formation nord-irlandaise va nous réserver un set totalement démentiel, au cours duquel les morceaux issus de « Heirs » (NDR : son quatrième opus studio, publié cette année), seront légion. Et le tout en affichant un sourire aux lèvres. Rarement, on aura vu des artistes aussi contents d’être là. A revoir, c’est une certitude…

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les membres des Strypes ont tous moins de 20 ans ! Et pourtant, ils se produisent sur la Main Stage à 19h, le dernier jour du festival. Sacré exploit ! Ils puisent leurs références au cœur des 60’s et des 70’s ; et il est plutôt rare de voir de si jeunes artistes maîtriser un style musical que même leurs parents n’ont pas connu ! Leur rock’n’roll semblait émaner d’un autre temps. Un chouette concert, mais quand même très spécial.

A 20h, les Palma Violets montent sur le podium de ‘La petite maison dans la prairie’. La formation est assez notoire outre-Manche ; ce qui explique la présence d’un fort contingent de Britanniques, sous le chapiteau. Qui sont à la recherche de pogos ! Mais pas seulement les Anglo-saxons… Faut dire qu’en cette fin de festival, tout le monde a envie de se défouler ; et que si leur musique n’est pas nécessairement idéale pour cet exercice physique, l’envie dépasse le format ; et il devient très difficile de ne pas être embarqué au milieu de la mêlée. D’ailleurs, je finis par partager l’enthousiasme des Britons. C’est que de temps en temps ce type de défoulement fait du bien ; mais que c’est éprouvant ! Je m’accorde une petite pause pour savourer leur single « Best Of Friends », une compo toujours aussi efficace ! Avant de m’enfoncer, une nouvelle fois, au cœur de ce tumulte, pour conclure un concert bien éreintant !

Pour le spectacle suivant, c’est Antoine Bogataj qui va vous le relater. Il s’agit de celui de Dub FX, qui se déroule dans la ‘Jupiler Dance Hall’.

Au beau milieu d’un carrefour de genres, qui oscille du dub au reggae, en passant par le psyché et le hip-hop, Dub Fx est de retour deux ans après avoir investi la Plaine de la Machine à Feu. Toujours booké dans cette magnifique Jupiler Dance Hall, le roi désormais incontesté du Beatbox était attendu au tournant. Il a tous les atouts en main –notamment un excellent son et un public nombreux– pour attaquer sa performance. Les spectateurs sont immédiatement plongés dans l’ambiance. Les morceaux sont particulièrement contaminés par des accents hip-hop/reggae. Et tout aussi rapidement, l’artiste ne fait plus qu’un avec la masse immense qui remue sur le beat. Les samples s’enchaînent impeccablement. La voix passe parfaitement la rampe. Seul le show n’est guère visible. Et pour cause, d’abord, je suis planté à une certaine distance du podium ; en outre, la scène semble trop large pour un seul homme. Ce qui ne va pas empêcher le set d’emporter –et sans qu’il s’en aperçoive– l’auditoire dans une vague plus dub. La fin du concert monte en puissance avant d’atteindre son apogée sur l’excellent « Love someone ». Le tube est attaqué sous un format moins conformiste, rappelant la plus-value du ‘live’ par rapport à l’album. La prestation d’un artiste qui s’inscrit parfaitement dans l’idéologie de Dour : partir de rien, créer et faire vibrer ! (A.B.)

Votre serviteur reprend son bâton de pèlerin pour se rendre devant la ‘Last Arena’. Il y a plus de 20 000 personnes qui attendent Snoop Dog. Incroyable ! Qui débarque avec (seulement !) dix minutes de retard sur l’horaire. Une véritable star planétaire à Dour. Oui mais rien ne va se passer comme prévu. L’Américain commence par enchaîner ses tubes. Après une grosse demi-heure, il aborde une cover de Bob Marley. Mais, il s’arrête au beau milieu du morceau, et sans aucune raison ni explication, rentre en coulisses. Caprice de star ? Selon les rumeurs, l’interdiction de fumer du cannabis sur les planches, lors de son set, imposée par les forces de l’ordre, l’aurait contrarié. Le buzz est lancé, en tout cas !

Et mon festival de s’achever par John Hopkins et Klangkarussel, responsables de deux sets atmosphériques qui clôturent à merveille cette très bonne édition.

Le Dour Festival confirme qu’il est un des grand rendez-vous musical en Belgique et même en Europe. Eclectique, l’affiche s’intéresse à pratiquement tous les styles, même si parfois des choix cornéliens doivent s’imposer, suite à la programmation d’artistes du même genre, au même moment. A l’année prochaine pour de nouvelles découvertes ou confirmations sur la plaine de la Machine à Feu !

(Organisation Dour Music Festival)

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Rock Herk : samedi 18 juillet 2015

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Deuxième journée, toujours placée sous le signe de la détente, passée au milieu des champs limbourgeois.
Bonne humeur et convivialité se roulant des pelles dans l’herbe brûlée par le soleil, le public prend son temps avant d’envahir les lieux.
Place aux nostalgiques de tout poil pour une nuit calée sur les années 90.

Le public est encore maigre quand Eagulls, premier nom d’envergure à l’affiche, prend possession du podium.

Issus de Leeds, ces musicos vont offrir un set rugueux et âpre, à l’image de leur premier album éponyme.

Un rien linéaire, mais suffisamment intense que pour tenir en éveil notre curiosité.

Si les évidents rapprochement avec le Post Punk de Killing Joke, mâtinés de Cold Wave épi(Cure)ienne se distinguent clairement dès les premières notes, l’ensemble, sans réellement être transcendant, propose tout de même un aperçu du potentiel de ces jeunes, maternés à la discographie de leurs aînés.

Sur les planches, le groupe peine à se créer une identité (ou alors il en manque cruellement), mais la rage poisseuse des compositions exécutées le plus sérieusement du monde compense largement cette carence.

Un moment, certes pas renversant, mais bien agréable, tout de même.

S’il m’est difficile de m’étendre sur Meuris, dont le patronyme évoque en mon for intérieur de brèves mais intenses visions sexuelles (sic !), c’est qu’il s’agit principalement d’une attraction locale.

J’entends par là une formation dont l’impact est très limité puisque le chant est exclusivement décliné en néerlandais.

Glorieux représentant d’un Rock Flamand aux accents anglophones, Stijn Meuris (ex-Noordkaap) affiche fièrement son amour de la langue maternelle et défend valeureusement son identité culturelle.

Provoquant l’engouement d’un public réceptif et connaisseur.

Ce que, bien sûr, je ne suis pas.

Par contre, je pourrais m’étendre longuement sur le cas Slowdive dont la dissolution éthérée remonte à 1995.

Le retour à l’avant-plan du combo de Reading, non pas majeur, mais qui a eu une influence certaine sur le mouvement Shoegaze –dont il est l’essence même– est de nature à me réjouir, mais également les aficionados –anciens et nouveaux– de plus en plus nombreux et même les membres du groupe, heureux de renouer avec leurs chansons phares. 

Slowdive a donc repris du service, il y a un an et demi.

Culte, le band n’a donc plus aucune raison de bouder son plaisir, ni le nôtre.

Actuellement occupé d’enregistrer un nouvel album, il réserve donc exclusivement aux concerts, les moments forts de sa discographie passée.

Loin de réunir des virtuoses, Slowdive est avant tout UN SON.

Mais quel son !

Vaporeux et puissant, il a le don d’emmener dans son sillage les voix pourtant communes de Rachel Goswell et Neil Halstead.

Ainsi, le set de ce samedi démarre dans les vapeurs de leur morceau éponyme, paru sous la forme d’un Ep trois titres, en 1990.

Comme un trait de lumière fendant la brume épaisse et se taillant un chemin au milieu de hautes vagues, images tellement ancrées dans l’imaginaire Shoegaze.

Car si l’on peut se référer à ces visions naturalistes, pour dresser un semblant de portrait de la musique de Slowdive, il est avant tout question de ressenti.

L’attitude scénique conférant souvent dans le genre au mutisme, on se réjouit des quelques échanges gênés et polis que les deux figures de proue adressent à leur public.

Mais au travers de cette façade floue comme une bruine colorée, se devinent les explosions et les chuchotements de « Just For A Day » et « Souvlaki ».

« Pygmalion » ne se prêtant guère au live, ne reste de ce troisième et ultime opus (à ce jour) que « Crazy For You », du reste, le morceau le plus faible du set.

Après un départ raté, « She Calls » entame enfin la dernière ligne droite d’un concert où, depuis les premiers rangs, la communion entre le combo et ses fans devient palpable.

Au moment où, à peine soutenue par quelques notes éparses, la voix de Rachel prend la mesure du « Golden Hair » de Syd Barrett, les souffles se contiennent dans les poitrines et les poils se dressent sur les épidermes.

Quelques minutes plus tard, une dernière vague emporte tout sur son passage.

Laissant flotter ci et là, des sourires béats.

Pas de rappel, festival oblige, mais un rendez-vous pris pour demain avec ce groupe d’hier, mais toujours bien d’actualité.

La suite promet d’être plus musclée, puisque d’autres vétérans (de la même époque) prennent le relais.

Car Helmet n’est pas réputé pour faire dans la dentelle.

Si son leader, Page Hamilton a étudié le Jazz dans sa jeunesse, ses aspirations musicales ont vite pris une tournure moins cérébrale.

Directes et abrasives, les compositions du band new-yorkais se sont rapidement démarquées dans le paysage du début des nineties.

Un peu à l’image de Tool, il suscite alors l’intérêt des amateurs de son lourd et puissant, mais attire également l’attention d’un public plus mélomane.

Le show de ce soir reflète d’ailleurs parfaitement la dualité inhérente à Helmet. Bien que curieux, je prends néanmoins vite quelques distances. Et pour cause, la chape de plomb versée inlassablement par cette machine à riffs a irrémédiablement raison de ma patience.

Profitant nettement mieux des événements depuis l’extérieur du chapiteau, mon attention finit logiquement par s’échapper ; et ne distingue bientôt plus qu’un grondement sourd et lointain.

Car si ce n’est Helmet, c’est donc l’orage !

Organisation : Rock Herk

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Dour Festival 2015 : samedi 18 juillet

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Déjà plus que deux jours de festival. Que le temps passe vite… La programmation annoncée ce samedi semble moins intéressante. Enfin, à première vue ; car il st toujours imprudent de tirer des conclusions hâtives. Et pour cause, certains artistes ou groupes à l’affiche sont souvent très susceptibles de surprendre agréablement. Notamment dans le domaine de la découverte. On verra à l’autopsie…

La journée de votre serviteur commence en douceur par le duo électro Rangleklods. Il se produit sous le ‘Jupiler Dance Hall’. Son expression sonore est plutôt rudimentaire et se singularise par la conjugaison de la voix masculine et féminine. Pas de quoi fouetter un chat ; m’enfin, on a déjà vu pire. Un peu trop calme quand même. Peut-être que si le tandem avait été programmé en fin de soirée…

Cap sur la ‘Cannibal Stage’ afin de se nettoyer les oreilles. Deez Nuts est venu défendre son nouvel album, et on s’attend à du lourd ! Le chapiteau est d’ailleurs presque comble. Il n’est pourtant que 15h30 et en général, il y a moins de monde à ce moment de la journée. Les festivaliers semblent attendre impatiemment ce concert. Le combo de hardcore australien revient sur la plaine de la Machine à Feu après une absence de trois éditions ; et il veut marquer le coup. Dès le début du set, on en prend plein la tronche. Pendant 45 bonnes minutes Deez Nuts va faire un boucan d’enfer. Le choc des extrêmes, par rapport au show précédent. Mais c’est même un peu ‘too much’ à mon goût. Je décide donc de passer les dernières minutes de ce pilonnage en règle à l’extérieur. Et commence tout doucement à comprendre l’utilité des bouchons de protection pour les oreilles…

Le rendez-vous suivant est important. Et pour cause, il s’agit d’un de mes groupes fétiches.  En l’occurrence BRNS. La formation bruxelloise va investir le podium de ‘La petite maison dans la prairie’. Malheureusement, elle n’a droit qu’à 40 minutes de ‘live’. Que c’est court… Et même frustrant ! Le quatuor compte tellement de bons morceaux dans son répertoire, qu’il devra faire des choix. Et grosse surprise, c’est « Mexico » qui passe à la trappe ! Il a certainement voulu prendre du recul par rapport à ce titre qui lui colle à la peau, mais cette option n’est vraiment pas du goût de l’auditoire. Qui finalement a le droit d’être déçu de la prestation. Trop brouillonne et mal équilibrée. En outre, les musicos ont chaque fois mis un temps fou pour accorder leurs instruments. Une situation qui a complètement brisé leur élan. Seul le morceau final, « Our Lights », s’est révélé à la hauteur. Dommage, le band m’avait habitué à mieux…

Je décide donc d’aller casser la croûte en attendant Timber Timbre. Le groupe de folk/rock débarque une demi-heure après BRNS. Les Canadiens sont responsables d’une musique atmosphérique plutôt originale. A cause des interventions ténébreuses et hantées de la violoniste. Malheureusement, la transposition ‘live’ ne parvient pas à décoller. C’est bien beau, mais qu’est-ce que c’est mou. Et il n’est que 18h30. A ce moment de la journée, on a davantage envie d’un coup de boost. Pour l’instant, le quatrième jour fait vraiment pâle figure.

Heureusement, la suite va enfin faire la différence. Carl Barât, tout d’abord. Lui et Pete Doherty sont quand même les fondateurs du mythique The Libertines. Sur les planches, Carl est flanqué d’un backing group baptisé Jackals. Et le combo pratique un rock bien british comme votre serviteur apprécie. Une set list de 15 titres qui font du bien aux tripes et au sein de laquelle on épinglera une adaptation du « France » des Libertines. Rien que du bonheur ! Barât suscite même la sympathie. Il se montre très proche de son auditoire tout au long de ce show d’excellente facture. Et cet auditoire a toutes les raisons de s’enthousiasmer…

Sur la Main Stage, Goose balance son électro/rock. La formation courtraisienne compte sur son superbe light show. Malheureusement, entre 21h et 22h, la nuit n’est pas encore tombée. Dommage ! Ce spectacle aurait mérité de figurer en clôture sur la grande scène. Perso, le style du quatuor ne me botte pas trop. Mickael Karkousse, le chanteur, en remet plus d’une couche, alors qu’il n’est guère charismatique. Et sans les jeux de lumières, l’ennui finit par vous envahir. Finalement, ce sont les quelques hits qui vont sauver le concert. C’est toujours ça de pris…

Pour terminer la journée, j’opte pour le set de The Drums. Cette formation new-yorkaise excelle dans son style indie pop, un style chargé de nuances. L’expression sonore est tour à tour alimentée par des interventions de guitares math-rock, des accès de basse puissants ou des poussées de drums alertes. La voix de Jonathan Pierce est atmosphérique. Exténués, de nombreux festivaliers décident de s’asseoir sur le sol. Non pas par ennui, mais tout simplement pour s’abandonner au cœur d’une ambiance cool. Je déroge à cette règle et me plante devant le bassiste. Et finalement, le set touche au sublime. A tel point, qu’on ne voit pas le temps passer. C’est toujours bon signe. On a même droit à un rappel de deux morceaux, dont le magnifique « Down by the Water », en finale. Quelle claque !

La journée a finalement été sauvée par Carl Bârat et The Drums. Ces deux concerts étaient vraiment excellents et démontrent une nouvelle fois que les préjugés sont de très mauvais conseillers. Une dernière journée de folie s’annonce demain, le repos est indispensable pour débarquer en pleine forme !

(Organisation Dour Music Festival)

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Dour Festival 2015 : vendredi 17 juillet

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C’est déjà la deuxième journée complète à Dour. Le temps passe assez vite et il faut avouer qu’après avoir passé une très bonne journée ce jeudi, on s’attend bien évidemment à une meilleure encore, le lendemain. Mais plus chaude également. D’ailleurs la température va frôler les 35 degrés. Pas de panique cependant, car il y a de quoi se rafraîchir sur le site. Et puis les festivaliers vont avoir l’honneur de rencontrer Damon Albarn aujourd’hui. En route !

C’est devenu une habitude, ma journée débute par le show d’un groupe belge. Et à nouveau sous le chapiteau de ‘La petite maison dans la prairie’. Fùgù Mango n’est pas venu sur la plaine de la Machine à Feu seul. C’est accompagné des Binti, un collectif réunissant six sœurs, chargées des backing vocals, que le quatuor monte sur l’estrade. Ce qui fait évidemment beaucoup de monde sur ce podium étroit ; mais la configuration a été bien pensée. La chorale se mêle aux percussions exotiques, ce qui se solde par un cocktail bien original. Les premiers déhanchements de la journée pour les festivaliers !

Une certitude, le mercure a encore grimpé de quelques degrés, par rapport à la veille. Dès lors, sous les chapiteaux, c’est intenable. Bref, je reste planté au même endroit pour le concert de Klub des Loosers. Resté seul depuis le départ de Dj Detect en 2013, Fuzati demeure malgré tout une figure incontournable du rap français. Chargés de mal être et d’ironie, ses textes ne laissent personne indifférent. Il est épaulé par un backing group en ‘live’. De quoi me ravir ! Suivant un rituel immuable, le rappeur porte un masque blanc qui ne recouvre que la première partie de son visage et sur lequel il pose ses lunettes. Un look particulier mais qui fait totalement partie du personnage. Tout comme sa démarche d’ailleurs qui n’est pas naturelle pour un sou. Bref, il intrigue. Musicalement, le concours d’un groupe permet une fusion savante entre style rock et chant rap. C’est diablement efficace et pour un amateur de rock comme votre serviteur, l’approche de la musique dite ‘urbaine’ est plus aisée. Je prends donc une bonne baffe complètement inattendue. Fuzati m’a en tout cas particulièrement impressionné. Un personnage charismatique et mystérieux. A revoir, c’est une certitude !

Votre serviteur se retrouve en suite face à un dilemme comme Dour et ses huit scènes peuvent en poser. Entre Deerhoof et Zola Jesus, mon cœur balance. Finalement, j’opte pour le band californien… avant de faire demi-tour assez rapidement. L’univers sonore de Deerhoof est trop paisible par rapport à mon humeur du moment. Zola Jesus, c’est autre chose… De son véritable nom Nika Roza Danilova, cette artiste propose une musique gothique, baroque, mais teintée d’électro. Une expression sonore qui colle parfaitement à sa voix, capable de monter très haut dans les aigus. Et le résultat est épatant. Ce bon moment m’a aussi permis de profiter tranquillement d’une petite pause, assis dans le coin de la ‘Jupiler Dance Hall’. Les jambes fatiguent et il faut encore tenir plus de deux jours !

On en arrive enfin à un des moments les plus attendus du festival. Tony Allen nous fait sa review sur la Main Stage en invitant des amis notoires : Damon Albarn et Oxmo Pucino. Pour ma part, l’envie de voir l’homme fort de Blur et de Gorillaz est grande. Il ne s’attarde que pour deux titres, qu’il assure au piano et au chant. Mais quelle classe ! Jet privé pour arriver du Portugal où il tourne en compagnie de Blur, pour fêter à Dour les 75 ans de son ami batteur : chapeau ! En outre, il nous a concédé quelques mots en français. Perso, j’en avais des étoiles plein les yeux. Et heureusement que le Damon s’est déplacé, car le reste du set s’est révélé ennuyeux, ne s’autorisant aucune envolée. Une déception, finalement.

Direction ‘Le labo’ pour assister à la fin du show de Roscoe. Si cette petite scène est vraiment sympathique, elle ne bénéficie d’aucune aération. Et c’est un problème. J’y suis resté très peu de temps. Une véritable fournaise ! Et le genre bien dark du band liégeois n’est pas parvenu à réduire la température. C’est sans doute la raison pour laquelle ce set m’a bien moins plu que celui accordé aux Ardentes, la semaine dernière. Question physiologique : le confort et la chaleur peuvent-ils influer sur la perception de la musique ? La réponse est sans doute affirmative…

The Wombats est une forme de symbole pour votre serviteur. En fait, il a découvert cette formation en 2007, c’est-à-dire lorsque son goût pour le pop/rock a commencé à se développer. Bien sûr, leurs deuxième et troisième long playings font un peu pâle figure. Mais « A Guide to Love, Loss and Desperation » est une petite pépite de rock anglais. Gros coup de nostalgie donc. Sous un soleil couchant, le groupe entame son set par un titre du dernier opus, avant d’enchaîner par le puissant « Jump Into The Fog », un des rares morceaux à épingler sur le deuxième elpee. La foule jumpe. La faire réagir au quart de tour est un véritable art cultivé par le band. Tous les titres ou presque s’achèvent par un refrain contagieux que finit par reprendre en chœur l’auditoire. Pour communier avec les fans, rien de tel ! Après un peu plus d’une heure –en n’oubliant pas d’inclure quelques plus anciennes compos– le trio de Liverpool accorde son titre phare : « Let's Dance To Joy Division », avant de se retirer. Quelle ironie ! Ravi d’avoir pu voir une formation qui a marqué mon adolescence, il est difficile d’être totalement objectif. Mais en observant les visages des spectateurs, j’imagine que le concert était quand même d’excellente facture…

Place ensuite à Glass Animals. Issu d’Oxford, ce jeune quatuor pratique une forme de psyché/pop. Un peu dans l’esprit d’Unknown Mortal Orchestra, programmé la veille. Sauf que c’est moins bien. Les mélodies ne sont pas aussi travaillées et la coloration R&B injectée dans l’expression sonore, n’est guère convaincante. Son LP s’est cependant très bien vendu en Wallonie. Ce qui explique sans doute ce capital sympathie dont il jouit lors du show. 

Une grosse pointure va clôturer la programmation sur la Main Stage, ce soir : C2C. Le groupe de breakbeat est supposé mettre l’ambiance –et elle particulière– au sein d’un auditoire conquis d’avance. Les Nantais vont donc livrer une prestation bien maîtrisée en toute décontraction. A leur image finalement. Un concert fort sympathique qui clôt ma journée.

Car malheureusement, impossible d’approcher la ‘Red Bull Elektropedia’ pour assister au set de Nina Kravitz. Il doit y avoir 10 000 âmes autour d’une scène majestueuse, composée de plusieurs tours, garnies d’écrans et de haut-parleurs. Côté son, ça envoie. Mais vu les conditions, je préfère renoncer… Tant pis et rendez-vous demain !

(Organisation Dour festival)

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Rock Herk 2015 : vendredi 17 juillet

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Situé à quelques encablures de Hasselt, dans le Limbourg, la ville de Herk –qui compte 275 habitants au kilomètre carré– accueille les amateurs de musique, au cours de l’été, depuis 1983.
Pour ma part, ma première expérience date de 93, année où s’étaient alors produit Therapy ?, Senseless Things , The Afghan Whigs et encore Pond pour… pas un rond.
Et le tout dans une ambiance détendue et aux proportions idéales pour jouir pleinement de cette fête annuelle.
Ne dérogeant pas à sa règle initiale, Rock Herk nous offre donc en parallèle, du lourd (une scène réservée au Hardcore et aux styles disons musclés) et de l’éclectique (une scène destinée aux autres genres musicaux).
Ainsi, pour un prix absolument modique, il vous est toujours permis de venir faire la fête dans cette charmante entité et surtout de profiter d’une programmation, au demeurant modeste, mais chaque année pertinente.
Si le festival est resté gratuit de nombreuses années, les organisateurs ont dû revoir leur politique il y a peu, sous peine de devoir disparaître.

Si l’affiche de ce vendredi fait figure d’amuse-gueule, quelques artistes intéressants sont à épingler.

BRNS, présent presque partout, figure fort tôt dans la grille de programmation.

Une heure apéritive qui ne change pas d’un iota les ambitions du groupe de secouer le cocotier.

Du moins, je le présume, puisque je suis arrivé après leur set…

Mais habitué à leur excellence, j’imagine mal comment il pourrait en avoir été autrement.

C’est donc par Baths que j’entame cette nouvelle édition.

Plongeant dans le bain (certains jeux de mots faciles sont difficilement contournables), je découvre le duo de Los Angeles pour la première fois en ‘live’.

Si Will Wiesenfeld en est la tête pensante et le géniteur, le projet peut compter sur les interventions de Morgan Greenwood, se consacrant aux divers bidouillages.

Fort de deux excellents albums (« Cerulean » et « Obsidian », parus respectivement en 2010 et 2013, sur le label Anticon), Baths a la délicate tâche de reconstituer le raffinement de ses titres vaporeux dans un esprit dynamique sans trahir le propos.

Et c’est là que le bât va blesser.

Entamant le concert face à un parterre distrait d’une dizaine de personnes, le duo s’emmêle rapidement les pinceaux. Bref, il est brouillon.

Si heureusement, une centaine de curieux se joignent rapidement au maigre auditoire, il finit car complètement louper sa prestation (NDR : Will s’en excuse d’ailleurs, en affichant un sourire gêné).

Trop d’effets, de sonorités maladroitement incontrôlées et d’approximations au bout du compte.

Misant beaucoup sur sa voix au timbre clair distillée dans des échos spatiaux, modulés par un synthétiseur Roland, Will apporte la part vivante du spectacle, mais, trop occupé à jongler entre ses différents instruments, il semble quelque peu débordé.

Si le concert n’est pas aussi catastrophique que ces dernières lignes peuvent le laisser supposer, il n’en reste pas moins que la prestation de Baths a déçu.

Si auparavant, Napoleon avait battu campagne sur le second podium, c’est au tour de Non Turning Back d’agiter le deuxième chapiteau, pendant que les préparatifs s’activent sous le premier.

Une houle menaçante roule comme un rouleau compresseur ; ce qui, sans surprise, m’incite à prendre mes distances.

Blood Red Shoes envahit donc les planches sur le coup de vingt et une heure quarante.

Une invasion qui pourrait sembler mince si l’on considère que le groupe consiste en un joli minois (celui de Laura-Mary Carter préposée à la guitare) et une frêle silhouette (celle de Steven Ansell derrière les fûts).

Un duo qui a tôt fait de faire voler en éclats les hypothétiques préjugés.

Énergique et rageur, la paire de Brighton occupe parfaitement l’espace et maîtrise son sujet.

Si les compositions ne se démarquent pas vraiment dans le paysage musical, les prestations ont le mérite d’assurer leur part de spectacle.

S’ensuivent quelques gentilles bousculades dans un public, avide de comparer son degré de testostérone.

Les accords aux accents grunge du combo s’y prêtent d’ailleurs à merveille.

Une prestation agréable et efficace qui résume finalement le statut de Blood Red Shoes, à savoir, en premier lieu, un groupe de ‘live’.

Car c’est bien là qu’il déploie toute son envergure.

La suite de la programmation adoptant des dispositions plus dansantes, il n’est pas étonnant de voir affluer le plus gros du public à cette heure tardive.

Une  annonce discrète sur un grand écran délavé m’apprend le désistement en dernière minute de Nathan Fake. Ce qui me chagrine. Il est souffrant.

Ce n’est pas l’abominable condensé de mauvais goût communiqué par The Subs qui me consolera.

Indigeste au possible, leur rudimentaire mélange de genres décroche le succès escompté, et c’est sans doute bien là l’essentiel.

Succombant aux plaisirs faciles d’un condensé d’évidentes recettes ‘prêtes à danser’, de nombreux nightclubbers s’agglutinent sous la toile cirée du chapiteau et la transforment en boîte de nuit.

Pendant ce temps, je mets le cap sur le second, abritant les rebondissantes vibrations drum&bass du producteur Allemand et DJ Mathis Mootz alias The Panacea.

Une ambiance toute aussi survoltée, mais correspondant bien mieux à mes aspirations dansantes.

Avant que Gui Boratto n’apporte sa touche à la nuit, sous le ciel étoilé de Herk.

Mettant tout le monde au pas sur le dancefloor.

Perso, quelques kilomètres se promettent de m’avaler avant de retrouver mes pénates.

Je me dirige donc vers la sortie tout au plaisir de revenir au même endroit, demain.

(Organisation : Rock Herk)

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Dour Festival 2015 : jeudi 16 juillet

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Après une première soirée assez terne, les choses sérieuses peuvent commencer. Ce jeudi constitue un premier jour complet et bien rempli. Le programme est en outre très varié ; ce qui devrait satisfaire un max de monde. Perso, c’est une bonne occasion d’enfin découvrir la plaine de la Machine à Feu !

C’est à 14h sous ‘La petite maison dans la prairie’ que mon parcours de la journée commence. Comme souvent, un groupe belge ouvre le bal. Recorders propose un pop/rock atmosphérique teinté d’électro à un public trop peu nombreux lors de l’entame. Non seulement les Bruxellois sont venus défendre leur dernier elpee, mais ils nous réservent quelques nouveaux titres. Plus d’un an après la sortie d’« Above The Tide », les cinq jeunes artistes n’ont guère chômé. Ces nouvelles compositions sont très réussies et augurent le meilleur pour le futur. C’est sur le très puissant « Beach » que le set s’achève, après 40 minutes. Le chanteur grimpe sur un pylône afin de saluer une dernière fois l’audience, un peu plus consistance qu’en début de show. Pas étonnant en tout cas que certains membres de la troupe pointent les Anglais de Breton parmi leurs références majeures. Leur expression sonore est proche et aussi addictive. Une bonne manière de lancer son festival !

Direction la ‘Jupiler Dance Hall’, grande scène à tendance électro située à quelques pas de la main Stage. Le groupe qui s’y produit milite pourtant dans un tout autre registre. Ce sont les rockeurs maliens de Songhoy Blues qui sont venu présenter leur premier LP, « Music In Exile ». Guère notoire, ce groupe respire la joie de vivre ! Son style, fortement inspiré par la tradition africaine, ne peut que vous rendre de bonne humeur. Hymnes allègres et danses folles sont au programme. Aliou Toure, le chanteur, a le rythme dans la peau et pas qu’un peu ! Quel plaisir de le voir se déhancher devant nos yeux ébahis. Tout le monde se prendra d’ailleurs au jeu et va se remuer sous les directives de Toure. Et c’est sous un tonnerre d’applaudissements que Songhoy Blues quitte les planches. La première révélation de Dour 2015 !

Avant le concert très attendu d’Unknown Mortal Orchestra, je me pose quelques instants devant Tokyo Ska Paradise Orchestra. Référence en terme de ska, le collectif ne parvient pas vraiment à faire oublier la fournaise causée par un soleil flamboyant qui brûle au-dessus de la Main Stage.

Retour donc dans ‘La petite maison dans la praire’ où se produit Unknown Mortal Orchestra, ensemble réunissant des Américains et des Néo-Zélandais. En partant du rock indépendant, le quatuor consomme de la pop, du garage et même parfois du R&B. Un cocktail judicieux qui alimente un set très varié sans aucun temps mort. Le combo termine sa set list par une des meilleures chansons cuvée 2015 : « Multi-Love ». Sorte de synthèse de tout ce qu’il fait de mieux, elle clôture à merveille une très bonne prestation.

La ‘Cannibal Stage’ a, en principe, le but de concentrer les artistes qui font le plus de bruit sur la plaine de La Machine à Feu. Premier crochet pour y admirer A Place to Bury Strangers. Les New-yorkais ont pris la bonne habitude de façonner un son à mi-chemin entre le post/rock et le post/punk, en plaçant une guitare puissante bien en avant. Pour ce concert, le trio a mis les petits plats dans les grands. Même si le chapiteau n’est pas aussi rempli qu’espéré, APTBS va mettre le feu pendant 50 minutes. Malgré une attitude classique, Oliver Ackermann, le chanteur et guitariste, et Dion Lunadon, le bassiste, se lâchent complètement durant le show. Et ils se déchaînent sur absolument tout. A commencer par leurs pauvres instruments. Guitare et basse explosent sur le sol à de nombreuses reprises. Lunadon s’amuse même à lancer son engin à quatre mètres de haut. Sans provoquer de gros dégâts d’ailleurs. A croire que leurs instrus sont en caoutchouc ! La fin de parcours est complètement épique. Les deux compères se jettent dans la foule et jouent leurs deux dernières chansons au beau milieu d’un auditoire totalement ébahi. Plus personne ne regarde le podium et on comprend pourquoi : le batteur l’a tout simplement quitté ! Et on ne le reverra plus. C’est donc sur ce moment complètement dingue que se clôture le spectacle. Après quelques poignées de mains accordées à leurs fans, les deux hommes rentrent incognito ou presque en coulisses, avec le sentiment du devoir accompli. Quelle claque !

Je décide de rester dans les parages, en attendant la suite, mais également afin de pouvoir m’alimenter. Yelle joue au même moment, mais impossible de tout voir. Les échos recueillis sont plus positifs qu’imaginés. Apparemment il y a moyen de bien rigoler en compagnie de la Bretonne, mais il faut absolument tout prendre au second degré. Et on comprend pourquoi, vu la richesse de ses textes…

C’est l’heure du metal sur la ‘Cannibal Stage’. Kvelertak nous vient de Norvège. Son style ? Typiquement scandinave mais aussi très puissant. Erlend Hjelvik, le chanteur, affiche un look de Viking. Il arbore une longue chevelure, se distingue par une certaine largeur d’épaules et a décidé de passer une bonne partie du concert torse nu. Autant dire que ça décoiffe, c’est le cas de le dire ! Si je suis peu amateur du genre, le public semble y trouver son compte et remue sec à hauteur des premières rangées. Il ne faudra d’ailleurs pas très longtemps avant de voir éclater les premiers pogos. Et ceux-ci vont durer jusqu’à la fin d’un concert mené tambour battant par la formation.

Après un bref détour par le set de Squarepusher –peu convainquant, par ailleurs– je décide de mettre un terme à cette journée. La chaleur est devenue presque insoutenable et la fatigue commence à gagner. Il faut quand même encore tenir trois jours. A demain !

(Organisation : Dour festival)

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Dour Festival 2015 : mercredi 15 juillet

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Le premier contact avec Dour est un peu plus rapide cette année. En l’honneur de ‘Mons 2015’, une soirée a été ajoutée au programme du festival. Encore fallait-il que celle-ci ait une réelle plus-value par rapport aux autres jours. Coupons court au suspense de suite, ce ne sera pas le cas.

Si Gallowstreet ouvre gentiment la Main Stage, seule scène ouverte du soir, c’est grâce à La Smala que les choses sérieuses vont commencer. Si j’avoue être peu fan du rap proposé par le collectif, il faut admettre qu’il sera le seul à réellement mettre l’ambiance sur le site. Connaisseur, le public semble apprécier l’amuse-gueule. Il y a même une solide agitation dans la foule.

C’est principalement Jungle, le groupe suivant, qui avait suscité ma curiosité à la vue du programme. Quelle ne sera pas ma déception ! Au-delà des compositions hip-hop assez décevantes, c’est surtout l’équilibre sonore qui est mis à mal… Le son est trop faible et n’atteint pas le dixième rang. Dans ces conditions, difficile de bien profiter du set soi-disant élégant du band. Un coup dans l’eau pour les Anglais !

SBTRKT monte ensuite sur les planches. Le groupe électro est plutôt notoire chez les fans du genre, mais ne dispensera finalement qu’une prestation minimale. Aucune folie à signaler et pour finir on peut le dire : on s’ennuie ferme. Trop linéaire et même plat… 

Le DJ set final est anecdotique. Alors certes, l’idée d’un jour supplémentaire à Dour est intéressante. Mais dans les faits, ce n’est pas une réussite. Et même si l’apéritif s’est avéré peu succulent, ce mercredi était quand même une bonne occasion de fouler pour la première fois le site qui va voir défiler des centaines de milliers de festivaliers, les quatre jours suivants…

(Organisation Dour Music Festival et Mons 2015)

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