Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Jon Spencer
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La Vie en Rock 2016 : samedi 2 avril

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Janique Saussez avait une nouvelle fois réuni ses forces afin d’organiser un festival destiné à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer. Une maladie qui, rappelons-le, tue chaque année 3 500 Hennuyers. Plutôt biberonné à la Cara Pils et aux émissions incultes du style ‘The Voice’, le public borain n’a (forcément) pas répondu à l’appel, malgré une affiche alléchante. Comble de malchance, les organisateurs ont dû déménager vers l’Espace Magnum en toute dernière minute. Motif ? La salle de Dour Sports qui accueille l’événement depuis la première édition, est en travaux. Et ils sont conséquents. Pas moins de treize groupes, dont Lemon Straw, Dr. Voy, Hipsta, Lys et Miss Jacqueline ont accepté de se produire pour la bonne cause… Compte-rendu.

Votre serviteur débarque avant le set accordé par Xcess. Des hostilités ouvertes. Et pour cause. S’approchant du parterre de spectateurs, le chanteur tombe du podium et se prend une gamelle monumentale, sous le regard hilare et médusé de ses comparses.

Fondé en 2014, ce quatuor montois réunissant Ben (chant), Alex (guitare), Arno (batterie) et Sylvain (basse) compte plus de 60 concerts ( Botanique, VK, Rockerill... ) à son actif. Sa musique baigne dans un rock alternatif teinté de ska, de punk et de métal ; un cocktail qui donne à l’ensemble une couleur intéressante mais mélodique. 

Responsables d’un premier elpee, (« Awakening »), les quatre lascars se sont démenés pour tenter de faire bouger un public plutôt amorphe. Sans trop de succès…

Miss Jacqueline embraie. Lilloise, la formation implique Jacko (voix et guitare rythmique), Arno (guitare lead), Math (basse) et Ju (drums). Pop/rock, la musique de cette femme à quatre têtes concède de nombreuses références insulaires. Mais s’avère plutôt conventionnelle, évoluant quelque part entre indie rock et post punk, sur un lit synthétique ! Malheureusement le son est trop lisse. Le jeu de scène, trop timoré. Et la communication, quasi-inexistante. Aucun des musico ne parvient à insuffler l’énergie nécessaire pour extraire le public d’une léthargie post-hivernale. Le drummer cumule les erreurs techniques. Si bien que sur la durée, le spectacle finit par devenir pathétique. Bref, on s’ennuie ferme ! Un point commun avec notre Jacqueline nationale (dixit Galant) : la médiocrité ! Ce sera une des fausses notes de la soirée !

Les choses sérieuses commencent dès HIPSTA. Fondé en 2014, ce jeune combo parisien évolue déjà dans une phase d’exemplarité. A cause, notamment, des compositions d’Arno. Ce qui lui permet d’être rapidement repéré par Shaka Ponk. Et d’assurer sa première partie au Palais12.

Les sonorités électro/rock du combo vrombissent et font vibrer les parois en béton du prétoire. Les compos sont directes, ambitieuses est désinvoltes. Pas de fioritures. Mais de la précision et une approche contemporaine. Elles lorgnent ainsi vers un certain Phoenix. Tout au long des quarante minutes du set, elles groovent. Et la foule qui reprend du poil de la bête se met à chanter et à danser ! Que demander de plus ?

Vers 20h30, LYS grimpe sur l’estrade. Il s’agit de la deuxième participation du combo au festival. En outre, de la rencontre entre les musicos et Janique est née une amitié. Il était donc logique que la formation soit à nouveau au rendez-vous de cette œuvre caritative.

Nicolas en est le leader charismatique. La filiation entre Placebo est LYS est surprenante. A cause de la voix de Nicolas, tellement proche de celle de Molko. Et puis des riffs de guitare. Surprenant ! De quoi semer le trouble. Quoique…

De toute bonne facture l’elpee « Go Your Own Way » a été produit par Steve Hewitt, l’ex-batteur de Placebo. Ce qui a permis au groupe de se produire un peu partout dans le monde. En Europe, bien sûr. Et même à Londres. Ce qui est moins évident. Et ce qui l’est encore moins, aux States, où il a participé à de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York. Sans oublier le MIDI de Shanghaï et à Beijing, en Chine.

Depuis les débuts de l’aventure, LYS a subi de nombreux changements de line up. Difficile pour le commandant de bord de maintenir le paquebot à flots, quand on doit enregistrer une telle succession de défections. Mais qu’importe ! La fine équipe qui l’entoure aujourd’hui semble avoir cimenté cette union sacrée.

« Redbud » constitue le second opus du band. Il frôle la perfection ! Dix titres et presque autant de tubes potentiels ! Pour le réaliser, LYS a pu compter sur le concours de grosses pointures comme –à nouveau– Steve Hewitt, mais également Paul Corkett (producteur anglais qui met en forme les disques The Cure) ainsi que Donald Ross Skinner (Julian Cope) au mixing ; sans oublier Craig Walker (ex-Archive) qui cosigne certains lyrics.

C’est donc impatiemment, proche de l’excitation jubilatoire, que votre serviteur attendait ce moment depuis plusieurs semaines ! 

On retrouve, dès les premières accords, ce style rock à la fois festif et communicatif, mais également très mature. Ce feeling qui flirte avec le meilleur des hymnes pop/rock anglo-saxons. Les compos sont riches et prennent rapidement aux tripes ! L’interprétation est empreinte de délicatesse et de volupté ! Les accords s’enchaînent naturellement. Les titres défilent : « Redbud », « Be There », « One Day », « The Mistake », sans oublier les inévitables « New Way Home », « Insane » ou encore « In My Mind » qui a ouvert au combo une porte médiatique salvatrice !

Ce concert restera un des meilleurs de la soirée !

Autre groupe, autre style chez Dr Voy ! Pas de stéthoscope, mais des guitares électriques qui foisonnent, des lignes de basse qui mordent et une rythmique à faire exploser le métronome !

Le genre élaboré par Reg (batterie), Jeff (guitare, chant), Rod (basse) et Vince (guitare, chœurs) est particulièrement hybride, mêlant rock garage, attitude punky, esprit soul et spontanéité déguisée !

A ce jour, les bad boys de la région du Centre ont gravé trois long playings studio : "Time runs away" (2007), "Kill the angel" (2009) et "That's all fake" (2012). Tous autoproduits. Ils ont accompli de nombreuses tournées. Tant en Belgique qu’au Royaume-Uni. Ce soir, ils sont venus déverser leur savoir-faire sur fond de sauvagerie bestiale gorgée de testostérone…

Le son est crasseux ! Poisseux même ! Aucun doute, la réputation du toubib n’est pas surfaite ! Les oreilles souffrent !

Ce plaisir sera cependant de courte durée ! Environ une vingtaine de minutes après le début du show, les problèmes techniques font rapidement leur apparition : amplis qui craquent et retours de scène qui fonctionnent de manière aléatoire. C’est la frustration chez les musicos et la déception dans l’auditoire.

Excédé, le chanteur s’est interrogé sur l’absence de l’ingé son, finalement retrouvé au bar !

Jeff (qui a vite fait de prendre ses cliques et ses claques et de se casser !) et sa bande de potes ont eu bien du courage !

Un brin de nostalgie, ensuite, en compagnie de Gad’80, un cover band dont le répertoire est puisé aussi bien dans la pop anglo-saxonne que la chanson française.  

On aura ainsi droit à des standards des eighties (The Buggles, Visage, …), dynamisés par une interprétation plus rock. Rien de plus, rien de moins !

Pas de quoi susciter l’enthousiasme de votre serviteur. Ce type de groupe est-il d’ailleurs nécessaire lors d’un tel festival ? La question reste posée…

Car, c’est avec… plus de deux heures de retard que le Framerisois, Giani Sabia, flanqué de ses compères, a pris place devant une… douzaine de fans qui piaffaient d’impatience.

Il a fallu en effet attendre une heure du matin pour assister au concert de Lemon Straw ! Du n’importe quoi !

Le combo ne s’est pourtant pas laissé démonter pour autant ! Celui qui, maintenant hante les plateaux télé et les plus grosses salles du pays, était ravi de revenir sur sa terre promise.

Le parcours du Sieur Sabia est assez atypique. Il quitte l’usine en 2002 pour abandonner un système prolétaire dont il semble n’avoir tourné aujourd’hui qu’une demi page. Il décide alors d’apprendre à jouer de la guitare et compose ses propres chansons.

Lors d’un stage musical, il rencontre Boris, son futur acolyte. Il milite au sein de quelques groupes issus de la région. Souhaitant perfectionner son anglais, il part vivre à Londres, Dublin et ensuite New York.

A son retour, Boris et lui montent alors Lemon Straw. Renaud Lhoest (NDR : arrangeur et violoniste) les rejoint quelques mois plus tard. Ainsi, est née la légende !

Le combo belge s’était révélé grâce à « See You On The Other Side », titre éponyme de son premier LP, paru en mars 2010.

Le trio est venu présenter son deuxième elpee, « Running Home », gravé en mars 2015. Produit en collaboration avec Dada (guitariste du groupe Suarez), ce long format s’inscrit dans une certaine symbolique de changement tout en conservant à la fois les belles mélodies pop et radiophoniques.

Le line up de Lemon Straw implique donc Giani Sabia (chant/guitare), Boris Iori (dobro, harmo, lap steel) et de ‘l’autiste’ Xavier Bouillon (piano).

Depuis peu, Martin Moreau se consacre aux fûts. Il remplace la boîte à rythmes, apparemment mise au placard. Il s’agit du batteur de Feel, une formation athoise. Son concours tonifie certains morceaux un peu mous du genou.

La voix de Giani est chaude et émouvante. « Air », « Does Anyone Feel Like Me », « Out Of Time » (NDR : qui a servi de couverture sonore à la toute dernière campagne des 'Iles De Paix') ou « Wich Side Are You On » ne laissent aucun doute quant à l’ouverture lyrique du chanteur.

Moment chargé d’une grande émotion, lorsque la disparition de Renaud Lhoest, violoniste et pianiste, décédé trop tôt à la suite d’une longue maladie, en décembre 2014, est évoquée. L’excellent et puissant « See you on the other side » lui est d’ailleurs spécialement dédié et résonne amèrement.

Interprété ce soir, il prend encore une dimension toute particulière, riche et immensément triste à la fois !

L’intimité entre le groupe et le public s’intensifie à fur et à mesure que le temps passe. Les uns et les autres plaisantent à tour de rôle avec le chanteur.

Il est deux heures et quart du matin lorsque les dernières notes retentissement sous forme d’écho. Ce festival s’achève enfin !

(Organisation : La Vie en Rock)

The Voeks + The Pugs + The Pinkertons + Xcess + Miss Jacqueline + Hipsta + LYS + Dr Voy + Gad'80 + Lemon Straw

 

 

Cosmic Trip Tour 2016 : mercredi 30 mars

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Né en 1996, le Cosmic Trip est un festival qui fait la part belle au garage, un style né au cours des sixties aux Etats-Unis et au Canada qui a ensuite rapidement contaminé l’Albion. Les compilations ‘Nuggets’ et ‘Peebles’ constituent d’ailleurs d’excellentes anthologies pour illustrer le genre. Le festival se déroule sur quatre jours. Quatre salles françaises différentes y programment des découvertes, des artistes émergents, mais aussi d’autres confirmés. Malgré ses deux décennies d’existence, l’événement est parvenu à conserver son identité. Ce mercredi 30 mars, il proposait une triple affiche au Grand Mix de Tourcoing. Compte-rendu.

Pas de Weird Omen pour votre serviteur. Le concert a débuté un peu après 20 heures, et comme le temps de parcours a été plus long que prévu, il faudra se passer de cette prestation. Ce n’est cependant que partie remise.

En débarquant dans la salle, Last Train vient d’entamer son set. Au cours des derniers mois, le combo alsacien alimente la polémique. Certains mélomanes apprécient le vent de fraîcheur soufflé par le quatuor, d’autres regrettent son manque de personnalité. La vérité se situe, sans doute, entre les deux. Car bien que ne révolutionnant vraiment le rock’n’roll, les Mulhousiens libèrent en ‘live’, une énergie communicative. Ils se donnent à fond, c’est le moins que l’on puisse écrire ! Le chanteur fait grosse impression. Et pas seulement pour son look (NDR : sa coupe de cheveux –blonds– est quand même très rétro ; et sa cigarette au bec, accentue une impression d’impertinence). Ni sa voix rauque. Mais surtout à cause de son charisme. Un charisme naturel qui séduit manifestement l’auditoire. Pourtant, trop les compos sont trop souvent fort semblables. Des exceptions ? Le puissant « Leaving You Now » et « Fire », compo à la construction progressive, qui clôt le show. Mais deux excellents morceaux dans une set list, c’est quand même largement insuffisant. Et ce nonobstant un brin de folie scénique qui cherche à compenser un manque de profondeur dans la musique. On comprend donc mieux pourquoi ce quartet excentrique divise autant les mélomanes au sein de l’Hexagone…

Il revient au combo batave Birth Of Joy de clôturer la soirée. Une formation responsable de quatre elpees en six années. De véritables bijoux, dont le dernier « Get Well », est constitué de quelques perles. Sur les planches, le line up du groupe est plutôt singulier. Surtout vu le rock’n’roll qu’il revendique. Encore qu’au vu du set, il lorgne régulièrement vers le post-rock voire le post-punk. Et c’est cette diversité de styles qui rend sa musique finalement intéressante. Le line up implique un chanteur/guitariste (NDR : qui arbore de longs cheveux blonds, un peu comme feu Kurt Cobain), un batteur et un claviériste. Les compos libèrent une belle intensité. Le public est particulièrement réceptif. Les mouvements de foule se multiplient. Et finissent par déclencher des pogos. Ce qui a l’heur de surprendre le trio. Et il ne s’en cache pas. Oui le Nord de la France est aussi très rock’n’roll ! Sublimée par l’ambiance de feu qui règne dans la fosse, la prestation du groupe devient impressionnante. Et un titre comme « Grow » pète littéralement des flammes. Ce qui incite certains spectateurs à se mettre torse nu. Le leader, Stunnenberg se prend au jeu. Il finit également par ôter son t-shirt. De quoi amplifier l’hystérie des fans… En rappel, le combo amstellodamois nous réserve un de ses vieux tubes : « Make Things Happen ». Que du bonheur ! Un spectacle exceptionnel autant que surprenant. Des concerts pareils, on en redemande !

(Organisation : Cosmic Trip)

Les FrancoSillies 2016 : samedi 12 mars

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Les FrancoSillies sont nés d’une collaboration entre le Centre Culturel de Silly, Silly Concerts ASBL, le Salon et le Service Provincial des Arts de la Scène. Il s’agit déjà de la cinquième édition. Le festival privilégie les artistes qui s’expriment dans la langue de Voltaire. En général, au Salon, le son est nickel. Aussi, difficile de comprendre pourquoi le Centre Culturel n’a pas choisi les préposés locaux au mixing. Bref l’auditoire réunit plus ou moins 150 personnes. En tête d’affiche, Saule ! 

Les 5 groupes programmés ce soir, vont se produire, en alternance, sur la petite scène (dans le bistrot) ou sur le grand podium de la salle de concert.

Votre serviteur débarque trop tard pour assister au show de l'Enghiennois Antoine Armédan, qui selon les rumeurs, était de bonne facture.

Céléna et Sophia sont deux sœurs. Nom de famille ? Tornabene. Elles sont issues de Chapelle-lez-Herlaimont. Elles s’étaient produites dans le cadre du BSF, l’an dernier, en la salle de la Madeleine. A l’actif du duo, un Ep 5 titres, « A l’aventure ». Elles ont la jeunesse et la candeur pour elles. Brune, Céléna se charge de la sèche. Blonde, Sofia, de la gratte électrique. Leurs accords de cordes sont empreints de délicatesse. Et les voix, de douceur. Mais elles se servent également d’une belle panoplie d’instruments, du piano au xylophone, en passant par la mandoline, les percus (au pied) et le looper…

Le line up de La Cécité Des Amoureux (LCDA) est imposant. Jeff Bertemes (NDR : il est originaire des Cantons de l’Est) se charge des vocaux (NDR : c’est également le compositeur), Jean Debry de la contrebasse, Noëlle Elisabeth Grégoire des claviers, Julien Hockers de la guitare (NDR : tous des Liégeois !) et le Breton Kevin Mahé (NDR : Nantais, ce barbu a une bouille bien sympathique) aux percus. Et ce soir, la troupe est soutenue par un invité, en l’occurrence le trompettiste Corentin Eubelen.

Leader charismatique, Jeff est un passionné. Il focalise les regards. Sur le dos de sa veste en cuir sont cousues de grandes ailes noires. Elles se déploient quand il étend les bras. Tel un acteur de théâtre, sa présence scénique est impressionnante. Il semble hanté tour à tour par Pierre Lapointe, Barbara, Bashung, Gaëtan Roussel, Aznavour et on en passe. A l’instar d’un rapace, son regard est susceptible de vous transpercer. Son attitude évoque aussi parfois Mathias Malzieu, le chanteur de Dyonisos, sans les frasques acrobatiques.

Une intro précède son entrée sur l’estrade. « Tango » ouvre le set, une compo qu’il interprète dans sa langue natale. Poétiques, ses textes oscillent entre narration et slam. Autre tango, « Le Ballet des Phasmes » est adapté à la sauce contemporaine. Les morceaux oscillent entre pop, électro, classique, valse ou tango, mais à chaque fois, LCDA a le bon goût de réadapter les morceaux (NDR : surtout les plus surannés !) à la sauce contemporaine. Comme un nouveau tango baptisé « Le ballet des Phasmes ». Et la fin de show s’emballe littéralement pour le plus grand plaisir de l’auditoire. Au cours de ce concert, le band nous a proposé de larges extraits de son prochain album, « Les Courtisanes ». Et franchement, malgré quelques petits problèmes de balance, dus aux soundcheck de l’autre podium, la prestation a été totalement convaincante.

Juno est désavantagé, car le son est carrément médiocre. Dommage ! Tant pis, votre serviteur décide d’aller prendre l’air à l’extérieur, en attendant le spectacle de Saule, qui a remplacé Nicolas Michaux au pied levé ; ce dernier ayant eu l’opportunité de décrocher une tournée en Chine…

Après avoir bourlingué pendant plus de 2 ans pour défendre son album et vécu une collaboration avec Charlie Winston, Baptiste Lalieu s’était offert une petite récréation au sein de Gonzo. Il est ensuite retourné en studio pour enregistrer de nouvelles chansons. Qu’il a décidé de présenter dans le cadre de son 'Tour No Tour' ; une manière de les tester, avant la mise en forme finale.

Les musicos ne sont pas sur le podium, mais au milieu de la foule, placée en cercle autour du band et du matos de sonorisation. Un peu comme Zita Swoon, à une certaine époque. Certains spectateurs se sont assis sur l’estrade. Baptiste aime être proche de son public. Mais le fil du micro n’est pas assez long pour faire le tour de ses musicos. Mr Bio a la pêche, ce soir et aussi la bougeotte. Quatre grattes (électriques ou acoustiques) sculptent « Je Reviens ». Mais aussi les nouvelles compos ; percus, synthés et banjo complétant l’instrumentation. Baptiste a manifestement un message à faire passer.

Entre « L'Eclaircie », « Femme Fantôme », « Delove Song », « Et pourtant Je Marche », « Nulle Part Chez Moi », « LC », « O Combien », « Comme » et « Respire », il demande à l’auditoire de voter pour son top 5. Il en tiendra probablement compte, lors du choix final des titres de son nouvel opus. A mon humble avis, il va encore en écrire de nouvelles. Peut-être ira-t-il les défendre dans le cadre d’un second 'Tour No Tour'.  

Lors du premier rappel, il nous réserve des versions acoustiques (NDR : ce banjo !) de ses standards, « Si », « Chanteur Bio» et « Dusty Man » et l’achève par « Tes Adieux ».

Le second rappel baigne à nouveau dans le folk et clôt définitivement le concert par le judicieusement intitulé « On Part ». Bref, Saule est encore parvenu à enflammer la soirée. Que demande le peuple ?

(Organisation : Centre Culturel de Silly + Silly Concerts ASBL + le Salon + le Service Provincial des Arts de la Scène)

Saule + Juno + La Cécité Des Amoureux + Céléna – Sophia + Antoine Armédan

 

Pias Nites 2016 : vendredi 4 mars

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C’est au dernier étage du Beursschouwburg, à Bruxelles, qu’une partie des [Pias] Nites se sont déroulées. Trois concerts intimistes étaient programmés, bien loin de la folie furieuse de  Fat White Family, qui se produisait, quelques centaines de mètres plus loin, à La Madeleine.

Le groupe hollandais Amber Arcades monte sur les planches vers 21 heures. Une cinquantaine de curieux vont pouvoir savourer la dream-pop concoctée par la chanteuse et compositrice Annelotte de Graaf. Cette dernière est allée aux States pour achever la mise en forme de son album, dont la sortie est prévue pour 2016 ; et cette démarche se ressent clairement dans la musique du quatuor. Quelque part entre Beach House (pour la voix) et Lower Dens (pour les arrangements), les compos –quoique atmosphériques– sont parsemées d’étincelles bien placées. Une jolie découverte !

Après une petite pause, au cours de laquelle on a le loisir de siroter un rafraîchissement, sur la terrasse aménagée sur le toit, avec vue sur la Bourse, retour en salle pour la deuxième partie de la soirée.

Fews est prêt à en découdre. Changement complet d’ambiance ; car le quatuor propose un post-punk qui libère une puissance conséquente. Partagé entre Suédois et Américains, le combo semble fort émoussé. Et pour cause, il assurait, la veille, la première partie de Fat White Family, à Liège ; et confessait que l’after party avait été… mouvementée. A tel point qu’il a perdu tout son matos et doit donc se servir des instruments d’Amber Arcades. C’est cher payé pour une soirée d’amusement en compagnie de l’excentrique famille anglaise ! Malgré ce coup dur, la motivation du groupe est intacte. Et la qualité des compositions ainsi que l’interprétation sont bluffants. Seule la voix passe moins bien la rampe ; mais les musicos sont jeunes et n’ont même pas encore sorti un Ep. Ils ont d’ailleurs tout le temps de s’améliorer ! Ravageur, leur post-punk va en tout cas asséner une bonne claque à l’auditoire. Les gamins se permettent même de placer leurs deux chansons-phares en fin de set. « The Zoo » et « Ill » sont en effet parus en single et on comprend facilement le choix du quartet de mettre ces deux titres en avant. Si le premier se démarque par son refrain efficace, c’est surtout « Ill », en finale, qui focalise l’attention. Expérimentale et progressive, cette plage nous renvoie à quelques excellents morceaux post-punk parus au cours de ces dernières années (NDR : « Death » de Viet Cong notamment) ; et il est particulièrement jouissif de voir les quatre amis entamer furieusement la dernière partie du morceau, après un long pont bien calme. Manifestement une excellente découverte ; et il ne fait aucun doute que leur premier elpee, prévu pour l’été, devrait attirer notre attention.

Après un nouveau petit break en terrasse, nous revenons dans la salle. A notre plus grande surprise, la scène et vide et seul un micro est placé, dans la fosse. Jamie Lee, chanteur de Money, pénètre alors dans la pièce, ouvre une bouteille de vin et nous raconte une histoire surprenante. Sur la route qui conduisait le combo de Stockholm à Bruxelles, la camionnette est tombée en panne. Impossible d’acheminer les instruments à bon port ! Décidemment, c’est la soirée!

Grâce à un tweet, le groupe est parvenu à dénicher une jeune violoniste anversoise qui a accepté d’accompagner Jamie. Il assurera donc sa prestation privé de son band. C’est sans avoir répété que les musiciens débutent le set. La jeune Hester se fie aux partitions des chansons ; et, après avoir évacué son léger stress, joue à merveille son rôle imprévu. Jamie Lee, vraiment gêné de ne pouvoir se produire comme d’habitude, offre néanmoins une incroyable démonstration vocale. Le songwriter possède en effet une voix extraordinaire qu’il met parfaitement en valeur lors de compos simples mais toujours enrichies de cordes atmosphériques. Sa guitare sèche en main, il se permet même de s’écarter à de nombreuses reprises du micro pour en faire profiter davantage l’auditoire, qu’il est parvenu, en outre, à charmer par son sincérité, sa sympathie et sa simplicité. L’alcool est un thème récurrent dans ses chansons (NDR : « A Cocaine Christmas and An Alcholic's New Year », par exemple) et il est évident que Jamie en abuse. Il ‘affonne’ en effet des bières durant l’entièreté du show. On se croirait vraiment dans un pub du centre de Manchester ; ce qui rend le set plutôt sympa ! Le duo s’en sort parfaitement bien, malgré les circonstances ; et après avoir remercié de nombreuses fois sa collègue d’un soir qui, en outre, fêtait son anniversaire, Lee et sa collaboratrice d’un soir vident les lieux sous les applaudissements du public. C’était simple mais beau. Parfois, il n’en faut pas plus.

Si cette [Pias] Nites n’a pas attiré la grande foule, les absents ont eu tort. Variée et truffée d’imprévus, cette soirée restera sans aucun doute parmi les meilleurs souvenirs musicaux de votre serviteur, pour l’année 2016, qui commence décidemment fort bien. Des trois formations, il ne connaissait réellement que Money ; et bien, dès aujourd’hui, il va surveiller l’actualité des deux autres. PiaS a atteint son objectif !

(Organisation PiaS)

 

Discovery Box III : samedi 6 février 2016

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Il s’agit déjà de la troisième édition du Discovery Box, un petit festival qui se déroule dans la salle communale Baudouin IV, à Braine-Le-Comte. Cet événement est organisé par l’association Organic. Ce soir, The Experimental Tropic Blues Band constitue la tête d’affiche. C’est la toute dernière date du combo le plus déjanté de la scène belge, avant qu’il ne rentre en studio pour enregistrer son quatrième elpee. En général, fin de tournée, les artistes n’hésitent pas à se lâcher ; et Jeremy (alias Dirty Wolf ou Dirty Coq) ne va pas s’en priver. Un deuxième podium, de dimension respectable, a été installé, devant la scène principale. Elle est destinée à accueillir les artistes. 

(run) SOFA ouvre donc les hostilités. Un trio carolo réunissant le chanteur Antoine Roméo, le guitariste Julien Tassin et le drummer Wilson Rose. A cet instant, on ne dénombre qu’une cinquantaine de personnes dans la salle. Evidemment, le chanteur invite le public à s’approcher de l’estrade. Pas facile d’entamer un festival, quand il y a si peu de peuple. « Intro » (of course !) ouvre le set, un instrumental atmosphérique qui tient la route. Le bassiste est gaucher, mais ce n’est pas Macca ! Antoine –chapeau vissé sur la tête– débarque ensuite sur les planches pour attaquer « Champignon ». Dès « Let Me Stay », il empoigne une gratte électrique. Si sa voix peut envoûter, elle manque quand même de relief. Peu importe, elle colle à la musique du band. Antoine ne tient pas en place et arpente le podium de long en large. Avant que ne se produire un coup de théâtre. Le drummer abandonne ses fûts et cède ses baguettes au photographe. Un relais, ma foi, judicieux, car le remplaçant se révèle plutôt doué à la batterie, alors que Wilson se prend pour mime Marceau, sans pour autant avoir le visage grimé de blanc. L’expression sonore évolue alors au cœur d’un cocktail de math rock primaire et de psychédélisme. Single, « Papillon » se singularise par son riff de guitare agressif et une voix légèrement vocodée. Un morceau dont la vidéo nous replonge carrément au sein des 70’s (voir ici) 

Ilydaen embraie. Il vient de publier un album baptisé « Maze ». Ce power trio, qui pratique une forme de post/math/rock aux relents métalliques de nature scandinave, implique le chanteur/bassiste Erick Braun, le guitariste Daniel Schyns et le drummer Anthony Leusch. Les musicos sont issus de La Calamine et rencontrent un franc succès au Grand-duché de Luxembourg, en Allemagne et aux Pays-Bas. Instrumentalement, la précision des instrumentistes est manifestement germanique. Donc irréprochable.

Dès les premiers accords de gratte dispensés par Daniel sur « Lux » –et ils sont incisifs– on est scotché par sa dextérité. Il semble hanté par Steve Vai, Jeff Beck et Joe Satriani à la fois ! Notre regard se focalise le plus souvent sur son manche. Sa technique est sidérante ! Faut dire qu’il peut aussi compter sur une section rythmique particulièrement solide. Tour à tour sauvages, percutantes, atmosphériques, les compos défilent comme de véritables claques. Quoique agressif, « 1/121 » se distingue par son sens mélodique, les vocaux achevant le morceau par une intervention délicatement atmosphérique. Une belle surprise !

La salle se peuple progressivement, mais ne dépassera jamais la barre de la centaine de spectateurs. La dernière fois que Thyself s’était produit en ces lieux, il n’y avait que 4 personnes pour les applaudir. Faut dire que c’était juste après les attentats de Paris. Ce soir, l’auditoire est quand même plus conséquent. Constitué de barbus, ce quatuor namurois réunit les gratteurs Florestan Thiry et Benoit Petit, le drummer Ulysse Wautier et le bassiste Lucas Serruya. Le premier assure le lead vocal. Les deux derniers les chœurs. Les musicos reconnaissent pour influences majeures Radiohead, Portishead, James Blake, Archive, Alice in Chains et Queens of The Stone Age. Un Ep éponyme à l’actif de ce combo, dont la musique oscille entre l’alt et le post rock. Et un album est en préparation. Lauréat du concours Verdur Rock et finaliste du Concours Circuit, il s’est produit dans le cadre de l’édition 2015 du festival ProPulse.

Le set s’ouvre par « Framus » et « Behind Clouds », deux morceaux qui font la part belle aux six cordes. Une des grattes est frémissante, l’autre plus sauvage. Tout au long de « Behind Clouds », la voix est atmosphérique. Caractérisé par son intro post rock, « Wasted All » lorgne carrément vers Archive. Plus accessible, « Come To Pray » est un titre plus pop et sucré, à la rythmique légèrement reggae. Sympa comme prestation !

Pour le concert de The Experimental Tropic Blues Band –qui fête ses 15 ans d'existence– aucune setlist n’a été prévue. Le trio achève sa tournée consacrée au concept ‘The Belgians’. Il s’attend donc à des projections pendant le show. Les trois musicos s’installent dans la fosse et attaquent immédiatement le répertoire. Jeremy a décidé de faire le show. Il annonce que nous sommes tous réunis pour parler d'une sujet difficile : l'amour. Pour lui, c’est important ! Il va d’ailleurs insister à de nombreuses reprises sur cette question. Et invite tout le monde s’exécuter. Son système 3 pièces le démange. Il ne l’exhibera pas, car la tirette semble coincée. Grand amateur de gingembre, il incite à pratiquer le Gang Bang. La pression commence à monter, surtout du côté de quelques meufs qui semblent particulièrement excitées. Sans pour autant passer à l’acte. Devil D'inferno est intrigué par les frasques de ses compères. Qui va lancer le premier riff ? Il doit imprimer le tempo. Dirty Coq continue de tailler une bavette avec les spectateurs, alors que les deux autres se lancent dans une ancienne compo. Place ensuite à une sorte de rockabilly improvisé. Jean-Jacques reprend le contrôle, mais dès le titre suivant, Jeremy entre dans un nouveau délire et sollicite un ticket. Lors d’un blues old school les deux sixcordistes s'affrontent en duel, manche contre manche. J-J souffle dans son harmo, alors que Dirty Wolf complimente les filles. Il empoigne la bouteille d’une d’entre elles et avale d’une bonne rasade de moinette. Il déteste la bière et préfère le Jack Daniel's. Résultat, il recrache le liquide au sol. Il extrait de sa poche arrière ‘un baby bamboo’, c’est-à-dire une sèche au gingembre. Dès qu’il l’a allumée, l’odeur nauséabonde emplit l’espace. Il vocifère dans le micro. Et nous fait croire que n’est Noël. Il invite Boogie Snake à produire un riff sur sa gratte. Ce dernier s'exécute. C’est le moment choisi par le trio de se lancer dans un titre de garage/rock burné, au cours duquel Jeremy glisse quelques mots en français : ‘Hey baby, si tu veux faire l'amour avec moi, tu dois être agile et mobile’. Place ensuite à une version originale d’un titre de Run DMC. Jeremy signale que le band a pas mal voyagé, mais confesse que les plus bizarres, ce sont eux. Ce délire va durer pendant deux bonnes heures, au cours desquelles on aura droit à des titres de leur répertoire, pas mal de reprise de standards de l’histoire du rock’n’roll et même à des jams. Lors de l’une d’entre elles, un spectateur récupère le micro de J-J et s’improvise quatrième membre du band. Un vrai show de rock’n’roll !

(Organisation : Centre Culturel de Braine Le Comte)

The Experimental Tropic Blues Band + Thyself + Ilydaen + (run) SOFA + ex-Zero Tolerance for Silence

 

Rock Thrills 2015 : samedi 28 novembre

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'Le Rock Thrills’ est un festival organisé par l'Alhambra, dans le cadre de Mons 2015. Il y privilégie les découvertes. Dont Midas Fall. La tête d’affiche. Une formation insulaire qui, vu son potentiel, devrait rapidement prendre une autre dimension. Et puis le duo montois La Jungle ainsi que le quatuor bruxellois Empereur. La soirée se clôturant par le Dj set de Front 242.

Quand votre serviteur débarque dans la salle, Empereur a déjà entamé son show. Le combo (NDR : qui s’appelait autrefois Thieves of Silence) implique le claviériste Nicolas Van Peteghem, le chanteur/guitariste Paul Paccod, le bassiste Quentin Franckx et le drummer Jérome Elleboudt. C’est lorsque ce dernier –un ex-Private Joke– a rejoint le line up, que le band a opté pour le nouveau patronyme. A son actif, un premier Ep. Eponyme, il vient de paraître. En outre, le band a assuré le supporting act de Wire, au Botanique, ce 1er décembre.

Le post punk pratiqué par Empereur semble hanté par Joy Division et Sisters Of Mercy. Un peu dans l’esprit d’Organic. Vitaminée, sa musique vous incite à vous balancer, à danser voire même à jumper. Les claviers dominent une expression sonore criblée de beats électro. A suivre de très près !

Midas Fall est un quatuor écossais établi à Manchester. Né en 2009, il a été repéré par Tom Robinson. A ce jour il a publié un Ep (« Century ») et trois elpees : « Eleven, Return And Revert » en 2010, « Wilderness en 2013 et « The Menagerie Inside » en 20015, dont il va nous réserver de larges extraits.

Chez Midas Fall, ce sont les deux filles qui se réservent les grattes. En l’occurrence la chanteuse Elizabeth Heathon et Rowan Burn, qui a sacrifié ses claviers, ce soir. La section rythmique réunit deux garçons ; en l’occurrence le bassiste Chris Holland et le drummer Steven Pellat. Il s’agit de la dernière date européenne du band ; et il a envie de la clôturer en beauté.

Sa musique est le fruit d’un mélange d’electronica, de post-rock et d’alt-goth. Les riffs de guitares sont particulièrement incisifs. Lorsque Elizabeth chante, elle ne touche pas à ses cordes et se concentre sur son chant. Limpide, sa voix évoque très souvent celle de Simone Simons (Epica). Les trois gratteurs sont bien ligne, en front de scène. Le light show est dominé par les lumières bleues. Mais des stroboscopes viennent également l’alimenter suivant les frappes du batteur… Une superbe prestation qui incite à revoir le quatuor en ‘live’…

La Jungle est un groupe local qui jouit d’une excellente notoriété dans sa région. Il vient de sortir un vinyle. Eponyme, il a été gravé à 500 exemplaires.

Au sein de ce tandem, Matt se réserve le chant, la guitare et les machines, alors que Rémy se charge des drums. La musique est nerveuse, agressive et tribale. Une sorte de noise rock métallique et particulièrement énergique. Lorsque Matt pousse sa voix, on se demande par quel chamane il serait bien habité (« Apeinapython »). Tout en jouant de sa six cordes, il ne cesse de se contorsionner. Son compère frappe frénétiquement et sauvagement ses peaux et ses cymbales. Il ne faut pas deux minutes pour que les deux musicos soient en nage. De plus en plus nombreuse, la foule se met à remuer. Et vu les bonnes vibrations communiquées par la paire, votre serviteur s’associe à cette danse collective.

La Jungle se produira dans le cadre de la soirée ‘Le Père Noël Est Un Rockeur’, organisée à Dour le 18 décembre.

La soirée est donc ponctuée par un Dj set baptisé ‘Back To Electro Roots’, que vont assurer Richard 23 et Patrick Codenys, membres fondateurs de Front 242. Votre serviteur n'accroche pas trop aux Djs set. Il préfère vivre la musique d’EBM, en ‘live’. Et décide de s’éclipser…

(Organisation : l'Alhambra + Mons 2015)

La Jungle + Midas Fall + Empereur + Front 242 (Dj set)

 

Festival inRocKs Philips 2015 : jeudi 12 novembre

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Le trajet entre Mons et Tourcoing ne nécessite, en général qu’une heure de route. Néanmoins, transiter par Lille pour se rendre au Grand Mix n’est jamais une bonne idée ; et votre serviteur est pourtant tombé dans le piège. Lorsque le périphérique est engorgé, il faut prendre son mal en patience. En outre, il faut reconnaître que la signalisation relative aux déviations, suite aux travaux, est absolument catastrophique. Si vous avez le malheur de manquer une bretelle, vous vous retrouvez en pleine agglomération ou alors carrément dans la nature...

Ce qui explique pourquoi, il ne m’a pas été possible d’assister au set Bo Ningen. En débarquant au Grand Mix, la formation japonaise venait de le terminer… 

A peine le temps de s’hydrater, et Wolf Alice monte sur l’estrade. Un groupe britannique au style très particulier. Le son est clairement rock mais la voix de la très charmante Ellie colle plutôt à la pop. Si on souhaite définir le genre, il faut donc plutôt parler de rock alternatif. Les Anglais libèrent énormément d’énergie en ‘live’. Dans ce domaine, on ne peut pas leur reprocher grand-chose. Néanmoins, les compositions sont très brouillonnes et il est difficile de distinguer une mélodie de l’autre. Ce qui explique pourquoi toutes les compos se ressemblent. Dans ce contexte, l’ennui guette… Seul l’excellent gratteur Joff Oddie sauvera l’ensemble du naufrage de la prestation de son band.

Après seulement 35 minutes sur les planches, le combo se retire et cède le relais à The Districts. Immédiatement, on tombe sous le charme de la voix du chanteur de ce band yankee. Elle (NDR : la voix !) a un potentiel impressionnant et il (NDR : le chanteur) s’en sert assez bien. Le hic procède du manque de constance entre les morceaux. Certains sont excellents, mais d’autres sont totalement anecdotiques, ne permettant pas au concert de prendre son rythme de croisière. Il va cependant s’achever sur une bonne note. Grâce à l’épatant « Young Blood la foule pendant plus de dix minutes, s’autorisant un pont mémorable à la mi-parcours. Votre serviteur reste néanmoins légèrement sur sa faim. Peut-on vraiment parler de bon concert, si seul la moitié des morceaux valent la peine ?

Place ensuite à la curiosité de la soirée. Qui prend place sur l’estrade, une demi-heure plus tard. Fat White Family jouit d’une réputation de band insolent et un peu dingue. Et pourtant, il va nous réserver une parodie de spectacle. Considéré parfois comme le dernier groupe de vrai punk, il grimpe sur le podium dans un état d’ébriété déplorable. Certes, il est 22h30 ; mais ce n’est pas une excuse. Le chanteur, qui s’est forgé une réputation de personnage excentrique, va passer l’entièreté de son temps à réquisitionner les bières des spectateurs, les enfilant presque cul sec. Le bilan n’est pas brillant… Après moins de 25 minutes de titres pourtant très bons, le combo anglais vide les lieux. Et les assistants sont clairs : les musicos ne reviendront pas. Pas besoin d’aller chercher une raison très loin. Lias Saoudi, le vocaliste, est trop saoul pour continuer. Et d’autres membres du groupe sont dans le même état. Ce manque de respect à l’égard du public est inacceptable. C’est, certes, l’image que veut se forger le groupe mais il ne faut pas abuser. La foule qui s’est déplacée en attendait davantage…

C’est donc avec une grande déception que je reprends la route vers Mons. Le Festival les inRocKs Philips n’est pas une réussite, ce jeudi soir, à Tourcoing. Wolf Alice et The Districts se sont débrouillés plus ou moins correctement ; mais s’il persiste dans cette voie, Fat White Family risque bien de se voir fermer les portes de la France et peut-être même de l’Europe entière…

(Organisation : Inrocks + Grand Mix)

Transmission Party 2015 : vendredi 6 novembre

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« Transmission party », c’est le titre d’un album de la formation australienne The Tea Party ; mais aussi le nom du studio de TJ Byrnes, à New York. Une appellation également choisie pour ce mini festival qui s’est déroulé ce vendredi 6 novembre, à l’Alhambra de Mons. Le thème : la cold wave. Tant organique qu’électro vintage. L’ombre de Joy Division voire de New Order risque donc de planer tout au long de cet événement… qui ne négligera pas pour autant les climats électriques voire soniques. Compte-rendu.

Les hostilités sont censées débuter à 20 heures. Mais vu le maigre public alors dans la salle, elles commenceront à 20h40. Il faudra d’ailleurs attendre le set d’Organic, pour qu’elle soit correctement remplie…

Miss Tetanos ouvre donc le bal. Un trio belge signé chez Rockerill Records & Going up. Il réunit une chanteuse qui se charge également des machines et du thérémine (NDR : pour en savoir davantage voir Wikipédia ici), un second préposé aux machines et un drummer (NDR : chevelu, barbu et coiffé d’une casquette en cuir). Les trois musiciens répondent aux pseudos –dans l’ordre– de Miss Tetanos, Sri.Fa et Stephen O'Maltine. A ce jour, le combo a gravé un vinyle en 2013 (« Miss Tetanos (Und) Sri.Fa feat Stephen O'Maltine »), un elpee qui faisait suite à « Mucica Y Muerte », paru en 2011 et « Usine A Risques », en 2010.

Stephen O'Maltine a certainement bu de l’ovomaltine, au cours de son enfance, pour frapper ainsi sur ses fûts. Chargés de groove, les beats électro sont particulièrement expérimentaux.  Chaussée d’énormes lunettes noires, la vocaliste a recours au thérémine sur le premier morceau. Par la suite, elle ne s’en servira plus qu’épisodiquement. Mais c’est surtout la fin de parcours qui semble le plus intéressant. Notamment lorsque le pilonnage des peaux devient à la fois métronomique et métallique, plongeant alors ce titre dans une forme d’indus glacial, réminiscent de Front 242. Dommage que tout le set n’ait pas été de cette envergure

Place ensuite à Organic. Un autre trio dont les musicos sont issus de la région de Rebecq et Beloeil. Né en 2011, il implique Joris Oster (guitare, programmation), Raphaël Haubourdin (voix, claviers et programmation) et Olivier Justin (batterie). Il avait assuré la première partie de Graham Coxon, lors de son concert accordé au Botanique.

Le band propose un cocktail contemporain de cold wave, de post rock et punk, de prog, de psyché, de stoner, de new wave et de noisy. A son actif deux long playings. Le premier, « Under Your Carbon Constellation », est sorti sur le label suédois Complete Control Productions, en 2012. Le second, « Empty Century », vient de paraître. La formation s’est déjà produite en Suède, France, Angleterre et Allemagne.

Raphaël demande à la foule de s’approcher du podium. Elle s’exécute, mais en deux temps. Première constatation, la ligne de basse est omniprésente ; et on ne peut s’empêcher de penser à Peter Hook. Parfois, sous les effets, les sonorités ressemblent à celles dispensées par une guitare. Les interventions du batteur sont aussi incisives que percutantes. D’ailleurs, c’est la section rythmique qui fédère l’ensemble. Pas de gratte cependant ; ces accords sont produits par une machine ou les claviers. Le vocaliste peut ainsi se concentrer exclusivement sur son chant… profond et terriblement expressif. Qu’il exprime dans la langue de Voltaire. Et dont les textes sombres, traitent des désillusions et du désespoir de notre société contemporaine. Il manifeste également une excellente présence scénique. C’est d’ailleurs le seul showman du combo.

Les boucles sont hypnotiques. Les sonorités électroniques, vintage. Des titres tels que l’instrumental dansant « Seeds » et « Johnny Craque » (NDR : ils figurent sur le dernier LP) démontrent l’énorme potentiel du groupe. Bref, tout au long du set, on a l’impression de replonger au début des eighties… Un groupe à suivre de très près, c’est une certitude.

Setlist : « Seeds » / « Johnny Craque» / « Police Station» / « Positions »/ « Ordinary World » / « Alyss »/ « Waves Are Running »/ « Disturbing Street »/ « Money Tron » / « My Own Grey» / « Colossal Baroque » / « Hyperbola »/ « Katharina  » / « Waiting ».

Pas de Joy de Vivre, ni d’after party en compagnie de Red Irving. Il se fait tard, et il est temps de rentrer au bercail… Ce matin, mon réveil sonnera impitoyablement à 6 heures… 

(Organisation : Alhambra)

Miss Tetanos - Organic - Joy De Vivre - Red Irving

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