Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Wolf Banes - De Casin...
Suede 12-03-26
Festivals

Brussels Summer Festival 2015 : vendredi 14 août

Écrit par

Pour la nouvelle édition du BSF, les ‘pass’ 10 jours ont tous été écoulés ; et pour éviter le commerce du marché noir, les organisateurs en ont conservé quelques-uns. Ils seront proposés aux imprévoyants lors des premiers jours du festival. Plus de 'Magic Mirrors' cette année, jugé trop exigu (300 places). Il est remplacé par 'La Madeleine', une salle qui peut accueillir jusque 800 âmes. Les concerts prévus à la Place des Palais ne commencent que mercredi. Aujourd’hui, mon choix est vite fait : direction Monts Des Arts.

Douglas Firs est un quatuor gantois (encore un) réunissant les frangins Van Hellemont, Gertjan (chant, guitare) et Sem (synthé, piano, chœurs) ainsi que pour section rythmique Simon Casier (Balthazar) à la basse et Christophe Claeys (Amatorski et Magnus) aux drums. Ces deux derniers se consacrent également aux chœurs. A leur actif deux elpees. Paru en 2012, le premier, « Shimmer & Glow », a bien accueilli par le public et les médias. Le second, « The Long Answer Is No », vient de sortir. Il a été produit par Jasper Maekelberg (Gabriel Rios, Jef Neve et Mintzkov). Le band va nous en proposer quelques morceaux au cours de son set.  

Lorsque le combo monte sur l’estrade, ce n'est pas encore la grande foule. Votre serviteur a oublié ses bouchons de protection pour les oreilles. Devant le podium, les haut-parleurs crachent des infrabasses agressives. Il est donc préférable de prendre du recul. Juste à côté de la statue équestre du Roi Albert 1er, l’endroit me semble le plus propice. La vue sur la scène est imprenable et le son est bon. La formation pratique un rock/blues/roots indie parfois teinté de country ou de bluegrass. Le show s’ouvre par « Summer's Leaving », un extrait du dernier opus. On se croirait au beau milieu des plaines du Kentucky, alors que nous sommes dans la capitale européenne. Ce sont les ivoires qui balisent « Shimmer & Glow », le titre maître du premier LP, une chanson empreinte de douceur caractérisée par de superbes harmonies vocales. Des vocaux auxquels Douglas Firs apporte d’ailleurs un soin particulier. Et « Your Only Friend » est une nouvelle compo. Paisible, elle émarge au country voire à l’americana. Une quiétude au sein de laquelle les 50 minutes de spectacle vont baigner…

Trente minutes sont nécessaires pour le changement de matos. Une demi-heure au cours de laquelle la foule arrive progressivement et finira par remplir le Mont Des Arts, pour atteindre sa capacité maximale, soit 8 000 spectateurs. Chiffre atteint juste avant le début du concert de Charlie Winston.

Depuis qu’il a publié son deuxième LP, « Sundogs », Great Mountain Fire écume la plupart des festivals estivaux. N’ayant pu assister à sa ‘release party’, célébrée dans le cadre des Nuits Botanique, je ne voulais pas manquer ce spectacle. Bien perçu par les mélomanes et la critique, ce disque a été enregistré durant sa résidence à l'Amerikaans Theatre, antique bâtiment radiophonique construit pour l'Exposition Universelle de 1958. Les musicos y ont bossé pendant une année complète. Lors de leur dernier passage, en 2013, leur set avait été programmé beaucoup plus tôt. Devant moins de monde. Ce soir, les membres du G.M.F. sont ravis de pouvoir se produire devant un auditoire bien mieux garni. Chanteur charismatique, Thomas de Hemptinne est une véritable bête de scène. Et le reste de la troupe ne fait pas tache au sein de l’ensemble qui entretient une ambiance qu’on pourrait qualifier de frénétique. L’expression sonore est colorée, sucrée et largement teintée d'électro. Mais également enrichie de percus, de manière à dynamiser davantage les compos. En fin de parcours, deux invités de choix montent sur les planches. Soit Andrew Van Ostade, un ex-School Is Cool et probablement le guitariste de Robbing Millions. Un excellent show bien déjanté…

C’est en 2007 que Charlie Winston est repéré par Peter Gabriel. Ce dernier l'invite alors à assurer le supporting act de sa tournée. Quoique populaire en Belgique et au sein de l’Hexagone, l’artiste ne fait pas l'unanimité chez les Insulaires. Tant pis pour eux ! A ce jour, il a publié « Hobo » en 2009, « Running Steel » en 2011, et cette année « Curio City » (NDR : sur son propre label). Un tournant dans sa carrière. Il était venu le défendre à l’AB, en mai dernier.

Comme à l'Ancienne Belgique, juste derrière le drummer, on remarque la présence de 8 rangées d’immenses miroirs. Et ils vont se mouvoir, en fonction du light show, dominé par des teintes bleues et blanches. Les musicos sont tout de bleu ciel vêtus. Le natif des Cornouailles a enfilé un costard (NDR : trop loin pour discerner la couleur de ce costume) soigné et est coiffé de son inévitable chapeau mou (NDR : il aime les belles fringues, ce n’est pas neuf !) Après avoir aligné quelques hits (« Lately », « In Your Hands », « Like A Hobo »), afin de chauffer l’ambiance, Charlie se déleste de son couvre-chef et de sa veste. Mister Hobo nous raconte qu'il adore Bruxelles, le BSF, le public belge, l'ambiance, le contact, les statues du Mont des Arts et le feu tricolore situé en plein milieu de la fosse. Et justement, lorsqu’il prend son bain de foule, c’est pour grimper sur le poteau de signalisation, mais également sur la statue de la Reine Elisabeth afin de lui titiller gentiment les protubérances mammaires. Son dernier LP recèle des morceaux davantage électro. Et ces titres font mouche au sein de l’auditoire. Véritable showman, il se montre particulièrement interactif avec ce public qu’il finit par mettre littéralement en poche. Et la finale est célébrée en grande pompe, grâce au concours de Mr. Baptiste Lalieux, aka Saule, venu participer à l’interprétation de « Dusty Man».

La soirée n'est pas finie, une after électro est prévue dans la salle de la Madeleine. Perso, après une telle soirée passée aux Mont Des Arts, je préfère rejoindre mes pénates.

Charlie Winston + Great Moutain Fire + Douglas Firs 

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Voir aussi notre section photos ici

Sziget Festival 2015 : jeudi 13 août

Écrit par

Jeudi 13 août, il est midi. Atterrissage à Budapest. C’est parti pour une aventure de quatre jours au Sziget Festival. En débarquant, on constate que la capitale hongroise vit au rythme de l’évènement. Le festival a ouvert ses portes depuis lundi. Les festivaliers sont partout, les rues sont remplies d’affiches et de drapeaux estampillés ‘Sziget’. Les supermarchés, transports publics, restaurants et auberges sont littéralement envahis par une horde de ‘Szitizens’ venus des quatre coins d’Europe, et parfois même d’autres continents.
Pour rappel, le Sziget existe depuis 1993. Dès sa création, il prend place dans un cadre pour le moins exceptionnel : une île au milieu du Danube. Celle d’Obuda, située à quelques centaines de mètres seulement du fameux parlement hongrois et des imposants ponts qui relient les deux parties de la ville. En plein cœur de Budapest, donc !

Au fur et à mesure des années, l’évènement est devenu incontournable. ‘L’île de la Liberté’ a accueilli l’an dernier pas moins de 415 000 festivaliers. Le Sziget est considéré comme le plus grand festival d’Europe. Pour son édition 2014, il a gagné, une fois de plus, le titre de ‘Meilleur Grand Festival Européen’, octroyé par les ‘Festival Awards’ aux Pays-Bas.

Cette année, la programmation musicale est un peu décevante. L’organisation nous avait habitués à mieux. On retrouve énormément de DJ ‘stars’ ou d’artistes pop, un programme un peu trop commercial à mon goût. Cependant, il faut savoir que l’île abrite pas moins de cinquante scènes et chapiteaux ! En fait, le Sziget n’est pas uniquement un festival musical. On retrouve aussi bon nombre de disciplines artistiques en tout genre : théâtre, cirque, arts de rue, performances, … Nous n’aurons pas le temps de nous ennuyer il me semble… 

Maintenant que vous connaissez un peu mieux le contexte, partons ensemble à la découverte du site. Pour s’y rendre, il faut prendre un tram et un métro. Les lieux sont bondés de fêtards en tout genre qui, durant la journée, se rendent en ville pour la visiter et retournent sur l’île, le soir venu. En début de soirée, la chaleur devient un peu plus supportable. Pour votre information, ce jeudi après-midi, la température a atteint les 38 degrés. Une fois sortie du métro, il y a encore de la route. A pied, il faut rejoindre un énorme pont qui nous mènera enfin sur l’île.

L’arrivée sur le site est impressionnante. C’est une véritable ville ! A chaque croisement, on retrouve des panneaux fléchés pour se repérer dans ce labyrinthe. Il y a des podiums à chaque coin de ‘rue’. La décoration est fabuleuse. Certaines zones sont totalement peintes. Des espaces de détente ont bien été aménagés. On croise des artistes en tout genre et diverses animations sont prévues un peu partout.

Il y a beaucoup de monde, mais la circulation est fluide. L’espace est tellement vaste que certains festivaliers se déplacent en cuistax ou même en scooter. L’organisation est remarquable : les entrées et sorties des chapiteaux sont bien pensées, toutes les directions pour rejoindre les podiums sont renseignées, des écrans et des baffles puissants relayent à des dizaines de mètres ce qui se passe sur scène, permettant ainsi de ne pas trop regrouper la foule. Il existe même une monnaie locale ! En effet, impossible de payer quoique ce soit à l’aide d’argent liquide ou une carte bancaire ; il est nécessaire de charger une carte prépayée pour régler nourriture, boissons, souvenirs, cigarettes et autres, en un simple contact.

Tentative de repérage pour rejoindre la ‘A38’ où se produit . Le lieu m’évoque de bons souvenirs. De fait, l’‘A38’ est une boite de nuit budapestoise située… sur un énorme bateau ! On peut y faire la fête toute la nuit cheveux aux vent. Ici, il s’agit de la plus grande scène couverte du festival. Le chapiteau est énorme. Le concert commence à 18h30. MØ arrive quelques minutes plus tard sur les planches. Elle pose sa voix cristalline sur des sons électroniques. C’est un véritable envoûtement… La jeune femme est accompagnée d’un pianiste et DJ, d’un batteur et d’un guitariste. Elle est bien plus dynamique que lors du set accordé à Dour, cette année. Très légèrement vêtue comme d’habitude, elle danse du début à la fin de chacune de ses chansons. Après quelques dizaines de minutes, elle avoue que c’est une journée spéciale pour elle : son anniversaire. Raison pour laquelle elle n’hésitera pas à se jeter dans la foule avant de continuer son concert aux sonorités électropop. Une véritable bouffée d’oxygène !

C’est le moment d’aller jeter un œil sur la ‘Main Stage’. Il s’agit de la plus grande scène, susceptible d’accueillir 45 000 personnes. Elle est entourée par des dizaines de bars et d’échoppes de sponsoring ou de nourriture. Le temps de comprendre comment fonctionne la carte prépayée et d’aller s’en acheter une, et le concert de Foals commence. J’en profite pour manger sur la plaine tout en profitant du spectacle. Quand vingt minutes après le début, le courant se coupe brutalement. Plus aucun son ne nous parvient des haut-parleurs. Il faudra attendre bien quatre ou cinq minutes avant que le groupe ne reprenne le cours des événements… Incident un peu gênant sur une zone de cette envergure. Néanmoins, ni Foals ni leurs fans ne semblent leur faire grief de quoique ce soit, et le musique reprend, comme si de rien n’était.

Changement total de style sur la Main Stage ; car après le groupe rock, c’est à Ellie Goulding de prendre le relais. La belle Anglaise a rameuté la foule et la plaine est bondée. On aperçoit d’abord un décor composé de lignes lumineuses colorées. Elle commence par interpréter « Outside », né de la collaboration avec Calvin Harris. Derrière moi, quelques personnes parlent de ‘play-back’. Il est vrai que sa voix et sa prestation sont impeccables. Peut-être même un peu trop… Par la suite, par contre, elle chante de manière beaucoup plus authentique. Seule sur l’estrade, flanquée de ses deux choristes, on ne peut que la féliciter pour son charisme et sa prestance. On s’attendait cependant à un show beaucoup plus électronique et dansant. Au final, c’est véritablement le concert d’une chanteuse. Bien que peu experte dans le domaine, je reconnais plusieurs hits : « Lights », « Burn », « Love Me Like You Do », etc. Elle reprend même « Your Song » d’Elton John.

Il est temps de mettre fin à la première journée et de rentrer dormir. J’aurais aimé pouvoir tenir jusqu’à la soirée du label Hospitality, en compagnie des excellents Camo & Krooked, High Contrast et Fred V & Grafix ; mais épuisée par le trajet et pas très en forme, il faut se remettre sur pied au plus vite pour continuer l’aventure avec vous demain.

(Organisation Sziget)

Lokerse Feesten 2015 : dimanche 9 août

Écrit par

C’est la dernière journée des Lokerse Feesten. 10 jours de folie ! Quoique souffrant des pieds, votre serviteur a envie de mordre sur sa chique. Et pour cause, Robert Plant est à l’affiche ; et puis en clôture, il y a Arsenal !

Groupe malien, Songhoy Blues pratique un blues/rock du désert, un peu comme Tinariwen. Mêlant instrumentation ethnique et électrique, sa musique vous prend aux tripes. Un premier elpee prometteur à son actif : « Music In Exile ». Ce quatuor appartient au peuple Songhaï, sis au nord du Mali. A l’origine, les frères Touré, Aliou (chant/guitare) et Garba (guitare), croisaient régulièrement Oumar et Nathanael, quelque part entre Tombouctou, Diré et Gao. Mais les événements se sont précipités lorsque le Nord Mali est tombé sous le joug de mercenaires islamistes décidés à imposer un pouvoir liberticide et interdire toute activité musicale. Les quatre musicos abandonnent alors leur communauté et émigrent vers la capitale, Bamako. C’est là qu’ils se retrouvent. Damon Albarn et Nick Zinner (gratteur chez Yeah Yeah Yeahs) les repèrent et produisent « Soubour », un single qui fait sensation en Europe, avant même qu’il ne soit reconnu à Bamako. Tout va alors très vite et le succès est au rendez-vous.

Un chapeau vissé sur le crâne, Aliou se distingue par ses pas de danse endiablés. Il est partout à la fois, et se montre à l’aise aussi bien à la gratte qu’au micro. La présence de leur hit « Soubour », dans la set list, est inévitable. « Petit Métier » est un petit message humanitaire. S’exprimant dans un français parfait, Aliou déclare que lors des guerres et des humiliations, chaque être humain doit vivre sa vie, cultiver sa terre, élever sa petite famille ou alors exercer son petit métier. Soixante minutes de prestation. Qui ont apporté un rayon de soleil dans les cœurs, alors que sur le Groote Kaai, les nuages s’amoncellent…

Changement de matériel très rapide, mais soundcheck qui tire en longueur pour l’artiste suivant, Stephen 'Ragga' Marley. Après avoir assisté au concert de Bob Marley, peu de temps avant son décès, on éprouve un certain bonheur, à voir et écouter sa descendance lorsqu’elle se produit sur les planches. Que ce soit Damian, Ziggy ou Ky-Mani, il est identique. Mais celui qui perpétue le mieux l'héritage musical de Bob, c’est Stephen. Il a un physique fort semblable et adopte les mêmes mimiques. Lorsqu’il monte sur l’estrade, il clame 'Rastafari is in this house'. Les esprits de Haile Selassie (NDR : le dernier empereur d’Ethiopie, décédé en 1975), alias Jah, et de Bob planent étrangement au dessus du Groote Kaai. Le « Babylon By Bus » du paternel opère un retour violent vers la fin des 70’s. « Kinky Reggae » est également issu de sa plume ; et Stephen l’adapte à sa propre sauce. Le tempo spécifique est bien balisé par la section rythmique basse/batterie. Nous ne sommes pas à Kingston, mais vu la présence d’aficionados coiffés de dreadlocks, fumant la ganja et agitant des drapeaux jamaïquains, du côté droit de l’estrade, on s’y croirait presque. Tout en chantant, les choristes arpentent les planches de long en large, parfois en sautillant. Avant d’attaquer son « No Cigarette Smoking (In My Room) », un titre issu de « Revelation, Part 1: The Root Of Life » (NDR : cet LP est paru en 2014), Stephen s’adresse à la foule. Il lui demande si tout va bien et lui rappelle qu’il est interdit de fumer. Des cigarettes, mais pas du chanvre. C’est un peu comme si l'hôpital se moquait de la charité. Et la set list ne négligera pas les standards signés par le patriarche Marley : « Is This Love», « Could You Be Loved », « Iron, Lion, Ziron» et « Buffalo Soldier »…

Le site est bourré comme un œuf pour accueillir l’ex-vocaliste de Led Zeppelin, le charismatique Robert Plant. Depuis la séparation du Zep, il a publié 10 albums solos, dont le dernier « Lullaby And... The Caeseless Roar », en 2014. Il va d’ailleurs puiser largement dans cet elpee lors du set. Sans oublier d’y insérer quelques morceaux concoctés par le célèbre dirigeable.  

Depuis « Mighty ReArranger », un elpee paru en 2005, Plant enregistre en compagnie d’un backing group qu'il a baptisé The Sensational Space Shifters. Au sein du line up, figurent le guitariste Justin Adams (NDR : dans le passé, il a apporté son concours au combo touareg Tinariwen et à Peter Gabriel), également préposé au bendir, le claviériste John Baggott (NDR : c’est un proche de Massive Attack et de Portishead), le bassiste Billy Fuller (ses racines sont fondamentalement rock) et le drummer Dave Smith (formé à l'école de jazz). Adams et Baggott constituaient déjà la section rythmique en 2002, lors des sessions d’enregistrement de « Dreamland ». Sans oublier le violoniste (NDR : un virtuose !) gambien Juldeh Camara, qui se consacre également au peul et au ritti (violon à une corde) ainsi que le gratteur Skin Tyson, un personnage imposant, dont la barbe est aussi fleurie que celle de Billy gibbons (ZZ Top).

La plupart des compos du Plant post Led Zep sont essentiellement sculptées dans le folk britannique, la country et la world. Quant aux titres de son ex-band mythique, il en propose des versions très personnelles. Une prise de risque qui mérite qu’on lui tire notre chapeau.

Une toile est tendue à l’arrière de l’estrade. Y est représentée la pochette du dernier long playing. Agressif, multicolore, le light show se focalise sur Bob. Tant son visage que sa silhouette. Agé de 66 balais, sa voix n’est plus aussi perçante. Mais il maîtrise parfaitement son timbre et ses inflexions. Une technique qui lui permet d’adapter la musique à son organe vocal.

Parmi les plages de son dernier opus, on épinglera « Rainbow », une chouette ballade dont les lyrics sont inspirés par un poème de William Morris, intitulé « Love Is Enough ». Puis « Turn In Up », un morceau qui agrège parfaitement percussions orientales et riffs métalliques. Plant prétend que « Crawling King Snake » est une nouvelle chanson, alors qu’il s’agit d’un vieux delta blues issu des années 20, un standard repris notamment par les Doors et John Lee Hooker. Autre traditionnel, mais célébré dans la région des Appalaches, « Little Maggy » est un blues qui intègre parfaitement les sonorités orientales dispensées par le bendir et le ritti. Parmi les titres issus de l’époque de The Hammer of Gods, il nous réserve « Bron-Yr-Aur Stomp » (III) au cours duquel il souffle dans son harmo, « The Lemon Song », « Black Dog », « Dazed And Confused » et l’incontournable « Whole Lotta Love ». Des titres qu’il interprète dans leur intégralité ou en partie.

Lors du rappel, il attaque un medley à 6 voix : « Satan Your Kingdom Must Come Down/In My Time Of Dying ». Un pot-pourri qu’il avait déjà proposé, trois ans plus tôt, flanqué de The Band Of Joy, à Lokeren. Au bout de 90 minutes de show, il nous accorde une dernière cover du Led Zep, « Rock and Roll » (IV). Et la version est vraiment d'anthologie… Du tout, tout grand Plant !  

Arsenal clôt les festivités. Il squatte la plupart des festivals, en Belgique. Il a célébré ses 15 années d'existence à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, qu’il est parvenu à remplir six fois ! Et il aurait pu le peupler à 15 reprises, sans aucun problème. Le band anversois est drivé par un duo : John Roan (chant/guitare) et Hendrik Willemyns (synthés/machines). Ils sont soutenus par deux chanteuses particulièrement sexy, Léonie Gysel et Charlotte Adigéry. Mais également par le percussionniste David Donnat (Suarez), le bassiste Mirko Banovic (Arno), le second gratteur Bruno Fevery et le drummer Dirk Loos. C’est déjà la dixième fois que le band se produit dans le cadre des Lokerse Feesten. Et cet événement se fête dignement.

En toile de fond, une toile est tendue, sur laquelle défilent des images de mer bleue azur, des forêts profondes ou encore celles du film « Furu », titre éponyme du dernier elpee, paru l’an dernier. Pour marquer les esprits, le combo a décidé de nous en mettre plein la vue à l’aide de son light show. Géraldine, l'épouse de John, est dans la fosse ; et on se demande si elle n’est pas la véritable star de la soirée, tant elle était sollicitée par la foule environnante.  

David, le dernier arrivé, a bien intégré le line up. Efficaces, ses percus dynamisent les compos. Charlotte assure également sa part du show, tout en s’affirmant de plus en plus comme la seconde chanteuse. Une belle complicité s'est instaurée entre les deux vocalistes féminines. Et grâce à leurs déhanchements ravageurs et leurs pas de danse africains, il mettent le public masculin dans leur poche, en deux temps trois mouvements. La fée danoise (Iles Féroé) Lydmor (NDR : elle vient de publier un album prometteur, intitulé « Y ») rejoint le combo à deux reprises, pour épauler John, au chant. Diabolique, sa chorégraphie communique une forme de mystère aux morceaux. A travers les extraits de leurs 5 long playings (« Oyebo Soul », « Outsides », « Lotuk », « Lokemo » et « Furu »), Arsenal nous entraîne au cœur de 5 continents. Depuis l'Afrique (les percus et les textes en dialecte local) à l'Amérique du Sud (le Brésil pour ses rythmes latino), en passant par l'Asie (Inde, Chine, Japon) et l'Europe (la Scandinavie). Pour les avoir vécus à de nombreuses reprises, les concerts d’Arsenal sont chaque fois différents ; intenses, ils ne négligent jamais l’aspect émotionnel. C'est sans doute la raison pour laquelle votre serviteur est devenu accro au combo. Une belle clôture pour cette édition remarquable des Lokersen Feesten…

Arsenal + Robert Plant And The Sensational Spaces Shifters + Stephen 'Ragga' Marley + Songhoy Blues

(Organisation: Lokerse Feesten)

(Voir aussi notre section photos ici

 

Lokerse Feesten 2015 : samedi 8 août

Écrit par

C'est le neuvième jour que votre serviteur arpente le Groote Kaai, dans le cadre des Lokerse Feesten, un festival qui s’étale sur 10 jours. Remarquablement organisé, il prend soin du festivalier. Une seconde scène, la Red Bull Elektropedia Room, est destinée aux nightclubbers ; c’est-à-dire à une majorité de djeuns. Quelques grosses pointures de la techno et de l’électro y sont programmées. Votre serviteur commence à avoir mal aux guiboles ; mais pour être beau (par la musique), il faut savoir souffrir.
Ce soir, Giorgio Moroder (71 balais) se chargera du Dj set alors que la tête d’affiche sera assurée par Nile Rodgers (68 ans). Fondateur de Chic et père du funk moderne, ce guitariste hors pair a notamment produit Bowie, B52’s, Mick Jagger, Madonna et Duran Duran...

Mais le premier artiste à grimper sur l’estrade, c’est Tourist LeMC. A ce jour, il a gravé un elpee, « En Route ». Les lyrics sont interprétés dans la langue de Vondel. Drivé par le rappeur anversois Sergio Herman, sorte de troubadour des temps modernes, ce crew réunit des potes. Notoire au Nord de la Belgique, il ne manque pas de talent. En fait, il n’explore pas seulement le hip hop, mais aussi des tas d’autres styles, comme le folk, le reggae, la country ou la pop. Des genres qu’il maîtrise à la perfection, tout en soignant le sens mélodique de ses compos. Parfois même son univers devient visionnaire, nous entraînant au cœur des grandes plaines de l’Ouest des States, à l’instar d'un Milow. Et puis, il n’en est pas à une collaboration près ; il a ainsi bossé en compagnie de Flip Kowlier pour pondre « De Troubadours », une véritable perle.

« En route » est ici alimenté par des tas de cordes acoustiques, mais pas de banjo, comme sur l’opus. Une instrumentation au sein de laquelle on retrouve néanmoins, de la guitare, de la clarinette et du violoncelle. Un chouette moment !

Quand on évoque Ostende, on pense à sa plage et aux moules. Mais aussi à James Ensor et Arno. La ville balnéaire devra aussi bientôt compter sur The Van Jets. La colonne vertébrale du band est assurée par une fratrie depuis 2003, en l’occurrence les frères Verschaeve. Gagnant du ‘Rock Rally’ en 2004, le band est responsable de quatre long playings à ce jour ; et le dernier s’intitule « Welcome To Strange Paradise », un disque produit par l'Anglais Leo Abrahams (Jon Hopkins, Brian Eno). Le band était d’ailleurs venu le défendre –brillamment– à l’AB. Et puis The Van Jets est presque devenu un résident des Lokerse Feesten. C’est déjà la troisième fois qu’il figure à son affiche.

Grand, Johannes –le chanteur– est coiffé d’un chapeau mou. Il a enfilé un pantalon noir trop court. Ses chaussettes et ses baskets sont de couleur rouge. Personnage charismatique, il fait chavirer les cœurs de l’auditoire féminin. A plusieurs reprises, il va au contact de la foule, au sein de laquelle il va prendre quelques bains…

Le set s’ouvre par « Welcome To Strange Paradise », le titre maître du dernier LP. Et dès le départ, c’est le chaos dans la fosse. Pop/rock, le style du combo est très susceptible de déraper dans le glam, mais également de se convertir à l’électro. Tout en préservant ce sens mélodique spécifique et –ma foi– contagieux…  

Nile a marqué la musique des 4 dernières décennies. Ses accords de gratte, il les a plaqués sur des tas de disques, et notamment ceux de Madonna, Bowie, Daft Punk, INXS, Sheila, Sister Sledge et bien-sûr Chic, combo qu’il avait fondé en compagnie de son pote Bernard Edwards, décédé en 1996…

Le backing group est constitué de quelques pointures : deux claviéristes/vocalistes (Richard Hilton et Selan Lerner) sont installés à chaque extrémité de l’estrade. Raph Rolle se charge des drums et des backing vocaux. Jenny Barnes se consacre à la basse. Deux cuivres : le trompettiste Steven Jankowski et le saxophoniste William. Enfin, Nile est entouré de deux choristes, Folami Thompson et Kimberly Davis-Jones. Un artiste resté humble malgré sa notoriété. Pour avoir eu la chance de le rencontrer en 2011, votre serviteur peut le confirmer. Nonobstant son âge, le papy est en pleine forme. Il monte le premier sur le podium. Souriant, tout de blanc vêtu, son rituel bandana lui enserrant les cheveux coiffés en dreadlocks, il sonde la température de l’auditoire et immortalise l’événement en prenant quelques photos à l’aide de son iPhone. Cool, il discute longuement et sans complexe avec son public. Un public composé de nostalgiques des boules à facettes, mais également de novices et de curieux.

Le show s’ouvre par deux brûlots qui ont enflammé les pistes de danse, sous la ‘mirror ball’ : « Everybody Dance » et « Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah », deux plages issues du long playing « Chic », gravé en 1977. Nile et ses deux choristes font face au drummer qui incite le public à frapper dans les mains. Jenny et Raph constituent une section rythmique d'enfer. Les choristes n’hésitent pas à pousser leurs voix dans les derniers retranchements. Nile se déplace de gauche à droite et invite la foule à chanter. Le Groote Kaai est transformé en immense dancefloor. Dès le troisième morceau Rodgers interroge les festivaliers, et demande à celles et ceux qui l’ont déjà vu en ‘live’, de se manifester. Finalement, de nombreuses mains se lèvent… Les versions de 2015 sont différentes de celles enregistrées en 1977. Davantage funk, techniquement plus élaborées et pas du tout disco. Rodgers et Edwards avaient notamment signé deux compos pour Diana Ross, « I'm Coming Out » et « Upside Down ». Tout au long de ces deux titres, des vidéos réactualisées sont projetées en arrière-plan. A ce moment, ce sont les filles qui mènent la barque, même si funkysant, le morceau est balisé par la six cordes de Nile. En fermant les yeux, des images défilent dans la tête…

Chic a également prêté sa plume à The Sister Sledge. Bien soutenu par les cuivres et les chœurs, il se réserve alors le micro pour « He's The Greatest Dancer », « Lost In Music » et « We Are Family ». Nile avoue à l’assistance, qu’il adore se produire en Belgique ; surtout pour la qualité de ses festivals. Il n’a pas oublié son ami Bernard Edwards, disparu des suites d’une pneumonie. Et tout au long de « Chic Cheer » (« C'est Chic », 1978), son âme plane sur le Groote Kaai… Nile évoque également son cancer, qu’il est parvenu à vaincre et la fondation qu’il a créée pour la recherche, 'Planet C'. Les hits composés pour d’autres artistes défilent : « Notorious » (Duran Duran), « Spacer » (Sheila), « Thinking Of You » (The Sister Sledge), « Lady (Hear Me Toninght) » (NDR : pour lequel le band français Modjo avait créé un sample du « Soup For One » de Chic) et « Like A Virgin » (Madonna). Sans oublier l’incontournable « Let's Dance » (Bowie), une version rock vitaminée au cours de laquelle le batteur va se mettre en vedette, en se consacrant aux vocaux. Pendant le « Get Luky » (Daft Punk) la foule reprend le refrain en chœur. Après « My Fobidden Lover », « I Want You Love », « Le Freak » et « Good Times », le set s’achève par « Rapper's Delight », un final au cours duquel plus de 20 personnes sont invitées à grimper sur l’estrade.

Chic vient de publier son premier album depuis 23 ans : « It's About Time ». Une compile d'anciennes chansons inachevées, entamées au cours des eighties, dont on ne retiendra que « I'll Be There » et « Back In The Old School ». Des adaptations qui sentent quand même le réchauffé, même si elles ont été mitonnées à la sauce contemporaine. Bref le show a quand même duré 120 minutes. Et Nile Rodgers ne quitte le podium que lorsque tout le matériel est embarqué. Impossible de le mettre dehors. Il présente même l’artiste qui le suit, Giorgio Moroder, un autre illustre personnage qui lui, a marqué les 70’s. Et s’attarde même backstage, en compagnie de quelques aficionados qui ont la chance de le rencontrer.

Bien que natif d’Italie, Mr Giorgio Moroder salue la foule 'In een perfect Nederlands'. Le Transalpin a délaissé le disco –et par la même occasion la boule à facettes– mais il va tenir la foule en haleine. Malgré l’heure tardive (NDR : il est 2h00 du matin), il parvient également à transformer le Groote Kaai en dancefloor. Une superbe soirée avec un grand 'S' !

Giorgio Moroder + Nile Rodgers Feat Chic + The Van Jets + Tourist LeMC

(Organisation : Lokerse Feesten)

(Voir aussi notre section photos ici)

Micro Festival 2015 : samedi 7 août

Écrit par

Le Micro Festival est un lieu unique destiné aux amoureux de musiques dites alternatives et qui aiment nager au large du rock, du blues, du trash ; baigner au son du garage, du psyché, du krautrock, du math rock ou encore se noyer dans le noise et toutes les dérives sonores qui peuvent les emporter au loin d’horizons escarpés… Place au compte-rendu de la sixième édition.

Les neurones sont à peine reconnectées, faute au manque de sommeil, qu’il est temps de foncer vers la cour de l’Espace 251 Nord pour découvrir l’une des nouvelles sensations belges : The Glücks . Instinctifs et primitifs, les Ostendais nous livrent un rock/garage teinté de psychobilly terriblement efficace. Un groupe à suivre.

Juste le temps de respirer et d’avaler quelques bières avant de se plonger dans la kermesse bavaroise des trois Suisses allemands de Klaus Johann Grobe. Une intro folklorique qui vire rapidement vers un krautrock davantage psychédélique. Frappant ensuite à la porte de Notwist, la basse centrale, le Moog et la voix hypnotique du chanteur se teintent finalement d’un krautpop plus délicat. Une choucroute d’excellente facture, encore faut-il aimer.

Le Français Romain Turzi s’était déplacé à Liège pour projeter son cinéphile, cinétique et aventureux troisième elpee, paru récemment sur Record Makers (Sébastien Tellier, Kavinsky...) Intitulé « C », comme cinéma, cet opus souffre cependant d’un défaut de perspective visuelle sur les planches. Un décor trop sombre pour des images hautes en couleur. Imaginez un univers pur rock qui nous convierait, dans l’obscurité, à parcourir les plaines d’un western Spaghetti. Ou encore, ‘Bombay’ qui viendrait habiter les scènes d’action d’un film de Bollywood. Un mélange original de rock/garage, d’électro et de grandiloquence qui pourrait cependant paraître un peu pompeux pour certains mélomanes.

Le one-man band show de Beat Zeller, figure légendaire de l’underground blues/trash/garage et patron charismatique du label Voodoo Rythm, apparaît certainement comme le phénomène de foire de cette soirée. Le visionnaire helvète nous a en effet régalé d’un rock primitif aux illuminations sataniques et a foutu une sacrée fièvre aux nombreux invités du chapiteau. Un magma sonore qui aurait pu servir de remake blues/trash/psychobilly à ‘La Nuit du Chasseur’. Reverend Beat-Man, un surhomme à voir absolument sur scène !

Redescente rapide d’adrénaline en compagnie de l’incontournable Jacco Gardner. En effet, il n’est plus nécessaire de vous présenter la valse psychédélique du Hollandais volant. Un psych/rock toujours de bonne facture qui vous retranche dans vos rêves les plus doux et, ce soir, frôle la narcolepsie. Mignon mais monotone.

Il en ira tout autrement lors de la présentation du « SYNTHS + DRUMS + NOISE + SPACE » (titre pertinent du premier album) d’AK/DK .

Ici, Ed Chivers et Graham Sowerby font honneur aux batteries (2 drummers frontstage) et martèlent les synthétiseurs ‘vintage’. Un duo puissant qui épuise l’LP jusqu’à la corde de leur riot pop exubérante proche des univers de Dan Deacon et des Polysics. Un joli feu d’artifice final coloré de space/kraut/disco/pop/dance/progressif qui illustre assez bien l’affiche du Micro 2015.

Malgré mes piteuses connaissances en musique électronique, il me semblait pourtant important de signaler la présence de l’excellent Al Lover  en clôture du festival. Derrière ses platines, le jeune Californien (NDR : il est issu de San Francisco) constitue pourtant une référence dans l’univers du psychédélisme. Proche de Brian Jonestown Massacre, il est capable de mixer tous les genres et toutes les époques à sa sauce hypnotique et addictive. Jolie découverte !

Il est grand temps d’aller se reposer avant d’attaquer la traditionnelle foire du disque et le légendaire tournoi international de chaise musicale du dimanche. Une journée festive et folklorique à ne pas rater.

Rendez-vous l’année prochaine et n’oubliez plus de réserver vos places !!!

(Organisation : JauneOrange)

 

 

Micro Festival 2015 : vendredi 6 août

Écrit par

Ici, c’est avant tout un état d’esprit.
Le Micro Festival est un lieu unique destiné aux amoureux de musiques dites alternatives et qui aiment nager au large du rock, du blues, du trash ; baigner au son du garage, du psyché, du krautrock, du math rock ou encore se noyer dans le noise et toutes les dérives sonores qui peuvent les emporter au loin d’horizons escarpés.
Et où les groupes se calent, chacun à leur tour, sur un podium unique, abrité sous la toile d’un chapiteau.
Doté d’une programmation pointue chinée aux quatre coins du monde (du Japon à l’Irlande, en faisant un crochet par le Danemark ainsi que les States et bien plus encore, d’année en année), savamment orchestré, le festival ne cherche pas la hype mais tisse, au fil de ses éditions, un espace singulier et ultra convivial où il fait bon vivre et festoyer.
Car ici, tout fonctionne comme si le temps s’était arrêté. On flâne d’une échoppe à l’autre, on tape la discute autour d’une bière ou d’un mets artisanal, on cherche sa Fabiola, on pédale pour fabriquer son smoothie… avant de se rendre lentement vers la scène au pas… ou pas !
Bref, on laisse le temps au temps, car, tranquille, vous avez 40 minutes entre chaque artiste ou groupe durant lesquels vous pouvez également vous éclater devant l’un des nombreux DJ sets.
La sixième édition, fidèle au succès croissant, affichait sévèrement sold out, mettant ainsi de nombreux festivaliers au paddock.
Petit conseil : n’oubliez pas de réserver vos places pour l’année prochaine !

La Jungle était donc le premier à lancer le rythme au milieu des 12 formations ou artistes présents cette année à l’affiche.

Et ça commence fort.

Un de ces rythmes méchamment énervés qui se lance sans détour vers une noise tapante que soutient une puissante batterie math/rock.

Peu d’intermèdes pour les quatre Montois qui nous prennent brutalement à la gorge et ne nous lâchent qu’à la dernière note haletante (comme nous).

Un réveil délicieusement brutal qui profile la suite des événements.

Une suite qui revêt l’apparat d’une grosse déception : pas une Irlandaise à l’horizon chez Girl Band !

En lieu et place, un rock lourdement burné et convulsif.

À l’image du dernier morceau, cette musique éructe brillamment du Captain Beefheart sans oublier de passer par The Fall.

Sec et sauvage d’un bout à l’autre, abrasivement mutin, soit un rock bien noise à consommer, protégé par un bavoir.

Ensuite, place à la bande d’Elias Bender Rønnenfelt, fortement attendue lors de cette sixième édition.

Iceage débarque et toutes les oreilles se dressent à l’écoute…

Du moins celles suspendues dans le cirque où s’installe le combo.

Une attention particulière accentuée par le changement artistique du band suédois lors de la sortie de son troisième opus.

Un virage passant du hardcore à tendance Post-Punk vers une musicalité moins abrasive, moins spontanée et volontairement plus contrôlée.

Un virage sous le feu des projecteurs soulignant, je cite : ‘Un sens de la théâtralité à la Nick Cave, un romantisme morveux à la Libertines et une noirceur bastringue à la Tom Waits’.

Un bien beau manifeste qui en live, s’entend pourtant différemment !

Car au final, fidèle à la rugosité de ses premières sorties, l’âme profonde d’Iceage, toujours bien vivante, remet les choses en perspective.

La gueule d’ange d’Elias poursuit ses hurlements punks et le choc reste authentique.

Un set quelque peu linéaire qui au demeurant va lasser une partie de l’assistance, restée confinée par seul souci de ne pas trop se mouiller.

C’est que dehors, les hallebardes se sont invitées !

Le public bravant les cascades d’eau pour un salvateur ravitaillement avant de découvrir avec bonheur que les Nipponnes friponnes de Buffalo Daughter ont pris place sur les planches.

Certes, elles accusent une demi-heure de retard ; mais elles sont bien là !

Armées de leur guitare, d’un Moog et de multiples boîtiers électroniques, le band japonais est prêt à nous livrer sa musique excentrique et kaléidoscopique dans laquelle Kraftwerk serait le contemporain des Beatles.

Original mais pas inédit, ce groupe tourne pourtant depuis le début des années 90.

Période au cours de laquelle il avait signé sur le label Grand Royal (Beastie Boys) avant de bénéficier de la collaboration d’Air, d’U.N.K.L.E…, et la liste est loin d’être exhaustive. Pour, enfin, se tourner vers de grands noms : Beastie Boys, Radiohead, Sonic Youth, REM…

Bref, un rock atypique qui vient naturellement prendre sa place au sein de l’affiche du Micro Festival.

Moins évidente, par contre, la présence d’Awesome Tapes From Africa, le projet musical de l’ethnomusicologue Brian Shimkovitz, venu clôturer cette première soirée d’ouverture.

Vissé au centre de l’estrade, ce dernier, se servant d’improbables lecteurs, dévoile son importante collection de… cassettes (oui, oui, le truc qu’on remonte à l’aide d’un crayon).

Un répertoire oscillant du folk à la house lo fi, mais surtout dédié aux musiques africaines récoltées lors de ses nombreux voyages sur le continent.

Bref, original… mais pas vraiment indispensable.

Ainsi se clôture la première partie de la mouture 2015.

Augurant d’un lendemain encore plus festif.

(Organisation : Jaune Orange)

 

 

Lokerse Feesten 2015 : dimanche 2 août

Écrit par

Cette troisième journée des Lokerse Feesten est très particulière, puisqu’elle se focalise sur le métal. Sont programmés ce dimanche 6 groupes du style : Skindred, Epica, Channel Zero, Black Label Society, Rob Zombie et Soulfly. Le début des hostilités est prévu pour 16h15. Pourtant, malgré l’heure précoce, le Groote Kaai est déjà bien peuplé…

Et Skindred respecte le timing. Un quintet réunissant le chanteur Benji Webbe (coiffé de dreadlocks, il a noué un drapeau anglais sur son pied de micro), le gratteur Mikey Demus (il porte une longue barbe, digne de Billy Gibbons, le guitariste de ZZ Top), le bassiste Dan Pugsley, le drummer Arya Goggin et enfin Dan Sturgess derrière les platines. La formation compte déjà 5 albums à son actif : « Babylon » en 2002, « Rooots Rock Riot » en 2007, « Shark Bites And Dog Fights » en 2009, « Union Black » en 2011 et « Kill The Power » en 2014. Le métal de Skindred est teinté de ragga et de reggae. Mais également de punk. A cause de la rythmique et des riffs qui découpent les différents morceaux.

« The Imperial March » de John Williams (Stars War) ouvre le bal. Une brève cover qui met la barre très haute dès le début du set. Benji salue le public et demande de se bouger les mains et surtout le cul. Ainsi, dès « Kill The Power », un morceau sculpté dans l’électro-indus et le dubstep, les menottes et les popotins remuent allègrement. Détonnant, le cocktail ravit l’auditoire. Il n’y pas encore cinq minutes d’écoulées que la foule est déjà en effervescence. Et elle jumpe tout au long de « Domm riff », un extrait de « Union Black ». Faut dire que de nombreux Français ont débarqué ; et très accros au genre, ils participent activement à faire monter l’ambiance.

« Jump Around » est une cover de House Of Pain, déjà adaptée par Snoop Dogg. Le Dj cherche à faire monter la pression. Mais Benji n’et pas satisfait, l’interrompt et lui demande de recommencer. Une bonne idée, car la version va prendre une toute autre dimension. Le son est puissant. La basse ronfle, un peu comme chez Korn. Le guitariste et le bassiste se relaient dans leurs déplacements, pour ne pas faire retomber l’ambiance. L’auditoire est davantage réceptif à droite de l’estrade. Benji l’a remarqué. Endiablé, le set aligne quelques classiques, dont « Rat Race », « Ninja » et « Nobody ». Et réserve une reprise d’enfer du « Breathe » de The Prodigy. Benji se paie une tranche de bon sang en compagnie des spectateurs aux premiers rangs. Et le show de s’achever par « Warning ». Franchement, Skindred aurait mérité de se produire en soirée… Il s’agit de son premier spectacle en Belgique, et à mon avis, ce ne sera pas le dernier. Mais 30 minutes, c'est un peu court...

Responsable d’un rock métallique symphonique et mélodieux, Epica est actuellement en tournée, un périple baptisé ‘The European Enigma Tour’. Et il transite par les Lokerse Feesten. Le line up implique quatre mecs chevelus (NDR : les deux gratteurs, le drummer et le bassiste), un claviériste (NDR : il n’a plus un poil sur le caillou) et une chanteuse, en l’occurrence Simone Simons. Rousse, énigmatique, c’est une soprano. Malheureusement, la puissance du son couvre sa voix. Tout comme celles, plus rauques, des backing vocaux qui la relaient. Ce qui rend leur prestation peu convaincante…  

Place ensuite à Channel Zero. Des vétérans considérés comme un des meilleurs combos ‘live’ en Belgique. Ils avaient fait un tabac lors de leur show accordé à l’AB, dans le cadre de la sortie de leur elpee « Kill All Kings ». C’est leur seule date ‘électrique’, avant une tournée des clubs, prévue en automne, en mode unplugged. Lors du soundcheck, Franky nous présente un jeune fan qui se consacre déjà à la six cordes. Sympa !  

Des bouteilles d'eau sont disposées à la gauche du drummer. Des munitions dont va se servir Franky pour arroser la foule. C’est un rituel. Le set s’ouvre par « Suck My Energy », « Unsafe » et « Bad To The Bone », trois brûlots issus de L’LP « Unsafe ». Franky est heureux d'être à Lokeren, et nous le signale. Il assure le show. Il nous informe que Tino, le bassiste, vient d’être papa… « Fool's Parade » (« Black Fuel ») en revient aux choses sérieuses. C’est au tour de Mikey Doling d’assumer le spectacle. Ses solos sont précis et énergiques. Depuis la disparition du drummer Phil Baheux, Chris Antonopoulos a bien intégré le groupe. Les anciens aficionados ont certainement toujours une pensée pour lui. Encore une reprise, surprenante d’ailleurs, celle du « The Tropper » de Maiden. Le concert se termine alors par l’incontournable « Black Fuel ». Franky prend un bain de foule, bien mérité. Et rappelle Mikey, en backstage, pour venir déguster une canette ensemble…

Dans le domaine du métal yankee qui écrase tout sur son passage, les musicos de Black Label Society sont de véritables dinosaures. Jeff Fabb se réserve les drums. John DeServio, la basse et Dario Lorina, une des grattes. Ces deux derniers vont arpenter les planches de long en large, en changeant constamment de position, tout au long du show. Mais c’est surtout Zakk Wilde qui focalise tous les regards. Il s’est perché sur une estrade au centre du podium. Chevelu, barbu, il me fait penser au gorille King Kong, au sommet de l’Empire State Building. Il harangue la foule et se frappe violemment le torse, quand il ne triture pas sa guitare. Car il en change à chaque morceau. Ses solos sont précis et s’autorisent des envolées bien huileuses. Ca sent la sueur du rock'n'roll. Un peu trop lourd quand même à mon goût, mais de bonne constitution…

Changement de décor. De grands panneaux décorés par des photos de monstres sont placés en arrière-plan, et trois estrades disposées en avant-scène. Il déjà 22h00 quand déboule Rob Zombie, un stetson sur le haut de ses dreadlocks et un blouson à longues franges. Et il va nous en mettre plein la vue et les oreilles, pendant plus de 60 minutes. Rob est réalisateur de films d'épouvante ; et à l’instar d’Alice Cooper, sa mise en scène est théâtrale. Et sans le moindre artifice. Il qualifie son rock indus burné de barnum heavy metal psychédélique (NDR : pourquoi pas ?) Il est soutenu par John 5 (NDR : un gratteur qui a notamment bossé en compagnie de Manson et Piggy D) ainsi que de Ginger Fish. Ils sont tous les 3 déguisés en 'Anonymous'. Les influences de Zombie sont multiples. Elles oscillent de Kiss à Manson, en passant par les Ramones, Sabbath et Alice Cooper. Pas étonnant qu’il adapte à sa sauce le « Get Up (I Feel Like Being a Sex Machine) » du grand James Brown. C’est-à-dire sous un format électro-metal-indus, mais bien contaminé par le funk. Encore une cover, mais bourrée de testostérone, le « Blitzkrieg Bop » des Ramones. Et puis celle, absolument superbe du « School's Out » de l’inévitable Alice Cooper. A cet instant on se sent d’ailleurs transporté dans l’univers extravagant et angoissant du natif de Detroit. Tout comme son maître, Zombie est une véritable bête de scène. Et il est parvenu à tenir son auditoire en haleine de bout en bout, tout en n’oubliant pas d’épingler ses tubes incontournables. Un show magique ! Bref, Marilyn Manson peut remballer ses doudounes noires, sa perruque, ses containers réfrigérés à 17 degrés et ses attitude de gothique frigide…

Pas de Soulfly pour votre serviteur. Déjà vu et écouté. Je regagne mes pénates. Il y a encore une semaine de festival…

(Organisation: Lokerse Feesten) 

 

 

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

 

Ronquières 2015 : dimanche 2 août

Écrit par

La nuit passée au camping a été particulièrement froide. Un vrai choc thermique ! Il faut dire qu’entre la veille et aujourd’hui, on enregistre près de 20 degrés de différence. Impressionnant ! Votre serviteur se réjouit néanmoins de fêter son d’anniversaire en écoutant de la musique en ‘live’. Y a-t-il plus beau cadeau ? Je ne pense pas. Bref comme d’habitude, direction la scène Tribord après un petit kilomètre de marche. Il est 13 heures. La journée peut vraiment commencer.

GrandGeorge entame les hostilités. Un bon choix de la part des organisateurs car, sous le soleil, sa bonne humeur et ses jolies mélodies pop communiquent un sourire naturel et matinal aux quelques mélomanes déjà présents. Certes, le Liégeois ne propose rien de révolutionnaire, mais ses compos sont excellentes. « So Fine » est d’ailleurs un de mes gros coups de cœur du week-end. Un titre au refrain accrocheur et des accords de gratte légers. De quoi faire mon bonheur.

Remarquable vainqueur du concours ‘L’Envol des Cités’, Rouge United a tout simplement gagné sa participation au festival. A nouveau, rien de sensationnel, mais un rock qui sent bon les States. En effet, pas besoin d’aller chercher bien loin leurs influences. Elles sont manifestes. Soutenue notamment par une guitare électrique particulièrement incisive, la voix légèrement cassée de la chanteuse –très jolie par ailleurs– constitue l’atout majeur du band. On devrait encore entendre parler du combo dans un futur proche…

Antoine Chance, c’est un peu le fruit d’un mélange entre pop insulaire et chanson française. L’artiste ne nie d’ailleurs pas ses influences. Mais s’il maîtrise parfaitement l’écriture de ses textes, leur simplicité dérape parfois dans une forme de banalité voire même de niaiserie. Ce qui me dérange profondément. Peu originaux, les thèmes abordés (amour, enfer, …) ne suscitent guère l’attention. Le petit poète devrait clairement donner de la consistance à ses lyrics. Ce qui n’empêche pas une partie du public d’apprécier. C’est sans doute dû à l’instantanéité de ses mélodies…  Et puis il ne faut pas oublier que l’auditoire du Ronquières est très éclectique.

Un peu d’originalité pour suivre. Talisco, alias Jérôme Alandi, mêle subtilement folk et électro. Un cocktail improbable qui finalement fait recette. On est même agréablement surpris du résultat proposé. Outre « Your Wish », titre le plus notoire, il nous réserve d’autres morceaux tout aussi épatants. Et notamment, « Follow Me », caractérisé par son chant atmosphérique et les interventions aussi parcimonieuses qu’efficaces de la six cordes. Ce jeune Français a vraiment du talent. Encore une belle découverte !

Dernière formation inscrite à l’affiche du festival, Kadebostany n’est certainement pas la moins renommée. Le succès de « Walking with a Ghost » en est certainement la plus belle illustration. La musique du duo est hybride, et oscille aisément de l’électro énergique à la pop la plus tendre. Tout en conservant une même intensité. Les compos sont très dansantes, et il n’est pas surprenant de voir plus d’un festivalier se trémousser devant le podium Tribord. Ce dimanche, me semblait à première vue, le jour le plus faible ; mais finalement, il se révèle plutôt agréable.

Après avoir sévi aux Ardentes et à Dour, Great Mountain Fire enchaîne décidemment les festivals wallons les plus importants. Au cours de cet été, le combo liégeois y est bien décidé à défendre son dernier opus, un disque de toute bonne facture. Après avoir pu les applaudir à deux reprises, la troisième n’engendre évidemment plus le moindre étonnement. Mais rien à faire, les rythmes inspirés par Talking Heads et les percus, par Vampire Weekend, me bottent toujours autant ; surtout quand il y a du soleil. Tout le monde ne semble pas partager mon avis. Qu’importe, puisque le band le plus radieux de Belgique m’a encore épaté…

Quand on évoque Fréro Delavega, on imagine souvent être en présence de deux frères qui partagent la scène. Et bien pas du tout ! Jérémy Frérot et Florian Garcia, dit Florian Delavega, sont tous simplement des amis qui chantent ensemble. Ils se sont forgé une certaine notoriété à travers l’émission populaire, ‘The Voice’. Mais, a contrario d’Alice on the Roof, il s’agissait de la compétition française. Leur succès est en tout cas énorme. Malheureusement, leur expression sonore baigne dans la variété française la plus pure. Et si les deux jeunes hommes sont biens sympathiques et heureux d’être là, leur musique n’est pas du tout ma tasse de thé. Ce que doit contester, ce dimanche, le plus grand nombre, car les deux potes récoltent un franc succès. On ne décroche pas un disque de platine, pour rien. Enfin, tant que la foule est contente, pourquoi se plaindre ?

Lors de son set accordé dans le cadre des ‘Nuits Botanique’, il y a trois mois, Jacco Gardner avait laissé une impression mitigée. Une surprise de le retrouver dès lors à l’affiche du Ronquières. Le pauvre Hollandais n’en gardera d’ailleurs sans doute pas un souvenir impérissable. La fosse est presque déserte. Il ne doit pas y avoir plus de 300 personnes. La raison ? Elle est simple. Kyo se produit sur l’autre podium, dans une heure ; et les nombreux aficionados ont préféré se ménager une place idéale, pour ne rien rater du show du combo hexagonal. La musique psychédélique du Batave n’est pas adaptée au format festival et tout son band semble éprouver un profond ennui. Encore un échec pour Gardner dont la tournée destinée à promotionner son deuxième LP commence doucement à tourner au vinaigre…

« Le Chemin », « Je cours » ou encore « Une Dernière Danse » : ces morceaux vous trottent peut-être encore dans la tête. Il y a une dizaine d’années, Kyo faisait vibrer de nombreux adolescents à travers la Francophonie. Et bien, ils ne semblent pas avoir été oubliés, car leurs nouveaux singles font un véritable tabac. Le public féminin est en tout cas complètement en délire ; et ce n’est pas un cliché de le signaler. Si j’avoue, sans honte, que le combo m’a servi de tremplin pour prendre goût à la musique ; je dois préciser que j’avais alors 13 ans. « Je Cours » constituait une de mes chansons préférées. Et l’écouter à nouveau me fait un petit pincement au cœur. Mai dix ans plus tard, leurs compos ont perdu de leur superbe. Elles sont même faiblardes. Et les voix ont compromis ce charme qui faisait leur spécificité. Cependant, il serait injustifié de les taxer de ‘has-been’ ; car dans l’assistance, c’est la folie. Kyo n’est pas à l’agonie. Au contraire, mais ce n’est plus mon truc. Heureusement, d’ailleurs…

La fin du festival approche et pour votre serviteur, il sera ponctué par le show de Shaka Ponk. Il y a bien encore Christophe Willem, mais je préfère me restaurer, pendant sa prestation. De toute manière, l’artiste évolue dans un registre très proche de Kyo. Il n’est donc pas étonnant qu’il recueille un succès populaire aussi considérable...

Shaka Ponk, j’avoue mal connaître. Mais vu leur réputation sur les planches, j’avais vraiment envie d’en savoir plus. Le band parisien pratique un électro/rock très susceptible d’incorporer un panel d’influences, jamais rassasié. Punk, metal, hip-hop, … tout y passe ! En outre, leurs lyrics sont interprétés dans la langue de Cervantès, de Shakespeare et parfois de Molière. En live, les musicos sont littéralement déchaînés ; et on profite autant du spectacle avec les yeux que les oreilles. Car outre leur attitude extravagante, un show en 3D mettant en scène un singe bien flippant, nous est réservé. Le septuor squatte les festivals estivaux et on comprend pourquoi. Car leurs spectacles sont totalement démentiels.

Le Ronquières Festival est particulier sur bien des points. Le site est tout simplement magnifique et la programmation éclectique. Ce qui explique sûrement pourquoi la fréquentation ne faiblit pas, débouchant même sur le sold out. Même si personnellement tous les artistes qui s’y produisent ne m’attirent pas, il est toujours agréable de voir le sourire affichés sur les lèvres de fans qui découvrent pour la première fois, en public, Christophe Willem ou Kyo. Une nouvelle très belle édition donc ; et vivement l’année prochaine !

(Organisation Ronquières Festival)

Voir aussi notre section photos ici

 

Page 30 sur 75