Flynn est originaire de Green Bay, dans le Wisconsin. A l’âge de 14 ans, le célèbre bluesman chicagolais Jimmy Dawkins permet à Billy d’entrer illégalement au sein du ‘Clark Kent's Super Joint’. Cinq ans plus tard, Dawkins le recrute pour incorporer son backing band. Il y sévira quatre ans. En 80, il rejoint les Futuramics de Jim Liban. Une aventure vécue dans son Wisconsin, qui va lui permettre de rôder son expérience dans les clubs. Fin des eighties, il participe au projet du Legendary Blues Band, un collectif réunissant d'anciens partenaires de Muddy Waters, Pinetop Perkins, Willie Smith et Calvin Jones. Il a également apporté son concours au Mississippi Heat, à Kim Wilson ainsi qu’à Otis Rush. Et la liste est loin d’être exhaustive. Sa discographie est impressionnante. Notamment concoctée en compagnie de Jimmy Dawkins ou du Legendary Blues Band. En solo, il doit avoir commis neuf elpees. Il milite également chez le backing group de la chanteuse noire Deitra Farr. Ses comparses lui renvoient, pour la circonstance, l’ascenseur ; en l’occurrence le claviériste Roosevelt Purifoy, le bassiste Felton Crews ainsi que le drummer et le drummer Ricky Nelson. Cerise sur le gâteau, KimWilson a participé à l’enregistrement de cinq plages. Bref, on peut affirmer que Billy vient encore de frapper fort, puisque ce "Blues Drive" est double !
Réputé pour son bon goût et son éclectisme, Mr Flynn jouit d’une excellente réputation comme guitariste. Il est aussi compositeur, chanteur et harmoniciste. Mais également susceptible de tâter des claviers, de la mandoline et des percussions. Billy signe 17 des 19 plages. Sa musique est propre, de toute bonne facture, démontrant sa capacité à aborder une multitude de styles différents.
Instrumental, "Blues drive" ouvre l’elpee. Soutenu par une section rythmique redoutable, complexe et subtile, Mr Flynn laisse vagabonder son inspiration tant sur ses cordes qu’à l'harmonica. Il interprète "Hearts on fire" d'un timbre sans grand éclat mais sur un ton juste, dans un style proche du Chicago Westside. L'ami Kim Wilson est venu chanter la ballade "Big money problem". La voix de Kim est immédiatement reconnaissable. Les interventions de Roosevelt Purifoy à l'orgue Hammond sont chaleureuses et riches. Ce qui a le don d'inspirer Billy, dont les cordes s'envolent vers les sommets. Un vrai bonheur ! Ce double elpee est parsemé de jolies plages instrumentales. A l’instar de "Blue mood", de l’indolent "Nite blues" qui nous entraîne dans une ambiance de cabaret nocturne, de "Down-load", de l’aventureux, divertissant et curieux "Sitar blues, d’un "Talk about it" manifestement inspiré par Jimmy Dawkins et du mélodique "New beginnings", éclaboussé par les nappes d’orgue de Purifoy. Dommage que l’artiste ne jouisse pas d’une voix plus puissante. Ses compos atteindraient alors une toute autre dimension. Car il a une bonne plume. Et il le démontre une nouvelle fois tout au long de la ballade soul blues "I'm hooked", au cours de laquelle il dispense un superbe solo. A première écoute, l’exercice de style semble simple, mais en l’analysant de plus près, on se rend compte qu’il est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et pas seulement, parce que la solution sonore est balayée par des accords de sitar. Kim Wilson revient chanter "Time has told me", une autre plage lente enrichie de chant gospel. La voix androgyne du batteur Ricky Nelson répond à celle de Kim. Le sitar parfume le tout de sonorités orientales, pendant que Flynn nous réserve une nouvelle sortie extraordinaire sur les cordes. Magique ! Kim chante également le "First stage of the blues" de Johnny Fuller, épaulé par Billy à l'harmonica. "It could happen to you" campe un autre autre blues lent majestueux. Billy a souvent partagé la scène en compagnie de Jimmy Dawkins. Il nous le rappelle tout au long de cette plage au jeu parcimonieux et chargé de feeling! Le premier elpee s’achève dans l’allégresse. Kim Wilson a sorti son harmo de sa poche et nous réserve un "Shakin' the boogie" inspiré par Sonny Boy Williamson avant de partager la ‘pole position’ en compagnie de Billy, lors d’un merveilleux "Blues thru the winter time".
Le second compact-disc est moins intéressant. Billy y cède son emprise à sa section rythmique, pour "Tearin it up", un titre funky chanté par Felton et Ricky. Et la plaque s’achève par une version très personnelle du "Whole lotta love" de BB King. Manifestement, un seul cd aurait suffi ; mais comme le second est offert, pourquoi bouder notre plaisir…