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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 31 décembre 2005 01:00

On fire!

Auteurs de deux excellents albums, "Feelin' good" en 1997 et "Rollercoaster" en 99, les Nightporters étaient considérés comme un des meilleurs groupes anglais de blues et de rockabilly. Ils se sont malheureusement séparés en 2002. Quelque temps plus tard, le guitariste Martin Vowles et le batteur Kevin Crowe décident de tenter une nouvelle aventure musicale. Ils rencontrent le chanteur/guitariste Vince Lee et le convainquent de rejoindre les Wildcards, entraînant pour la circonstance un autre musicien du Big Combo, le bassiste Al Wallis.
 
Le fruit de cette rencontre entre musiciens du Sud Ouest anglais vient d’accoucher d’un elpee tout bonnement impressionnant. Un bon coup de griffe électrique administré aux cordes oriente les Wildcards sur le chemin musical du rockabilly largement amplifié de "Look what you've done to me". Les guitares manifestent toute leur puissance. La rythmique se dessine parfaitement à l'avant-plan. Signé Jeff Turmes (NDR : un ex James Harman Band),"Happy hour" épouse un style largement emprunté à la West Coast. Un mérite à notifier sur la carte de visite des Wildcards. La section rythmique libère un fameux groove. Les deux guitares se complètent. J’ignore qui est le soliste, mais il se débrouille plutôt bien. Dans un style proche de Little Charlie Baty et de Kid Ramos. Qu’il est capable d'emballer sans pour autant se départir d’une certaine ligne de conduite. Sans oublier la présence du vocal de Vince Lee, toujours coloré de rock'n'roll. Vince chante avec autorité "A little mixed up", un blues très rythmé signé Willie Dixon. Les guitares s’élèvent, l’une après l’autre, puis éclatent dans leur envol, au sein d’une folle ambiance ‘live’. Brève coupure d’électricité pour permettre à l’à l'ukulélé d'introduire "Can't keep from doing wrong". Un fragment qui se mue rapidement en un Mississippi blues. Bien gras, lourd et extrêmement amplifié, le son baigne au sein d’une atmosphère ténébreuse qui autorise cependant une évasion insatiable de cordes. Le "How do you feel" de Percy Mayfield ne manque pas de conviction. Il évolue dans un registre proche du Canned Heat, époque Bob "The Bear" Hite. Blues lent, doux, très fin de soirée, le "Change your way of loving" de Pee Wee Crayton est soutenu par une section rythmique veloutée. La guitare s'échappe en accords voluptueux. Célèbre instrumental, le "Caravan" de Duke Elligton est imprimé sur un rythme échevelé. Denses et sauvages, les guitares galopent littéralement. Issu de la plume de Little Walter, "I'm in a lowdown chariot" libère beaucoup de swing. La voix de Vince demeure sereine. Excellent ! Les Cards s'en donnent à coeur joie tout au long de l’interminable boogie "Deep six boogie". Vince Lee vomit littéralement ses vocaux. La guitare participe à cette orgie sonore qui dégénère progressivement. Les cordes crachent le feu, dans un style qui rappelle Link Wray et ses relents trash. Des Wildcards durs, sauvages et cruels… Autre country blues explosif et déjanté, l’adaptation du "Terra Mae" de Dr Ross est hanté par le chant trafiqué, semblant sortir d'outre-tombe. Démoniaque, il dérange, se fait invocateur. Cette fin d'opus nous plonge vraiment dans un autre monde. Rendue libre à la nature, la musique des Cards est totalement débridée. Une situation qu’ils semblent apprécier. Et le titre de la dernière plage traduit parfaitement cet état d’esprit : "I'm on fire!". Impressionnant et à écouter sans réserve, même si à la fin de l’elpee vous êtes sur les genoux !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Hellzapoppin

Le Voodoo Band est né en 1999. Une formation fondée par un certain Willy Lambregts. Un Ostendais, mieux connu pour avoir été le guitariste de Vaya Con Dios et des Scabs. Responsable d’un premier album en 2003 ("Willy Willy and the Voodoo Band"), ce band belge taillé pour le white trash rock'n'roll nous propose son deuxième opus. Pour la circonstance, le grand Willy a privilégié ses propres compositions. Et le résultat est, bien entendu, plus original et surtout personnel.
 
L’ouverture est idéale. Un superbe rock'n'roll digne d’Eddie Cochran, Gene Vincent et consorts. Pourtant l’ombre du Velvet Underground est également présente. Elle nous replonge dans cet univers très singulier au cœur duquel Lou Reed (NDR : ce timbre et ces inflexions !) menait ses troupes à coup de rock'n'roll. La comparaison est troublante. Le Bo Diddley beat imprime "Ro day". Eclaboussée derechef par des jets de rock'n'roll, la trame rythmique est nerveuse. La section rythmique est efficace ; et en particulier les martèlements de Marty De Wagter aux drums. La sonorité des guitares produit son effet. Opérée par Patrick Riguelle, la mise en forme est impeccable. Signé Leiber et Stoller, "Bazoom!" est une ballade amusante, une sorte de blues/pop/rock, qui met en exergue le travail des voix. Particulièrement amplifiée et incisive la guitare est bien mise en évidence. "Birdlime boogie" est un boogie bien saignant. Les vocaux de Willy sont ici paresseux et nasillards, mais surtout soignés. "2nd hand love" est taillé dans le funky R&B par le Voodoo Band. Une compo rehaussée par la présence de la voix spécifique et tellement musicale de Miss Beverley Jo Scott. Une démarche musicale plutôt originale, accentuée par une certaine recherche dans la tonalité des cordes. Franchement blues rock, "Lonesome to be true" évolue sur un tempo lent. Les cordes de guitare se multiplient. Elles occupent une place prépondérante ; d’autant plus que Patrick Riguelle en rajoute une couche. Le white trash rock'n'roll (NDR : on y est !) de "No place 4 U here" est percutant. La version acoustique du traditionnel "Nobody's fault" de Blind Willie Johnson est enrichie par les voix de Beverly Joe, de Willy, Patrick, Wigbert (NDR : qui double à la mandoline), Daringmen, et de Hans Quaghebeur (NDR : préposé au hurdy gurdy!) Un moment très agréable. "Hammerin' blues" est sculpté dans le blues rock. Tout comme le titre maître. Le rock'n'roll y est souverain. Les guitares toujours à l'avant et la voix bien nonchalante. Trop court, cet elpee s’achève par "Gravel road", une ballade country légère, balayée par la lap steel de Riguelle. Ce nouvel opus est à peine sorti que le Voodoo Band a changé de line up. Aux dernières nouvelles Willy est soutenu par Pip Vreede (ex Wolfbanes) à la guitare rythmique, Paul Brusseel (ex Mudgang et Revelaires) à la batterie et Marnix Catsyn (ex Soapstone, Revelaires) à la basse. A suivre! Le Voodoo Band occupe une place bien à lui sur la scène rock nationale. En outre Willy sévit également chez Stoned, en compagnie de Wigbert Van Lierde et de Jan Hautekiet, une formation qui se consacre aux covers des Rolling Stones!
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Switch back ride

Formation allemande, Velvetone pratique du roots rock'n'roll largement imbibé de rockabilly. Ray Devaryo s'est forgé une voix en fréquentant des combos punk et rockabilly. Guitariste (NDR : il joue sur une Gibson Flying V), Tammo Lüers a sévi chez le Tav Falco's Panther Burns. Andy Merck à la basse et Lars Köster à la batterie complètent le line up. La discographie du Velvetone est déjà bien étoffée : depuis leur premier disque éponyme (NDR : un vinyle de 25 cm, commis en 1996, sur le label Bear Family) à "Dark blossom" (NDR : paru en 2001 déjà chez Crosscut) en passant par "Vari-O-Sonic" (NDR : en 1998, pour le label One Million Dollars).
 
L’elpee s’ouvre par "Leave me cryin'", dans un style tellement proche du Dr Feelgood de la grande époque, lorsque Lee Brillaux se réservait le microphone. Toute en rythme, la guitare est à l'attaque. Manifestement, ce quartet déborde d’énergie. La guitare ne s’accorde pas la moindre pause. Une intensité qui contamine également un "What the hell" soutenu par une section rythmique en acier inoxydable. Guère le temps de souffler, et cette danse folle envahit "Cursed (my senses)". Les deux six cordes n’y sont pas pour rien ! Velvetone évoque également les premiers bands anglais de R&B qui sévissaient il y a déjà 40 ans. Lorsque le tempo se calme, c’est pour nous plonger dans une atmosphère lourde, réminiscente des Cramps. A l’instar du "Just to satisfy you" de Waylon Jennings qu’alimente une guitare toute en réverbération. Franchement rockabilly, "What did I do?" conserve une large part d'écho dans le son de la guitare. Libérant une fameuse dose d'énergie dans l’attaque des couplets, "Rosalee" semble sculpté dans le même moule. Le Bo Diddley riff introduit le mystérieux "Voodoo love". Ray susurre ses vocaux au bord de la transe pendant que Lars martèle ses peaux. Transportés par les quatre cordes d'Andy, nous sommes proches du "Who do you love". Revu et corrigé à la sauce Velvetone, le son est volontairement sale. Ce "Voodoo love" s'étend à l'infini lorsque les trois instrumentistes se mettent à jammer sur ce riff comme pouvait le faire naguère et dans un autre style, le Quicksilver Messenger Service. "It's worth anything" trahit un petit côté pop très séduisant. Les doigts de pieds se mettent à fourmiller et on se surprend à reprendre le refrain en choeur avec l'ensemble des musiciens. Imprimé sur le rythme du chemin de fer, le vivifiant "Number nine train" nous donne l’envie de partir à l’aventure. Et à cet instant, je ne puis m’empêcher de penser à Sir Douglas Quintet, le premier groupe d'Augie Myers fondé au cours des sixties. Changement de cap et retour dans le monde étrange du voodoo. Les percussions de Köster martèlent le rythme pour nous transporter dans cet univers noir et sautillant de "Welcome to the pleasuredome" tourmenté par un chant qui rappelle parfois … Bono. "Git to gittin' baby" consomme du pur rock'n'roll. Ray chante tout en raclant le fond de sa gorge. Il donne tout ce qu'il a dans le corps pour interpréter ce véritable brûlot pendant que ses trois partenaires s'éclatent. Dave Gonzales des Paladins doit prendre son pied à l'écoute de cette plage. Nos Teutons peuvent également s’aventurer dans la musique country music ; une country personnelle, inspirée par Johnny Cash et tellement proche des Blasters. Et "Shiva's little brother" en est la plus belle démonstration. Ballade ténébreuse, désespérée, engluée dans le monde dépressif de Nick Cave, "Strange times" est limitée à un accompagnement minimaliste, mais suffisant pour éveiller cette torpeur ambiante! Coup de génie : cet opus quasi psychotique s’achève par une célébration de la joie débordante des cajuns louisianais. Car le flamboyant "Allons à Lafayette" nous invite à la fête au village. D’excellente facture, cet elpee est hanté par des artistes ou des groupes aussi différents que Robert Gordon, Link Wray, les Cramps ou les Paladins. Mais je serais curieux de les découvrir ‘live’…
mardi, 20 janvier 2009 01:00

Mikey likes it

Originaire de Trenton, dans le New Jersey, Mikey Jr ne compte que 26 balais. Pourtant, il y a déjà de nombreuses années qu’il s’est converti au blues. "Mikey likes it" constitue déjà son quatrième opus. Il fait suite à "Mikey Jr and the Stone Cold blues : The 420 sessions", paru en 2003, ainsi que  "The New York City sessions" et "Look inside my pocket", édités tous deux en 2006.

Mikey a décidé de s’attaquer à des sommets du Chicago blues. Dès les premiers accords de la cover du "Everythings gonna be alright" de Little Walter, on est directement pris à la gorge. A cause de l’amplitude sonore affichée par l’harmonica. Cette emprise ne cessera d’ailleurs qu’à l’issue de l’écoute de l’album. Il faut dire que les musiciens forment un ensemble particulièrement homogène. L'atmosphère enfumée des cabarets envahit "Treat me right". Mikey chante d’un timbre empreint d’une grande quiétude. C’est impressionnant ! La basse acoustique de Mike Lampe est à l'avant-plan. Adam Stranburg secoue timidement ses balais. Le talentueux Bill Heid joue parcimonieusement sur son piano. Le souffle de Mikey arrache des sonorités d’une d'une tristesse inouïe. Sonny Boy Williamson I n’est pas loin. Junior possède une bonne voix. Très musicale. Elle colle parfaitement à "I'm ready", un canon de Willie Dixon, emporté une nouvelle fois par la puissance naturelle de son souffle. Jazz et swing se partagent équitablement l’espace sonore de "The prowler", un morceau au cours duquel sa prouesse instrumentale sur l'instrument chromatique est stupéfiante. Le jeune prodige Dave Gross manifeste une aisance technique tout aussi remarquable. Sa sensibilité sur les cordes embrasse un registre purement jazz. Cette atmosphère feutrée est entretenue sur "She's my baby". Classique, "Out go the lights" ne montre aucun signe de faiblesse. Jr souffle d’ailleurs aussi facilement et dans le même style que Little Walter. Quel plaisir de le retrouver au sein du répertoire de George ‘Harmonica’ Smith. Et en particulier lors de son adaptation de "Tight dress woman". Le rythme est soutenu. Il est épaulé secondé par les cordes de Dave Gross (NDR : le jeune maître !) et le piano versatile de Heid. Sa maîtrise sur l'instrument chromatique est un  vrai régal pour nos oreilles. Il étale toute sa virtuosité sur son instrumental "Car trouble". Jr voue également une admiration sans bornes pour Rice Miller, Sonny Boy II. C’est une évidence à l'écoute de "Mighty long time" et du remuant "Every morning". "Back door man" est une compo popularisée par Howlin' Wolf. Sa version est saignante. Mikey chante dans son micro astatique afin de communiquer son sentiment de mal-être. Dave Gross est également impliqué aux cordes sur un autre instrumental. Intitulé "What you say", ce morceau permet à l’harmonica d’accomplir des échanges de haute volée. L’exercice opéré entre les deux artistes est impressionnant ; surtout quand on connait le très jeune âge des deux complices. Etonnant et remarquable, cet elpee s’achève par "Silent night", une plage paisible qui dénote quelque peu dans l’ensemble.

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Barhoppin

De son véritable nom David Kiefer, San Pedro Slim est issu de Los Angeles, même si depuis peu, il s’est installé à Costa Mesa . Un harmoniciste particulièrement apprécié au sein des milieux branchés. Au cours des années 90 , il avait commis un premier elpee intitulé "Another night in the town", sur le label hollandais Tramp Records, cher à Paul Duvivié. A l’époque il avait accompli un périple en Europe. Il s’était même produit au Grand Mix de Tourcoing, flanqué du guitariste Henry Carjaval, un musicien qui milite aujourd'hui chez les Mighty Flyers de Rod et Honey Piazza!

Il est resté un proche du clan Piazza ; car pour ce second opus, il a bénéficié du concours de Rick Holmstrom, le gratteur qui avait précédé Carjaval au sein des Flyers. Et force est de reconnaître que le niveau musical est ici très élevé. Andy Kaulkin au piano est irréprochable et la section rythmique (NDR : issue de Detroit), constituée du bassiste Dale Jennings et du drummer Donny Gruendler, est particulièrement solide. Slim est un compositeur et un conteur talentueux. Il signe les onze plages de ce "Barhoppin", dans un style immédiatement identifiable : le West coast blues.

"If I had my way" ouvre l’elpee. Une compo qui baigne dans le Chicago blues classique des années 50. Toutes les interventions d’Holmstrom sur son manche, sont savoureuses. "You're a vedil now" glisse vers le west coast, un style saturé de swing. Pour notre plus grand bonheur, Holmstrom est dans une forme réminiscente des meilleurs jours vécus chez les Flyers. Il est intenable. Dès que l’occasion se présente, ses cordes occupent le devant de la scène. Et il y porte une véritable empreinte de maître. Les cinq musiciens participent à "Door to door", un Chicago blues souverain caractérisé par un son pourri, comme ce n’est pas possible. La voix de Slim colle parfaitement à son sujet, pendant que Kaulkin libère toute son énergie derrière ses claviers. Pour la première fois, San empoigne sa musique à bouche. Une excellente intervention, manifestement inspirée par le dieu Little Walter. Il chante "When will I get my time". Un blues lent, dépouillé, qu’il interprète d’un timbre chargé de passion, de vitalité et d'émotion. Les arrangements sont minimalistes. La basse est acoustique. Les balais caressent les peaux. Dénuées d’amplification, les cordes de Rick sont bouleversantes. Andy ne concède que les notes indispensables sur ses ivoires. Rick amorce le titre maître. Le son de cette plage instrumentale est complètement pourri. La symbiose opérée par les différents écrase tout sur son passage. Le riff dramatique de "Tables do turn" est emprunté au fameux "Help me" de Sonny Boy Williamson. De bonne facture, cet elpee s’achève par une compo intitulée "Testify". Un morceau qui baigne au sein d’une atmosphère nonchalante et blafarde. Celle des marais louisianais. Réverbérés, les accents dispensés par les cordes de Rick se traînent.

Kaulkin est un musicien particulièrement talentueux. Il s’est illustré auprès de Billy Boy Arnold, Janiva Magness, Rick Holmstrom, et a participé à la dernière aventure de  Lester Butler. Et ça c'est une référence ! Il compte un album solo à son actif : "Six foot seven and rising". Qui remonte quand même à 1996. Un personnage qui a participé aux sessions d’enregistrement du "Groove time" de William Clarke. C’était déjà en 94.

 

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Plays George ‘Harmonica’ Smith

Helge Tallqvist nous vient de Finlande. Il est vrai que la Scandinavie est une véritable pépinière d’excellents bluesmen. Ses débuts discographiques remontent à 1984. Un disque enregistré au sein du groupe Gyan Dookie & Telecaster Combo. Pour le voir graver un elpee sous son propre patronyme, il faudra cependant attendre 1995, lors de son aventure vécue en compagnie du Deep Blue Divers. Et après "Hitsville hop", patienter jusque 2002, pour que le collectif HT & DBD donne une suite à ce premier essai. Il sera baptisé "Somethin' blue". Il apporte ensuite sa collaboration à Groovy Eyes, où il rejoint son ami guitariste Side kick Johnny.

Et c’est sous cette formule qu’Helge commet "Plays George ‘Harmonica’ Smith". En 2005. Un opus qui bénéficie enfin d’une distribution correcte. Suffit de lire le titre pour bien comprendre que nous somme en présence d’un hommage rendu par Tallqvist à son idole et influence majeure, George ‘Harmonica’ Smith. Il vénérait le vieux souffleur de Chicago (NDR : oui, c’est exact, il avait depuis élu résidence à Los Angeles). Il le connaissait personnellement. Une rencontre provoquée en son temps par son ami, le regretté William Clarke, auquel participera aussi son compatriote –harmoniciste lui aussi– Pepe Alqhvist ! Lorsqu'en 1982, Smith se produit en concert à Stockholm, Pepe et Helge rappliquent au triple galop pour enfin faire la connaissance de cette légende vivante. Début août, invités par Smith, les deux Finnois s'embarquent pour Los Angeles. Ils ne le reverront jamais plus. Le grand souffleur noir s'était éteint le 2 octobre 1983, à l’issue d’un malaise cardiaque. Mais il était parvenu à inoculer le virus de l'instrument chromatique à notre ami Helge, qui vient donc de réaliser son vieux rêve en lui rendant cet hommage.

Au menu, treize plages, dont sept compositions signées George Smith et six chansons issues de son répertoire. Tourmenté, "Hawaian eye" ouvre l’elpee. L'instrument chromatique est bien maîtrisé par Mr Tallqvist. Il lui insuffle force et passion tout en s’appuyant sur les cordes aux sonorités étranges et réverbérées de Jussi Jo Raulamo. Raulamo chante d'une voix paresseuse, mais étonnante "Travelling south", une compo issue de la plume de Mike Vernon (NDR : ce célèbre producteur anglais est également le fondateur du label Blue Horizon, pour lequel Smith a enregistré). Sidekick Johnny joue sur sa slide tout au long de ce remarquable morceau, baignant au cœur d’un climat musical fort personnel. "Tight dress" est un des sommets de l’elpee. Les musiciens sont particulièrement soudés. Rien n’est laissé au hasard. La section rythmique dispense un swing naturel et léger. Helge a convié son vieux pote Pepe Ahlqvist. Le tandem rivalise de puissance sur leur instrument chromatique. Pepe est toujours de la partie pour "Nobody knows". Il chante ce superbe blues lent. Georges Smith s'était révélé aux yeux et surtout aux oreilles du monde en 1954. Lors de la sortie d'un single chez RPM, réunissant "Telephone blues" et "Blues in the dark". Ces deux titres se succèdent ici tout naturellement. Jussi Jo assure les vocaux sur le flemmard, mais passionné "Telephone blues". Les courtes phrases dispensées par Helge oscillent constamment entre flux et reflux. La sensibilité y est tellement exacerbée qu’elle vous communique des frissons ! Instrumental, "Blues in the dark" est une véritable perle. Rod Piazza, un des meilleurs élèves de Smith, l'avait repris en son temps. Il avait même donné le nom à un des elpess de ses Mighty Flyers. Pas une seule faille n’est à relever sur cet opus. On ne compte pas les grands moments. Dont j’épinglerai encore "You don't love me", caractérisé par ses guitares rythmiques en osmose, "I want a woman" balayé par son swing subtil et "Misty in C" dont la beauté immaculée ne peut que troubler l’esprit. Je vous conseille vivement cette œuvre. Elle est enrichie d’un booklet très complet, emballée au sein d’un boîtier métallique et, en prime, recèle une interview de George Smith accordée en août 1982.

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Hollerin' up a storm

Sven est considéré comme le BB King suédois. Pas trop difficile, dès lors, d’imaginer la popularité dont il jouit, chez lui, en Scandinavie. Ce vieux briscard affiche déjà 56 années à son compteur. Il y a déjà plus de trois décennies qu'il fréquente l’univers du blues. Avant d’opter pour la musique à bouche, cet artiste s’était forgé une solide réputation de chanteur, de guitariste et de compositeur.

« Hollerin' up a storm » constitue son tout premier elpee exclusivement consacré à l'harmonica ; un instrument pour lequel il s’est passionné au début des années 60, à l'écoute de Sonny Boy Williamson II et de Big Walter Horton. Sa première formation répond au patronyme de Telge Blues. Elle a été fondée en 1972. Et est responsable d’un premier opus. Paru en 1975. Il a ensuite sévi chez les Blue Fire. Puis les Four Roosters, un combo impliquant Knut Reiersrud. On leur doit "Chicago Blues meeting". En 1983. Un disque enregistré au sein des studios Chess à Chicago. Au cours des années 90, il milite chez le Blues Express. Une aventure ponctuée par l’enregistrement de plusieurs elpees. Sa carrière solo, il la guide depuis une dizaine d'années. De sa discographie récente, on retiendra cependant la compile "Soul of a man", une synthèse de son œuvre. Un opus édité en 2004. Tout comme "Moving in the right direction". Et puis "Southern soul agenda", millésimé 2006.

Pour enregistrer cet elpee, Sven a bénéficié du concours d’une fameuse brochette de musiciens. Et notamment le guitariste Anders Lewen (NDR : il a sévi chez Knock Out Greg & Blue Weather), le pianiste Frederik von Werder, le bassiste Urban Hed et le drummer Johan Svensson. En résumé, tous les invités sont suédois.

La voix de Sven est excellente. Elle est aussi bien taillée pour chanter le blues que le R&B. Elle est puissante, chaleureuse, ample et modulable. Dès les premiers accords de "Judgement", la puissance de feu libérée par l'ensemble impressionne. A cause des accès jump de Lewen. Des accords de piano sautillants dispensés par Von Werder. Du chant autoritaire aussi. Mais surtout des interventions irrésistibles à l’harmo. Une emprise naturelle. Qui s’est forgée au fil de l’expérience. Une expérience acquise en se produisant, pendant de nombreuses années, dans les salles, joints, cabarets et clubs suédois. La cohésion du combo est remarquable. Inspiré par Sonny Boy Williamson I, "Too old for the city" en est une parfaite illustration. Sven explore des tas de styles différents. Et sa compétence n’est jamais mise en défaut. Signé par son ami Allen Finney, "Ain't no hurry to go home" nous entraîne au cœur de la Louisiane. Sax ténor et baryton illuminent un style cher à Guitar Slim. Les rythmes syncopés, proches de la Nouvelle Orléans, agitent le titre maître. Le piano est étincelant et la guitare d'Anders sublime. "Middle ground" libère une fameuse dose d’émotion. Le chant est grave, intense, passionné ; mais semble mu par une force tranquille. Seule sa guitare soutient l’expression sonore. Un hommage évident à John Lee Hooker! Brève plage instrumentale, "The shoeshine" est empreint de réalisme. Autre fragment de west coast jump, "Close talker" suinte de swing. Un nouvel élan de bravoure procuré par les cordes de Lewen, pendant que la patte de Rice Miller pénètre dans le jeu de Sven. "Why don't you like your job" est inspiré par le R&B californien. Celui de Jimmy Mc Cracklin et Johnny Guitar Watson. Les cuivres apportent de l’épaisseur à l’expression sonore. "Fallin' apart" lorgne vers le Chicago blues classique. Celui d’Eddie Taylor et de Jimmy Rodgers, pour être plus précis. Au menu simplicité et efficacité ! Anders Lewen est toujours dans le coup ! Il se met dans la peau de T-Bone Walker pour affronter le nerveux et cuivré "Parade square Jamboree". De toute grande classe, cet opus s’achève dans une ambiance digne du Paul Butterfield au sommet de son art. Le relief manifesté dans le jeu de l'harmo ainsi que les interventions aux cordes et au piano en sont les plus belles illustrations…

 

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Many shades of Blue

Gary est un bel homme. Souriant, musclé, il a été sapeur pompier à Los Angeles, garde-forestier, agent de sécurité sur les plages du Pacifique, cowboy dans un ranch et… bluesman itinérant. Ce Californien a découvert le blues en écoutant le vétéran John Jackson ; quelque part en Virginie, où le vieux noir travaillait également comme fossoyeur. Gary est entré en studio, pour la première fois, afin d’accompagner un autre ‘Piedmont’ bluesman, John Cephas. Il avait alors participé à la confection de quatre titres.

Gary est le fondateur de ‘Harmonikids’, une organisation dont l’objectif fondamental est de soigner les enfants par la thérapie de l'harmonica. Il a ainsi apporté son soutien personnel aux enfants victimes du tsunami en Indonésie et de l'ouragan Katrina, en Louisiane. Il leur a offert des harmonicas et leur a appris les premiers rudiments pour pouvoir interpréter l’une ou l’autre chanson. Il s’est produit un peu partout dans le monde, aussi bien dans des formules électriques qu'acoustiques.

Flanqué des Sugar Daddys, il avait commis son premier elpee, "Throwing heat", en 2003. Pour concocter ce second opus, Allegretto a reçu la collaboration de ses musiciens, mais également de plusieurs invités de marque. Pour la plupart des amis. Et notamment, Ivan Neville, Miss Janiva Magness, John Cephas et Doug McLeod… L'album est partagé entre plages acoustiques et compos largement amplifiées. Gary signe douze des quatorze fragments.

Gary souffle dans les aigus pour introduire "She speaks to me". Le rythme est calqué su celui de Jimmy Reed. Sur ce titre, il est épaulé par ses musiciens : le guitariste Tommy Kay, le pianiste Steve F'Dor, le bassiste Paul Eckman et le drummer David Kida. Une entrée en matière aussi brillante qu’engageante. "Bad man" adopte un même profil. Un excellent niveau qui persiste tout au long de "Somerset", caractérisé par des accents empruntés au country blues. Notamment grâce à la complicité presque fraternelle entretenue entre l'harmo et la guitare National Resonator de Doug McLeod. Rocker, "Good to go" est un morceau tout à fait remarquable, au cours duquel le piano de F'Dor se montre insatiable pendant que l'harmo flâne en totale liberté. L’approche acoustique recèle des richesses insoupçonnées. Et tout d’abord "Four days late", une ballade imparable évoquant le drame vécu par la Nouvelle Orléans, lors du passage de Katrina. Ivan Neville siège derrière l'orgue Hammond. Son timbre vocal est divin. Et que dire de celui de la charmante Janiva Magness ? Ce duo est soutenu par Rich Del Grosso à la mandoline et David Jackson à l'accordéon. Gary et Janiva se partagent un autre tandem sur "Risk of love" ; Neville se militant aux claviers pendant que Kay se libère sur sa slide. Ian Espinoza (NDR : il a sévi chez les Blasters) gratte et chante "Never the same", un morceau très country blues. John Cephas apporte son concours à la guitare sur quatre plages. Il se réserve le chant pour "Hurry down rounder". Le partage en compagnie de Gary tout au long de "Saddle my pony", une chanson particulièrement grisante. La connivence affichée entre John et Gary rappelle son habituel partenaire Phil Wiggins. Balayé par le banjo et le violon, "Settle down blues" baigne à nouveau dan un climat cowboy. L’elpee recèle deux reprises. "Back to Memphis", tout d’abord. La voix légèrement lasse colle parfaitement à cette version tonique, imprimée sur un tempo très rock'n'roll. Ensuite, le "Mind your own business" de Hank Williams. En duo. Avec pour partenaire Cephas. D’excellente facture, cet opus s’achève en compagnie du même duo. Mais sous une forme instrumentale. Un "John's kitchen rag" cuisiné à la sauce piedmont.

Suivant les dernières infos, Gary Allegretto vient de sortir un nouvel elpee de tendance acoustique. Davantage folk roots voire Americana. Son titre ? "Harmonicowboy". Un surnom qui lui avait été attribué lorsqu’il bossait comme garde-forestier dans l'Arizona, le Colorado, le Nouveau Mexique et le Wyoming!

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Sings Sonny Boy 'John Lee' Williamson

Billy Boy Arnold William est loin d’être un inconnu. Ce chanteur/harmoniciste de couleur noire est né à Chicago. Ce qui n'est certainement pas un handicap pour un bluesman ! Il est aujourd’hui âgé de 73 balais. Ses premières leçons de musique à bouche, il les a reçues vers 12-13 ans. Son professeur ? John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson. Excusez du peu ! En concoctant cet opus, il a voulu rendre hommage au mythique maître, disparu tragiquement en 1948. Ce témoignage paraît donc, lors du soixantième anniversaire de ce douloureux événement.

En 51, Mr Arnold entamait sa carrière aux côtés d'un jeune bluesman qui allait devenir célèbre sous le nom de Bo Diddley! C'est sur le label Vee-Jay que Billy Boy devait, au cœur des années 50, sortir ses plus grands succès ; c’est-à-dire "I wish you would" et "I ain't got you", deux fragments imprimés sur le fameux Bo Diddley beat, soutenu par Jody Williams à la guitare. Après être resté longtemps dans l'ombre, il devait célébrer son retour en signant pour le label Alligator, alignant "Back where I belong" en 1993, "Eldorado Cadillac" en 95 et "Boogie 'n' shuffle" en 2001.

Pour enregistrer “Sings Sonny Boy 'John Lee' Williamson”, BB Arnold a reçu le concours de collaborateurs particulièrement affûtés. Pour la plupart des vétérans. En l’occurrence le bassiste Bob Stroger, le drummer Willie ‘Big Eyes’ Smith, le pianiste/guitariste Mel Brown et le notoire guitariste/mandoliniste de couleur blanche Billy Flynn. L’elpee réunit quinze compositions de Williamson et deux plages écrites par Arnold.

"New jail house blues" est imprimé sur un tempo nonchalant. Flynn accomplit un superbe solo sur la mandoline. Entraînant et dynamique, "Around this old juke tonight" est issu de la plume de Billy Boy. Le piano de Mel Brown participe activement au tempo boogie woogie. Tout au long de son "Squeeze me tight", il emprunte le célèbre riff bien connu de "Help me", Flynn est à nouveau très en verve sur les cordes. "Half a pint" est une plage percutante. Très tonique et suivi de près par les cordes de Flynn, l’harmonica d’Arnold y explose littéralement.  Cet album ‘tribute’ est très conventionnel. BB joue dans le style de son mentor. Il est particulièrement émouvant lorsqu’il aborde le blues lent. A l’instar des excellents "Decoration day", "Black gal blues" ou encore "Collector man blues". Sur les morceaux plus rythmés, Billy Boy se révèle un digne héritier du style Sonny Boy. Et il le démontre tout au long de "Rub-a-dub". Arnold n'a pas pour autant boudé les compositions les plus notoires de Williamson. Elles sont cependant concentrées en fin de parcours. Et notamment le standard "Good morning little schoolgirl", "Sugar Mama", "Tell me baby" et le fragile et si beau "Springtime blues".

Cet elpee rend un vibrant hommage à l'un des plus grands stylistes de l'harmonica dans le monde du blues. Disparu alors qu’il avait à peine 34 ans, John Lee Williamson avait enregistré plus de 120 chansons dans les années 30 et 40. Il avait joué aux côtés de Big Bill Broonzy, Big Joe Williams, Yank Rachell, Sunnyland Slim, Big Maceo, Eddie Boyd, Willie Dixon, et bien d’autres…

 

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Ten years and forty days

Sammy Davis est né le 28 novembre 1928. A Winona, dans le Delta du Mississippi. A cette époque, de nombreux bluesmen s’y sont révélés… Il émigre cependant en Floride. Il y rencontre le guitariste Earl Hooker. Dès 1952, ils décident d’enregistrer ensemble. C’est également l’époque à laquelle Sammy opte pour le sobriquet de Little Sam Davis. En 53, il part pour Chicago où il supplée régulièrement Little Walter au sein de son backing group, les Mighty Aces. Fin des sixties, il s'installe à Poughkeepsie, dans l'état de New York. Mais en 1970, son épouse disparait prématurément. Aussi, il se retire du monde musical. Une absence qui durera pendant vingt ans.

Sam n’est jamais parvenu à se forger une grande notoriété. Pourtant, il a côtoyé des stars prestigieuses du blues comme Albert King, Muddy Waters, Pinetop Perkins ou Jimmy Reed. En 1995, il édite un elpee, sous son propre patronyme, sur le label Delmark. Intitulé "I ain't lyin'", cet elpee lui permettra de décrocher l’award du "Comeback artist of the year" auprès du magazine Living Blues. Un retour qu’il avait néanmoins déjà opéré depuis quelque temps, en rejoignant le groupe Midnight Slim. Impliquant les frères Scribner, deux musiciens de couleur blanche ; soit le guitariste Fred Scribner et le drummer Brad.

« Ten years and forty days » constitue le second opus du combo. Il était paru en 2001, sur un label indépendant. Ne bénéficiant alors d’aucune distribution officielle, il suscite enfin un regain d’intérêt. Ce qui explique pourquoi il n’est chroniqué qu’aujourd’hui. Pour la circonstance, Sam est soutenu par le Midnight Slim, c’est-à-dire les frères Scribner susvisés, le bassiste Jack Geisenheimer et le pianiste Neil Eisenberg.

Son "Fine lookin' woman" ouvre l'album. Le timbre vocal de Sammy surprend par sa finesse. Un chouia élimé, il est irréprochable. Il lui colle même à la peau, et nous rappelle certains bluesmen originels. Son jeu d'harmonica est clair, concis et très caractéristique. Il est talonné par les cordes de son ami blanc, Freddie Scribner. Une excellente entrée en matière, qui s’inscrit parfaitement dans le cadre du Chicago blues. Signé Guitar Slim, "Done got over" évolue à un excellent niveau ; une plage toujours largement inspirée par le blues de la Cité des Vents. Tout comme "I'm going", un morceau au cours duquel Scribner s’autorise une sortie parcimonieuse aux cordes. Changement de cap pour "Since you been gone". Sammy se révèle un vocaliste étonnant et très inspiré tout au long de cette bien jolie ballade soul. Imprimé sur un tempo mesuré, "Hear my train coming" est une compo particulièrement originale. Davis chante d'une voix nonchalante face aux cordes réverbérées de son gratteur. L’atmosphère chaleureuse et contagieuse du Chicago southside enveloppe le notoire "Forty days and forty nights", un titre issu de la plume de Muddy Waters, ainsi que la cover du "Early I the morning" de Sonny Boy Williamson I, dont la version effleure notre sensibilité à fleur de peau. Le "Saturday night fish fry" de Louis Jordan véhicule les accents swing du R&B des années 40 et 50. L’émotion de Davis est profonde, lorsqu’il interprète seul, en se limitant à sa voix et à son harmonica, le "Fat rat" de Big Mama Thornton. Un feeling qu’on retrouve tout au long du country blues acoustique "The claw". Un frisson nous parcourt encore l’échine, quand il se réserve seul aux vocaux, le soul blues primaire mais fragile, "She's not another woman"!

Little Sammy est un petit bonhomme au look toujours très élégant. Habituellement, il est vêtu d’un costume trois pièces de teinte bleu éclatant et porte une cravate rouge. Il est, en outre, coiffé d’un chapeau melon de couleur noire. Davis affiche aujourd'hui 80 ans et milite au sein de la formation de Levon Helm, l’ex-chanteur et batteur du Band. Victime d’une insuffisance cardiaque, Sammy a dernièrement été hospitalisé. Souhaitons-lui un prompt rétablissement.