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Teethe : de la douleur au soulagement…

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mardi, 17 février 2009 01:00

Live

Mick Fleetwood est un des fondateurs du Fleetwood Mac. Il a d’ailleurs participé tant à l’aventure anglaise (NDR : celle-ci avait débuté une journée d'août 1967 au Festival de Windsor) qu’américaine du groupe. Pour rendre hommage au Mac des années 60, il vient de fonder un nouveau blues Band. Pour la circonstance, Mick a rappelé Rick Vito, un excellent guitariste qu’il avait déjà côtoyé au cours des 80s. Et a complété le line up de son combo par le bassiste Lenny Castellanos et le claviériste Mark Johnstone. La formation sillonne les routes depuis quelques mois. Elle s’est même produite en Europe ; malheureusement ni en France ni en Belgique. Baptisé « Live », cet opus a été immortalisé l'an dernier au Sheldon Concert Hall de St Louis. En ‘bonus’, un second cd réunit quatre titres concoctés au sein des studios Maui de Mick, à Hawaï.

Je dois avouer beaucoup apprécier Rick Vito. Il a une bonne voix et impressionne à la guitare, en particulier à la slide. Lors des débuts du Mac, le secret de leur recette procède de la conjugaison de deux talents différents. Tout d’abord l'extraordinaire Peter Green. Chanteur, compositeur, et inoubliable gratteur, il puisait son inspiration chez BB et Freddie King ainsi qu’Otis Rush. Ensuite le petit Jeremy Spencer, adepte de la slide façon Elmore James et du rock'n'roll. Vito synthétise en une seule personne ces deux paramètres. Il n'a cependant jamais oublié un certain jour de l’an 1968, lorsqu'il a eu le bonheur de voir et d’écouter le Mac original à l'Electric Factory de Philadelphie.

Il débute d'ailleurs l’elpee par "Red hot gal" sur un riff notoire d'Elmore James ; un morceau pas piqué des vers et sans la moindre faille. Tout y est. La voix. La slide. Et le beat métronomique de Fleetwood. Pour attaquer son "Looking for somebody", Rick se met dans la peau de Peter Green ; et, s'il n'a pas sa sensibilité à fleur de peau, il reproduit le feeling, le vécu de Green dans son chant, tout en y communiquant une émotion bien palpable. Il ne concède aucune faiblesse. Et pour donner davantage de relief à l’expression sonore, Johnstone nappe le tout d’orgue. Autre morceau signé Vito, "Fleetwood boogie" rend hommage à son leader. Mick tape d'ailleurs comme un possédé sur ses peaux, tandis que notre gratteur prend son pied. "Stop messin' around", une plage qui figurait sur "Mr wonderful" (NDR : personnellement, j’estime que ce disque est le meilleur elpee de Peter) marque un retour au répertoire de Green. Caractérisé par ce riff rythmique, hypnotique, reptilien, "Rattlesnake shake" est un succès rock inoubliable. Lors de la longue partie instrumentale, traitée à la manière des jam bands, Vito étale à nouveau toutes les facettes de son talent. Rick chante son "When we do the lucky devil". Il y adopte son style bien personnel. Balisée par le rythme du chemin de fer, ses interventions sont brillantes. Il se frotte ensuite au meilleur blues lent jamais écrit par Green : "Love that burns". Il ne parvient cependant pas à restituer le mal de vivre éprouvé par le grand Peter, mais sa version est de toute bonne facture. Il nous réserve un autre extrait de "Mr wonderful" : "Rollin' man", une compo marquées par ses changements de rythme. Et puis, l’adaptation somptueuse du "Black magic woman" qui réverbère des tonalités propres à Green. L’elpee s’achève par "I got a hole in my shoe" et, sans surprise, le fameux "Shake your moneymaker" d'Elmore James, deux titres dominés par la slide de Vito.

Le second compact-disc réunit quatre plages instrumentales. Tout d’abord, l’incontournable  "Albatross". Deux compositions signées Rick Vito, ensuite. Soit "Napili noctourne", dont la mélodie rappelle manifestement "Sleepwalk" et "La mer d'amour", calquée sur "Albatross". Enfin le séduisant "The supernatural", une plage que Peter Green avait, à l'origine, enregistré en compagnie des Bluesbreakers de John Mayall ; et sans doute la toute première fois que sa six cordes affichait un son si personnel…

 

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

A bothered man

R.L Burnside incarne manifestement le pilier du label Fat Possum. Il est d'ailleurs né dans le Mississippi. Près d’Oxford, à Lafayette County, le berceau du label. En 1926. Comme bien d’autres, il a commencé par travailler dans les champs de coton. Une vie difficile et laborieuse qui va le pousser à émigrer vers le Nord. A Chicago, très exactement. Mais on ne peut pas dire que son séjour dans la Cité des Vents lui apportera reconnaissance et fortune. Au contraire ! En moins d'un mois, son père, son frère et son oncle y sont assassinés. En 1959, il revient dans son Mississippi. Il y fonde une famille, retourne aux champs et se concentre enfin sur son blues. Il faut cependant attendre 1967 pour voir figurer ses premiers enregistrements sur vinyle. Pour la circonstance, ils sont reproduits sur une collection du label Arhoolie. Dans les années 70 et 80, il tourne en compagnie du Sound Machine, un groupe familial au sein duquel on retrouve deux de ses fils et son beau-fils. Au début des nineties, il commet son premier opus pour Fat Possum : "Too bad Jim". Un disque dont les échos parviennent à Jon Spencer. Flanqué du Blues Explosion", le duo enregistre "A ass pocket of whiskey". La réputation de R.L Burnside commence alors à dépasser les frontières du Nord du Mississippi… Depuis, cet artiste a tourné dans le monde entier et enregistré quelques albums : "Mr Wizard" en 97, "Come on in" (NDR : un remix !) en 98, et l’excellent opus ‘live’ en 2001 : "Burnside on Burnside".
 
"A bothered mind" nous replonge à l'époque de "Come on in". Un disque particulier, puisqu’il semble réunir des extraits de différentes sessions. Il s'ouvre par une intro ‘live’ d’une dizaine de secondes du "Detroit boogie part 1". Une version très électrique impliquant des samples. Cette intro se fond dans une plage bien plus intéressante : "See what by Buddy done". La superbe voix de R.L est chaude et grave. Kenny Brown se réserve la guitare et Cedric Burnside (NDR : le petit-fils !) les drums. L’esprit de John Lee Hooker n’est pas très loin. "Shake 'em on down" affiche l'autre facette de R.L. Plus audacieuse, elle est sans doute voulue par Fat Possum. Le son est entièrement trafiqué. Il mêle électronique et blues. Mais le traitement administré au blues me rend très sceptique. Et en particulier les scratches de Mike E. Clark dispensés devant la merveilleuse slide de Kenny Brown. Mais qu’est-il arrivé au blues de l'homme de Holly Springs ? R.L commence par donner de la voix, avant de céder rapidement le relais à Lyrics Born. Le chanteur de hip hop se réserve tout le volet instrumental, alors que T. Shimura se charge des arrangements et de la production. Et le bouchon est poussé encore plus loin sur "My name is Robert too". Kid Rock (de Blockbuster) est au chant. Mais si l’effet demeure très rock, on a ici droit à une nouvelle dose de scratches. Lyrics Born refait surface pour "Someday baby". Un fragment bien fichu ne manquant pas d’entrain, mais qui maintient dans l'ombre Burnside en laissant au soleil le seul Born. La guitare et les percus de Tino Gross viennent sculpter le "Go to jail" de notre bon vieux bluesman. Quel soulagement et quel bonheur de pouvoir enfin écouter R.L interprétant "Bird without a feather". Extrait d’un enregistrement de George Mitchell commis en 1968, ce fragment est d’une grande pureté sonore. Mais la pause est de courte durée. Longue plage, "Glory be" opère une fusion entre le blues pur et la technologie contemporaine. Y compris les rythmes. R.L est ici entouré de Cedric, Kenny, Tino Gross, Mike Smith ainsi que Jimmy Bones aux claviers. Et cette formule est pratiquement reconduite jusque la fin de l’opus ; une formule qui recèle cependant de bons moments. Et je pense tout particulièrement à "Goin' away baby". Imprimé sur un rythme hypnotique, il permet à la guitare de Kenny Olson de se libérer. "Rollin' and tumblin" respecte les principes fondamentaux du bues. La slide de Brown se détache. La section rythmique en impose par sa puissance ; une puissance née de la présence des deux batteries que se réservent Cedric Burnside et Tino Gross. L’expression sonore s’élève et s'amplifie tout au long de "Stole my check". Nous y entendons distinctement le piano et l'harmonica de Bones, le saxophone de John Evans et la slide de Brown. Cet album déroutant s’achève comme il avait commencé : le "Detroit boogie part 2". Un fragment terriblement électrique entretenu par les guitares de Mike Smith et de Kenny Olson. Etrange, moderniste, cet elpee a probablement le tort de naviguer très (trop) loin le blues. Je vous conseille donc de l’écouter avant de l'adopter!
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The big splash

Cette formation wallonne est née sur les cendres de Booze 'n blues et de Soul Food. En 1998. S’appuyant sur une section rythmique particulièrement solide, constituée de Miguel Pumares à la basse et de Georges Triantafylou à la batterie, le line up implique deux lead singers : Marc Bodart et Patrick Louis. Son premier enregistrement date de 2000. Une démo cinq titres. Et son premier album de 2001 : "Cool cool women". Produit, par Luke Alexander (Last Call, ex Electric Kings), il avait bénéficié du concours de Big Dave.
 
Sur ce nouvel opus, il faut reconnaître que le blues a de moins en moins la voix au chapitre. Bien que très personnelle et très rafraîchissante, leur musique puise davantage dans la soul, le funk, le jazz et la pop. Si les vocalistes entretiennent l’aspect vaporeux et sophistiqué des compostions, l’expression sonore a pris une forme plus dense, plus solide et parfois même franchement électrique. A l’instar de "Cool conversation", la plage d’ouverture. Un fragment complètement déjanté, balisé par une puissance rythmique implacable. Les voix épousent un profil plus agressif. Torturées, saturées d’effets, les guitares libèrent une intensité phénoménale. "Dog days" adopte un profil funk. La production opérée par les frères Ian (ex-El Fish) et Bart Ieven (Générals Jacks) met en exergue tous les éléments rythmiques. Mieux encore, elle les réunit à la perfection, dans un style qui me fait penser à la quintessence de Steely Dan. En fin de parcours, cette compo se couvre d’accents orientaux à caractère psychédélique. Des cordes de guitare acoustiques ouvrent la plage titulaire. Hispaniques, andalouses même, elles alimentent un fragment instrumental bien rythmé, fruit d’un mélange de folklore et de jazz rock bien saignant. Une rengaine country ébauche "You", une ballade presque pop, au cours de laquelle les harmonies ‘beatlenesques’ se conjuguent à l'unisson. "Hit me" creuse enfin jusqu’aux racines du blues. Du blues, mais aussi du rock. Particulièrement riche, cette plage se caractérise par des parties vocales proches de Robben Ford et les interventions des guitares inspirées par Albert King. Si "Mr Gonzales" conserve un format bluesy, le contagieux et amusant "No chicks" recèle une grande richesse et même une certaine complexité. Les cordes bien métalliques y sont manipulées à la manière d'une pedal steel. Lente, classique, alimentée par les lignes de guitares bien senties et combien mélodieuses, "Little prayer" est une superbe ballade R&B. "Sunlight" constitue la composition la plus immédiate de l'album. Fort bien chantée, cette autre ballade à la ligne mélodique particulièrement efficace, flirte de nouveau avec l’univers de Steely Dan ; même si le son de la guitare se fait tour à tour reverb, acéré ou encore atmosphérique, dans un registre qui évoque mon bon vieux favori, Peter Green. Parfait! Et lorsque les deux mêmes six cordes reviennent ensemble, c’est vraiment trop! Mêlant acoustique, électrique et percussions, "Train" rejoint les rythmes exotiques des Caraïbes. La batterie amorce un boogie bien huileux : "Beggin' and pleadin". Un clin d'œil adressé aux maîtres du Canned Heat. Mais attention, l'interprétation n'a rien de primaire ; elle demeure au sein d’un décor toujours aussi luxuriant où chaque élément trouve sa place. Ce qui n’empêche pas les deux guitaristes de prendre leur pied ! En finale, "Transsylvanian devil" démontre une dernière fois les ressources des musiciens et la qualité de la production. Un track qui puise dans la culture ethnique issue d’Europe orientale, tout en intégrant les cordes inspirées de Marc et de Patrick. Les Buttnaked viennent de commettre leur meilleur opus à ce jour ; mais il serait injuste de coller une étiquette blues sur cette fusion contemporaine qui ne souffre d’aucun complexe…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

1-16 Blue Avenue

Les Blues Shacks constituent une des toutes meilleures formations de West Coast jump européennes. Et je ne m’avance pas trop en proclamant, qu’il s’agit tout simplement d’une des meilleures formations de blues. Le groupe a été fondé en 1989 par les frères Alt. En l’occurrence, le guitariste Andréas (NDR : aujourd’hui âgé de 37 ans), et le chanteur/harmoniciste Michael (NDR : de 34 ans balais). Le groupe a déjà commis six albums pour le label Stumble : "Feelin' fine today" en 1994, "Jive talk, slow walk" en 1995, "Reality show" (avec Kid Ramos et Fred Kaplan) en 97, "Live at Lucerne Blues Festival" (avec Tad Robinson) en 98 ; et enfin, pour célébrer leur dixième anniversaire, ils se sont fendus d’une double sortie en 99 ("Straight blues – Big swing", partagé entre une album de swing et un autre de blues). Les Shacks ont alors signé chez Crosscut, pour lequel ils ont gravé "Midnite diner". En 2001.
 
L'album s'ouvre par "Cool drinks", un thème instrumental qui met en place les différents acteurs musicaux. Andréas Alt a invité le prestigieux Alex Schultz et s’appuie déjà ici sur la remarquable section rythmique composée d'Andreas Bock aux drums et de Henning Hauerken à la basse. Les échanges de cordes opérés entre les deux brillants protagonistes sont, vous l'aurez deviné, de haute facture. En outre, Alex libère une de ces tonalités ! "Do to me " est un blues assez classique, au tempo modéré. Le piano de Dennis Koekstadt entre dans la danse, mais ce sont les guitares qui se partagent la vedette. Alex Schultz est au sommet de son art. Il est réellement et facilement un des tous meilleurs. Ce qui n’est pas une raison pour négliger l’excellent prestation au chant de Michael Arlt. Ce dernier sort enfin l'harmonica de sa poche et attaque "Wait on honey", la revue des plans de son maître Little Walter, bien sûr, dans la tête. Michael se mue en adepte de Sonny Boy II pour aborder "Give and take a little". Le piano de Dennis donne le change. Imprimant un tempo élevé, la machine à swinguer teutonne est brillante. A l’instar de "Beauty parlor gossip", caractérisée par une extraordinaire envolée de Schultz. "Can't hide love" épouse une forme plus paisible et sereine, autorisant de nouveaux échanges souverains entre les deux gratteurs. Les acteurs s'amusent ! L’instrumentation vire carrément au jazz sur "Answer to TT special". Tandis que la section rythmique s’agite, les solistes sont à la fête. Michael joue comme un Toots Thielemans soudain rajeuni. Dennis au piano et Andreas forcent le respect. Eclectiques, ils peuvent virer franchement au rock'n'roll. A l’instar des Fab Ts de la grande époque. Et "If that ain't love", au cours duquel Dennis martèle ses ivoires, en est la plus belle démonstration. Dans un registre proche, "If you don't want me" est un shuffle joyeux. Le piano soutient la section rythmique. Tout semble naturel jusqu'à la sortie de l'harmonica de Michael qui ponctue un des meilleurs instants de l'album! Le frère souffleur est désormais lâché. Sur 'Mad man blues", il crache avec puissance des petites phrases empruntées à Little Walter. La joie est à bord ! "Rambling kind" est encore une bonne plage rythmée. Le blues lent n’a pas été négligé ; et "Good night's sleep" l’incarne à la perfection. Ponctué d’un superbe solo tout en retenue, accordé par Andreas Alt, sa montée en puissance progressive déborde d'expression et de sensibilité. Un excellent elpee de plus à mettre à l'actif des Blues Shacks. Faut dire que cette formation dégage une telle aisance. Et elle en fait une nouvelle démonstration tout au long de la dernière plage, "Shipwrecked". Je vous recommande chaudement cette plaque !

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

On stage

B-Side nous vient de Comines. Une formation qui roule sa bosse depuis quelques années. A l’origine, elle pratiquait une forme de rock blues, un tantinet trop hard à mon goût. Depuis, le leader, chanteur et guitariste, Xavier "Left Hand" Woestyn, a modéré son expansivité instrumentale pour embrasser un blues rock plus conventionnel. Il est toujours accompagné de son frère Marc à la batterie, Mathieu Rauwel à la basse et Mister Nini à l'harmonica.
 
Enregistrée ‘live’, cette nouvelle démo a été immortalisée en avril 2004. A Comines-Warneton. Au cours de la ‘célèbre’ "Tournuit" locale. Tout au long de cette bonne tranche de blues rock, le répertoire réunit compositions personnelles ("I'm free", "I love your boogie" et le saignant "Why not?") et classiques notoires. Parmi lesquels on retrouve l'instrumental "San-Ho-Zay", une compo signée Freddie King, le "Baby what you want me to do" de Jimmy Reed, plongé au cœur d’un ambiance hispanique, le "Who's been talkin" de Howlin' Wolf, caractérisé par d’excellents échanges entre les cordes et l'harmonica, et un "Rock me baby" au tempo accéléré.

Contact : Xavier Woestyn : 056.58.92.95 ou 0475.31.57.01.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Bring you the blues!

JJ Bad Boy a reconduit la même équipe pour concocter cet opus. Pourtant lors du premier titre, "Fifty bukcks", Bob fait un one man show. Il joue de l'harmonica, de la guitare, de la basse et chante, même si sa voix n'est pas exceptionnelle. Les Blues All Stars prennent le relais pour attaquer "Big Harmonica Bob's boogie". Un instrumental nerveux, swinguant, qui permet aux solistes de prendre successivement un billet de sortie : Richard Merritt au sax ténor, Jason James à la guitare et puis un Bob assez survolté qui souffle dans sa musique à bouche comme dans un saxophone. Bonne nouvelle, JJ Jones fait son entrée pour diriger la reprise d'un classique du blues : le "Five long years" d'Eddie Boyd. Une atmosphère très Chicago Southside s’installe aussitôt. Bad Boy n'est pas un tout grand, mais il possède un sacré feeling. Son phrasé de guitare vous hérisse les poils, avant qu’il ne laisse ses comparses lui adresser une réponse. Et en particulier Bob et le deuxième guitariste, Jason James. Nous retrouvons le même JJ Jones pour une version trépidante du "Smokestack lightnin" d' Howlin' Wolf. Une chose est sûre, JJ fait bien revivre le géant de Chicago. "Scratch my back" a été immortalisé ‘live’ au Classroom de L.A. Thunderbird Phil se réserve la guitare. Il y épaule Bob ainsi que les autres souffleurs : James Murphy au cornet et à l'harmonica, Richard Merritt au sax ténor ainsi qu’Andrea Amato au sax alto. "Walkin' to my baby" bénéficie du concours de Jason aux cordes pour une version swing et très intéressante de "Kansas City". Cette sympathique tranche de blues s’achève dans la bonne humeur par un retour du regretté Bad Boy Jones pour proclamer sa vérité : "Everyday I have the blues".
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Had to cry today

Né dans l’Etat de New York, ce jeune chanteur guitariste de blues rock est aujourd’hui âgé de 26 ans. Il a commencé à jouer de la guitare dès son plus jeune âge. A quatre ans ! Sur une petite guitare Chiquita. A huit ans, il était capable d’interpréter le répertoire de Stevie Ray Vaughan, une de ses influences majeures ; mais également de Duke Robillard, Danny Gatton, Eric Clapton ou Robben Ford. Excusez du peu! Il aime le blues et le son de la Fender Stratocaster. A douze ans, il ouvre pour BB King. Impressionné, ce dernier dit tout le bien qu'il en pense. Sur la côte Ouest, Joe rencontre quelques fils de stars. Et notamment Barry Oakley Jr (celui du regretté bassiste de l’Allman Brothers Band), Waylon Krieger (de Robby, le guitariste des Doors) et d’Erin Davis (du trompettiste Miles), préposé pour la circonstance à la batterie. Ensemble, ils fondent Bloodline. Puis enregistrent un opus éponyme dont la musique opère un amalgame de blues, de boogie et de funk rock. Joe commet son premier elpee solo en 2000 : "A new day yesterday". Gregg Allman, Rick Derringer et Leslie West y participent. Dans la foulée, il aligne trois autres elpees : "A new day live", "So, it's like that" et "Blues Deluxe". Son line up est pratiquement identique depuis le début : Kenny Kramme à la batterie et Eric Czar à la basse.
 
En ouverture, "Never make your move too soon" donne immédiatement le ton. Un power blues rock très électrique qui bénéficie du concours de Benny Harrison à l'orgue Hammond B3. La guitare est à la hauteur de son sujet. Elle libère des flots de notes consenties avec dextérité. Son jeu est très démonstratif. La voix colle parfaitement au style hard du trio. "Travellin' south" est issu du répertoire d'Albert Collins. Joe joue de la slide à une vitesse de grand prix. Et pour cause, il cherche à retrouver les effets des premiers enregistrements de Ten Years After. En prenant Alvin Lee et Leo Lyons pour modèles. "Junction 61" constitue une brève introduction instrumentale au célèbre blues de Lowell Fulsom, "Reconsider baby". L'approche est résolument british blues. Elle frôle l’univers sonore d’un Gary Moore. A cet instant, on comprend la démarche entreprise et le public ciblé. Attention, dans le registre, Joe se révèle aussi habile que Moore. D’ailleurs, la partie des cordes en solo est aussi dramatique. Une approche qui me rappelle un autre Américain très populaire dans le genre : Walter Trout! Pourtant, je préfère "Around the bend" qu’il partage en compagnie de Will Jennings. La démarche assez country est tramée sur des guitares acoustiques, avant l’explosion de la six cordes qui se produit devant des percussions fort intéressantes. Cette plage affiche une sonorité très southern rock. "Revenge of the 10 gallon hat" poursuit son périple dans le southern country rock. Il rend un hommage à un des gratteurs favoris de l’artiste : le regretté Danny Gatton. Proche d’un Scotty Moore, il se débrouille plutôt bien. Mais honnêtement, j’estime que Bonamassa est au sommet de son art lorsqu'il se tourne vers le Sud ; le regard bien plus posé sur la country music que le blues. Douce et lente, la jolie mélodie de "When she dances" s’étend parcimonieusement sur un lit de cordes de guitare et d’orgue Hammond. Le titre maître doit vous rappeler quelque souvenir. Ecrit par Stevie Winwood, à l’époque où il sévissait chez Blind Faith, il reflète un certain parfum des seventies. Le trio de Joe s’aventure au sein de longue jams, au cours desquelles orgue et guitares sont étroitement liés. Joe multiplie les effets, actionne les pédales. Il s’en donne à cœur joie. Mississippi Fred Dowell dans la tête, il prend alors la direction plein sud. Il entame "The river" au dobro, en chantant dans son style si caractéristique. Puis Bill Held (NDR : le producteur !) rebranche le courant ; moment choisi par Kenny pour forcer sur ses drums, pendant que Jon Paris vient souffler efficacement dans son harmonica. Joe embraie par "When the sun goes down". Au passage, il avoue modestement que si Robert Johnson avait eu une guitare électrique, il aurait sûrement joué de cette manière. Laissons Robert reposer en paix et ne réfléchissons donc pas trop à cette énigme! Essentiellement colorée par la guitare, la finale instrumentale ponctue un album qui n'est certes pas sans intérêt.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Voices from the street

Pat Boyack est aujourd’hui âgé de 37 ans. Originaire de l'Utah, sa fascination pour l'univers musical texan l’incite à émigrer vers Dallas. Il concède cependant un petit séjour à Phoenix, en Arizona, où il y sévit au sein des Rocket 88s en compagnie du chanteur/harmoniciste Jimmy Morello. Mais en 93, il revient à Dallas, pour y fonder les Prowlers. Après avoir commis un 1er album plutôt discret ("Armed and dangerous") il rappelle son compagnon Morello et commence à se forger une certaine popularité. Il signe chez Bullseye et sort "Breakin' in" en 94 et "On the prowl" en 96. Le brillant Morello prend cependant son billet de sortie et cède le relais à Spencer Thomas. Sous cette formule, il réalise un dernier album en 2000, "Super blue & funky". Pat Boyack devient alors le guitariste officiel du groupe de Marcia Ball. Il a ainsi participé à la confection des deux derniers elpees de la longiligne pianiste. Deux disques parus chez Alligator. Ainsi que sur les elpees de W.C Clark et de Robin Banks. Repéré puis signé par les fins limiers de Doc Blues records, il enregistre alors cet opus.
 
Pat n'est pas chanteur. Il a donc reçu le concours de cinq vocalistes. Il est également soutenu par la section rythmique du Phantom Blues Band de Taj Mahal. En l’occurrence Larry Fulcher à la basse et Tony Braunagel à la batterie. Le tout Austin est présent : Riley Oborn et Nick Connolly aux claviers, ainsi que les Texas Horns parmi lesquels on retrouve le sémillant Kaz Kazanoff, également responsable de la production.
 
L'album s'ouvre par le "Listen to me" de Robert Parker. Chanté par sa patronne, Marcia Ball, ce R&B puissant est soutenu par une section de cuivres très riche, composée de trois saxophones, deux trompettes et un trombone, et par des chœurs assurés par trois voix mâles. Une entrée en matière royale. Marcia est au sommet de son art et la solution sonore coule de source. Le climat reste franchement R&B tout au long de "Misery". Ruthie Foster chante de son timbre soul. Unique rescapé des cuivres, Kazanoff accomplit une brillante sortie sur son sax ténor. W.C Clark chante, de son timbre grave et expressif, "The power is gone", une composition lente, sculptée dans le Memphis R&B, guère éloignée de ce que peut réserver BB King en personne. Dans le même registre, W.C chante le très beau "First comes the grievin" ; mais dans l'esprit des meilleures productions de Stax, exécutées au cours des sixties. Sweetpea Atkinson interprète "Chance in love", une ballade blues soul légère, imprimée sur un tempo modérément funky, soulignée de chœurs féminins et traversée discrètement de petites grappes de notes dispensées par Mr Boyack. Le bassiste Larry Fulcher chante le "Who's gonna help brother get further?" de Lee Dorsey sur un rythme syncopé, réminiscent de la Nouvelle Orléans. Pat entame "Ain't that a shame", une nouvelle tranche funky, chantée par Atkinson et hydratée par l'orgue Hammond d’Osbourn. Pour la première fois, on a droit à un excellent solo dans un style assez proche d'Albert Collins. Mais il est trop court. Ruth Foster chante remarquablement "Feel like goin' on" sur un tempo très enlevé, presque rock'n'roll, soutenu par le piano d'Osbourn et l'orgue de Connolly. Il faut attendre la dixième plage pour enfin entendre Pat s'éclater sur un instrumental funky et cuivré : "Sexy coffeepot". Fan de Marcia Ball, j'apprécie tout particulièrement la ballade douce "These are people". Atkinson réapparaît sur "Shogun Slim", un funk puissant, très proche de James Brown, caractérisé par un superbe solo de Pat, dont les notes sont acérées, véritablement tranchantes. Le rythme reste funky, répétitif et contagieux tout au long d’un "Pushin' on" animé par Ruth Foster. L'album s’achève brillamment par la reprise du "Time has come today" des Chambers Brothers, un hymne particulièrement populaire au cours des 60’s. Libéré, Pat s'en donne à cœur joie. Atkinson, Ball, Foster et Clark, les vocalistes, se passent le relais dans la bonne humeur. Et c'est bien la fête ! "Voices from the street", vous l'avez compris, n'est pas un album de blues, mais une œuvre dont la fusion de R&B, de soul et de funk, est destinée à se remuer, à danser. Cet excellent elpee se poursuit par une longue plage cachée, que l'on pourrait qualifier de free jazz funk rap. Dommage tout de même que Boyack ne se mette pas plus souvent en évidence, car il est brillant gratteur. Il faut féliciter Doc Blues qui manifeste autant de célérité à nous faire découvrir les aspects les plus intéressants de la scène texane. Si vous en avez le loisir, n’hésitez pas à vous procurer les albums de Sonny Boy Terry, Long John et Tom Hunter, Jeffrey P. Ross, John McVey ainsi que Walter T. Higgs, autant d’artistes qui relèvent du label d’Austin.
mardi, 10 février 2009 01:00

What goes round

Bob Hall est un vétéran du blues anglais. Pourtant, il était juriste. Il avait même acquis une certaine réputation dans le traitement des dossiers relatifs aux brevets industriels. Depuis qu’il est retraité (NDR : il est âgé de 66 balais !), il profite au maximum de sa passion : celle de musicien. Faut dire que l’artiste est considéré comme un des plus grands pianistes de boogie woogie et de blues anglais. Son père était également doué aux ivoires. Hall a très rapidement été contaminé par le blues. Il a opéré ses débuts au sein des Dollarbills, lorsqu’il était encore étudiant à Londres. La formation va cependant changer de patronyme en se rebaptisant Groundhogs, un combo au sein duquel va également militer le chanteur guitariste Tony McPhee. Le groupe aura même le bonheur d'accompagner John Lee Hooker et Howlin' Wolf ! Bob va également participer à l'aventure du Savoy Brown et participer à l’enregistrement de leurs meilleurs elpees. Une aventure dont le succès sera lié au British blues boom. Bob n’a cependant jamais voulu abandonner sa carrière professionnelle, bien plus rémunératrice, préférant jouer pour son plaisir… Et ce boogie woogie ainsi que le blues qu'il adore, il va le perpétuer au travers d'aventures diverses ; notamment Brunning Sunflower Blues Band, Tramp, Blues All Stars, Rocket 88, De Luxe Blues Band, le Blues Band, et la liste est loin d’être exhaustive… Il a également accompagné de nombreux bluesmen noirs en tournée : Lowell Fulsom, Eddie Taylor, Snooky Pryor, Homesick James, JB Hutto, Lazy Lester,… Au cours des dernières années, il a également apporté son concours à sa compagne Hillary Blythe, une chanteuse folk, mais aussi une bassiste. Enfin, Bob a participé à la confection de plus de 120 albums, dont quelques uns sont parus sous son patronyme. Et "What goes round" est son tout dernier.

Bob prend la température ambiante sur le rythme du boogie woogie. L’allure est modérée tout au long d’"I can't get my ass in gear", un titre amusant signé par son compatriote Tex Comer pour le Blues Band. Il chante d’un timbre nasillard. La rythmique est puissante. En fin de parcours, des accords brefs, acerbes et amplifiés s'échappent de la guitare de… Kim Simmonds. Le partenaire des premiers jours d’existence du Savoy Brown (NDR : on en revient toujours à ce blues boom de la fin des sixties) est bien présent. Les sessions d’enregistrement se sont même déroulées au sein de ses propres studios d'Oswego, dans l'Etat de New York. En outre, il assure la production. 

Les six cordes réverbérées de Kim balisent l'envol de "Road of no return", une jolie ballade écrite et chantée par Bob. "Running with the blues" est un blues imprimé sur un tempo très élevé. L’Américain Pete McMahon apporte son concours à l'harmonica et aux backing vocals. Pete a milité chez les Kingsnakes et le Savoy Brown (NDR : phase yankee !), pendant quelques années. Les interventions de Bob sur les ivoires sont frétillantes. Il y manifeste déjà une classe naturelle et remarquable. Blues lent classique, "Bloodhound blues" est issu de la plume de Victoria Spivey. Les cordes acérées de Simmonds, le saxophone de Chris Sawyer et la voix éthérée de la douce Hilary entretiennent un climat typiquement anglais. La voix de Hall manque de passion, c’est exact. Pourtant, il semble de plus en plus apprécier son rôle de vocaliste. Aussi, il remet le couvert tout au long de l’indolent "What goes round comes back". Kim sort sa slide guitare pour attaquer "The All Star medecine show", une plage entraînante au cours de laquelle Bob injecte fougue et passion, dans ses accords. Son toucher et son style sont très caractéristiques. La slide monte progressivement en puissance. Miss Blythe interprète le célèbre "Backwater blues" de Bessie Smith. Mais son timbre de folk singer manque un peu de chaleur et de vécu. Bob revient chanter "Alone with the blues", un morceau dont il est l’auteur. La plage baigne au sein d’une ambiance de bon vieux british blues. Le doigté de Kim est aussi subtil que discret. Un parfum réminiscent du Savoy Brown flotte dans l’atmosphère. Pour "What goes round", il égrène ses notes en manifestant beaucoup de retenue. On dirait presque qu’il les économise pour en accentuer la sensibilité. Il signe "One more road", une complainte folk destinée à sa compagne, dont le timbre, ici proche de celui de Joan Baez, prend toute sa dimension. En fait, Hilary se sent comme un poisson dans l’eau dans ce style musical dépouillé. Bob ne s’est réservé qu’un seul instrumental : "Back on the valley". Etonnant pour un musicien de sa dimension. Beaucoup de délicatesse émane de ce disque qui s’achève par "Same old place", un autre blues rocker léger qui bénéficie de la participation de son vieil ami Kim, à la slide bien électrique. Pour votre info, sachez que ce dernier vient de graver un nouvel album acoustique, intitulé  “Out of the blue”, sur le label Blue Wave.

 

mardi, 10 février 2009 01:00

Comin' back hard

Bobby est originaire de la Louisiane. Pas étonnant qu’il ait appris à chanter le gospel à l’église. En 59, il émigre à Chicago. Il y fréquente les clubs de blues du Southside. Et en particulier le Pepper's Lounge ainsi que le Theresa's. Il va connaître son heure de gloire en remplaçant le légendaire Junior Wells au sein des Aces. Faut dire que Junior venait de décrocher un hit, baptisé "Messin' with the kid". Mais il retombe assez rapidement dans l’ombre. Il n’opère son retour que bien plus tard. Plus exactement au cours des années 90. A cette époque, il aligne plusieurs albums de soul music. En 2007, lorsque les Mannish Boys entrent en studio pour enregistrer leur elpee "Big plans", le pianiste Leon Blue rapplique en compagnie de notre ami Bobby. Ce qui explique pourquoi ce dernier figure parmi les collaborateurs, sur cet opus, ainsi que sur le suivant, "Lowdown feelin".

Aussi, lorsque Delta Groove lui offre l'opportunité de concocter un album en solo, les Mannish Boys au grand complet décident de lui renvoyer l’ascenseur. En outre, pour la circonstance, il a reçu le concours de grosses pointures issus de la côte ouest. Tout d’abord, le bassiste Ronnie James Weber et le drummer Richard Innes. Une fameuse section rythmique ! Et puis, excusez du peu, Kirk Fletcher, Franck Goldwasser, Kid Ramos et Jr Watson aux cordes. Sans oublier Al Blake, Lynwood Slim et Randy Chortkoff qui se partagent l'harmonica et le pianiste Fred Kaplan. Toutes les plages ont été réalisées en studio, aux mêmes dates que celles réservées par les Mannish Boys pour "Lowdown feelin".

Dès le début de la plaque, on est littéralement envoûtés par le timbre profond de Jones. Manifestement, c’est un ancien chanteur de gospel. Il ouvre l’elpee par le "She's the one" de Hank Ballard. Au cours de ce morceau très Memphis R&B, Eli Fletcher s’autorise déjà une sortie brillante aux cordes, dans le plus pur style d'Albert King. Parfaitement huilée, la section rythmique est soutenue par la guitare de Paris Slim. La voix n’a aucune peine à s’adapter au Chicago southside blues. Le "Two headed woman" de Willie Dixon en est une belle démonstration un morceau au cours duquel le traitement des cordes opéré par Goldwasser est très orignal. "I must be crazy" trempe dans le R&B authentique. Woody Woodford souffle dans son sax ténor. Les accords de Kaplan aux ivoires sont très subtils. Watson se charge des cordes et Al Blake de l'harmonica. "Come in out of the rain" implique Tom Leavey à la basse. Il embrasse ici le style alerte de Jimmy Reed. Randy Chortkoff (NDR : le boss !) vient souffler comme le Reed des grands jours. Kid Ramos est à l'affût. Aussi, il ne tarde guère à prendre son billet de sortie. "Get it over baby" est l'une de ces multiples plages rythmées écrites par le grand Ike Turner. Jones se fait shouter. Woody est possédé par son sax et le génial Jr Watson nous étale toute sa classe dans le style jump. Pourtant, je préfère Bobby Jones lorsqu’il évolue au sein d’un climat musical davantage dépouillé. Des conditions qui lui permettent alors de mieux mettre en évidence l’étendue de ses capacités vocales. Et "I don't know" en est une très belle illustration, une plage au cours de laquelle Kaplan et Al Blake se mettent au service du brillant vocaliste. Jones s’adapte à une multitude de registres. Il est même éblouissant dans le style Memphis blues de BB King. Ainsi, il manifeste de la puissance et du swing pour interpréter ce "Tired of your jive", soutenu par l'orgue Hammond de Fred Kaplan, pendant que Kid Ramos réincarne BB. Le "Cry for me babe" de Mel London, est le théâtre d'une solide bataille entre les deux maîtres du style aux cordes : Eli Fletcher et Paris Slim. "Three handed woman" baigne au sein d’une atmosphère californienne. Toute en swing, cette compo met en exergue Lynwood Slim à l'harmonica et enfin, notre Ramos. La cover assez classique du "Mystery train" de Junior Parker permet à Chortkoff de s'éclater les poumons, pendant que les vocaux passionnés sont partagés entre Bobby et Finis Tasby. En finale de ce superbe opus, figure un slow blues somptueux. Signé Ike Turner, il s’intitule "How long will it last". Jones chante à nouveau comme un BB King survitaminé. Sa sensibilité est à fleur de peau. Les musiciens qui l’accompagnent sont au sommet de leur art ; et en particulier, Fred Kaplan et Kid Ramos…