Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Epica - 18/01/2026
The Wolf Banes - De Casin...
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Sadie Mae

Etabli à Chicago, Nicky Moss est un chanteur guitariste blanc. Naguère, il a joué en compagnie de Jimmy Rogers, Jimmy Dawkins, Willie Smith et le Legendary Blues Band. Le blues pratiqué à Chicago, des années 40 à aujourd’hui, n’est pas ou plus un secret pour lui, tant il a écouté toutes les générations qui l’ont alimenté. A la fin des années 90, il fonde son groupe : les Flip Tops. Une formation responsable d’un premier opus, "First offense", suivi de "Got a new plan" en 2001 et enfin de "Count your blessings" en 2003.
 
Pour concocter cet elpee, il avait reçu la collaboration d'invités prestigieux : Sam Myers, Anson Funderburgh, Willie Smith, Curtis Salgado et Lynwood Slim. Son nouvel album réunit la production scénique du groupe. Nick fréquente très souvent les meilleurs clubs ; et en particulier le House of Blues et le Buddy Guy's Legends. Pour la circonstance, il est soutenu par Gerry Hundt à harmonica et la guitare rythmique, Bob Welsh (NDR : un ex membre du Charlie Musselwhite Band et du backing group de Rusty Zinn) au piano et à l’orgue, Dave Wood à la basse et Victor Spann aux drums. Nick Moss a écrit douze des seize plages. Il a mis en forme et mixé les plages de ce disque, concocté dans son propre studio.
 
"Sadie Mae" est le nom de sa fille, un nom qu'il a choisi en s’inspirant de compos écrites par Hound Dog Taylor et John Lee Hooker. Et c'est ce titre maître qui met le feu aux poudres. Le son des cordes est très primaire. Le chant libéré. Mais la guitare sort de sa torpeur en dispensant un son très sourd, incendiaire, agressif, rappelant certaines époques de Jimmy Dawkins. Du blues comme on n'entend guère plus en ce début de siècle pourri. Ce son de guitare est toujours aussi torturé tout au long d’"I never forget". Un Chicago blues très westside, également proche de Magic Sam. Moss a la peau et l'âme d'un bluesman. Il a tout compris et ne manque pas l’excellente occasion qui se présente pour goûter à une telle représentation de classe. "Check my pulse" est un shuffle qui sent la poudre. Le piano sautillant de Bob Welsh se manifeste, tandis que le son paisible de la guitare évolue dans les hautes sphères. Le tempo est toujours aussi enlevé pour aborder "Just like that". Welsh est passé à l'orgue tandis que Hindt souffle puissamment dans l'harmonica, comme un Little Walter déjanté. Plage instrumentale, "Ridin' at the ranch" démontre le savoir-faire des musiciens. Nick développe son solo avec une facilité désarmante. "One eyed Jack" marque un changement de décor. Pour la circonstance, Nick emmène ses Flip Tops dans le Southside profond, au cœur du blues de Muddy Waters. Et se sert d’un bottleneck. Une technique qu’il maîtrise à la perfection, pendant que Welsh se prend pour Otis Spann. "Grease monkey" nous ramène de l'autre côté de la ville. Empreint d’une grande sensibilité, le toucher de guitare de Moss est ici emprunté à Dawkins. Le son est plus contemporain. L'orgue et le piano cohabitent. "Feel so ashamed" persévère dans ce style! "The money I make" opère un retour dans le blues urbain. Celui des années 50, lorsque les thèmes étaient encore largement empruntés au Delta. L’occasion pour Gerry Hindt de se consacrer à la guitare solo. Bob Welsh se réserve le boogie woogie instrumental "The coldcut stomp". Blues lent tapissé sur fond d'orgue, "The bishop" constitue certainement une des meilleures plages de l’elpee. Le phrasé de guitare glisse quelque part entre l’univers de Dawkins et celui de Magic Sam. Les reprises sont concentrées en fin d'album : "You got to love" d'Earl Hooker, "If I could get my hands on you" de Lefty Dizz – s’autorisant de solides envolées instrumentales proches de Junior Wells, Hindt s’y montre particulièrement expressif à l'harmonica - et "Crazy woman blues" de Jimmy Rogers. Un très long blues, lent, très intense. En fermant les yeux on se croirait revenu un demi-siècle en arrière. Ce superbe album s’achève par "Gone hoggin", un instrumental dominé par la slide. Ce « Sadie Mae » est certainement une des meilleures productions de 2005. Et je vous invite à vous procurer ce disque. Vous ne serez pas déçus !

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Sweet lovin´ ol´ soul

Maria D'Amato est originaire de New York. De Greenwich Village, très exactement. Elle y est d’ailleurs née. En septembre 1943. Au début des 50’s, elle s’intéresse surtout au country & western ; et en particulier à Hank Williams. Mais au fil du temps ses goûts commencent à changer ; et elle élargit son champ de vision à la roots music, au blues, au gospel, au folk, au jazz et au bluegrass. Sans le savoir, elle devient membre d’un mouvement dont émergeront John Sebastian, Bob Dylan et John Hammond Jr. Maria écoute aussi beaucoup des artistes ou des formations comme le Rev Gary Davis, Mississippi John Hurt, Son House et Victoria Spivey. Et puis, se passionne pour les jugs bands. Si bien qu’en 1964, elle rejoint le Jim Kewskin Jug Band, en compagnie desquels elle enregistrera 3 albums pour Vanguard. Elle se marie même au chanteur de cette formation : Geoff Muldaur. Mais en 1972, le couple se sépare. Maria entame alors une carrière en solitaire. Et commet un opus patronymique qui paraît chez Warner. En 1974. Ce sera le début d’une longue série… Dont les sorties les plus récentes comptent quand même deux elpees sur Black Top et trois pour Telarc. En 2000, elle concocte un opus pour Stony Plain : "Richland woman blues". Taj Mahal, Bonnie Raitt, Tracy Nelson et Alvin Youngblood Hart y participent. Rendant hommage aux bluesmen d'avant-guerre, cette œuvre reçoit une critique favorable. Ce disque lui vaudra deux W.C Handy awards. En 2004 enfin, elle enregistre en compagnie de Rory Block et d’Eric Bibb, "Sisters and brothers". Un elpee qui paraît chez Telarc.
 
Ce nouvel album rend hommage aux femmes qui ont, dans le passé, porté le flambeau du blues : Bessie Smith, Lucille Bogan, et tout particulièrement Memphis Minnie dont elle reprend de nombreuses compositions. Elle est le plus souvent soutenue par deux brillants guitaristes : Steve James et Del Rey. Ce qui lui permet de recréer l'atmosphère des chansons de Minnie à une époque où préposée à la guitare, elle était accompagnée d'un de ses ex-maris, Kansas Joe.
 
L’elpee s’ouvre par "I am sailin". James se réserve la mandoline pour "Long as I can see you smile". Bien jolie complainte traditionnelle, le titre maître bénéficie du concours de Taj Mahal au banjo et surtout de Suzy Thompson, son ancien(ne) acolyte du Jim Kewskin Jug Band, au violon. Ce climat suranné se maintient tout au long d’"Ain't what you used to have", une plage enrichie par le chant complice de Taj Mahal et le piano de Dave Matthews, un piano dont les sonorités rappellent l’époque du cinéma muet. Mais Maria est vraiment au sommet de son art dans l’interprétation du répertoire de Memphis Minnie. A l’occasion, sa voix devient même rauque. Epaulée par James et Del Rey elle démontre tout son talent sur "Lookin' the world over", "Crazy cryin' blues" ou encore le "Tricks ain't walkin" de Lucille Bogan. J’épinglerai également la cover du "Empty bed blues" de Bessie Smith, caressé par un trombone très fin de nuit, "She puts me outdoors" qu’elle chante en duo en compagnie d’Alvin Youngblood Hart, et puis l’exquis "Decent woman blues", un slow blues rehaussé par la présence de Pinetop Perkins au piano et de Steve Freund à la guitare électrique. Elle échange deux autres duos pour ponctuer cette œuvre d’excellente facture : "I'm goin' back" tout d’abord. Elle est alors flanquée de Tracy Nelson ; et les deux voix se complètent divinement. Le gospel "Take a stand" ensuite. Taj Mahal lui donnant la réplique. Cette plaque rend hommage au blues authentique et traditionnel. Un troisième volet devrait bientôt paraître. Il s’intitulera, "Naughty, bowdy & blue".
samedi, 31 décembre 2005 01:00

21st Century Mirror man

A l’instar du regretté Frank Zappa (NDR : en compagnie duquel il fera un bon bout de chemin), Don Van Vliet (NDR alias Captain Beefheart) était avant tout un créateur. Il était parti du blues pour aboutir à un rock expérimental. Au cours des sixties, il était même devenu un personnage incontournable au sein de l’univers musical contemporain. Le bon vieux Captain est toujours en vie. Il est âgé aujourd’hui de 64 ans. Bien que s’intéressant encore à la musique, il est plutôt déconnecté. Il a d’autres centres d’intérêts ; et en particulier dans le domaine artistique : poésie, peinture, etc.
 
Quarante ans plus tôt, le Captain avait imaginé un véhicule pour son aventure sonore : le Magic Band. Un concept qui allait lui permettre de concocter toute une série d’albums particulièrement excitants, dont les légendaires "Safe as milk", "Strictly personal", "Trout mask replica" et "Mirror man". Parmi les différentes formules qu’il a pu constituer, on retiendra surtout la présence de Jeff Cotton, Zoot Horn Rollo, Rockette Morton, John French et Jerry Handley. Après vingt ans de silence, le Magic Band vient de refaire surface. Le bassiste Rockette Morton et l’ex batteur John French sont de la partie. Le line up est complété par Gary Lucas et Denny Walley aux guitares, Michael Traylor et Robert Arthur Williams (déjà présent à la fin des 70s) aux drums. John French est devenu le leader. Et surtout le préposé aux lead vocals. Et sa voix d'outre-tombe rappelle tout naturellement celle du Captain. En outre il assure la production de cet opus, enregistré en public lors de diverses prestations accordées aux States et en Angleterre. La formation avait commis "Back to the front" l’an dernier, un elpee dont elle reprend une dizaine de titres en version ‘live’. Les compositions sont signées Don Van Vliet, le Captain extraordinaire.
 
Le Magic Band ouvre les hostilités par "Moonlight in Vermont" (issu de "Trout mask replica"). L’ambiance est bien magique. Les percussions sont imprimées à l'avant-plan. Les guitares s’expriment en toute liberté des deux côtés du décor ; et puis, il y a cette voix terrifiante. Non, ce n'est pas celle de Beefheart, même si elle est aussi fantomatique et étrangement proche de celle du maître, mais bien de Drumbo French. "Flooty boot stomp" ressemble à un blues décousu, découpé en lanières puis reconstitué au sein d’un monde terrifiant qui n’appartient qu’au Magic Band. Omniprésentes, les guitares tissent des phrases hallucinées. Quoique puissant, l'organe vocal de French évolue dans un registre mineur. Tout au long de "Smithsonian institute blues" (NDR : issu de l'album "Lick my decals off, baby", paru en 70), il rappelle le mythique bluesman Howlin' Wolf. A première écoute, cette plage laisse transparaître certaines affinités avec le blues de Wolf ; mais pas les guitares : elles appartiennent bien à une autre planète. Drumbo siège derrière les drums pour un exercice en solitaire ; un exercice qui s’achève par "Abba zaba", une symphonie pour deux guitares solo et une basse. Autre blues trafiqué, "Circumstances" fait à nouveau des ravages. A cause du climat lugubre entretenu par la voix de French ; mais également les vocifération de son harmonica. Surpuissantes, les guitares s’intègrent au rythme. Au cours de ce concert surréaliste, d'étranges plages instrumentales font leur apparition. Et je pense tout particulièrement au "On tomorrow" qui figurait sur l’elpee "Strictly personal". Le Magic Band interprète encore quatre plages issues de "Trout mask replica" : "Steal softly thru snow", "My human gets me blues", "Hair pie" et "Veterans day poppy". "Alice in Blunderland" s’ébroue au sein d’un climat mélodique presque normal, avant que les guitares n’entrent en scène. Dès cet instant, la trame musicale se complexifie, Gary Lucas exécutant un travail extraordinaire sur les cordes. Mais comment font-ils pour présenter un tel répertoire ? L'harmonica percutant de Drumbo introduit "Grow fins" (NDR : immortalisé sur "Spotlight kid"). Ce blues exerce des effets hypnotiques. Plus familiers, les vocaux s’apparentent de nouveau à ceux de Howlin' Wolf. Tout au long de la longue version de "Mirror man", les guitares se déchaînent en permanence. Un boogie déjanté, décapant et surtout sidérant. La musique du Magic Band est complexe, souvent difficile à assimiler, mais jamais sans intérêt. En fin de concert le combo interprète un "When it blows it's stacks" tout à fait hypnotique. Van Vliet a composé "Electricity. En 1967. La nouvelle version de ce boogie blues démoniaque vous prend à la gorge, avant de se métamorphoser en "Big eyed beans from Venus". Et ne desserre l’étreinte que lorsque vous êtes à genoux, quelques huit minutes plus tard. Ce « 21st Century Mirror man » est enrichi d’un DVD. Enregistré live à Camber Sounds, le 6 avril 2003, il recèle sept plages qui mettent en exergue le talent de ces vétérans de la scène rock ; et notamment du guitariste Gary Lucas. Pas de trace du vocaliste John French, cependant. Et c’est bien le seul bémol !
dimanche, 31 décembre 2006 01:00

Bury him at the Crossroads

Miss Magness a passé sa jeunesse à Detroit, dans le Michigan. Elle y écoute du R&B ; et tombe sous le charme d’Etta James, de Billie Holiday, de Memphis Minnie, d’Aretha Franklin et de Koko Taylor. Il y a cependant belle lurette, qu’elle réside du côté de Los Angeles. Après avoir commis "More than live" (NDR: paru chez Tiger), "It takes one to know one" (NDR: sur Fathead), ainsi que "My bad luck soul", "Blues ain't pretty" et "Use what you got" (NDR: tous trois pour Blues Leaf), elle nous revient déjà avec un sixième elpee: « Bury him at the Crossroads ». Un oeuvre qui est en quelque sorte le fruit de sa rencontre avec Colin Linden. Et pour cause, ce denier a produit, enregistré, mixé et s’est réservé la guitare sur cet opus. Ex musicien de Janis Joplin, Richard Bell siège derrière les claviers, Stephen Hodges assure les percussions, et Jeff Turmes - le compagnon des bons et des moins bons jours – est fidèle au poste à la basse ; tout en prêtant son concours au saxophone, à la guitare, et au banjo. Le timbre vocal de Janiva est pur, velouté, très expressif. Mais pour la toute première fois, son chant n’a jamais été aussi dépouillé.
 
L'album s'ouvre par "A woman knows". Le saxophone baryton de Jeff Turmes alimente le son complètement pourri, dans un style inimitable et facilement reconnaissable. Et la guitare de Linden n’est pas en reste pour accentuer cette sensation d’étouffement. Janiva nous plonge alors dans une atmosphère intimiste. Sa voix se fait autoritaire dans l’univers acoustique. Elle rend véritablement justice au "The whale has swallowed me" de JB Lenoir. Une interprétation accomplie avec une intense émotion. La version d’"Everything gonna be alright" de Magic Sam Maghett est à la fois très personnelle et inscrite dans le style importé de Chicago. On y recèle instantanément le riff, véritable marque de fabrique. Colin nous y accorde une prestation 5 étoiles. L’orgue Hammond colle littéralement au chant sur la douce et belle ballade, "Wasn't that enough". Linden accompagne Janiva sur "Wasn't that enough", un delta blues tonique issu de sa plume, chanté avec force et passion. Assise sur le rebord du piano, elle chante en toute décontraction "The soul of a man" d'Oliver Sain, avec pour seul accompagnement les ivoires. Elle se retourne sur Colin Linden qui commence à gratter son dobro pour chanter "That's no way to get along". Composé par Turmes, le titre maître plante sa simplicité dans le décor sonore ; pourtant on distingue nettement le banjo, le son métallique du dobro et de timides percussions. Toutes les expressions de ses cordes vocales sont mises en évidence dans ce répertoire roots. "One more heartache" en est la plus belle démonstration. Piano, guitare et basse acoustique apportent une touche cabaret jazz à "I'm leavin'". "Less and less of you" renoue avec son répertoire habituel. Un country blues au cours duquel les percussions de Stephen Hodges sont à l'avant-plan, pendant que la guitare électrique produit d'excellents effets autour de la voix. "Ain't lost nothin'" constitue le morceau qui me botte le plus. Un fragment écrit par Delbert McClinton et porté par la basse de Jeff, avec la bénédiction évidente de la section rythmique. En finale, "Eat the lunch you brought" marque un retour au style roots. D’excellente facture, cet opus rend justice aux qualités vocales de Janiva ; et si ce n'est son meilleur à ce jour (NDR : une artiste d’une telle dimension doit toujours être capable d’étonner), il tient bien la route.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

That represent man

Producteur, organisateur de concerts et musicien, Andy Chortkoff vit à Los Angeles. Mais avant tout, ce bluesman est harmoniciste. Dans un style très affûté. Sa carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de King Ernest, Billy Boy Arnold, Finis Tasby, Roy Gaines, Kirk Fletcher et Frank Goldwasser. Chortkoff connaît du beau monde. Ce qui lui a permis de monter ce projet, ma foi, fort original puisqu’il réunit des bluesmen confirmés (NDR : notamment Finis Tasby, Gaines et Johnny Dyer) et une plus jeune génération très talentueuse. C’est ainsi que sont nés les Mannish Boys. Tasby est ici épaulé par les guitares du jeune noir Kirk Fletcher et de Frank "Paris Slim" Goldwasser. June Core (ex Little Charlie & the Nightcats) siège derrière à la batterie, Ronnie James Weber (ex-Nightcats et aujourd'hui Fabulous Thunderbirds) se réserve la basse et Leon Blue le piano.
 
En ouverture, les Mannish Boys impriment un "Going crazy over TV" sur un rythme que n'aurait pas renié Jimmy Reed. D'ailleurs, tout au long de ce blues très authentique que chante Finis Tasby, Randy souffle dans les aigus comme l'aurait fait le vieux Jimmy. Chicago blues typique, le "Come on rock little girl" de Smokey Smothers est absolument superbe. Le son de la guitare dispensé par Kirk Fletcher est un pur bonheur ; et la section rythmique constituée par les drums de June Core ainsi que la guitare rythmique de Goldwasser tient bien la route. Signé BB King, "Partin' time" est un blues mid tempo. Leon Blue est venu en renfort au piano. Kirk Fletcher a placé la barre très haut aux cordes. Leon Blue est un trésor caché. Il a participé à l’aventure de la ‘Ike and Tina Turner Revue’. Il a joué pour Lowell Fulsom et Albert Collins. Paradoxalement, il accomplit ici ses débuts discographiques. Soutenu par Frank à la guitare solo, il chante "You been goofin". Finis Tasby (NDR : né au Texas, il aura 65 ans cette année) reprend "Easier said than done" de Mighty Joe Young. Goldwasser assure les parties de guitare très rythmiquement, sur ce R&B aux accents empruntés de toute évidence à Albert King. Chrotkoff nous réserve un sémillant, saignant même, "I'm a lover not a fighter". Dix-sept plages figurent sur cet opus au tracklist très homogène, nonobstant la présence d’un grand nombre de musiciens et d'invités. Johnny Dyer est un adepte depuis toujours de Little Walter. C’est pourquoi le vieil harmoniciste à choisi d'interpréter et de chanter "Temperature" ainsi que "You're sweet". Autre Texan, Roy Gaines est venu pointer le bout de son nez. Sa voix puissante et sa guitare volubile emballent "I had a dream last night". David Woody Woodford s’y réserve le saxophone. Le blues lent n’a pas été exclu. Finis Tasby chante ainsi merveilleusement le "Lost your good thing now" de BB King pendant que Fletcher joue de la guitare avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Cet excellent gratteur remet aussitôt le couvert pour le "It's too bad" d'Eddie Taylor, une compo imprimée sur un tempo élevé. Tasby chante tout aussi brillamment "It's too bad", un autre slow blues signé Freddie King que Paris Slim sculpte parfaitement de sa la guitare solo, et puis le "Lonesome bedroom blues" de Curtis Jones, rehaussé par la présence du piano frétillant de Leon Blue. Chanteuse au timbre vocal extraordinaire, Mickey Champion chante comme si sa vie en dépendait le "The eagle is back" de Jonny Watson. Elle chante le blues depuis 50 ans. T-Bone Walker et Roy Milton figurent parmi ses nombreux collaborateurs. Plus surprenant, Paul Oscher (NDR : un ancien harmoniciste du Muddy Waters Band) se charge de la slide sur son "Blues and trouble". Je vous conseille vivement de vous procurer cet album. Et vous pouvez me croire, vous ne serez pas déçus. Une œuvre incontournable, à l’instar du "BlueJu" de Frank Goldwasser, de "Shades of blues" de Kirk Fletcher ainsi que d’"In the house" de Down Home Super Trio, trois elpees parus chez Crosscut. Les Mannish Boys, c'est également un projet ‘live’. Ils se produiront cet été au festival Blues Passions de Cognac et comptent opérer différentes combinaisons, vu que certains musiciens qui ont participé au présent projet seront indisponibles ; et notamment Kirk Fletcher qui tournera au même moment en compagnie des Fabulous Thunderbirds! Par contre, Kid Ramos vient de rejoindre les Mannish Boys…

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Live & In demand

Parmi les nouveaux labels blues nés au cours des derniers mois, il faut reconnaître que Delta Groove Productions s’est particulièrement mis en évidence. Une boîte californienne responsable de la sortie de quelques excellentes plaques ; et notamment celles Rod Piazza flanqué de ses Mighty Flyers, des Hollywood Blue Flames, de Mitch Kashmar et de Kirk Fletcher. Une série complétée bien sûr par les Mannish Boys. Ce collectif d'excellents musiciens est sans aucun doute l'enfant chéri de Randy Chortkoff, le boss de cette écurie. Concocté en studio, "That represent man" constituait une heureuse surprise. Depuis, les Boys ont beaucoup tourné. Et en particulier en 2005, périple qui est passé cet été, par le Festival Blues Passions de Cognac. Cet opus a été immortalisé le 17 juillet dernier, lors de la 19ème édition du festival R&B de Winthrop, une manifestation qui se déroule chaque année dans cette région du Sud Ouest américain. Pour la circonstance, le line up des Mannish Boys impliquait trois musiciens noirs. Chanteurs par ailleurs. Le remarquable vocaliste Finis Tasby, l'harmoniciste Johnny Dyer et le pianiste Leon Blue (NDR : ce dernier a longtemps sévi dans la Revue d’Ike & Tina Turner et puis a également côtoyé les 3 Kings du blues : BB, Albert et Freddie. Et cinq blancs. Le guitariste Kid Ramos (James Harman Band, Fabulous Thunderbirds) est le plus notoire. Frank "Paris Slim" Goldwasser, le plus fameux des gratteurs de blues français, a également participé à l’aventure. Tout comme le maître drummer Richard Innes (Hollywood Fats, Kim Wilson) et le bassiste Tom Leavey (un personnage qui a milité auprès des plus grands noms du blues). Et quelle section rythmique ! Véritable patron, Randy Chortkoff se consacre à l'harmonica.
 
Les hostilités débutent par un instrumental très jump : "Kid's jump". Une plage qui met déjà en exergue le talent déjà bien mesuré de Kid Ramos. Le "I'm ready" de Willie Dixon est interprété en hommage à Lester Butler. Randy Chortkoff assure personnellement le chant et l'instrument chromatique. Soutenu par le tempo en béton de Richard Innes, Kid Ramos se révèle à nouveau très en verve. Randy introduit alors le pianiste Leon Blue. Il chante le "She wants to sell my monkey" de Tampa Red. Déjà tombé sous le charme du band, le public participe massivement et chaleureusement à la fête. Johnny Dyer, l'homme de Rollin' Fork (Mississippi) monte sur les planches pour rendre hommage au plus célèbre de ses concitoyens : Muddy Waters. Un hommage accordé à travers la plage patronyme du groupe : "Mannish Boy". Affichant d’excellentes dispositions vocales, Dyer poursuit dans le registre Chicago blues des 50s. Et le vieil homme sort son harmonica pour attaquer le très Southside "You're sweet". Il prend même son pied face à un Léon Blue qui apporte une collaboration active au rythme, mais aussi Frank Goldwasser, enfin décidé à mettre le nez à la fenêtre. Le team adapte encore un slow blues issu de la plume de Muddy Waters. Un fragment intitulé tout simplement "Howlin' Wolf". Goldwasser y démontre avoir parfaitement intégré la technique de Waters, à la slide. Il s’y montre même brillant! Dyer quitte alors les planches pour céder le relais à Finis Tasby. Cet excellent vocaliste de couleur noire ne les quittera plus avant la fin du set. Chortkoff est revenu souffler dans son harmonica diatonique. Il le pousse dans les aigus, un peu à la manière de Jimmy Reed, tout au long de "Goin' crazy over TV". Le "Mystery train" de Junior Parker est imprimé sur un tempo enlevé. On y reconnaît sans peine le style caractéristique de Paris Slim sur les cordes. Totalement mis en confiance, ce dernier se déchaîne pour attaquer "It's too bad" de Freddie King, un blues lent qu’il parsème d'insolentes grappes de notes. C’est le moment choisi par Kid Ramos pour reprendre les rennes. Et il le fait avec panache sur le légèrement funky "Strangest blues". Mais le Kid est également capable de retenir ses cordes. A l’instar d’"As the years go passing by", un fantastique blues lent, auquel il injecte toute la sensibilité nécessaire et indispensable pour soutenir Tasby…

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Play the blues with feeling

Bien que vivant à Bristol, Eddie Martin est un londonien de pure souche. Depuis une bonne dizaine d’années, il est considéré comme un des meilleurs bluesmen, outre-Manche. Il est d’ailleurs un des rares à ne pas rougir de la solide concurrence américaine. Eddie vient déjà de commettre son huitième album.
 
Un elpee qu’il ouvre par "Someone's making money". Sa voix est puissante et rauque. L'instrumentation évolue à un très bon niveau. Le leader joue de la guitare tout en soufflant vigoureusement dans son harmonica. Le jeune Paddy Milner siège derrière le piano. Eddie sort son bottleneck. Hanté par l'esprit d'Elmore James, il le fait glisser le long de ses cordes électriques pour produire un blues lent de haute facture. Tout au long de "Selfish guy", le jeu de slide est remarquable. Eddie chante. La slide répond avec une intensité toute dramatique. Martin est un bluesman complet. Il n'a pas froid aux yeux. Il est capable d’affronter le public seul en s’accompagnant uniquement de sa guitare. Il chante d'une voix chevrotante et autoritaire ; mais surtout avec beaucoup de conviction, de réalisme et de crédibilité le "My black Mama" de Son House. Pour "Bubble blues", il est flanqué d’un groupe au complet. Il fait sonner ses cordes comme BB King. Constituée de Marion Dalton à la basse et de Michael Wiedrich à la batterie, la section rythmique remplit son rôle à la perfection, pendant que l'orgue Hammond de Gary Baldwin tisse la trame à l'arrière. Les cuivres participent également au rythme. Tout un ensemble qui permet à la guitare de s'envoler sans jamais susciter l'ennui. Eddie est également à l’aise à l’harmonica. Dans un style proche de Sonny Terry. Il étale toute sa vivacité sur l'instrumental galopant "Bristol shakedown". Il reprend la slide pour attaquer le titre maître, un fragment empreint de passion et de feeling pour lequel il a reçu le concours de Tony Caddle à la basse et de Michael Hoddinott aux percussions. "Tell me why" démontre à nouveau toute l'envergure du bluesman anglais. Du west coast blues proche de celui que pratique Rod Piazza. Eddie souffle même dans l’harmonica chromatique tout en délivrant un solide solo sur les cordes. Et sans la moindre faille dans son intervention ! Mr Martin a beaucoup écouté Dr Ross et Joe Hill Louis. Il apprécie de jouer le rôle du ‘one man blues band’ en conjuguant voix, cordes, harmonica et percussions. Et il s’exécute sur l'émouvant "One man band rag". Lors de ce voyage au pays du blues, Eddie s'attarde dans les swamps louisianais. Le climat y est humide et terrifiant. Une atmosphère lourde qu’il reproduit tout au long du mystérieux "Barbed wire". La guitare s'enveloppe autour d'un manteau de réverbération bien inquiétant. Une plage qui ne laissera personne indifférent. Cet excellent opus s’achève par « Bone Shaker », un instrumental roots à l’ambiance relaxante et tellement riche.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

On the Mark

Jump blues band, The Mighty Rhythm Kings nous vient du côté de Philadelphie, en Pennsylvanie. Fondée en octobre 1994, cette formation accompagne la chanteuse Melissa Martin. Un line up au sein duquel militent deux guitaristes (David Sagherian et Neil Taylor), un pianiste (Paul Matecki), un contrebassiste (Jeff Michae) et un drummer (Robin Poggi). « On the Mark » constitue leur premier album! Pas de composition du groupe sur cet opus, mais uniquement des covers. Tantôt notoires, tantôt méconnues.
 
La plaque s’ouvre par le "Jump with you baby" de BB King, une compo qui remonte au début des 50s. Tout au long de cette adaptation remuante, Melissa démontre qu’elle est une bonne chanteuse. Pas pour rien qu’elle cite volontiers comme principales influences, Ruth Brown, Etta James, Wynnonie Harris et Big Maybelle. Son backing group est solide. Et la guitare de David est bien mise en évidence. Le rythme ne faiblit par pour "Baby baby every night". Les Mighty Rhythm Kings répliquent vocalement à leur chère Melissa. La six cordes est encore très présente ; mais elle est rapidement talonnée par le piano de Paul. Le tempo ne fléchit toujours pas. Les parties syncopées confèrent une ambiance festive au "You don't love me no more" de Roscoe Robinson. Particulièrement solide, la section rythmique permet aux solistes de s’évader. Et en particulier le talentueux Matecki sur les ivoires. Le "Want me some love" de Johnny Guitar Watson laisse enfin un peu d’espace au blues lent. Melissa dispose de toute liberté pour extérioriser ses facultés vocales. Un des deux gratteurs (NDR : Lequel ? Difficile à dire. Une chose est sûre, les sonorités de sa Gibson sont bien grasses) tire parfaitement son épingle du jeu. Par contre, ils sont bien deux pour conjuguer leurs râpes tout au long d’"I want you to be my baby". La voix de Miss Martin entretient la montée en puissance de cette plage qui éclate lors de la sortie du piano de Paul. Les Kings sont taillés sur mesure pour faire danser leur public. A l’instar du léger "Boogie woogie daddy", tout en jump et swing. Le célèbre "Let the good times roll" de Louis Jordan permet aux musiciens de s'éclater d'une manière moins sophistiquée. Le naturel constitue une des vertus de ce style musical ; et c'est tant mieux. "It's love 24 hours a day" est imprimé sur un mid tempo. La situation est alors idéale pour embarquer les deux gratteurs au sein d’une lutte bien fratricide. Paul Matecki chante "Lovin' machine" tout en s’accompagnant au piano ; un boogie qui correspond parfaitement à son jeu sur les ivoires. Signé Big Joe Turner, "Get on right track baby" est sculpté dans le rockin' R&B, une excellente adaptation dominée à nouveau par le piano ; juste avant qu’une des guitares ne décide de s’aventurer dans un univers bien jazzyfiant. Cet opus se révèle bien plus percutant en fin de parcours. Et le conclusion, "Much later for you", en est la plus parfaite illustration...

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Clarkology

Michael P. Clark est né à Vancouver. En 1963. Un Canadien qui joue du saxophone depuis plus de vingt ans, dans un style qui mêle roots, blues et jazz. Ancien élève de la University of British Columbia, il est devenu professeur tout en continuant à sévir dans les clubs de Vancouver. Il s’installe ensuite à Calgary, en Alberta, où il se produit en compagnie de Son Seals, Albert Collins ainsi que toute une série de musiciens locaux tels que Amos Garrett, Johnny V, Dutch Mason ou encore du Downchild Blues Band. « Clarkology » constitue son deuxième elpee. Il fait suite à "Saxman".
 
L’opus s'ouvre au coeur même de la Louisiane, au pays du zydeco. L'accordéon de Ron Casat met le nez à la fenêtre. La bonne humeur est au rendez-vous. Une invitation à prendre du bon temps au pays des bayous et du mardi gras. Ce qui n’empêche pas le saxophone de se manifester avec puissance et talent. Musicalement, la barre est déjà placée très haut ! "Forget about you" nous entraîne dans un rock'n'roll furieux. Mike possède une voix naturellement puissante. Il n’a pas besoin de la forcer. Il sort le grand jeu. Au saxophone. Ron Casat est passé au piano. Il se démène comme un beau diable pour soutenir l'ensemble rythmique. Brillante, la guitare sort également de sa réserve. Ce qui n'est guère surprenant lorsqu’on sait que Johnny V y est préposé. Un riff puissant propulsé par le sax dédoublé introduit "Morning after blues". Le son de la guitare est pourri, trafiqué à l’extrême. L’envol est impressionnant. Il arrache tout sur son passage. Johnny V - qui produit également le disque - en est plus que probablement le responsable ! Constituée de Thom Moon aux drums et de Greg Carroll à la basse, la section rythmique est solide, consistante, sans la moindre faille. Une assise idéale qui permet à Clark de dispenser un solo monumental, extraordinaire. Ces Canadiens sont terriblement efficaces. Casat hydrate la ballade funky "Alibis and lies" de son orgue Hammond, une compo chaleureuse, dense, caractérisée par la ligne mélodique infaillible du saxophone. Les musiciens s’attardent dans le dans le sud profond pour aborder le registre country. Et en particulier "Stone house", dont la bien jolie mélodie est empreinte de quiétude et de douceur contagieuse. Invité, Ian Tyson offre la réplique vocale pendant qu’Amos Garrett arrache des notes magiques de ses cordes. Retour au rythme pour "Red mile strut", une plage instrumentale qui permet à Mike Clark de disserter allègrement sur son sax ténor tout en dialoguant avec la slide de Johnny V, avant de déraper dans le honky style. L’occasion est donc belle de passer au jump. Un moment très attendu, propice au swing. Plein de verve, le sax se dédouble tout au long de "Tribute to Big". Comment ne pas avoir des fourmis dans les jambes ou ne pas laisser frétiller tous ses muscles à l’écoute de cet hommage au shouter de Kansas City, Clarence "Big" Miller. Irrésistible ! Constat personnel sur l'évolution du monde contemporain, "Storm brewing" atteint un nouveau point sommet. Le gospel envahit l’atmosphère. Les musiciens claquent des mains, martèlent les planches de leurs pieds. Les tambourins résonnent alors que la guitare de Johnny V véhicule de délicieux accents empruntés au Sud profond, en hommage à Roebuck Staples. Grand esthète de la roots music, Mike Clark nous surprend à nouveau sur "Deeper in the blues", une compo partagée entre le country swing et le honky tonk, au cours de laquelle Garrett et V s'échangent des chorus enchanteurs, à l’aide de leurs six cordes. Cet elpee s'achève par un boogie lumineux, solidement construit, très propre et convaincant. Le saxophone y fait sa sortie avec une classe certaine. Dommage que cet opus soit si court, même s’il constitue un concentré de richesses musicales. Je vous le recommande chaleureusement !

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Glad you´re mine

Le Chicago blues band le plus belge de ce bas monde est de retour ! Ou si vous préférez la troupe drivée par l'harmoniciste Pierre Lacocque et son frère manager, Michel. Le Heat change de line up pratiquement à chaque album ; et puis surtout continue de bénéficier d’un véritable cortège d'amis invités. Pierre a donc reçu le concours de la chanteuse noire Inetta Visor (NDR : elle avait déjà participé à la confection de son dernier opus, "Footprints on the ceiling", voici déjà trois ans), les guitaristes Steve Doyle et Chris Winters, le claviériste Chris ‘Hambone’ Cameron, le bassiste Spurling Banks, et le percussionniste Kenneth Smith (le fiston de Willie ‘Big Eyes’ !). Hôte prestigieux, Carl Weathersby est à nouveau de la partie, et se pose même comme le huitième membre de la formation.
 
« Glad you´re mine » constitue le sixième album de MH, un collectif dont la formation remonte quand même à l'aube de 1992. Néanmoins, pour l’enregistrement de ce nouvel opus, les pointures notoires ne se sont plus bousculées au portillon des studios Tone Zone, fin 2004. Miss Visor prend ainsi la lourde succession de chanteuses aussi réputées que Deitra Farr ou Katherine Davies…
 
La guitare de Carl Weathersby ouvre les débats. Concis, son jeu est ponctué de courtes phrases nerveuses, un tantinet agressives. Inetta chante sans réelle passion ce "Dirty deal". Pierre dispense son premier solo. Et dès les premières notes on reconnaît son style si personnel. Un style qui ne ressemble à personne d’autre, et surtout pas à celui que tant d’autres cherchent à se forger en calquant tous les plans de Little Walter, même lorsqu’ils les reproduisent à la perfection. Plage très Mississippi Heat, "Heartless pool" est imprimée sur un mid tempo. Inetta est ici bien à son affaire sur cette plage introduite par l'harmonica. Une excellent compo colorée par l’orgue Hammond de Cameron. Pierre souffle comme s’il ciselait finement de petits bijoux sonores. "She ain't your toy" évolue lentement mais sûrement. La montée en puissance est contenue, avant que Pierre ne sorte de sa réserve sur l'instrument chromatique ; une intervention immédiatement relayée par la slide de Steve Doyle. Un travail de classe, plus dur que ce que propose habituellement le Heat. La section rythmique pousse avec force et cohésion les différents solistes. Mais très en verve sur son B3, Cameron tire son épingle du jeu. Ballade allègre, "Glad you're mine" épouse les rythmes passionnés de la Nouvelle Orléans. Le climat est serein, laidback. Weathersby signe une intervention bien plus cool que d’habitude. "Hambone" s'est assis derrière le piano pour l’interprétation de "Give me yo' most strongest whiskey", un Chicago blues enlevé, très rythmé. Chris Winters en profite pour nous confectionner un bon solo sur les cordes. Balisé par les percus aux rythmes syncopés et solides de Kenneth Smith, "Cool twist" constitue une imparable base de lancement pour Pierre Lacocque. Il peut ainsi dispenser une sage intervention sur son instrument que relaie bientôt Doyle. Lors de la cover du "I'm a woman" de Leiber et Stoller, nous pénétrons dans le monde du southside blues de Muddy Waters. Inetta est ici dans son élément et chante avec passion et puissance. Si "Take my hand" montre quelques signes de faiblesse, "Love will play tricks" campe un excellent slow blues. Particulièrement relaxant et très bien maîtrisé par Miss Visor, il autorise de bien belles interventions signées Pierre Lacocque et Carl Weathersby. "Where were you" rend hommage à Magic Sam Maghett, autrefois prince du Chicago Westside. La réplique est bien saignante. Weathersby se montre très décidé devant les claquements de mains de Pierre, d’Ineta et de Spurling, ainsi que les tambourins que se réserve le producteur Michael Freeman. A cet instant l’ambiance est à son apogée. Plage instrumentale, "Jamaican night" porte bien son nom tant elle véhicule les accents dansants du reggae cher à la Jamaïque. L'album s’achève par une autre reprise de Denise Lasalle : "Real sad story". L’aventure n'a pourtant rien de triste ; et pour cause la chanson est reprise en choeur par l’ensemble des musiciens. Ce qui n’empêche pas une dernière sortie de Chris Winters. Si personnellement j’estime que « Glad you´re mine » est moins brillant que "Handyman", il faut reconnaître qu’il demeure de bonne facture. Un album live est prévu pour le mois de novembre. Il sortira chez Delmark. Alors, accrochez-vous!