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Jean-Claude Mondo

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samedi, 31 décembre 2005 01:00

With the Muddy Waters Band - 1966

De son véritable nom Willie May Thornton, Big Mama Thornton est née en décembre 1926. A Montgomery, dans l’Alabama. A 14 ans, elle chante dans le Hot Harlem Review. Elle se fixe au Texas en 1948. En 53, elle sera la première à enregistrer "Hound dog", une chanson signée Lieber et Stoller ; et ceci trois ans avant Elvis Presley. Elle a écrit et enregistré "Ball 'n chain", un titre que Janis Joplin reprendra quelque temps plus tard, avec succès. En 1962, elle émigre à San Francisco. Et en 1965, accomplit sa première tournée européenne. Devenue une des plus grandes dames du blues, elle est décédée à Los Angeles en 1984, laissant pour héritage de nombreux enregistrements.
 
En 1966, Chris Strachwitz (NDR : le boss d'Arhoollie) réussit à convaincre Muddy Waters d'enregistrer en compagnie de Big Mama. La prise est réalisée en avril, à San Francisco. Muddy (NDR : à la slide) a entraîné son groupe dans l’aventure : James Cotton à l’harmonica, Otis Spann au piano, Samuel Lawhorn à la guitare, Luther Johnson à la basse et Francis Clay à la batterie. Le répertoire est constitué essentiellement de compositions signées Miss Thornton.
 
L'album s’ouvre par "I'm feeling alright". Et on est directement interpellé par l'âpreté et la puissance de sa voix. Le tempo est modéré. Le backing exemplaire. A son meilleur niveau, James Cotton se met ici en évidence. La voix de Big Mama arrache tout au long du slow blues classique "Sometimes I have a heartache". L’accompagnement d’Otis Spann est d’une grande sobriété. "Black rat" est imprimé sur un tempo rapide. La voix se détache. La puissance constante de son timbre est plus que probablement le fruit d’une expérience qu’elle a acquise au cours de sa jeunesse, lorsqu'elle chantait dans les églises baptistes en compagnie de la Hot Harlem Review. Elle interprète le blues lent, légèrement saccadé, "Life goes on", d’une une voix grave, en dialoguant avec le clavier de Spann. Elle chante toujours aussi passionnément "Everything gonna be alright", un autre slow blues issu de sa plume. A l’avant-plan, la section rythmique se montre plutôt tonitruante. Peut-être parce que Big Mama s’est installée à la batterie (?). La guitare de Lawhorn tente de mettre le nez à la fenêtre, mais demeure un peu trop en retrait à mon goût. Otis et James parviennent quand même à faire la différence, même si pour la circonstance, on y distingue la slide de Muddy Waters. Tout au long de cet opus, qui comptabilise quand même plus d'une heure, les moments de grande classe alternent avec les périodes plus dispensables, surtout lorsque le backing band est un peu trop abandonné à son triste sort. Manifestement, le pianiste tire le maximum de profit des superbes blues lents. A l’instar de "Gimme a penny" et d’"I feel the way I feel". Aaah, cette main gauche! A l’origine, l’opus comptait dix plages. Cette nouvelle version recèle sept bonus tracks, dont différentes prises de "Black rat", "Gimme a penny" et une version accélérée de "I'm feeling alright". Si "Wrapped tight" conjugue vigueur et tonicité, "Big Mama's shuffle" et "Big Mama's blues", deux plages instrumentales sur lesquelles Lady Thorton joue de l'harmonica face à James Cotton, ne manquent pas de panache.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Country blues & more

Né en 1954 à Straubing, Willie Salomon est de nationalité allemande. Entre 1976 et 1977, il traverse les Etats-Unis et rencontre Furry Lewis, un personnage qui deviendra une de ses influences majeures ; mais également Johnny Long, un autre jeune bluesman qui semble aujourd'hui avoir disparu du circuit ! Willie se produit dans les coffee houses, restaurants et autres clubs. En 1981, il joue pendant plusieurs semaines dans les bars de Fisherman's Wharf à San Francisco. Puis concocte son premier elpee : "Moon goin' down". Il s’établit à nouveau dans le Sud de l'Allemagne et ne refait surface qu’en 1998, pour enregistrer sept plages destinées à la collection "Country blues from Munich". En 2001, il commet "The basement sessions" en compagnie du chanteur/guitariste anglais Barry Denyer. Sculptée dans le country blues pur et brut, ce cd est paru l’an dernier.
 
Il s’ouvre par "Louise", dont la version poignante de Big Walter Horton me hante toujours l’esprit. Willie joue et chante très honorablement. Il démontre toute la maîtrise de son instrument lors de l’adaptation du "The Viper song" de Will Smith et de ses Onyx Playboys, dont la version originale date des années 30. Plage instrumentale, "Great dreams from Heaven" procède d’une recherche réalisée par Ry Cooder sur un classique. Salomon se révèle brillant à la guitare, lorsqu’il pratique le picking. Une habileté qu’il manifeste à plusieurs reprises. Et en particulier tout au long de "Motherless children", un classique du gospel interprété à la manière du Rev Gary Davis. Il exécute "I'm going to sit down on the banks of the river" du même Davis et "In the jailhouse now" de Blind Blake. La richesse et la diversité de son répertoire se mesurent à l'écoute du mélodique "Built right on the ground", une compo signée par le méconnu Blind Teddy Darby. Proche de la virtuosité, sa technique est irréprochable. La cover du "Struttin" de Lonnie Johnson, dont il adapte également le gracile "Willie's lonesome blues", en est le meilleur exemple. Et même lorsque Willie boude le blues, il demeure tout aussi remarquable. A l’instar de sa reprise folk du "May you never" de John Martyn, et de la ballade instrumentale "What's the use!". Baignant au sein d’un véritable havre de paix, cet opus recèle de grands moments. Des moments empreints de sérénité, mais également très poignants. A l’instar du "Hard time killing floor" de Skip James ou encore du "Divin duck blues" de Sleepy John Estes. Et puis lorsqu’il saisit son bottleneck pour reprendre "I got to move" du merveilleux Homesick James.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Siftin´ thru ashes

Originaire de Manchester, ce jeune guitariste anglais fait son petit bonhomme de chemin. Lentement mais sûrement. Il n'a pas encore trente ans et s’est converti au blues à l'écoute de la discothèque de son père. Il fonde son premier groupe à l’âge de 13 ans, une formation au sein de laquelle milite déjà son claviériste actuel : Jonny Henderson. A 20 ans, il rejoint la formation de l'harmoniciste Lee Sankey en compagnie de laquelle il tourne quatre années et enregistre deux albums : "My day is just beginning" et "She's not alone". A la fin du siècle dernier, il était impliqué au sein de cinq formations différentes ; et notamment dans le backing group du chanteur/guitariste Ian Siegal et du pianiste Dino Baptiste. Il tourne ensuite avec Dana Gillespie pendant une période de deux ans. En 2000, il partage le projet de la chanteuse Corinna Greyson. En 2002, il rejoint Earl Green, l’ex-vocaliste de Paul Lamb et d'Otis Grand. Il est alors sollicité pour accompagner la tournée du Lester Butler Tribute Band, un périple destiné à rendre hommage au défunt chanteur/harmoniciste des Red Devils et de Thirteen. Dans la foulée, il rejoint le chanteur/harmoniciste de ce Tribute band. Qui milite alors chez les Urban Achievers. Un Néerlandais qui répond au patronyme de ‘Big’ Pete Vander Pluym. En 2003, il forme enfin son groupe qui implique bien sûr Jonny et Evan Jenkins à la batterie. Le combo avait déjà commis un premier opus : "The Trio, Live".
 
 
Le band s'envole dès "All you need". Matt dispense immédiatement de petites grappes de notes qui démontrent sa dextérité naturelle. L'orgue Hammond constitue un élément indispensable dans le décor sonore. Matt chante la plage titulaire. Sa voix est plutôt hésitante et frêle, mais son timbre demeure très musical. Un peu dans le style de Robben Ford. Pas étonnant d'ailleurs que sur les cordes, son style – qui me fait également penser au plus célèbre des frères Ford – évolue également dans un registre aussi jazzyfiant. Ses deux acolytes sont d’excellents instrumentistes. Ainsi, le drumming sémillant d’Evan Jenkins manifeste une grande légèreté. Mais c’est surtout l’organiste Jonny Henderson qui fait étalage de sa classe innée. Ce claviériste s'inspire beaucoup de ses maîtres : Jimmy Smith et Jimmy McGriff. Instrumental sculpté dans le jazz, "Djam" ressemble à une jam, mais de très bon niveau. Schofield y est remarquable. Slow blues impérial imprimé sur un tempo très lent,"Lights are on, but nobody's home" est esquissé par une guitare réminiscente du grand Mike Bloomfield. L’effet est saisissant et l'orgue Hammond omniprésent. Schofield empoigne sa guitare sèche pour reprendre "The letter", le hit des Box Tops. La version n'a rien de révolutionnaire mais est fort bien ficelée. A cause de l'orgue Hammond et des échanges vocaux. Et puis des accords jazzyfiants, créatifs et émancipés de la guitare électrique qui prennent naturellement le relais. Autre blues lent "Back at Quare one" est également un classique. Très bien ficelé, il démontre la complémentarité exemplaire des trois musiciens. Le guitariste s’inspire pour la circonstance de BB King ; mais y insuffle tous les artifices susceptibles d’être développés par un aussi jeune musicien. Funky et très rythmée, "People say" ne suscite guère d’intérêt. "How I try" évolue dans une ambiance au développement jazzyfiant très prononcé. Les instruments sont très bien joués. La connivence entre le guitariste et l'organiste est permanente. Blues rythmé, "On my way" navigue dans un univers très proche de BB King. Contagieux, l’orgue exerce toujours la même fascination. Compo lente, très atmosphérique, "Middle ground " possède toutes les caractéristiques jazz rock d’un Robben Ford. De l’excellent travail ! Les percussions de Jenkins marquent de leur empreinte "Hard lines". Une finale qui manifeste une puissance hors du commun. Nonobstant leur jeunesse, les musiciens démontrent manifestement qu’ils ont de la bouteille. Et qu’ils sont capables de concocter un opus de bonne facture. Pour votre information, sachez qu'un album enregistré en public par le trio vient de paraître : "Live at the Jazz Café!". Nous espérons vous le présenter tout prochainement.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The L.A.B Results

Issu du Nord Ouest américain, du côté de Seattle, Beckie Sue & Her Big Rockin' Daddies est un blues band qui monte. Enfants chéris de la Washington Blues Society, ils sont considérés là-bas comme un powerhouse hipshakin' blues band. Jim King en est le leader. Chanteur, harmoniciste et saxophoniste, il est épaulé, bien sûr, par Miss Beckie Sue. Ils partagent d’ailleurs les vocaux. Un line up qui implique également Tom "T Boy Neal" Boyle aux guitares, Les White à la basse et Jeff Hayes aux drums. En 2002, Boyle avait d’abord fondé le T-Boy Neal Band, un combo au sein duquel militaient déjà Beckie Sue et White. Puis il a transformé le patronyme en Big Rockin' Daddies.
 
L'album a été enregistré ‘live’. Au Little Auditorium in the Back (L.A.B) de Seattle. Boyle ouvre l’elpee. King se réserve le saxophone. Signé Otis Rush, "Easy go" est une plage instrumentale inspirée paradoxalement par … Albert Collins. Beckie Sue chante "Natural born lover", un shuffle introduit par un harmonica puissant. Elle dispose d’une bonne voix, naturellement forte. Elle n’a pas besoin de la forcer. En outre, Jim King est manifestement un souffleur qui promet. Beckie poursuit sur un tempo effréné le "Mean mean man" de Wanda Jackson. Les cordes impriment ce rythme qui galope littéralement. Jim est passé avec le même bonheur au sax ténor qui ‘honke’ à merveille. Les Daddies reprennent de manière respectueuse le "Crosss-eyed cat" de Muddy Waters. Du bon Chicago blues davantage proche de Howlin' Wolf. Jim King chante et joue de l'harmonica comme s'il avait quatre poumons. Quel souffle ! Jim se réserve le chant et le sax tout au long du "Whiskey drinkin' woman" de Lonnie Johnson, un blues classique au cours duquel Boyle dispense un jeu inspiré par le Chicago Westside. Beckie Sue rassemble toutes ses forces pour exploser le très jump "No! I aint gonna let you go". Poussée par les hurlements du saxophone, sa voix possède énormément de punch. Elle me rappelle même une certaine Candye Kane. Ce qui n'est guère étonnant lorsqu’on sait que cette dernière avait également repris ce titre sur "Home cookin", son premier album. Les Rockin' Daddies s’éclatent alors dans un répertoire archiconnu, mais avec tellement de brio. A l’instar de leur adaptation du "I got love if you want it" de Slim Harpo. Du bonheur à l'état pur ! Jim et Beckie se partagent les vocaux devant la section rythmique soudée par les cordes de Boyle. Les vibrations montent encore d'une cran pour "Call me rockin". King est époustouflant à l'harmo. Ses interventions semblent tellement faciles. Son souffle est inouï, impressionnant, foudroyant. Jim a beaucoup écouté Little Walter. Il le démontre en attaquant "Just your fool", chanté pat Miss Becki. Le "Waterbed Lou" de Sax Gordon Beadle autorise une petite pause pour les vocalistes. Une nouvelle occasion pour King d’étaler son talent au sax. Ponctué d’une superbe envolée de T-Boy Neal aux cordes, la cover d’"I can't stop it" de Jim Liggins marque un retour au jump. Le "Mean mistreater" de Muddy Waters est très nerveux. Becki pousse un peu sa voix face à l'harmonica magique de King. Les White et Jeff Hayes soutiennent parfaitement l’édifice sonore. Des rythmes de rumba introduisent "Stranger blues", une finale chantée par Becki et ponctuée par les riffs du sax ténor. La guitare de Boyle s’y révèle aérienne. Après une bonne trentaine de secondes de silence, l’opus nous propose encore une reprise a capella d’"I can't stop it". J'apprécie beaucoup cet album. C’est d’ailleurs mon coup de cœur du mois.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

About them shoes

Hubert Sumlin est une des dernières légendes vivantes du blues. Né fin 1931 à Greenwood, dans le Mississippi, il passe une bonne partie de sa jeunesse dans l'Arkansas. Il accomplit ses premiers pas musicaux à Memphis, en compagnie de l'harmoniciste James Cotton. Hubert est incontestablement un des guitaristes les plus éminents du Chicago blues urbain d'après-guerre. Il forgera essentiellement sa célébrité à partir de 1954, en participant à l’aventure du Howlin' Wolf Band.
 
Guitariste inventif et créatif, il a marqué de son empreinte des classiques tels que "Built for comfort", "Killing floor" ou "Wang dang doodle"! A la mort du géant en 76, il accompagne le saxophoniste Eddie Shaw au sein du Wolf Gang. Depuis, il a multiplié les collaborations avec beaucoup d'autres artistes. En fait, Hubert chante peu. Victime d'un cancer du poumon en 2002, il a subi une opération chirurgicale. Et apparemment, il est sur la voie de la guérison. Ce qui ne l’empêche pas d’être demeuré un fumeur invétéré et un éthylique impénitent !
 
« About them shoes » a été concocté en avril 2000, sous la houlette de Keith Richard ; mais il n'était jamais sorti. Tout au long de ce concept album, Hubert Sumlin interprète le répertoire de Muddy Waters. Lors des sessions d’enregistrement, Hubert avait réuni un backing group particulièrement solide ; et notamment des anciens du Muddy Waters Band (Bob Margolin à la slide et Paul Oscher à l'harmonica), des grands noms du blues contemporain (Mudcat Ward à la basse et David Maxell au piano) ; et enfin, Levon Helm (NDR : du Band) à la batterie. En outre, toute une série d'invités se partagent les parties vocales. Au menu : 13 plages. Sept écrites par Muddy, cinq par Willy Dixon ; et la plage finale est signée Sumlin! Le résultat nous réserve un grand moment de Chicago Southside blues. Hubert n'est plus au sommet de son art à la guitare ; n'empêche, les musiciens en présence parviennent à élever très le haut le niveau l'ensemble. L’opus s’ouvre par "I'm ready". Eric Clapton chante et joue de la guitare auprès d'Hubert. Un Clapton comme on aime l'entendre. Le son dispensé par Paul Oscher à l’harmonica est très agréable à l’oreille. Paul est un redoutable souffleur sur l'instrument chromatique. Issu de la plume de Waters, "Still a fool" est un slow blues au son largement dépouillé. Les accents sont volontiers dramatiques. Les guitares sont partagées entre Hubert et Keith Richard. Ce dernier assure les parties vocales ; et surprise, au sein de cette atmosphère, sa voix passe bien ! Minimaliste, la section rythmique est assurée par des potes à Keith : George Receli (Bob Dylan Band) et Blondie Chaplin (ex-Beach Boys et Band). Le "She's into something" de Dixon marque un changement de style. L'ambiance de la Nouvelle Orléans est ici reproduite. Authentique louisianais qui joua chez Dr John et les Neville Brothers, George Receli chante d'une voix graveleuse, pendant que James Cotton souffle dans l'harmonica. Plus de doute, nous sommes chez Muddy Waters pour un merveilleux "Iodine in my coffee", chanté par le bassiste noir Nathaniel Peterson (ex Savoy Brown). Paul Oscher est émouvant dans son jeu. Maxwell y va de son Otis Spann au piano. Margolin se montre éblouissant à la slide ; et enfin, Hubert prouve qu'il a plus que de beaux restes. Peterson chante également "Evil" et un tonique "Don't go no farther" au cours desquels Hubert semble retrouvé. Chaplin chante le southside shuffle puissant "Look what you've done". La même équipe y prend son pied. Hubert manifeste davantage de franchise dans sa sortie. Paul Oscher chante "Come home baby" et souffle à la manière de George Smith. Divin ! Quel bonheur d'entendre ces musiciens partager cet esprit commun. Un grand moment! Eric Clapton revient chanter "Long distance call", un des grands blues lents de Waters. L'authenticité manifestée par Oscher, Margolin et Maxwell mérite le respect! David Johansen (ex-New York Dolls, Buster Pointdexter) vient donner de la voix sur deux plages : "The same thing" et "Walkin' thru the park". Préparé à la sauce moderne, elles épinglent de sublimes interventions d’Oscher à l’harmo. En fin de parcours, George Receli chante encore "I love the life I live, I live the life I love", soutenu par des chœurs et les guitares de Keith Richard et de Sumlin! Pour clôturer l’opus, Hubert se met enfin à chanter son "This is the end, little girl". Il conjugue ses cordes acoustiques avec celles de Keith, pendant que Paul Nowinski se charge des parties de basse. Un moment d'émotion que l’on partage allègrement ! Si vous souhaitez en connaître davantage sur la vie d’Hubert Slim, je vous invite à vous plonger dans la lecture d’"Incurable blues", un bouquin écrit par Will Romano et paru chez Backbeat Books.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Acid blues experience

Chanteur/guitariste largement inspiré par Jimi Hendrix et Robin Trower, Curtis Feliszak est originaire de Riverdale, dans le Chicago southside. Il entame sa carrière à Chicago, mais émigre rapidement à Los Angeles où il fonde le Stoney Curtis Band. En 1994. Au sein du line up, on retrouve déjà Charlie Glover à la batterie. Il faut cependant attendre 2002, pour voir la formation sortir "Alive and unleashed", un double CD enregistré en public.
 
« Acid blues experience » est paru au cours de cet été 2005. L’univers sonore y est très électrique. Très amplifiée, la guitare sert de toile de fond à la voix de Stoney. Mais cette guitare envahit régulièrement l’espace sonore. Elle est même très dense tout au long du titre d’ouverture, "Last train to Chicago". L’intensité y est omniprésente. Une leçon d'efficacité ! La formule est toute trouvée. La pression est maintenue. Le tempo ne varie guère. Quoique toujours bien maîtrisée par Stoney, la guitare gémit et vocifère. Puissant, "Evil woman" adopte un ton hard blues. Dans le style, la musique ne manque pas d’allure. La section rythmique manifeste une cohésion indéniable. Dès "Bullets", les choses se précipitent. La guitare se couvre d’accents ‘hendrixiens’. On navigue en plein heavy metal. Le trio infernal écrase tout sur son passage. Il est destructeur. Stoney peut s’appuyer une section rythmique particulièrement solide : Charles Glover II aux drums et Colby Smith à la basse. Tout au long de cette plage menaçante, les changements de rythme se multiplient, rejetant le hard rock de Motörhead chez les poids légers. Shuffle instrumental, "Mulholland shuffle" est bien plus proche du blues. Curtis y étale toute sa dextérité. Il multiplie les notes en passant en revue toute la panoplie des effets maison. Puissant, "Crashin' down like thunder" constitue le slow blues de rigueur. Curtis sature d’électricité son "Red House Blues", mais l’absence de feeling blues (NDR : principalement dans le domaine des vocaux) fait cruellement défaut. Une introduction acide et déjantée prélude "Around the world", une nouvelle incursion dans le domaine du hard rock pur et dur. Si "Colors" émarge à la pop vigoureuse, "Soul love" nous réserve une gentille ballade. Surprenant ! "Like a man" nous replonge dans le hard rock, avant que "Baby needs lovin" ne renoue avec un rockin' blues enlevé. L’elpee s’achève par "World without you", une très longue plage à l’atmosphère paisible. Un disque destiné aux amateurs de guitare technique et largement amplifiée.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Out and about

Hank Shizzoe est né en Suisse. En 1966. Il vit d’ailleurs toujours à Berne et est un peu considéré comme un chantre, chez les Helvètes. Très apprécié par Crosscut, il avait déjà commis quatre albums studio pour le label allemand : "Low budget" en 94, "Walk" en 96, "Plenty of time" en 98, un opus éponyme en 2001 et un double live ("In concert") - pour lequel il avait reçu le concours de Sonny Landreth - en 2003. Hank vient de fonder une nouvelle formation : The Directors. Mais il participe également à des tas d’autres projets musicaux ; apportant notamment sa collaboration à la chanteuse Claudia Bettinaglio, aux Alpinistos, à Max Lässer ou encore à Toni Vescoli,...
 
Au sein des Directors, Hank se réserve le chant, les guitares, le bouzouki, la lap steel, l’ukulele et assure la composition. Oli Hartung se consacre exclusivement aux guitares. Enfin la section rythmique est composée de Michel Poffet à la basse et de Christoph Beck aux drums. Pour enregistrer « Out and about », la formation a bénéficié de la participation de quelques amis invités. La musique est très éclectique. Elle oscille de la chanson intimiste, presque acoustique, aux plages les plus électrifiées. A l’instar de la plage qui ouvre le disque : "Out and about". Les riffs de guitares sont coriaces, volontairement lourds. La lap steel se détache de l’ensemble. Très roots, "Your luck will find you" est une ballade très mélodique. L’orgue émet la sonorité légère d’un accordéon. Bien dans le tempo, Hank est ici au sommet de son art. La transition opérée par "Happy man" s’opère toute en douceur. Polo Hofer s’acquitte des répliques vocales devant le piano et la slide. Cet intimisme vaporeux domine encore "Do it now". La lap steel de Hank ronronne. Sa voix chaleureuse alimente une ambiance propice à rester au coin du feu. Western swing et mélancolie hawaïenne imprègnent "Jam". L'amplification est à nouveau branchée pour aborder "Wrong numbers". Le son de la lap steel est particulièrement réverbéré et prend un envol très métallique. "Between rhythm and blues" repose sur un riff que n'auraient pas renié les meilleurs hard rockers du temps passé. La slide flirte avec les autres guitares sous le regard inquiet de Poffet et de Beck, responsables d’une assise rythmique de plomb. Michael Poffet ne tient plus en place et dirige la manœuvre lors du bref et décapant "Mrs Hippy" ; c’est le moment choisi par les guitares de s’autoriser un véritable délire. "Stumble through the desert" marque le retour à la douceur. Ce qui n’empêche pas les différents instruments d’élaborer une trame complexe. Tout est superbement mis en place dans le monde sonore de Shizzoe. La voix de Claudia Bettinaglio apporte une certaine délicatesse à la mélodie éthérée de "Fuzzy" ; mais également à celle de "Long lists". Dans un style au sein duquel Shizzoe excelle... La précision du jeu des musiciens est très perceptible tout au long du swinguant "These are the days" et puis lors de la finale "That's who I am". Hank Shizzoe et ses amis viennent d’écrire un nouvel épisode de l’histoire de la roots music. Et il est particulièrement captivant !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Meat & potatoes

Ce jeune musicien anglais est né dans le Sud profond de l'Angleterre. En 1971. A 16 ans, il découvre le rock'n'roll avant de se tourner vers le blues. Il choisit alors pour nouveau dieu : Muddy Waters. A 20 ans, il fonde son premier groupe : Mr Siegal. Dont il transforme le nom en Ian Siegal and the Score pour commettre son premier elpee, "Picture postcards". Il s'installe alors à Londres et rencontre d'autres compatriotes comme Lee Sankey, harmoniciste de talent, en compagnie duquel il joue régulièrement. Il opte enfin pour patronyme de son band : le Ian Siegal Band. Une formation responsable l'année dernière de l’opus "Standing in the morning". Paru sur le label allemand Taxim, ce disque a été très bien accueilli par la critique. Ce qui lui a sans doute permis de tourner en première partie des Rhythm Kings de Bill Wyman.
 
"Sugar rush" emprunte un bon tempo. La section rythmique soutient les cordes du soliste Matt Schofield. Une section qui pour la circonstance réunit la basse d’Andy Graham, les drums de Nikolaj Bjerre, l’orgue hammond C3 de Jonny Henderson et la guitare rythmique de Ian. La voix de Siegal est très musicale. Il est capable de la moduler à souhait. Et même d’emprunter le timbre caverneux de Howlin' Wolf. Un timbre qui peut se faire étrange et hypnotique. A l’instar de l’excellent « Revelator ». Face au riffs de guitare, la sonorité des cordes accentue cette impression d’insolite. Siegal possède un solide talent de compositeur. "Butter side up" baigne au sein d’une certaine sérénité. Très présente, la voix ne manque pas de caractère. Dans un registre proche de Chris Rea. "Drowned my sorrows" marque un changement radical de style. Les percussions se manifestent d'entrée sur un chant incantatoire auquel réplique les choristes. Pour la circonstance, Ian a choisi une guitare National steel, à la sonorité bien métallique. Plage funky, "Brandy balloon" baigne au sein d’un certain exotisme. Un soupçon de reggae filtre dans le rythme. L'orgue d’Henderson se fond au cœur de ce climat propice au dialogue échangé avec la batterie. Rejoint par l'harmonica de Giles King, la guitare acoustique ouvre une parenthèse rafraîchissante de blues rural chez "Work". "She got the devil in her"/"I gotta try baby" baigne au sein d’une atmosphère Delta. La voix majestueuse de Ian domine son sujet. Les cordes s'enflamment alors que cette rythmique lancinante persiste. L'arrangement est royal. Une plage qui monte lentement mais sûrement en puissance. La voix devient surpuissante, expressive, impressionnante. On entre alors clairement dans le monde du southside de Muddy Waters. L’organe de Ian est à nouveau remarquable lors de son interprétation de "Falling on down again", un R&B particulièrement lent. Et Jonny, à l’orgue, mène parfaitement sa barque. L’univers sonore est pour la circonstance très proche de celui d’Otis Redding époque Stax. Encore que les inflexions de la voix me font plutôt penser à l'Irlandais Van Morrison. Le tempo s'élève pour le R&B "Bloodshot". Une plage enflammée par une solide partie de cordes exécutée par Schofield. L'Interlude #2 trahit une nouvelle fois l’admiration sans bornes qu’il porte à Waters. Un vrai bonheur ! Le jeu de slide du maître est fort bien respecté. "Magdalena" opère une autre brillante incursion sur l'axe Mississippi – Chicago. La voix caverneuse de Howlin' Wolf revient chatouiller nos oreilles. Très bien ficelé, le titre maître est définitivement tourné vers le Delta. Le timbre vocal de Ian Siegal y est sculpté comme un joyau. La guitare lorgne du côté de John Lee Hooker voire de Lightnin' Hopkins. Un must pour 2005!

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Flash forward

Corky Siegel (chant, harmonica, piano) et Jim Schwall (guitare, chant) fondent, au beau milieu des sixties, le Siegel-Schwall Band, un des groupes pionniers de blues blanc aux States. Le tandem se partage la composition. Et engage Sam Lay aux drums. Un vétéran qui milita au sein du Little Walter Band à la fin des 50s, puis accompagna Muddy Waters et Howlin' Wolf, avant de rejoindre le Paul Butterfield Blues Band. Le line up sera complété ultérieurement par le bassiste Rollie Radford, un personnage qui rejoindra le groupe peu de temps avant sa première séparation. La formation commettra de nombreux elpees jusqu'à leur split, en 1974 ; dont le tout premier éponyme. En 1966, chez Vanguard. En 88, l’ensemble se réunit lors d’un concert accordé à Chicago. Un opus ‘live’ (sorti chez Alligator) immortalise cet événement : "Reunion Concert".
 
« Flash forward » constitue donc le premier album studio du Siegel Schwall Band, depuis 32 ans. Evidemment si on ne tient pas compte de la discographie en solitaire des deux leaders. Et notamment les deux opus de Corky Siegel et son Chamber Blues : "Corkie Siegel's Chamber Blues" ainsi que "Travelling Chamber Blues show!". Les deux musiciens blancs sont donc à nouveau soutenus par une section rythmique bien noire. En ouverture, "Afraid of love" épouse la structure rythmique de Jimmy Reed. Corky se réserve l’essentiel de la partie solo. A l’harmonica. Assis derrière ses drums, Sam assure les vocaux. Très rythmique, la guitare fait preuve d’une grande efficacité ; mais les choeurs sont plutôt encombrants. Corky chante son "Déjà vous", une compo très rythmée, assez boogie. Son jeu d'harmonica n'est guère éloigné du style pratiqué par Sonny Terry. Le chapitre instrumental est très intéressant, brillant même ; malheureusement j’émettrai de nettes réserves pour le chant et surtout les chœurs pathétiques de Rollo et de Miss Marcy Levy. J'apprécie beaucoup Sam Lay. Il a écrit et chante "Goin' back to Alabama". Corky y démontre qu’il est bien meilleur instrumentiste que vocaliste. Jim Schwall signe "The underqualified blues", un slow blues largement inspiré par Muddy Waters. Il chante un peu mieux que Siegel. L’intervention à l’harmonica est sublime. Proche de Little Walter voire de James Cotton elle transpire le vécu. Le piano est bien présent et joue parfaitement son rôle. A l’instar d’un Bob Margolin épaulé par Muddy, Jim opère sa sortie. Rollo Radford (le bassiste) a écrit le récréatif et un peu fêlé "Krazy". En outre, il chante d'une voix plus mâle que ses amis blancs. La plaque recèle cependant quelques plages plus faibles : "Can't stop" et son rythme reggae, "On the road" aux accents country (NDR : Jim se consacre pourtant à la mandoline) ou encore "Twisted", un peu trop calqué sur le classique "Killin' floor". Mais dès que Sam Lay revient sur le devant de la scène, les compos retrouvent, comme par magie, toute leur intensité. A l’instar du boogie "Rumours of Long Tall Sally", un des sommets de l'album… mais surtout un fragment qui inspire les deux solistes. Ballade délicate chantée d’un timbre grave par Rollo, "Pauline" est imprimé sur un tempo subtil. En finale, le très downhome blues "Stormy weather love" est empreint d’une grande sensibilité. Sam Lay la chante avec beaucoup de feeling et de sensualité. Bien qu’affichant de solides atouts, "Flash forward" nous laisse un peu sur notre faim. Bien sûr, les musiciens sont d'un niveau plus qu'honorable, et en particulier Siegel ; mais il faut reconnaître que le bât blesse dans le domaine des vocaux.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Struck by lightning

Le leader charismatique du british blues band Savoy Brown est aujourd’hui âgé de 57 ans. Ce Gallois d'origine vit cependant depuis bien longtemps près de New York, avec sa famille. Au fil du temps, il s'est assagi et se réserve des moments plus personnels, plus intenses, dans un monde acoustique, sans la moindre amplification. Il a ainsi commis "Solitaire" en 1997 et "Blues like midnight" en 2001. Deux elpees, enregistrés en solo, vous vous en doutez.
 
Ce nouvel opus trempe encore dans l’univers de l’unplugged. Kim ouvre cette plaque par le titre maître. Il est à la recherche de la vérité, et sous l'emprise des artistes de Fat Possum, le challenge n’est pas évident à accomplir. La guitare est très claire. Seules quelques timides percussions colorent cette plage. Il est soutenu par une section rythmique constituée de Dennis Cotton à la batterie et de Pat Desalvo à la basse acoustique, pour attaquer "Then last train has gone". Une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Il se rappelle ses jeunes années passées au Pays de Galles, lorsqu’il admirait les machines à vapeur alimentées au charbon local! Blues lent, envoûtant, "The truth comes on" est une chanson personnelle marquée par l'apparition de Mark Nanni (de Los Blancos) au piano. "Ain't no free" est une plage issue du répertoire de NRBQ que Kim avait déjà interprétée lors des concerts de Savoy Brown. Il en donne ici une version acoustique, très riche dans le jeu de cordes. Il reprend une ballade blues composée dans les années 20 par Pettie Wheatstraw. Un bluesman décrit comme le beau-fils de Satan bien avant que Robert Johnson ne vende son âme au même diable. Elégante, cette plage est illuminée d'un bref solo que soulignent les accents métalliques du dobro. La reprise du "So glad you're mine" d'Arthur Crudup marque un changement de style. A ses débuts, Elvis Presley l’avait adapté sur le ton rock, à l’instar de "That's alright mama". Respectueux de la version blues originale, Simmonds y étale une classe certaine. Son "My home is a highway" traite du sort des sans-abri. Il s’agit probablement de la plus belle page de l'œuvre. Un blues fragile marqué par la pureté de son jeu de guitare. L'elpee est agréable, même s'il n'est pas bouleversant. Et recèle encore de très bons moments. A l’instar de "Living in New York" et de la finale, une version différente du titre maître. Brute, très naturelle, elle est issue de la démo originelle. Néanmoins, je préfère de loin le Kim Simmonds électrique ; celui qui dirige Savoy Brown depuis près de quarante ans. Excusez du peu!