Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 31 décembre 2005 01:00

The blues ´ll get ya

Les Moondogs se proclament trio rockin' blues moderne et contemporain ! Leader, Derek Timms chante et joue de plusieurs instruments. Il est soutenu par Eddie Masters à la basse et Graham Walker aux drums. Fondée à Londres en 1999, la formation jouit d’une solide réputation en ‘live’. La musique des Moondogs est très électrique et ne laisse guère de place à la douceur.
 
L’opus s’ouvre par "Every thing". Tout au long de ce boogie bien en rythme, la guitare largement amplifiée de Derek se complait, dès qu'elle se libère, dans un registre exclusivement rock. Signé Greg Allman, "The midnight rider" est arrangé à la sauce Timms. Sa voix passe bien. Pour la circonstance, le trio est renforcé par l'orgue de Paul Miller et les percussions de Kwaku Dzidzornu. "Travelling show" est tramé sur un riff blues. La voix de Timms est toujours bien en phase. Elle possède du caractère. Manifestement bien pensés, les arrangements sont assez complexes. Au cours de cette plage, le jeu de guitare se développe avant de céder le relais à la basse de Masters. A l’arrière plan, Rod Argent (NDR : un vétéran qui s’est illustré chez les Zombies au cours des sixties avant de fonder Argent dans les années 70) tapisse la solution sonore de son orgue ; et j’apprécie tout particulièrement ce "Travelling show" généreusement imbibé de jazz! "Blue tatoo" baigne au sein d’un univers plus propice à la musique progressive. Et en particulier celui de Manfred Mann lorsqu’il présidait à la destinée de l’Earth Band. Blues électrique lent, "The blues 'll get you" est nappé par l'orgue Hammond de Paul Miller. Un titre qui manque certainement de panache, mais qui ne souffre pas de l’aspect démonstratif et flamboyant d'un Gary Moore par exemple. La reprise de "Little red rooster" est déjà plus convaincante. A cause de la présence de Paul Miller au piano et de Richard Smith à l'harmonica. De l’efficacité de la guitare aussi. Malheureusement, la section rythmique est assez embarrassante pour ce type de répertoire. Derek joue le bref instrumental "Moon dog boogie" en solo. Sa guitare flirte ici avec le style de Freddie King. Une compo, ma foi, fort agréable à écouter. Dans un registre plutôt hard pop, "That's what she said" marque un retour à la formule du trio rock. Une formation qui doit certainement briller sur les planches… Une mandoline balaie délicatement le roots pop "Don't worry 'bout a thing", tandis qu’un riff rythmique inspiré des Stones alimente "Tank full of fuel". La voix de Timms et aussi grave et chaude que celle de Tony Joe White sur l’intimiste "Hitman", une plage dont l’ambiance ténébreuse trempe dans le swamp rock. Très réussi ! La cover du "Baby please don't go" de Big Joe Williams achève cet opus de bonne facture. Une version qui respecte l'arrangement assez exceptionnel qu'en avait fait le Them de Van Morrison, il y a déjà quarante-deux ans. Oui, oui, en 1963 ! Une chanson qui figurait sur la face B du plus grand hit de la formation irlandaise : "Gloria". Et je vous prie de croire que c'est du solide ! D’autant qu’on y retrouve Jim Rodford (ex-Argent) à la basse.

samedi, 31 décembre 2005 01:00

The King sessions

Le label Ace avait déjà édité une première collection consacrée à Little Willie John : "The early King sessions". "The King sessions : 1958-1960" constitue donc la deuxième. William Edward John est né en 1937. A Cullendale, dans l’Arkansas. Il passe sa jeunesse dans la Motor City de Detroit. Il y chante déjà le gospel. Dans les églises. Au sein de United Five. En compagnie de deux sœurs et de deux frères. En 1955, il signe chez King. Il est alors à peine âgé de 17 ans. Il acquiert une certaine notoriété et décroche deux succès "Need your love so bad" et "Fever". En 1958, il commet "Talk to me, talk to me", un single assez soul/pop, caractérisé par la performance de sa voix au timbre à la fois saisissant, puissant et limpide. Mais la flip side se révèle bien plus intéressante. Un blues rythmé signé Otis Blackwell/Henry Glover, "Spasms". Un fragment rehaussé par la brillante intervention d'une guitare, de Georges Barnes ou d'Everett Barksdale.
 
L’elpee passe en revue les différentes facettes de l'artiste. On y rencontre des ballades pop, langoureuses et sucrées comme "You're a sweetheart", "All my love belongs to you" ou "Let them talk" ; mais Little Willie peut également devenir rocker. A l’instar de "Let's rock while the rockin's good", une compo enrichie par le saxophone alerte de Lowell Hastings. Un morceau qui remonte quand même à 1958. "Don't be ashamed to call my name" souffre de chœurs féminins encombrants. Le chant se fait agressif pour "Why don't you haul off and love me". Le sax ténor d'Hal Singer illumine le décor. "Leave my kitten alone" bénéficie du concours d’un certain Mickey Baker aux cordes. Remuant, "Heartbreak" fait monter l’adrénaline. Au sommet de son art, John démontre toutes ses aptitudes naturelles pour chanter le blues. A l’instar de "Tell it like it is" ou de "I'll carry your love wherever I go", deux ballades blues qui mettent en exergue l’excellent jeu de guitare. "No more in life" embrasse une forme jazz/blues fin de soirée. La formation de Bill Doggett ( Bill à l'orgue, Billy Butler à la guitare et Clifford Scott au saxophone) y accomplit une performance remarquable. "My love is" emprunte une forme beaucoup plus jazz. Une plage introduite par une basse réminiscente du hit "Fever". Dans le même registre, "I'm shakin" affiche cependant davantage d’affinités avec le R&B. "Do you love me" manifeste un punch similaire à celui de Little Richard. Pas étonnant lorsqu’on sait qu’il y est accompagné par des membres des Upsetters, le band du petit Richard ; c'est-à-dire Grady Gaines au honky sax et James Booker au piano. "There's a difference" clôt cet opus. Une ballade qui aurait pu figurer au répertoire de Sam Cooke.
mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Fat sausage for dinner

« Fat sausage for dinner » constitue (NDR : enfin !) le premier album officiel de Mathias Dalle (The Goon Mat) et Laurent Gossens (Stinky Lou). Pour la circonstance, nos amis français ont reçu le concours de l'harmoniciste Lord Bernado. Fin 2003, il avaient commis une excellent démo, "A roots blues and boogie night". Sur cet elpee, ils en reprennent trois titres. A l’époque, ils nous avaient séduits par leur blues poisseux. Celui qui s’inspire des juke joints poussiéreux produits au cœur du Delta du Mississippi. Ils persistent et signent !
 
En ouverture, "One more time" nous plonge immédiatement dans ce Delta. Un avant-goût de l’aventure que nous allons vivre. Fermez les yeux et imaginez que vous êtes à un jet de pierre des collines sises au nord du Mississippi. Au bord des rives. Près de Clarksdale voire de Vicksburgh, très exactement. Naturelle, la slide est très roots. Lord Bernado souffle nerveusement et en rythme. La voix chevrotante de Matt est lumineuse. L'esprit local est parfaitement respecté. L’assimilation de ce patrimoine est une réussite totale. Il est d’ailleurs conseillé d’écouter plusieurs fois de suite cette entrée en matière, pour se rendre compte de l’exploit. Le profil rots est nettement accentué tout au long d’"I wonder". Matt donne de l’impulsion dans la voix. Il caresse son bass drum. Le washtub de Stinky Lou entre dans la danse. Le rythme prend son envol. La complicité opérée entre la voix et les cordes est saisissante. Elle fait même merveille tout au long d’"Its 'a shame". Marc T ne résiste plus. Il s'assied derrière les drums et secoue le shaker. L'harmonica de Lord Bernado fait son apparition sur un rythme proche des meilleurs moments de Jimmy Reed ; ceux qu’il célébrait à ses débuts. Tout un contexte qui permet de communiquer ce petit grain de folie à "You drive me crazy". La production de Marc Tee met la voix de Matt à l'avant-plan. Elle la rend percutante, puissante et tellement présente. "Somebody else" est imprimé sur un tempo immédiatement reconnaissable. Nous sommes dans l’univers du géant "Howlin' Wolf". Matt hausse la voix comme s’il était hanté par le loup mythique. L'harmo souligne chaque ligne vocale. Cet instrument enrichit la solution sonore, c’est une certitude. En outre, Bernardo dispose d’un tel registre, qu’il est capable de s’adapter à toutes les situations. Ce qui ne l’empêche pas de bien se mettre en évidence. A l’instar de "Tell me", une plage minimaliste, réminiscente de Ligthnin' Hopkins voire de John Lee Hooker. La fusion du réalisme, de l’authenticité et du magnétisme ! "Cha cha cha" manifeste des accents exotiques. Une invitation à vous remuer. Très musicale, la slide rayonne. Un fragment de courte durée particulièrement relaxant. Une pause qui prélude un nouveau plongeon dans le grand fleuve aux berges boueuses. La ligne du chemin de fer est toute proche. Elle mène au Grand Ouest. Le rêve d'une vie meilleure. La guitare menace, écrase comme si elle voulait exacerber ce songe qui tourmente l'âme avant que la folie nous rejoigne. C’est la "San fransissy line"… Les percussions au pied de Marc T passent à l'avant-plan pour imprimer une marque Fat Possum à "I don't want you". Le rythme est envoûtant et hypnotique. L'harmo répète son motif en soulignant la slide. Nous sommes dans le Haut Mississippi, un moment privilégié propice à la reprise furieuse du "Poor black Mattie" de R.L Burnside. Le climat est saturé d'humidité. Tous les regards sont orientés vers la vallée, où le grand fleuve s'étire. La guitare invite les convives à chanter en chœur "Moanin' and tumblin". Le bonheur est dans l'âme. Marc T et Elmore D rejoignent bientôt Matt, Lou et Benardo. La finale est très expérimentale. Mais dans l’esprit de Fat Possum. Marc T a créé de toutes pièces cet univers hypnotique qui enveloppe "I don't treat you right". Les sonorités fluctuent. Les voix et instruments sont trafiqués. Nous quittons ce monde du mal vivre dans une folie surréaliste. Les esprits de Stinky Lou & the Goon Mat sont en pleine ébullition. Bien que chez eux dans le monde des juke joints, ils ne restent pas en place et veulent bousculer leurs propres traditions. Ils nous réservent probablement de nouvelles surprises dans futur. Mais passeront-ils des arrières salles poussiéreuses et enfumées vers le garage débridé et sauvage?
samedi, 31 décembre 2005 01:00

I´m on a roll

Depuis une bonne génération, Paul Lamb est considéré comme un des bluesmen anglais les plus brillants. Flanqué de ses King Snakes, il a apporté beaucoup de bonheur à la scène blues d'outre-Manche. Mais aussi d'ailleurs ; car il s'est largement exporté. Originaire du Nord Est de l’Angleterre, il a sévi au sein de Smokestack Lightning. Dès 1979. Un combo au sein duquel il s’est forgé une certaine expérience. Il transite ensuite chez Barfly et surtout les Blues Burglars, une formation qui s’était produite en Belgique. En outre, elle avait commis un elpee en 1986 : "Breaking in". Paul décide ensuite de partir à Londres. Il y monte ses King Snakes, en compagnie de son vieil ami, le guitariste John Whitehill, et du chanteur slider Johnny D. L’ensemble commet un tout premier album en 1991 : "Paul Lamb and the King Snakes", sur le label Blue Horizon de Mike Vernon. Puis "Shifting into gear", l’année suivante. Pour le label belge Tight & Juicy (NDR : où es-tu Jeroen?). Changement de line up important, puisque Chad Strentz est désormais le chanteur. Le band va alors aligner toute une série de long playings, pour la plupart chez Indigo ; mais également connaître de multiples changements de personnel ! Earl Green, l'ancien chanteur des Dance Kings participe à la confection de "Take your time Get it right" en 2000, et à l’enregistrement de "Live at 100 Club", deux ans plus tard. Enfin, un DVD (“Live at the Buttermarket Jazz and roots club”) immortalisé à Shrewsbury est paru en 2003.
 
Pour concocter "I'm on a roll", Paul a de nouveau reçu le concours de son ancien chanteur, Chad Strentz. Un vocaliste particulièrement doué qui avait fait ses premiers pas dans l’univers du rockabilly. Comparse de ses débuts londoniens, le bassiste Rod Demick est également de la partie. Et pour compléter le line up, il a pu compter sur la présence du drummer Sonny Below (NDR : il est quand même au poste depuis 98) et du guitariste espagnol Raul de Pedro Marinero (NDR : impliqué depuis octobre 2003, il a remplacé ce bon Whitehill, reparti dans le Nord !).
 
L'album s'ouvre par la plage titulaire. Une compo qui ne manque pas de swing. La voix de Chad se prête parfaitement au style des King Snakes. Au sein de ce décor sonore, le sax baryton de Nick Lunt et le ténor de Lee Badau viennent contester la suprématie de l'harmo ! Taillé dans un style west coast cher aux Snakes, "Down the road" monte en épingle le jeune gratteur espagnol. Une fine lame, il faut le reconnaître ! D’excellente facture, cet opus est découpé en seize plages, pour la plupart des compositions composées par les différents musiciens. Quelques reprises quand même ! Tout d’abord celle du "Baby please don't go". Très swingante et rythmée, elle constitue une rampe de lancement idéale pour la sortie étincelante de l'harmonica. Le "My baby don't love me no more" de Jimmy Rogers, ensuite. Une version très speedée caractérisée par de brusques changements de rythme que mettent à profit Paul et Raul ! Enfin, une adaptation du "You'd better mind" de Sonny Terry et Brownie Mc Ghee. Paul ne rate jamais l’occasion de nous rappeler que le style ‘whoopin’, institué par Terry, reste sa première influence. Et, il l’applique à la perfection. Revenons aux compos persos. Plage meurtrière, "Get up" est issu de la plume de Strentz. Très vive et dynamique, elle laisse le loisir aux cuivres (NDR : invités !) de s’exprimer. Slow blues, "Adopted child" évoque George Smith. Visionnaire, l’harmonica chromatique paresse. Des son côté, Raul se réserve une grande sortie. Paul est à son meilleur niveau. Son jeu est brillant. Dans tous les registres et sur tous les tempos. Et il le démontre aussi bien sur tous les instrumentaux, le vivifiant "Going for it" ou le merveilleux shuffle "Swingin". Un fragment au cours duquel la remarquable cohésion musicale emporte tous les suffrages. Ryan Lamb, le fils de Paul, y est préposé à la guitare. Il n’a pas vingt ans et laisse déjà une toute grosse impression. Blues sémillant sculpté dans un style Chicago très fifties, "A piece of mud" allie simplicité et efficacité. Ryan est toujours aux cordes! En fin de parcours, Raul opère un exercice de style dans le jazz swing à la T-Bone, en dialoguant avec le sax ténor de Badau sur "Raulin around". Les King Snakes viennent encore de commettre un excellent elpee…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

4 days in the South

Esthète de la guitare, Greg Koch vit à Milwaukee, dans le Wisconsin. Respecté par ses pairs, il possède une technique au-delà de la normale. Une technique qui lui a permis et lui permet encore d’écrire des ouvrages consacrés à cette discipline. Pas pour rien qu’il constitue une des chevilles ouvrières de la Fender Clinic, le laboratoire de la célèbre marque de guitares. Depuis 1998, il bénéficie de la collaboration de ses fidèles Tone Controls : Tom Good à la basse et John Calarco aux drums. Il a sous-titré cet opus "A southern chicken fried blues rock bonanza"! Et ces quatre jours dans le sud, il les a passés au studio Duck Tape Music de Decatur, dans l'Alabama, sous la houlette de Johnny Sandlin, un personnage qui a régulièrement travaillé en compagnie des Allman Brothers, de Widespred Panic, de Dixie Dregs et de Delbert McClinton.
 
L'album s’ouvre par un excellent "Bored to tears", un shuffle illuminé par la guitare de Koch. Sa voix n'est pas remarquable mais elle respecte l’harmonie. Ses cordes sont soutenues par une solide section rythmique constituée par la basse de Roscoe Beck (NDR : un invité !) et la batterie de Calarco. Il plaque des accords vigoureux pour créer un riff destiné à guider "When were the good old days", une plage beaucoup plus rock, et déjà bien sudiste. Les différents instruments sont vraiment bien mis en place. La voix se fond dans l'expression sonore caractérisée par le re-recording des guitares. Faut dire qu’en général, le line up des groupes de southern rock alignent un front (NDLR : commun ?) composé de trois guitaristes. Les guitares réverbèrent leur écho tout au long du funky blues "You just can't get there from here". L’ami Steve Cohen a ramené son harmonica. Les vocaux des musiciens confèrent une ambiance chaleureuse à cette composition. Greg se multiplie à nouveau : il joue ainsi de la Telecaster en picking d'un côté, et de la slide de l'autre. La guitare rythmique se fait volontairement lourde pour "Your face", un boogie rockin' blues qui évolue dans un style proche de Billy Gibbons du ZZ Top. Tant dans les effets, la manière de s’évader que dans la forte densité de notes libérées. "Thems the breaks" est une bien jolie composition country. Une des deux guitares a emprunté les accents du dobro. Savant dosage entre sonorités amplifiées et acoustiques, cette plage étale toute sa richesse. "Fools gold" repose sur une ligne mélodique solide. La mise en forme est particulièrement soignée (NDR : une constante tout au long de cet elpee !). Le son est très travaillé. Les vocaux des différents intervenants - y compris ceux de l'invité Willy Porter - sont parfaitement mis en place. Et la touche sudiste n’a pas été omise. "Keep on singin" opère une nouvelle diversion dans la musique country, mais sans vraiment convaincre. Excellent blues lent, "The love contractor" impressionne par le toucher des cordes, tour à tour steel, hawaïen ou torturé par le jeu subtil des pédales. Le "Folsom Prison blues" de Johnny Cash constitue un autre tour de force. Imprimé sur le rythme du chemin de fer, il bénéficie de montages sonores somptueux et regorge de tonalités étourdissantes aux cordes. La dextérité de Greg Koch n'y est pas étrangère. L’artiste est spécialement doué et n’hésite pas à tirer parti de toutes les cordes ( ?!?!?) de son arc. La complexité et la mise en place des instruments évoluent dans un univers sensiblement proche du "Chicken from Hell" de Frank Zappa. Même dans la voix, l’âpreté de la section rythmique et l’esprit plutôt free jazz. L'album s’achève par se termine par "JSK", un très bel instrumental sudiste qui implique à nouveau Roscoe Beck aux quatre cordes…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

White trash girl

Pour ce nouvel album, la pulpeuse et sulfureuse californienne Candye semble avoir décidé de renouer avec le Texas. L’émotion l’étreint lorsqu’elle se souvient de Clifford Antone. De celui qui lui a offert sa première chance d'enregistrer un album. Elle est donc retournée à Austin pour mettre en boîte son septième elpee. Sous la houlette de Mark "Kaz" Kazanoff.
 
L'opus s’ouvre par le titre maître ; une plage à l’introduction fort inspirée par John Lee Hooker. Naturellement, Miss Kane chante autoritairement devant l'harmonica de Gary Primich et la guitare de Jeff Ross. "Estrogen bomb" poursuit sur un bon tempo. Un shuffle marqué par la puissance rythmique du redoutable Preston Shannon à la basse et de Damien Llanes à la batterie. Brillant, Johnny Moeller prend son pied à la guitare. Il tire nerveusement voire rageusement sur ses cordes, tandis que Candye chante ici à son meilleur niveau. Ballade un tantinet soul et définitivement pop, "What happened to the girl" accroche par son refrain. Pourquoi pas? Tommy Yearsley Jr (NDR : un de ses fils !) co-signe ce fragment au cours duquel David Grissom se réserve la guitare. Conservant ce ton bon enfant et toujours très pop, elle reprend "(What a day for a) daydream", un tube des sixties signé John Sebastian (NDR : à l’époque, il sévissait chez le Lovin' Spoonful). L'introduction à la guitare évoque BB King. Riley Osbourn siège derrière l'orgue. L'ensemble possède à la fois charme et panache. Elle revient alors au jump cuivré, un style favori qu’elle applique au "Big fat mamas are back in style" de Bull Moose Jackson. Les Texas Horns épaulent Kaz, Gary Slechts, John Mills et Randy Zimmerman. Le ton se durcit lors du rockin' R&B "Queen of the wrecking ball". Elle chante d'une voix puissante, sans concession. L'accompagnement évolue dans un registre rock très amplifié. Impliquant clarinettes et piano acoustique, "Misunderstood" trempe au sein d’un climat de vieux jazz traditionnel. Swing blues vivifiant, "I wanna do more" est une autre signature de Leiber et Stoller, une plage caractérisée par une sortie remarquée de Gary Primich. "It must be love" constitue certainement une des meilleures plages de l’opus. Au sein de cet ensemble bien huilé, Jeff Ross s’autorise une superbe envolée de cordes sculptée dans le west Coast jump. "Work what you got" évolue sur un rock'n'roll au tempo élevé. Riley s’y excite sur les 88 touches en ivoire de son piano. Après le calme reposant de "I could fall for you", Candye nous embarque pour la Nouvelle Orléans. Son "Mistress Carmen" est balayé par le piano roulant d'Osbourn. La guitare de Ross s'évade tout en épousant parfaitement le rythme, avant de céder le relais au sax ténor de Kaz. Excellent! Riley est lâché. Il emmène les autres dans le boogie woogie pour un "Masturbation blues" de toute bonne facture. Lady Kane est ravie et s'en gargarise de plaisir. Cet elpee s’achève sur un ton gospel par "Let there be pease on earth". Ce « White trash girl » ne constitue sans doute pas la meilleure oeuvre de l'extravagante Candye, mais elle évolue à un bon niveau.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Nickels & dimes

Mitch est né en 1960. A Santa Barbara, en Californie. Il fonde son premier groupe, les Pontiax, en 1980. Une formation qui écume la région avant de s'établir à Los Angeles. En 1985. A l'époque, les Pontiax enregistrent l'album "100 miles to go". Chez Blue Sting, le label belge cher au boss de Parsifal, Nico Mertens ! Le combo emprunte alors à différents styles : Chicago, Texas, Louisiane et West Coast. Mitch s’impose comme un excellent chanteur/harmoniciste ; et il ne manque pas d'impressionner Kim Wilson, James Harman et William Clarke en personne.
 
L’opus swingue dès "Dirty deal". La technique et le son de la guitare de Jr Watson sont facilement reconnaissables dès les premiers accords. Il n'attend d’ailleurs guère plus d'une minute avant de prendre sa première envolée. Constituée de Ronnie James Weber à la basse et de Richard Innes aux drums, la section rythmique porte les solistes. Kashmar ne tergiverse pas davantage pour se réserver un solo inspiré par Sonny Boy Williamson. Le titre maître est imprimé sur un tempo funky. Watson est toujours aussi brillant ; mais l’originalité procède de l’éclat affiché par l’harmonica. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles, l’homme a indiscutablement un style bien personnel. Le West Coast swing est omniprésent. A l’instar de "New York woman". Non seulement Mitch souffle divinement et chante d'une voix bien assurée et très musicale, mais c’est également un excellent compositeur. L'ensemble joue avec légèreté et justesse. "Just show it to me" en est une nouvelle démonstration. Pour la circonstance, le piano sautillant de Bob Welsh met le nez à la fenêtre, immédiatement talonné par les cordes au débit insatiable de Junior. Chicago blues, "Lizzy Mae" est un slow très dépouillé écrit et chanté par Abu Talib. Alias Freddy Robinson, il joua naguère pour Little Walter, Howlin' Wolf et John Mayall. Des instants d'intense émotion ! Kashmar hausse allègrement le rythme et s'engouffre dans un sémillant «Gettin' drunk», au cours duquel Watson se distingue en coupant ses notes littéralement au couteau. Bob Welsh est passé au piano et joue à la manière d'Otis Spann pour interpréter "Backy Ann", une compo lente inspirée par le Chicago blues. Il y a bien longtemps qu’on avait plus entendu parler d’Arthur Adams ; et pourtant ce chanteur/guitariste noir est bourré de talent. Sa voix est incroyable. Et c’est avec un grand plaisir qu’on le retrouve ici pour chanter son "Knock 'em dead". Des rythmes syncopés ou variables balaient le "I don't play" de Willie Dixon. "Whiskey drinking woman" constitue le dernier blues lent à fleur de peau. L’ambiance navigue quelque part entre Chicago et Baton Rouge, un thème proche de Guitar Slim que colore Junior Watson, tel un chien fou et si passionné, d’un solo sublime. Retour au swing pour "We're sittin' home tonight". Sur un tempo proche du "Honky tonk" de Bill Dogett, le piano se trémousse alors que l'harmonica ne tarde pas à s'éclater sur un très haut niveau. Après «Who», un dernier west coast swing, l’opus s’achève par l’instumental dynamique "Runnin' off at the mouth". Ce Mitch Kashmar est un merveilleux harmoniciste. A cet égard, je félicite Andy Chortkoff. Après nous avoir permis de découvrir le superbe opus de Mannish Boys, son Delta Groove remet le couvert pour Mitch Kashmar. Il se produira au prochain Spring Blues d'Ecaussinnes, au sein des West Coast Winners, une formation qui implique Frank Goldwasser, Leon Blue, Freddie Roulette et Sugar Pie Desanto. En 2004, il y était déjà présent ; mais chez Top of the Harps, en compagnie de Doug Jay et de Birdlegg.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The great BB King

Paru en 1960 sur le label américain Crown, cet elpee fait aujourd’hui l’objet d’une réédition sous la forme du compact disc. Ce cinquième opus de B.B. réunit des plages enregistrées chez Modern records depuis 1952. La plaque s’ouvre par "Sweet sixteen", un superbe blues enregistré à l’origine par Big Joe Turner, en 1952. Une plage qui est considérée aujourd’hui comme la plus notoire de B.B.. Tout y est : la voix si expressive et musicale ; la guitare qui répond sans cesse au chant. Un merveilleux exemple du savoir faire de cette légende vivante du blues. Ce titre avait atteint la 2ème place des charts R&B en 1960.
 
"Quit me baby" est un blues mid tempo. B.B. est toujours au sommet. Les cordes de Lucille sont bien en avant. Autre superbe blues lent, "I was blind" bénéficie du concours de chœurs masculins : ceux des Kings Men ! Une participation très convaincante. Les titres de bonne facture se succèdent. A l’instar de "What can I do" ou encore de "Some day somewhere", une compo introduite par une guitare fragile et un vibraphone. Le disque recèle également trois succès mineurs décrochés en 1954-55 (NDR du R&B !) : le "Sneakin' around" de Jessie Mae Robinson, "Ten long years" (NDR : un classique de B.B. !) caractérisé par cette voix qui vous flanque des frissons partout, et "Whole lotta love", une plage rendue célèbre par le Led Zeppelin et ici découpée par un riff particulièrement acéré, réminiscent d’Elmore James. B.B. chante nerveusement "Days of old" devant sa section de cuivres au grand complet. Il y dispense un solo impeccable. Chacune de ses notes fait mouche. Ce tracklist figurait sur l’elpee originel. Ace nous gratifie ici de huit bonus tracks, dont six n’avaient jamais été édités à ce jour. Et tout d’abord "Young dreamers", une ballade soul sans grand intérêt, nonobstant la présence d'arrangements de cordes. Très rock'n'roll, "Bim bam" date de 1956. Le piano est sautillant. Les choeurs sont plutôt désuets ; mais le solo accordé par Plas Johnson au sax ténor est vraiment explosif ! Pour votre info, sachez que B.B. n'aimait pas cet enregistrement… Le morceau de plastique recèle encore une reprise classique du "Trouble in mind" de Richard Jones. BB chante également "Down now". Sa voix est bien moins haut perchée que de coutume. Le piano de Lloyd Glenn est impeccable. Lucille opère une sortie discrète mais déterminante. Les quatre plages finales sont reproduites en stéréo et bénéficient de la participation des musiciens du saxophoniste Maxwell Davis. Tout d’abord une très bonne (NDR : et nerveuse !) version du "Broke and hungry" de Sleepy John Estes. Ensuite le "Shotgun blues" de Lightnin' Hopkins. B.B. chante cette cover très virilement et laisse éclater ses cordes. Il vit son blues. B.B. interprète deux de ses compositions : "What a way to spend the night" et "A woman don't care". Du King pur et dur. Pas de cuivres. Un accompagnement minimaliste : un piano et bien sûr une guitare acérée, largement amplifiée.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Let it roll

Se proclamant les ‘Masters of rock rollin blues’, ce groupe zélandais fort sympathique roule sa bosse depuis 23 longues années. Une formation qui manifeste une énergie (NDR : une pêche si vous préférez) incroyable sur les planches. De véritables ‘entertainers’ ! Lorsqu’ils se produisent près de chez vous, ne les manquez sous aucun prétexte ; vous ne serez pas déçus. Parce qu’ils donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Nonobstant leur longévité, la formation n’a rien perdu de cette soif insatiable de jouer le blues, le boogie ou le rock'n'roll. Un quartet drivé par un personnage souriant et chevelu : le drummer Peter Kempe. Il est soutenu par le fidèle John ‘Sonnyboy’ Van der Broek à l'harmonica, Michel Staat à la guitare et Peter Van Merode à la basse.
 
Quel chemin parcouru depuis leur "Dancing shoes", un premier elpee paru en 1986. Depuis, la formation a commis dix albums dont quatre live : "Live in Bogrum" en 89, "One, two, five …live" en 96, "Willie Foster and the Juke Joints – Live!" en 99 et enfin "Live in Ireland" en 2001. Sans oublier le Dvd "Live at Moulin Blues" en 2002. Je le répète, c’est en public que les Joints prennent toute leur dimension.
 
Peter (NDR : la casquette rouge Bud bien vissée sur le crâne) démarre sur les chapeaux de roue par une version très puissante de "Millions miles from nowhere". Du Juke Joints pur et dur. C’est ce qu'ils font le mieux. Le baromètre est déjà dans le rouge. L’orage gronde. Un climat entretenu par "Treat my baby", une compo au cours de laquelle Boogie Mike Staat se détache habilement, tandis que complètement allumé, Sonnyboy se déchaîne sur son Mississippi saxophone. Que du bonheur! Marcel Scherpenzeel est un des meilleurs gratteurs hollandais. Et il le démontre sur les deux plages pour lesquelles il a ramené sa slide. Tout d’abord sur le titre maître, un boogie brûlant entretenu par un son sale et râpeux (NDR : indispensable lorsqu’on entre dans un tel registre) et "I'm in the mood", un shuffle classique, très Chicago blues, au cours duquel Marcel pousse Boogie Mike dans ses derniers retranchements. Et c'est du tout bon! Sonnyboy empoigne son accordéon et pousse son petit air zydeco lors de la reprise très rock'n'roll du "Marie Marie" de Dave Alvin. "Double talk" et "You got to move" émargent à un Chicago blues rock assez classique. La voix de Rory Gallagher semble être réincarnée chez Peter, pendant que Sonnyboy s'envole à l’harmo. L’enregistrement de l’opus a bénéficié du concours de deux membres de Barrelhouse, une très ancienne et notoire formation de blues batave : la délicieuse vocaliste Tineke Schoemaker et le redoutable pianiste Han Van Dam. Et c’est une excellente surprise ! Notamment lors de l’adaptation du "Louella" signé par la longiligne chanteuse louisianaise Marcia Ball et le "99 pounds" de Don Bryant. Tineke et Han parviennent ici à brider le tempérament explosif de leurs amis de Kwadendamme. La plaque recèle deux instrumentaux : "Blues for the soul" (NDR : un slow blues inspiré par Ronnie Earl, mais qui ne colle pas vraiment au style des JJ) et "The rumble", un fragment particulièrement réussi qui permet aux solistes de se mettre en évidence. Lorsqu’ils enregistrent un album, les Joints ne manquent jamais d’adresser l’un ou l’autre clin d’œil à celui qu’ils considèrent comme leur maître : le regretté Rory Gallagher. Hanté par l’esprit du célèbre et mythique musicien irlandais, Peter empoigne sa mandoline et la gratte furieusement pour chanter le célèbre "Bullfrog blues". L'album s’achève par une version puissante et catégorique du "Steve's Last ramble" de l'Américain Steve Earle ; un réquisitoire implacable parcouru par la rythmique métallique de Staat. Si à ce stade, les Juke Joints peuvent déjà prétendre nous avoir gratifié d’un excellent opus, ils ont le bon goût de nous accorder généreusement trois rappels. "After hours" comme ils disent. Tout d’abord l'instrumental "Out of the blue", destiné à mettre en exergue le souffle généreux de Mr Van der Broek. Ensuite un nouvel hommage à Gallagher : "'k gae wee naer uus toe". Peter s’y réserve la mandoline pour chanter - dans la langue de Vondel - l'imparable "Going to my hometown". Enfin "Boogie at midnight". Un concentré du potentiel de cette redoutable machine de guerre musicale que sont les Juke Joints. Suivant la formule consacrée : ‘Don't forget to boogie’…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Jackpot!

Douglas H Jay est né en 1953. A Pensacola, en Floride. Sa famille émigre de la Virginie au Texas, en passant par Rhode Island, la Californie, Hawaï, avant de se fixer enfin à Washington D.C. Inspiré comme beaucoup de ses contemporains par Little Walter, Doug taquine très vite l'harmonica. Ses débuts professionnels remontent à 1976. Il incorpore les All Stars from Charlottesville, en compagnie desquels il enregistre l'album "Tip your waitress", en 78! En 80, il rejoint le groupe de Bob Margolin. En 1990, il tente sa chance à San Francisco en compagnie du guitariste local, Anthony Paule. Ils commettent un premier elpee en 93 : "Until we meet again". Le band s'embarque alors pour l’Europe. Il va d’ailleurs y accomplir de nombreuses tournées. Entre-temps, il revient à Washington pour graver un nouveau long playing : "Get it while it's hot", flanqué d’Alex Schultz et de Big Joe Maher.
 
Il semble cependant de plus en plus attiré par le Vieux Continent et réunit ses nouveaux Blue Jays en Allemagne ; musiciens qui participent à la confection de cet opus. En l’occurrence le guitariste/chanteur Christoph "Jimmy" Reiter, le bassiste (NDR : un Néerlandais !) Jasper Mortier (ex-Sugarcane et Boyd Small) et le batteur André Werkmeister.
 
L'album s'ouvre par "In the darkest hour". La guitare de Christoph Reiter imprime un riff cher à Magic Sam. Une excellente entrée en matière ! Et vous pouvez me croire, Reiter est capable de faire sonner sa guitare sur un axe Chicago West Side. Il aligne de petites grappes de notes dans un style proche du Jump de la côte Ouest! Doug prend le relais et signe une entrée dynamique sur "I'll do anything for your love". Et c'est encore Christoph qui se met en évidence. Il joue d'abord en rythmique pour épauler la basse et la batterie, avant de s'envoler en solo. Les Blue Jays s'inspirent de la Louisiane et de New Orleans en particulier, tout au long du titre maître. Et la prestation au piano de l'excellent teuton, Chris Rannenberg, n’y est pas étrangère. Instrumental plaisant, "Giddy-up" permet enfin à Doug de manifester son talent, qu’on pourrait facilement comparer à Little Walter. Chicago shuffle, "Real bad girl" permet aux musiciens de se réserver de bonnes parties. Doug et Rannenberg notamment. Plage divertissante, "Ya hoodoo me" fleure bon les parfums exotiques. Tout est parfaitement en place. Guitare et harmonica se conjuguent en parfaite harmonie. Le tempo s'envole sur "I jump". Une parenthèse - bien entendu - dans le style jump californien. Jimmy s’y inspire largement de Hollywood Fats! Mais pour la circonstance, Doug se révèle bien plus proche de Rod Piazza voire de William Clarke. Excellent! Et "Just say so" est sculpté dans le même moule. Le swing envahit alors l’espace sonore. Lors du "When I get lucky" de Floyd Dixon, la formation s'étoffe. Le piano de Chris et deux saxophones évoluent à l'avant-plan. Thomas Feldmann et Sax Gordon Beadle en décousent avec l'harmonica. Le groupe adapte deux compositions d'Otis Spann : le saignant "It must have been the devil" (impliquant Rannenberg en pole position au clavier) et le plus lent "Half ain't been told". Cette dernière plage libère beaucoup d'émotion. Et Christian (très Spann en effet) ainsi que Doug sur l'instrument chromatique tirent leur épingle du jeu ! Mr Jay et Reiter ont co-écrit le funkysant "I know what's been goin' on". Acides et largement amplifiées, les cordes aigues et amplifiées s’agitent devant l'orgue de Roel Spanjers. Le duo a également composé "Tumbleweed", un instrumental surf. Cet album de bonne facture s’achève par une compo signée Doug et Jasper : "Each & every day" ; un léger boogie blues inspiré des swamps louisianais, au cours duquel Doug Jay se réserve un solo dans les aigus.