Depuis une bonne génération, Paul Lamb est considéré comme un des bluesmen anglais les plus brillants. Flanqué de ses King Snakes, il a apporté beaucoup de bonheur à la scène blues d'outre-Manche. Mais aussi d'ailleurs ; car il s'est largement exporté. Originaire du Nord Est de l’Angleterre, il a sévi au sein de Smokestack Lightning. Dès 1979. Un combo au sein duquel il s’est forgé une certaine expérience. Il transite ensuite chez Barfly et surtout les Blues Burglars, une formation qui s’était produite en Belgique. En outre, elle avait commis un elpee en 1986 : "Breaking in". Paul décide ensuite de partir à Londres. Il y monte ses King Snakes, en compagnie de son vieil ami, le guitariste John Whitehill, et du chanteur slider Johnny D. L’ensemble commet un tout premier album en 1991 : "Paul Lamb and the King Snakes", sur le label Blue Horizon de Mike Vernon. Puis "Shifting into gear", l’année suivante. Pour le label belge Tight & Juicy (NDR : où es-tu Jeroen?). Changement de line up important, puisque Chad Strentz est désormais le chanteur. Le band va alors aligner toute une série de long playings, pour la plupart chez Indigo ; mais également connaître de multiples changements de personnel ! Earl Green, l'ancien chanteur des Dance Kings participe à la confection de "Take your time Get it right" en 2000, et à l’enregistrement de "Live at 100 Club", deux ans plus tard. Enfin, un DVD (“Live at the Buttermarket Jazz and roots club”) immortalisé à Shrewsbury est paru en 2003.
Pour concocter "I'm on a roll", Paul a de nouveau reçu le concours de son ancien chanteur, Chad Strentz. Un vocaliste particulièrement doué qui avait fait ses premiers pas dans l’univers du rockabilly. Comparse de ses débuts londoniens, le bassiste Rod Demick est également de la partie. Et pour compléter le line up, il a pu compter sur la présence du drummer Sonny Below (NDR : il est quand même au poste depuis 98) et du guitariste espagnol Raul de Pedro Marinero (NDR : impliqué depuis octobre 2003, il a remplacé ce bon Whitehill, reparti dans le Nord !).
L'album s'ouvre par la plage titulaire. Une compo qui ne manque pas de swing. La voix de Chad se prête parfaitement au style des King Snakes. Au sein de ce décor sonore, le sax baryton de Nick Lunt et le ténor de Lee Badau viennent contester la suprématie de l'harmo ! Taillé dans un style west coast cher aux Snakes, "Down the road" monte en épingle le jeune gratteur espagnol. Une fine lame, il faut le reconnaître ! D’excellente facture, cet opus est découpé en seize plages, pour la plupart des compositions composées par les différents musiciens. Quelques reprises quand même ! Tout d’abord celle du "Baby please don't go". Très swingante et rythmée, elle constitue une rampe de lancement idéale pour la sortie étincelante de l'harmonica. Le "My baby don't love me no more" de Jimmy Rogers, ensuite. Une version très speedée caractérisée par de brusques changements de rythme que mettent à profit Paul et Raul ! Enfin, une adaptation du "You'd better mind" de Sonny Terry et Brownie Mc Ghee. Paul ne rate jamais l’occasion de nous rappeler que le style ‘whoopin’, institué par Terry, reste sa première influence. Et, il l’applique à la perfection. Revenons aux compos persos. Plage meurtrière, "Get up" est issu de la plume de Strentz. Très vive et dynamique, elle laisse le loisir aux cuivres (NDR : invités !) de s’exprimer. Slow blues, "Adopted child" évoque George Smith. Visionnaire, l’harmonica chromatique paresse. Des son côté, Raul se réserve une grande sortie. Paul est à son meilleur niveau. Son jeu est brillant. Dans tous les registres et sur tous les tempos. Et il le démontre aussi bien sur tous les instrumentaux, le vivifiant "Going for it" ou le merveilleux shuffle "Swingin". Un fragment au cours duquel la remarquable cohésion musicale emporte tous les suffrages. Ryan Lamb, le fils de Paul, y est préposé à la guitare. Il n’a pas vingt ans et laisse déjà une toute grosse impression. Blues sémillant sculpté dans un style Chicago très fifties, "A piece of mud" allie simplicité et efficacité. Ryan est toujours aux cordes! En fin de parcours, Raul opère un exercice de style dans le jazz swing à la T-Bone, en dialoguant avec le sax ténor de Badau sur "Raulin around". Les King Snakes viennent encore de commettre un excellent elpee…