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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 20 janvier 2009 01:00

On the harp side

Très largement inspiré par les légendaires bluesmen de Chicago, Sonny Boy Williamson I et II ainsi que Little Walter, Rick Estrin est considéré comme un des plus grands souffleurs californiens contemporains. Il a accompli une longue et brillante carrière aux côtés de Charlie Baty, au sein de Little Charlie and the Nightcats. Depuis le départ de son compagnon gratteur, il a repris les rennes du combo, soutenu par le même backing group. C’est-à-dire le redoutable guitariste Kid Andersen, le bassiste Lorenzo Farrell et le drummer J Hansen. Il est désormais devenu l'authentique leader de Rick Estrin and the Nightcats.

La paternité de ce nouvel opus lui est cependant attribuée. En solitaire. Rick est peut-être confronté à quelques problèmes contractuels pour pouvoir reprendre le patronyme du combo à son compte. Et comme la demande de ses nombreux aficionados, de le voir sortir un nouvel opus, était de plus en plus pressante, il a probablement décidé de ne plus attendre avant d’éditer cet "On the harp side". Une œuvre qu’il avait, en outre, promis de la focaliser davantage sur le Mississippi saxophone.

Rick ouvre l’elpee par un instrumental issu de sa plume : "Headin' out". Déjà un concentré de son talent, largement inspiré ici par Little Walter. Il enchaîne d’ailleurs par une compo signée par ce dernier, "Tell me mama", en s’appuyant sur une rythmique du chemin de fer. Il n’oublie d’adresser l’un ou l’autre clin d’œil à ses maîtres. Tout d’abord sur la cover du "Fattening frogs for snakes" de Sonny Boy Williamson II, et puis sur celle du "Tell me baby" de John Lee Sonny Boy I, en adoptant une démarche manifestement plus country. Il est particulièrement à l'aise dans le répertoire de Rice Miller, Sonny Boy II. Et incarne, sans aucun doute, l'harmoniciste de ce nouveau siècle, dont le style se rapproche le plus du mythique bluesman. Et c’est d'ailleurs sans surprise qu'il s'attaque encore à d'autres compositions de Miller. A l’instar du saisissant "Don't lose your eye". Tel un fantôme, il souffle de manière saccadée devant la seule basse acoustique de Ronnie James Weber. L'émotion est à son paroxysme. Il transpire une sensibilité à l'état pur. Il est seul pour interpréter les six minutes de "Getting' out of town". L’exercice de style est difficile ; et pourtant, Rick nous en met plein les oreilles. Près de 6' de bonheur ! Avant de reprendre quelque peu son souffle ( ?!?!?) sur le léger shuffle  "Keep it to yourself".

Estrin signe également quelques plages instrumentales. "Blues for Doe", tout d’abord. Un blues lent dominé par l'instrument chromatique. A cet instant, son esprit est manifestement tourné vers George ‘Harmonica’ Smith. Rusty Zinn se réserve alors les parties de guitare. "Porn bred", ensuite. L’approche est résolument contemporaine, légèrement funky, un climat entretenu par le piano électrique ‘Wurlitzer’ de Kid Andersen. "The scissorbill" baigne au sein d’une atmosphère swing jazz, atmosphère alimentée par les cordes du Kid. Tout comme le final "Dog on dog", un morceau entraînant et percutant.

Sa lecture du "Gangster blues" d'Eddie Burns, est excellente ? Il chante d’un timbre distinct. Le tempo est enlevé. Il semble ravi de souffler son bonheur. Il est au sommet de sa forme. "Big and fat" lorgne du côté du Chicago Westside. Sa prestation sur l'instrument chromatique est impeccable. Il accorde, pour la première fois, un billet de sortie à son excellent partenaire, le Norvégien Kid Andersen, aux cordes. A contrario "The lotter blues" macère dans le Chicago southside. Les guitares d'Andersen et de Zinn ainsi que le piano de Welsh le talonnent de près. Andersen est passé à la slide, lorsqu’il s'attaque au répertoire de Muddy Waters. En l’occurrence sur "Too young to  know", la flip side de "Long distance call", un single datant de 1951. On ne peut qu’être admiratif en écoutant le classique "Harlem nocturne". Il y a de l’émotion, de la sensibilité et un plaisir de jouer qui évoquent un certain Toots Thielemans. Il nous réserve, une dernière fois, une compo sculptée dans son blues le plus pur, lors d’un duo acoustique partagé en compagnie d’Andersen, sur "Murmur low", une compo écrite par Arthur ‘Big Boy’ Spires. Un album brillant réalisé par un musicien exceptionnel…

 

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Blue smoke

Agé aujourd’hui de 57 ans, Kim Field est issu du Nord-ouest américain. De Seattle très exactement. Avant d’opter pour l’harmonica, il était d’abord trompettiste. Chanteur et guitariste, aussi. Une décision qui date quand même de 1968. A l’époque, il avait été impressionné, lors d’un trip à San Francisco, par la prestation de James Cotton et de Paul Butterfield. Un événement qui va orienter son choix.

Il a entamé sa carrière à New York, chez les Sting Rays. Revenu chez lui à Seattle, il s’associe au chanteur noir Isaac Scoot, en compagnie duquel il signe deux albums. Puis au guitariste Louis X Erlanger (NDR : un ancien partenaire de Mink Deville) pour fonder les Slamhound Hunters. Le combo tourne en Europe et aux States et commet deux elpees : "4/1 mind" et "Private jungle". Kim a également écrit un livre consacré à histoire et au rôle joués par l'harmonica dans la musique américaine : "Harmonicas, harps and heavy brothers".

Le Mighty Titans of Tone constitue son dernier projet en date. Le line up implique le guitariste Steve Yonck, le bassiste Brady Millard-Kish (NDR : deux ex-Hudson Blues Band), le chanteur/drummer Billy Spaulding et un second guitariste qui double au chant, Eric Daw. " Blue smoke" est le tout premier opus du combo. Un ‘live’ ! Il a été immortalisé en septembre 2008, au Highway 99 Blues Club de Seattle. Pendant plus d’une heure, le combo alterne compositions personnelles et solides reprises.

Le quintet ouvre les hostilités par le "Texas Hop" de Pee Wee Crayton, un west coast blues très rythmé. Les cordes de Steve Yonck mènent la danse. Steve a manifestement bien intégré les techniques de ses maîtres ; et en particulier Hollywood Fats ou Junior Watson. Autre instrumental, la cover du "Don't lose your cool" d'Albert Collins opère un changement de style. Pour la circonstance, Eric Daw se révèle un excellent élève dans la technique du picking chère au Maître de la Telecaster! Kim Field entre en scène et s’installe derrière le micro pour attaquer une version engagée du "Good good lovin" de James Brown. Il sort enfin l'harmonica de sa poche et souffle aussi vigoureusement que clairement. Il embraie par "The girl that radiates that charm", une composition signée R and J isle, popularisée par Lynwood Slim et Mark Hummel. Et la sienne tient tout aussi bien la route, bénéficiant pour la circonstance d’excellents échanges de soli entre Kim et Steve. Imprimé sur un tempo très lent, le titre maître est ballade instrumentale dont la mélodie est, ma foi, fort jolie. Field est doté d'un fameux organe vocal. Une aptitude qui lui permet de parfaitement s’adapter aux schémas R&B. A l’instar de "It hurts to be in love", du "You're losing me" de BB King ou encore d’"Unchain my heart". Les deux autres vocalistes reçoivent leur instant de gloire. Tout d’abord Eric Daw. En interprétant le blues lent "A fool for you", une compo issue de la plume de Ray Charles et caractérisée par une très bonne sortie sur les cordes. Et puis Billy, le drummer. Il se réserve une version très R&B du "You belong to me" de Magic Sam. Field et son ami local Henry Cooper ont coécrit "Dis pas ça". Rock'n'roll zydeco, ce moment de bravoure se révèle très participatif. Enfin, la reprise du "That's the chance you've got to take" de Johnny Guitar Watson est de toute bonne facture. Pour un travail d'artisan, le résultat est vraiment remarquable…

 

mardi, 20 janvier 2009 01:00

Live at Labatt

Kashmar est considéré comme un des meilleurs harmonicistes californien. Il est loin d’être un débutant ; pourtant, sa carrière n’a réellement démarré que depuis peu. C’est-à-dire depuis sa signature chez Delta Groove. En 2005. Lors de la sortie de "Nickels & dimes". L’année suivante, il embrayait par "Wake up and worry" ; et en 2007, il rejoignait l’équipe des Mannish Boys pour concocter "Big plans". Mitch avait fait ses premiers pas au début des années 80. A la tête des Pontiax. Cette formation avait même édité un elpee en 98 sur le label belge Blue Sting : "100 miles to go".

Le 24 août 2007, Mitch se produit sur la scène du festival Labatt Blues. C’est à Edmonton, au Canada. C'est ce concert qui a été immortalisé sur cet opus. Pour la circonstance, il est épaulé par le batteur Tom Lackner (NDR : un ex-Pontiax !), le bassiste Steve Nelson, le claviériste Jimmy Calire et le redoutable guitariste de blues et de jazz, John Marx. Ce dernier a longtemps côtoyé feu William Clarke ; et William, appréciait beaucoup Kashmar…

Le quintet ouvre l’elpee par "I got no reason", un titre de west coast blues au cours duquel les musiciens affichent leurs racines jazz. John Marx y est brillant aux cordes. Calire se réserve le piano d'abord, avant de glisser à l'orgue. Dans un style très proche du regretté William Clarke, Kashmar est tout bonnement époustouflant. Une solide entrée en matière pour chauffer ces remarquables musiciens. Cette plage ouvrait d'ailleurs son dernier album studio. Chicago blues shuffle, "Dirty deal" est extrait de son remarquable opus intitulé "Nickels & dimes". Bien en rythme, proche d’un Jimmy Reed, son traitement des tonalités aigues est étonnant. Il dédicace "Whiskey drinkin' woman" (NDR : c'est du vécu assurément) à son ex-compagne. Au cours de ce blues lent, il épanche tout ce qu’il a sur le cœur. Il n'a pas du rire tous les jours auprès de cette épouse alcoolique. John Marx est admirable. Il est imprégné par ce blues jusqu'au bout des ongles. Mieux connu sous le titre "Evil gal blues", "Evil man blues" marque un retour au swing et au rythme. Signée Lionel Hampton, cette compo figurait au répertoire de Bessie Smith. Pour la circonstance, c'est Jimmy Calire qui tire son épingle du jeu. Claviériste, mais également saxophoniste notoire, Calire a milité, au cours des sixties, au sein de Risins Sons, de Raven et surtout d’America. Pianiste de bebop et hard bop, fondateur des Jazz Messengers, Horace Silver a écrit "Song for my father". La version ici proposée se résume à un long exercice de style dans l’univers du jazz ; un exercice destiné à mettre en vitrine les différents solistes. "Sugar sweet" renoue avec le Chicago blues. Une composition de Mel London, qui a aussi écrit "Messin' with the kid". Mitch épouse le style percutant de James Cotton. Calire assure au piano. La plage atteint un très haut niveau. Le "You're the one" de Jimmy Rogers évolue dans un même registre. William Clarke et Kashmar s’appréciaient beaucoup. Il n’est donc pas surprenant que Mitch lui rende un vibrant hommage en interprétant le "Lollipop Mama" de Roy Brown, une compo qui figurait au répertoire du grand Bill. A cette occasion, Marx en profite pour se rappeler ses belles années du passé ; mais le plus surprenant c’est qu’on croirait être en présence de Clarke, tant la voix et le style de Mitch sont proches. Même Calire est intenable lors de ce morceau. Kashmar interprète encore "Wake up & worry", c’est-à-dire le titre maître de son elpee, paru 2006. Enfin, le combo clôture ce remarquable concert par "Castle rock", un instrumental jazz au cours duquel les cinq musiciens se mettent successivement en évidence…

 

mardi, 13 janvier 2009 01:00

Blues Harmonica Blowouts

Ce qui est remarquable chez Mark Hummel, c'est son énergie et son esprit d'entreprise. Depuis 1991, il organise sans relâche des événements baptisés Harmonica Blowouts, au club Ashkanaz. A Berkeley. Lors de ces spectacles, il invite sur la même scène plusieurs souffleurs de talent. Ce double CD retrace les meilleurs moments de ces rencontres, depuis 1993 jusqu'à 2007.

Et tout d’abord, hommage au regretté William Clarke. Une session chargée d'émotion. Accordée en 1993. Pour la circonstance, le grand William est soutenu par ses musiciens dont le jeune Rusty Zinn aux cordes. Trois titres sont ici restitués. Tout d’abord le long blues lent "Lonesome bedroom blues". On y ressent le mal-être éprouvé par le musicien en tournée, forcé de loger dans les chambres banales des Motels 6. Il joue de l'harmonica chromatique à la manière de son maître, Georges Smith. "Stretch my money", ensuite. Un shuffle brûlant au cours duquel Bill est au sommet de son art. Et enfin "Chrome jumpin". Le swing libéré par l'instrument chromatique est aussi irrésistible que redoutable.

Deux autres grands musiciens disparus figurent également sur ce projet. Sam Myers nous a quittés le 17 juillet 2006 et Paul Delay le 7 mars de l’année suivante. Nous retrouvons Paul Delay pour trois plages. En 2003. "Blues and trouble" est illuminé de sa voix puissante, élimée. Il est épaulé par le génial Junior Watson à la guitare. Tout au long du slow blues, "Can't stand your evil ways", Paul nous communique une fameuse dose d’émotion. Dans son style si personnel. A en attraper des frissons. "Mean old Frisco" se révèle plus complexe. Il bénéficie ici de la participation du sorcier des cordes, Junior Watson.

Deux plages ont été réservées au géant texan Sam Myers. "I don’t quit getting sloppy drunk" et "Sweet home Chicago". Deux prises immortalisées au Sierra Nevada Brewery de Chico. En 2002. Son cher ami Anson Funderburh est bien entendu de la partie. 

Carey Bell repose également au paradis des bluesmen. Il s’est éteint le 6 mai 2007. L'ex-souffleur du Muddy Waters Band nous communique son Chicago blues au Moe's Alley de Santa Cruz. En 2004. Steve Freund se charge des parties de guitare et Willie ‘Big Eyes’ Smith  siège derrière les drums.

Et la suite du programme ne manque pas d’allure, non plus ; puisqu’on y remarque la présence des noirs Lazy Lester, Billy Boy Arnold et Johnny Dyer ainsi que des blancs James Harman, Rick Estrin, Magic Dick et Lee Oskar. Sans oublier notre maître de cérémonie, Mark Hummel.

C'est sans surprise que ce dernier ouvre le bal lors d’un instrumental percutant intitulé "Harpo-Ventilating". Il est épaulé par ses Blues Survivors : Charles Wheal à la guitare, Steve Wolf à la basse et Marty Dodsonaux aux drums. Ses fidèles compagnons –depuis neuf ans– ont été rejoints par le pianiste/gratteur Bob Welsh, pour la circonstance.

Sexagénaire, Lee Oskar est originaire du Danemark. Il a milité chez le groupe multiracial de funk rock, War. Comme harmoniciste. Et à ses débuts, il avait donc partagé la scène musicale auprès du chanteur Eric Burdon. Lee est également chef d'entreprise. Responsable de la fabrique d’harmonica. Si, si, un modèle diatonique baptisé ‘Lee Oskar’. Probablement le plus vendu dans le monde. Il donne la ligne de conduite à deux instrumentaux. Tout d’abord le tendre "In a sentimental mood", une plage au cours de laquelle il entre en symbiose avec le piano de Welsh. Puis "Lee's blues". Lee étale toutes ses capacités techniques et sonores tout au long de ce très long blues atmosphérique.

Richard ‘Magic Dick’ Salwitz, le souffleur du J Geils Band, refait régulièrement surface en ‘live’. Il n’a rien perdu, ni de sa verve, ni de son punch originel. Et il nous en fait une parfaite démonstration sur le très énergique "Pontiac blues", un fragment au cours duquel l’intervention de Charles Wheal aux cordes est percutante. Solide Chicago shuffle, la cover du "High temperature" de Little Walter célèbre une parfaite complicité entre Wheal et Bob Welsh.

Johnny Dyer fêtera ses 70 ans, cette année. Il est originaire de la Stovall Pantation, à Rolling Fork, dans le Mississippi. Tout comme un certain Muddy Waters, d’ailleurs. Mais il s’est établi, il y a bien longtemps à Los Angeles. Secondé par Rusty Zinn, le vieux musicien noir chante "You're sweet".

James Harman est considéré comme un des meilleurs harmonicistes issus de la West Coast. Il interprète le dynamique "Extra napkins". Junior Watson reste dans son ombre. Enfin, juste le temps de sortir de sa réserve, suivant son habitude… La classe!

Rick Estrin campe, sans aucun doute, un des meilleurs disciples du mythique Sonny Boy Williamson II. Le désormais leader des Nightcats lui rend ici un vibrant hommage tout au long de "Getting' out of town". L’exercice de style et le dialogue opérés sur l'harmonica sont impressionnants. Billy Boy Arnold nous réexpédie à Chicago lors d’un "Sugar Gal" caractérisé par l’excellent travail sur l'instrument chromatique et sur le piano de Welsh.

Enfin, le Louisianais Lazy Lester nous balance son inévitable "Sugar coated love". Tout en rythme, ce blues notoire macère dans les swamps marécageux. Ceux du Sud profond. Mark Hummel referme cette superbe collection par une relecture de l’immortel "Summertime". Quelle propagande pour le blues joué à l’harmonica !

mardi, 13 janvier 2009 01:00

Odds & ends

Mark Hummel est né en 1955. A New Haven, dans le Connecticut. Sa famille a cependant rapidement émigré vers L.A., en Californie. Un Etat au sein duquel il vit toujours, mais du côté d'Oakland, près de San Francisco. Il conduit son groupe depuis 1977 : les Blues Survivors. En 85, la formation sort un premier album. Intitulé "Playing in your town", il paraît sur leur propre label Rockinitis. En 1988, il rencontre la chanteuse/guitariste canadienne Sue Foley. Le duo décide alors d’enregistrer un elpee : "Up & jumpin". Pourtant, l'artiste est avant tout un ‘road warrior’. Un combattant des scènes, si vous préférez. Un véritable Blues Survivor. Il foule d’ailleurs les planches de notre planète terre depuis 20 ans. Il a également signé quelques long playings chez Flying Fish et Electro-Fi.

Pour "Odds & ends", Mark Hummel a décidé de se faire plaisir. Il y propose un condensé de trois de ses premières productions ; c’est-à-dire le "High & jumpin" susvisé, "Highsteppin", un opus édité sur le label hollandais Double Trouble et une obscure collection intitulée "Sunny day blues", un disque paru en 1990 sur le label italien DeLuxe. Ces œuvres sont de véritables disques de collection et sont quasi-introuvables sur le marché aujourd’hui. Hummel est un authentique bluesman. Un tout grand ! En outre, pour notre plus grand bonheur, il est ici soutenu par une pléiade de musiciens talentueux.

D'entrée, l'artiste nous réserve une belle surprise. Un titre enregistré en 2006. A Santa Cruz. En compagnie du jeune prodige norvégien Kid Andersen (NDR : il a côtoyé Charlie Musselwhite et seconde aujourd'hui Mark Estrin au sein des Nightcats). Il s’agit d’une superbe reprise d’un des meilleurs titres du répertoire d'Otis Rush : "Double Trouble". La sonorité entretenue par Kid évoque Rush, mais sa manière d’économiser ses notes, lorgne manifestement vers Peter Green. Mark chante et souffle comme un dieu.

Huit plages sont extraites d’"Up & jumpin". La cover puissante du "Honey, don't let me go" de Jimmy Reed. Paris Slim est aux cordes pendant que notre Mark souffle allègrement dans les aigus. Une version nerveuse du "Rockinitis" de Billy Boy Arnold. L’adaptation torride du "Lonely lonely nights" de Guitar Slim ; une plage au cours de laquelle Ron Thompson se charge de la slide et John Firmin du saxophone. Le percutant "Go on fool", un morceau qui baigne dans l'ambiance festive de New Orleans. Plusieurs compos bénéficient du concours de la délicate rouquine Sue Foley. Et notamment le remuant "Look what you done" de Magic Sam, un fragment caractérisé par une sortie brillante de Shorty Lenoir. Le "Jump with you baby" de BB King. Le slow blues "How long I have to wait", une chanson écrite et chantée Sue Foley en 1988 (NDR : son timbre est tellement reconnaissable !) Et enfin "Summertime", un instru qui bénéficie de la participation de Charles Brown au piano ainsi que de Buddy Reed.

De "Sunny day blues", j'épinglerai "Easy", son hommage rendu à Big Walter Horton, le "Dig that crazy chick" de Louis Prima, au cours duquel Randy Rattray se réserve le manche, le solide "Highsteppin" et le galopant "Keep a knockin", une plage au cours de laquelle Pat Chase se distingue à la guitare pendant que Hummel se révèle un furieux rock' 'roller.

Enfin, si je ne m’abuse, deux morceaux sont également issus d'un autre elpee paru en 81 chez Double Trouble : "Harmonica Party". Tout d’abord "Feelin good", un long boogie qui bénéficie à nouveau du concours de Franck Goldwasser, et "Don't boss me", un morceau signé Rick Estrin. Comment ne pas remercier Mr Hummel pour nous procurer cet immense plaisir de redécouvrir de tels témoignages de son passé ?

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Where blues meets rock VI

Au fil du temps, le label Provogue a manifesté un intérêt croissant pour le rockin' blues, le plus souvent de nature hard. La promotion de ses artistes a entraîné la sortie de toute une série de collections baptisées "Where blues meets rock", dont le sixième volume vient de paraître.
 
L'album s'ouvre par une compo de celui qui a sans doute vendu le plus d'albums chez Provogue : Walter Trout. L'ancien gratteur des Bluesbreakers de John Mayall et de Canned Heat se réserve un "Put it right back" qui souligne bien le potentiel de l'artiste. Le jeune guitariste prodige Joe Bonamassa a enregistré un nouvel album pour Provogue ainsi qu'un opus en public intitulé "Live in Europe". Le label a réédité ses trois premiers albums. Deux plages lui sont ici consacrées : "Reconsider baby", un long slow blues signé Lowell Fulsom et "Walk in my shadow", une reprise ‘live’ d'un titre issu du répertoire du groupe anglais Free. Dans le domaine du blues, je retiendrai surtout la présence du chanteur/guitariste néo-zélandais Dave Hole. Sa slide métallique hante "Keep your motor running", une plage issue de son elpee immortalisé en public, "The Live one". Joe Louis Walker est le seul musicien noir représenté sur ce recueil. Il est vrai que Joe Louis est capable de virer au hard. Pourtant, nonobstant sa voix caractéristique et ses cordes perçantes, son "Ain't that cold" évolue dans un tout autre registre. Pour le reste, j’épinglerai une version explosive de "Baby please don't go" opérée par le chanteur guitariste Leslie West, ex Mountain et ex West, Bruce & Laing. West n'a rien perdu de sa puissance vocale ni de son attaque virulente sur les cordes. Chez les techniciens, on retrouve Carl Verheyen et surtout le virtuose Greg Koch, pour un "Bored to tears" qui démontre l'étendue de son talent. Bien rythmée, cette plage adopte un profil nettement plus blues. Et puis il y a les durs, les hard rockers. Le Stoney Curtis Band tout d’abord. Et puis Jay Hooks et Michael Katon. Ce dernier a cependant déjà été mieux inspiré ; en effet, son "Rock'n'roll, whiskey, blood 'n guts" fait un peu pâle figure dans l’ensemble. Paul Gilbert & Jimi Kidd, la blonde Jan James et les Barrelhouse Brothers sont davantage bercés par la mélodie et la quiétude. Injustement mésestimés, ces derniers impliquent pourtant des vétérans anglais parmi lesquels militent Eric Bell (ex Thin Lizzy, ex Experience et Noel Redding,), Colin Earl et Paul King (deux anciens de Mungo Jerry). Faites votre choix!
samedi, 31 décembre 2005 01:00

A celebration of New Orleans Music

Fin août dernier, l’ouragan Katrina, dévastait la "Crescent City" de New Orleans. L’amplitude des dégâts a sensibilisé une grande partie de l’opinion publique ; et tout particulièrement les milieux musicaux. Cette catastrophe a ainsi touché les responsables du label Rounder, une boîte qui distribue une foultitude d’artistes issus de cette Louisiane meurtrie. Les bénéfices de la vente de cette compile sont donc destinés au "Musicares Hurricane Relief". Une collection qui ne recèle pas de nouveaux enregistrements, mais uniquement des fragments issus du catalogue Rounder. Si le patrimoine musical de la Nouvelle-Orléans est inestimable, c’est parce qu’on y rencontre une multitude de styles : depuis le jazz au funk, en passant par le blues, le R&B et le gospel. Mais aussi parce que la musique se veut avant tout festive. Sans oublier d’être savoureuse. Quelques particularités de cette culture ont ici été bien mises en évidence : brass bands, pianistes, etc.
 
New Orleans fut longtemps la capitale du jazz et les brass bands sont restés populaires. Pas étonnant dès lors que le Dirty Dozen Brass Band ouvre cet elpee par le célèbre "Mardi Gras in New Orleans" de Professor Longhair. Un line up qui implique six cuivres et deux percussionnistes. Cinq et deux chez le ReBirth Brass Band qui s’acquitte de "Do whatcha wanna". Et sept et deux pour les New Orleans Nightcrawlers. Faites vos comptes ! Plusieurs pianistes figurent également au menu. En solitaire ou sous une forme collective. Deux légendes, tout d’abord. Des chanteurs/pianistes. En solo. Jelly Roll Morton se réserve "I'm Alabama bound" et Professor Longhair", Cuttin' out". Davell Crawford une version du "Something you get" de Fats Domino, James Booker une excellente adaptation du "Lawdy Miss Clawdy" de Lloyd Price. Sans oublier Eddie Bo. Et puis il y a les autres. Dont un tandem de jazz classique partagé entre Harry Connick Jr aux ivoires et Branford Marsalis au sax ténor pour "Good to be home". Et lorsque le même Marsalis revient à la clarinette, il et soutenu par son quartet pour interpréter "B's Paris blues", une plage très cool rehaussée par la participation de l’excellent guitariste Doug Wamble, responsable d’une intervention gypsy. Irma Thomas chante en public un medley très R&B. Superbe, balayé par la trompette de Frank Parker et égratigné par la slide largement amplifiée et râpeuse de Jeff Raines, "Ike Iko" est hanté par la présence du chanteur insolite Theryl De'Clouet with Galactic. Les diverses célébrations du carnaval n’ont pas été omises. Al Johnson enfièvre "Carnival time", Bo Dollis and the Wild Magnolias le percutant et ‘indien’ "Meet de Boys on de Battlefront". Cet opus s’achève par un funk blues signé Walter Wolflan Washington et ses Roadmasters ; mais les cinq dernières minutes sont réservées au merveilleux chant a capella partagé entre Johnny Adams, Aaron Neville et quelques autres. Que chacun verse une larme sur la tristesse et la désolation de cette extraordinaire cité et pose un geste! La musique de la Nouvelle Orléans est intemporelle. Puisse-t-elle survivre!
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Back in 20

Né en 1939, Gary Anderson est issu de la Floride. De Jacksonville, très exactement. Mais il passe son enfance à Norffolk, en Virginie. En 1960, il décroche son premier hit, "New Orleans". C’est le moment qu’il choisit pour changer son nom en U.S Bonds. Dans la foulée, il commet "Quarter to three", qui sera qualifié de party rock (NDR : imaginez un croisement entre James Brown et Little Richard !). A cette époque, il rencontre un tel succès, qu’il est invité à accomplir une tournée européenne. Les Beatles assurent alors son supporting act. Nous sommes alors en 1963. Il disparaît alors progressivement de la scène musicale. Jusque la fin des 70’s. Bruce Springsteen le rencontre et l’invite à enregistrer l’album "Dedication". Puis "On the line", en 1982. Pour son opus suivant, "Standing in the line of fire", Springsteen n’est plus de la partie. Coïncidence, mais Gary s’évanouit de nouveau dans la nature. Il vient donc de refaire surface. Et de se produire en compagnie des Roadhouse Rockers. « Back in 20 » constitue son premier elpee depuis vingt ans. Et excusez du peu, il s’est offert pour invités de marque : Bruce Springsteen, Southside Johnny, Dickey Betts et Phoebe Snow.
 
L’opus s’ouvre par "Can't teach an old dog new tricks". Une compo qui baigne au sein d’un climat rock ‘Springsteenien’. La voix de Gary est superbe. Springsteen se réserve la guitare et Southside Johnny l'harmonica. Les saxophones et le piano sont à la fête. Taillé dans le rock’n roll au groove imparable, "Murder in the first degree" est un véritable bonheur ! Bonds est parfaitement soutenu par ses musiciens : Wacker derrière son piano, Joey Stann au sax ténor et Mark Leinbach à la guitare pince ses cordes avec autorité. "Take me back" relève toujours autant du rock'n'roll pur. Southside Johnny a sorti son harmo. La prestation de Mark et de Jim décoiffe littéralement. Laurie "Big Mama" Anderson (NDR : sa femme) et Laurie "Lil Mama" Anderson (NDR : sa fille) prennent beaucoup de plaisir aux choeurs. La voix de Gary y emporte tout sur son passage. Imprimé sur un tempo plus relaxant, "She just wants to dance" trempe manifestement dans le blues. Armé de sa slide, Dickey Betts apparaît discrètement dans l’ombre de la scène. Adapté à la sauce soul/R&B, "Fanny Mae" est un classique cuivré enrichi de chœurs. Southside Johnny donne la réplique vocale. Les saxes de Joey Stann et Dan Cipriano dialoguent avec l'harmonica. "Bitch/Dumb Ass" évolue sur un tempo modéré dans un style rock'n'roll que les Stones pratiquent avec tellement de bonheur. Dickey Betts se réserve une superbe envolée sur les cordes tandis que la chanteuse, Phoebe Snow, lui accorde un échange vocal d’une rare qualité. Une immense émotion nous étreint lorsqu'il reprend "Ive got dreams to remember" d'Otis Redding. D’une voix soul alanguie, il nous rappelle sans ambiguïté le regretté Otis. A vous flanquer des frissons partout ! En fin de parcours, ses Roadhouse Rockers se réservent l’accompagnement. Consacrant du bon R&B vivifiant. A l’instar de "Nothing but blue". Jim Wacker amorce "She choose to be my baby" comme boogie woogie, avant de laisser la place aux cuivres. Une plage au cours de laquelle Gary démontre qu’il possède un organe vraiment impressionnant. Gary US Bombs vient de réussir son come-back. D’autant plus que sa voix s'adapte avec une aisance déconcertante aux différents styles et aux différents tempos…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

African wind

Dan Treanor est issu du Colorado. De Pueblo, très exactement. Il y a 35 ans qu'il joue le blues. Au cours de sa carrière, il a notamment côtoyé Son Seals, Louisiana Red, Jimmy Carl Black et Frankie Lee. S’il est surtout réputé pour ses talents d’harmoniciste, il est également capable de jouer d’une multitude d’instruments, dont la guitare, le banjo, le dobro, la basse, les claviers et la flûte. Depuis quelques années, il est passionné par la fabrication d’instruments à cordes africains. Une instrumentation qu’il exploite sur le présent album ! Début 2004, il avait commis un elpee autoproduit, "African soul". Certaines plages de cet album sont reprises sur cet "African wind". Dans le registre soul blue, Frankie possède une des plus belles voix de la soul music. Elle est même proche de Little Johnnie Taylor ou d’O.V Wright. Au cours des sixties, il a sévi au sein de l’Ike & Tina Turner Soul Revue. Ensuite, il a apporté sa collaboration à Albert Collins et Johnny Guitar Watson.
 
"Missing" est une excellente mise en place rythmique. Gary Flori est aux percussions. Dan Treanor tire son épingle du jeu à l'harmonica, à la flûte et à l'orgue. Cet accompagnement assez dépouillé permet à la voix claire de Frankie Lee de se détacher nettement! L’influence africaine est manifestement exercée par les percussions. Le Bo Diddley beat fait résonner "Mean woman blues" à l’aide d’un instrument ancestral rebaptisé le Diddley bow. L'harmonica de Dan répond au superbe chant de Frankie. David Henderson excelle à la guitare. "Love a woman's soul" nous plonge au cœur de l’Afrique. A cause de la texture riche, très complexe de l’instrumentation. Plus simples, "Tell me mama" ou encore "Kidnapped by the blues" nous ramènent dans le Delta du Mississippi. L’harmonica et la guitare acoustique épousent la voix parfaite de Mr Lee. Pas besoin de deviner le type d'ambiance manifesté tout au long du titre maître ; une plage enrichie de choeurs tribaux. Et "The groit man", au cours duquel les percussions suivent la slide d'Henderson à la trace, est de la même veine. La voix de Frankie recèle une puissance phénoménale. Et il ne s'économise guère pour cracher des phrases enflammées sur les très électriques "Got no lifeline"et "Black Hanna", deux fragments au cours desquels la guitare se fait menaçante. L'album monte en puissance pour "Cut with dynamite". Un savoureux cocktail, fruit du tempo boogie, des percussions tribales et de la guitare déjantée ! La voix naturellement soul de Lee brille sur la ballade bien nerveuse "Texas son". "Lenesome road" nous transporte une dernière fois dans le coeur du blues. La voix féminine de Peggy Brown répond à celle de Frankie. L'album s’achève par "Can flute soul", une compo impliquant flûte, harmonica et ngoni (NDR : une espèce de banjo africain !) Très original, cet opus évolue hors des sentiers sans cesse battus du blues actuel. A découvrir !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Shake your junk

Aux USA, il existe des milliers de blues bands qui sévissent au sein des petits clubs, le plus souvent proches de leur base. Les Tablerockers appartiennent à cette meute. Ils ne sont pas pour autant des débutants, car le groupe s’est formé en 1981. A Lincoln, dans le Nebraska. En fait, les musiciens étaient tous originaires de la petite ville de Table. Et les Rockers se produisaient régulièrement au célèbre club, "The Zoo Bar" de Lincoln. En 1991, ils commettent leur premier elpee. On y remarque la présence d’un invité de marque : Magic Slim, un habitué du Zoo Bar. Le groupe se sépare en 92. Certains musiciens rejoignent Anson Funderburgh & the Rockets, d’autres Mike Morgan & the Crawl ou encore le Legendary Blues Band. Une nouvelle formule des Tablerockers refait surface fin 2001. Etablie cette fois dans l'Arkansas, elle réunit le chanteur/guitariste Jason Davis, le bassiste et membre fondateur Larry ‘Shorty Brown’ Boehmer ainsi que le drummer David ‘Mr So & So’. Davis a été impliqué chez Baby Jason and the Spankers pendant dix ans. Il en était même le leader. Il a également côtoyé Matt Murphy et Magic Slim. Watson est texan. Premier drummer d'Anson Funderburg, il est le neveu de Doyle Bramhall. Boehmer (NDR : le seul membre originel) était le bassiste maison du Zoo Bar. Il a longtemps milité chez les Heart Murmurs. Et le trio nous propose donc son premier opus : "Shake your junk". Un disque enregistré live au "George's Majestic Lounge" de Fayetteville, en Arkansas.
 
Dès les premiers accords on se rend compte que chez les Tablerockers, la guitare est reine. Baby Jason mène la barque dès "Think", le titre d'ouverture. Le groupe est bien soudé. Il transpire manifestement du vécu. Une plage assez funky, traitement qui sera reconduit régulièrement tout au long de cette plaque. L’assemblage de blues et de rock'n'roll porte ses fruits. Dans un style qui rappelle Stevie Ray Vaughan & Double Trouble de la première époque. Signé Willie Dixon, "I'm ready" maintient le tempo. Les Rockers libèrent une bonne dose de groove. A l’instar des Red Devils ou des Mama's Boys californiens, mais sans l’harmonica. Ils poursuivent ce sillon sonore par des classiques : "Big Boss man", "Temperature" de Little Walter (NDR : un slow blues dramatique), ou encore "Can't hold out" et "All your love", préparés à la sauce texane. Nonobstant la parenthèse soul "When she was my girl", "Me and my woman" marque un retour à la formule funky R&B. Le "Ball and a biscuit" des White Stripes est une plage lente, intense, sculptée dans un riff profond et lourd. Le traitement shuffle du "She belongs to me" de Magic Sam opère manifestement un retour sur le terrain de Vaughan. La formation passe encore en revue le célèbre blues de BB King, "The thrill is gone" ; avant d’achever le set par une interprétation saignante du "Shake for me" de Howlin' Wolf. Manifestement, Jason Davis possède une bonne voix. En outre, elle colle parfaitement à son répertoire. Elle domine un trio de musiciens très soudés. Et sur les planches, les Tablerockers doivent certainement être à la hauteur de leur sujet.