Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Dernier concert - festival

Editors
Viagra Boys

Ben Christophers

My beautiful demon

Issu de Wolverhampton, en Angleterre, Ben Christophers compose depuis sa plus tendre enfance. Il joue également de la guitare et des claviers. Mais possède surtout, une voix hors du commun, dont le timbre évoque, tour à tour Perry Blake, Thom Yorke, Jeff Buckley, Mc Almont ou Matthew Bellamy. Pour enregistrer son premier album, il a reçu le concours de quelques musiciens de studio talentueux, dont un certain Mark Feltman, à l’harmonica. Que vous avez sans doute déjà pu apprécier, pour le brio dont il fait preuve, sur le nouveau single de Ben, « Give me everything ». Ainsi que de David Kosten à la production. Un personnage qui accorde beaucoup de soin aux arrangements technologiques et aux orchestrations symphoniques. Et à l’intégration des samples dans la musique classique. Cependant, on a parfois l’impression, qu’il en fait un peu trop. La pureté des émotions souffrant d’ailleurs de cet excès de sophistication. Dommage, car lorsque Ben s’abandonne dans des accès de frénésie instrumentale, dignes de Radiohead ou de Muse, ou lorsqu’il épouse simplement le fil de sa sensibilité mélodique, il devient franchement brillant. Ce n’est malheureusement que trop rarement le cas. Et la composition susvisée, le douloureux « Remote control », ainsi que le single et titre maître de l’opus, ne sont finalement que des exceptions qui confirment la règle.

 

The Chemical Brothers

Surrender (b)

Purs produits de l’acid house britannique du début des nineties, les Chemical Brothers sont, en général, très appréciés par le public pop et surtout rock. Motif ? Leur connaissance approfondie de l’histoire du rock’n roll, savoir qu’ils mettent au service de leurs expérimentations électroniques, traduites même parfois sous la forme de clins d’œil. A l’instar du très kraftwerkien " Music : response " qui ouvre le nouveau morceau de plastique. Ce qui explique sans doute pourquoi Tom Rowlands et Ed Simmons sont devenus les remixeurs les plus sollicités de la planète. " Surrender " constitue leur troisième album. Un disque qui dans le style est un véritable joyau. Et pas seulement parce qu’il atteint la quasi perfection dans le domaine technologique ; mais parce que le duo cherche encore et toujours à innover et surtout à surprendre. Si les inévitables compositions instrumentales privilégient les sonorités acides et la puissance du rythme, les titres les plus intéressants procèdent des multiples collaborations que le groupe a de nouveau opérées tout au long de l’opus. Noël Gallagher (Oasis), Bobby Gillepsie (Primal Scream), Hope Sadonval (Mazzy Star), Jonathan Donahue (Mercury Rev) et Bernard Summer (New Order) prêtent ainsi leur voix à de véritables chansons, aux vertus mélodiques pop. Le groupe a même fait appel à une section à cordes pour emballer " Asleep for a day ". Les frères chimiques viennent encore de frapper !

 

The Charlatans

Us and us only

Le sixième album des Charlatans démarre sur les chapeaux de roues, avec le fabuleux « Forever », qui nous rappelle les meilleurs moments des débuts du groupe. Tempo house, hammond tourbillonnant, vocaux languissants : tout est mis en œuvre pour atteindre le groove irrésistible, extatique, psychédélique, qui vous met littéralement la tête à l’envers. Et puis, après avoir écouté le premier morceau, on a une sensation de vide, qui nécessite plusieurs écoutes avant d’être totalement comblé. Parce les Charlatans ont pris un virage à 180°. Ils auraient quand même pu prévenir, parce que la suite vaut son pesant d’or. En fait, Tim, qui vit le plus souvent à Los Angeles, semble avoir découvert ou redécouvert des mythes du rock’n roll tels que le Band de Bob Dylan, les Stones circa « Beggars Banquet » et les Byrds. Et cet opus en porte clairement les plus beaux accents. Depuis les claviers poussiéreux à l’harmonica douloureusement bluesy, en passant par le piano sonore, sans oublier le recours occasionnel au mellotron. Même la voix de Tim épouse subrepticement les inflexions nasillardes du Zim. Maintenant, n’en faites pas une fixation, car les Charlatans ne se sont pas contentés (NDR : Dieu merci !) de revisiter ce passé glorieux. Non, ils l’ont revitalisé à leur propre sauce, insufflant un sens mélodique contagieux qui n’appartient qu’à eux, et à eux seuls, nous délivrant de véritables petites perles intitulées « The blonde waltz » ( ! ? ! ?), le beau et déchirant à la fois « My beautiful friend », probablement écrit en hommage à leur ancien claviériste, feu Rob Collins, ainsi que « Watching you », dont la structure élaborée et hypnotique est écrémée par le raffinement des harmonies vocales. Indispensable !

 

The Causey Way

With loving and open arms

D’après ce que nous avons pu comprendre dans les notices de la pochette, The Causey Way serait une ramification de l’ACE (Aural Communication and Entertainment), elle même section de l’église baptiste. Et la musique dispensée tout au long de cet album, tantôt administrée dans un style proche des Cars (« Candy O », « Panorama »), avec moog synthétiseurs, et vocaux sophistiqués ou ‘lydonesques’, tantôt taillée dans un post punk aux accents aussi gothiques que ceux du défunt Christian Death, ne sert que d’auxiliaire à une nouvelle forme d’évangélisation. Plus moderne dans le ton, mais toujours aussi dogmatique dans la forme, elle nous fait finalement penser, à une secte…

 

Catatonia

Equally cursed and blessed

Sincèrement, nous pensions que cet " Equally cursed and blessed " allait confirmer les excellentes dispositions affichées sur les deux premiers albums du groupe gallois. On est loin du compte. En fait, la plupart des compositions de cet opus ont tellement été chargées d’orchestrations et d’arrangements, qu’on ne parvient plus à en retrouver le fil mélodique. Une densité sonore qui ne se contente pas de neutraliser les accès sauvages des cordes de guitare, mais asphyxie purement et simplement le timbre vocal de Cerys Matthews, hybride de Björk et de Mélanie. Seuls l’énigmatique " Londinium ", le velouté " Dazed, beautiful and bruised " et l ‘atmosphérico-symphonique " Bulimic beats " sauvent ce disque du désastre. Mais trois fragments sur un elpee, c’est quand même pas Byzance ! Catatonia nous doit une revanche !

 

Cast

The magic hour

Cast, c’est avant tout John Power, chanteur, compositeur et guitariste, qui avait sévi, fin des eighties, au sein des mythiques La’s. De La’s, il en avait été question tout au long des deux premiers elpees de Cast, " All change " et " Mother nature calls ". Pour les influences, bien sûr. " The magic hour " constitue probablement leur meilleur album à ce jour. Mais aussi leur plus difficile. Parce qu’il nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Un disque à la fois musclé et surtout électrique, dont l’intensité rappelle le New Mersey sound pratiqué par un certain Icicle Works. Normal, lorsqu’on sait que le quatuor est issu de Liverpool. Et voue un culte aux Beatles. Surtout à John Lennon et à George Harrison. " Revolution ", " I me mine ", " Hey Bulldog ", " While my guitar gently weeps ", " Oh darling " et autres standards du style doivent probablement figurer parmi les disques de chevet du combo. Qui, sur cet opus, a eu la bonne idée d’élargir son horizon sonore. Pour jeter un œil, tantôt sur Beck, Garry Glitter, Ride, le Who circa " Tommy ", les Hollies, Oasis et même The Verve. Parce que tout comme sur le dernier album de la défunte bande à Richard Ashcroft, Cast n’hésite pas à enrichir ses chansons d’orchestrations symphoniques. " Comme sur " Alien ", "  Hideaway " ou le titre maître. Le combo liverpuldien s’aventure même dans le bruit blanc. Sur " Company man ". Un fragment acide, décapant, croustillant, sorte de Crazy Horse éperonné par le groove de Stone Roses. Epatant !

 

DM3

Rippled soul

Depuis que Citadel n’a plus de distributeur officiel en Belgique (NDR : mais en a-t-il encore un en Europe ?), vous n’avez certainement plus souvent l’occasion d’entendre parler de la scène underground australienne. Portant, elle est toujours bien vivante, et même bien plus florissante que vous ne pouvez l’imaginer. Mais à notre plus grand désappointement, elle ne nous rappelle à son bon souvenir qu’un peu trop rarement ; et lorsque c’est le cas, il faut croire que le hasard y est pour quelque chose. Si DM3 ne compte à ce jour que trois albums à son actif, il n’est pas pour autant composé de musiciens nés de la dernière pluie. Et pour cause, la formation est drivée par le compositeur, chanteur et guitariste Don Mariani, figure de proue du rock aussie qui s’est illustrée entre 84 à 87 chez les Stems, et ensuite au sein des Someloves en compagnie de l’ex Lime Spiders, Daryl Mather. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1992 que Mariani a fondé DM3. Mais venons-en à l’album. Un disque dont l’effervescence électrique nous rappelle les New Christs, l’intensité mélodique, les Plimsouls, le groove insidieux, les Troggs, voire les Remains, et la limpidité des harmonies vocales, Big Star. Une fameuse carte de visite!

 

dEUS

The ideal crash

Alors qu’on aurait pu croire que les départs de Rudy Trouvé et de Stef Kamil Carlens allaient précipiter la fin de dEUS, c’est plutôt à son sacre que l’on est occupé d’assister. C’est vrai que Stef et Rudy n’ont pas lâché leurs potes sur un coup de tête. Mieux, ils ont, en quelque sorte, préparé leur départ. Et notamment en venant prêter main forte à la formation anversoise, lors des sessions d’enregistrement. En outre, Rudy a même eu le bon goût de continuer à dessiner leurs pochettes. Mais apparemment, la page est définitivement tournée, puisque les deux ex compères ne leur apportent plus aucune collaboration, ni instrumentale, ni graphique. Mais venons en au dernier opus de dEUS un disque produit par Dave Botrill, ingénieur du son de Peter Gabriel, qui vient même donner un petit coup de piano, sur un titre, " One advice, space ". Une œuvre au cours de laquelle boucles, cuivres, guitares acoustiques et électriques, piano, claviers, violon, mellotron et arrangements sordides, élaborés, cohabitent pour engendrer une musique à la fois contagieuses et oppressante, hétéroclite et intimiste, structurée et déstructurée, paradoxalement complexe et accessible… Et si les ombres de Frank Zappa, de Captain Beefheart ou de Sonic Youth planent toujours sur bon nombre de leurs compositions, c’est plutôt aux Pixies, que l’on pense, à l’écoute du remarquable " Instant street ", au King Crimson jazzifiant d’ " Island " sur " Everybody’s weird ", ou encore à Magazine, voire à l’Ultravox de John Foxx, lorsque les synthés se font plus envahissants. Nos deux coups de cœur vont cependant aux bouleversants " The magic hour " et à " Instant street ", deux compositions que vous avez sans doute, déjà eu l’occasion d’entendre, ou d’écouter, à la radio.  Du grand art !

 

Duotang

The cons & the pros

Comme son nom l’indique, Duotang c’est avant tout un duo. Une section rythmique, même. Constituée de Sean Allum aux drums et de Rod Slaughter à la basse. Ce dernier se réservant, en outre, les parties de claviers et le chant. Un duo canadien, de Winnipeg très exactement, dont le line up s’est enrichi de l’un ou l’autre musicien de studio, lors de l’enregistrement de leur deuxième album ; et notamment de cuivres. Normal, puisque tout comme le Jam, Duotang reconnaît pour influence majeure le rythm’n blues des sixties. Mais aussi le garage pop de la même époque. Un peu comme Inspiral Carpets ; la voix de Rod campant d’ailleurs des inflexions forts proches de celle de Tom Hingley. La rencontre de Jam et d’Inspiral Carpets est d’ailleurs une bonne métaphore pour illustrer le style musical de ce " The cons & the pros " dont les douze fragments sont sculptés dans la pop délicieuse, contagieuse et énergétique…

 

Johnny Dowd

Pictures from life’s other side

Johnny Dowd est né à Forth Worth, dans le Texas, a passé son enfance, successivement à Memphis, dans le Tennesse, puis à Paul Valley, une petite ville de l’Oklahoma. Il quitte la maison à 17 ans, entre à l’armée, se marie, puis divorce… ‘Un mélange habituel de stupidités, de gloire et de mauvaises habitudes’ confesse-t-il. En 20 années d’existence émaillées de hauts et de bas, il occupera ensuite et tour à tour, les jobs de déménageur, compositeur ou leader de groupe. Probablement aigri par le destin, il perd la foi. Sauf celle qu’il voue au rock’n’roll. ‘Si le rock était une religion, je serai sans doute un prêtre qui serait à la recherche d’une église’, ajoute-t-il. A plus de cinquante piges, Dowd semble enfin voir le bout du tunnel. Mais son inspiration est inévitablement forgée par le destin. Pas étonnant, dès lors, que ses lyrics soient aussi torturés que ceux de Nick Cave. Hantés par le meurtre, la destruction, la décadence et la mort, ils alimentent une sorte de lo fi austère, que nous pourrions qualifier de country blues gothique…