L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Biohazard 8/8/26
Editors

Joy Zipper

Joy Zipper

Ce qui frappe tout d’abord sur cet album, c’est le raffinement du son. Un raffinement qui nous rappelle un certain Capability Brown, qui avait sévi au cours des seventies. Joy Zipper est un duo constitué de Vinny Cafiso et de Tabitha Tindale. Ils ont bien été assistés par l’un ou l’autre musicien de studio, pour enregistrer cet opus, mais en général, Vinny se réserve la quasi totalité de l’instrumentation ; Tabitha assumant quelques parties de claviers. Mais le plus étonnant procède de la qualité de leurs harmonies vocales, harmonies échangées entre le timbre délicat de Vinny et celui plus puéril de Tabitha. Translucides, elles nous rappellent ni plus ni moins les Beatles. Des Beatles que le groupe a certainement dû beaucoup écouter. Surtout le double blanc. Mais cette fascination pour les Fab Four est mêlée à une multitude d’autres influences. Psychédéliques, tout d’abord. Et on pense ici le plus souvent à Sonic Youth et à Syd Barrett, dans leur phase la plus moelleuse. A Ultra Vivid Scene également ; en particulier sur le torturé et opulent « Everyday ». Enfin krautrock, comme dans le final « Apathy », où le groupe joue sur les oscillations du son. On imagine même sur « Transformation fantasy », un Stereolab qui se serait shooté à la country. Mais le duo obéit à une même constante, mener toutes ces expérimentations avec la plus grande délicatesse. Ce qui rend cet album si savoureux à écouter. Un must qui tombe littéralement du ciel !

 

Jethro Tull

J-Tull dot com

Écrit par

Lorsqu’on vend 60 millions d’albums en un peu plus de trente années d’existence, dans un domaine aussi pointu que la musique rock progressive, décrochant au passage deux numéros un aux States, on mérite assurément le statut de légende. A l’instar de Yes, Genesis circa Peter Gabriel, Vander Graaf Generator ou King Crimson. Ce qui n’a pas empêché Jethro Tull de connaître une période relativement creuse au cours des eighties, avant de revenir en force, il y a plus ou moins cinq ans. Sous une forme folk rock tout d’abord, style au sein duquel il a toujours excellé. Puis par le biais de la sortie de deux opus intéressants. En l’occurrence l’œuvre solo de Ian Anderson " Divinities ", instrumental aux accents classiques, pour ne pas dire symphoniques. Puis, le très étonnant, " Roots to branches ", digne de " Thick as a brick " voire d’" Aqualung ". C’était il y a déjà quatre ans.

Aujourd’hui, " J-Tull dot com ", qui ne sort plus chez Chrysalis, mais Papillon (NDR : cherchez l’astuce !), nous a laissé un goût de trop peu. Ian n’a rien perdu de son talent de flûtiste et possède toujours ce baryton chaleureux et profond. Mais le retour de Martin Barre (NDR : qui a dit Martin Guerre ?) n’est pas très judicieux. Parce que le style lourd et hardeux de cet ex guitariste du Tull, n’a guère évolué en trois décennies. Quant aux synthés, ils font un peu tâche d’huile dans l’ensemble. C’est d’ailleurs lorsque le Tull revient aux sources qu’il est le plus performant. Une situation trop rare pour permettre aux inconditionnels du groupe de vraiment s’éclater. Et il ne faut pas nous dire, après coup, qu’ils n’avaient pas été prévenus !

Jars Of Clay

If I left the zoo

Quatuor yankee, Jars of Clay voue une grande admiration aux Beatles, à tout ce qui touche à la folk song, un peu comme chez Counting Crows. Ainsi qu’à la musique atmosphérique des seventies. En particulier celle de Kansas, Kayak et consorts. Aussi bons instrumentistes que chanteurs, fonctions qu’ils partagent à des degrés divers, le combo ne semble pas avoir beaucoup évolué en un peu plus de cinq années d’existence. Hormis le très joli « Sad clown » et son piano ‘plink plonk’, cet « If I left the zoo » n’a pas plus de relief que les succès populaires les plus édulcorés d’Eric Clapton ou de Dire Straits. En tout cas, cet album ne réveillera pas l’animal qui sommeille au fond de chaque être humain. A moins que vous ne souhaitiez quitter le zoo…

 

Leftfield

Rhythm and stealth

En 1995, Neil Barnes et Paul Daley commettaient « Leftism », une œuvre qui allait laisser une trace indélébile dans le paysage musical électronique. Il faut d’ailleurs se demander si cet opus n’est pas le détonateur qui a fait de la ‘dance’ un véritable phénomène de masse. C’est pourtant ce qu’affirment aujourd’hui de nombreux DJ’s et journalistes branchés sur ce style en vogue. « Rythm and stealth » recherche encore et toujours la pulsion underground, en puisant ses sources dans la dub, la house, la techno et la musique africaine. Pas de trace cependant, ici, comme sur le premier album, de l’ex-figure de proue des Sex Pistols, John Lydon. Mais bien de Roots Manuva, mythe vivant du hip hop anglais. Sur le morceau qui ouvre le morceau de plastique. Et puis d’Afrika Bambaataa. Sur un inévitable fragment tribal intitulé « Afrika Shox ». Mais le plus important sur ce disque, procède du soin apporté par le duo britannique à la mise en forme et aux arrangements. Par pour rien qu’il leur a fallu dix-huit mois pour les administrer à ce disque…

 

Le Tone

Le petit nabab

Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter, sur l’une ou l’autre station radiophonique, le single désopilant « Joli Dragon ». Mais oui, ce petit morceau traversé de voix enfantines, imprimé sur un rythme au groove irrésistible et parsemé de bruitages étranges. Ces bruitages qui nous rappellent les fameux jeux électroniques, réservés aux plus jeunes. Si vous appréciez ce style de composition, cet opus devrait vous plaire. Débordant d’humour, parcouru de rythmes saugrenus et envahi de samples les plus divers qui folâtrent entre sonorités graves et aiguës, « Le petit nabab » regorge de comptines idéales pour animer vos petites soirées domestiques. A condition de ne pas en abuser. C’est dansant, c’est marrant, mais après quelques temps, cela devient franchement lassant…

 

Last Days of April

Rainmaker

Dix titres sur le premier album de ce quatuor suédois qui pratique un garage pop d’excellente facture, hyper mélodique, à la croisée des chemins des défunts Dinosau Jr, Cell, mais également de Buffalo Tom et de Lemonheads. C’est à dire savoureusement électrique, mais régulièrement alimenté de cordes de guitares acoustiques, et parfois même traversé d’un piano à la sonorité limpide. En outre, le groupe peut compter sur la présence de Karl Larsson, excellent chanteur dont le timbre vocal semble coincé entre celui de Roger Daltrey (Who) et celui de Billy Corgan (Smashing Pumpkins).

 

Luna

The days of our nights

Vous aimez ou avez aimé Robyn Hitchcock, Paul Roland, Syd Barrett, House of Love, et les Pastels ? Vous aimerez la musique de Luna. Une formation qui a enregistré cinq albums à ce jour, tous aussi excellents les uns que les autres. " The days of our nights " ne dérogeant pas à la bonne règle. C’est vrai que Dean Wareham a une voix un peu limite, ectoplasmique, nasillante ; mais elle convient à merveille aux chansons doucement mélancoliques, légèrement trempées dans le feedback, mais surtout dont l’instrumentation transcende littéralement les émotions. Et puis, Dean, ce n’est pas n’importe qui, puisqu’avant de fonder Luna, il était la force créative du mythique et défunt Galaxie 500. Cet opus recèle, en outre, quelques véritables petites perles de pop psychédélique, telles que le lyrique " The old fashioned way ", le fiévreux et contagieux (Beck ?) " Four thousand days " (NDR : à vos thermomètres !), " The rustler ", cruellement et savoureusement transpercé d’un violon grinçant ; et puis surtout " US out of my pants ! " dont le climat doorsien est viscéralement attaché à des rythmes latinos. Sans oublier, en final, la cover assez étonnante du " Sweet child o’mine " de Guns’n Roses. Un must !

 

Liva

The distance to here

En mal d’identité depuis ses débuts, la formation pennsylvanienne s’est très souvent vu reprocher de n’être qu’une caricature de REM. Ce qui ne l’a pas empêché de vendre des millions d’albums, à travers le monde. En fait, cette situation a toujours été involontaire et essentiellement due aux timbres vocaux, un peu trop proches d’Ed Kowalczyk et de Michael Stipe. Et puis, d’une approche assez semblable du sens mélodique de la composition. Depuis, les chemins se sont séparés, et Live n’est plus la copie carbone de REM. En outre, on ne sait même plus s’il incarne encore le chaînon manquant entre le groupe d’Athens et Pearl jam. Ni plus, ni moins. D’ailleurs, de pop, il n’en est plus beaucoup question ici, mais de rock. Et le nouvel opus, en est la plus belle démonstration. Enregistré à nouveau sous la houlette de leur producteur fétiche, Jerry Harrison, il capture une intensité dramatique, manifeste un punch que nous ne lui connaissions que sur les planches, tout en permettant à Ed d’épancher ses lyrics, mélange de colère, de passion et de sincérité. Une bonne surprise !

 

Lit

A place in the sun

Ils aiment les Cadillac, les filles, Las Vegas, Frank Sinatra, les cocktails et le bowling. Et le clament haut et fort dans les lyrics de leurs chansons. Ils sont nés à Orange County. Tout comme Rancid et Offspring. Et le line up de leur quartette est inchangé depuis leurs débuts. Quatre potes inséparables depuis la tendre enfance, dont deux frères. Pas Gallagher, bien sûr, mais Popoff. D’ailleurs leur musique n’a strictement rien à voir avec la britpop, embrassant un punk pop aussi hymnique, contagieux, énergique et mélodique que celui de Green Day, avec une approche mélodique qui nous fait curieusement penser tantôt à Elvis Costello, tantôt à Joe Jackson…

 

Liberty 37

The greatest gift

C’est vrai qu’aujourd’hui, il existe encore une multitude de formations qui ont la nostalgie du grunge, et notamment aux States. Mais également en Grande-Bretagne. Comme ce Liberty 37, qui nous vient de Swansea, aux Pays de Galles. Nostalgie du grunge, mais également admiration pour U2. Et cela se ressent tout au long de ce « The greatest gift », dont les compositions ne manquent ni de passion, d’enthousiasme, de sens mélodique ou d’intensité. Mais tout simplement d’originalité. Nous avons d’ailleurs été très étonnés de lire que Liberty 37 possédait certaines affinités avec les Pixies, Radiohead et les Deftones. On se demande bien où ? Du côté des doigts de pieds, peut-être. Avec The Verve ? Uniquement lors du final « Seize the day », et encore ! Pourtant, le groupe ne manque pas de talent, et il le prouve sur deux compositions plus personnelles. Comme sur l’acoustique, souligné d’un violon languissant, « ABC… giant steps » ou le versatile, quoique incisif « No beauty »…