Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Dernier concert - festival

The Cure
L7

Eden (Belgium)

Seafood

Début 98, ce sextuor bien de chez nous commettait un premier album dont la qualité nous avait agréablement surpris. 18 mois plus tard, il nous revient déjà avec un nouvel et excellent CD, " Seafood ". Un opus dont les compositions de pop rafraîchissante, enthousiaste, optimiste, sont caressées par la conjugaison parfaite des harmonies vocales échangées entre Roos Van Acker et Sofi Buyck. Des inflexions vocales qui nous font penser à un autre combo belge : K’s Choice. Et si l’an dernier, nous avions conclu que l’excellent backing group avait certainement beaucoup écouté Magnapop, il faut reconnaître que pour cet opus, les arrangements et la production ont reçu un traitement plus soigné, plus pro, si vous préférez. Avec un tel potentiel, Eden devrait tenir la dragée haute aux ténors de la scène musicale noir-jaune-rouge…

 

Echo Tattoo

Room of toys

En remportant le 1er prix du second European Contest, qui s’est déroulé à Copenhague en 1996, cette formation drivée par une certaine Evie Hassapidou-Watson, chanteuse et principale compositrice, est enfin parvenue à s’extirper de la scène alternative hellénique, au sein de laquelle elle végétait depuis 1989. Conséquence directe, son deuxième album a été enregistré à Bath, en Angleterre sous la houlette de Bryan New, producteur de Cure, des Sugarcubes, de Neneh Cherry, mais également ingénieur du son chez Massive Attack. Un album qui recèle, nonobstant son éclectisme un peu trop ample, de bonnes surprises. Et en particulier lorsque les compositions atmosphériques se propagent sur un tempo trip hop spasmodique, le plus souvent profilé sur une basse dub, caoutchoutée, pour célébrer une hypothétique rencontre entre Propaganda et Smoke City. Ou encore, lorsque les mélodies pop épousent un profil plus vindicatif, un peu comme si Texas avait mangé du post punk, sans pour autant oublier de soigner les arrangements. Pour le reste, on a l’impression que le groupe se cherche encore, et en particulier lorsqu’il aborde le domaine du rock. Qu’il soit progressif, cosmique, U2esque ou encore tribal…

 

The Folk Implosion

One part lullaby

Folk Implosion a délibérément décidé de créer son propre écosystème musical afin de mieux canaliser son approche personnelle, créatrice et émotionnelle de la lo fi. Une lo fi que le duo prône spontanée, fluide et authentique. Mais en même temps et paradoxalement esthétique et luxuriante ; le duo n’hésitant pas à inclure bruitages, samples, boîtes à rythmes et arrangements technologiques, pour enrichir son univers sonore. « One part lullaby » constitue leur troisième album. Un disque dont l’intensité dramatique serpente entre les mélodies contagieuses. Les arrangements sont astucieux. Le groove hypnotique. Les harmonies vocales échangées entre John et Lou impeccables. Tantôt onctueuses, duveteuses, placides ou synthétisées, elles se fondent dans l’ensemble un peu à la manière de Crosby, Stills & Nash du début des seventies. Mais la marque de fabrique de Folk Implosion procède toujours de cette alchimie chatoyante opérée entre cordes de guitare électriques et acoustiques. Une œuvre sans aucune faiblesse, épinglant au passage une adaptation instrumentale de « Requiem pour un con » de Gainsbourg. Intitulée « Serge », elle constitue un hommage, pour le moins percutant, à l’artiste français disparu. Un must !

 

Bryan Ferry

As time goes by

En 1973, Bryan Ferry enregistrait son premier album solo, " These foolish things ", un disque sur lequel le chanteur à la voix de crooner manifestait déjà certaines affinités pour les standards des années 30. En fait, ces exercices de style, l'ex Roxy Music avait toujours rêvé de les immortaliser sur disque. Mais il lui aura fallu plus d'un quart de siècle pour pouvoir réaliser ce dessein. Une expérience pour laquelle il s'est entouré de musiciens qui n'auraient pas fait tâche d'huile à cette époque. Cuivres, cordes et piano se taillent ainsi la part du lion au sein d'une instrumentation qui swingue et jazze plus qu'elle ne rocke. Et nonobstant la fascination qu'exerce toujours le timbre vocal de Bryan, les inconditionnels de Roxy Music risquent fort de faire la grimace. A notre humble avis, cet " As time goes by " devrait surtout plaire au public de Frank Sinatra. Les coloris sépia, jaunâtres, passéistes de la pochette ne laissant d'ailleurs aucune équivoque à cet égard...

 

Faithless

Sunday 8 pm

Surnommé le Massive Attack londonien, Faithless partage également de nombreuses affinités avec The Aloof et le sous-estimé Ramshacle. Un ensemble à géométrie variable, drivé cependant par un noyau dur de quatre personnes. Soit le maître-bidouilleur Rollo, le guitariste Jamie Catto, la claviériste-vocaliste Sister Bliss et le rapper/philosophe Maxi Jazz, par ailleurs ancien collaborateur de Jah Wobble. Une formation qui compte à son actif deux albums, mais surtout un tube qui a cartonné un peu partout dans le monde, " God is a DJ ". Une chanson qui révèle la diversité des styles et d’influences affichés par Faithless. Qui oscillent du funk au reggae, en passant par la techno, le gospel, la soul, la house et le jazz. Avec un feeling bien britannique capable de mêler poésie urbaine avec la force rédemptrice du rythme viscéral, sensuel ; le tout plongé au sein d’un climat à la fois étrange, post industriel,, trip hop quoi !…

 

Fuel

Sunburn

En choisissant, pour producteur, Steven Haigler (Pixies, Quicksand, Local H) et pour ingénieur du son Tom Lord-Alge (Marilyn Mansun, Hole), Fuel garantissait le haut degré d’octane de son carburant sonore. Un carburant métallique, souvent féroce, sauvage, caustique même, mais également mélodique, qui nous rappelle le plus souvent Stone Temple Pilots, quoique la voix du chanteur a plus à voir avec celle de Ian Ashbury (Cult), dont Brett Scallions est d’ailleurs un grand admirateur, que de Scott Weiland, mais en moins lyrique. " Sunburn " constitue le premier opus de ce quatuor pennsylvanien, un disque de pop rock qui aurait certainement fait un malheur, s’il était paru cinq ans plus tôt…

 

Roddy Frame

The north star

Sur les cinq albums commis par Aztec Camera, seuls " High land, hard rain " et " Knife ", millésimés 1983 et 1984, sont incontournables. Si " Stray " et " Dreamland ", gravés respectivement en 1990, puis en 1993, affichent encore quelques beaux restes, " Frestonia ", commis en 1995, sonne pourtant le glas d’un des plus beaux fleurons du mouvement " postcard ". Roddy Frame, le chanteur/compositeur/guitariste n’avait donc plus qu’une solution, se remettre en question. Et pas seulement dissoudre le groupe pour entamer une carrière solo, puisque Roddy était devenu, au fil du temps, le seul maître à bord, et même le seul membre tout court. Comment allait-il donc faire pour retrouver la simplicité et l’efficacité du lyrisme de ses premiers singles ? Et on pense ici à " Just like gold ", " Oblivious, ou " All I need is everything "… Apparemment, Roddy semble avoir retrouvé la recette, puisque les dix chansons de " The north star " sont délicatement sculptées dans la pop sylvestre, semi acoustique, astucieusement stimulée par un feeling soul et trempées dans un romantisme passionné. Un must !

 

Fountains Of Wayne

Utopia parkway

Teenage Fan Club, Posies et Fountains of Wayne appartiennent à cette catégorie de groupes qui vouent un véritable culte à Big Star. Chez F.O.W., cette passion est cependant tempérée par celle qu’il partage pour les Cars. Et plus que probablement pour des tas de formations pop nées au cours des sixties. Notamment pour les Zombies, les Byrds et les Beach Boys. Une propension confirmée tout au long de son deuxième album, " Utopia parkway ". Et le résultat n’en est que plus convaincant. Un disque aux compositions ensoleillées par une power pop particulièrement contagieuse, croustillante et soignée par des harmonies vocales aussi impeccables que savoureuses. Par rapport à l’opus précédent, le quatuor yankee (Oklahoma) a eu davantage recours aux claviers, aux guitares acoustiques et mêmes aux arrangements de cordes, à l’instar d’E.L.O. Et ce choix nous paraît fort judicieux…

 

Ford’s Imaginery Inferno

Love and be loved

La country traditionnelle et la pop des sixties, voire de la fin des fifties semble avoir beaucoup influencé cet ensemble batave, dont la musique obéit à une seule constante, le minimalisme instrumental. Le groupe a, en outre, certainement beaucoup écouté les Everly Brothers et Simon & Gardfunkel, sans pour autant parvenir à atteindre la qualité des harmonies vocales de leurs illustres idoles, pour sortir un tel album. Et si les ombres de Neil Young circa " Harvest " et " Harvest moon ", ainsi que de Supergrass, planent sur l’un ou l’autre fragment, c’est certainement par pur hasard…

 

Foo Fighters

There is nothing left to loose

Les prestations ‘live de Foo Fighters ne nous ont jamais laissé de souvenir impérissable, lors que sur disque, la bande à Dave Grohl nous a toujours fait une excellente impression. Et c’est encore le cas pour le troisième album, « There is nothing left to loose ». Pourtant, depuis 1997, le groupe a essuyé de multiples changements de personnel. Lors de l’enregistrement de cet opus, William Goldsmith a même laissé tomber tout le monde au beau milieu des sessions ; si bien que Dave a dû reprendre les baguettes, en sus du chant et des parties de guitares, fonctions qui lui sont dévolues au sein du combo. Juste avant que Taylor Hawkins, qui revenait d’une tournée de 18 mois en compagnie d’Alanis Morisette, n’accepte de prendre le relais. Cet elpee offre en tout cas deux visages. Un premier qui renoue avec la force viscérale et tempétueuse du hardcore juvénile. Nous rappelant ainsi toute l’influence qu’avait pu avoir Hüsker Dü sur les ensembles de grunge tels que Nirvana et consorts. Et le superbe single « Stacked actors », dont le sang des cordes de guitare se fige au contact du métal, en est le plus bel exemple. La deuxième offre un profil mélodique beaucoup plus pop. Suscitant même d’étonnantes comparaisons qui vont d’XTC aux Cars, en passant par Gerry Rafferty. Dave Grohl démontre ainsi que non seulement, il est bon compositeur, même si ses lyrics sont inlassablement déchirés entre le bien et le mal, la pureté et la corruption, mais également un excellent chanteur qui ne se contente pas de hurlements cathartiques…