La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Biohazard 8/8/26
Ora Cogan

Paradise Motel

Flight paths

Un groupe tasmanien, ça ne doit pas courir les rues. Surtout de cette valeur. Pour ceux qui seraient fâchés avec la géographie sachez que la Tasmanie est la partie sud la plus orientale de l’Australie. Fallait le préciser. Paradise Motel est composé de six musiciens, apparemment drivé par un certain Matthew Aulich, mais dont le personnage central est incarné par Merida Sussex. La seule femme à bord. Une mancunienne exilée aux antipodes, qui possède une voix hors du commun. Normal, puisqu’elle était chanteuse d’opéra. Pourtant, elle a dû changer de registre, en adoptant un vocal plus adapté au style musical de Paradise Motel. Une voix troublante, glaciale, austère, et tellement pure, qu’on pourrait presque voir à travers. Imaginez une sorte d’hybride entre le timbre de Nico et celui de Hope Sadonval (Mazzy Star). Elle outre, elle dispense des lyrics dérangeants, synthèse parfaite de colère et de nostalgie, sur une musique sombre, élégiaque, atmosphérique, à la croisée des chemins de Tindersticks, du Velvet Underground et de Nick Drake. Une musique de chambre pour les nineties, dont les vagues de cordes se fracassent tantôt contre les accords de guitare arythmiques, tantôt contre les sonorités technologiques, pour mieux éclabousser cette musique pop/rock, contemporaine dans le sens le plus progressif du terme. L’opus recèle, en outre, une cover très étrange, spectrale, mais envoûtante du " Dive " de Ric Ocasek, interprétation majestueuse, opérée au sein d’un univers angélique…

 

Jennifer Paige

Jennifer Paige

Si elle avait pu participer au concours Eurovision, elle aurait probablement décroché le premier prix. Pas parce que ses chansons sont meilleures que celles qui ont été présentées lors du concours, mais parce que Jennifer est jolie. Très jolie… comme on colle aux affiches (NDR : macho !) On en oublierait presque de parler de son premier album. Produit par Andy Goldmark, dont la carte de visite mentionne Elton John, Patti Labelle, Michaël Bolton et Nathalie Cole, il épingle le hit single " Crush ", composition matraquée sur la plupart des ondes radiophoniques, au cours du premier semestre de l’année 99. Pas terrible, nous rétorquerez-vous ! Et vous avez amplement raison, à l’instar de son opus éponyme. Devrait se reconvertir en mannequin…

 

The Pretenders

Viva el amor

Cinq années déjà que les Pretenders n’avaient plus commis d’album studio. Cinq longues années au cours desquelles, on ne peut pas dire que la bande à Chrissie Hynde soit parvenue à défrayer la chronique. Pas par le nombre d’apparitions ‘live’ en tout cas. Et lorsqu’on sait que son pénultième remonte déjà à 1990, les aficionados du groupe ont vraiment le droit d’être frustrés. Pour enregistrer " Viva el amor ! ", le groupe a reçu le concours du légendaire Jeff Beck. Sur un seul titre. " Legalise me ". Mais un des deux meilleurs fragments de l’elpee. Convulsif à souhait, il conjugue les talents de guitariste de l’ex Cream, et de Chrissie. Quant à l’autre titre qui se détache du lot, il répond au nom de " Dragway 42 ". Plus cristallin, découpé dans les riffs d’électricité lancinants, il bénéficie de la collaboration de la section de cordes, The Duke Quartet. Ce qui ne veut pas dire que le reste fasse tâche d’huile dans l’ensemble. Pas du tout ! Il est même constitué de morceaux particulièrement agréables à écouter. Tels que " Baby’s breath " au tempo post new wave, le pur Pretenders " Nails in the road ", le sémillant " Popstar ", au cours duquel Chrissie laisse transparaître son talent d’harmoniciste, et puis de chouettes chansons souvent protéinées de guitares, mais surtout transportées par le timbre vocal tantôt velouté, tantôt violent, tantôt envoûtant de Chrissie. Un regret, ce " Viva el amor " ne recèle aucun hit potentiel de la trempe de " Brass in pocket " ou de " Back on the chain gang ". Et c’est sans doute là que le bât blesse…

 

Pram

Telemetric melodies

" Telemetric melodies " ne constitue pas un nouvel album de Pram, mais une compilation en huit morceaux de l'ensemble de leur répertoire. Un éventail plutôt maigrichon lorsqu'on sait que le groupe a commis cinq albums en un peu plus de huit années d'existence. Heureusement, ce recueil se penche sur la nature de l'œuvre du combo de Birmingham, y compris son séjour chez " Too Pure ". Ce qui ne permet évidemment pas de se faire une idée de l'évolution du groupe, mais plutôt du style musical qu'il pratique, en général. Si Pram est le plus souvent comparé à Stereolab, c'est à cause de la voix impassionnelle de Rosie Cuckston, du recours à des moogs de la vielle école; et bien évidemment d'un goût commun pour le krautrock de Can. Il faut cependant préciser que la structure rythmique n'est ni répétitive et encore moins obsessionnelle. Des caractéristiques qui permettent à la formation de mener de multiples expériences capables d'osciller de la pop à la samba, en passant par le space-jazz, le drum’n’bass, le dub, le funk et le hip hop, à l'aide d'une instrumentation parfois insolite. Ce qui donne une approche assez originale à leur post rock, qui ne néglige pas pour autant l'aspect mélodique des compositions....

 

Iggy Pop

Avenue B

Hormis le single « Corruption » et la cover de Johnny Kidd, « Shakin’ all over », le nouvel album de l’Iguane rompt avec la frénésie rock’n rollienne, à laquelle il nous avait habitué, depuis plus de trente ans. Produit par Don Was, « Avenue B » est essentiellement partagé entre ‘spoken word’ (poèmes racontés sur fond musical) et chansons tendres, romantiques, qu’Iggy interprète d’une véritable voix de crooner. Parfois on a même l’impression de vivre une hypothétique symbiose entre Johnny Cash et Edwyn Collins. Dans ce style il n’y injecte pourtant qu’une seule dose d’électricité. Sur le final « Façade ». Côté lyrics, il explore tour à tour les thèmes de la séparation, de la mort, de l’âge (NDR : il vient de passer le cap de la cinquantaine !) et puis inévitablement de la politique menée aux States. Il chante même une chanson dans la langue de Cervantès. Intitulée « Espagnol », elle épouse un tempo latino-jazzifiant digne des débuts de Santana. Etonnant !

 

Polak

3 X 3

Comment se fait-il que nous n’ayons jamais eu écho d’un combo aussi talentueux ? La réponse à cette première question est assez simple. En une année, Polak n’a concocté que trois singles : " 2 minutes 45 ", " I’m sick " et " Impossible ". Trois disques remarquables qui n’ont cependant été édités qu’en exemplaires limités (2000 copies tout au plus). Afin de satisfaire une demande plus conséquente, " 3 X 3 " réunit, comme son nom l’indique, les 3 titres des trois disques en question. Second mystère : le nom de deux frères nous paraissait familier. Normal, puisqu’en fait, Pete et Krzys Fijalkowski ont respectivement drivé Adorable et les Bardots ! Soit deux groupes qui nous avaient jadis particulièrement bottés. Surtout Adorable qui était en 1992 appelé à prendre la relève de la pop anglaise en compagnie de… The Verve et Suede ! Au départ anodin, ces 9 titres suscitent donc un intérêt bien naturel. On se balade ainsi dans les recoins parfois oubliés de la pop anglaise. Le postcard d’Orange Juice ou des Smiths (et évidemment de Morrissey). Le new mersey sound d’Echo and the Bunnymen, la new wave du Sound, le garage pop d’Inspiral Carpets. Et enfin, le glam de Pulp, Denim ou des tout nouveaux Gay Dad. Il y a des violons, des claviers. De la guitare sèche ou électrique. Et puis une voix un peu cassée, gémissante, chargée d’émotion. C’est mélodique, énergique. Ca s’écoute facilement. Et en final, l’opus recèle une chouette cover de " Goodbye Joe " de Monochrome Set. Bref, on espère pour vous qu’ils ne s’arrêteront pas aux 3 000 exemplaires, cette fois-ci !

 

Plexiq

Bambi dragon don’t spit fire

La musique électronique, et en particulier le krautrock, est une influence majeure pour Plexiq. Normal, puisque cet ensemble est issu de Hambourg. Pas de ligne de conduite directrice cependant, parmi ses références germaniques, puisqu’il les puise aussi bien chez Tangerine Dream, DAF, Kraftwerk que chez Can. Avec pour résultat une musique capable de vous plonger dans un univers énigmatique, visionnaire, ou de vous tourmenter, en épousant un profil hypnotique voire en observant un tempo mécanique. Mais la véritable performance de Plexiq, est d’être parvenu, tout au long de ce " Bambi dragon don’t spit fire ", à remodeler le tout sur un mode dub ou drum’n’bass, un peu à la manière de Gary Clail. Plus étonnant encore, " Speculation " qui revient, en fusionnant tous ces styles, au jazz rock d’If, formation britannique qui avait sévi au cours de la première moitié des seventies…

 

Plankeye

Relocation

Réduit à un duo, depuis le départ du drummer Adam Ferry et du chanteur Scott Silletta, Plankeye, vient de commettre son cinquième album. Pour enregistrer cet opus, le guitariste Eric Balman et le bassiste Luis Garcia ont quand même engagé des musiciens de studio, le duo se réservant cependant, les parties vocales. Avec beaucoup de bonheur, il faut le souligner. Les mélodies pop agréables, fruitées, électriques, facilement mémorisables de ce « Relocation » rappelant même parfois les Rentals ou les Cars. En y gommant les excès. Plankeye privilégiant le sens hymnique de ses chansons ou son approche la plus tendre, la plus romantique. Encore que les lyrics fassent curieusement preuve d’une réserve pudibonde…

 

The Rentals

Seven more minutes

Deuxième album pour les Rentals, projet parallèle du bassiste de Weezer, Matt Sharp. Un disque pour lequel il a reçu le concours de grosses pointures. Notamment, le chanteur de Blur, Damon Albarn, et celui d’Ash, Tim Wheeler, ainsi que la guitariste d’Elastica, Don Matthews et la violoniste de That Dog, Petra Haden. Un disque toujours aussi influencé par les Cars, auquel Matt voue d’ailleurs une grande admiration. Et si à l’instar du précédent opus, " The return of ", l’ombre de Jeff Lynn (ELO) ou de Gary Newman, plane encore sur l’un ou l’autre fragment, le ton est résolument plus optimiste, plus léger, plus pop, quoi !

 

Remy Zero

Villa Elaine

Pour enregistrer son deuxième album, Remy Zero a bénéficié du concours d'Alan Moulder à la production, un personnage dont la carte de visite mentionne quand même la mise en forme d'œuvres de formations aussi huppées que Nine Inch Nails, Smashing Pumpkins, Depeche Mode et U2. Tout comme sur son premier opus, Remy Zero embrasse une expression résolument britpop. Un paradoxe lorsque l'on sait que le quintette est issu de l'Alabama et qu'il vit aujourd'hui à Hollywood. Ce qui lui permet d'avoir un œil critique sur tout ce qui se passe autour de lui, que ses membres jugent décadent. Et de reproduire ce regard oblique à travers des textes riches en images mythologiques et modernes. Jusque-là, rien à voir avec la britpop. En fait, cette impression se traduit dans leur musique dont les mélodies contagieuses hymniques sont sculptées les plus souvent par des guitares électriques. Parfois quatre, trois le plus souvent. Des mélodies satinées par le timbre vocal cristallin de Cinjun Tate. Et si l'opus recèle l'une ou l'autre chanson plus tendre, plus acoustique, plus intimiste, abordée dans l'esprit d'un REM, il se pose en incontestable chaînon manquant entre Supergrass et Radiohead. Et ça, c'est une référence!