Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Biohazard 8/8/26

Supergrass

Supergrass

L’attitude et le look moulé dans les sixties, la plupart des influences pompées dans les seventies, le romantisme pathétique profilé sur les eighties et les deux pieds dans les nineties, Supergrass est devenu aujourd’hui, une des valeurs sures de la pop britannique. Et si les douze compositions de son nouvel opus n’ont plus rien de surprenant, elles ont au moins le mérite de ne jamais décevoir. Parce qu’elles sont soignées, enrichies de ces harmonies vocales outrageusement raffinées, que nous pourrions qualifier tantôt de beatlenesques, de byrdsiennes voire de brianwilsonesques (NDR : Brian Wilson est le leader des Beach Boys) ; des chansons chargées de cette adrénaline juvénile que seul le trio d’Oxford est capable de nous inoculer. Et « Moving », premier single qui a été extrait de cet elpee éponyme, en est le plus bel exemple. Fruit d’une rencontre hypothétique entre le Floyd circa « Animals » et Average White Band, il ouvre la voie à des compositions tellement contagieuses, parmi lesquelles « Pumping your stereo », imprimé sur un boogie digne de « Jean Genie » voire « Rebel rebel » de Bowie, ou « Your love », dont la vivacité glamoureuse nous rappelle les débuts de Japan, nous semblent les plus représentatives.

Super Furry Animals

Out spaced

Ceci n’est pas le nouvel album de SFA, sa sortie étant prévue pour l’été 99, mais une compile réunissant quelques flip sides de singles, des sessions d’enregistrement réalisées pour la BBC, les premiers morceaux de plastique pressés chez leur premier label " Ankst ", quelques raretés, et l’inévitable " The man don’t give a fuck ". Ce qui vous permettra de vous faire une petite idée du chemin parcouru par la formation galloise entre 93 et 98, dans le domaine de leur musique pop hybridée de rock, de punk, de psychédélisme, de space, de métal, de funk, de techno, de dub , de house et même de prog. Tout un programme ! Une occasion également de mieux comprendre pourquoi SFA incarne le Todd Rungren des nineties. Et croyez nous, ce n’est pas une " Utopia "…

Super Furry Animals

Guerrilla

Super Furry Animals est un groupe qui déborde d’imagination. Et on avait déjà pu le constater lors de la sortie de ses deux premiers albums. Tout au long de ce « Guerrilla », il aborde la technologie avec un esprit futuriste, psychédélique, si vous préférez, sans pour autant négliger le sens mélodique des ses compositions ; que nous pourrions même qualifier d’omniprésent, quoique rampant. Un peu comme si Gorky’s Zygotic Mynci avait mangé du Blur. Et au fil de l’écoute, on va de surprise en surprise. En particulier, lorsque la formation galloise parvient à associer drum & bass avec une steel guitar, ou encore sur l’étonnant et aquatique « The door to this house remains open », abordé dans l’esprit d’Aphex Twin. Plus basique, cette fois, garage punk même, « Night vision », évoque ni plus ni moins The Fall, alors que le single « Nothern lites », aux sonorités transportées par la chaleur des cuivres et du xylophone, nous entraîne dans le monde des Caraïbes. Un disque franchement inspiré, qui bénéficie, en outre du talent de chanteur de Gruff, dont le timbre d’argile se fond naturellement dans l’ensemble…

Sunny Day Real Estate

How it feels to be something on

Après avoir commis deux albums, Sunny Day Real Estate, se sépare. Nous sommes alors en 1995. Nate Mendel et William Goldsmith rejoignent Dave Grohl, au sein de Foo Fighters, alors que Jeremy Enigk décide d’entreprendre une carrière solo. Quant au guitariste Dan Hoerner, il se retire du circuit musical, histoire de prendre un repos sabbatique auprès de son épouse et de son chien (NDR : si on en croit la bio !). Les membres du groupe n’ont cependant jamais perdu contact, puisque l’an dernier, ils se sont réunis pour enregistrer ce nouvel opus. Seul Nate n’a pas répondu à l’appel, et est ici remplacé par le drummer de Mommyheads, Jeff Palmer. Les musiciens de SDRE n’ont cependant plus le temps ni la prétention de poursuivre l’expérience full time. Ils se sont simplement promis d’y revenir circonstanciellement, sous la forme d’un projet. A l’instar d’un Brad, par exemple. Un groupe auquel, nous sommes également forcés de songer, après avoir écouté ce " How it feels to be something on ". A cause des vocaux falsettos d’abord, et puis du climat puissamment émotionnel, qui se dégage tout au long de l’opus. Sans le côté funk, cependant. Et puis, en moins languissant. D’abord, parce qu’il n’y a pas ou peu de claviers, juste un zeste de mellotron. Et puis, parce que les guitares sont toujours présentes. Acoustiques, semi acoustiques, ébréchées ou déchiquetées ; mais sans jamais submerger la texture mélodique, un peu comme chez Swell…

Suede

Head music

En enregistrant sous la houlette du producteur des Happy Mondays, Steve Osbourn, Suede prenait le risque d’être contaminé par la dance. Il n’en est rien. Bien sûr, on y ressent la griffe très personnelle de Steve, qui n’a d’ailleurs pas lésiné sur les boucles, samples et autres bidouillages, dont il a le secret. Plusieurs compositions de " Head music  " épousent ainsi un profil funk plus ou moins marqué. Et on pense tout particulièrement au single kravitzien " Electricity ", au fiévreux, languissant et sensuel " Asbestos " ainsi qu’à " Savoir faire ", qui s’ébroue dans un climat " Prince ", avant d’évoluer vers le trash de T Rex. Mais Suede ne s’est pas seulement contenté de soigner son groove. Accordant, suivant sa bonne habitude, une bonne place, au raffinement des arrangements. Comme sur la ballade pure Suede " Everything will fly ". Ou lorsque les orchestrations flirtent allègrement avec l’Orient. Tout d’abord sur " Indian Strings ". Et puis également tout au long de " She’s in fashion " ; même si la chanson est enrichie d’un piano électrique jazz funk post Steely Dan et abordée avec une attitude glamour, plus Cockney Rebel que Bowie. Un Bowie dont le spectre, traversé d’éclairs d’électricité " Frippertronics ", plane au-dessus d’ " Elephant man. Mais également sur " Hi fi ", sorte de " Station to station " revisité par le Human League adolescent. Et dans le domaine de l’alternatif, Suede a encore fait plus fort. Sur le luxuriant " Can’t get enough ", un morceau qui navigue à la croisée des chemins du Chicago Transit Authority, circa " I’m a man ", de la cold wave joydivisionnesque de " She’s lost control " et du psyché punk de Sonic Youth. Excusez du peu ! Autre innovation, Neil Codling, le claviériste, et Richard Oakes, le guitariste, commencent à participer à la composition, alors que de son côté, Brett Anderson s’est mis à la guitare, mais acoustique. Et dans cet exercice, ce n’est pas un manchot…

 

Stretch Princess

Stretch Princess

L’histoire de ce trio débute à Londres, lorsqu’une Irlandaise, répondant au nom de Jo Lloyd, rencontre David McGee. Elle chante, joue de la basse et compose au piano. Lui, s’est forgé une réputation de drummer, en bourlinguant au sein d’une multitude de formations londoniennes. Ils décident de recruter un guitariste. Par voie de petites annonces. Et sélectionnent un certain James Wright. Australien de naissance, émigré en Grande-Bretagne depuis l’âge de 4 ans. Mais comme leur musique ne semble pas vraiment correspondre aux aspirations du public insulaire, la formation décide de s’exiler aux States. A New-York, très exactement, alors que franchement, Boston, nous aurait semblé être une destination plus judicieuse. Pourquoi ? Parce que ce combo dispense une noisy pop allègre, qui cherche constamment, à l’instar du défunt Veruca Salt ou de Juliana Hatfield, un équilibre mélodique entre l’intensité électrique et la vulnérabilité des harmonies vocales ; harmonies conduites, il est vrai, par le timbre vocal fragile, délicat de Jo, qui campe un hybride entre celui de Tanya Donelly (Belly) et d’Harriet Wheeler (Sundays). Produit par Sean Slade et Paul Q Kolderie (Radiohead, Mighty, Mighty Bostones, Hole), leur premier opus, éponyme de surcroît, recèle en " Sorry ", non seulement un premier single, mais également le titre maître de la bande sonore du nouveau film de Miramas, " Teaching Mrs Tingle "…

 

Stereophonics

Performer and cocktails

Issus du Pays de Galles, Manic Street Preachers et Stereophonics affichent certains points communs. Si vous ne vous en n’étiez pas rendu compte lors de la sortie de " Words gets around ", premier et excellent album du trio de Cwmaman, vous en serez totalement persuadés, après avoir écouté ce " Performer and cocktails ". Attention, pas le Manics à vocation pop, produit depuis la disparition de Richey James, et reconduit sur leur dernier opus, " This is my truth, tell me yours ", mais le Manics hymnique, mordant de " Generation terrorists " ou de " Gold against the soul ". Sans pour autant négliger l’aspect mélodique des chansons. Parfois, elles sont même adrénalisées par le punk, comme sur l’intro " Roll up and shine ". Mais en général, elles demeurent fondamentalement et passionnellement rock. De sa voix tour à tour meurtrière, âpre ou moelleuse, Kelly Jones épanche, avec une pointe d’humour, mais avec beaucoup de réalisme, des contes rongés par le malheur, la rumeur, le désir, les chuchotements, la tristesse, et même la mort. Des contes essentiellement inspirés de faits divers qui se sont déroulés dans leur petit village natal, du sud du Pays de Galles. Un seul reproche, une certaine uniformité dans le ton, impression qui nuit quand même au climat général de l’album…

 

Starmarket

Four hours light

Bien que suédoise, cette formation semble particulièrement contaminée par la scène pop rock américaine. Et en particulier par Afghan Whigs, Brad, Sunny Day Real Estate, American Music Club ou Red House Painters. Le mélange des cordes de guitare acoustiques et électriques est particulièrement réussi. Le piano est profond et sonore. Les interventions de claviers discrètes ou subtiles. L’instrumentation est bien équilibrée. Les harmonies vocales soignées, le plus souvent falsetto. Différence, mais elle est de taille, la sensibilité pop prend le pas sur les desseins désespérés ou sinistres des formations yankees susmentionnées. Et si certaines compositions sont un peu plus fades, un peu trop tendres à notre goût, si vous préférez, l’ensemble ne manque pas d’allure, s’autorisant même une aventure plus progressive dans l’étonnant " Count with fractions ", réminiscence du King Crimson circa " Red "…

Bruce Springsteen

18 tracks

Cette compilation consacrée aux compositions préférées du boss a le bon goût de réserver une place à l’une ou l’autre bonne surprise. Et en particulier à une nouvelle version solo acoustique de " The promise ", que Springsteen avait commis en février 99, ainsi que deux raretés. Tout d’abord " The fever ", titre qui remonte à 1973, et " Trouble river ", une composition qui avait été écartée de l’album " The human touch ". On retrouve, bien sûr, et parfois sous des versions inédites, la plupart des standards de Bruce, tels que " Rendez-vous ", " Loose ends ", " I wanna be with you ", " Born in the USA ", " Pink cadillac " et bien d’autres ; mais pas de trace de " Linda let me be the one ", ni du pourtant très classique " Born to run ". M’enfin, célébrer un quart de siècle d’existence en " 18 tracks ", c’est déjà une fameuse performance…

Splender

Halfway down the sky

En débauchant Todd Rundgren pour produire son album, Splender a véritablement décroché la timbale. Pourtant, il y a bien cinq ans que le Philadelphien n'avait plus donné signe de vie. Mais il faut croire que la formation de NYC a pu trouver les mots pour le convaincre, et surtout la matière première pour le décider ; terrain fertile qui lui a ainsi permis d'accomplir une performance aussi remarquable que celle qu'il avait réalisée fin des eighties, lors de la mise en forme de l'album " Love junk " pour la formation canadienne, Pursuit of Happiness. Au sein de ses propres studios Utopia à Bearsville, excusez du peu ! Assisté, il est vrai par l'ingénieur du son Mike Shipley (Green Day, Dave Matthews, Aerosmith). Splender n'est cependant pas à Rundgren ce que Nirvana était à Butch Vig. Parce que le combo possède un talent fou pour mettre en forme une pop rock vivifiante, hymnique, aux harmonies vocales soignées, dignes de Tears For Fears ; et dont le sens mélodique subtilement électrique est aussi contagieux que celui du groupe australien, Deep Blue Something. Ce qui ne l'empêche pas, à l'une ou l'autre occasion, d'emprunter l'un ou l'autre accent à Bowie, à XTC et même à Queen...