Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
Biohazard 8/8/26

Ultrasound

Everything picture

Si The Verve, et en particulier ses deux premiers albums, ainsi que Motorpsycho, sont d’inévitables sources d’inspiration pour le mouvement néo prog pop, aujourd’hui, des ensembles tels que Mansun, Beta Band et Ultrasound risquent fort d’en devenir les détonateurs. C’est en tout cas l’impression que nous a laissé le premier opus de ce quintette insulaire. Issu du nord est de l’Angleterre, pour être plus précis. Produit par Jim Dee et Nick Terry, un duo qui avait mis en forme " Unfinished monkee business ", le premier opus de Ian Brown, " Everything picture " passe les trente dernières années de l’histoire du rock’n roll à la moulinette. Epinglant entre autres Barry Ryan, Roxy Music, Hawkwind, Spacemen 3, Spiritualized, Velvet Underground, Led Zeppelin, Pink Floyd, Pixies, Sonic Youth, Vandergraaf Generator, King Crimson, le Who circa " Tommy ", Joy Division, My Bloody Valentine, Suede, Garry Glitter, Supergrass, Radiohead, et la liste n’est pas exhaustive, pour élaborer des paysages sonores déchirés entre méditation, ironie, mélancolie, euphorie, outrage, profondeur, rage, glamour et fantaisie. Une œuvre dont la richesse est judicieusement fluidifiée par l’intensité du sens mélodique. Le groupe peut en outre compter sur deux solides vocalistes. Tout d’abord Andrew ‘Tiny’ Wood. Le leader. Qui s’impose, et le mot est faible, par sa corpulence, mais également par son talent de guitariste ; et puis par sa voix dont le timbre évoque tantôt David Thomas (Pere Ubu), tantôt Gaz (Supergrass). Ensuite, la trop effacée à notre goût, Vanessa Best, bassiste, mais aussi et surtout douée d’un timbre étonnant, tour à tour falsetto et opératique. Bref un album cinq étoiles à découvrir progressivement (c’est le cas de le dire), dont les lyrics aux propriétés révolutionnaires, fracassantes et incendiaires perpétuent le véritable esprit du rock’n’roll…

 

Zion Train

Love revolutionnaires

Fondée en 1990, cette formation peut être considérée comme pionnière de l’acid dub en Grande-Bretagne. Particulièrement prolifique, elle est constituée, en outre, d’artistes pluridisciplinaires capables de cumuler les fonctions de compositeur, d’arrangeur, de producteur et de remixeur. Ce qui explique sans soute pourquoi, leur musique est aussi sophistiquée, raffinée et finement ciselée. Dans un contexte finalement inattendu. Puisque le groupe utilise également cette expression sonore pour véhiculer, à travers ses lyrics révolutionnaires, un véritable message idéologique…

 

Robert Wyatt

EP´s

Écrit par

Robert Wyatt fut un batteur d’exception, talent qu’il manifesta aussi bien au sein des Wilde Flowers, du Soft Machine ou de Matching Mole, qu’en tant que collaborateur de studio; une fonction qu’il a d’ailleurs exercée pour une foultitude de musiciens. Devenu paraplégique après être tombé du quatrième étage d’un immeuble, Robert se concentra, dès 1974, sur la composition et le chant, s’imposant comme un des auteurs-compositeurs-interprètes majeurs de la musique progressive des années 70, mais également comme un modèle aussi vivant qu’essentiel pour les générations suivantes.

Les cinq EP’s qui composent ce box embrassent la plupart des compositions les plus accessibles de son répertoire, compositions qu’il a enregistrées au cours des vingt-cinq dernières années, dont une majorité sont sorties en single.

On retrouve ainsi sur le premier CD, cinq fragments dont une version inédite d’ " I’m a believer ", composition de Neil Diamond immortalisée par les Monkees en 1966, sa flip side, " Memories ", ainsi que la cover de Chris Andrews, " Yesterday man ". Cinq titres également sur le deuxième morceau de plastique, et notamment le célèbre " Shipbuilding ", pamphlet né de la plume d’Elvis Costello et de Clive Langer, qui s’attaquait au " tatchérisme ", en plein conflit des Falklands. Un classique dont l’interprétation de Wyatt a été remasterisée pour la circonstance, et qui est assorti, à l’instar du 12 inches original, de " Round midnight " et de " Memories of you " … Le troisième morceau de plastique se penche sur la philosophie marxiste de Wyatt, à travers les hymnes chiliens " Yolanda " et " To recuerdo Amanda ", un extrait de " Work in progress ", " Amber and the Amberines ", véritable réquisitoire qui dénonçait la mainmise du capitalisme yankee sur la ville de Grenade ; et puis l’adaptation du hit de Peter Gabriel " Biko ", histoire d’un poète et militant noir sud africain, que l’apartheid avait permis de torturé, puis d’assassiner en 1977. La quatrième plaque reprend intégralement la bande sonore du film " Animals ", œuvre cinématographique qui fustigeait la cruauté envers le animaux, et en particulier celle exercée par la recherche médicale. Quant au cinquième disque il propose quatre versions tantôt trip hop, tantôt drum’n bass de fragments commis par Wyatt en 1997, sur l’elepe " Schleep ".

Pour Wyatt, la musique ne représente pas un véritable véhicule de l’expression personnelle. Bien sûr, il lui porte un intérêt tout particulier, mais craint avant tout d’être récupéré par le narcissisme de l’industrie. Il se considère simplement comme un chanteur qui, en fonction de son inspiration, prend plaisir à soigner la mise en forme de ses chansons ; et s’il a parfois choisi de s’exprimer avec une attitude politique prolétaire, il a toujours refusé d’adhérer à un mouvement quelconque,  préférant se mêler à la foule, tel un fureteur anonyme. Ce qui explique, sans doute pourquoi, malgré ses 54 piges, il est toujours en phase avec le temps présent…

 

The Wisdom Of Harry

Stars of super 8

Quelle n’a pas été notre surprise de voir Peter Astor refaire surface après trois années de silence. En fait, lorsque son label français Danceteria a déposé le bilan, Pete s’est retrouvé au chômage. Au cours de cette période, il s’est remis en question. Faut dire que ses deux expériences précédentes, menées en compagnie de Loft et de Weather Prophetts, s’étaient soldées par autant d’échecs financiers. Nonobstant toute la qualité intrinsèque de ces deux formations. Il a donc bossé sur un Atari et un sample a bon marché pour se reconvertir dans l’électronique. Et le résultat paraît assez intéressant. « Stars of super 8 » n’est pourtant pas un véritable album, mais une collection de singles et de flip sides. Cependant, ses compositions nous donnent une bonne idée de la nouvelle orientation de Peter. D’abord, il ne laisse plus guère de place aux parties vocales, ne nous accordant plus les faveurs de son timbre vocal suave, velouté, et la dextérité de son doigté à la six cordes acoustique, que sur deux ou trois chansons. Préférant s’aventurer, avec beaucoup de bonheur, dans un délicat, mais aventureux voyage aux confins des univers de Beck, Tortoise, Can et Todd Rundgren…

 

Widespread Panic

Til the medecine takes

Huitième album pour cet ensemble georgien, d’Athens très exactement, qui pratique une musique d’excellente qualité, mais pas vraiment dans l’air du temps. Une sorte de rock sudiste teinté de blues, de jazz, de gospel, de folk et de funk qui laisse une bonne place à l’improvisation. Surtout en live. C’est d’ailleurs sur les planches que ce "Widespread Panic s’est forgé sa réputation, jouant par exemple, au cours des deux dernières années, la bagatelle de 255 concerts. Sorte de Traffic des nineties, Widespread Panic peut compter sur un excellent chanteur, qui possède un timbre vocal à la fois proche de Steve Winwood et de Ben Ottewell (Gomez), et puis un inévitable claviériste obsédé par les sonorités poussiéreuses, liquides du hammond. Ce " Til the medecine takes " laisse, en outre, une place à quelques compositions de country américaine bien traditionnelle, parfois légèrement teintées d’électricité.

 

Wheat

Hope and Adams

Ces sont parfois les petites choses qui recèlent le plus de signification. Ce sont parfois les espaces entre les mots qui disent plus que les mots eux-mêmes. Ces deux réflexions tirées du New Musical Express collent parfaitement à la musique de Wheat. Maintenant, n'imaginez pas que Wheat soit un adepte de la lo-fi. Vous feriez fausse route. En fait, c'est l'épine dorsale de leur musique qui est lo fi. Un peu comme chez Pavement et Sebadoh. La solution sonore est beaucoup plus riche, fastueuse, opulente parfois même. A cause des arrangements. Tantôt aussi insolites que chez Sparklehorse, mais le plus souvent capable d'élever l'âme, à l'instar de Mercury Rev ou de Flaming Lips. Quant au cœur, il bat au rythme de la cold wave mélancolique et ténébreuse d'un Joy Division. " Hope and Adams " constitue le deuxième album de cet ensemble du Massachusetts, de Tantrum, très exactement, un groupe dont la subtilité de l'écriture démontre un amour évident de leur art. Et ça, c'est une référence !

 

Chuck E. Weiss

Extremely cool

On ne peut pas dire que Chuck E. Weiss soit un compositeur prolifique, puisqu’il lui a fallu dix-huit longues années avant qu’il ne se décide à sortir son deuxième album. Un disque particulièrement réussi, pour lequel il a reçu le concours de Tom Waits. Un pote à Chuck impliqué dans l’écriture de l’une ou l’autre chanson, mais qui surtout y joue de la guitare, assure l’un ou l’autre backing vocal et coproduit l’opus. Ce qui permet de vous donner une petite idée du climat qui règne tout au long de cet elpee. Pourtant, si l’essentiel des compositions est sculpté dans l’urban blues, certaines d’entre elles trempent tantôt dans le country folk yankee, le boogie, le delta, le voodoo, le jazz, la roots, le tex mex et le rock’n roll. On a même droit sur " Just don’t care ", à une rencontre improbable entre Muddy Waters et les Cramps !

 

Vertical Horizon

Everything you want

A l’origine, Vertical Horizon était un duo folk/pop, constitué de Matt Scannell et de Keith Kane. Cela remonte déjà à 1991. Ce n’est que huit ans plus tard que le groupe a commencé à s’intéresser à l’électricité, en recrutant quelques musiciens de studio pour enregistrer " Running on ice ". Devenu depuis un quatuor, le groupe a aujourd’hui totalement renversé la tendance, même s’il ne renie pas ses origines. Il est vrai que la structure de ses compositions est toujours fondamentalement acoustique, à l’instar d’un Crowded House ; mais qui aurait beaucoup écouté Deep Blue Something. Si " Everything you want " donne un aperçu du potentiel du groupe yankee, notamment à travers le single " We are ", le titre maître de l’opus " ou le viscéral " You say ", on déplore surtout une certaine linéarité dans le ton. Un manque de relief qui, au fil de l’écoute, devient franchement agaçant…

 

Velocette

Fourfold remedy

La première chose qui frappe dans les chansons de ce trio insulaire, c’est la voix de Sarah Bleach. Glacée, caressante, aux inflexions aussi monocordes que celles de Sarah Cracknell. Pourtant, si la musique de Velocette joue sur les oscillations des claviers, à l’instar de Stereolab, elle ne s’exprime pas à travers une instrumentation synthétique, mais bien traditionnelle. En outre, le groupe n’hésite pas à faire appel à une section à cordes, comme sur le très post Ronettes " Get yourself together ", la délicate et mélancolique ritournelle, réminiscence de la touching pop de Pollen, " Submarines ", ou encore l’atmosphérico-psychédélique " Spoiled children ". Mais en général, les compostions de ce " Fourfold remedy " se complaisent dans une certaine candeur maladive, un intimisme maniéré, cultivé par de nombreux ensembles pop, au cours de sixties. Exceptions qui confirment la règle, le subrepticement latino-jazzifiant " La Serena ", tellement proche du répertoire d’Everything But The Girl ; et puis surtout " Someone’s waiting ", dont le hammond sert de fil conducteur à un climat ténébreux, doorsien (" Riders on the storm "), qui s’électrise et s’enflamme au contact des rythmes afro-latins (Santana ?). Un titre qui vaut d’ailleurs à lui tout seul l’acquisition de ce morceau de plastique…

Varnaline

Sweet life

Pour enregistrer son nouvel album, Varnaline a bénéficié du concours de John Agnello (Dinosau Jr, Cell), à la production. Une œuvre qui surprend par son éclectisme rafraîchissant. On est d’ailleurs loin ici des visions atmosphériques développées sur " Man of Sin ", même si les vertus mélancoliques des mélodies ont été préservées. Des dispositions naturelles accentuées par le vocal clair, falsetto, parfois même 'barclayjamesharvestien' d’Ander Parker. Si les compositions de " Sweet life " reposent sur une texture basiquement folk/country/blues, développées, elles atteignent une nouvelle dimension. Plus garage, comme sur le très " Paisley undergound " " Now you’re dirt " (Dream Syndicate ?) ou le ténébreux " While you were sleeping " (American Music Club ?). Tout en exerçant une fascination urbaine, réminiscente des Triffids sur " Nothern lights ". New wave également. A cause des claviers minimalistes post Eyeless In Gaza chez " Tonite ", et puis du recours à la power pop ondoyante (XTC ?) sur " Fuck and fight ". Avec en final, pour titre maître, une symphonie opulente, peuplée de percussions et enrichie d’une section à cordes, efficace dans le sens le plus classique du terme…