L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Afghan Whigs
Ora Cogan

Snakefarm (Japan + Belgium)

Songs from my funeral

Le Snakefarm de ce " Songs from my funeral " est totalement étranger au Snakefarm de Barry McBride, une formation de country/blues/rock qui avait rencontré, fin des eighties début des nineties, un certain succès en Californie. Le Snakefarm qui nous concerne est en fait le nouveau concept d’Anna Domino et de son époux Michel Delory. Un projet qui vise, tout au long de cet opus, à traduire la musique folk traditionnelle, en langage technologique. Enfin, pour la plupart des compositions. Sont ainsi convertis en format, tour à tour trip hop, post industriel, drum’n bass, et même accidentellement funky, des classiques tels que " John Henry ", " Black girl ", " Frankie and Johnny ", " Tom Dooley " et " House of the rising sun ", rebaptisé pour la circonstance " Rising sun ". Et ces versions prennent ici une coloration tout à fait inédite, à des années-lumière de leur forme originelle. Un exercice de style qui, nonobstant la voix pimentée, malicieuse d’Anna, nous fait parfois penser tantôt à Esthero, si ce n’est à Massive Attack, Morcheeba, voire même à Sneaker Pimps…

 

Smog

Knock knock

Dix compositions sur le nouvel opus de Bill Callahan, alias Smog. Et surprise, elles ne se confinent pas toutes dans l’intimisme ténébreux, à l’instar de " Red Apple falls ", son précédent opus. Bien sûr, Bill réserve encore une bonne place aux chansons minimalistes, réduites à sa voix, à la guitare sèche, un piano, épisodiquement des percussions, ou même un violoncelle, comme sur le spectral " Lets move to the country ". Mais sur " Knock knock ", l’électricité est beaucoup plus présente. Et pas seulement en catimini. Suspendu à l’intensité ‘ronronnante’ d’une six cordes, Held ", épouse le profil semi atmosphérique, semi psychédélique d’un Kevin Ayers, tout en adoptant un tempo aussi obsessionnel que celui de Kevin Coyne, circa " Millionnaires and teddy bears ". " No dancing " bourdonne fiévreusement, section de cordes et chœurs d’enfants à l’appui. Une chorale assurée par le Chicago Children Choir, que l’on retrouve également sur le velvetien " Hit the ground running ", dont le grattage de cordes de guitare déshydrate " Cold blooded old times "…

 

Skunk Anansie

Post orgasmic chill

S’il n’y avait la présence, et surtout la voix de Skin, cette formation, serait, somme toute, ordinaire. Et son mélange de punk, de metal, de funk et de pop, bien que de bonne facture, ne parviendrait même pas à effleurer l’esprit des nostalgiques du Led Zeppelin, des Pistols, de Sly & The Family Stone ou même des Cars, auxquels le groupe voue pourtant une grande admiration. Mais il faut croire que cette présence transcende le groupe. Faut dire que sa voix est étonnante, tantôt douce ou menaçante, féroce ou libidineuse, cumulant les inflexions de Tina Turner, d’Annie Lennox et même de Robert Plant ( ? ! ?). Tout ceci sur des lyrics provocateurs, conduits par une énergie négative, qui touchent aussi bien au sexe, à la drogue, à l’alcool, à la religion qu’à la politique. Surtout la politique. Abordée sans compromis ni reddition, sous la forme de véritables déclarations d’intention. Et le nouvel opus n’échappe pas à cette règle. " Post orgasmic chill " fait donc toujours la part belle aux compositions frénétiques, convulsives. Mais nos coups de cœur vont surtout au funk blanc qui déchiquette " Charlie big potato ", au single " Secretly ", et puis surtout à " Good things don’t always come to you ", remarquable dans son approche de l’équilibre parfait entre la recherche, l’intensité et le sens mélodique. Dommage, d’ailleurs, que tout l’opus ne soit pas de la même veine.

 

Silver Scooter

Orleans parish

Ce trio texan, d’Austin très exactement, tente de redécouvrir la joie innocente, juvénile de la pop, sans pour autant sacrifier l’éthique du garage rock. Un exercice de style opéré sur cet " Orleans parish ", qui nous fait instantanément penser à Superchunk, Built to Spill et à Seam, auxquels la presse spécialisée les compare le plus souvent. Ce disque est en tout cas fort agréable à écouter. Découpé en douze fragments, il affiche une grande sensibilité mélodique, hantée tantôt par un violoncelle plein d’âme ou soulignée d’un zeste de claviers brumeux, mais surtout fouettée par la ligne de basse palpitante, réminiscente de New Order circa " Lowlife ". Rafraîchissant !

 

The Silencers

Receiving

Lors de la sortie d'un nouvel album des Silencers, nous manifestons toujours le même enthousiasme. Qu’il soit excellent ou un peu moins. Parce que nous n'avons jamais été déçus par ce groupe issu de la profonde Ecosse. Probablement est-ce dû à la solidité de leur line up ? Car il est vrai qu’il faut avoir une fameuse dose de persévérance, lorsqu’on est populaire, qu’en dehors de ses frontières ; la presse anglaise ayant pris le mauvais pli, dès le départ, de les snober systématiquement. " Receiving " recèle ses traditionnelles bonnes surprises. Et on pense ici tout particulièrement à " Utopian space bible ", lorsque la saturation des cordes de guitares, l’agressivité du rythme et la voix de Jimme O’Neil se marient à merveille. Ou encore cet "Incredible creature" dont les envolées mélodiques prodiguées par le violon ont vite fait de vous bercer dans une sorte de ballade celtique. En outre, les voix féminines d’Aura O’Neill et de Milla apportent une coloration particulièrement rafraîchissante a ce CD, qui navigue toujours à la croisée des chemins de la pop d’un Simple Minds, du folk des Waterboys et de la soul moderne de Texas. Eternel espoir depuis ses débuts, le quintette est à nouveau en droit d’espérer une reconnaissance sur le sol britannique. Pour autant que les médias insulaires fassent preuve d’un peu d’ouverture d’esprit, à leur égard.

 

The Sheila Divine

New parade

Dans se moments les plus tendres, cette formation yankee évoque ni plus ni moins Morrissey, et surtout les Smiths. Cependant, ils sont tellement rares que cette comparaison nous semble finalement saugrenue. En fait, The Sheila Divine calque son pop rock hymnique sur celui de Deep Blue Something. Mais la voix de Perrino est tellement envahissante et surtout tempétueuse, qu’elle finit par étouffer la mélodie. Seul le titre maître parvient à trouver l’équilibre entre l’instrumentation et le chant. Mais un seul titre sur douze, cela nous semble trop peu !

 

The Tea Party

Triptych

Après avoir gravé deux albums largement sous-estimés (« Splendor solis » et « The edge of twilight »), œuvres qui faisaient suite à un premier opus totalement passé inaperçu, le trio canadien s’était quelque peu planté en 1997, en tentant de fusionner le metal et la musique électronique, à travers « Transmission ». Si « Triptych » consomme une même dose de technologie moderne, il la libère avec moins de radicalisme, et en tout cas, à bon escient. Encore que parfois, son approche hardcore, comparable à celle de Nine Inch Nails, ne correspond pas tout à fait à ce que nous attendons de Tea Party. Heureusement, cet opus s’ouvre des perspectives autrement intéressantes. Notamment lorsqu’elles embrassent la world music. Et surtout son instrumentation ethnique. Comme sur les remarquablement exotiques « The halcyon days » et « Samsara ». Dans la lignée du célèbre « Kashmir » du Led Zeppelin. Le recours à des instruments aussi insolites que l’‘oud’ et l’‘esraj’ n’y étant certainement pas étranger. Des instruments utilisés par l’Egyptian Ensemble, formation que Tea Party avait eu l’occasion de côtoyer, lors de son périple en Australie, mais qui surtout avait accompagné Page & Plant, lors de leur fabuleuse tournée mondiale, accordée en 1995. Autre point fort de cet opus, les orchestrations symphoniques et les arrangements. Abordés à l’instar d’un Divine Comedy qui se serait débarrassé de ses caractéristiques music hall, pour privilégier le feeling pop. Tea Party s’aventure même, et pour la première fois, dans une cover. « The Messenger » de Daniel Lanois. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Comme sur le bowiesque « Underground », l’énigmatique post new wave (Dance Society ?) « Touch » et puis surtout « Gone », un petit joyau hymnique, qui a bénéficié de la participation d’un quatuor à cordes, dont les musiciens on été recrutés au sein de l’orchestre symphonique de Montréal…

 

Travis

The man who

Un bien bel album que celui de Travis, nouvelle coqueluche de la scène britannique. Son deuxième pour ne rien vous cacher. Qui promène son inspiration à la croisée des chemins empruntés par les suédois Kent, le divin quoique défunt The Verve et l’hymnique Radiohead. Tout au long de cet opus, le quartette réalise la jonction parfaite entre simplicité, raffinement et romantisme. Un romantisme qui nous rappelle les moments les plus intenses d’House of Love. La voix aux inflexions ‘yorkienne’ (pensez encore à Radiohead !) de Fran, fécondant des mélodies douces et chaleureuses, taillées tantôt dans les accords cristallins des guitares acoustiques, tantôt dans l’électricité atmosphérique. Un disque qui recèle quelques perles musicales irrésistibles. Des ballades chargées d’émotion et d’intensité comme ce " The last laugh of the laughter ", que Fran parvient à transposer dans notre bien jolie langue, un " ma vie toute ma vie ", avec ce petit accent anglais qui en fera craquer plus d’une. Travis vient probablement de signer un des plus chouettes albums de l’année. Indispensable pour toutes celles et tout ceux qui sont accros à la pop anglaise ! Et tant pis pour celles ou ceux qui imaginaient que l’essoufflement d’Oasis conduirait à la fin de l’aventure britpop…

 

To Rococo Rot

The amateur view

Drôle de nom pour ce groupe allemand responsable d’une musique électronique expérimentale. Un trio composé de deux Berlinois, en l’occurrence, des frangins Ronald et Robert Lippock ; ainsi que de Stefan Schneider. Originaire de Düsseldorf, ce dernier sévit également au sein de Kreidler. Krafwerk et Einstürzende Neubauten ont certainement eu une influence majeure sur cette formation qui déclare rechercher, à travers leurs élucubrations sonores, une voie voluptueuse pour comprendre le monde. Pourquoi pas !

 

Tilt

Viewers like you

Fin des nineties, il y avait bien un groupe allemand, issu de Düsseldorf très exactement, qui répondait au nom de Tilt. Mais sa musique obéissait uniquement à des critères électroniques. Le quatuor qui nous concerne nous vient de Californie, de Berkeley pour être plus précis. Une formation qui pratique, à l’instar d’un Bad Religion, un power punk énergique, à forte connotation sociopolitique. Une solution pimentée par la voie féminine, mais vindicative de Cinder Block qui injecte dans ses lyrics toute sa verve venimeuse, n’hésitant pas à dénoncer la décadence de l’empire américain.