Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Viagra Boys
Jon Spencer

Oliver Spalding

Novemberism

Écrit par

Bon Iver (à travers son approche la plus expérimentale) et James Blake commencent doucement à entrevoir leur descendance. C’est particulièrement évident à l’écoute de "Novemberism", le premier elpee du jeune Oliver Spalding (23 ans). "Novembersim" pourrait se définir comme un concept en état de constante mélancolie et de tristesse profonde… Tout un programme ! A l'aide de son falsetto et ses boucles, son ‘autotune’ lacrymale et la production du très talentueux Ed Tullet (Novo Amor), qui l’épaule également à l’écriture, Oliver Spalding met tous les atouts de son côté. La ressemblance avec Justin Vernon s’avère parfois un peu trop forte (le très beau « Ahamé ») mais l’Anglais développe également un univers propre fait de saxo (« Everglades »), de dark R’n’B (« Her Crescent »), de synthé 80’s circa New Order (« Bow Creek ») ou de folktronica ambient (« Xanax »). Mars est un mois parfait pour découvrir ce "Novemberism".

Black Marble

Bigger than life

Écrit par

Depuis la sortie de son dernier opus (“It’s immaterial"), en 2016, le quotidien de Chris Stewart, alias Black Marble, a subi quelques bouleversements. Tout d’abord, il a vu partir vers d’autres horizons son acolyte Ty Kube. Ensuite, il a quitté son Brooklyn natal pour s’exiler sur la côte Ouest ; à Los Angeles plus précisément.

Ce déménagement sous les palmiers californiens n’a cependant pas ensoleillé la musique de Black Marble. Non, tout au long de “Bigger than Life”, premier album paru sur le label Sacred Bones (Amen Dunes, Moon Duo, Jenny Hval, ...), l’Américain remet une couche de synth-pop-cold-wave sur son expression sonore. A travers onze morceaux, il nous replonge directement au sein des 80’s. Cependant, contrairement à certains, Stewart le fait avec goût. Son sens mélodique est aiguisé. Il maîtrise l’art de l’écho sur les lignes minimaliste de guitare et de basse ainsi que le bidouillage des boîtes à rythmes et des claviers. Sa voix caverneuse rappelle aussi directement les figures de cette décennie. Le seul bémol à épingler émane plutôt de la ressemblance entre les différents titres. Néanmoins, ils s'avèrent particulièrement efficaces.

Clipping.

There Existed an Addiction to Blood

Écrit par
Sub Pop s’est créé à la marge une petite section dédiée au hip-hop expérimental en signant des têtes chercheuses telles que Shabazz Palace, Knife Knights ou les énergumènes de Clipping, qui nous intéressent ici. Le trio angelino réunissant le rappeur Daveed Diggs ainsi que les producteurs William Hutson et Jonathan Snipes délivre un 3ème album mystérieusement baptisé "There Existed an Addiction to Blood", porté par l’impeccable single « Nothing is Safe ». L’œuvre est inspirée par un obscur film de ‘blaxploitation’ vampirique des années 70 intitulé ‘Ganja & Hess’. Ouverte au drone, l’ambiance est donc sombre et lugubre, et accouche d'un hip-hop mâtiné d’horrorcore. Un flow flippant et monocorde et des rythmes noisy déstructurés alimentent, en outre, cet univers pas aisé d’entrée mais inventif et exigeant !

Mama Killa

The Ballad Of Jean-Sébastien Killa

Écrit par

Ne pas confondre Mama Killa et Mama Killa. L’un est belge, l’autre français, bordelais plus précisément ; et le premier groupe cité revendique un droit de paternité sur le patronyme. Néanmoins, il faut admettre que l’amalgame s’établit naturellement.

Une fois passé cette identification, probable obstacle à la compréhension du projet, penchons-nous sur le sujet.

Car l’univers au sein duquel nous entraîne ce Mama Killa ne manque pas de personnalité.

Nonobstant son approche brouillonne, la formation révèle des aptitudes intéressantes.

Décliné en seize titres inégaux, ce généreux long playing sert de complément à un projet visuel et scriptural relatant les méfaits causés par une poupée maléfique.

Il s’agit donc d’un concept album, exercice périlleux, parsemé de pièges au sein desquels des tas d’artistes sont trop souvent tombés.

Trop d’idées ? Trop d’envies mal canalisées ? Un désir de trop bien faire ? Probablement. Mais aussi une production hyperléchée et des soli superflus.

Ecrasant, cet opéra Rock peine à décoller, mais propose lors de ses meilleurs moments quelques ambiances héritées d’influences majeures et notoires (Killing Joke, Goblin ou encore Queens of The Stone Age, entre autres)

En résulte une musique sombre, angoissante, dont les envolées épiques véhiculent des accents à la noirceur d’encre.

Surchargé, l’opus déborde d’énergie, mais mal dispensée, elle nuit à la concentration du mélomane...

Se référant au cinéma fantastique (on soulignera évidemment le rapprochement avec la bande son de ‘Suspiria’ version 1977), « The Ballad of Jean-Sébastien Killa » relate la narration chronologique d’un récit horrifique.

L’album s’achève par « Ulysses », comme un navire s’échoue sur une île déserte après un voyage mouvementé.

Mais qui après réparation, pourrait reprendre la mer afin de découvrir de nouveaux horizons…

The Mission

Mission accompli(e)

Écrit par

Frère et sœurs, fidèles parmi les fidèles, tous s’étaient donné rendez-vous ces vendredi et samedi, à Saint-Nicolas, pour deux cérémonies célébrées par frère Wayne Hussey et ses disciples. Chaque concert du groupe originaire de Leeds s’apparente, en effet, à une grande messe. Et les deux soirées de ce week-end ne font pas exception à la règle, car les adeptes se sont donné rendez-vous dans la salle du Casino. Une enceinte et un light show qui cadrent bien avec ce côté cérémonial et classieux du groupe. A peine cinq mois se sont écoulés depuis les 3 dates solos accordées par Wayne Hussey, en Belgique (review à lire ou à relire ici). En fait, la thématique des doubles concerts de ce week-end est subordonnée à un principe : les titres des albums impairs sont proposés le premier soir (le premier LP « First Chapter », le troisième « Children », le cinquième « Grains of Sand », le septième « Neverland », le neuvième « Aura » et enfin le onzième « The Brightest Light »). Tandis que la soirée du samedi se consacre aux long playings pairs : (« God’s Own Medicine », « Carved In Sand », « Masque », « Blue », « God Is A Bullet » et « Another Fall From Grace »).

La première partie est assurée par Salvation. Une formation également originaire de Leeds, dont Dany, l’un des membres, a fait ses premiers pas chez Sisters of Mercy. Son premier opus a d’ailleurs été signé sur le label Merciful Release. Près de 30 ans plus tard, cette formation assure la première partie de bands cultes comme Fields of The Nephelim ou ce soir de The Mission. Bien qu’agréable à écouter son post punk a pris un sacré coup de vieux. La basse est omniprésente et les refrains pop/rock sont contagieux. Mais même si le quintet a du cœur à l’ouvrage, il faut reconnaître que sa musique est un peu datée… (voir notre section photos ici)

Il est 21h45 (NDR : oui, il ne fallait pas vouloir rentrer tôt chez soi, vu le timing) et les haut-parleurs crachent la B.O. du film britannique de guerre ‘The Dam Busters March’. The Mission déboule alors sur les planches et attaque « Beyond the pale », une compo dont l’intro reproduit des bruitages enregistrés dans une cour d’école, avant que Simon Hinkler ne fasse grincer sa guitare. Et le band d’embrayer par le tout aussi électrique « Hands across the ocean », un morceau interrompu par Wayne, qui rencontre des problèmes d’accordage de gratte, alors que l’auditoire continue à chanter. Qu’à cela ne tienne, finalement, le combo reprend le titre à zéro. Les ‘wouhouhou’ scandés par le bassiste Craig Adams sont repris en chœur par l’audience, tout au long du passionné « Naked ans savage ». Mais l’ambiance retombe d’un cran dès que la formation dispense des morceaux moins connus. C’est devenu une constante, le public plus âgé ne s’enthousiasme que sur les tubes. Pourtant « Dragonfly » et plus tard « Swan song » (NDR : l’un des seuls titres intéressants de l’elpee « The Brighest Light ») sont tout aussi hypnotiques que les compos les plus notoires. En rappel, on aura droit à quelques surprises dont le rare « The grip of disease » et la reprise du « Like a Hurricane » de Neil Young, qui ne figurait pourtant pas sur la set list de départ. « The Crystal Ocean » déclenche quelques (légers) pogos. Mais il faudra attendre le deuxième rappel et la version longue de « Tower of strength » pour voir les pyramides humaines, si traditionnelles, se former. Et Wayne Hussey de se lâcher en esquissant quelques pas de danse tout en n’oubliant pas de saluer une foule conquise et toujours aussi fidèle… (voir notre section photos là)

NB : La deuxième soirée fait l’objet d’une review sur le Musiczine néerlandophone ; et elle est à lire ici

Setlist : “Beyond the Pale”, “Hands Across the Ocean”, “Over the Hills and Far Away”, “Naked and Savage”, “The Girl in a Fur Skin Rug”, “Wake”, “In Denial”, “Heat”, “Dragonfly”, “Raising Cain”, “Swoon”, “Swan Song”

Rappel: “The Grip of Disease”, “Like a Hurricane”, “The Crystal Ocean”

Rappel (2) : “Tower of strength”

Charlotte Dos Santos

Trop artificiel…

Écrit par

Charlotte Dos Santos se qualifie elle-même de nomade brésilo-norvégienne, puisqu’elle puise ses origines au sein de ces deux patries. Un métissage qui lui a apparemment inoculé la bougeotte, puisqu’elle a préféré les Etats-Unis à l’Europe ou à l’Amérique Latine. C’est en effet à New York –au Berklee College Of Music plus précisément– qu’elle a reçu une formation de chanteuse, compositrice et arrangeuse. Il lui a suffi d’un seul album pour faire chavirer le cœur de la critique musicale internationale, un disque de soul/jazz groovy intitulé « Cléo » et paru en 2017, sur le label Fresh Selects. Et « Harvest Time », un Ep 5 titres, sort ce 13/03/2019.

Aaron Taylor assure le supporting act. Un chanteur black légèrement grisonnant et barbu (NDR : donc sympathique). Il est 19h50 et il n’y a que 5 spectateurs dans la salle. Heureusement, l’ABClub va se remplir progressivement pour être comble vers 20h15. Aaron se produit seul en s’accompagnant au synthé qui reproduit cuivres, basse et guitare. Atmosphérique, capable de monter dans les aigus ou descendre dans les graves, sa voix est superbe. Il invite le public à le suivre dans ses envolées vocales, mais l’absence de véritables musicos gâche la prestation…

Setlist : « Tack », « Jaded », « You’Re The Reason Why », « Blue », « Shooting Star», « Redbone ( Gambino) », « I Thing I Love You Again », « Lesson Learnt », « Spaceship ».

Place ensuite à Charlotte Dos Santos. Même topo, elle est seule sur les planches et s’installe derrière son  synthétiseur. Elle est vêtue d’un ensemble pantalon blanc et body en dentelle blanche à mi-épaule. Elle signale qu’il s’agit de la première fois qu’elle se produit en Belgique et semble en être ravie. Il n’y a pas de setlist, mais elle va nous réserver plusieurs morceaux issus de son dernier Ep, dont le très cool « Josef ». La tessiture de sa voix est superbe, mais un peu trop monocorde. Si bien qu’après quelques minutes, le set commence à patiner. Et au bout des 60’ de concert, c’est un sentiment de déception qui envahit votre serviteur. Je me répète, mais si l’artiste avait osé s’entourer de véritables musiciens, le résultat aurait été totalement différent. La musique, c’est le fruit d’une création, une forme d’art, et pas seulement la reproduction de sonorités par l’entremise d’une machine…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Big Thief

Le charisme d’Adrianne Lenker

Écrit par

Il y a un peu plus d’un an, la notoriété de Big Thief se limitait à un public plus ou moins averti. Tout a changé depuis les sorties, à quelques mois d’intervalle, de “U.F.O.F” et de “Two Hands”, deux opus qui ont propulsé la formation newyorkaise (de Brooklyn très exactement) sur le devant de la scène. Ainsi, il est rapidement devenu le groupe à suivre en 2019. Ses opus ont d’ailleurs intégré fort logiquement une grande partie des tops 2019. La majorité de ses concerts affiche complet (c’est d’ailleurs le cas ce soir) et il sera à l’affiche des plus grands festivals estivaux tels que Werchter (le 5 juillet en compagnie de System of Down, Michael Kiwanuka, GoGo Penguin, ...)

Il est près de 21h30 lorsque les lumières s’éteignent et que les quatre musiciens montent sur l’estrade. Adrianne Lenker (guitare/voix) prend place sur la gauche, Buck Meek (guitare/chœur) sur la droite, tandis que Max Oleartchik (basse) et James Krivchenia (batterie) se plantent à l’arrière. Dès les premiers morceaux, Big Thief donne le ton. Ce sont les guitares qui mènent la charge. Le son est particulièrement gras et incisif. Adrianne Lenker ne ménage pas son énergie et vit littéralement ses morceaux. Elle nous réserve quelques solos bruitistes dignes de Neil Young. La formation enchaîne ainsi différents tubes issus de ses différents long playings tels que “Masterpiece” ou encore “Not”. Et n’hésite pas à adapter le son aux conditions ‘live’. Les titres défilent. Tout au long de “Real Love”, les musicos affichent toute leur maîtrise. L’intensité et le timing de chaque note sont pesés. Plus que tout, c’est le charisme d’Adrianne Lenker qui éblouit la salle du Grand Mix. La jeune femme mène chaque morceau au gré de ses émotions qu’elle communique au public grâce à des trémolos dans la voix. Lorsqu’elle entame ses chansons les plus mélancoliques telles que “The Toy”, il est difficile de ne pas succomber. Après une heure et demie de concert sans interruption (seulement quelques remerciements), la formation quitte le podium sous des applaudissements mérités. Et l’auditoire quitte la salle conquis. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut assister au concert d’une formation aussi pointue que Big Thief et, surtout, de découvrir une artiste aussi charismatique qu’Adrianne Lenker.

(Organisation : Grand Mix)

Meute

Sans sabots, mais en fanfare…

Écrit par

Depuis plusieurs mois déjà, la fanfare techno Meute poursuit sa campagne de séduction en tournant intensément ; des trottoirs les plus clinquants de Paris (matinale chez Radio Nova, fin d’après-midi chez Yann Barthès) aux vastes chapiteaux de Bavière. Champions du souper saucisse/compote/frites, qui alimente les fêtes de la bière, les Hambourgeois ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en publiant un quatrième elpee intitulé « Tumult ».

Sur les planches, le collectif est une véritable machine à danser. Pas pour rien qu’il est programmé, cette année, au Rock Werchter.

Ce soir, le concert est sold out et c’est Ätna  qui assure le supporting act. Un duo teuton dont le premier elpee, « Mad Bad Desire », est paru en février dernier. Très fusionnel, il réunit le drummer Damian et la pianiste/chanteuse Inèz. Mais ce qui surprend surtout chez Ätna, c’est la voix de la vocaliste. Atmosphérique, surprenante, mystérieuse et envoûtante, elle est capable de monter dans les aigus, sans la moindre difficulté, même si pour y parvenir, un boîtier qu’on pourrait qualifier de magique lui apporte un coup de boost…

Fanfare des tempes modernes Meute n’est pas un orchestre comme les autres. Originaire de Hambourg, cette formation atypique, fondée en 2015 par le trompettiste Thomas Burhorn, a osé le pari fou de reprendre tous les classiques de la techno et de l’électro à sa sauce. De « The Man With The Red Face » (Laurent Garnier) à « You & Me » (Flume) en passant par « Araya » (Fatima Yamaha) ou encore « Miss You » (Trentemøller), leurs reprises sont nombreuses et superbes. Et elles cartonnent sur la toile. Réalisées uniquement à l’aide de percussions et de cuivres sans l’ombre d’un ordinateur, la joyeuse bande de 11 musicos prend un malin plaisir à casser les codes de la musique électronique tout en balayant les clichés sur les instruments organiques. En fait, elle pratique de la guggenmusik, un style rencontré surtout en Suisse, mais également dans les pays limitrophes, lors du carnaval….

Si le line up originel compte 11 musiciens, sur les planches, il passe à douze. Vêtus de leurs rituelles vestes rouges bardées d’une fourragère jaune d’apparat d’officier de cavalerie, ils sont manifestement tirés à quatre épingles. Parmi les instruments, pas de guitare, de basse ou de synthé, mais de nombreux cuivres (trompettes, trombones à coulisse, euphoniums, sousaphones, clarinette ainsi que saxophones basse et baryton) et plus traditionnellement des fifres et des percussions (batteries mobiles, grosses caisses, woodblock), sans oublier le ou les glockenspiels en forme de lyre…

L’estrade est immense et comme d’habitude divisée en 11 compartiments de différentes hauteurs. Le light show est destiné à accentuer l’effet de masse des artistes qui se regroupent par 5 ou 6 pour, suivant les morceaux. Tantôt c’est la trompette, le trombone à coulisse, le bugle ou le fifre qui est mis en exergue, mais il est toujours accompagné d’un ou deux éléments de percussions. Ce qui permet aux autres artistes de souffler et de se préparer pour la tempête suivante. La setlist est judicieusement partagée entre anciens morceaux et la quasi-intégralité de « Tumult ».

Le set d’ouvre par deux titres issus du dernier opus, « Unfolding et « Endling ». Pour le premier, la part belle est laissée aux caisses claires, avec cymbales, et aux joueurs de  glockenspiel, soit le droit et celui en forme de lyre. La combinaison est improbable, mais fonctionne. Le glockenspiel droit emprunte les pistes du synthé, le tuba se mue en basse pulsante et une grosse caisse simule un Roland TR-808. En général, les cuivres ont recours à des sourdines pour reproduire le son d'un filtre passe-haut. Ce n’est pas le cas ici. Le groupe tout entier s'immisce dans une pause, comme si un dj avait ajouté un effet d'écho. Le second morceau est plus calme et s’ouvre par des coups de baguettes sur le bord d’une caisse claire ; le sousaphone et le saxophone basse sont accompagnés d’un léger son de trompette à sourdine. La température grimpe graduellement et atteint rapidement une parfaite communion entre collectif et public. Les spectateurs se mettent à jumper et rapidement, dans la fosse, c’est le souk. Manifestement ce sont les deux trompettistes qui forment l’ossature du projet. Thomas en est l’instigateur, mais c’est Hans qui se charge des arrangements et semble remplir le rôle de chef d’orchestre. La révolution est en marche, le printemps revient également au galop accompagné de son prince carnaval. Meute en est la preuve flagrante mais en mode électro. Sans sabots mais en fanfare. Meute a mis le feu ce soir avec talent, humour, générosité et passion.

Setlist : « Unfolding », « Endling », « The Man With the Red Face (cover Laurent Garnier) », « Push », « Cygnus », « Purple Noise », « Holy Harbour », «What Else Is There », « Araya », « Slip », « Raw », « Rej », « Mental Help ».

Rappel 1 : « Panda », « Acamar »

Rappel 2 : « You & Me (cover Disclosure) ».

(Organisation Live Nation et Ancienne Belgique)

   

Mura Masa

Ce soir, à l’AB, on se serait cru au sein d’un vieux club underground londonien...

Écrit par

Alex Crossan s’est inspiré d’un maître forgeron de sabres japonais, Sengo Muramasa, pour créer son nom de scène, Mura Masa. Une manière de déplorer que le Brexit a déchiré son pays pour renforcer ses frontières. Une chose est sûre, il ne sabrera pas le champagne pour célébrer cet évènement désastreux pour l’Europe et le Royaume-Uni. Il figure, en tout cas, parmi ceux qui estiment que toute tentative d’isolement est vaine, mais n’hésite pas à exprimer l’insatisfaction de la population de ce millénaire…

C’est cette musique de rébellion, hébergée sur des forums et des plateformes, qui a nourri son appétit au cours de sa jeunesse. Agé aujourd’hui de 23 ans, Il est devenu un producteur très prisé depuis qu’il a percé grâce au tube « Love$ick », enregistré en compagnie d’A$AP Rocky. En outre, il a levé bien des barrages pour que son electronic dance music (EDM) entre en symbiose avec la ‘Youth culture’ ; depuis la pop sophistiquée de Charli XCX à BTS, stars de la K-pop. Pour enregistrer son quatrième elpee, « R.Y.C. », il a reçu le concours de toute une volée de rappeurs et de chanteuses ; et pourtant, cet opus évoque surtout les hymnes à guitares qui ont bercé son adolescence à Guernesey

Il a baptisé sa nouvelle tournée, ‘Raw Youth Collage tour ‘, un périple qui transitait, ce 28 février, par l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Initialement prévu au Lotto Arena d’Anvers, ce concert a été transféré à l’Ancienne Belgique. Et il est sold out.

Le supporting act est assuré par la très jolie Martha Da’Ro que l’on avait déjà pu croiser au concert de Mahalia au Botanique. Mieux connue dans l’univers du cinéma, elle a débarqué, un peu par hasard, dans la musique. La jeune Belge aux racines angolaises vient de graver « Cheap Wine & Paris », un Ep 5 titres qui affole la toile.

Tout de noir vêtue, Martha monte sur l’estrade flanquée d’une Djette, comme au Botanique. Si sa musique oscille entre hip hop et soul, tour à tour chaude, enfantine comme celle de Yolandi Visser du band sud-africain Die Antwoord, ou sableuse mais bien maîtrisée, sa voix est plutôt singulière. De son set, on épinglera « Ayuwe » et surtout en final, l’excellent « Fool ». Dommage ces bavardages dans la fosse qui parasitent souvent la prestation des premières parties…

Setlist : « Summer Blues », « Trippin », « Sugarman », « Ayuwe », « STFU », « Fool ».  

Le décor est cosy et recrée un petit salon sur des toiles tendues. De chaque côté du podium, sont plantés un fauteuil en cuir et un lampadaire vintage, de couleur blanche. La même teinte immaculée que le costard de Mura Masa qui entre alors en scène. Il est soutenu par un bassiste, une guitariste et un drummer, installé en arrière-plan, ainsi que deux chanteuses, plutôt sexy, qui se relaient suivant les morceaux.

« Raw youth collage », titre maître du nouvel LP, ouvre le set. Les interventions à la guitare sont frémissantes. La voix de Mura Musa semble décalée, mais elle assure. Tout au long de « I Don't Think I Can Do This Again », trois faisceaux blancs se focalisent sur chaque gratteur. Alex se révèle un brillant multi-instrumentiste, que ce soit aux claviers, aux percus ou à la six cordes. Noyé sous les feux des projecteurs, il s’accroupit, comme s’il était autour d’un feu de camp scout. La setlist reprend la quasi-totalité des titres du dernier long playing, mais également l’une ou l’autre compo plus ancienne, comme « Nuggets » et « 1 Night ». Des tubes qui mettent le feu aux premiers rangs, constitués essentiellement d’ados boutonneuses, même si les versions proposées sont moins dansantes. Mais ce sont « No Hope Generation » et ses accords de gratte punkysants, « Lotus eater », ainsi que la cover de Foals, « Night swimmer », qui vont constituer les points d’orgue du show. Non seulement Flisss, la vocaliste, a le bon goût d’interactiver auprès de la foule, et notamment tout au long de « Deal Wiv It », mais elle affiche ses étonnantes capacités vocales sur « Teenage Headache Dreams ». Trois titres en rappel, dont l’inévitable « Love$ick ». Finalement, ce soir, l’AB ressemblait plutôt à un vieux club underground londonien…

Setlist : « Raw Youth Collage », « I Don't Think I Can Do This Again », « Nuggets », «1 Night », « Complicated », «No Hope Generation », « Vicarious Living Anthem », «  Doorman (cover Slowthai) », «Deal Wiv It », «In My Mind », « Lotus Eater », «Hell », « Night Swimmers » (cover Foals), « Today », « Live Like We're Dancing », « What If I Go? », « Teenage Headache Dreams ».

Rappel : « Blu », « Love$ick », « Firefly ».

(Organisation : Live Nation et l’Ancienne Belgique)

Mazzy Star

Poussière d’étoile, David Roback, le leader du duo Mazzy Star, s’est envolé(e)…

Écrit par

Figure de proue de la scène Paisley Underground, qui a sévi au cours de la seconde moitié des eighties (NDR : elle a notamment donné naissance à des groupes comme Dream Syndicate, Green On Red, The Long Ryders, The Three O’ Clock, Thin White Rope et True West), David Roback est décédé ce 25 février à l’âge de 61 ans, des suites d’un cancer. C’était le fondateur des groupes Rain Parade et Opal, mais il s’est surtout illustré chez Mazzy Star, une formation dont la chanteuse, Hope Sandoval, apportait une coloration particulièrement vaporeuse à une musique inspirée par le Velvet Underground et Big Star. Après la sortie de « Among my Swan », en 1996, le band avait attendu 15 longues années, soit en 2013, avant de publier un nouvel elpee, « Seasons of your day ». Au cours de cette période, tant Sandoval que Roback se sont surtout concentrés sur des projets personnels. On attribue à Mazzy Star, la paternité de la dream pop. Des exemples ? Le plus psyché « Fade into you », son plus gros succès, « Blue flower ». un judicieusement intitulé « California », puisque le combo était issu de Los Angeles, et « Into dust »… mais une poussière d’étoile, qui vient de s’envoler, pour l’éternité…

RIP

  

Page 119 sur 1356