Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Dernier concert - festival

The Cure
Editors

Marc Almond

Fantastic Star

L'idole de Jarvis Cocker (Pulp) et de Brett Anderson (Suede) nous revient avec un nouvel album, "Fantastic star". Un titre évocateur pour celui qui cultive l'imagerie de la star pop fanée, célèbre le triomphe de l'insignifiant et recherche l'amour et le glamour à travers le romantisme sordide. Une œuvre dont la romance urbaine émane d'un curieux hybride entre l'énergie synthétique, les fioritures orchestrales et la voix trempée dans le désir de Marc, une voix dont le timbre ronronne comme une panthère sur un tapis d'émotions synthétisées. Pour enregistrer cet opus, Marc a reçu le concours de Mike Thorne, de Chris Spedding, de David Johansen et puis surtout de Neal X (Sigue Sigue Sputnik). Entrecoupé de quelques ballades mélodramatiques, ce disque regorge de hits potentiels. Depuis le single "Adored & explored" au parfum Soft Cell très prononcé jusqu'au sublimement écorché "Addicted", en passant par "The idol", dont le riff de base semble avoir été emprunté à "Spirit in the sky" de Norman Greenbaum, l'exotique "Caged out there", le contagieux "Looking for love (in all the wrong places)", et "On the prawl", hanté par les accords de guitare ‘surf’ et caressés de chœurs ‘glitteresques’. Rien à ajouter! Ce Marc Almond est vraiment une "Fantastic star"!...

 

Alice In Chains

Unplugged

On ne peut pas dire que nous soyons de fervents admirateurs d'Alice In Chains; surtout, lorsqu'ils nous infligent leur heavy métal néandertalien. Pourtant, ces fils naturels de Motörhead et de Black Sabbath sont capables de beaucoup mieux. Et ils viennent de le prouver sur cet " Unplugged ". Un exercice de style qui date d'avril dernier, et au cours duquel ils sont parvenus à capturer des instants de vulnérabilité, aussi intenses et douloureux que ceux dispensés par Mark Eitzel, dans la phase la plus acoustique de son American Music Club.

 

The Afghan Whigs

Black love

Suintant de suspicion, de doute et de paranoïa, "Black love" constitue le dernier exorcisme d'Afghan Whigs. Une œuvre qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant de véritablement exercer son envoûtement. La voix de Dulli y est toujours aussi mâle, écorchée, dramatique, sensuelle. Mais plutôt que d'épancher ses états d'âme phallocrates, les lyrics transpirent de colère, de passion sauvage, de vengeance. Greg s'y sacrifiant sur l'autel de l'émotion. Trêve de lyrisme, les onze fragments de ce morceau de plastique trempent dans la soul blanche, complexe, menaçante, meurtrie, capricieuse. Capable de pasticher le funk. Celui de "Superstition" de Stevie Wonder sur "Going to town". Ou de s'enrichir d'une délicate broderie de violoncelles ("Night by Candlelight"). A moins que ce ne soit pour craquer aux sonorités du piano égarées ("Bulletproof"). Renforcé par la présence de Shawn Philipps (Pigeonhed, Satchel) aux backing vocaux, le groupe de Cincinnati exsude un sens du drame, du désir et de la violence incomparables. Une rage qui couve et ne consume qu'à l'intérieur de sa propre intensité culpabilisée.

 

Above All

Above All

Écrit par

Avant d'entrer en studio pour enregistrer ce premier album, les musiciens d'Above All se sont forgé une réputation outre-Manche, en assurant le support act de Fear Factory, Downset et Dog Eat Dog. C'est dire si le groupe fait dans la dentelle. A mi-chemin entre le hardcore made in New York et un métal incisif façon Machine Head, "Domain" a bénéficié pour sa production des services d'Axel Newport, mieux connu en tant que membre fondateur du groupe Fudge Tunnel et pour sa participation au projet Nailtomb avec Max Cavalera (Sepultura). Comme une grande majorité des productions anglo-saxonnes, Above All a été accueilli à bras ouverts par la presse spécialisée britannique. Un groupe dans l'air du temps, mais probablement éphémère.

 

Able Tasmans

Store in a cool place

Le label Flying Nun nous réserve, la plupart du temps, d'excellentes surprises. Pourtant Able Tasmans n'en est pas à son coup d'essai, mais à son quatrième album. Comment est-il possible, d'ailleurs, que les trois premiers elpees de cet ensemble néo-zélandais aient pu passer inaperçus? Un véritable scandale! "Store in a cool place" mérite en tout cas de figurer, déjà, parmi les meilleurs opus de l'année. Un disque dont les mélodies pop croustillantes, irrésistibles sont constamment irradiées par les interventions de piano et/ou de clavier. Exceptions qui confirment la règle, les deux premiers morceaux de l'opus. "That's why" glacialement électrique, à l'instar des Chameleons. Puis "Giant" subtilement torturé par le psychédélisme... Un piano sonore, pénétrant, maîtrisé à la manière d'Ed Kuepper. Et puis un clavier délicieusement rogné, évoquant tour à tour, Inspiral Carpets, Little Nemo, les Stranglers, New Order, Sad Lovers & Giants et bien sûr le Clean. Avec des orchestrations aussi soignées que chez Modern English ("The wind changed"), les Smiths ("Mary Tyler Moore") et même Frank Zappa ("Ladies & gentleman"). Un formidable album qui se termine par un instrumental visionnaire de 12 minutes, "Parallax"... avant de retrouver, en bonus track, une version passée à l'envers du meilleur fragment de l'œuvre, "My name is Peter Keen"...

 

Aztec Camera

Frestonia

La première écoute du sixième album d'Aztec Camera ne nous avait pas laissé une très forte impression. Probablement encore sous le coup de la déception du précédent opus, "Dreamland", nous n'avions retenu que le seul et excellent "Phenomenal world", sorti par ailleurs en single. Par déontologie, nous nous sommes quand même forcés à revenir sur le sujet. Et bien nous en a pris, puisque cette oreille plus attentive nous a permis de déceler les richesses profondes de ce "Frestonia"... Roddy Frame possède toujours ce timbre vocal nonchalant, douloureusement translucide, mais il a presque totalement abandonné sa guitare semi-acoustique au profit d'une râpe électrique, et puis surtout d'un piano, voire d'un clavier granuleux. Une instrumentation qu'il tisse subtilement comme un tapis mélodique aux motifs insidieusement orientaux. Nous sommes cependant ici à des années lumière du style postcard, qu'Aztec Camera partageait au tout début des eighties avec Orange Juice ou Haircut 100. Ce qui n'empêche pas Roddy de revisiter, mais d'une manière astucieuse, plus lisse, "Highland", "Knife" et même "Stray". Et en particulier sur "On the avenue", romance ciselée dans la sensibilité cristalline...

 

Ash

1977 Angel interceptor Goldfinger

1977 constitue une année symbolique pour ce trio issu d'Irlande du Nord, de Downpatrick très exactement. Tim, le chanteur guitariste et Mark, le bassiste y sont nés. En pleine explosion punk. Mais c'est également en 1977 que le film " La guerre des étoiles " est sorti. Une suite d'informations, à première vue, sans relation directe, mais qui après mûre réflexion, vous permettra de mieux cerner l'état d'esprit et la personnalité de ces trois jeunes musiciens. En fait, ils sont totalement fascinés par tout ce qui touche à la science fiction, aux phénomènes paranormaux et extra-terrestres. Et ils répercutent cette passion à travers (la plupart de) leurs lyrics, sur une musique découpée dans les cordes de guitare effilées, pétillantes, bourdonnantes, ravagée par l'énergie juvénile, exubérante, rafraîchissante du punk, fouettée par la voix fiévreuse de Tim, dont le timbre craquèle comme celui de Steve Kilbey (Church), et contaminée par une sensibilité mélodique pop irrésistible.

" 1977 " recèle plusieurs singles. Notamment " Girls from Mars ", " Kung fu " et puis les récents " Goldfinger " et " Angel interceptor ", dont l'intérêt procède surtout des inédits. Trois sur le premier, dont une cover de Smokey Robinson, " Get ready ", mieux connue par la version qu'en avait faite le Rare Earth, début des seventies. Deux sur le second, ponctué d'une autre adaptation, mais électronique du " Give me some truth " de John Lennon ". Toutes les compositions des différents morceaux de plastique sont coproduites par Gwen Morris, maître ciseleur chez Oasis. Comparaison n'est pas raison, mais il faut craindre que le succès ne commence à monter à la tête du combo. Déclarations tapageuses, vaniteuses, prises de position nihilistes, immatures, propension à l'outrage et à la débauche, conjuguée à l'alcoolisme et aux hallucinogènes nous rappelle quelque part le parcours de la bande aux frères Gallagher. Il n'y manque plus que quelques concerts qui tournent à l'émeute et le groupe sera alors taxé de nouveau Sex Pistols. Une forme de décadence qui appelle paradoxalement le succès. Allez donc comprendre pourquoi ? Pour la fine bouche ( !), l'elpee nous réserve en morceau caché, l'enregistrement des gerbes post soûlographiques d'un des musiciens du groupe, victime de ses propres excès…

 

Ben Arnold

Almost Speechless

Né à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Ben Arnold s'est plongé dans le monde du business d'une manière pour le moins originale. En fait, avant d'enregistrer ce deuxième album, il partageait son emploi du temps entre la cuisine et la musique. Maître-queux pour l'Electric Factory Concerts, traiteur spécialiste dans la préparation de repas pour les artistes rock aux States, ce job alimentaire (NDR: c'est le cas de le dire!) lui permettait en même temps de rencontrer la crème de la scène yankee. Faut dire que faire partie de la scène locale folk de Manayunk ou assurer la première partie des concerts de Richard Thompson, Shawn Colvin ou même de Randy Newman, ne devait certainement pas nourrir son homme. Aujourd'hui, le vent semble avoir tourné pour Ben, puisque signé par Ruffhouse, il vient d'enregistrer cet "Almost speechless" sous la houlette de Barrie Mc Guire (Wallflowers, Nathalie Merchant) et de Ian Cross (Urge Overkill). Si la musique cherche le chaînon manquant entre le Dylan de "Blonde on Blonde" et la pop yankee de Tom Petty flanqué de ses Heartbreakers (notamment à cause de recours au clavier ‘hammond’), vocalement Ben Arnold possède un timbre de voix aussi puissant, versatile et écorché que celui de Kevin Coyne. Et ça c'est une fameuse référence!

 

Arcwelder

Entropy

Jusqu'à présent, les rares articles consacrés à Arcwelder laissaient filtrer de nettes prédispositions pour le punkcore, voire le popcore. D'autant plus que le trio est issu, tout comme Hüsker Dü, de Minneapolis. Mais cet " Entropy " rompt avantageusement avec son passé. Si l'électricité y est toujours aussi présente et l'énergie urgente, le sens mélodique est totalement desséché, ravagé. Les drums nettement en retrait, l'absence de groove et la ligne de basse pulsante mais oppressive nous ramenant à la limite du funk blanc. Mais un funk blanc malveillant, caustique, dans l'esprit des premiers albums de Talking Heads. Sans le fun ni l'exotisme. Mais avec une passion juvénile et une sensibilité pop comparable à Weezer. Etonnant!

 

Angel Corpus Christi

White courtesy phone

Depuis la mi-eigthies, on ne peut pas dire qu'Angel Ross se soit montrée particulièrement prolifique. Il y a bien eu ce bide en 88, un instrumental en 89 et une compile en 90. Depuis nada! Il faut donc remonter à 1985 pour retrouver quelque chose de conséquent. C'est à dire lors de la sortie d'un album consacré à des reprises de Lou Reed, Patti Smith, Richard Hell, Ramones et Suicide. En compagnie de l'ex MX80, Rich Stim. Devenu depuis le guitariste d'ACC. Pionnière de l'art métal, poétesse post moderniste, récitant sur un tempo new wave d'une voix insouciante, fragile, des rimes sinistres, morbides, au sujet de la mort, du désespoir et de la sexualité, Angel est également accordéoniste. Un instrument qu'elle tente de remettre au goût du jour, à l'aide d'arrangements sophistiqués, empruntés à la technologie moderne. Et dans ce domaine, la production de Graig Leon (Blondie, Ramones, Fall, Eugenius, Jesus Jones, Suicide) fait absolument merveille...