La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Dernier concert - festival

The Cure
Ora Cogan

Peter Zaremba

Spread the word

Nous ne voulons pas être des oiseaux de mauvais augure, mais la sortie d'un album solo de Peter Zaremba ne nous dit rien qui vaille. Un sentiment d'inquiétude amplifié par l'absence totale de notes sur la pochette et l'absence tout court de bio. Alors, split des Fleshtones, ou expérience en solitaire de son chanteur? Nous en saurons probablement plus d'ici quelques semaines. D'ici là, les fans de la formation américaine " post new wave " la plus intéressante du début des années 80, risquent fort de vivre dans l'angoisse. M'enfin, n'anticipons pas! " Spread the word " aurait, en tout cas, pu être enregistré par les Fleshtones. Hormis la reverb du chant plus prononcée, évoquant même parfois le timbre spectral de Vincent Crane, lorsqu'il sévissait encore au sein d'Atomic Rooster, les chansons de cet opus adoptent un style le plus classiquement du monde garage/rythm'n blues. Avec cet enthousiasme communicatif, ces refrains que l'on a envie de reprendre en chœur en tapant dans les mains, ce sens du fun typiquement sixties. Le disque recèle même une cover de JJ Cale, " After Midnight " popularisée, à une certaine époque, par Clapton en personne...

 

Neil Young

Year of the horse

Écrit par

On se souvient encore des deux fabuleux sets que Neil a accordés en Belgique. L'an dernier, tout d'abord, à Torhout, en compagnie de son inévitable Crazy Horse. Et puis surtout en 95, dans le cadre du 10ème anniversaire du Pukkelpop, flanqué des musiciens de Pearl Jam. Il devrait, à nouveau nous revenir en automne prochain, pour un concert, prévu, à l'origine, en juin dernier. Neil avait alors dû annuler sa tournée européenne, après s'être ouvert la main, en voulant ouvrir un sandwich. En attendant, on se contentera de ce double album enregistré en public. Pas de standards issus de son répertoire, mais uniquement des compositions extraites de ses deux derniers albums, ainsi que quatre titres destinés à sonoriser un documentaire cinématographique de Jim Jarmusch : " Barstool blues ", " Big time ", " Sedan delivery " et " Slip away ". Bien sûr, ici dans des versions ‘live’. On reprochera peut-être à ce " Year of the horse ", la longueur, parfois excessive des morceaux. Mais dans l'ensemble, ce double elpee ne manque pas d'allure...

 

You Fantastic!

Pals (Ep)

Thymme Jones, Tim Garrigan et Darin Gray se réclament de la now wave. Rien à voir avec la no wave, mouvement new-yorkais qui a marqué le tout début des eighties. Un style apparemment monté de toutes pièces par le trio, puisque les autres groupes qui appartiennent à cette scène impliquent chaque fois au moins un des trois musiciens. Brise-Glace, Dazzling Kilmen, Illusion of Safety et Cheer Accident, pour ne citer qu'eux! You Fantastic pratique une musique minimaliste, déstructurée, expérimentale, lo fi, environnementale et surtout contemporaine dans le sens le plus classique du terme. Un groupe qui n'a sorti à ce jour que deux Eps. Dont ce " Pals ", limité à un seul titre de 17'30, une composition qui, à notre humble avis, n'a strictement plus rien à voir avec la pop ou le rock...

 

You Am I

Hourly, daily

Pratiquement inconnu sur le Vieux Continent, ce trio australien en est pourtant déjà à son troisième album. Les deux premiers opus avaient reçu le concours de Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth, à la production. Deux elpees qui avaient d'ailleurs atteint la première place des charts antipodaux. Dans un style plus énergique, il est vrai, davantage inspiré par le garage des sixties. Les nombreux changements de personnel ont-ils eu un impact déterminant sur l'évolution du groupe? Il faut le croire, puisqu'aujourd'hui, la pop de You am I se révèle beaucoup plus contemporaine. Toujours influencée par le Who, les Kinks, les Beatles circa " Eleanor Rigby " (NDR: la présence d'une section de cordes n'y est pas étrangère). Mais également, et c'est neuf, par la new wave de Squeeze, XTC et de Jam. Pourtant, s'il n'y avait ce feeling spécifiquement australien, aussi affûté que celui dispensé par le défunt Go-Betweens, ainsi que la voix de Tim Rodgers, dont les inflexions nous rappellent quelque part John Wetton (King Crimson), nous penserions plutôt à Dodgy...

 

Yo La Tengo

I can hear the heart beating as one

Bien que fondé en 1984, Yo La Tengo n'est jamais parvenu à s'extraire de la zone crépusculaire de l'underground. Faut d'ailleurs croire que le trio du New Jersey, d'Hoboken très précisément, n'a jamais tellement exprimé le désir de s'en extirper. Préférant développer de nouvelles idées musicales plutôt que de soigner une image, dont il n'a rien à cirer. Bref, venons-en à ce nouvel album. Riche. Très riche. Alternant fragments turbulents et morceaux apparemment plus fragiles, mais beaucoup plus venimeux, à la limite rampants. Des chansons traversées par un gémissement de feedback presque continu qui apporte une sensation étrangement vertigineuse aux mélodies. Plongé dans l'espace le plus éthéré, YLT navigue aux confins de l'univers de Galaxie 500; voire de celui de Spiritualized, lorsque l'atmosphère vire au psychédélisme (" We are an american band "). Sous son angle le plus hypnotique, le plus répétitif, il justifie son attachement aux Feelies et au Velvet, dont il a récupéré une bonne partie de l'héritage. Quant à la noisy, il la traite selon la méthode bruitiste chère à Jesus & Mary Chain. Notamment sur la cover des Beach Boys, " Little Honda "... Et sur cette texture sonore déchirée entre électricité versatile, accès de basse menaçants, métronomiques et drums nourris et raffinés, vient se poser la voix blanche de Kaplan, dont la fragilité émotionnelle n'est pas sans rappeler un certain Neil Young. Une œuvre, qui recèle bien d'autres appas; mais nous vous laissons le soin de les découvrir...

 

Wuhling

Extra 6

Wuhling! C'est le patronyme exact de ce groupe. Pas Wuming comme nous avions cru le comprendre lors de la sortie de son premier single, l'an dernier. Faut dire que le graphisme du nom porte à confusion. Mea culpa! Ce trio allemand, berlinois très exactement, est allé enregistrer son premier opus aux States, sous la houlette de Steve Albini. Et le résultat, déchiré entre le folk punk de Wedding Present et la lo fi de Sebadoh, est assez convainquant, nonobstant le recours à la langue de Goethe, adopté par Anne Rolf, dont le timbre puéril, falsetto, se prête pourtant très bien au style musical du groupe... Elle joue également des claviers et surtout de la guitare, ne laissant finalement que la basse et les drums à ses deux partenaires masculins, soudés en une même section rythmique à coloration cold wave...

 

Wired To The Moon

Pure

Nous ne comprenons vraiment pas pourquoi Wired to the Moon a dû attendre plus de 3 ans avant d'obtenir un contrat et sortir un premier opus. Issu de la tendre et profonde Irlande, cette formation distille une musique pop, celtique, proche de celle des Waterboys. Des chansons simples, chargées d'émotion, dont la voix angélique de Roisin Malone épouse parfaitement la texture instrumentale. Un texture qui mêle à une base classique batterie-basse-guitare tantôt de l'harmonica, de l'accordéon ou du piano, tantôt du banjo ou de la mandoline. Un bien bel album...

 

Chris Whitley

Terra incognita

Il y a une bonne quinzaine d'années que ce virtuose de la guitare roule sa bosse sur les scènes du pays de l'Oncle Sam. Un Texan qui chante également. Et qui a pour maîtres Johnny Winter, Little Walker, Elmore James, Ry Cooder, Jimmy Page, Jimi Hendrix et Neil Young. Un artiste dont le talent n'a toujours pas été reconnu à sa juste valeur. Et notamment en Europe. Et pourtant, Chris possède un talent fou. Qu'il ne met pas au service de la performance technique, mais plutôt de chansons au climat sombre, douloureux, viscéral, déchirées quelque part entre le désir et le désespoir. Un sentiment douloureux qu'il exacerbe de son falsetto marécageux, presque imprévisible, souvent languissant. Beau et sinistre à la fois!

 

The Wannadies

Bagsy me

Lorsqu'on évoque les Wannadies, on pense immédiatement au formidable single qu'ils avaient commis en 95, " You and me song ", une composition qui avait littéralement cartonné au sein des charts internationaux. Une chanson que l'on retrouve, à nouveau, sur le deuxième album de cet ensemble scandinave. Un choix que nous estimons cependant peu judicieux. A moins qu'il ne s'agisse, de la part du groupe scandinave d'un aveu d'impuissance à dénicher un autre tube. Et ce n'est pas avec ce " Bagsy me " qu'ils risquent d'en décrocher un nouveau, même si l'opus est de très bonne facture. Avec ses mélodies à l'esthétisme glacé, caressées par des harmonies vocales aussi impeccables que délicates, ce deuxième elpee fait la part belle au power pop hérité en ligne droite des Buzzcocks, Undertones, Big Star et consorts...

 

The Verve

Urban hymns

Pourquoi les deux premiers opus de cette formation britannique, fondée en 1993, n'ont pas récolté le succès escompté et amplement mérité ; et en particulier sur le Vieux Continent ? Insuffisance de la couverture médiatique ? Manque d'esprit d'ouverture des médias en général ? Probablement ! Pas en Angleterre, en tout cas, puisque la presse est dithyrambique à leur égard. Mais, comment voulez-vous qu'un consommateur s'intéresse à ce produit, si les médias n'en parlent pas ? En fait, il s'agit d'un phénomène dont souffre notre société contemporaine. Et qui ne se traduit pas seulement dans le domaine de l'art, de la culture et bien sûr de la musique. Un système dont l'hermétisme est entretenu par des dirigeants, qui paradoxalement le critiquaient violemment, voici maintenant près de trente ans... Résultat des courses, tout le monde parle de la même chose, raconte les même choses et plus personne (NDR : ou presque !) n'ose prendre la moindre initiative. Transposez cette réflexion à tous les échelons de la vie quotidienne, et vous verrez que nous ne sommes pas loin de la vérité...

Mais venons-en à cet " Urban hymns ", troisième elpee de Verve. Que nous considérons, à ce jour, comme le meilleur album de l'année. Pas la peine de revenir sur la symphonie moderne de " Bitter sweet symphony ", sinon qu'elle recèle des samples de " The last time " des Rolling Stones. Si vous ne l'avez jamais entendu, c'est que vous n'écoutez jamais la radio. Ni de l'ex-n° 1 en Angleterre, le ‘lennonesque’ " The drugs don't work ". Mais abordons plutôt le reste, qui vaut son pesant d'or... Certaines compositions nécessitent pourtant parfois plusieurs auditions, avant de pouvoir être véritablement appréciées. Notamment les plus luxuriantes, celles qui passent à la moulinette une grosse partie de l'histoire de la pop et du rock. Avec des arrangements de cordes et des envolées stratosphériques qui se partagent un espace sonore déchiré par le falsetto profond, torturé de Richard Ashcroft. Psychédélisme ‘hawkwindien’, mais épuré de ses lourdeurs métalliques chez " The Rolling people " et " Come on " (" A storm in heaven " ?). Psychédélisme éthéré, mais cauchemardesque pour " Catching the butterfly ". Hymne à la solitude sur " Space and time ". House gracile avec " This time " (Seahorses ?), ainsi que pop fragilisée par la douleur sur " One day " et " Velvet morning ". La rencontre entre Oasis et Tears for Fears vous paraissait improbable ? " Wheeping willow " la réalise à la perfection. Enfin, il y a ce " Lucky man ", dont le sens mélodique semble hérité en ligne droite de Cast, alors que Richard emprunte le phrasé vocal de Robbie Grey, chanteur du défunt et mythique Modern English. Nous ne vous en dirons pas davantage, question de ne pas trop vous gâcher la sensation de surprise...