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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Ora Cogan
The Cure

Shipping News

Save everything

Shipping News n'est pas un véritable groupe, mais un projet monté en 1995 par Jeff Mueller (June of 44) et Jason Noble (Rachel's), réunis à l'occasion de l'enregistrement de la bande sonore d'un programme de NPR, " This american life ". Deux années plus tard, le duo a donc décidé de recommencer l'expérience, mais en y incorporant un batteur. En l'occurrence, celui d'Eleven Eleven, Kyle Crabtree. " Save everything " est criblé de références underground. Un album riche, complexe, né d'un savant mélange entre l'instrumentation basique et la technologie moderne, dont la succession de climats tantôt oppressifs, climatiques, énigmatiques ou minimalistes, mais toujours expérimentaux, évoquent tour à tour Sonic Youth, Swans, Tortoise et King Crimson circa " Lark's tongues in aspic "...

 

Patti Smith

Peace and noise

Septième album pour l'ex-égérie de la scène intello-rock new yorkaise des seventies. Un disque fondamentalement rock. Ce qui semble ne pas trop plaire à la presse insulaire (NDR : ça rime !). Nous n'en voyons d'ailleurs pas trop bien la raison. Car, si ce " Peace and noise " n'apporte rien de neuf, il est de très bonne facture. D'abord, il y a la voix de Patti qui possède toujours cette même chaleur et cette même profondeur susceptible de vous communiquer le frisson. Et de cette voix, souvent chantée, parfois psalmodiée, elle aborde des textes symboliques, ésotériques et surtout poétiques, en vous invitant à plonger dans un univers psychotique à la rencontre des âmes disparues. Celles de Rimbaud, de Jim Morrison, d'Andy Warhol et surtout de William Burroughs, à qui elle dédie cet opus. Patti peut en outre compter sur la présence d'un solide backing group. Au sein duquel, Tony Shanahan, apporte, au piano, sa griffe toute personnelle sur le superbe " Waiting underground ", et puis Oliver Ray, qui parvient presque à faire oublier Tom Verlaine sur " Dead City "...

 

Sleater-Kinney

Dig me out

Pas de bassiste chez ce trio féminin, mais une ‘drummeuse’ et deux guitaristes qui se partagent également le chant. Deux vocalistes assez étonnantes, parmi lesquelles, Corin Tucker semble avoir hérité des mêmes caractéristiques vocales que celles de Brian Molko. Son timbre perçant, écorché vif, vous donne même la chair de poule. Mais si la musique de Sleater-Kinney est aussi sauvage que celle de Placebo, elle épouse le plus souvent un tempo post punk, gothique, réminiscent de Sisters of Mercy, lorsqu'elle ne s'évade pas dans l'aridité underground d'un Sonic Youth ou dans la complexité ‘déboussolante’ des débuts de Throwing Muses...

 

Silverchair

Freakshow

Daniel Johns, Ben Gillies et Chris Joannou viennent de fêter leurs dix-sept ans et comptent à leur actif deux albums. Trois ados issus du nord de Sydney, en Australie. Un trio qui a raflé la plupart des Awards, chez lui, en 1995 et qui risque fort de récidiver avec la sortie de ce " Freak show ". Produit par Nick Launey, personnage dont la carte de visite épingle la mise en forme du premier elpee de Midnight Oil, mais également des collaborations pour PIL, Killing Joke, Posies et Gang of Four, cet opus a, en outre, été mixé à New York par Andy Wallace (Rage Against the Machine, Jeff Buckley, Helmet). Si vous pleurez la mort du grunge, consolez-vous, Silverchair risque fort de prendre rapidement la place du défunt Nirvana. Pourtant le groupe se cache bien de revendiquer ce lourd héritage, préférant se réclamer d'Helmet, de Soundgarden, de Pearl Jam ou de Pantera. Maintenant, nous on veut bien, mais le style des deux groupes est tellement proche. Même la voix de Daniel nous rappelle quelque part Kurt Cobain; et nous mentirions en accordant un quelconque crédit à leurs dénégations...

 

Space Monkeys

The daddy of them all

De Joy Division à Happy Mondays en passant par Section 25, le label Factory a toujours eu le nez creux pour dénicher les perles rares. C'est encore le cas avec ce Space Monkeys. Un groupe issu de Manchester bien sûr. Fondé en 1994, il remet au goût du jour la house du tout début des nineties. Une house sculptée dans une pop au tempo irrésistible, au groove pulsant, traversée de boucles hypnotiques, fouettée de cordes de guitares et nappée de clavier poisseux. Parfois, on pense aux meilleurs moments de The Farm. A EMF aussi, notamment sur le single " Sugar Can ". Mais le plus souvent, c'est à Happy Mondays (voire à Black Grape) que Space Monkeys nous semble le plus proche. Même si le vocal de Richard Mc Kevin Duff est aussi susurré que celui de Liam Gallagher et que certaines compositions n'hésitent pas à s'aventurer dans de longues envolées instrumentales, dont le parfum sixties nous rappelle le second album des Stones Roses...

 

The Soundtrack Of Our Lives

Welcome to the infant freebase

La bande sonore de nos existences! Fallait le trouver, non? Si, si, c'est le nom du groupe. Pas le titre de l'album. Une formation suédoise née des cendres d'Union Carbide. Oui, on sait, le jeu de mot est mauvais. C'est quand même pas une raison pour rester sur votre nuage (NDR: toxique?). D'autant plus que cet album est remarquable. Et c'est pas de l'intox! Vingt titres. Plus de septante minutes. Donc, pas un groupe punk, obligé de prendre une pose toutes les 120 secondes. Remarquable disions-nous! Et toxique, pardon psychédélique. Ces musiciens puisant incontestablement leur inspiration dans la quintessence de ce style musical. Celui de Syd Barrett, de Kevin Ayers et des Beatles circa " Magical Mystery Tour " tout d'abord. De Tea Party dans son approche la plus acoustique de la musique orientale. De Paul Roland, lorsque la flûte et le clavecin veulent se réserver un espace champêtre. Des Doors lorsque les claviers épanchent leur fluide ‘manzarekien’. De Kula Shaker. Parce qu'on avait envie de le dire. D'Oasis. Parce qu'on ne pouvait se permettre de l'oublier. Et surtout d'House of Love. A cause de ce sens mélodique, de cette voix détachée, si proche de Guy Chadwick. Si après tout ce qu'on vient de vous raconter, vous n'êtes pas encore contaminés, c'est que vous portez en permanence un masque à gaz. Ce qui n'est pas indispensable si vous craignez uniquement la pollution par les oreilles...

 

Sophia

Fixed water

Leader du défunt et regretté God machine, Robin Proper Sheppard nous revient avec un nouvel album: " Fixed water ". Pas tout à fait en solitaire, puisqu'il a reçu le concours des musiciens d'Elevate, de Ligament et d'Oil Seed Rape. Ce qui explique, sans doute pourquoi, il a intitulé ce projet: Sophia. Maintenant, ne vous attendez pas à retrouver toute la fougue et la violence manifestée sur les albums de God Machine. Vous risqueriez de connaître une grosse désillusion. Désillusion, un sentiment omniprésent dans les lyrics de Robin, qui semble ne pas encore avoir réussi à faire le deuil de son ami et compère Jimmy Fernandez, décédé d'une overdose. Mais un formidable album dont les vertus mélancoliques devraient plaire, sans aucun doute, aux inconditionnels de Smog, Palace, Sparklehorse, Red House Painters, Mazzy Star et consorts.

 

Solar Race

Solar race (Ep)

Solar Race est un trio mancunien particulièrement apprécié par Courtney Love, Steve Albini et John Peel. La veuve Cobain les avait d'ailleurs engagés en 95, pour assurer le supporting act de Hole pour sa tournée en Angleterre, alors que le second est devenu leur producteur fétiche. Un de plus! Quant au célébrissime DJ britannique, il leur a consacré, tout dernièrement, une " Peel sesion "... Sur cette compile éponyme, on retrouve les meilleures compositions du groupe. Depuis " Not here " à " Resiliant little muscle ", en passant par " Get ahead ", " Good enough " et le très controversé " Drink my piss ". Dix compositions malsaines qui tissent, telle la tarentule, un piège mortel, toile sonore morbide, ténébreuse, comparable à celle que trame Come, Babes In Toyland voire Sonic Youth. Rien que la voix d'Eilidith vous flanque la chair de poule. Grinçante, rocailleuse, elle semble même avoir digéré les timbres de Thalia Zedek et de Kat Bjelland. Brrr...
 

 

Smoke City

Flying away

En choisissant le morceau " Underwater love " pour sonoriser la bande sonore d'une pub consacrée à ses jeans, la firme Levi's offrait une opportunité unique à Smoke City de se faire connaître auprès du grand public. Et le trio cosmopolite - une brésilienne et deux insulaires - ne manquera pas l'aubaine, transformant l'essai (NDR : A vous Roger !) en tube (NDR : d'embout ?). " Flying away " constitue donc leur premier CD (NDR : et pas de panique, il est bien rond, pas ovale !). Découpé en dix titres, il recèle bien évidemment leur hit single, mais surtout nous plonge dans une forme de trip hop revue et corrigée par les rythmes latinos ; la bossa nova, en particulier. Une texture où foisonne et se mêle, à l'instar de " Jungle ", une pléiade de propriétés musicales. Reggae, ska, jazz, pop, flamenco, etc., etc. ; texture truffée de samples, de bruitages technologiques originaux, exotiques voire ethniques et envolées d'arrangements à caractère symphoniques. Et dans cet univers particulièrement célèbre, flotte la voix sensible, fragile de Nina qui caresse ses mots, tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt dans celle de Luis de Camoès...

 

Smog

Red apple falls

Palace, Sophia et Smog appartiennent à cette nouvelle scène yankee dont le spleen minimaliste contraste singulièrement avec la férocité électrique dispensée par la plupart des groupes contemporains du pays de l'Oncle Sam. Smog, c'est avant tout Bill Callahan, personnage introspectif responsable de chansons le plus souvent autobiographiques, mais surtout mélancoliques. Il les chuchote d'une voix basse, confidentielle, en s'accompagnant d'une instrumentation la plus dépouillée possible, qu'il résume le plus souvent à quelques cordes de guitare acoustiques, une steel guitar, un piano émacié et des drums plus caressés que frottés, une instrumentation embuée, suivant les circonstances et en filigrane, d'arrangements sporadiques, dont une trompette occultée. Sur " Red apple falls ", Callahan a réussi la rencontre parfaite entre la cruauté austère de " The doctor came at dawn " et la plénitude luxuriante de " Wild love ", faisant défiler tel un écheveau des images abstraites, expressionnistes qu'il voit au plus profond d'une âme sinistrée, ... la sienne.