Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Miguel Bosé

Laberinto

Fils de Lucia Bosé, actrice italienne et surtout confidente de Picasso, Miguel compte à ce jour une bonne douzaine d'albums à son actif. Né cependant en Espagne, cet acteur accompli a également tâté du cinéma, interprétant en 1992 un second rôle pour le long métrage de Pedro Almodovar, "High heels".

"Laberinto" constitue le troisième volet d'une trilogie qu'il avait entamée en concoctant "Bajo el signo de Cain". Une suite pour laquelle il a renouvelé sa confiance aux mêmes collaborateurs. Et en particulier à Ross Collum, guitariste, claviériste, qui a produit dans le passé des célébrités telles qu'Enya, Paul McCartney et Tears For Fears. Miguel possède une très belle voix. Chaude, sensuelle, ample, à la sensibilité latine. Mais trop mise en avant elle étouffe la richesse de la musique. Une musique atmosphérique, soignée, aux arrangements technologiques irréprochables qui navigue quelque part entre le Floyd circa "The Wall" et l'ambient d'Harold Budd...

 

Tim Booth

Tim Booth & The Bad Angel

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En 1993, après avoir collectionné les hits, les disques de platine, et accordé de gigantesques concerts à ciel ouvert en Angleterre, James décidait d'arrêter net son escapade vers les plus hautes marches du succès. Une décision qui allait cependant être ponctuée de 2 elpees, " Laid " et " Wah wah ", enregistrés en même temps, avec la bénédiction de Brian Eno, et dont la coloration musicale se situait entre l'innocence puérile de leurs débuts et la technologie profonde et sinueuse de Brian. C'était il y a trois ans déjà ; et excepté une tournée, on ne peut plus discrète sur leur île, le groupe s'est jusqu'à ce jour curieusement éclipsé de la scène musicale. Tim Booth, le chanteur, nous revient avec un brillant premier album solo. Enfin presque, puisqu'il a fait appel à Angelo Badalamenti, compositeur de la bande sonore du film " Twin Peaks ". Figurent également sur la liste des invités Bernard Butler, ex Suede et l'inévitable Eno. Le résultat ? Onze petites perles musicales, fragiles, étincelantes qui feront le bonheur de tous les fans de James. Tous, puisque ce " Booth & the bad angel " est une véritable ballade à travers les différents styles que la formation mancunienne a abordé depuis sa création. Du postcard underground pétillant (" Hit Parade ") aux voyages interstellaires de " Wah wah " (" Stranger "), en passant par l'indie de " Gold mother " (" Butterfly's dream "), l'émotion du fameux " Sit down " (" I believe "), l'accessibilité de " Seven " et les mélodies mélancoliques, contagieuses de "Laid " (" Rising "). Un melting pot plus que réussi. C'est le moins que l'on puisse dire. Sachez finalement que Booth n'a pas abandonné ses potes. Un nouvel opus de James devrait d'ailleurs sortir incessamment. On en a déjà l'eau à la bouche !

 

Simon Bonney

Everyman

Depuis le split de Crime & The City Solution, on ne peut pas dire que Simon Bonney a beaucoup fait parler de lui. Il a bien enregistré en 92, "Forever", composé l'une ou l'autre musique de film, notamment pour Wim Wenders; et puis surtout s'est fixé à Los Angeles. Il faut d'ailleurs croire qu'il s'est totalement coupé de son passé, puisque pour enregistrer "Everyman", il a fait appel à une flopée de musiciens du coin. Notamment Chuck Prophet et JD Foster. Bien qu'exilé en Californie, Simon n'a rien perdu de son feeling typiquement australien. Ses chansons vagabondent introspectivement dans l'univers austère, mélancolique, sinistre, hanté de Léonard Cohen. Un disque qui propose six versions différentes du titre maître, rituel destiné à jalonner de points de repère l'introspection morbide, ténébreuse et romantique de Simon. Des chansons qu'il interprète d'une voix confessionnelle, passionnelle, engourdie par la fatalité. Une œuvre à la fois sombre, dramatique et belle, qui recèle deux extraits de la bande sonore du dernier long métrage de Wenders, "Travelin' on" et "All God's children". Indispensable, si vous ne vous êtes toujours pas remis de la disparition des Triffids!

 

Johnny Cash

Unchained

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Johnny Cash aura 65 piges le 26 février prochain. Un âge plus que respectable pour ce véritable symbole de la country music, revenu au premier plan de l'actualité lors de la sortie d' " American recordings " en 1994, sur le label de Rick Rubin. Pour enregistrer " Unchained ", Rick n'a cependant plus laissé Johnny seul avec sa guitare acoustique, l'entourant de musiciens aussi huppés que Tom Petty flanqué de ses Heartbreakers, Mick Fleetwood, Flea du Red Hot Chili Peppers et quelques autres. Une participation qui apporte une coloration contemporaine plutôt inhabituelle, mais terriblement efficace à son interprétation. Un disque sur lequel il ne se réserve que trois compositions personnelles, le reste se limitant à des reprises. Depuis Beck à Soundgarden en passant par Spain et Tom Petty. On y trouve même une adaptation d'un titre immortalisé par Dean Martin en 1955, " Memories are made of this ", et puis également des morceaux d'artistes moins connus, écrits depuis les quatre dernières décennies. Une œuvre qui ne s'enferme pas seulement dans la country, laissant une large marge de manœuvre au rock et à la pop. Une bonne surprise!

 

The Cardigans

First band on the moon

Charmante, blonde, les yeux verts, bref, la Suédoise au sens le plus parfait du terme. Que dire de la beauté angélique de Nina Persson, vocaliste du groupe! Et par dessus tout, elle chante merveilleusement bien. Nous n'affirmerons pas que le succès du groupe lui est dû, mais presque. En tous cas, cette situation n'est pas neuve. Pensez un peu à St Etienne... Les deux fers de lance de Cardigans sont sans conteste Magnus Sveningson et Peter Svensson qui se taillent la part du lion dans le domaine de la composition. Mais Nina se réserve également une part de l'écriture; ce qui prouve que beauté ne rime pas toujours avec stupidité. Pour ce troisième album, rien n'a changé. Les Cardigans pratiquent toujours une pop mélodique, fraîche, naïve, trempée dans une coloration on ne peut plus sixties. Un rayon de soleil dans cet automne grisonnant!

 

John Cale

N'oublie pas que tu vas mourir

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Nouvelle bande originale de film signée par John Cale. En l'occurrence "N'oublie pas que tu vas mourir" de Xavier Beauvois. Découpée en trois parties, cette œuvre exclusivement instrumentale épingle en intro et en final l'interprétation de Cale au piano et en point d'orgue un mouvement pour section à cordes. Classique dans tous les sens du terme!

 

Chicago

The very best of

Écrit par

Les quatre hits outrageusement commerciaux choisis pour amorcer cette compile: "If you leave me now", "Baby what a big surprise", "Saturday in the park", "Wishing you were here" et les deux compositions inédites "Bigger than Elvis" ainsi que "Let's take a lifetime" pour le clore, correspondent à l'idée que Monsieur tout le monde se fait de Chicago. Pourtant, hormis ces six banalités, cet opus rassemble probablement ce que le groupe américain a fait de meilleur, à ce jour. C'est à dire une majorité de compositions issues des deux premiers elpees. Il y manque malheureusement "Elegy". Mais pas "25 or 6 to 4", "I'm a man", "Low Down", "Make me smile", "Beginnings" et "Questions 67 & 68". Les cinq autres fragments se partageant le reste du catalogue. Un choix opéré parmi les dix-huit autres elpees! Fondé à l'aube des seventies, le groupe avait rapidement été étiqueté de ‘jazz rock’. A cause de l'emploi massif qu'il faisait des cuivres. Avec Blood Sweat & Tears, ils sont devenus assez rapidement le chef de file de ce style musical. Avant de perdre (trop rapidement) le fil de leurs idées et d'embrasser une carrière banalement lucrative. Ce morceau de plastique devrait permettre aux profanes de mieux comprendre pourquoi un tel engouement s'était alors produit pour cet ensemble. Pourquoi Duke Ellington avait déclaré en 1974 que Chicago deviendrait un jour son héritier naturel. L'erreur est cependant humaine...

 

Vic Chesnutt

About to choke

Tout comme JJ Cale, Vic Chesnutt aime les atmosphères minimalistes et paresseuses. Un univers fait d'angoisses, de colères et de dégoûts qui n'appartient qu'à lui-même. Il déclare d'ailleurs au verso du booklet de son nouvel opus: " Une part de cet album est un peu obsédée par les prémisses de la mort, dont la vie se nourrit... " Confessions d'un homme brisé et déprimé, décidé à tourner la page de sa pénible existence. Surtout depuis qu'il est devenu paraplégique. A l'issue d'un accident de voiture, alors qu'il était sous l'influence de l'alcool... Si ses lyrics évoluent constamment autour des mêmes obsessions, des mêmes cauchemars, des mêmes tourments, sa musique tissée dans un enchevêtrement de cordes acoustiques, parfois électrifiées avec virulence et intensité, manifeste une plus grande précision et une plus grande clarté dans l'interprétation. La présence de Bob Mould (Hüsker Dü, Sugar), au mixing y est sans doute pour quelque chose. Mais aussi la maturité acquise par cet artiste qui en est aujourd'hui à son quatrième elpee. Il s'autorise d'ailleurs une incursion dans le pseudo-jazz ‘neworleanesque’ et une autre dans le garage ‘sparklehorsien’, où il y déforme sa voix. Une voix dont le timbre frêle, nasillard, râpeux épanche ses mots grinçants, empreints de sinistrose, d'humour et de douleur...

 

Chavez

Ride the fader

Au sein de ce quatuor new-yorkais, on retrouve The' James Lo', drummer du défunt et mythique Live Skull, mais surtout les guitaristes Clay Tarver (Ex Bullet Lavolta) ainsi que Matt Sweeney, personnage qui a sévi autrefois au sein de Skunk, formation dont Billy Corgan, leader de Smashing Pumpkins, a toujours dit le plus grand bien. Parce que hormis " Everpsyched ", dont l'accompagnement instrumental est limité au piano, tout au long de son deuxième album, c'est de l'électricité des cordes de guitares que jaillit l'essentiel des spécificités de la musique de Chavez. Tantôt bourdonnante (Hüsker Dü? Sugar?), stridulante, aride (Placebo?), chirurgicale, luxuriante (King Crimson circa " Discipline "), hypnotique (Band of Susans), elle réalise la fusion parfaite entre le métalcore et le prog rock. Sans pour autant négliger l'aspect mélodique des compositions. Mais cette perspective est la plus souvent rencontrée à travers les vocaux, dont les harmonies sucrées nous rappellent Boo Radleys. Le timbre, sinusoïdal de Matt passant en quelque sorte, à travers la mélodie, à l'instar de Julian Cope ou même de Brian Eno. Et c'est John Agnello (Cell, Dinosaur Jr) qui produit!

 

Nick Cave

Murder ballads

En enregistrant voici quelques mois "Where the wild roses grow", en compagnie de Kylie Minogue, Nick avait annoncé la couleur. Son prochain album serait une collection de chansons consacrée au thème du crime. Une fouille profonde, morbide, dans les recoins les plus sombres de l'esprit du tueur que Cave, intelligemment, teinte d'humour et de philosophie. Dix fables malveillantes, allégoriques où apparaissent indistinctement les obsessions de l'artiste persécuté par les forces du mal. Un œuvre pour laquelle il a pu compter sur les Bad Seeds, emmenés de main de maître par Mick Harvey. Et puis également sur Blixa Bargeld, guitariste d'Einstürzende Neubauten, l'ex-drummer de Die Haut, Thomas Wylder, l'ancien bassiste du défunt Triffids, Marty P Casey, ainsi quelques autres. Parmi lesquels on retrouve des invités de marque retenus pour chanter en duo avec Cave. Kylie Minogue, bien sûr, pour le hit single. Anita Lane. Polly Harvey, pour le conte traditionnel "Henry Lee" (NDR: comme quoi nous avions tout bon lorsqu'en 1995, nous avancions que l'indispensable "To bring you my love" de PJ Harvey devait être abordé comme un disque de Cave). L'ex chanteur des Pogues, Shane Mc Gowan, pour une cover de Bob Dylan, "Death is not the end", une composition méconnue du Zim, qui figurait sur l'elpee "Down in the groove", parue en 1988. Sans oublier les choristes féminines, omniprésentes, comme chez Léonard Cohen. Un superbe album qui épingle, en outre, une composition de Birthday Party, "Crow Jane" tout récemment mise en musique, et puis une petite perle de plus de quatorze minutes, trempée à la fois dans le drame, l'outrage et la dérision: "O'Malley's bar"...