Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Ora Cogan
Ora Cogan

Compulsion

The future is medium

Compulsion, Credit to the Nation et Chumbawamba partagent le même label et une même idéologie socialiste. Normal lorsqu'on sait que Derek Birkett, ex Flux of Pink Indians, et aujourd'hui prospecteur chez One Little Indian, était un radical de gauche. Une idéologie reflétée à travers les lyrics de leurs chansons, bien sûr. Mais également leur attitude face à la montée du néo libéralisme. Un comportement qui avait ainsi poussé les musiciens de Chumbawamba, à l'issue de la guerre des Malouines, de participer aux manifestations antimilitaristes, le corps peint en rouge. Ceux de Compulsion ont opté depuis peu pour la tignasse rousse. Ce qui leur donne un look plus punk qu'autre chose. Décision paradoxale lorsqu'on sait que le quatuor ne consomme plus guère de power punk aujourd'hui. Hormis "Bush" dernier vestige d'un passé pas tellement lointain, "The future is medium" embrasse différents styles musicaux. Sauvage et capricieux, lorsqu'il semble infecté par le popcore "Sub Rosa" des Pixies", il se révèle plus mélodique, plus élégant à l'instar de Supergrass et plus mélancolique, plus dramatique dans l'esprit de Manic Street Preachers, lorsqu'il aborde le britpop. Malheureusement les excellentes dispositions manifestées au cours de la première moitié de l'album se diluent peu à peu dans la fausse nostalgie hymnique du grunge avant de sombrer dans un éclectisme diffus...

 

Cindy Dall

Cindy Dall

Album solo pour la chanteuse de Smog, Cynthia Dall. Enfin presque. Puisqu'on y retrouve quand même son partenaire Bill Callahan ainsi qu'une poignée de musiciens de studio. Une œuvre étrange où violoncelle, piano brumeux, cordes de guitares bourdonnantes, drums feutrés sont suspendus à un fil mélodique extrêmement fragile. Des chansons brèves, minimalistes qui s'abandonnent dans la mélodie floue et décadente de l'instrumentation. Des mélodies littéralement envoûtées par la voix puérile et limpide de Cynthia dont l'ambiguïté des lyrics évoque tour à tour le feu, la glace et le poison. Un disque qui exerce une fascination troublante au fil des écoutes, un peu comme chez Swans, Telstar Ponies et bien sûr Smog...

 

Dadawa

Sister drum

De son véritable nom, Zhu Zheqin, Dadawa est née en Chine. A Guangzhov, près de Canton très exactement. Une chanteuse qui se démarque totalement de la tradition vocale chinoise. A cause de son ouverture au jazz, à la pop et à la musique contemporaine. Pourtant, sa célébrité, elle la doit à Xuntian He. Professeur de musique au conservatoire de Shanghai, compositeur de symphonies avant-gardistes dont la réputation a largement dépassé les frontières de son pays. Fait plutôt rare pour le souligner, l'œuvre de Xuntian est aussi distribuée dans le monde entier. Xuntian et Dadawa ont voulu, à travers ce "Sister drum", retrouver l'esprit, la sérénité et l'âme de la culture tibétaine. Un art qu'ils ont étudié pendant près de deux ans avant de se décider à sortir cet opus. Une œuvre qui bénéficie, en outre, du concours du frère de Xuntian, Xunyon, mais pour les lyrics. Un disque curieux qui aurait finalement pu tout aussi bien figurer dans le catalogue "Made to Measure". Sorte de musique contemplative née de la rencontre entre l'instrumentation ethnique (dizi, flûte en bambou, suona, erhu, etc.), la technologie de pointe et les performances vocales éthérées, pures, de Dadawa, dont le timbre est capable de passer du ‘falsetto’ au ‘realtto’ avec une facilité déconcertante. Pour inconditionnels de la ‘new age’ exclusivement!

 

Customers

Green bottle thursday

Il y a des lustres que nous n'avons plus entendu parler de formation rock aussi pure et basique dans l'exercice des guitares. Imaginez un peu les Stooges sevrés de punk, Lynyrd Skynyrd guéri de ses clichés sudistes, Wishbone Ash dépouillé de son blues, les Godfathers purgé de ses hymnes ou le Gang of Four épuré de son funk blanc, et vous obtiendrez une idée plus ou moins exacte du style proposé par ces Customers. Encore qu'on y retrouve des traces de Kinks circa "You really got me", de Troggs et même d'intensité blanche crazyhorsienne. Ryan Sexton en est le leader, le compositeur et le chanteur. D'une voix intrépide, dont les inflexions peuvent osciller de Peter Perrett (Only ones) à Ray Davies en passant par Iggy Pop, il dispense ses lyrics autobiographiques, empreints de tristesse, de frustration, d'ironie et d'amertume sur une texture électrique cristalline, sauvage, urgente où les cordes se conjuguent régulièrement en harmonies jumelées...

 

Brendan Croker

Three chord lovesongs

Écrit par

L'histoire musicale de ce chanteur compositeur, né à Bradford dans l'ouest du Yorkshire, est profondément ancrée dans le folk, le blues et le cajun, perpétuant un héritage légué par Doc Watson, John Fahey, Leo Kottke, Skip James et Blind Blake. S'il est cependant à la tête d'une bonne dizaine d'albums, il doit surtout sa notoriété à un séjour chez les Notting Hillbillies en compagnie de Mark Knopfler. Avec "Three chord lovesong" il vient de commettre son album le plus minimaliste à ce jour. Rien que lui, sa voix et sa râpe acoustique. Mais aussi et surtout ses émotions, son romantisme lyrique, empreint d'une formidable intensité mélodique. Comme quoi, un être seul accompagné de sa guitare peut également créer de superbes chansons...

 

Willy DeVille

Love and emotion

Curieuse compilation qui ne réunit que des titres issus de quatre albums enregistrés pour Atlantic. C'est à dire " Each song is a beat of my heart ", " Live at CBGB's ", " Coup de grâce " et " Where angels fear to tread ". Le tout enrichi du dernier single " The moonlight let me down ". Pas de quoi lever les bras au ciel, cependant, puisque les dix-neuf fragments retenus pour cet opus ne l'ont été qu'en fonction de leur feeling sentimental. Vous ne serez donc pas étonnés d'y retrouver la célèbre cover signée Leiber, Stroller & Ben E King, " Stand by me ", " Lilly's daddy's cadillac " et " Cadillac Moon ". Mais pour le reste la sélection nous semble un peu maigre, par rapport à ce que ce chicano, considéré comme le meilleur chanteur blanc de musique noire de sa génération est capable de nous réserver. Un recueil d'un tout autre style, reprenant " Venus of avenue D ", " She's so tough ", " Gunslinger ", " Spanish stroll " et autres classiques du même calibre aurait eu une toute autre allure...

 

dEUS

In a bar, under the sea

Pour produire son nouvel album, dEUS a reçu le concours de Scott McCloud (GirlsVs boys), de Dana Colley (Morphine), de Rudy Trouvé (ex-dEUS, aujourd'hui Moondog Jr), et puis surtout d'Eric Drew Feldman à la production, un personnage qui voici déjà un quart de siècle fut impliqué dans l'aventure du Captain Beefheart, et dont la carte de visite mentionne plus récemment une collaboration et une mise en forme de disques du défunt Pixies, de Pere Ubu et de PJ Harvey. Un choix finalement fort judicieux pour cette formation anversoise qui continue à bousculer les structures traditionnelles de la composition; et dont le talent naturel lui permet de vagabonder d'un style à l'autre avec une facilité et une insolence déconcertantes. Sur " In a bar, under the sea ", la formation fait preuve d'une maturité impressionnante, glissant du minimalisme intimiste, parfois teinté de jazz nightclubbien (Miles Davies?), à l'expérimentation underground de Tuxedomoon, en passant par la folk sordide de Tom Waits. Une opération qu'il réalise sous un dénominateur commun: la pop. Ce qui lui permet ainsi d'extraire plus facilement ses véritables harmonies du chaos et de conserver un niveau mélodique particulièrement élevé. Superbe!

 

Denim

Denim on ice

Lorsque Felt a splitté, Lawrence à plié instruments et bagages pour s'exiler aux States. Felt, souvenez-vous, était cette formation culte de pop/rock velvetien, savoureux, qui a sévi au cours des eighties. Au pays de l'oncle Sam, il y fonde Denim. Et enregistre "Back in Denim" en 93, avec l'aide de plusieurs musiciens de Gary Glitter. C'est vrai que Lawrence a toujours aimé le glam. Celui de Glitter, bien sûr, mais également du Sweet et des Motors. Et il manifeste cette inclination à travers son nouveau groupe. Après avoir marqué de son empreinte les eighties, il se met à farfouiller dans les seventies. Les eighties, il ne les a cependant pas totalement oubliées, puisque ses textes retracent des mini drames de la génération perdue. La sienne! Des compositions qu'il interprète d'une voix glacée, sorte d'hybride entre les timbres de Lou Reed, de Peter Perrett (Only Ones) et de Gary Numan. Un superbe album découpé en 18 fragments, dont la sensibilité mélodique apparemment calquée sur celle des Cars est recouverte d'une fine pellicule de synthétisme; enduit sonore appliqué à l'aide d'un vieux moog ou d'un piano spasmodique. A notre humble avis, ce "Denim on ice" pourrait faire un tabac dans les charts. Suffit cependant d'une étincelle pour faire fondre la glace!...

 

Def Leppard

Slang

Écrit par

N'étant plus vraiment en odeur de sainteté ces derniers temps, Def Leppard, la machine anglaise la plus américanisée de tout les temps s'est imposé une sérieuse remise en question avant d'entamer l'enregistrement de "Slang". Si bien que sans se défaire de leur image propre, Joe Elliot et ses acolytes ont accompli une prouesse colossale: faire oublier un "Adrenalize" beaucoup trop aseptisé en produisant un album presque avant-gardiste et diablement efficace. Avec l'imparable "Truth", le single dansant "Slang" où le boogie ZZ topien de "Work it out", les portes des charts s'ouvrent une nouvelle fois au léopard british.

 

Def Con Dios

Alzheimer

Vingt-deux titres récréatifs, pour cet album dont le titre l'est beaucoup moins. En fait cet ensemble espagnol, qui chante dans sa langue natale, agrège avec beaucoup de vivacité et de finesse le rap, le hardcore et le punk. Une symbiose malheureusement gâchée par le nombrilisme déplacé du guitariste qui se prend pour Ritchie Blackmore, sans en avoir l'étoffe...