Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Dernier concert - festival

L7
The Cure

Babes In Toyland

Nemesisters

C'est vrai qu'au cours de ces deux dernières années, les bruits les plus alarmistes ont alimenté une hypothétique séparation du trio de Minneapolis. Pas seulement à cause des projets menés à l'extérieur du groupe. Mais surtout à cause des nouvelles résidences respectives des trois filles. Pensez donc, elles ont aujourd'hui élu domicile aux trois coins des States! M'enfin, le problème semble provisoirement résolu, puisque le combo est reparti en tournée... Venons en à "Nemesisters". Onze titres taillés dans le granit punk metal tourmenté et viscéral (ça rime!). Mais, aussi trois covers totalement imprévisibles. Une de Billie Holliday, "Deep song", chantée a cappella par la "drummeuse", Lori Barbero. "All by myself", standard d'Eric Carmen. Et beaucoup plus surprenant, le hit disco de Sister Sledge, "We are the family"...

 

Baby Chaos

Safe Sex. Designer Drugs and the Death of Rock’n’Roll

Baby Chaos existe depuis deux bonnes années. Et son premier single, "Sperm", a reçu un excellent écho dans la presse insulaire. La formule? Un punk-rock bien dans l'air du temps avec des guitares très en avant, féroces, gloutonnes, déferlantes ‘offspringiennes’. Mais très mélodique. Un peu comme chez Manic Street Preachers ou Smashing Pumpkins. Le timbre vocal de Chris épousant même régulièrement les inflexions tantôt de Richey James tantôt de Billy Corgan. Et puis les lyrics sont fracturés, irascibles, presque nihilistes. Le son est très clair. La production irréprochable. Les arrangements bien huilés comme au sein d'un groupe soudé depuis plus de dix ans. Hormis deux fragments dispensables, "Safe Sex. Designer Drugs and Death of Rock 'n Roll" implique neuf pop songs solides, décapantes, et un diamant à l'état brut: "Superpowered". Sachez en plus que Baby Chaos possède le même aplomb et la même ambition (pour ne pas dire l'arrogance) que Stones Roses, Suede ou Oasis. Et que dans ces conditions on peut déjà parler de future révélation. Suffit simplement qu'elle puisse continuer à se révéler...

 

Big Audio Dynamite

Higher Power

Evidemment, il y a toujours la voix de Mick Jones, mais on ne peut pas dire que l'ex-Clash et ses potes se soient décarcassés pour concocter cet "Higher Power". On a même l'impression que le groupe éprouve de plus en plus de difficulté à se renouveler.  Pourtant les premiers titres de cet opus affichent un dynamisme plutôt réconfortant.  Et puis la production est toujours aussi soignée. Mais au fil du sillon, on ressent une certaine lassitude, voire un certain agacement provoqué par un recours trop systématique aux samplings puérils. Le disque s'achève même sur un ragtime ‘cartoonesque’, à la limite du grotesque (ça rime!).

 

Chris Bailey

Encore

Cet album aurait dû sortir lors de la célébration du quinzième anniversaire de New Rose. Malheureusement, la firme de disque parisienne a déposé son bilan, voici déjà quelques mois, laissant par ailleurs une volées d'artistes sur le carreau... Aussi, lorsque Patrick Mathé est parvenu à remonter un nouveau label, la première chose qui lui est venue à l'esprit, c'est de repêcher Bailey. Un témoignage d'amitié qui lie les deux hommes. Faut dire qu'en 1980, Patrick avait réussi à convaincre Chris de signer chez New Rose, alors que le label n'existait pas encore... Une initiative qui permettra sans doute de rappeler à notre bon souvenir cet ex Saints, trop peu prolifique, au contraire de son ex acolyte Ed Kuepper. Mais rien de bien neuf à l'horizon, puisque hormis cinq raretés, ce disque se contente de réunir des extraits du mini elpee "Do they come from you", des opus "Savage Entertainment", "Casablanca" et "What we did on our holiday", ainsi que de deux fragments de l'album anniversaire "Live at the Kremlin" paru en 1990. Une œuvre ponctuée de deux covers. "Amsterdam" de Brel et "Suspicious Mind" de Presley. Evidemment, même si l'ensemble tient la route, ce n'est pas "Encore" avec cette compile que Chris va sortir du plus profond anonymat, au sein duquel, il semble depuis quelques années déjà, se complaire...

 

Better Than Erza

Deluxe

Du très bon, mais également du moins bon sur le premier elpee de ce trio louisianais. Médiocre lorsqu'il s'abandonne dans la romance moelleuse et languissante, il se révèle autrement efficace lorsque sa pop se couvre d'accents new wave, punk, rock, folk ou même hardcore... Produit par Dan Rotchild, fils de l'illustre Paul, rendu célèbre pour avoir sculpté le son des Doors, "Deluxe" exprime des sentiments de traumatisme, de douleur, mais également de maturité acquise par ces pénibles expériences, à travers de petites histoires romancées à la manière d'un William Faulkner. Des chansons dont l'énergie rappelle Paul Westerberg, les nuances marécageuses Replacements et le sens mélodique REM; alors que le timbre vocal de Kevin Griffin est capable d'épouser tantôt les inflexions vocales de Peter Garrett (Midnight Oil), Mike Pinder (Moody Blues), Peter Murphy (Bauhaus) ou même Neil Diamond. Deux titres, et probablement les meilleurs, s'écartent cependant du climat général. D'abord "The killer inside me". Contaminé d'accès de violon jazzyfiant et hanté de cordes de guitares sinistres, il égratigne la lo-fi de Smog. Enfin "Southern girl". A cause de cette électricité statique diffusée un peu à la manière d'un David Crosby lorsqu'au sommet de son art, il avait commis son magnum opus "If I could only remember my name"...

 

Bettie Serveert

Lamprey

En 1992, cet ensemble batave nous avait agréablement surpris en gravant "Palomine", un premier elpee qui allait recevoir un écho très favorable dans la très protectionniste Grande Bretagne. "Lamprey" constitue donc son deuxième opus. Un morceau de plastique qui nous a laissé sur notre faim. En fait, hormis l'excellente entrée en matière, "Keepsake", dont la passion électrique évoque le Crazy Horse de Neil Young, les trop rares lueurs d'intensité ne parviennent pas à extraire les chansons d'un climat mélancolique, presque morose. Et dans ce contexte, la voix gémissante, lacrymale de Carol Van Dijk accentue davantage cette impression de vague à l'âme. Dommage!

 

Big Sandy & His Fly Rite Boys

Swingin´ west

Revoici Dave Alvin dans le rôle de producteur pour mettre en forme l'opus de Big Sandy & his Fly-Rite Boys. Un quintette de musique traditionnelle américaine qui épingle sur ce "Swingin'west" treize compositions originales et deux covers ("Let me in there, baby" et "A healer like time") d'un parfait mélange de rockabilly de western swing et de hillbilly. De country & western, dans un langage plus profane...

 

Birdy Num Nums

62-92 to be continued

Ce combo allemand pratique, le plus souvent, un noisecore inspiré par Buffalo tom, Dinosaur Jr, Nova Mob et Green Day. Voix limite du chanteur. Guitares rampantes, pétillantes, chargées de feedback. Rythmes rageurs. Mélodies pop contagieuses. Etc.. Mais en phase acoustique, les Birdy Num Nums se repaissent des mêmes sources country pop que les Scabs. "62-92 to be continued" n'est cependant pas un nouvel album de ce quatuor, mais une compile qui épingle, en outre, une cover de Joe Walsh, "Walk away" et une autre d'Emerson Lake & Palmer, "Lucky man"...

 

Martin Bisi

See ya in tia juana

Écrit par

Descendant de la tribu Guarani, Martin Bisi est avant tout un drummer de formation. Dans un passé, plus ou moins récent, il a travaillé en compagnie de Lee Ranaldo (Sonic Youth), de Fred Frith et de Sandra Seymour pour concocter un album composé exclusivement de covers, "Creole mass". C'est d'ailleurs par une reprise que s'ébroue ce "See ya in tia juana", "Susie Q", popularisée par le célèbre Creedence Clearwater Revival. A travers sa musique, Martin tente de ressusciter l'âme et la poésie de l'Amérique du Sud, née de la rencontre entre la culture indienne et espagnole. Ce qui explique pourquoi la plupart de ses chansons sont interprétées dans la langue de Cervantès. Hormis l'entrée en matière, les trois autres fragments de cet album ont été enregistrés "live". Bisi y est entouré de quatre filles. Las Cochinas, parmi lesquelles on retrouve Sandra Seymour. Une sorte de noisy punk revu et corrigé par le psychédélisme de la West Coast du début des seventies. Pensez à Jefferson Airplane et à Quicksilver Messenger Service. Une trame mélodique qui devient au fil du sillon envoûtante, nonobstant le dialogue soutenu échangé en espagnol entre Martin et Sandra Hamburg.

 

Bivouac

Full size boy

Bien qu’issu de Derby, ce trio pratique une musique fondamentalement yankee. Inspirée par Sugar, Hüsker Dü, Buffalo Tom et Dinosaur Jr.. Bivouac aurait d'ailleurs mieux fait de naître à Boston ou à Minneapolis plutôt que dans ses brumes du Yorkshire. Pour enregistrer "Full size boy", il a en outre bénéficié de la production de John Agnello, surtout célèbre pour avoir mené une collaboration fructueuse avec l'irascible John Mascis. Le même Agnello qui s'était illustré sur le deuxième et formidable opus de Cell. "Full size boy" transpire inévitablement une intensité électrique. Mais aux sonorités limpides, nonobstant la combinaison sauvage, féroce et fragile des cordes de guitare distordues, agitées, stimulantes, des accès de basse malveillants et du timbre vocal languissant, délicatement entortillé de Paul Yeadon. Un disque très agréable à l'écoute, mais qui ne laisse guère de place à l'originalité. M'enfin, l'essentiel ici n'est-il pas de prendre son pied?