Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Dernier concert - festival

The Cure
The Cure

Paul Westerberg

Eventually

La mort de Bob Stinson aura donc eu raison de l'existence des Replacements. Une disparition que Paul Westerberg ne parvient pas à effacer. Et dont il tente d'exorciser le souvenir tout au long de son deuxième album solo. Faut dire que Bob était un fameux personnage. Membre fondateur, guitariste un peu fêlé, il avait apporté, le temps de trois albums, ses lettres de noblesse au punk hardcore. Avant d'opérer sous l'impulsion de Paul, un virage à 180°. Plus pop, mais sarcastique. Coproduit tantôt par Lou Giordano, tantôt par Brendan O' Brien (Stone Temple Pilots), "Eventually" n'a plus que les seuls "Stain yer blood" et "Trumpet clip" pour s'accrocher au punk. Encore que cette dernière composition, sur laquelle Tommy Stinson (également ex-Replacements et frangin de Bob) a eu le bon goût de venir donner un petit coup de trombone, évoque davantage Jam... L'essentiel de l'opus s'abandonne dans la mélancolie désillusionnée, sophistiquée. On y devine même certaines perspectives empruntées à Dylan ("Hide n seek"), aux Faces ("Time flies tomorrow") voire au Procol Harum ("Good day"). Reste deux titres de glam rock qui n'auraient pas dévalorisé le répertoire de feu Mark Bolan: "Century" et "You've had it with you"...

 

Weezer

Pinkerton

En 1994 sortait le brillant et premier elpee de Weezer. Un elpee qui allait révéler un quartet talentueux mais à l'image plutôt discrète. Souvenez-vous du fameux clip " Buddy Holly ", où par trucage, la formation se retrouvait plantée au beau milieu du décor de la série culte américaine " Happy days "! Puis, plus rien. On a même tout un temps songé au split. Surtout lorsque le bassiste et fougueux Matt Sharp s'est lancé dans un nouveau projet musical intitulé Rentals. Aujourd'hui, nous n'avons plus de crainte à avoir. Weezer est toujours vivant et il nous revient avec un nouvel opus. Musicalement, rien n'a changé. Enfin si, la production. Qui n'a plus été confiée à Ric Ocasek. Ce qui donne un aspect plus aride, plus agressif à l'expression sonore, beaucoup plus proche cette fois du punk que de la pop. Certaines compositions nous font même parfois penser aux Pixies. Mais le groupe n'a pas pour autant délaissé sa bonne humeur et sa simplicité si naturelle. Et c'est bien cela le plus important.

 

Daniel Weaver

Weeds

Ce Canadien (Montréal) s'est rendu à Dublin pour enregistrer cet elpee. Son deuxième. Il y a reçu le concours de Fiachna O' Braian, guitariste de Hot House Flowers, de Davy Spillane, joueur de cornemuse dont la réputation est née de sa participation aux albums de Kate Bush, ainsi que de toute une flopée de musiciens du terroir. Et inévitablement, la solution prend une certaine coloration celtique. Pourtant, fondamentalement, la musique de Daniel Weaver s'inscrit plutôt dans la tradition folk/pop des grands auteurs/compositeurs australiens. Robert Forster, Grant McLennan, Ed Kuepper et surtout David McComb (ex-Triffids), auquel il emprunte parfois certaines inflexions vocales. Et c'est d'ailleurs dans ce style mélodique, empreint de romantisme, que Daniel se montre le plus brillant... Les rares erreurs de parcours, commises dans la country électrifiée ou le rythm'n blues post Van Morrison, sont rapidement effacées par un ensemble qui tient fort bien la route. L'œuvre est en outre ponctuée d'une superbe chanson, "Open road", poésie ténébreuse qu'il déclame à la manière de Léonard Cohen...

 

The Watchmen (Canada)

Brand new day

Malgré trois albums à son actif, dont le deuxième ("In the trees") s'était vendu à plus de 100 000 exemplaires, The Watchmen n'est pas un groupe très médiatisé en Europe. Un chiffre qui aurait d'ailleurs pu être largement dépassé si les States ne frappaient pas d'ostracisme tout ce qui vient du Canada. En fait, les Yankees se montrent aussi ouverts à leurs voisins du nord que les Britanniques au Vieux Continent. Comparaison n'est pas raison, mais comment alors expliquer que des groupes comme Pursuit of Happiness ou Tea Party n'y mettent pratiquement jamais les pieds. Pour Watchmen, le phénomène est même peut-être d'ordre protectionniste, car si le marché américain ouvrait ses portes au quatuor de Winnipeg, l'auréole du surestimé Tragically Hip risquerait fort d'en prendre un sacré coup. Parce que le style des deux formations est sensiblement proche. A la seule et énorme différence que The Watchmen possède en la personne de Danny Greaves, un excellent chanteur. Doué d'un baryton sinueux, frémissant.

"Brand new day" bénéficie à nouveau de la production de Doug Colson, ingénieur du son pour Smashing Pumpkins et proche collaborateur de Butch Vig à l'époque de Nirvana. Un opus moins agressif que le précédent, mais paradoxalement plus difficile à assimiler. A cause, sans doute, de la texture sonore luxuriante. Et de la singularité, pour ne pas dire la versatilité des compositions, voire de l'instrumentation. Harmonica fiévreux, violon, violoncelle, piano classique ou électrique dynamisent des mélodies pop basiques naturellement écorchées d'éclats de guitare sableux, croustillants. Une œuvre qui recèle, en outre, un ragtime ("What you did") et une brève étude de percussions abordée avec le même esprit qu'Orang, le nouveau groupe des ex-Talk Talk...

 

The Wildcards

Fishing for luckies

Censuré pour le tournage d'une vidéo jugée pornographique, poursuivi par une image d'agitateurs turbulents, déstabilisé par le remplacement de son drummer et de son guitariste; enfin en bisbille avec sa firme de disques, Wildhearts a failli rendre son dernier souffle. Ce qui aurait été fort navrant, car cette formation vient de commettre son album le plus intéressant à ce jour. Pas un opus parfait, bien sûr. Mais un disque dont les spécificités punk glam rock font de véritables ravages. Dix fragments chargés de dégoût et de méfiance, mais surtout d'excitation, d'exubérance, de sauvagerie et de fièvre mélodique. Parfois même de complexité hypnotique (King Crimson?) et surtout d'une force métallique irrésistible. Dix compositions venimeuses, mordantes qui les autorisent à mériter le statut d'héritier naturel de Cheap Trick.

 

Neil Young

Broken arrow

Écrit par

C'est incontestablement lors de l'édition du Pukkelpop 1995 que Neil Young a accordé sa meilleure prestation en Belgique. Et le backing group circonstanciel, Pearl Jam en l'occurrence, en était presque parvenu à faire oublier le Crazy Horse. Ce qui serait une profonde injustice, lorsqu'on connaît le long chemin parcouru par l'artiste et son cheval fou. C'est d'ailleurs ensemble qu'ils ont gravé les indispensables "Everybody knows this is nowhere", "After the gold rush", "Zuma", "Rust never sleeps", "Live rust" et plus près de nous, "Ragged glory", "Harvest moon" et "Sleep with angels". Hormis la ballade acoustique "Music arcade", l'allègrement countryfié "Changing highways" et la cover du classique de Jimmy Reed, "Baby what you want me to do", composition de blues enregistrée live dans un petit club près de San Francisco, les cinq autres fragments sont purifiés dans l'électricité mélodique, intense des cordes de guitares. Et le zeste d'harmonica réservé à "Loose change" ne change pas grand chose à cette exploration menée dans un univers sonore poignant, mélancolique, que Neil transperce de son vocal vulnérable, gémissant. Pas un must, mais un classique du genre, quand même !

 

Yo La Tengo

Genius + Love

Non, il ne s'agit pas d'un ensemble de flamenco, mais bien d'un trio américain. De Hoboken, dans le New Jersey, pour être précis. Qui compte aujourd'hui douze années d'existence. Et toute une flopée d'albums passés aussi inaperçus les uns que les autres. Une profonde injustice, car avec son faible prononcé pour le répertoire hardcore de Sonic Youth, l'électricité blanche de Television, le psychédélisme de Spacemen 3, ainsi que pour le minimalisme brumeux du Velvet Underground voire des Feelies, la formation aurait mérité un autre statut que celui de culte underground. Double album, " Genius + Love " propose un éventail de compositions enregistrées entre 89 et 95. Si le deuxième disque ne s'intéresse qu'au répertoire instrumental du combo, le premier morceau de plastique donne une bonne idée de l'orientation prise par YLT, depuis le début des nineties. Une musique tantôt turbulente, torturée, féroce, obsessionnelle, tantôt intimiste, fragile, propice aux atmosphères mélancoliques, insidieuses, hantée par le vocal hypnotique, blême d'Ira Kaplan...

 

Yes

Keys to ascension

Écrit par

Suffisait pas de savoir que Yes était reformé, mais surtout sous quel line up il allait poursuivre l'aventure. D'autant plus que sur son dernier disque, la quasi-totalité des musiciens ayant transité par le groupe, avaient participé à son enregistrement. Les choses semblent plus claires aujourd'hui, puisque Jon Anderson, Chris Squire, Steve Howe, Rick Wakeman et Alan White sont partis en tournée. Et c'est de ce périple qu'est née la confection de ce double CD. Enfin, de concerts accordés quelque part en Californie. On y retrouve les classiques " Roundabout ", " Starship trooper ", " Awaken ", " Siberian Kathru ", leur cheval de bataille, " America ", mais aussi deux inédits enregistrés en studio, " That, that is " et " Be the one ". Une œuvre qui prélude la sortie d'un nouvel album du groupe prévu pour le printemps 97, et au sein duquel on y retrouvera de toutes nouvelles compositions signées Jon Anderson...

 

X Legged Sally

The land of the giant dwarfs

En cinq années d'existence, cette formation belge est parvenue à concocter quatre albums. Les deux premiers avaient, en outre, bénéficié de la production de Bill Laswell en personne; et puis surtout des studios d'enregistrement new-yorkais de 'Greenpoint'. Aujourd'hui le groupe semble avoir pris de la bouteille. Si Gilles Martin (Tuxedomoon, Little Nemo, Colin Newman) s'est vu confier les manettes, Peter Vermeersch et Pierre Vervloesem autoproduisent leur "Land of the giant dwarfs". Un rôle que le duo avait d'ailleurs déjà assuré pour dEUS, les Brochettes et tout récemment le dernier opus de Mad Dog Loose... Comme pour les elpees précédents, la musique d'X Legged Sally se veut semi-expérimentale, semi-contemporaine, sorte de cocktail instrumental de punk, de jazz moderne et de pop/rock que n'aurait pas désavoué le mythique et défunt Frank Zappa...

 

ZZ Top

Rhythmeen

Écrit par

Après avoir célébré Lightnin' T-Bone, Juke Boy Bonner, Freddy King et consorts, sur un album exclusivement consacré au blues, le trio texan a décidé de revenir au boogie ; une bonne vieille formule, préparée à base de rock'n’roll, de 'tex-mex', de jazz hillbilly et même de country & western. Une formule qui lui a permis, jusqu'à présent, de cumuler les albums d'or et de platine. Pas de piège donc pour les aficionados de ZZ Top. Mais une bonne surprise, puisque l'édition limitée de ce " Rhythmeen " bénéficie de quatre titres supplémentaires présentés sous la forme d'un deuxième CD. Suffit donc de ne pas trop traîner!