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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Dernier concert - festival

Viagra Boys
Afghan Whigs

The Blue Aeroplanes

Rough Music

En une décennie, les Blue Aeroplanes ont consommé la bagatelle de vingt-neuf musiciens et surtout réalisé six albums (huit en comptant les deux compiles) en tous points remarquables. Même Michaël Stipe et Peter Buck de REM leur vouent une grande admiration. Et pourtant le groupe ne rencontre toujours qu'un succès trop confidentiel. Une explication? Le côté assez intello des textes plus récités que chantés, un peu à la manière de Mark E. Smith, par son leader charismatique et poète avant-gardiste, Gerald Langley. Une poésie bohémienne qui alimente un panorama instrumental semi-psychédélique, semi-acoustique, riche, fastueux même, destiné à vous entraîner dans un cyclone de mots, d'images et de sons. "Rough Music" n'échappe pas à la bonne règle. Il exerce toujours une même fascination et libère une fraîcheur toute intemporelle...

Blur

The great escape

A l'issue de la sortie de son premier elpee, Blur incarnait le meilleur ambassadeur de la pop britannique. Au deuxième, il n'était plus qu'un groupe secondaire... La presse britannique venait ainsi, suivant sa mauvaise habitude, de brûler ce qu'elle avait adoré. Un peu hâtivement, car aujourd'hui, elle fait complètement volte-face en présentant ni plus ni moins Blur, comme les nouveaux Beatles. Et Oasis alors? Personnellement, nous aurions plutôt opté pour les Kinks... Damon Albon, chanteur du groupe, vient de déclarer qu'il voulait devenir le plus grand groupe anglais en Angleterre. Précisant même qu'il n'en avait rien à cirer du nombre de disques vendus outre-Manche! Voici donc le nouveau Blur, "Great escape". Un disque qui s'inscrit parfaitement dans la lignée du précédent, "Park life". C'est à dire un pastiche de la pop insulaire destiné à faire vibrer la fibre nationale. A quand une nouvelle version du "God save the Queen"? Selon toute vraisemblance, le combo sera invité à composer l'hymne de l'‘Euro 96’, coupe d'Europe de football, qui se déroulera en juin de l'année prochaine dans l'Albion. A moins que ce ne soit Oasis! Ou même un troisième larron, si la fédération décide de départager les deux antagonistes. Bref, revenons à notre morceau de plastique découpé en seize fragments. Depuis le percutant et même complexe "Stereotypes" à la version française de "To the end (la comédie) interprétée en compagnie de Françoise Hardy, en passant par les singles "Country house", "Best days", les désopilants "Charmless man" et "Fade away", "Top man" dans une sorte de new wave décontractée, le ‘rollingstonien’ "Mr. Robinsons'Quango", le ‘pulpien’ "It could be you", le féroce "Globe alone", le ‘fallien’ "Entertain me", l'atmosphérique "He thoughts of cars", etc. Un disque qui comporte inévitablement quelques petites faiblesses, mais qui en vertu de sa durée (plus d'une heure!) mérite franchement de figurer parmi les meilleurs albums de l'année...

 

Bush

Sixteen Stone

Bush (rien à voir avec Kate) nous vient de Londres, pas de Seattle. Et pourtant sa musique est profilée suivant une perspective post grunge sensiblement proche de Screaming Trees, Smashing Pumpkins et autre Stone Temple Pilots ; la voix de Gavin naviguant quelque part entre le timbre de Greg Dulli (Afghan Whigs), d'Eddie Vedder (Pearl Jam) et de feu Kurt Cobain. Vous imaginez sans doute que ce "Sixteen Stone" baigne dans un climat sombre, déprimant. Vous avez assurément raison. Mais le groupe ne se contente pas d'y épancher son spleen, son désenchantement. Il aborde d'autres sujets avec sarcasme comme l'égoïsme, la sexualité ou les sectes religieuses. Beaucoup de guitare donc sur cet opus qui a bénéficié de la production de Clive Langer et d'Alan Winstanley (Costello, Byrne). Des guitares sursaturées, vibrantes, acérées, volcaniques, mais également mélodiques, gémissantes, et voluptueuses. Et puis un zeste de violon, question de vous  donner l'eau à la ‘Bush’...

 

The Cassandra Complex

Work 1.0

En quinze titres, ce "Work 1.0" retrace le chemin musical parcouru par Rodney Orpheus. Des fragments issus de huit des ses albums, un remix, mais pas d'extrait du live "Feel the Width". Des titres essentiels comme "Moscow Idaho", "Datakill", "Kill your children", "Let's go to Europe", etc., caractéristiques du style hybride, cyberpunk, frénétique et passionné pratiqué par Cassandra Complex depuis presque dix ans...

 

John Cale

Antàrtida

John Cale n'est pas l'unique compositeur de la bande sonore du film de Manuel Huerga, "Antàrtida", mais il y a collaboré activement, et notamment pour le titre maître "Antàrtida start here" qui figurait sur son album "Paris 1919". Peu de place pour le rock sur ce morceau de plastique donc, nonobstant la présence ponctuelle de Chris Spedding, de Maureen Tucker et de feu Sterling Morrison. Piano, orchestre symphonique, un peu d'accordéon et un zeste d'électricité alimentent ce voyage opiacé dans l'"Antàrtida".

 

Campfire Girls

Mood Enhancer (Ep)

Huit titres pour un Ep, c'est plutôt rare! Surtout lorsque le temps de défilement dépasse allègrement les trente minutes. Et offre en bonus track une cover du "Strawberry fields" des Beatles. Trio californien, Campfire Girls tâte tantôt de la lo-fi (Swell, Sebadoh) tantôt du bluescore (Cell). Parfois les deux en même temps. Ce qui donne un résultat plutôt intéressant à ce "Mood Enhancer", que ce soit dans l'approche minimaliste des mélodies ou dans un élan furieusement électrique, dramatiquement élaboré, comme sur ce superbe "Junkman" à la "Vitalogy" Pearl Jam...

 

Can

Anthology 1968-1993

Écrit par

Saviez-vous que Can s'était reformé en 1989 ? Sous son line-up original (Schmidt, Czukay, Liebezeit, Karoli et Mooney). Il a même enregistré un nouvel album, "Rite Time". Et puis en 1991, il a réalisé une bande sonore pour un film de Wim Wenders, "Until the end of the world". Enfin, apparemment la formation est décidée à poursuivre cette expérience, puisqu'un nouvel opus est en gestation. Revenons à cette "Anthology". Vingt-neuf titres répartis sur deux CD qui se penchent essentiellement sur la période la plus créative du combo. Soit entre 1968 et 1978.

Mais un peu d'histoire tout d'abord. A l'origine, deux musiciens avant-gardistes, qui avaient travaillé avec le célèbre compositeur Stockausen, veulent replacer leurs expérimentations dans un cadre plus rock. Irmin Schmidt (claviers) et Holger Czukay (basse) engagent alors Michaël Karoli pour assurer les parties de guitare, Jacki Liebezeit aux drums et aux percussions, ainsi que Malcolm Mooney au chant. D'album en album, et malgré certaines variations de line-up (notamment le remplacement de Mooney par Damo Suzuki), Can va révolutionner le monde du rock par sa musique à la fois structurée et déstructurée. D'un style basique aux dérapages futuristes (collages, bruitages, montages) et aux parfums ethniques, il évoluera vers un insaisissable bouillonnement organique aux dimensions symphoniques, minimalistes, contemporaines et même jazzyfiantes dans le sens le plus libre du terme. Si bien qu'au bout d'une décennie, il allait acquérir un statut de légende. Précurseur de la cold-wave et du renouveau funky, il fait aujourd'hui figure de référence dans le domaine de l'ethno techno (Transglobal Underground, par exemple). "Anthology 1968-1993" est un document fondamental auquel il manque malheureusement le premier chapitre "Delay". Allez donc savoir pourquoi?

 

Candlebox

Lucy

Des clichés, des clichés et encore des clichés. Métalliques, grunge, trash, revivalistes. Empruntés tantôt à Alice in Chains, Extreme, Soundgarden, Led Zep ou même à Lenny Kravitz (!). Parfois reproduits avec une redoutable efficacité. Comme sur "Lucky", "Butterfly" ou "Simple lesson". Mais trop souvent dépourvus de la moindre subtilité. Pourtant, le vocal irascible, écorché, maléfique de Kevin Martin favorise l'exercice d'un climat malsain, menaçant, stimulant. Mais l'absence de véritable ligne mélodique conjuguée aux dérapages intempestifs dans l'électricité nombriliste tue dans l'œuf cet embryon d'originalité...

Luca Carboni

Mondo

Pour apprécier pleinement cet opus de Luca Carboni, il est nécessaire de bien pratiquer la langue de Verdi. Les lyrics sont en effet primordiaux chez ce Bolognais ; des textes qui reflètent un état d'esprit à la fois désespéré et révolté face à tout ce qui cloche dans le monde contemporain. Malheureusement, cet artiste a beau être attentif aux problèmes de sa génération, son support sonore émarge à la musique légère, très légère, italienne. Aux variétés quoi!

 

Cardiacs

Sampler

Ce disque n'est pas un ‘best of’, comme le précise le booklet, mais un sampler consacré au groupe excentrique Cardiacs. Treize fragments choisis parmi des albums enregistrés depuis 1988, dont un inédit, "Angleworm the Angel", issu de son prochain opus, et surtout son seul hit "Is this the life". Par contre, rien n'a été retenu entre 1977 et 87, période considérée comme la plus créative du combo, mais il est vrai discographiquement la moins soignée. Un groupe auquel il a toujours été reproché d'hippifier le mouvement punk. Sur ce "Sampler", les différentes chansons semblent même parfois chercher à agréger des styles aussi différents que ceux empruntés à Gentle Giant, Brecht, Devo, Van der Graaf Generator et Carter USM. Une expérience souvent très réussie. Mais à forte coloration progressive. Imaginez une explosion de pétales et de poussières d'étoiles jetées à la face de l'obscurité...